Dictionnaire des rimes
Les rimes en : résistance
Que signifie "résistance" ?
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- Qualité par laquelle un corps résiste à l’action d’un autre corps.
- Il pressentait que l’eau triompherait des semelles sans résistance, et, sournoisement, s’infiltrerait jusqu’aux chevilles. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
- Pour plus d’étanchéité et de résistance au vent, l’embarrure des tuiles plates était faite au mortier de façon très soignée. — (Jean-Louis Boithias & Corinne Mondin, La maison rurale en Basse-Normandie, page 41, éditions Créer, 2001)
- (En particulier) (Physique) La force opposée par un corps aux diverses actions qui s’exercent sur lui. Note : Dans le cas du mouvement dans un fluide, la traînée.
- La résistance de l’air (aérodynamique), de l’eau (hydraulique) au mouvement.
- (En particulier) (Mécanique) Grandeur caractérisant la solidité : tenue d’une pièce à une force, d’un matériau à une contrainte mécanique sans rupture ou endommagement.
- J’allai dans la sellerie où je choisis des courroies solides dont j’éprouvai la force de résistance… […] — (Octave Mirbeau, Le Colporteur, 1886)
- Sa résistance à la rupture est égale à celle de la laine. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
- La résistance des matériaux.
- (En particulier) (Électricité) Opposition de certains corps au passage d’un courant électrique.
- Tel est le fonctionnement de la radiosonde Bureau. Il existe aussi une radiosonde américaine, de principe un peu différent. Baromètre, thermomètre et hygromètre y commandent, non pas des déplacements d'un index sur un plateau, mais des variations de résistance dans un circuit électrique. — (Pierre Rousseau, La Terre, ma Patrie, collection "Savoir', librairie Arthème Fayard, 1947, page 338)Trois résistances. (4)
- (Par extension) (Électricité) (Électronique) Élément d’un circuit électrique qui remplit cette fonction.
- Obstacle, opposition, difficulté.
- Je voulus pousser la porte, le volet, mais je sentis quelque résistance.
- Force permettant de résister à la fatigue, endurance.
- De nombreuses expériences m’avaient convaincu que le régime végétarien était celui qui me convenait le mieux et me donnait la plus grande résistance physique. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Il a été prouvé que la privation de sommeil entraîne une baisse de la résistance aux distractibilités visuelle et auditive (Harrison et Horne, 2000b). — (Florence Guiliani, La vigilance entrepreneuriale: les antécédents liés au sommeil du dirigeant de PME, Thèse de doctorat de Gestion et management, Université Montpellier, 2016, page 102)
- (En particulier) (Médecine) Capacité de survie d’un organisme face à une maladie.
- Et tout le village bientôt, à des degrés variant selon la constitution et la force de résistance de chacun, fut en proie à des malaises étranges, symptômes inexplicables d’empoisonnement. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Défense que font les hommes, les animaux ou les micro-organismes contre ceux qui les attaquent.
- En 1240, ce jeune vicomte Raymond de Trincavel, dernier des vicomtes de Béziers, […] s’empare, sans se heurter à une sérieuse résistance, des châteaux de Montréal, des villes de Montolieu, de Saissac, de Limoux, d’Azillan, de Laurens et se présente devant Carcassonne. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Le Tors fit une belle résistance en décochant de toutes ses forces au digne fonctionnaire des coups de pied dans les jambes, […]. — (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Faire beaucoup de résistance, peu de résistance. - Les assiégés ont fait une belle résistance.
- Opposer une longue résistance. - Il s’est rendu sans résistance.
- (En particulier) (Agriculture, Pharmacie) Perte ou absence de sensibilité d’un parasite ou d’une maladie aux moyens de traitement.
- Les résultats obtenus sur la commune de Martigny sont assez surprenants par le maintien d’une assez bonne efficacité du tébufénozide et l’existence d’une résistance au thiaclopride et au chlorpyrifos-éthyl. — (Revue suisse de viticulture, arboriculture, horticulture, volumes 37 à 38, 2005, page 126)
- La résistance au fluvalinate, l’acaricide le plus utilisé dans la lutte contre varroa a été détectée en premier lieu en Italie (1992-1993), puis dans d’autres pays européens (1994-1996) et aux États-Unis (1996-1997), ainsi que dans d’autres pays. — (Reza Shahrouzi, La résistance de varroa aux pyréthrinoïdes en Iran, www.apiservices.com, lu le 25/06/2015)
- (Botanique) Mécanisme de défense naturelle présent à l’état latent dans une plante, qui est activé après une attaque parasitaire.
- (Sens figuré) (Familier) Fait de se faire prier longtemps avant de faire quelque chose.
- Il a offert une belle résistance à mes demandes répétées.
- (Sens figuré) Opposition aux desseins, aux volontés, aux sentiments d’un autre, ou à ses propres passions.
- Ma résistance aiguisa sa passion. — (Honoré de Balzac, Le lys dans la vallée, 1836)
- Dès le lendemain du crime, je devins éperdument amoureux de Rosalie. Je songeai aussitôt à en faire ma maîtresse, mais je me heurtai à une résistance entêtée et joviale, qui exaspéra et redoubla ma passion. — (Octave Mirbeau, Le Colporteur, 1886)
- Aussi n’est-il pas rare de voir une bicoque résister pendant des mois à une armée nombreuse. De là, souvent, cette audace et cette insolence du faible contre le fort et le puissant, cette habitude de la résistance individuelle qui faisait le fond du caractère de la féodalité, […]. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- (En particulier) Opposition armée à un envahisseur.
- D'autres seront déportés pour fait de résistance : Benoît Jean, Bombardier Gabriel, Vouaux Jean. Souvent, dans un état de délabrement physique à leur retour, ils retrouveront leur village meurtri, par l’occupation et les luttes qui y eurent lieu. — (Jean Laurain, Brû, l'histoire de mon village, Remiremont : chez G. Louis, 1997)
Mots qui riment avec "ance"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "résistance".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ance , ances , anse , anses , ence , ences , ense et enses .
-
récurrence
?- (Didactique) Retour à un état antérieur, à une position passée.
- Ce qui avait sauvé Marthe de l’épouvantable récurrence, c’était d’abord le peu de temps qu’elle était restée dans cette maison. — (Joris-Karl Huysmans, Marthe, histoire d’une fille, 1877)
- De nombreux cordons morainiques recensés entre les isohypses 1 050 m et 520 m, attestent de plusieurs niveaux de stationnement et, peut-être, de faibles récurrences du glacier. — (Sylvain Coutterand et Gérard Nicoud, Les stades de retrait du glacier de l’Arve entre le verrou de Cluses et l’ombilic de Chamonix. (Vallée de l’Arve, Haute-Savoie), Quaternaire, 16, (2), 2005, p. 85-94)
- (Médecine) État, propriété de ce qui est récurrent, qui revient.
- Crème 2 en 1 garantie sans récurrence.
- (Biologie) Retour d’une espèce ou d’un organe à un type antérieur.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (Par ellipse) (Mathématiques) Raisonnement par récurrence.
- Faire une récurrence sur
- N
- {displaystyle mathbb {N} }
- .
-
réticence
?- Action de taire à dessein une chose qu’on pourrait ou qu’on devrait dire.
- Indépendamment des causes ordinaires de nullité, […], le contrat d’assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l’assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l’objet du risque ou en diminue l’opinion pour l’assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé par l’assuré a été sans influence sur le sinistre. — (Article L113-8, Code des assurances, France, version 2010)
- Dans le récit qu’il m’a fait, il a mis beaucoup de réticence.
- Il a usé avec moi de réticence.
- Chose même que l’on n’a pas dite.
- Dans ce discours, il n’y a point de mensonge formel, mais il y a bien des réticences.
- Dans cet acte, il y a une réticence frauduleuse.
- Des réticences perfides.
- (En particulier) (Rhétorique) Figure par laquelle l’orateur en s’interrompant fait entendre ce qu’il ne veut pas dire expressément.
- Il y a un tour de Fiction, au moyen duquel la penſée ne doit pas être entendue littéralement comme elle eſt énoncée, mais qui laiſſe apercevoir le véritable point de vûe en le rendant ſeulement plus ſenſible & plus intéreſſant par la Fiction même. De là naissent l'Hyperbole, la Litote, l'Interrogation, la Dubitation, la Prétérition, la Réticence, l'Interruption, le Dialogiſme, l'Épanorthoſe, l'Épitrope, & l'Ironie ; celle-ci ſe ſoudiviſe, à raison des points de vûe ou des tons, en ſix eſpèces ; ſavoir, la Mimèſe, le Chleuaſme ou Perſifflage, l'Aſtéiſme, le Charientiſme, le Diaſirme, & le Sarcaſme. — (Encyclopédie méthodique : Grammaire et Littérature, tome second, Panckoucke / Plomteux, Paris / Liège, 1784)
- La réticence en dit quelquefois plus que les paroles.
- Réserve ou restriction.
- En effet, il n’y a pas si longtemps que la réunion des deux éléments de ce titre — préhistoire et Amérique — aurait suscité beaucoup de réticence chez plus d’un américaniste. — (Marc-R. Sauter, en préface de Préhistoire de l’Amérique, par Salvator Canals Frau, Paris : Payot, 1953, page 5)
- Dans leur ardeur surexcitée, ils morigénaient ceux qui marquaient quelque indécision ou réticence, leur démontrant que dans les circonstances actuelles la meilleure des prudences était d’agir vite.— (Émile Pataud et Émile Pouget, Comment nous ferons la Révolution, 1909)
-
inintelligence
?- Manque d’intelligence, de clairvoyance.
- Une bise, reste de l’hiver, avait déniché, on ne sait où, des feuilles mortes qui couraient après elle, s’arrêtant net quand elle s’arrêtait, avec l’inintelligence de vieilles dames qui veulent rejoindre le tramway. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 144)
- Pour vous fourrer le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate, Éminence, il fallait que vous soyez aveuglé non par l’inintelligence mais par la passion. Alors, là est la question : la passion est-elle le lot d’un prêtre ? — (Léon Degrelle, Lettres à mon cardinal, Éditions L'Europe réelle, 1975, p. 170)
- provence
-
relance
?- (Jeux) Action de relancer, de mettre un enjeu supérieur.
- (Par extension) (Économie, Politique) Politique de dépense publique visant à augmenter l’activité économique dans un contexte de faible croissance ou de récession.
- Québec a plus d’argent que jamais sur la table pour des projets, mais ne doit pas passer à côté de cette opportunité, plaide Steeve Lavoie, grand patron de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, pour qui la relance passe par la collaboration. — (Karine Gagnon, Québec ne doit pas passer à côté, Le Journal de Québec, 14 janvier 2021)
- Il a marqué les esprits durant son deuxième passage au pouvoir, beaucoup plus long (2012-2020) avec sa politique économique audacieuse surnommée les « Abenomics », combinant des relances budgétaires massives avec une politique monétaire ultra-accommodante, une stratégie qui perdure encore au Japon, malgré des résultats inégaux faute de réformes structurelles suffisantes. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 9 juillet 2022, page 5)
- (Commerce) (Familier) Action de recontacter un client pour qu’il achète ou pour qu’il paie ses factures.
- (Relations internationales) Impulsion nouvelle donnée à une action diplomatique.
- (Audiovisuel) Reprise de l’univers ou d’un personnage d’une saga cinématographique ou d’une série dans une nouvelle production ; par extension, cette production elle-même.
-
alliance
?- Union entre personnes, qui est le résultat d’une entente ou d’un pacte.
- Louis la donnait pour femme au roi Alphonse VI, avec lequel il désirait resserrer son alliance. Deux ans plus tard cette princesse déposa son mari, et épousa Don Pedro son beau-frère, […]. — (Sismondi, Histoire des Français, Bruxelles : à la Société typographique belge, 1842, volume 17, page 255)
- Cette alliance des « partis ouvriers » avec des formations « bourgeoises ou petite-bourgeoises » allaient les empêcher de prendre les mesures énergiques et « anticapitalistes » que réclamait la situation économique et sociale du pays. — (Françoise Bosman, Jean-François Chanet& al., La fédération de l’éducation nationale, 1928-1992 : histoire et archives en débat, Presses universitaires du Septentrion, 2010, page 160)
- Cela dit, à l'intérieur de l’alliance centriste, chacun essaie de conquérir la position la plus forte, ce qui le conduit à s’appuyer dans une certaine mesure sur le parti extrême correspondant à sa tendance. — (Maurice Duverger, Sociologie politique, Paris : Presses universitaires de France, 1964, page 162)
- (Bible, Religion) Union entre Dieu et les hommes.
- Arche d’alliance. → voir arche.
- (Politique) Union ou confédération qui se fait entre deux ou plusieurs États pour leurs intérêts communs.
- Non seulement il invita ses concitoyens à déposer leurs ressentiments et leurs griefs sur l'autel de la patrie, mais il demanda encore que le bienfait de cette pacification fût étendu aux autres peuples, et que la France, introduisant parmi les nations une nouvelle diplomatie, jetât les fondements d'une alliance universelle. — (« Isnard (Maximin) », dans la Biographie universelle et portative des contemporains; ou, Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusqu'à nos jours, tome 10, Paris : chez l'Éditeur, 1836, page 2141)
- Toutes les parties idéologiques des traités locarniens sont tombées l'une après l'autre. Et le résidu constitue l’alliance. — (André Géraud, L'assistance mutuelle franco-britannique, dans la revue Politique étrangère, 1937, volume 2, n° 2, page 111)
- Il est le premier ministre de la Guerre qui se soit déclaré hostile à l’alliance franco-russe, thème favori des hommes de la « Jésuitière ». — (Pierre Miquel, L'affaire Dreyfus, « Que sais-je ? » n° 867, Presses Universitaires de France, 1959)
- L’alliance qui existe entre ces deux souverains.
- Ils ont formé une alliance redoutable.
- Renouveler une alliance.
- Rompre une alliance.
- Deux partis font alliance, ont contracté une alliance, etc.
- Liens contractés par le mariage.
- Ce retour, nous l'avons vu, n'est pas la simple rémanence d'un passé tribal et paysan, mais la reconstitution dans une société moderne de modes traditionnels de loyauté et d'exercice du pouvoir : alliances matrimoniales, solidarité des corporations, clientélisme, c'est-à-dire échange de la loyauté politique contre une prébende matérielle. — (Olivier Roy, L'échec de l'islam politique, Éditions du Seuil, 1992)
- Il a fait une grande alliance, une alliance honorable en mariant sa fille à un tel.
- Bague, anneau d’alliance, ou, absolument,
- Bague d’or ou d’argent, symbole de l’union contractée par le mariage.
- Porter au doigt une alliance.
- 12 mai 43 – On cherche des débris d’or pour fournir une contrepartie au bijoutier qui nous vend nos alliances. Véga a retrouvé une vieille dent qui fera l’affaire. Et si la guerre se prolonge, nous pourrons toujours remettre notre alliance au dentiste pour qu’il puisse nous faire une couronne. C’est le Cycle de l’Azote ! — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 280)
- « Et son alliance ? » a demandé Poupette en prenant l’anneau dans le tiroir de la table. Nous la lui avons passée au doigt. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il n’y avait aucune place sur terre pour ce petit cercle d’or. — (Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964, Le Livre de Poche, page 127)
- Il y avait aussi les alliances que les deux hommes portaient à leur annulaire gauche et que la graisse de l’âge enchâssait déjà, mais amaigris ils ne les eussent jamais ôtées. — (Daniel Boulanger, Le chemin des caracoles, Laffont, 1966, réédition Le Livre de Poche, page 96)
- Les garçons et les filles couleur du pain bis qui passent près d'eux leur jettent le bref regard latin qui juge et jauge et résume à la fraction de seconde, avec une précision implacable : un couple de jeunes mariés (ils portent l’alliance), point riches, puisqu'ils sont ici et non là-bas ; elle, plus belle que lui ; lui, plus amoureux qu'elle. — (Jean-Louis Curtis, Un jeune couple, 1967)
- Une alliance se cachait au fond du coffret ; elle prit aussi le chemin de la fonte, ce genre d’anneau n’étant sacré que laissé au doigt d’une morte. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 69)
- Elle m’accompagne souvent au resto U de l’ÉcoIe et je pousse la plaisanterie jusqu’à m'acheter une alliance et la porter. — (Philippe Molle, Mémoires d’outre mers, 2005)
- Affinité entre un époux et les parents de l’autre époux.
- Cousin, neveu par alliance.
- Affinité spirituelle.
- (Sens figuré) Union et mélange de plusieurs choses différentes, opposées, disparates.
- Faire une alliance du sacré et du profane, du vice et de la vertu.
- La hardiesse de certaines alliances de mots.
- L’hémistiche « Il aspire à descendre » offre une heureuse alliance de mots.
- (Au pluriel) (Argot) (Rare) Poucettes.
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opulence
?- Abondance de biens, richesse dont on fait étalage.
- Elle vit l’opulence & les richesses succéder à l’aisance ; & son père, avant tout cela, avoit connu le mésaise & presque la pauvreté. — (La mésalliance, dans les Contes moraux dans le goût de ceux de M. Marmontel, recueillis de divers auteurs, publiés par Melle Uncy, Amsterdam & Paris : chez Vincent, 1763, vol.2, p.399)
- Ses concitoyens le regardaient comme un homme d’une grande opulence. Il possédait cinquante feddans de bonne terre; cinq gamousses, dix bœufs mugissaient dans ses étables. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- (Sens figuré) Ampleur, développement abondant.
- L’opulence des formes dans les tableaux de Rubens, de Jordaens.
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nitescence
?- Clarté, lueur.
- Oh, il me fallut la surveiller de près, ma Lo, ma languide petite Lo ! En raison peut-être de ses exercices amoureux quotidiens et malgré son physique encore très enfantin, elle irradiait une sorte de nitescence langoureuse qui plongeait les garagistes, les chasseurs dans les hôtels, les vacanciers, les ruffians au volant de luxueuses voitures, les béjaunes boucanés au bord de piscines bleues, dans des accès de concupiscence qui auraient pu titiller mon orgueil s’ils n’avaient exacerbé ma jalousie — (Vladimir Nabokov, traduit de l’anglais par Maurice Couturier, Lolita, in Œuvres romanesques complètes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2010, tome II, p. 973)
- Cette splendeur était-elle due à la nitescence que donne au teint l’air pur des montagnes et le reflet des neiges ? — (Honoré de Balzac, Séraphîta, 1835, chapitre premier)
- […] et il était entré dans la cathédrale. L’avait frappé la nitescence de ces nefs, si différentes de celles des églises italiennes et françaises. — (Umberto Eco, L’Île du jour d’avant, traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano)
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virulence
?- (Médecine) Aptitude des microbes à se développer dans l’organisme et à y sécréter des poisons.
- Le bacille pesteux aurait-il par hasard perdu sa virulence ? Il ne le semble pas, d’après certaines épidémies survenues dans l’Inde et d’après la cruelle épidémie, qui frappa la Mandchourie en 1910 et fit, en moins de trois mois, 65.000 victimes. — (Jules Guiart, « La peste reviendra-t-elle ? », dans la Revue d’Hygiène, vol. 59, no. 4, avril 1937, page 241)
- (Sens figuré) Qualité de ce qui est virulent.
- La virulence de cette humeur.
- La virulence de ses discours.
- Le président américain Donald Trump s’en est une nouvelle fois pris lundi avec virulence au docteur Anthony Fauci, figure très respectée aux États-Unis et membre de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur le coronavirus. — (AFP, COVID-19: Trump s’en prend au Dr Fauci «et tous ces idiots», Le journal de Montréal, 19 octobre 2020)
- Nous voici immergés dans un système qui, par la richesse de son information, par la virulence de sa contamination, par la multiplication de se canaux de propagation, permet l’apparition d’innombrables configurations nouvelles. — (Ollivier Dyens, La Condition inhumaine. Essai sur l’effroi technologique, Flammarion, 2008, page 23)
-
souffrance
?- Douleur physique ou morale, état de celui, de celle qui souffre.
- Simplement une douleur infinie, une souffrance continue, sans trêve ni repos, la souffrance cruelle et injuste des êtres inconscients, enfants ou animaux, qui n’ont même pas l’amère consolation de comprendre pourquoi et comment ils souffrent… — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
- Car il n’était pas fait pour la vie de collège. Pour lui, elle était un supplice renouvelé tous les jours. On comprenait, en l’observant, qu’il avait tellement pris l’habitude de souffrir que la souffrance était devenue sa meilleure amie. — (Valery Larbaud, Fermina Márquez, 1911, réédition Le Livre de Poche, page 163)
- Ne plus s’aimer, c’est pire que de se haïr, car, on a beau dire, la mort est pire que la souffrance. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Les jours qui suivirent furent pour la malheureuse fillette, qui découvrait à la fois l’amour et la souffrance, un supplice de tous les instants. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l'Amour et de la Mort », 1940)
- — Moi, dit Pierson, il me semble que j’essaierais de supporter mes souffrances.— Oh ! toi, naturellement ! Vous vénérez la souffrance, vous autres chrétiens !— Nous ne la vénérons pas, nous essayons de l’accepter.— Ça revient au même. — (Robert Merle, Week-end à Zuydcoote, 1949, réédition Le Livre de Poche, page 148)
- Elle allait mourir dans des souffrances atroces, sans que rien pût la soulager. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Un des effets les plus immédiats de la souffrance est le repliement, pour ne pas dire l'enfermement sur soi. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, page 124)
- (Droit) Tolérance en vertu de laquelle on accepte certaines choses que l’on pourrait empêcher.
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essence
?- Ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est, ce qui constitue la nature d’une chose.
- Le bien physique et le mal physique, le bien moral et le mal moral ont donc évidemment leur origine dans les lois naturelles. Tout a son essence immuable, et les propriétés inséparables de son essence. D’autres lois auraient d’autres propriétés essentielles […] — (François Quesnay, Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société, 1765)
- « Nous ne connaissons rien, dit le baron de Bielfeld, nous ne connaissons rien de la nature ou de l’essence de Dieu ; — pour savoir ce qu’il est, il faut être Dieu même. » — (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire, 1864)
- En France nous sommes traditionnels. […] C’est l’extérieur des institutions, et non leur essence, qui possède chez nous le privilège de l’inviolabilité. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
- Il y a entre le ritualisme occidental et le mysticisme oriental une différence d’essence, une incompatibilité radicale que vingt siècles d’échanges et de compénétrations n’ont pas entamés. — (Jacques-Henry Bauchy, Histoire de la Forêt d’Orléans, 1985)
- À coup sûr, l’essence de la laïcité, mis à part la séparation de la religion et de l’État, est l’acceptation de la proposition selon laquelle il n’y a pas de finalité des formes, pas de possession exclusive de la vérité absolue et indivisible. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 159)
- (Botanique) Espèce apte à produire du bois.
- En cas d’attaques pathogènes, comme la maladie de la suie sur l’érable, si on a d’autres essences, elles vont supporter le choc. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 27 janvier 2023, page 3)
- Chaque tendeur paraît avoir une essence de prédilection pour ses hayettes. Ici, on me dit du « chêne ». Certains retiennent le charme […] — (Jacques Lambert, Campagnes et paysans des Ardennes : 1830-1914, 1988)
- L’autécologie des mélèzes est assez mal connue, tout du moins dans les zones où ils ont été et sont introduits comme essence de reboisement. — (Philippe Riou-Nivert, Le Mélèze, 2001, page 52)
- Plus précisément les écologistes accusent les essences résineuses de podzoliser les sols, […]. — (Maurice Bonneau, La forêt française métropolitaine à l'aube du XXIème siècle, 2006, page 290)
- (Sylviculture) (Par extension) Espèce dominante d’une forêt.
- Un bois d’essence de chêne.
- (Cosmétologie) Huile aromatique très subtile qu’on extrait de certaines substances.
- Essence de roses.
- Extrait concentré et épuré de certaines substances.
- L’essence de cannelle du commerce est loin d'être pure, mais on peut la purifier par une nouvelle distillation avec de l'eau que l'on sépare en grande partie par décantation, […]. — (C. Favrot, Traité élémentaire de Physique, Chimie, Toxicologie et Pharmacie, Paris : Béchet jeune & labé, 1841, vol.2, page 391)
- (Spécialement) (Peinture) (Par ellipse) Essence de térébenthine.
- Pour réchampir les moulures, on broie les couleurs à l'huile de noix et on détrempe à l’essence; on applique deux couches généralement plus foncées que le fond. — (Eugène Aucamus, Menuiserie serrurerie, plomberie, peinture et vitrerie, Paris : chez P. Vicq-Dunod & Cie, 1898, p. 297)
- (En particulier) (Automobile, Motocyclisme) Carburant pour automobiles, issu du pétrole raffiné, et généralement opposé au gazole.
- Notre hydravion chargé de 2,600 litres d’essence accusait un poids de 5,500 kilogrammes. — (Jean Mermoz, Mes Vols, p.61, Flammarion, 1937)
- […] de nombreuses unités blindées d'avant-garde étaient stoppées sur les routes, faute de combustible : […]. Les appels radio des tankistes réclamant de l’essence se faisaient entendre sans cesse. — (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.153-154)
- Est dénommé « essence » le mélange d'hydrocarbures d'origine minérale ou de synthèse, destiné notamment à l'alimentation des moteurs thermiques à allumage commandé, répondant aux spécifications suivantes : […] — (Claude Martin et Jean Pinchon, « Caractéristiques de l'essence », Arrêté du 28 décembre 1966, Journal officiel de la République française du 13 janvier 1967, page 575)
- Son œil s'attarde pourtant sur la jauge d’essence. Impitoyable, l’aiguille marque zéro. Par quel miracle, le réservoir où Mr. Smith a versé de ses mains, au moment du départ, soixante-dix litres de supercarburant, a-t-il pu se vider subitement ? — (Serge Dalens, La tache de vin, Éditions Fleurus, 2012, p 189)
- (Par métonymie) N’importe quel carburant pour une voiture.
- Le plus ennuyeux pour les agriculteurs fut sans aucun doute le défaut d’essence et de ficelle pour les lieuses. On voyait ressortir les anciens matériels mis au rebut comme les javeleuses et les batteuses à tripot. — (Gérard Giuliano, Jacques Lambert, Les Ardennais dans la tourmente : l’Occupation et la Libération, Terres ardennaises, Charleville-Mézières, 1994, page 81)
- (Philosophie) Par opposition à accident, ce qui constitue la nature permanente d’un être, indépendamment de ce qui lui arrive.
- La prudence et la politique sont, à vrai dire, une même habitude ou disposition d’esprit; mais elles n’ont pas la même nature ou la même essence. — (Aristote, La morale et la politique d’Aristote, traduites du grec par Jean-François Thurot, 1823, page 264)
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rouspétance
?- (Populaire) Action de rouspéter.
- Vous êtes une forte tête, à ce que je vois ; vous voulez faire de la rouspétance. — (Georges Courteline, La Vie de caserne, A. Magnier, 1896, page 133)
- L’agent. — Allez ! Allez ! Au bloc ! Et pas de rouspétance ! — (Georges Courteline, Le commissaire est bon enfant, 1899)
- Olivette, ma fille, ne m’échauffe pas les oreilles, sans ça, y aura de la rouspétance. — (Richard O'Monroy, L’Irrésistible Amour, C. Lévy, 1909, page 274)
- Par intervalles, la bonne femme intercalait sa voix de crécelle dans la basse, puis elle refermait d’un coup sa boîte à rouspétance, comme si elle en avait dit trop. — (Gustav Meyrink, Le Golem, 1915 ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre, 2003, page 92)
- En style plus que populaire, « Pas de rouspétance ! » caractérise parfaitement l’impuissance de l’homme devant Allah. — (Onésime Reclus, L’Atlantide, pays de l’Atlas : Algérie, Maroc, Tunisie, La Renaissance du livre, 1919, page 115)
- Une femme qui commence pas à seize ans, rappelle-toi que ça ne fera jamais une bonne baiseuse. Moi, si j’étais ministre, je ferais des lois pour ça. Je leur ordonnerais, aux gens : "Votre môme a seize ans ? Allez ! A l’homme ! Et hop ! Tout de suite ! Pas de rouspétance !" — (Robert Merle, Week-end à Zuydcoote, 1949, réédition Le Livre de Poche, pages 194-195)
- 13 août 1940 – Je ne trouve pas, contrairement à ce que prétendent mes ascendants, que la rouspétance rende le travail plus pénible. Au contraire, pendant qu’on se plaint on oublie son travail. C’est la résignation qui empoisonne les âmes. — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 59)
-
phosphorescence
?- (Biologie, Chimie) Propriété qu’ont certains corps de dégager de la lumière dans l’obscurité, sans chaleur ni combustion sensible.
- Les biphores (salpa) sont des mollusques marins d’une forme très bizarre […]. Depuis assez longtemps, l’attention des naturalistes voyageurs avait été attirée sur ces animaux, dont la phosphorescence se fait remarquer même au milieu des vagues de feu de l’Océan intertropical. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856, p.509)
- Propriété qu’ont quelques corps d’émettre de la lumière quand ils ont été soumis à un rayonnement lumineux ou quand ils ont subi certaines actions mécaniques.
- La phosphorescence du sulfure de zinc après éclairement par la lumière bleue.
- Phosphorescence de la mer, phénomène lumineux que l’on observe la nuit sur la mer et qui est dû surtout à une multitude d’animalcules répandus à sa surface.
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défervescence
?- (Chimie) (Rare) Absence ou diminution d’effervescence.
- (Médecine) Décroissance ou disparition de la fièvre.
- Au cours de la crise, telle défervescence peut annoncer l’entrée en convalescence, comme tout aussi bien elle peut être suivie le lendemain d’une nouvelle poussée inflammatoire. — (Georges Demangeat, Attitude de l’homéopathie dans le rhumatisme articulaire aigu)
- Diminution de l'activité d'un phénomène.
- Le Temps annonçait que le fléau était en pleine défervescence. Le carnivorisme s’éteignait. — (J.-H. Rosny aîné, La Force mystérieuse, 1913)
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outrance
?- Excès ; degré qui est au-delà des bornes habituelles.
- Le yé-yé désigne un genre, l’ensemble des exhibitions de mineurs ignares, exhibitions vocales ou instrumentales, individuelles ou collectives, caractérisées par leur outrance sonore et leur indigence d’expression. — (Jean-Louis Gérard, L’imposture Yé-Yé, dans Le Monde libertaire, n° 107, décembre 1964, page 7)
- Mais les outrances de Poutine et les horreurs de la guerre semblent avoir peu à peu insensibilisé l’opinion publique. — (Loïc Tassé, Un prix Nobel scandaleux, Le Journal de Québec, 8 octobre 2022)
- Action ou parole qui est excessive, qui dépasse les bornes ou la mesure.
- C’est un recueil de ses chroniques théâtrales avec une préface de Courteline. J’y rencontre des pages de maître, noyées exprès dans un flot d’outrance volontaire et préméditée. — (Anatole Claveau, Les snobs, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3e éd., p.38)
- Il est avéré que le Front national a existé d'abord par Jean-Marie Le Pen, comédien patenté de la scène politique, bateleur maniant le calembour aussi bien que l’imparfait du subjonctif, vieux faluchard devenu charismatique par ses outrances mêmes. — (Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Éditions du Seuil, 2015, chap. 4)
- Cela explique pourquoi tous les comportements aberrants de Donald Trump, toutes ses déclarations qui oscillent entre l’obscénité et l’outrance, entre le mensonge et la diffamation, donnent à penser chaque fois que le pire est franchi. — (Denise Bombardier, Donald Trump, le monstre, Le journal de Montréal, 7 novembre 2020)
- L’outrance de ses propos, de ses opinions. Il est usité surtout dans ces locutions adverbiales :
- à outrance, à toute outrance, Jusqu’à l’excès.
- Combat à outrance, Duel qui ne devait se terminer que lorsque l’un des deux adversaires était mis par sa blessure hors de combat ou demandait grâce.
- Par extension, il signifie Combat acharné.
- Ces deux troupes ont livré un combat à outrance.
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silence
?- Absence de bruit.
- Si tout est silence et repos dans les savanes de l’autre côté du fleuve, tout ici, au contraire, est mouvement et murmure : […]. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
- Tout était calme autour de lui ; on était arrivé à cette heure mystérieuse de la nuit où la nature semble dormir, et où tous les bruits sans nom de la solitude s’éteignent pour ne laisser, suivant l’expression indienne, entendre que le silence. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
- Et puis le silence , ce grand silence qui plane au-dessus des solitudes islandaises , et que trouble seul le sifflement du vent ou le cri des pluviers dorés. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 81)
- Aux arrêts, dans les gares, tous les bruits du dehors – la sonnerie du télégraphe, le clac-clac rythmique du graisseur, […] –, tout cela vous arrive multiplié par le silence, rendu plus net par la nuit. — (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
- Enfin, en ces temps particulièrement bruyants médiatiquement, de nombreux fans d’Arte y apprécient les silences et chuchotements, et l’absence d'émissions et de jingles criards. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 28 septembre 2022, page 10)
- Le silence tombait du haut du ciel comme une cascade vertigineuse, traversant de part en part la Terre, sans rencontrer la plus légère résistance. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, collection Folio, page 125)
- Le cri du gravier sous ses bottines, dans le silence, la fit tressaillir. — (Pierre Louÿs, Psyché, 1927, page 136)
- Tout à coup, deux coups de feu brisent le silence de midi. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Le fait de se taire, de ne plus faire de bruit.
- […], la jeune fille porta un doigt à sa bouche pour lui commander le silence, et de l’autre main lui fit signe de la suivre. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Au moindre geste d’improbation, il nous apostrophait et nous imposait silence avec une fureur qui nous touchait sans nous convaincre ; […]. — (Anatole Claveau, Les snobs, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3e éd., page 36)
- Puisqu’on a lyrisé tous les bruits de la nature, depuis le murmure de l'ouragan jusqu'au beuglement du cricri, je vais mettre, moi, ses silences en musique. — (Karol Beffa, « Bruit et musique », dans Parler, composer, jouer : Sept leçons sur la musique, éditions Le Seuil, 2017)
- (Par extension) Action de ne pas exprimer sa pensée, oralement ou par écrit ; fait de se taire.
- Quoique très instruite, elle n’avoit ni les caprices, ni l’humeur qu’on attribue aux gens de lettres, qui tantôt se livrent à une loquacité importune, tantôt se renferment dans un silence méprisant. — (E.-F. Lantier, Voyages d’Anténor en Grèce et en Asie, Paris : chez Belin & chez Bernard, 2e édition revue, an VI, tome 1er, page 35)
- Il nous semble être retourné au collège, de nouveau nous marchons en rang, nous faisons des devoirs et surtout des pensums, et l’on nous astreint au silence […] — (Jean Heimveh, Question d’Alsace, 1889)
- Et rien en effet dans son langage, pas plus que dans ses silences ni dans son attitude, ne décela à sa bourgeoise qu’il avait les sens aux aguets et faisait bonne garde. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Mon passe-temps favori est la conversation coupée de silences. Les autres fournissent la conversation, moi les silences. — (Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 74)
- Aussi, lorsque, après avoir franchi une porte vitrée immense, donnant sur un vestibule un peu moins vaste que le Square du temple, nous nous engageâmes dans un large escalier aux marches déclives, usées et traîtresses, mais qu’une rampe remarquablement ciselée aidait à gravir sans péril, je me contentai, toujours prudent, d’admirer l’élégante rampe en silence. — (Léo Malet, L’Ours et la Culotte, 1955, chapitre VIII)
- Le silence est l’arme la plus puissante du mal. — (Maurice Magre, Le Sang de Toulouse, 1931)
- Absence de mention d’une chose, du manque de témoignage sur un sujet, sur un fait.
- Mon manuel fait silence sur ce fait. - Le silence des journaux sur cet incident est significatif.
- (En particulier) (Internet) Absence d’un document pertinent dans un moteur de recherche.
- Le moteur de recherche doit fonctionner rapidement et efficacement (en minimisant à la fois le silence — informations pertinentes auxquelles on n’a pas accès — et le bruit — informations non pertinentes auxquelles on accède. — (Jean-Marc Hardy, Gaetano Palermo, Réussir son site web en 60 fiches, 3e édition, page 70)
- (Musique) Interruption du son dans une phrase musicale.
-
condescendance
?- Complaisance qui fait qu’on se rend aux sentiments, aux volontés de quelqu’un. Mais depuis le XIXe siècle, le sens a glissé vers la 2e définition[1].
- Mme de Rênal s’était trouvée assez de sens pour oublier bientôt, comme absurde, tout ce qu’elle avait appris au couvent ; […] Avec l’apparence de la condescendance la plus parfaite, et d’une abnégation de volonté, que les maris de Verrières citaient en exemple à leurs femmes, et qui faisait l’orgueil de M. de Rênal, la conduite habituelle de son âme était en effet le résultat de l’humeur la plus altière. Telle princesse, citée à cause de son orgueil, prête infiniment plus d’attention à ce que ses gentilshommes font autour d’elle, que cette femme si douce, si modeste en apparence, n’en donnait à tout ce que disait ou faisait son mari. Jusqu’à l’arrivée de Julien, elle n’avait réellement eu d’attention que pour ses enfants. — (Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830)
- […], je vais vous remettre les deux lignes ; vous les porterez au grand homme en l’assurant d’une entière condescendance à ses désirs ; mais à une condition. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844 ; page 337 de l’édition Houssiaux de 1855)
- Delouche nous offre à chacun la goutte, mais il n’y a qu’un verre et nous buvons tous dans le même. On me sert le premier avec un peu de condescendance, comme si je n’étais pas habitué à ces mœurs de chasseurs et de paysans… — (Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913)
- Bienveillance mêlée d’un léger mépris ; comportement distant, presque hautain, arrogant, ou qui pourrait être ressenti comme tel.
- Oh ! l’ignorance ! murmura le savant, et il ajouta tout haut avec ce ton de condescendance doctorale particulier aux disciples d’Esculape : mon ami, je cueille des simples que je collectionne, afin de les classer dans mon herbier ; […]. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
- Puis, dans la songerie de Clotilde, la figure de sa grand’mère Félicité s’évoquait. Celle-ci venait la visiter de temps à autre, avec une condescendance de parente puissante, qui est d’esprit assez large pour pardonner toutes les fautes, quand elles sont cruellement expiées. — (Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893, chapitre XIV)
- Il saluait chapeau bas tous ceux qui appartenaient à une classe sociale supérieure à la sienne, il traitait avec mépris ou condescendance ses inférieurs, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910)
- En Afrique, un Blanc qui adresse la parole à un Noir n’a plus la condescendance raciste des colonisateurs d’antan ; désormais c’est bien plus violent. Désormais, il a le regard apitoyé du prêtre qui administre l’extrême-onction à un condamné à mort. — (Frédéric Beigbeder, 99 francs, Gallimard, 2000, collection Folio, page 141)
- Lorsqu’il gémit et dans mon cou laissa tomber sa tête, porté enfin, sur et dans mon ventre, j’en conçus avec étonnement, une fugitive condescendance. — (Marie Darrieussecq, Claire dans la forêt, nouvelle, supplément au magazine « Elle », 2000, page 13)
-
ambivalence
?- (Psychologie) Apparition simultanée de deux sentiments opposés : l’amour et la haine, ou encore désirer une chose et son contraire.
- Là encore, la relation à Shakespeare se joue sur un mode de l’ambivalence en ce qu’elle s’inscrit dans une tension entre une vénération à laquelle l’écrivain américain cherche à imprimer son propre rite ([…]) et une tentative d’inscrire le barde dans un processus historique en faisant référence à la Déclaration d’indépendance. — (Ronan Ludot-Vlasak, « Entre consécration et profanation. Melville et la lettre shakespearienne », dans Revue française d’études américaines 2014/4 (n° 141), page 50.)
- (Par extension) Caractère de ce qui a deux aspects, deux propriétés opposées.
- L’ambivalence et le laxisme des autorités de l’État laïque et de la nouvelle intelligentsia séculière ébranlèrent le sécularisme même. Dès l’instant […] où l’influence européenne diminua, la laïcité déclina et son attrait se volatilisa. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, 1992, p.97)
- L’ambivalence du numérique nécessite de repenser la protection des droits fondamentaux. — (Laure Kaltenbach, (directeur du Forum d'Avignon) et Olivier Le Guay (responsable éditorial du laboratoire d'idées du Forum d'Avignon), Sur les données personnelles, l’Europe peut encore gagner, Journal La Croix, 1er octobre 2014, page 24)
- La conséquence de ce complexe d’ambivalences est une série d’ambiguïtés aux niveaux différents du statut du texte littéraire, du traitement didactique de ce texte, et des fonctions de l'enseignant. — (Christian Puren, « Ambiguïtés et ambivalences dans le traitement didactique du texte littéraire dans l'enseignement de l'espagnol en France » , dans Ambiguïtés, ambivalences, textes réunis par Anne-Marie Vanderlynden, Cahiers du CRIAR n° 14, Publication Univ. Rouen-Le Havre, 1995, page 188)
-
croissance
?- (Biologie) Fait ou action de croître ou de grandir.
- Cet ouvrage présente les connaissances actuelles sur l’écophysiologie du pois protéagineux : développement végétatif et reproducteur, croissance en condition non limitante, nutrition azotée. — (Nathalie Munier-Jolain, Agrophysiologie du pois protéagineux, 2005, page 19)
- […] ; parmi les écotypes, la croissance de la luzerne maritime sur les plages de la plaine orientale et du plantain des sables sur celles de la Balagne, est conditionnée par la teneur locale de la salinité du sol ;[…]. — (Fernand Ettori, Corse: écologie, économie, art, littérature, langue, histoire, traditions populaires, éditions C. Bonneton, 1979, page 250)
- L’ossification de membrane concerne la plus grande part de la voûte et de la face. La croissance des os de la voûte répond à l’augmentation du volume de l’encéphale sous-jacent. — (Jean Nauwelaërs, Radiopédiatrie : guide pratique, Heures de France, 1999, page 80)
- Sa croissance lente lui donne toujours une allure d’arbuste ou de petit arbre un rien contrarié. En cas de conditions extrêmes de froid ou de vent, il a même tendance à se « bonsaïfier ». — (Serge Schall, Jardiner en terrain sec, Larousse, 2016, page 41)
- Fait d’augmenter, de se développer, de propager.
- La croissance de cette ville est remarquable.
- (Mathématiques) Pente d’une courbe dont on qualifie l’évolution.
- Cette fonction a une croissance positive.
- (Économie) Augmentation sur le long terme de la production de biens et de services d’une économie, qui se mesure généralement année par année grâce au PIB.
- Il est convaincu que le retour de la croissance est une bonne nouvelle alors que la croissance signifie seulement de plus en plus de production vaine, « une immense accumulation de marchandises » (Karl Marx), une montagne d’objets supplémentaires pour nous ensevelir. — (Frédéric Beigbeder, 99 francs, Gallimard, 2000, collection Folio, page 27.)
- Nous devons rompre avec le mythe de la croissance économique, et avec l’idée qu’elle est la solution pour réduire les inégalités. C’est faux, c’est même l’inverse. La croissance détruit les écosystèmes comme les humains. — (Delphine Batho, Delphine Batho : « La décroissance est une société du plus, pas du moins », propos recueillis par Gaspard d’Allens et Hervé Kempf, Reporterre, 2 avril 2021 → lire en ligne)
- Quand on parle d’hypercroissance, on parle de plusieurs années de suite avec des croissances à plus de 100 %. — (Michel Offerlé, Patrons en France, 2017)
-
plaisance
?- (Vieilli) Plaisir, agrément.
- Je m’enivrais ainsi d’une sorte de modestie capiteuse et m’habituais, hélas ! consultant peu ma plaisance, à ne me satisfaire à rien qui ne m’eût coûté quelque effort. — (André Gide, La porte étroite, 1909, réédition Le Livre de Poche, page 26)
- Suave est ce temps de plaisance !Tremblez, mortels ! Je suis bien fortQuand jamais à ma suffisance,Je bâille à briser le ressort ! — (Paul Valéry, Ébauche d’un serpent)
- Des officiers allemands étaient venus, qui voulaient transformer les prairies en champs de légumes, et la maison en séjour de plaisance pour de jeunes Allemandes. — (José Cabanis, Les cartes du temps, Gallimard, 1962, Le Livre de Poche, page 80)
- (Rare) Aspect plaisant, agréable (de quelqu’un, quelque chose).
- La plaisance de cette demeure tient à sa cour intérieure.
- C’est une esthétique du regardUne plaisance du coeurUne grâce de sa part — (Grégory Creston, Au cœur d’un phare solitaire, Le sourire d’une femme est une grâce, page 32, 2014, Edilivre)
- (Courant) (Par ellipse) Navigation de plaisance.
- – Quel est ce bateau ? demandai-je.– Le Cormoran. Une goélette armée en plaisance, qui s’est amarrée pendant quarante-huit heures au Lorraine, quinze jours avant le découverte du cadavre. — (Georges Simenon, Les 13 Mystères, Fayard, 1932, réédition Le Livre de Poche, page 90)
- Je m’suis cogné partoutJ’ai dormi dans des draps mouillésÇa m’a coûté des sousC’est d’la plaisance, c’est le pied ! — (Renaud, Dès que le vent soufflera, 1983)
- amance
-
désobéissance
?- Action de désobéir.
- Désobéissance à la loi.
- Persister dans la désobéissance.
- Acte de désobéissance.
- Habitude de désobéir.
- La désobéissance est le défaut principal de cet enfant.
- Acte par lequel on désobéit.
- C’est pour une seule désobéissance qu’il a été puni.
- Les désobéissances de cet enfant lui attirent de fréquentes punitions.
- Le péché est une désobéissance à la loi de Dieu. — (Manuel du catéchiste: méthodologie de l’enseignement de la religion dans les écoles primaires et les pensionnats, 1907)
- calorescence
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recouvrance
?- (Désuet) Recouvrement, action de recouvrer.
- Dame de Recouvrance, la vierge, que les catholiques invoquaient pour recouvrer la santé.
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décadence
?- Dégradation, abaissement général des valeurs, des comportements que reconnait une société, un peuple ou un pouvoir politique comme étant la norme à devoir respecter.
- … ouvrez vos cellules de marbre et laissez partager votre repos à un frère fatigué, qui aimerait mieux avoir à combattre cent mille païens que d’être témoin de la décadence de notre ordre sacré ! — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Cependant, le caractère vraiment ornemental et architectural des armoiries, qui ne tolérait pas une représentation des objets sous leur forme parfaitement naturelle, se conserva […] jusqu’au milieu du 16e [siècle]. Depuis, les bonnes traditions allèrent s’affaiblissant, jusqu’au 19e qui a été témoin de la décadence complète de cet art vénérable, dont il semble qu’on eût oublié même les principes les plus élémentaires. — (Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : précédé d’un Dictionnaire des termes du blason, tome 1 (A–K), G. B. van Goor Zonen, Gouda, 1884)
- Sommes-nous donc dans une époque d’irrémédiable décadence ? Plus nous approchons de la fin de ce siècle, plus notre décomposition s’aggrave et s’accélère, et plus nos cœurs, nos cerveaux, nos virilités vont se vidant de ce qui est l’âme, les nerfs et le sang même d’un peuple. — (Octave Mirbeau, Le Tripot aux champs, Le Journal, 27 septembre 1896)
- Bismark jugea tout autrement. La République devait causer, à son avis, la décadence définitive des Gaules alors que le quasi-absolutisme germanique maintiendrait la prééminence allemande. Les événements de 1914 ont tranché le différend. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, p. 27)
- Le pays des terribles Cadets de Gascogne, le pays de madrés, des malins, des finauds, des habiles, […] ce pays là ne serait plus qu’un pays de hongres, voué à la décadence et à la destruction ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- (Sens figuré) Dégradation, disparition, offense.
- L’humanité avait-elle les moyens de prévenir ce désastre de la guerre dans les airs ? Question oiseuse, aussi oiseuse que de demander si elle aurait pu empêcher la décadence qui transforma l’Assyrie et Babylone en des déserts arides. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 409 de l’édition de 1921)
- On s’accorde à signaler la décadence progressive de l’élevage du mouton en Russie. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
- (En particulier) (Histoire) Derniers siècles de l’empire romain.
- Les Romains de la décadence.
- Les poètes latins de la décadence.
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.