Dictionnaire des rimes
Les rimes en : moresque
Que signifie "moresque" ?
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- Qui a rapport aux coutumes, aux usages, au goût des mores.
- Ici nous trouvons déjà quelques traits originaux des édifices moresques de l’Espagne. — (François-René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1811)
- Peut-être ne trouvera-t-on pas mauvaise un jour la fantaisie qui lui a pris de mettre, comme l'architecte de Bourges, une porte presque moresque à sa cathédrale gothique. — (Victor Hugo, Préface de « Hernani ou l'honneur castillan », 9 mars 1830)
- Le reste de la ville est sillonné en tous sens d’inextricables ruelles de trois à quatre pieds de large qui ne peuvent admettre de voitures, et rappellent tout à fait les rues moresques d’Alger. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
- La nuit avance, il est maintenant 2 h 30. Je suis dans la chapelle. Elle est de forme octogonale, son plafond est décoré de motifs géométriques aux couleurs moresques. — (Léonor de Récondo, La Leçon de ténèbres, Stock, collection « Ma nuit au musée », 2020, page 109)
- Qui a rapport aux danses à la manière des mores.
- Danse moresque.
Mots qui riment avec "esque"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "moresque".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : esque et esques .
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titanesque
?- Digne des Titans ; qui a la taille ou la force d’un titan.
- En ce temps-là, la Terre était peuplée d’espèces titanesques.
- Dans un effort titanesque, il souleva la charrette.
- Ensuite, don Elemirio la conduisit à la cuisine, titanesque et moderne. — (Amélie Nothomb, Barbe bleue, Albin Michel, Paris, 2012, p. 14)
- Démesuré du point de vue intellectuel.
- […], nous passons sous le pont suspendu de Brooklyn et devant Manhattan et ses gratte-ciel, et ma dernière vision de New-York me laisse une impression de ville monstrueuse et titanesque. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- L’Iliade et La Divine comédie font partie des œuvres titanesques que le génie humain a créées.
- Elle est douée d’une intelligence titanesque.
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faunesque
?- (Littéraire) Qui a les traits caractéristiques du faune.
- […] il a les pommettes saillantes et le type faunesque, comme si le peintre eût voulu caractériser en lui le sauvage de l’Écriture. — (Charles Blanc, Gazette des Beaux-Arts, volume 1, page 262, 1859)
- Quand la ferveur et l’excitation sont au comble, les garçons exécutant autour de la châsse leurs bonds presque faunesques, pareils à ceux qu’on fait autour du feu de la Saint-Jean, se jettent à la poursuite des filles, mimant un épisode de la légende de sainte Rolende. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 283)
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charlatanesque
?- Qui tient du charlatan ; qui tient de la charlatanerie.
- Vous aviez raison d’être sévères pour les procédés charlatanesques d’une théologie aux abois, cherchant les applaudissements par des procédés tout mondains. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 128.)
- On pourrait remplir des pages entières avec l’exposé sommaire des thèses contradictoires, cocasses et charlatanesques qui forment le fond des harangues de nos grands hommes ; rien ne les embarrasse […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.159)
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vaticanesque
?- (Péjoratif) Relatif au Vatican, vatican.
- Ainsi les hommes d’affaires s’habituèrent-ils à voir en Arnheim Jr. une sorte de vaticanesque représentant de leurs intérêts. — (Robert Musil, L’Homme sans qualités, 1930-1932 ; traduction de Philippe Jaccottet, 1956, tome 1, page 242)
- Sinon, le leader de la succursale française de la secte vaticanesque va-t-il pondre un discours le 15 août contre l’enlacement des deux athlètes. — (Le Kenyan Kemboi dans les bras de Mekhissi : la plus belle image des JO ?, site rue89.com, 6 aout 2012)
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pédantesque
?- Qui tient du pédant, qui sent le pédant.
- La troisième est une ère prosaïque et pédantesque; à elle la dernière partie du Roman de la Rose, recueil de science aride, dans lequel il n'y a de remarquable que la satire, la satire toujours puissante contre une époque qui approche de sa fin. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
- On n’a baptisé aucun gâteau du nom de Lavater ; mais la mémoire de cet homme angélique vivra encore parmi les chrétiens, quand les braves bourgeois eux-mêmes auront oublié le Brillat-Savarin, espèce de brioche insipide dont le moindre défaut est de servir de prétexte à une dégoisade de maximes niaisement pédantesques tirées du fameux chef-d’œuvre. — (Charles Baudelaire, Du vin et du haschisch, 1851)
- Il imposa à tous les moines de l’Empire la règle de saint Benoît. Combien cette réforme minutieuse et pédantesque fut inférieure à l’institution première, c’est ce que M. Guizot a très-bien montré — (Jules Michelet, Histoire de France, tome I, A. Lacroix et Cie, Paris, 1880, p. 350)
- […]Swann ne put trouver les plaisanteries de Brichot que pédantesques, vulgaires et grasses à écœurer. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 87)
- babelesque
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rocambolesque
?- Qui est plein de rebondissements, d’aventures remplies de péripéties invraisemblables, extraordinaires.
- À partir de 1953, l'année de la mort de Staline, le lyssenkisme connut une éclipse partielle, due à une conjonction de plusieurs facteurs : le décès de son protecteur, le caractère rocambolesque de la métamorphose des espèces […]. — (Denis Buican, Darwin et l'épopée de l'évolutionnisme, 2012)
- Né à Budapest en 1905, Koestler a eu une vie rocambolesque. — (Esther Benfredj, « Arthur Koestler : itinéraire d'un enfant du siècle », in Argument, vol. 18, n° 2, printemps-été 2016, p. 58)
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cannibalesque
?- Qui est relatif au cannibalisme, qui en a le caractère.
- [...] toutes les légendes ont de même leur race cannibalesque d’hommes ou de monstres à face humaine, pires que les tigres et les loups, ogres des contes français, gouls (d’où goulu) des contes arabes, démons sauvages retirés, embusqués dans les lieux déserts, affamés de chair humaine, dont la griffe ne fait quartier à aucun passant. — (Adolphe de Lescure, ''Le Monde enchanté, Firmin-Didot, 1883, page XLV)
- Beaucoup de grands se mettent par couples, filles et garçons, et l’appropriation de leur mimique achève de caractériser la joie hystérique et cannibalesque de la foule, devant la souffrance, la mutilation et la mort. — (Léon Frapié, La ribouldingue, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 47)
- Un grand nombre d’intégristes fréquentaient le salon des nababs, connaissaient intimement les rouages des hautes sphères. Celui-là était garde du corps de tel PDG, le voici émir d’une horde cannibalesque. — (Yasmina Khadra, Morituri, éditions Baleine, 1997, page 142)
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arabesque
?- (Désuet) Arabe, qui est propre aux Arabes.
- Elle (Esther Stanhope) y créa artificiellement un jardin charmant à la mode des Turcs ; jardin de fleurs et de fruits, berceaux de vignes, kiosques enrichis de sculptures et de peintures arabesques. — (Alphonse de Lamartine, Voyage en Orient, 1835)
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hippopotamesque
?- (Par plaisanterie) Énorme comme pourrait l'être un hippopotame.
- Je range les quelques journaux féminins, outils de fantasmes, où il y a des femmes minces et même malingres à l'opposé de Sarah qui a un corps hippopotamesque aux mille replis. — (Angeline Solange Bonono, Marie-France l'orpailleuse, L'Harmattan, 2012, page 78)
- L’Antonin ouvrit son hippopotamesque gueule, j'oserais dire son hippopotamesque bouche, et pesta dans son hippopotamesque langage. — (Gilbert Hennevic, Le Papetier des enfers, Éditions Publibook, page 50)
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funambulesque
?- Relatif aux funambules et, par extension, aux tours et procédés de comique des farceurs populaires.
- […] ; c'était une semaine après cette nuit alcoolisée, et Camila était en train de travailler son art funambulesque, vêtue d'un bermuda marron qui laissait voir la blancheur presque transparente de ses mollets. […]. Elle descendit de la corde, m'embrassa et m'obligea à monter sur le banc. — (Joao Tordo, Le Domaine du Temps, traduit du portugais par Dominique Nédellec, éditions Actes Sud, 2010)
- (Par extension) Qui est burlesque, grotesque ou extravagant.
- Un projet, un programme, un discours funambulesque.
- À la vue de ces têtes funambulesques, de ces bouches ébréchées, de ces yeux ouverts comme des bondes de tonneaux, de ces chefs vermoulus qui oscillent sous d’interminables casquamèches, ma colère tombe, je me tords de rire, Pardon suffoque, les infirmiers sont ébahis, il n’y a que la sœur qui garde son sérieux et parvienne, à force de prières et de menaces, à rétablir l’ordre dans la chambrée. — (Joris-Karl Huysmans, Sac au dos, in L’Artiste, Bruxelles, 1877)
- Du funambulesque professeur éméché de tout à l’heure plus rien ne subsistait dans le grand gaillard vert et dru, en qui Lafcadio n’hésitait plus à reconnaître Protos. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- […] je la revois à seize ans, à dix-huit… dans notre tapin funambulesque quand on portait la parole pour la Mission propagatrice, de lieux-dits en fermes et bourgades… — (Louis-Ferdinand Céline, Version B de “Féérie pour une autre fois”, Gallimard, Paris, 1993)
- La majorité, il faut la stigmatiser, la culpabiliser et l’humilier. Il faut qu’elle aille plus loin que la reconnaissance de l’existence du racisme. Elle doit reconnaître le « racisme systémique »... C’est funambulesque. — (Maka Kotto, Lettre à Boucar Diouf, Le Journal de Québec, 22 février 2021)
- fesques
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hugolesque
?- Propre ou relatif à Victor Hugo et à son œuvre.
- Les bons pères confisquent dans son pupitre une Ode aux Morts de la Commune, dans laquelle une indignation authentique s’exprime en lieux communs hugolesques, sans le grand souffle du vieux de Guernesey. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 238)
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simiesque
?- Qui rappelle le singe.
- […], et le bellâtre à tête plus ou moins simiesque, bovine, équine, porcine, corvidée ou batracienne, — toute la lyre esthétique ! — exulte devant son miroir, se tient pour la copie la plus parfaite de l’Antinoüs, et se fait a lui-même les yeux doux. — (Auguste Dietrich, 31 décembre 1911, « Préface » de Fragments sur l'histoire de la philosophie, par Arthur Schopenhauer, Paris : Librairie Félix Alcan, 1912, p. 12)
- La surexcitation de Bert s’aggravait. Il se leva, faisant avec ses doigts une mimique simiesque. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 396 de l’édition de 1921)
- elle hèle les passants en usant de mimiques simiesques. — (Virginie Despentes, Vernon Subutex 1, Grasset, 2015, page 358, ISBN 978-2246713517)
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courtisanesque
?- Qui est empreint de courtisanerie.
- Ce grand seigneur a la prétention d’avoir à lui seul Josépha, tout le monde courtisanesque en parle, et le baron n’en sait rien ; car il en est au treizième arrondissement comme dans tous les autres : l’amant est, comme les maris, le dernier instruit. — (Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846)
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donquichottesque
?- Relatif au personnage Don Quichotte de Miguel de Cervantes.
- [Titre] Hyperbole donquichottesque et spatialité cervantine chez Sterne — (Marie-Madeleine Martinet, « Hyperbole donquichottesque et spatialité cervantine chez Sterne », dans Revue de littérature comparée, no 319, 2006/3, page 261-269)
- Cette entreprise donquichottesque est celle de plus d’un héros vernien, et notamment de Phileas Fogg. — (Michel Tournier, Jules Verne ou le Génie de la géographie, dans Les vertes lectures, collection Folio, 2007, page 93)
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madrigalesque
?- (Musique, Poésie) Relatif au madrigal.
- Style madrigalesque.
- Robert Ballard a publié les chansons madrigalesques à quatre ou cinq parties de Guédron.
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tudesque
?- (Histoire) Relatif aux anciens Germains.
- L’effet produit par le latin sur la langue celtique, qu’il a transformée en roman et en wallon, s’est aussi fait sentir sur la langue tudesque, dans les pays situés en deçà du Rhin et voisins de la France. — (François-Xavier Masson, Annales ardennaises, ou Histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines, Mézières : imprimerie Lelaurin, 1861, page 568)
- Les Romans appelaient « tudesque » tout ce qui était germanique et les Germains nommaient « welche » tout ce qui était roman.
- (Vieilli) Germanique ; allemand ancien.
- Je tiens à la fois et de l’Allemagne et du midi de la France, j’ai dans la pensée la rêverie tudesque, et dans le sang la vivacité provençale. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Il parlait couramment anglais, mais avec un fort accent tudesque, qu’on remarquait spécialement dans la prononciation des lettres v et b ; il adoucissait ses th jusqu’à faire entendre le son dz très doux, et il articulait le nom supposé de Bert avec un bruit de détonation : Pouteraidge. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 153 de l’édition de 1921)
- (Péjoratif) Par dénigrement, qualifie des expressions, un comportement, des manières grossières.
- C’est un rustre avec des manières tudesques.
- En homme qui ne sait rien faire légèrement, il était bien assis à la table du banquier, mangeait avec ce tudesque appétit si célèbre en Europe, et disait un adieu consciencieux à la cuisine du grand CARÊME. — (Honoré de Balzac, L'Auberge rouge, 1831)
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tintamarresque
?- (Peu usité) Qui est excessivement bruyant, cacophonique.
- Et le cortège s’épand dans la ville, bruyant, tintamarresque, déchirant. — (Henri-Ludovic Jammes, Souvenirs du pays d’Annam, A. Challamel, 1900, page 92)
- Même en quittant les bruyants couloirs, si vous passez dans la cour intérieure du Conservatoire, ce n’est pas une harmonie, mais une véritable cacophonie que vous entendrez : des voix d’hommes et de femmes, ténors, barytons, basses, dominées par un concert tintamarresque de flûtes, de clarinettes, de bassons, de cors, de trompettes, de cornets à pistons ; toute la foire de Montmartre ! — (Maurice Couyba, Les Beaux-Arts et la Nation, Hachette, 1908, page 183)
- (Journalisme) Qui évoque l’univers satirique, la verve burlesque du Tintammarre, journal fondé par Touchatout [Léon-Charles Bienvenu].
- C’est une nature élevée, libre, très-blagueuse et très-tendre… Au fond, c’est une mélancolique tintamarresque… — (Edmond et Jules de Goncourt, Renée Mauperin, Charpentier, 1864, page 40)
- En un mot, guerre pour guerre, le colonel Stoffel aime mieux guerroyer avec l’Allemagne contre la Russie que contre l’Allemagne avec la Russie, et cela par l’unique raison que ce dernier pays est trop fort et trop puissant ! Tout cela parait absolument tintamarresque, et pourtant je défie de trouver dans la brochure du colonel autre chose que ce raisonnement fantaisiste. — (Élie de Cyon, La France et la Russie, La Nouvelle Revue, 1890, page 5)
- Touchatout, cet humouriste un peu dépassé, écrivait, traduisant Horace, en sa prose tintamarresque : « Carpe diem » – À chaque jour sa carpe ! — (Jules Claretie, La Vie à Paris : 1910, G. Charpentier et E. Fasquelle, 1911, page 404)
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carnavalesque
?- Qui a rapport au carnaval.
- Certes elle avait un aspect quelque peu irréel et carnavalesque, mais cela n’en amusait que plus les domestiques chargés de mettre à flot ce lourd vaisseau de la route. — (Stefan Zweig, traduit par Alzir Hella (2002), La pitié dangereuse, Grasset, Paris, 1939, page 184)
- La puanteur était si épaisse que le cheval fut pris de panique et, probablement effrayé aussi par les attitudes carnavalesques de quelques cadavres qui étaient restés debout et écartaient les bras comme des croix, il prit le mors au dents. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 74)
- Estomaqué par ce portrait carnavalesque, je voulus en savoir plus, et demandai à mon interlocuteur qu’il me dise ce qu’il savait de la bibliothèque de guerre de Hans Reiter. — (Jean-Yves Jouannais, La bibliothèque de Hans Reiter, Éditions Grasset, 2016, page 92)
- (Critique littéraire) (Depuis Bakhtine) Renversement temporaire des hiérarchies et des valeurs dont le carnaval fournit un exemple particulièrement frappant.
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grotesque
?- (Art) Très orné, voire ampoulé, à la manière des fresques romaines découvertes à la Renaissance.
- Dans la grande salle qui précède, il y a des boiseries grotesques représentant des métiers, des masques, des dominos, tout un carnaval en bois. — (Jules Michelet, Journal, 1838, page 269)
- (Par analogie) Bizarre ; extravagant ; invraisemblable.
- Armé d’un chalumeau, le gnome absorbait à même le ruisseau la boisson répandue. C’était grotesque, révoltant. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 56)
- (Par hyperbole) Bouffon, excentrique, burlesque, caricatural, cocasse ou risible.
- Modeste avait surnommé ce grotesque premier clerc le nain mystérieux. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Il a noté avec une ironie sans amertume les gestes gauches de l’ouvrier endimanché, les silhouettes grotesques des petits bourgeois, en réalisant une galerie d’un intérêt sociologique très réel. — (Camille Mauclair, L’Impressionnisme, son histoire, son esthétique, ses maîtres, Libraire de l’Art Ancien et Moderne, 1904, page 169)
- Appuyé à la cheminée, il s’exprime d’un ton grave, tire un papier de sa poche, le consulte. Thérèse n’a plus peur ; elle a envie de rire ; il est grotesque ; c’est un grotesque. — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
- Le nain Ilioucha était parmi eux, hilare, effréné, grotesque, se livrant à un kozatchok endiablé. — (Louis Dumur, Les loups rouges, 1932, page 22)
- Outrancier et de mauvais goût.
- Si vous voulez voir le vrai Karel du Jardin, regardez ces Charlatans italiens, ce Polichinelle, qui passe la tête à travers les toiles de la baraque, et ce Scaramouche faisant la parade et se démanchant [sic : déhanchant] en poses grotesques sur des tréteaux que supportent des barriques, pendant qu’Arlequin au bas de l’estrade chatouille le ventre d’une guitare pour la faire rire. — (Théophile Gautier, Guide de l’amateur au Musée du Louvre, 1872, page 153)
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aristophanesque
?- Qui rappelle la manière des satires d'Aristophane, qui a le caractère de ses comédies où règne la fantaisie la plus hardie. (Pour ce qui relève d'Aristophane, on utilise plutôt aristophanien.)
- (1842) [L]a prose française [était] assez forte pour résister au commerce des génies les plus différents, [dont] la plaisanterie aristophanesque de Voltaire[.] (Victor Cousin, « Rapport à l'Académie française [etc.] », 1842)[fr 1]
- (1853) [Il y a dans La philosophie positive de M. Auguste Comte], pour quelqu'un qui voudrait faire des charges au théâtre, dans le goût aristophanesque, sur les théories sociales, des californies de rire[.] (Flaubert, Correspondance, 1853)[fr 2]
- (1856) Ce caractère aristophanesque du Mariage de Figaro [...] (Louis de Loménie, Beaumarchais et son temps, 1856)[fr 3]
- L’ensemble de la nation, hommes et femmes, devant les événements publics, est plus frivole encore que chez nous, où cependant règne une légèreté, une mobilité aristophanesque d’assemblées d’oiseaux. Mais l’Anglais est un oiseau migrateur, au lieu que la majorité des Français est sédentaire, attachée à son arbre intime, à son paysage familier. — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/Vingt-neuf mois d’exil, Grasset, réédition Le Livre de Poche, page 498)
- (2006) [Nous sommes] prêts comme aucun temps ne le fut jamais [...] à la raillerie aristophanesque de l'univers. (Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, trad. 2006 de 1866)[fr 4]
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pittoresque
?- (Vieilli) Qui concerne la peinture, qui appartient à la peinture. — Note : On dit plus volontiers aujourd'hui pictural.
- Je finis, sur la fin de cet hiver, le catalogue pittoresque des tableaux de M. de Sommariva, que j'écrivis de ma main et de ma belle écriture, et que j'ornai de culs-de-lampe et de vignettes; […]. — (Félicité de Genlis, Mémoires inédits de madame la comtesse de Genlis, Paris & Londres : Colburn, 1825, vol.7, p.181)
- Par ailleurs, même si l'art pittoresque privilégie les courbes irrégulières, les lignes brisées proches de la désintégration, il demeure fondamentalement un travail de composition, une mise en tableau. — (Marie-Odile Salati, New-York, le désespoir du peintre dans The American Scene, dans la revue Angliphonia/Caliba : n° 25/2009 : The Art of the City/L'Art de la Ville, sous la direction de Philippe Birgy, Presses Universitaires du Mirail, 2010, page 421)
- (Vieilli) Qui est illustré par des gravures. — Note : Dans ce sens, il entrait dans la composition des titres de nombreuses revues illustrées du XIXe siècle.
- Ce qui donnera un charme particulier à la relation , c’est l’atlas pittoresque, dans lequel on a réuni les paysages , les portraits , les représentations de costumes, les objets relatifs aux arts et aux usages des sauvages, […]. Ces dessins vifs et spirituels, […] , portent ce caractère de vérité qu’en désire surtout dans l’atlas pittoresque d’un voyage lointain. — (Voyage autour du monde, etc. par M. Louis de Freycinet, capitaine de vaisseau , etc. - Partie historique; 3 vol. in-4, accompagnés d’un atlas de cent dix planches, dont quarante coloriées, en présentation dans Annales des voyages, de la géographie, de l'histoire et de l'archéologie, publiés par MM. Eyriès, De Larénaudière & Malte-Brun, 2e série, tome 1, Paris Gide fils, 1826, p.279)
- Qui mérite d'être peint, qui est propre à faire de l’effet dans un tableau.
- Les rives de la Moselle sont vraiment pittoresques et réjouissantes au possible ; pour les artistes elles offrent un caractère tout particulier. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
- Tant bien que mal, on finit par se caser... et pendant qu'il mousine (pleuvote) légèrement... le pittoresque cortège s'ébranle. Hue ! dia ! — (Émile Badel, Dix ans du Souvenir français en Lorraine, Nancy : chez A. Crépin-Leblond, 1907, p. 84)
- La généralité des Américains s’imaginaient la guerre d’après les campagnes limitées, avantageuses et pittoresques, qui avaient eu lieu autrefois. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 211 de l’édition de 1921)
- Original, qui a du caractère, en particulier d'un point de vue visuel, puis, plus largement : étonnant, expressif, propre à faire de l'effet, surtout dans le domaine visuel.
- Un mot vaut une idée dans un pays où l’on est plus séduit par l’étiquette du sac que par le contenu. N’avons-nous pas vu la Librairie exploitant le mot pittoresque, quand la littérature eut tué le mot fantastique. — (Honoré de Balzac, L’Illustre Gaudissart, 1832)
- Ils tiennent à honneur, comme presque tous les bourgeois des villes d’Espagne, de montrer qu’ils ne sont pas pittoresques le moins du monde et de faire preuve de civilisation au moyen de pantalons à sous-pieds. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
- Toutes ces vieilles coutumes ajoutent une note pittoresque à la vie de Santa-Cruz; mais elles finiront probablement bientôt par disparaître, emportées par le modernisme niveleur. — (Frédéric Weisgerber, Huit jours à Ténériffe, dans la Revue générale des sciences pures et appliquées, Paris : Doin, 1905, volume 16, page 1039)
- À l’encontre des autres routes d’Europe, celles du Royaume Uni n’avaient jamais été soumises à aucun essai organisé de redressement et d’aplanissement, et c’est à cela sans doute qu’il faut attribuer leur caractère pittoresque. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 47 de l’édition de 1921)
- — Pourquoi ne viendriez-vous pas à Guermantes, ma belle-mère serait folle de joie. Cela passe pour très laid, mais je vous dirai que ce pays ne me déplaît pas, j’ai horreur des pays « pittoresques ». — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 199)
- À Panama tout est pittoresque et imprévu et les traditions espagnoles ont survécu malgré le contact américain. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Est pittoresque tout ce qui est accidenté, […]. — (Roland Barthes, Mythologies)
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clownesque
?- Relatif aux clowns.
- Bientôt, tous deux paraissaient dans l’arène, en tête du bataillon clownesque, vêtus de costumes à la fois singuliers et coquets, et Nello jetant, ma foi, en fort bon anglais au public la phrase consacrée des clowns :« Here we are again — all of a lump ! How are you ? » — (Edmond de Goncourt, Les Frères Zemganno, 1879, page 168)
- (Sens figuré) Qui rappelle la drôlerie des clowns.
- A de telles époques, où peuvent trouver place les formidables goinfreries de gaieté du vieux Breughel ? Où le rire net et chantant de Jacques Callot ? Où la brutalité puissante d’Hogarth ? Où le débordement clownesque de Rowlandson ? — (Arsène Alexandre, L’Art du rire et de la caricature, Librairies-imprimeries réunies, Paris, 1892, pages 307-308)
- (Sens figuré) (Péjoratif) Dont le ridicule fait penser aux clowns.
- J’ai passé une heure à farfouiller dans mes archives vestimentaires pour dénicher une cravate clownesque d’avant la nationalisation des hydrocarbures. — (Yasmina Khadra, Morituri, éditions Baleine, 1997, page 22)
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sardanapalesque
?- Relatif à Assurbanipal.
- Une figure peinte donna-t-elle jamais une idée plus vaste du despote asiatique que ce Sardanapale à la barbe noire et tressée, qui meurt sur son bûcher, drapé dans ses mousselines, avec une attitude de femme ? Et tout ce harem de beautés si éclatantes, qui pourrait le peindre aujourd’hui avec ce feu, avec cette fraîcheur, avec cet enthousiasme poétique ? Et tout ce luxe sardanapalesque qui scintille dans l’ameublement, dans le vêtement, dans les harnais, dans la vaisselle et la bijouterie, qui ? — (Charles Baudelaire, « L’Exposition de la galerie Martinet en 1861 », in Curiosités esthétiques)
- (Par extension) (Vieilli) (Littéraire) Excessivement luxueux démesuré et tapageur.
- Mais avant tout, on ferait un festin sardanapalesque, avec du vrai vin, de vrais aliments !… — (Georges Sim (pseudonyme de Georges Simenon), L’île des maudits, éditions J. Ferenczy et Fils, 1929, réédition 1980, chapitre XVIII)
- A ce souper sardanapalesque, Rarahu était déjà méconnaissable ; elle portait une toilette nouvelle, une belle tapa de mousseline blanche à traîne qui lui donnait fort grand air ; elle faisait les honneurs de chez elle avec aisance et grâce, […]. — (Pierre Loti, Le Mariage de Loti, Paris : chez Calmann-Lévy, 1881, chapitre 8)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.