Dictionnaire des rimes
Les rimes en : réticence
Que signifie "réticence" ?
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- Action de taire à dessein une chose qu’on pourrait ou qu’on devrait dire.
- Indépendamment des causes ordinaires de nullité, […], le contrat d’assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l’assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l’objet du risque ou en diminue l’opinion pour l’assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé par l’assuré a été sans influence sur le sinistre. — (Article L113-8, Code des assurances, France, version 2010)
- Dans le récit qu’il m’a fait, il a mis beaucoup de réticence.
- Il a usé avec moi de réticence.
- Chose même que l’on n’a pas dite.
- Dans ce discours, il n’y a point de mensonge formel, mais il y a bien des réticences.
- Dans cet acte, il y a une réticence frauduleuse.
- Des réticences perfides.
- (En particulier) (Rhétorique) Figure par laquelle l’orateur en s’interrompant fait entendre ce qu’il ne veut pas dire expressément.
- Il y a un tour de Fiction, au moyen duquel la penſée ne doit pas être entendue littéralement comme elle eſt énoncée, mais qui laiſſe apercevoir le véritable point de vûe en le rendant ſeulement plus ſenſible & plus intéreſſant par la Fiction même. De là naissent l'Hyperbole, la Litote, l'Interrogation, la Dubitation, la Prétérition, la Réticence, l'Interruption, le Dialogiſme, l'Épanorthoſe, l'Épitrope, & l'Ironie ; celle-ci ſe ſoudiviſe, à raison des points de vûe ou des tons, en ſix eſpèces ; ſavoir, la Mimèſe, le Chleuaſme ou Perſifflage, l'Aſtéiſme, le Charientiſme, le Diaſirme, & le Sarcaſme. — (Encyclopédie méthodique : Grammaire et Littérature, tome second, Panckoucke / Plomteux, Paris / Liège, 1784)
- La réticence en dit quelquefois plus que les paroles.
- Réserve ou restriction.
- En effet, il n’y a pas si longtemps que la réunion des deux éléments de ce titre — préhistoire et Amérique — aurait suscité beaucoup de réticence chez plus d’un américaniste. — (Marc-R. Sauter, en préface de Préhistoire de l’Amérique, par Salvator Canals Frau, Paris : Payot, 1953, page 5)
- Dans leur ardeur surexcitée, ils morigénaient ceux qui marquaient quelque indécision ou réticence, leur démontrant que dans les circonstances actuelles la meilleure des prudences était d’agir vite. — (Émile Pataud et Émile Pouget, Comment nous ferons la Révolution, 1909)
- Elisabeth Borne n'a d'ailleurs pas hésité à placer les parlementaires face à leurs responsabilités : "Les oppositions sont largement d'accord pour rajouter des dépenses. Mais chaque fois que vous présentez des économies structurelles, vous avez une réticence forte. Ce n'est pas pour rien que j'ai dû passer par 49.3 la réforme des retraites", a-t-elle narré, assumant d'avoir mené des réformes "qui n'étaient pour le moins pas populaires" pour rééquilibrer les comptes publics. — (Raphaël Marchal, "Dérapage du déficit public : Élisabeth Borne pointe un "dysfonctionnement" dans l'évaluation des recettes", LCP, jeudi 20 février 2025)
Mots qui riment avec "ance"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "réticence".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ance , ances , anse , anses , ence , ences , ense et enses .
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belligérance
?- Action d’être belligérant.
- – Foin de Philomachie, poursuivit, imperméable, Karamagnole, trêve de belligérance ; je n’aime pas la guerre, je ne veux pas aller me battre ; […] — (Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Denoël, 2000, collection Folio, page 19.)
- Le Congrès des États-Unis approuverait la requête jordanienne, expliquèrent les diplomates à Hussein, s’il déclarait la fin de l’état de belligérance avec Israël. — (Michael Bar-Zohar, Shimon Peres et l’histoire secrète d’Israël, 2008)
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romance
?- (Poésie) Poème espagnol en vers généralement octosyllabiques (les vers pairs étant assonancés et les impairs libres) et qui traite de sujets historiques, épiques, amoureux, etc. Note : en ce sens, il peut être masculin, comme le mot espagnol.
- [Corneille] ne nous a fait connaître qu’une très-faible partie des dicts, faits et gestes du Cid contenus dans les quatre ou cinq premières romances. — (Balzac, Œuvres div., t. 1, 1830, page 401)
- […] on voit surgir l’épopée espagnole dans ces fameuses romances, qui forment pour l’Espagne une gloire à part […] où sont enregistrées toutes les luttes et les beautés de son histoire […] et qui ont réfléchi […] l’élégance et la galanterie des Maures, sans jamais perdre ce sévère caractère catholique. — (Montalembert, Sainte Élisabeth, 1836)
- Il y a un romance fameux du romancero espagnol, où un chevalier (…) cherche refuge sous un chêne. « Sur la branche la plus haute, il vit que se tenait une petite infante ». — (Montherland, Pte Inf. Castille, 1929, page 604)
- (Musique) Chanson tendre ou plaintive.
- Les actrices d’opéra-comique de ce temps-là ne se bornaient pas à roucouler un air ou une romance : on voulait encore qu'elles jouassent la comédie; […]. — (Eugène de Planard, « Théâtre : 1772. Mort de madame Favart, actrice », dans les Éphémérides universelles, ou tableau religieux, politique, littéraire, scientifique et anecdotique, tome 4 : Avril, 2e éd., Paris : chez Corby, 1834, page 396)
- Lorsque Julie se leva pour aller au piano chanter la romance de Desdémone, les hommes accoururent de tous les salons pour entendre cette célèbre voix, muette depuis si long-temps, et il se fit un profond silence. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Ce qu’elle chantait – ah ! la fatale et maudite chanson ! –, c’était une vieille romance larmoyante et tendre, pareille à celles que les aveugles nasillent dans les rues. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
- — Tenez, voilà une chanson que j'ai écrite il y a trois ans. Un peu de romance sentimentale, ça ne saurait faire de mal à personne. — (Henry Miller, L’Ancien Combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- (Par extension) Air sur lequel se chante une romance.
- Jouer une romance.
- (Sens figuré) Ce qui marque une certaine sensibilité banale.
- Les jeunes lecteurs de romances et de ballades romantiques se rappelleront sans peine que, dans ces siècles obscurs, comme on les appelle, les femmes étaient initiées aux mystères de la chirurgie […] — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- (Anglicisme) Relation romantique.
- Des histoires, des aventures, des flirts, des romances et des liaisons. Des amourettes sans importance et sans lendemain qui, avec du recul, ne semblaient exister qu’au pluriel. — (Ida Junker, Les Années fastes, chez l’auteur à Asnières, 2007, page 9)
- Je n'ai aucune envie de tricher, d'inventer une romance où j'aurais le rôle flatteur de l'amoureux triomphant ; parallèlement, lui présenter mon idylle comme un foirage complet risquerait de voiler l'image du macho insubmersible à laquelle il est attaché. — (James Fillol, Une autre gloire : Souviens-toi d'où tu es tombé, Société des Écrivains, 2011, page 192)
- Style de littérature consacrée aux aventures amoureuses.
- Après des débuts dans la romance et l’urban fantasy sous le pseudonyme Charlie Genet, elle s’est lancée dans le thriller. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 21 octobre 2022, page 9)
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confidence
?- Communication d’un secret.
- Il fut trahi par un homme à qui il avait fait confidence de son projet. — (Prosper Mérimée, Lettres d’Espagne, 1832, rééd. Éditions Complexe, 1989, page 92)
- Il faut croire que le Père de Ragon était peu soucieux de livrer aux moqueuses oreilles de Chiffon les confidences de celles qu'elle appelait si irrévérencieusement « les grenouilles de bénitier », car subitement il se ravisa, disant, comme s'il n'avait rien entendu : […]. — (Gyp, Le mariage de Chiffon, Paris : chez Calmann-Lévy, 1894, p. 95)
- Elle avait reçu, pourtant, bien des confidences. Quand il en avait trop gros sur le cœur, à de certains moments trop heureux ou trop tragiques de sa vie, […], Balzac, en dépit de sa force de renfermement, éprouvait le besoin de s'épancher... — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
- Il faut que je vous mette dans la confidence. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 292.)
- Ses dents en or et sa claudication laissaient entendre, avant qu'il ne se fût livré à la moindre confidence, que son ancien métier entraînait certains risques. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Si l'on ne peut pas dire que les réponses soient tout à fait franches du collier, on ne peut pas non plus estimer que les prisonniers se refusent à des confidences. — (Thaddée Piotrowski, Le Murs et les Barreaux : Mémoire de guerre 1939-1943, p. 295, 1999)
- (Vieilli) Confiance qui porte quelqu’un à faire part de ses secrets à un autre.
- Je suis éphébophile et non pédéraste, Madame, précisait l'Ambassadeur à la reine Isabelle avec qui il était sur le pied de la confidence, de ce ton leste que seul vous octroie le commerce d'une longue amitié. — (Pierre Combescot, La sainte famille, Grasset, 1996)
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pulvérulence
?- (Littéraire) ou (Soutenu) État de ce qui est en poudre, de ce qui est pulvérulent.
- La plaine resplendissait, elle aussi, en une pulvérulence rose d'une infinie délicatesse de teinte... — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
- (...) revenu à l'entrée du salon, où il y avait plus de monde maintenant (tout s'agitait dans une sorte de pulvérulence lumineuse), il resta debout à contempler les quadrilles, clignant des yeux pour mieux voir... — (Gustave Flaubert, L'Education Sentimentale, 1869)
- Là, il avait d'un côté, sous lui, la vallée de la Seine, fuyant à perte de vue et se confondant avec le bleu du ciel fermé au loin; de l'autre, tout en haut, à l'horizon, les églises et la tour de Provins qui semblaient trembler, au soleil, dans la pulvérulence dorée de l'air — (Joris-Karl Huysmans, A rebours, 1884)
- Dans le sous-bois sec et nu comme un parquet d’église, inondé de cette lumière blanche sans éclat mais qui aveuglait par sa pulvérulence, la marche du cheval faisait tourner lentement de longs rayons noirs. — (Jean Giono, « Le hussard sur le toit », 1951, réédition Folio Plus, page 14)
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appétence
?- Tendance de tout être vers ce qui peut satisfaire ses instincts et ses besoins, surtout physiques.
- Un taux d’humidité élevé entraîne une trop grande production d’acide butyrique, ce qui risque de réduire l’appétence du fourrage, d’accroître les pertes et de provoquer une cétose subclinique chez les vaches laitières. — (Joël Bagg, Tassement et protection du fourrage dans les silos-couloirs, 2003)
- (Par extension) Attirance pour ce qui peut satisfaire un besoin ou une envie.
- [...] une femme bien plus jeune que lui, aux appétences bien au-delà de ses moyens. — (Glen Cook, Le Château noir, 1984)
- Il sentait couler dans ses veines toute la sanie des rêves impuissants, des appétences infécondes, et sur son échine s'appesantissait le fardeau de la résignation et de la timidité. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 27)
- Ce faisant, plane la menace du psychologisme : les moins combatifs feraient preuve d’une moindre « appétence » pour la formation, se laisseraient porter par le fil de l’eau et récolteraient au final les fruits amers de leur désinvestissement.Aussi est-il nécessaire de bien cerner l’origine du « manque d’appétit » apparent de nombreux salariés pour la formation afin de dissiper tout malentendu. — (Christine Fournier, Aux origines de l'inégale appétence des salariés pour la formation, Céreq, n° 209 juin 2004)
- Ayant passé d’une débauche presque infantile à la continence absolue datant du jour où il avait pensé au quai d’Orsay et voulu faire une grande carrière, il avait l’air d’une bête en cage, jetant dans tous les sens des regards qui exprimaient la peur, l’appétence et la stupidité. — (Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, in À la recherche du temps perdu, t. III, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 44)
- (Commerce, Marketing) Désir d’usage ou d’achat ressenti par l’individu pour un produit ou une marque.
- Comment la connaissance client est-elle réellement exploitée par les forces de ventes du CCF dans leur action quotidienne? La création de scores d’attrition et de scores d’appétence client, associée aux alertes d’opportunités commerciales permet aujourd’hui de mieux cibler les contacts et d’optimiser l’efficacité des chargés de clientèle. — (Catherine Hazart, Au CCF, la connaissance client au service de l'action commerciale, dans BiMagazine, n°144, Juin 2004)
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superpuissance
?- (Politique) État dominant à l’échelle mondiale.
- Les premières nations ayant été élevées au rang de superpuissance furent les États-Unis et l’Union soviétique, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
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intransigeance
?- Caractère d’une personne intransigeante.
- Cette intransigeance et cette hauteur sont dans l’ordre. M. Téclé Hawariaté ne serait pas diplomate (et il l'est au superlatif) s'il ne faisait le renchéri et l’irréductible à l'heure où semblent s'amorcer des négociations. — (« Opérations militaires : De part et d’autre beaucoup de mouvement et peu d'action », dans le Journal des débats politiques et littéraires, n° 303/147e année du vendredi 1er novembre 1935, p. 2)
- Ils savent combiner, dans leurs discours pompeux, fougueux et nébuleux, l’intransigeance la plus absolue avec l'opportunisme le plus souple. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.159)
- Malgré sa corpulence excessive, l'autorité de M. Hector sur ses subordonnés n'est guère contestable. Il la doit surtout […], à cette indémontrable apparence de bonhomie qui dérobe son intransigeance absolue, son despotisme maniaque, la secrète satisfaction d'être redouté. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
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magnificence
?- Caractère magnifique de quelque chose ou de quelqu’un.
- De cent façons, New York et sa somptueuse ploutocratie répétaient Venise : dans la magnificence de son architecture, de ses arts, de ses édifices. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 209 de l’édition de 1921)
- Les verrières, immenses et nombreuses (car ce chevet et ce transept semblent une véritable lanterne), sont de la plus grande magnificence comme composition et couleur. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Tout cet ensemble, encadré dans l’arrière-plan des monts Gariepins, formait un site d’une incomparable magnificence. — (Jules Verne, Aventures de trois Russes et de trois Anglais, 1872)
- Au bout d'une heure nous atteignons la cime, du haut de laquelle on domine tout l'archipel féroésien; contemplée au crépuscule de minuit, cette vue est d'une incomparable magnificence. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 35)
- Mais la grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
- L’appartement dans lequel lady Rowena avait été introduite était décoré avec magnificence, mais sans goût. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- À gauche, la Loire apparaît dans toute sa magnificence. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Disposition à faire de grandes libéralités.
- La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. — (Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves, 1689)
- Pendant le dîner, qui fut d’une excessive magnificence et admirablement bien servi, le duc remporta sur Canalis un grand avantage. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- La ville et ses plus riches bourgeois veulent surpasser en magnificence les autres cités. La réception est « de gros coutange » mais aussi « chose très admirable ». — (Jean-François Solnon, Quand la Franche-Comté était espagnole, Fayard, 1989)
- (Au pluriel) Objets magnifiques ou dépenses éclatantes.
- Voilà bien des magnificences.
- Il nous a montré toutes ses magnificences.
- Il a fait des magnificences extraordinaires.
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pétulance
?- Qualité de celui, celle qui est pétulant.
- Parler avec pétulance.
- La pétulance de ses mouvements, de son caractère.
- La brebis est absolument sans ressource et sans défense ; le bélier n'a que de faibles armes, son courage n'est qu'une pétulance inutile pour lui- même, incommode pour les autres, et qu'on détruit par la castration. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 595.)
- Sœur Désirée-des-Anges la suivait des yeux en faisant une petite grimace du coin de la bouche.Elle n’avait plus sa pétulance de jeune novice, mais elle restait enjouée et moqueuse. — (Marguerite Audoux, Marie-Claire, Grasset, 1910, Les Cahiers Rouges, page 198.)
- Dans ma pétulance, Louise trouvait la justification de ses bouderies ; Anne-Marie celle de son humilité. — (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 75.)
- La résurrection des corps, c’est peut-être d’abord ceci : le passage surprise, par une sorte d’effet tunnel, de la grande fatigue à une certaine pétulance. — (Étienne Klein, En cherchant Majorana, Gallimard, 2013, page 121)
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imprudence
?- Défaut de prudence.
- Il s’est conduit en cela avec une grande imprudence, avec une extrême imprudence.
- Il y a bien de l’imprudence à se conduire ainsi.
- Un moment d’imprudence peut tout perdre.
- Quelle imprudence !
- (Par extension) Action ou parole imprudentes.
- Il a commis une légère imprudence.
- Il fait souvent des imprudences.
- Ne pas sourire avec respect au seul nom de M. le préfet passe, aux yeux des paysans de Franche-Comté, pour une imprudence : or, l'imprudence chez le pauvre est rapidement punie par le manque de pain. — (Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830)
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suppléance
?- Action de suppléer, de remplacer.
- L'on organisera la suppléance de tel professeur.
- Fonction de suppléant.
- Il est chargé de la suppléance de tel professeur.
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complaisance
?- Action de s’accommoder au sentiment, au goût de quelqu’un pour lui plaire.
- Comment l’amant prime-t-il sur le mari ? moins par la passion, le plus souvent, que par l’assiduité et la complaisance, en flattant la fantaisie. — (Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, page 83)
- — Voulez-vous avoir la complaisance de m’indiquer un pharmacien ? dit-elle. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
- Sa voix monotone me narrait, avec une complaisance affreuse, la mort, dans le souterrain du palais du gouverneur, de plusieurs familles et d’une ribambelle d’enfants. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt : II, La Revue de Paris, 1920 ; Les Éditions G. Crès et Cie, Paris, 1922, p. 25)
- Sa froideur a, pour moi, tant d’attraits, qu’elle me brûle et me glace. J’ai beau savoir qu’au fond de ce regard, tout est calcul et complaisance, où qu’il m’entraîne, je le suivrai. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 16)
- Il était peu habituel que ces étreintes s’accomplissent dans le recueillement, elles étaient presque toujours un spectacle pour un ou deux gamins qui attendaient leur tour de la complaisance de la victime. — (Marcel Aymé, La Jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 124.)
- Ayez cette complaisance-là pour lui.
- Avoir de grandes complaisances pour quelqu’un.
- Indulgence excessive.
- Véronique Nahoum-Grappe, qu’on ne peut soupçonner de complaisance envers les hommes et qui a fort bien dénoncé les violences des miliciens serbes avinés en Bosnie, lors des viols de guerre, a aussi évoqué « le violeur enivré (qui) s’endort avant de commettre son crime ». — (Le Papier de Verre, bulletin de l’URSA (Unité pour la recherche et les soins en alcoologie), Centre hospitalier des Quatre-Villes, Saint-Cloud, n° 54, janvier 2020, page 3)
- Plaisir, satisfaction, en parlant des personnes qu’on estime, qu’on aime, des choses dans lesquelles on se complaît.
- La reine le regarda dès lors avec une complaisance qui pouvait devenir dangereuse pour elle, pour le roi son auguste époux, pour Zadig et pour le royaume. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, IV. L'envieux, 1748)
- Parfois, quand tous ces grotesques tapaient à bras raccourcis sur la République, on voyait ses yeux rire sans que ses lèvres perdissent leur moue d’homme grave. Sa façon recueillie d’écouter, sa complaisance inaltérable lui avaient concilié toutes les sympathies. On le jugeait nul, mais bon enfant. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre III ; réédition 1879, page 97)
- Libre dès lors de tout souci, il s’examina dans la glace avec une certaine complaisance. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- Elle s’imagine déjà veuve, non sans une certaine complaisance. — (San Antonio, Réflexions définitives sur l’au-delà , S-A 9 , Fleuve noir, 2000)
- Regarder avec complaisance, avec un œil de complaisance.
- provence
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latence
?- Qualité d'une propriété dissimulée et amenée à apparaître ultérieurement. → voir phase de latence
- La notion de latence, caractère de ce qui est caché, qui ne se manifeste pas […] — (Catherine Cyssau, Les dépressions de la vie, Presses Universitaires de France, 2015)
- (Psychiatrie) Période durant laquelle un symptôme traumatique ne se manifeste pas.
- Les symptômes apparaissent généralement au décours de la situation traumatisante, au terme d'une latence variable, allant de quelques heures à quelques semaines. — (Pierre André, Psychiatrie de l’adulte, Heures de France, 2006, page 51)
- (Agriculture) Période d'inactivité végétale due à la sécheresse ou l'hiver.
- L’ail des ours, une des plantes les plus « fatiguées » de nos régions : 4 mois de végétation, 8 mois de latence. — (Jean-Pierre Deshaires, À l’écoute des plantes, Jouvence, 2019)
- avondance
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délitescence
?- (Chimie) Action par laquelle un corps se délite.
- Certains caractères extérieurs: la couleur, la dureté, le pouvoir traçant, la délitescence, ont été notés. — (Annales agronomiques, Volume 19, 1949)
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bectance
?- (Argot) ou (Populaire) Nourriture.
- Question bectance, c'était le paradis.
- — Certes, le chemin fut long… mais rien que les viennoiseries parisiennes valaient cette peine ! — Hormis votre passion pour la bectance… vous avez quoi à m’apprendre ?! — (Thierry Glorris, Lisa, Le Codex angélique tome 2, Delcourt, 2007, planche 11, cases 4-6)
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tendance
?- Action ou force par laquelle un corps tend à se mouvoir d’un côté.
- La tendance des corps vers le centre de la terre.
- Remarquez, d’autre part, cette tendance du tonnerre à choir non sur le clocher vieux, mais sur le clocher neuf ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- (Sens figuré) Inclination ; penchant.
- U se diphtongue en ou dans un grand nombre de cas. […]. Aujourd'hui la tendance est si bien enracinée qu'en récitant le Confiteor, nos enfants disent mea keulpa, mea maxima keulpa. — (E. de Chambure, Glossaire du Morvan, Paris, H. Champion & Autun, Dejussieu père & fils, 1878, p.23)
- Ne désespérons cependant pas de voir un jour le parlement, dans un élan collectif de patriotisme, oser braver certaines tendances funestes, chères à une partie de l’opinion publique, […]. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- L'interlude mahorais permit, par une nécessaire campagne de rectification, de triompher de quelques fâcheuses tendances petit-bourgeoises (indiscipline, alcoolisme, donjuanisme) […]. — (Alain Deschamps, Les Comores d'Ahmed Abdallah - Mercenaires, révolutionnaires et cœlacanthe, Karthala, 2005, p.121)
- Nous, on s’esbigne en souplesse sans seulement qu'elle s'en aperçoive, la chère épicemarde, attentive qu'elle est à sa laitue peu chère qu'a tendance à faner, et dont elle arrache une feuille jaunie de temps en temps, avec une grande détresse de femme qui épluche son capital. — (Frédéric Dard, San Antonio : Sucette boulevard, éd. Fleuve Noir, 1976)
- Pourtant, Sara trouvait que c'étaient les hommes qui, avec le temps, avaient tendance à se décatir. — (Judy Astley, Les Maris des autres, traduit de l'anglais (États-Unis) par Leslie Damant-Jeandel, Éditions Milady, 2013)
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pense
?- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de penser.
- Je ne pense pas que l’école doive aller vers le tout-numérique. — (Corinne Abensour, Frédéric Gomariz, L’édition d’éducation face aux défis du numérique, 2018, page 76)
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de penser.
- Autant le gnostique naassène avait l’esprit confus, autant le Pérate pense clairement. — (Eugène de Faye, Gnostiques et gnosticisme, 1913)
- La musique par ordinateur est en train de se libérer de ses jeunes pesanteurs parce qu’elle se pense dans son autonomie : elle se « dégadgétise » et désinstrumentalise l’ordinateur, au moment-même où elle en fait un instrument, comme nous le verrons avec Pierre Boulez. — (revue Autrement, n° 36 à 39, 1982, page 191)
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de penser.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de penser.
- Et ça vaut pour tout le monde : la prochaine fois qu’un de vous s’avise de frotti-frotter un autre clown, qu’il pense au sort réservé à Cul-brillant. — (Ralph Robert Moore, Les Hommes fardés, 2016)
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de penser.
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photoluminescence
?- Luminescence provoquée par l'absorption de photons.
- Spectroscopie pour analyser des matériaux semi-conducteurs ou isolants qui, après excitation, émettent des photons.
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prégnance
?- (Psychologie) Comportement d'une organisation psychologique privilégiée (sa force, sa stabilité, sa fréquence…), parmi toutes celles possibles.
- Quand certains soirs, à la faveur d’une de leurs phrases, d’un de leurs gestes, il m’est donné de constater chez ces deux-là la couleur de mes propres prégnances, je me dis que je serai sans doute en eux jusqu’à leur propre fin, comme une grande chair de clarté, une extrême fable nourricière. — (Geneviève Amyot, Je t’écrirai encore demain, « Lettre de septembre », Éditions du Noroît, Montréal, 1995, page 124)
- La prégnance renvoie à une notion de force, qui impressionne, s'impose à l'esprit. On peut opposer à la notion d'illusion proposée par les mystiques le caractère prégnant de ce monde que l'on peut voir, toucher, sentir, entendre exister.
- (Sens figuré) Idée qui s'impose à l’esprit.
- La prégnance de cette conception chez Freud est si puissante qu’il me semble qu’elle est en partie à l’origine de la seconde topique. — (Lionel Naccache, Le Nouvel Inconscient : Freud, le Christophe Colomb des neurosciences, Odile Jacob, 2009, page 351)
- (Philosophie) Production d'intelligibilité dans le vécu sensible, ne le réduisant pas aux sensations[1].
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inconséquence
?- Défaut de conséquence dans les idées, dans les discours, dans les actions.
- Il y a de l’inconséquence dans ses paroles, dans ses procédés.
- Il a fait cela par inconséquence.
- C’est de l’inconséquence.
- (Surtout au pluriel) Choses que l’on fait, que l’on dit d’une manière irréfléchie.
- Il est nécessaire de ne pas perdre de vue ces inconséquences du caractère de Jean, pour que le lecteur comprenne sa conduite durant la présente soirée. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Je serais un bien triste diplomate si je n’avais pas deviné que vos premières coquetteries, vos inconséquences calculées ont eu pour but d’étudier nos caractères. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Expliquez ces inconséquences ; voici un Parisien qui aime si peu sa cité qu’il choisit, pour y habiter, le coin le moins bruyant, le plus obscur, celui qui ressemble le plus à un quartier de province. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
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anse
?- Partie saillante, souvent de forme annulaire, servant à saisir ou à porter certains récipients ou objets.
- Les ollas d’époque califale sont des pièces globulaires à deux anses et fond convexe, présentant un décor incisé sur le haut de panse composé d’une ligne de stries parallèles et de vaguelettes (ollas 1, 2, 4, 5, 6). — (Philippe Sénac, Un « village » d’al-Andalus aux alentours de l’an Mil, 2020, page 72)
- L’anse est soigneusement soudée et lissée. — (Fanette Laubenheimer, Institut des sciences et techniques de l’antiquité, Les amphores en Gaule - II: production et circulation, 1998)
- Faire danser (sauter) l’anse du panier, majorer indûment, à son bénéfice, le prix des achats que l’on est amené à faire pour son employeur ou pour son ménage.
- On comprendrait, au besoin, que nos adversaires aient marchandé, quoique ceci sente furieusement une cuisinière qui va au marché et qui se débat tant qu’elle peut pour mieux faire sauter l’anse du panier. — (Champfleury, Les Bourgeois de Molinchart, 1855)
- (Par analogie) Forme ou objet recourbé.
- L’occlusion intestinale est parfois due à l’étranglement d’une anse par son incarcération dans l’orifice d’une hernie.
- L’anse d’un cadenas bloquait l’ouverture du portail.
- La parade mondaine sur la digue est particulièrement brillante en ces « saisons » où le gratin étranger se mélange aux gens du monde, aux financiers et aux belles de l’entourage de Léopold II : Berthe et Gabrielle y participent aux heures à la mode dans leurs fragiles toilettes blanches aux écharpes et aux jupes agitées par la brise de mer, le grand chapeau de paille retenu par l’anse du bras levé. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 351)
- (Mathématiques) Assemblage géométrique, ressemblant à une moitié d’ellipse, construit par juxtaposition d'un nombre impair d’arcs de cercles (souvent trois) de centres différents.
- Il est plus facile de dessiner une anse de panier qu’une ellipse, car on peut utiliser un compas.
- (Architecture) Voûte surbaissée réalisée suivant le dessin d’une anse de panier.
- L’architecte a choisi une anse pour couronner la porte du château.
- (Marine) Petite baie peu profonde.
- L’embarquement et le débarquement s'opèrent à l'aide de barcasses d'un faible tirant d’eau, pouvant pénétrer dans une petite anse où les vagues viennent mourir au pied même des murs de la ville. — (Frédéric Weisgerber, Trois Mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Ernest Leroux, Paris, 1904, page 21)
- La colonie, déployant au vent ses voiles d’or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
- L’anse où nous mouillons est évidemment un ancien cratère dans l’intérieur duquel la mer a fait irruption ; de tous côtés surgissent des cônes de cendres qui dénotent une récente activité volcanique. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, E. Plon & Cie, Paris, 1883, page 40)
- Anse : Petite baie. — (Anse, Dictionnaire hydrographique (S-32) de l’Organisation hydrographique internationale (OHI), 2010)
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médisance
?- Action de médire, de dire du mal de quelqu'un ou de quelque chose qui est réel dans le but de lui nuire. Ne pas confondre avec calomnie qui est dire du mal, sans fondements, de quelqu'un dans le but de lui nuire.
- Si l’absinthe est amère, la médisance est douce, — surtout quand la médisance est de la belle et bonne calomnie. — (Alfred Delvau, Les Heures parisiennes, 1865)
- Il fuyait ces longs papotages où tout le monde, par la médisance savamment distillée, était habillé pour l'hiver. — (Georges-Patrick Gleize, La Vie en plus, Albin Michel, 2012)
- Aujourd’hui, vous suivez votre voie, sans vous occuper des médisances. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 14 décembre 2022, page 16)
- Si les patriciens du "livre d'Or" ne se réunissent plus sur le Broglio pour causer des affaires de l’État […], ils se rassemblent du moins dans les élégants cafés du voisinage pour y échanger entre eux ces mille bruits du monde, ces menus propos, ces grosses médisances et ces petites calomnies qui partent de tous les coins de Venise pour se rendre à la place Saint-Marc, d'où ils retournent se répandre par la ville, revus, corrigés et augmentés comme une seconde édition. — (Louis Énault, Alba, Librairie L. Hachette & Cie, 1860, p. 4)
- Propos désavantageux.
- Cette histoire est peut-être une médisance, mais elle a tous les caractères de la vraisemblance : nous la rapportons comme on nous l’a racontée. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
- Tout en ouvrant l’oreille aux médisances, la dévote fermait les yeux sur les coquetteries de ses hôtes soigneusement appareillés par le duc, […]. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- […] le marquis de Pezay, jouissait à ce titre de toute son amitié; il l’avait gagnée durant la querelle de M. Necker avec Turgot, en lançant contre ce dernier et ses amis, un déluge de plaisanteries, de petits vers, de médisances et de calomnies. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, T. 2, 4, 1833)
- (Sens figuré) (Collectivement) Les gens médisants.
- Faire taire la médisance.
- La médisance ne l’a point épargné.
- arriance
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.