Dictionnaire des rimes
Les rimes en : saigner
Que signifie "saigner" ?
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- Tirer du sang en ouvrant une veine.
- Il avait même sorti de sa poche une lancette et allait le saigner, quand le juif se ranima tout à coup. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- C'est ainsi que je fus conduit à raconter qu'ayant été trois jours égaré dans ces plaines sans fin, n'ayant pas de vivres ni d'eau, j'avais été réduit à faire comme les gauchos qui m'accompagnaient, c'est-à-dire à saigner mon cheval et à boire son sang. — (Prosper Mérimée, Lokis, 1869)
- À Rians, il y eut, dès neuf heures du matin, deux malades : un charretier qui eut une attaque juste à l’entrée du bourg ; porté dans un cabaret, mis à l’ombre et saigné, il n’avait pas encore repris l’usage de la parole […] — (Jean Giono, « Le hussard sur le toit », 1951, réédition Folio Plus, page 24)
- Vous savez ce qu'a dit Byron ? « La lancette a tué plus de gens que la lance.. » — Ah, il a dit ça, cet amoureux des onze mille vierges ? A-t-il un peu raison ? — Un peu. On saignait beaucoup de son temps. — (Michel Jeury, Les beaux jours du Dr Nicolas, éditions Robert Laffont, 2010, chapitre 52)
- (Par extension) Tuer ; égorger.
- Saigner un porc, un veau, un mouton, un poulet.
- Lorenzo. – Meurs, infâme ! Je te saignerai, pourceau, je te saignerai ! — (Alfred de Musset, Lorenzaccio, 1834, acte III, scène 1)
- « Tes collègues ne viendront pas, je vais te saigner », aurait prononcé l’agresseur à l’encontre de la surveillante pénitentiaire. — (Rédaction Saint-Étienne, « Près de Clermont-Ferrand. "Je vais te saigner" : une surveillante de prison violemment agressée », Actu.fr, 5 mai 2022)
- "Je vais te saigner, je vais te crever." — (Marie Bouisseren, « Biterrois : "Je vais te saigner", ivre et en récidive, elle menace de mort les forces de l’ordre », Midi libre, 5 mars 2022)
- (Sens figuré) (Familier) (Par hyperbole) Exiger, tirer de quelqu’un une somme considérable.
- Il fut démontré qu’il avait touché pour ne rien dire des agissements d’une banque, laquelle […] saignait cruellement le troupeau des épargnants cupides et malfaisants. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 32)
- (Sens figuré) Ruiner.
- La crise actuelle est grave, les géants américains saignent nos médias. — (Christine St-Pierre, Ici Christine St-Pierre, Septentrion, Québec, 2020, page 222)
- (Sens figuré) (Familier) Abuser de quelque chose ; utiliser de manière excessive ; terminer (le cas échéant).
- On a passé des heures dessus et si nous[sic] on nous les remet entre les mains... ... On serait capable de les saigner à nouveau pendant des heures ! — (Remi91, « Ces jeux que t’as saignés sévère… Et que tu saignerais encore aujourd’hui ! », La Crème du Gaming, 10 février 2022)
- Toi tu viens chez les gens pour saigner la télé et manger leurs[sic] nourriture. — (site www.facebook.com)
- (Intransitif) Perdre du sang. — Note : On le dit tant de la personne ou de l’animal que de la partie d’où le sang coule.
- Ce blessé a saigné abondamment. - Saigner du nez. - Il faut laisser saigner la plaie. - Le nez, le doigt lui saigne. - Son front saigne.
- (Intransitif) (Sens figuré) Faire mal, se dit en parlant d’une offense, d’une injure, d’un malheur dont on conserve encore, dont on conserve longtemps le souvenir de la douleur.
- La plaie saigne encore, c’est une plaie qui saignera longtemps.
- – Le premier acte du faux pape fut cette encyclique trop fameuse, l’encyclique à la France, dont le cœur de tout Français digne de ce nom saigne encore. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- (Pronominal) (Sens figuré) (Familier) Donner jusqu’à se gêner.
- Elle a réservé à son enfant une situation de demoiselle, c’est-à-dire qu'elle s’est saignée pour lui faire apprendre la sténo et la dactylographie. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "saigner".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
inactivité
?- Disposition à ne rien faire.
- Son inactivité m’impatiente.
- Il entend à peine Slobodan qui entre, ses reproches devant son inactivité, sa colère qui monte. — (Roland Rossero, Corps à corps, 2015)
- (Administration) État d’un fonctionnaire qui n’exerce pas ses fonctions.
- Traitement d’inactivité.
-
disais
?- Première personne du singulier de l’imparfait de dire.
- Certes, je n’étais pas une sainte car, de mon côté, le mariage me servait à m’émanciper et, Denis étant en mer, j’en profitais pour aller danser en boite avec mon amie Béatrice, flirtant un peu avec des jeunes gens qui me plaisaient et, quand ils me donnaient rendez-vous, je leur disais m’appeler Natacha leur faisant ainsi faux bond ! — (Emma Schubert, A l’ombre de ma mémoire, Société des Écrivains, 2009, page 52 (coté corrigé en côté))
- Deuxième personne du singulier de l’imparfait de dire.
-
pousser
?- Faire pression contre quelqu’un ou contre quelque chose, pour le déplacer ou l’ôter de sa place.
- Un petit levier, qui jusqu’ici s’obstinait à ne pas fonctionner, était devenu mobile. Il le poussa doucement vers la droite : l’aile gauche modifia mystérieusement sa bordure extrême, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 376 de l’édition de 1921)
- Comment Fagerolle était-il entré ? Il se souvint plus tard que Tacherot l’avait poussé en avant d’une bourrade. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 51)
- Il poussa la porte si fort que le fer à cheval suspendu au linteau de chêne tinta faiblement. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Après s'être empêtrés à plusieurs reprises dans les roulières boueuses et avoir poussé sur la voiture dans le but d'alléger la charge de Grattan, Elwin et Mary arrivèrent enfin à la cabane. — (Lina Savignac, L'Irlandais, tome 1 : Elwin, Québec : Éditions la Caboche, 2011)
- Toucher doucement pour avertir quelqu’un de quelque chose ou pour lui faire prendre garde à quelque chose.
- Pousser quelqu’un du coude, du genou.
- Il me poussa pour m’avertir que j’allais dire quelque chose de trop.
- Imprimer quelque mouvement à un corps, soit en le lançant, soit en le frappant.
- […] il remarqua que la porte de dehors n’était fermée qu’au loquet alors que, la veille au soir, il était sûr d’avoir poussé le verrou. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Quand il pousse la porte du Café du Pont, à Vrigne-aux-Bois, la tante est derrière le comptoir. Le café est à elle. C’est elle qui a fait dire qu’il n'avait qu'à venir. — (Michel Séonnet, Le vent vivant des peuples : récits et légendes de Champagne-Ardenne : 1945-2005, Creaphis Éditions, 2006, page 73)
- Les vents ont poussé le navire dans le port, contre des récifs.
- (Escrime) Porter un coup.
- Pousser un coup de fleuret, un coup d’épée, une botte à quelqu’un.
- (Reliure) Imprimer sur le cuir des ornements, par le moyen de roulettes ou de fers à dorer.
- Pousser des filets, des nervures, etc.,
- Sortir avec force en parlant des paroles, des sons.
- Chacun s’époumonnait à célébrer, en cette union charmante, la grâce parisienne et l’art ultra-moderne de l’Italie nouvelle, lorsque Paul Fort réclama le silence et me pria de « pousser » une chanson. — (Francis Carco raconté par lui-même, Éditions Sansot, Paris, 2e édition, 1921)
- […] et sa mère, tout en cardant à gestes secs et comme rageurs un paquet de laine, poussait de temps à autre une virulente malédiction. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Durant la même nuit, Feempje qui n'avait jamais de cauchemar s'était débattu, en grognant et en poussant des plaintes, contre il n'aurait pu dire quelles terrifiantes figures. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 55)
- Monsieur Saito lut mon travail, poussa un petit cri méprisant et le déchira: [...]. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 10)
- Le buraliste, plutôt lève-tard et de mauvaise humeur, montait à peine son rideau de fer récalcitrant en poussant quelques jurons. — (Jean-Pierre Serreau, La Souris en caramel, Éditions Publibook, 2008, page 95)
- Porter plus loin ; reculer.
- La pièce de terre qu’il vient d’acheter le force à pousser son mur de clôture plus loin.
- Le traité de paix a poussé nos frontières jusqu’à tel fleuve.
- Prolonger ; étendre.
- Un reporter qui ne précise pas, c’est un géomètre qui néglige de pousser ses calculs jusqu’à la dixième décimale. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre II, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Il faudrait pousser ce parterre plus loin.
- Il faut pousser cette allée jusqu’à tel endroit.
- Alexandre a poussé ses conquêtes jusqu’à l’Indus.
- (Sens figuré) Presser, attaquer, choquer quelqu’un.
- Vous me poussez trop.
- Si vous le poussez davantage, il sera obligé de se défendre.
- Il l’a poussé vivement dans la dispute.
- Engager fortement, inciter quelqu’un.
- Il était question dans la complainte d’un assassin qui expose aux juges les raisons qui l’ont poussé à tuer sa maîtresse. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- On n'avait pas besoin de la pousser à parler. Quand il n'y avait personne dans la maison, elle devait parler toute seule ! — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, chapitre VIII, Gallimard, 1937)
- — Fous ou pas, on ne tombera pas dans leur piège, lance Ahmad. Ils pensent qu'en étant si violents, ils vont nous pousser à prendre les armes pour les affronter. C'est exclu. Hors de question. — (Sofia Amara, Infiltrée dans l'enfer Syrien: Du Printemps de Damas à l’État islamique, Éditions Stock, 2014)
- Agir comme un connard irresponsable ne me ressemble pas. Ce n'est pas moi. Mes valeurs auraient dû me pousser à réfléchir davantage avant de devenir le raté qui me fixe chaque matin dans le miroir. — (Juliette Mey, Entre Deux, Butterfly Éditions, 2016, chap. 5)
- (Sens figuré) Porter en avant quelqu’un, le faire avancer.
- C’est un tel qui l’a poussé.
- Pour réussir dans cette carrière, il faut être poussé par des gens influents.
- Se pousser dans l’industrie, dans les finances.
- Pousser quelqu’un dans le monde, Lui faciliter les moyens d’y faire sa fortune, d’accéder à une situation supérieure.
- Faire faire des progrès, en parlant d’un écolier, d’un élève.
- Ce maître ne pousse pas assez ses élèves.
- Il l’a poussé assez loin dans les mathématiques.
- Il ne s’occupe guère de sa classe, mais il pousse les premiers.
- En même temps que je donnerai mes leçons, je m’occuperai à instruire deux chiens pour remplacer Zerbino et Dolce. Je pousserai leur éducation, et au printemps nous pourrons nous remettre en route tous les deux, mon petit Rémi. — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
- Faire donner tout l’effort dont il est capable, en parlant de choses ou d’animaux.
- Pousser un cheval. Pousser son automobile.
- Il ne faut pas pousser à fond le moteur.
- (Sens figuré) Porter, étendre, en parlant des choses.
- Le cabotinage était poussé par Murat jusqu’au grotesque, et les historiens n’ont pas assez remarqué quelle responsabilité incombe à Napoléon dans cette dégénérescence du véritable esprit guerrier. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VII, La morale des producteurs, 1908, page 359)
- Pousser la raillerie trop loin.
- Pousser un raisonnement jusqu’au bout.
- (Absolument) A 55 francs, les habitués et M. Techener lui-même abandonnèrent le livre : une seule personne poussait contre moi. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
- Faire croître, faire se développer, en parlant des arbres, des plantes, des racines, des branches, des fleurs, etc.
- L’asperge des boutiques est de deux sortes, savoir la semable, & la sauvage; l’asperge semable pousse quantité de racines […]. — (Joseph Pitton de Tournefort, Traite de la matière médicale, ou l’histoire et l’usage des médicaments, et leur analyse chymique, tome 1, 1717, page 289)
- Les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles.
- Cet arbre pousse ses racines entre deux terres.
- (Par extension) Un Paradis pousse ses palmiers et fait chanter ses sources dans la mémoire de tous les peuples. — (Maurice Bedel, Traité du plaisir, 1945)
- Offrir un prix d'achat plus élevé lors d’une vente aux enchères.
- À la vente Vianello du 17 septembre 1895 au Palazzo Sarezin, il poussa jusqu’à deux cent mille francs un Saint Jean-Baptiste du Groziano avant de l’abandonner à sa concurrente. — (Georges Perec, Un cabinet d’amateur, 1979, Le Livre de Poche, page 61)
- (Intransitif) Croître, se développer, en parlant des végétaux, mais aussi des parties du corps.
- Au Mexique, où il pousse librement, on assure que le bégonia est charmant. Que ne l’a-t-on laissé là-bas ! — (Octave Mirbeau, Le Concombre fugitif, édition 1921)
- Et pourtant les figuiers s’obstinent à pousser spontanément parmi les gravats et je me gorge, sans rien payer, de leurs fruits cramoisis. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- C’est avec de telles calembredaines que le prêtres s’imaginent piper la confiance des enfants à l’âge où, précisément, ils commencent à discerner qu’ils n’ont pas poussé dans les choux. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 247)
- Les enfants et les chats nés en hiver poussaient moins bien que les autres […]. » — (Annie Ernaux, Les années, Gallimard, 2008, collection Folio, page 33.)
- […] ; des multitudes éperdues grimpèrent par d’effrayants sentiers jusqu’à ces régions si élevées que les arbres ne poussaient plus. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Chaque pièce est protégée par un toit plat fait de ce même roseau : le berdi, qui pousse en abondance dans les bas-fonds humides de l'oued. — (René Pottier, Au pays du voile bleu, Nouvelles Éd. Latines, 1945, page 194)
- Il fauchait les touffes d’échaudures qui poussaient dans la pâture de derrière. — (Daniel Bernier, Les terres meurtries, volume 2 : Léona, Éditions l'Archipel, 2004)
- (Intransitif) (Architecture) Exercer une poussée, une pression, en parlant des terres, des voûtes, etc., par leur poids, s’appuient contre les constructions destinées à les soutenir.
- Les terres ont poussé contre le mur du quai, de la terrasse.
- L’arche a poussé contre les culées du pont.
- Ce mur pousse en dehors, Une pression le porte en dehors, il subit une déformation et menace ruine.
- (Intransitif) Se porter en avant, s’avancer.
- La vieille et solide baleinière, construite pour l’Antarctique, ainsi qu’un bon canot poussèrent du bord. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- (Intransitif) (Familier) Continuer sa route, sa marche.
- Pousser jusqu’à tel endroit, jusqu’à tel endroit.
- Nous poussâmes jusqu’à la ville.
- Poussons jusqu’à ce village, et là nous ferons une halte.
- Allez voir la presqu'île de Penmarch, cette langue de sable éternellement balayée par le vent : l'engrais de mer en a fait une Beauce. Si vous avez le temps, poussez jusqu'aux sables de Roscofï : l'engrais de mer les a métamorphosés en jardin. — (Edmond About, Causeries, 1865)
- Ce tableau pousse au noir, Ses couleurs noircissent.
- (Intransitif) (Élevage) Avoir la respiration difficile, en parlant des chevaux.
- Un cheval qui pousse.
- Ce cheval pousse beaucoup.
- (Intransitif) (Familier) Exagérer, abuser.
- Tu pousses un peu, là.
- Faut quand même pas pousser.
- Exercer une contraction musculaire pour faciliter la défécation, l’accouchement.
- Le petit poussait parce qu'il était constipé.
- Allez-y, madame, poussez, je vois la tête.
- (Pronominal) (Familier) Se mettre en avant.
- Qu’il n’y ait pas une once de christianisme authentique chez ces prétendus chrétiens, et qu’ils soient traités comme ils méritent de l’être dès ce monde-ci, cela ne change rien aux données du problème posé à un jeune abbé désireux de se pousser à la première place. — (François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 61)
- (Informatique) Envoyer un élément vers une machine distante.
- Il reste maintenant à générer les fichiers compilés en appelant la configuration par son nom, puis ensuite on va pousser la configuration sur le nœud ciblé. — (IT-connect.fr, Installer et configurer le SNMP avec PowerShell DSC → lire en ligne)
-
procéder
?- Provenir, tirer son origine.
- Ce n'est certes point par amitié pour le maître anglais ; mais l'Hindou est japonophile. La joie procède d'un vague sentiment panasiatique qui naît. Une multitude d'images représentant les récents faits de guerre se vendent dans les bazars. — (Questions diplomatiques et coloniales: revue de politique extérieure, dirigée par Henri Pensa & Raoul Thomasson , vol. 1-19, 1905, page 203)
- La salle où nous étions procédait à la fois de la cuisine, du salon, de la chambre à coucher, de l’atelier et du cellier. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy, 1881 ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 57)
- Mes intuitions, qui procédaient d’une certaine connaissance de la nature humaine, devaient bientôt se changer en une certitude fondée sur des preuves irréfutables. — (Anatole France, Les Sept Femmes de la Barbe-Bleue et autres contes merveilleux, 1909)
- Je procède de qui me précède et vivra de moi qui me suit. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 22)
- L’unilatéralisme américain et la mondialisation libérale procèdent d’une même logique. Ils refusent la suprématie du droit et de la délibération collective. — (Pour un autre monde ; Un autre chemin, motion pour le congrès socialiste de Dijon du 16 au 18 mai 2003)
- (Religion) Selon le catholicisme, le Fils est engendré par le Père, et le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.
- (Absolument) Agir, faire, exécuter un travail, conduire une opération.
- Il procédait par l’observation, analysant et classant des faits (instantiæ Naturæ, comme on les désignait assez pédantesquement), et les transformant en lois générales. — (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire, 1864)
- Le même vieillard goutteux allait procéder à la taille des cheveux. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
- Tout en procédant à sa toilette, elle parle toute seule, bavarde, gaie, animée, […]. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Pour procéder méthodiquement, il commença par se rendre chez le maire et s’enquit de l’état des sources alimentant la commune. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Au retour, ils rencontrèrent un officier et deux hommes qui procédaient à un inventaire sommaire des marchandises utilisables que contenaient les magasins. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 304 de l’édition de 1921)
- Se comporter d’une certaine manière envers les autres.
- Antoine et ma belle-sœur jouaient bien leur jeu ; ils se montraient, à mon égard, pitoyables, ils ne procédaient que par des allusions contristées. J'étais presque leur dupe, mais non pas entièrement ! — (Pierre Mille, Christine et lui, Librorium Éditions, 2019, page 123)
- Sa manière de procéder est étrange. — Il a procédé avec moi en homme d’honneur.
- (Suivi de à) (Justice) Agir judiciairement, faire des actes, des poursuites, des instructions dans un procès.
- Procéder en justice, juridiquement, par voies juridiques.
- Procéder à l’inventaire des papiers, des meubles, à un partage, à une adjudication.
- Procéder à l’audition des témoins, à l’instruction, au jugement d’un procès.
- (Suivi de à) Venir à, se mettre à.
- Très vite incriminés, les naturalistes ont procédé à une enquête visant à reconstituer la progression des loups depuis les Abruzzes jusqu'au Mercantour. — (Isabelle Mauz, Gens, cornes et crocs, page 221, Éditions Quae, 2005)
- Il faut procéder à l’examen, à la vérification de ces titres.
- Finissons ceci, et puis nous procéderons au reste.
- (Suivi de par) Employer des moyens pour parvenir à un certain résultat.
- Procéder par intimidation. — Procéder par raisonnement.
- L’art du Moyen âge procède par la multiplicité des formes et des personnages. L’impression est celle d’une scène entière, de tout un monde. Au contraire, l’art grec aristocratique ne prend qu’un ou deux personnages. — (Hippolyte Taine, Carnets de voyage : Notes sur la province, 1863-1865, Hachette, 1897)
- (Littéraire) S'avancer vers.
- Tes pas, enfants de mon silence,Saintement, lentement placés,Vers le lit de ma vigilanceProcèdent muets et glacés.— (Paul Valéry, Charmes, extrait du poème Les Pas, 1922)
-
préserver
?- Garantir quelqu’un ou quelque chose d’un mal qui pourrait lui arriver.
- L'œuf pondu le vendredi saint préservait de la foudre, mangé il garantissait de la fièvre ou de la rage... Notre œuf de Pâques est certainement un dérivé de ces anciennes coutumes vosgiennes. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
- Pourtant, il était possible de se préserver des enchantements des sorciers ; dès qu’un sorcier vous avait touché, il fallait le battre à bras raccourcis, en répétant trois fois : « Sorcier, je te rends le mal ». — (Octave Mirbeau, Rabalan,)
- Ce soubassement est intact, […], les parties inférieures du monument sont restées enterrées pendant des siècles et ont été ainsi préservées des mutilations. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Comme toutes les réformes monétaires, la stabilisation de la monnaie allemande a provoqué une crise économique, ou plus exactement, elle n’a pas suffi à en préserver le Reich. — (Wilfrid Baumgartner, Le Rentenmark (15 Octobre 1923 - 11 octobre 1924), Les Presses Universitaires de France, 1925 (réimpr. 2e éd. revue), p.117)
- Ce grimoire, dans la lignée du Traité de vampirologie, révélera tout ce qu'il est indispensable de savoir au sujet des loups-garous et les moyens de s’en préserver. — (Édouard Bresey, Le grimoire des loups-garous, Place des éditeurs, 2010)
-
spontanéité
?- Caractère de ce qui est spontané.
- Zaheira, à la dérobée, la regardait. Elle la trouvait belle et savante dans sa toilette et ses gestes calculés dans leur spontanéité même. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Le Sapin (Abies pectinata) se rencontre aussi en Normandie ; sa spontanéité paraît certaine. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 86)
- Dans le passage de l’oral à l’écrit, la spécificité du messager s'efface derrière celle du message. Peut-être y perd-on en spontanéité, mais on y gagne en cohérence, celle précisément d'une forme littéraire. — (Jean-Paul Desaive, Délits sexuels et archives judiciaires (1690-1750) , Communications, 1987, vol.46, n°46, page 120)
-
taper
?- (Familier) Frapper du plat de la main, battre, donner un ou plusieurs coups.
- Taper un enfant.
- Si vous désobéissez, je vous taperai.
- Elles se tapèrent comme les laveuses tapent leur linge, rudement, en cadence. Quand elles se touchaient, le coup s’amortissait, on aurait dit une claque dans un baquet d’eau. — (Émile Zola, L’Assommoir, 1877, page 400)
- Se taper le front.
- Ça riait en se tapant les cuisses. — (Jean Giono, Un de Baumugnes, 1929, page 67)
- Frapper, cogner, toquer pour produire un bruit.
- Dedans on buvait des boissons variées qu’à la couleur on reconnaissait pour du cidre, du café ou de l’eau-de-vie, et l’on tapait les verres ou les tasses sur les tables avec des éclats de voix qui ressemblaient à des disputes. — (Hector Malot, En famille, 1893)
- Il faisait joyeusement taper ses béquilles sur le pavé. — (René Benjamin, Gaspard, 1915, page 150)
- Taper trois coups à la porte.
- (Théâtre) Frapper trois coups pour annoncer le début du spectacle.
- L’Annoncier tape fortement le sol avec sa canne, et lorsque le silence règne, il annonce : Le Soulier de satin ou Le Pire n’est pas toujours sûr — (Paul Claudel, Le Soulier de satin, 1944)
- (Musique) Mal jouer de la musique en frappant sans nuance sur un instrument.
- Il n’y avait guère là, le soir, que la seconde des corsets, miss Powell, qui tapait sèchement du Chopin sur le piano. — (Émile Zola, Au Bonheur des dames, 1883, page 648)
- Dactylographier, écrire à la machine ou à l'ordinateur, les doigts frappant le clavier.
- Je lui dictais sévèrement des choses ennuyeuses qu’elle tapait avec une application timide, toute frêle, toute mièvre dans sa robe de confection simili popeline. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
- J’étais écœurée de son attitude, elle jouait les étonnées et essayait de me persuader que c'était Jojo qui avait tapé ce courrier. — (Catherine Podgorski, Charlatan, Scélérat, Menteur! Je vous présente mon employeur, Éditions Publibook, 2001, page 68)
- Je tapai un début de phrase, sans conviction. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 30)
- Jouer, le complément d’objet désignant des cartes (→ voir taper le carton) ou un jeu de cartes.
- Il regarda dans la glace quatre vieux qui tapaient une belote en silence. — (René Fallet, Banlieue sud-est, 1947, page 33)
- Les vrais « hommes » se réfugient chez Dupont tout est bon, où la banalité est encore de mise, dans les tabacs rebelles aux effets, et tapent leurs parties de cartes sur le tapis de tout le monde sans verser dans un académisme de sages-femmes. — (Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, 1939, page 137)
- (Argot) Prendre.
- On pique, on avale… on tape dans le tas avec les doigts… le tout c’est de s’y mettre… Et c’est excellent ! — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, page 324)
- (Populaire) Se faire donner ou prêter de l'argent.
- Mon fils m’a tapé vingt euros.
- Gontran.— Non, je viens pour le taper, ainsi vous comprenez…Moricet.— Le taper !… Vous frappez votre famille ?Gontran.— Mais non… Je voudrais qu’il me prête cinq cents francs. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
- Je ne sais pas si vous savez que vous êtes comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance ?— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 198)
- L’idée du mariage flottait autour de Jacques : « Je ne puis pourtant plus taper maman », pensait-il ; de fait, la marquise d’Iscamps était bien capable de se ruiner toute seule et sans qu’on l’y aidât. — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922)
- Lecouvreur était encore un bleu dans le métier de bistrot. Il ne savait pas se débarrasser des raseurs qui le tapaient d’une tournée. — (Eugène Dabit, L’Hôtel du Nord, 1929, page 60)
- Entre vingt et trente ans, on peut taper les copains pour finir le mois, ça n’a pas d’importance. Entre trente et quarante, ça commence à devenir pénible. Au-dessus de quarante, c’est intolérable. — (Roger Vailland, Drôle de jeu, 1945, page 206)
- (Intransitif) Frapper, donner un ou plusieurs coups, rosser, heurter, cogner.
- Taper sur quelque chose.
- Il lui tapa sur le ventre.
- Elles couraient et couraient. Leur cœur tapait ; bientôt le souffle leur manqua. — (Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, 1930, page 242)
- Ce fut lui, enfin, qui enfonça les crochets pour les fameux rideaux, non sans taper du marteau sur ses doigts. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, chapitre VIII, Gallimard, 1937)
- Levaque, délassé et excité d’avoir tapé sur sa femme, tâcha vainement d’entraîner Maheu chez Rasseneur. — (Émile Zola, Germinal, 1885, page 1233)
- (Intransitif) (Par extension) En parlant du soleil, frapper par sa puissance ou sa luminosité.
- Le soleil tapait à travers la vitre, je comptais les gares et je lisais et relisais l’adresse et le numéro de téléphone sur la carte de Georges. — (Lolita Pille, Bubble gum, Bernard Grasset, Paris, 2004, ISBN 2-246-64411-9, chapitre III, page 43)
- Mets-toi une casquette, le soleil va taper fort aujourd'hui. — (Michel Rabagliati, Paul à la pêche, éditions la Pastèque, Montréal, 2006, page 75)
- (Intransitif) Frapper, atteindre.
- Taper à côté : Échouer.
- Taper dans le mille : Réussir.
- (Intransitif) Monter à la tête, enivrer.
- Tu monteras deux bouteilles de notre Lunel… du deux francs… de celui qui tape. — (Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, 1864, page 129)
- Prendre au nez, à la gorge, puer.
- Ça tape ici !
- Il tape des arpions que c’est pas croyable… On se recule nauséeux. — (Bertrand Blier, Les Valseuses, 1972)
- (Pronominal) (Populaire) Manger, boire.
- J’avais de quoi alimenter la conversation chez Lipp où j’avais l’intention d’aller me taper une choucroute. — (Jo Barnais, Mort aux ténors, chapitre II, Série noire, Gallimard, 1956, page 19)
- Tiens, ma vieille elle a soixante-cinq ans, j’habite avec elle. Eh bien, à son âge, elle se tape encore son kil de rouge dans la journée. — (Jean-Paul Sartre, Les Chemins de la liberté : La Mort dans l’âme, 1949, page 247)
- (Pronominal) Faire, être obligé, contraint de faire.
- C’est moi qui ait dû me taper tout le travail.
- «Qu’il se débrouille. Je me suis déjà tapé les mesures à défendre», souffle à Chez Pol un cador du groupe LREM à l’Assemblée. — (Sylvain Chazot, Etienne Baldit et Chez Pol, À LREM, la patience envers Jean-Michel Blanquer a des limites, Libération, 18 janvier 2022)
- J’ai dû me taper tout le trajet à pied.
- (Pronominal) Être atteint par, subir.
- Se taper une angine.
- (Pronominal) (Vulgaire) Se faire, faire l’amour avec.
- Se taper un mec.
- Se taper une meuf.
- (Pronominal) (Populaire) Faire coup blanc, ne rien obtenir, faire des efforts en vain.
- Tu peux toujours te taper.
- (Pronominal) (Vulgaire) Se branler, n’en avoir rien à foutre.
- Je m’en tape !
- Je n’en ai rien à taper.
- Nous faisons des confidences, toujours des confidences – « grande rencontre », « profonde générosité », « c’est un homme formidable » – d’une impudeur démente et dont tout le monde se tape. — (Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, J’ai lu, 2016, page 198)
- (Familier) Consommer de la drogue par le nez.
- […] ce n’est pas parce que 11% des fumeurs de cannabis vont ensuite se taper une ligne de coke qu’ils le font à cause de la ganja qu’ils ont fumée. — (Théo Chapuis, Une fois pour toutes, le cannabis conduit-il à la consommation d'autres drogues ?, site konbini.com, 29 avril 2015)
-
souffler
?- Pousser de l’air hors de la bouche.
- La messe finie, on rentrait vite à la maison sous les étoiles, on s’embarrait soigneusement, on soufflait sur la braise pour rallumer le feu et, à la lueur du calel, on mangeait les « bougnettes » arrosées de vin chaud, parfumé à la cannelle, au laurier et aux clous de girofle. — (Raoul Stéphan, Bécagrun, Paris : chez Albin Michel, 1935, 1re partie)
- C’est comme pour appeauter un tétras, rien de plus simple. Tu tends une feuille de chiendent entre tes deux pouces et tu souffles dans l’intervalle. Tu vois arriver le coq, la crête droite, écarlate et le collet ébouriffé. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- En arrivant à Normée le berger souffle dans sa corne pour annoncer son retour. Les chiens aboient. — (Mariel J.- Brunhes Delamarre, Le berger dans la France des villages, Éditions du CNRS, 1970, page 164)
- (Par extension) Faire une pause pour reprendre haleine ; respirer avec effort.
- Laissez-moi souffler.
- Prendre le temps de souffler un peu.
- — Comme vous soufflez ! Est-ce que vous venez de monter six étages ? » — (Marcel Proust, La Prisonnière, Gallimard, 1923)
- Parfois les rênes s’échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d’avancer. Nous les laissons souffler un instant, puis reprenons notre course muette et aveugle. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Ernest Leroux, Paris, 1904, page 36)
- Dieu consent enfin à interrompre la tâche pénitente de ses maux ; Il lui accorde de souffler et le Démon profite de cette accalmie pour entrer en scène. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Pousser, agiter l’air.
- Toute la journée, un vent aigre a soufflé de l’Ouest ; le ciel est resté bas et triste, et j’ai vu passer des vols de corbeaux… — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Il ventait dur, sans que l’atmosphère en fût rafraichie, car le vent soufflait du sud. — (Charles Le Goffic, ’'Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 112)
- Le très expérimenté explorateur revint dans avoir atteint son but ; il nous raconta qu’un terrible « blizzard » soufflait dans le Sund et que les glaces étaient dangereusement en mouvement. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- […] et dans la mer des Antilles je faisais une bonne moyenne de marche poussé par les alizés qui soufflaient frais et réguliers du Nord-Est. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Ce soufflet est percé, il ne souffle plus.
- L’esprit souffle où il veut : (Sens figuré) (Théologie) Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît. Cette phrase signifie, par extension, dans le langage courant : L’inspiration vient sans qu’on sache d’où, ni comment ; le génie a ses voies qui n’appartiennent qu’à lui.
- Envoyer de l’air sur quelque chose, dans quelque chose.
- Lors des vents de tempête, le reg graveleux est soufflé par le vent qui édifie ainsi ces rides de quelques centimètres de hauteur ; […]. — (Nicole Petit-Maire, Jean Riser et L. Blanc-Vernet, Sahara ou Sahel?: quaternaire récent du bassin de Taoudenni (Mali), Centre national de la recherche scientifique, 1983, page 99)
- Ils vont changer l’huile et souffler mes pneus. (Québec)
- Souffler le feu : Y envoyer de l’air pour l’activer.
- Souffler une bougie : Souffler sur la flamme d’une bougie pour l’éteindre.
- Souffler l’orgue : Envoyer de l’air dans les tuyaux d’un orgue par le moyen de la soufflerie.
- Souffler le verre, l’émail : Façonner quelque ouvrage de verre, d’émail, en soufflant dans un tube de fer à l’extrémité duquel est la matière que l’on travaille.
- Déplacer ou détruire par un mouvement violent d’air ou de gaz.
- Selon les témoignages publiés sur les réseaux sociaux, un bâtiment de l’université de Makiïvka servant de dortoir pour les mobilisés et les réservistes russes aurait été atteint par plusieurs projectiles dans la nuit du Nouvel An, soufflant littéralement les trois niveaux de l’immeuble. — (Cédric Pietralunga, Guerre en Ukraine : à Makiïvka, dans le Donbass, des dizaines de soldats russes tués dans le bombardement de leur base, Le Monde. Mis en ligne le 2 janvier 2023)
- (Hippologie) Renifler, flairer une jument.
- Un étalonnier amène un entier afin qu'il la flaire de façon perpendiculaire à la barre. On dit qu'il souffle la jument, d'où son nom de souffleur.
- (Sens figuré) (Familier) Parler, par ellipse de « souffler mot ».
- N’oser souffler, ne pas souffler : Ne pas oser ouvrir la bouche pour faire des plaintes, des remontrances.
- (Sens figuré) Faire naître, exciter.
- Mais le diable a soufflé là-dessus, de son haleine fiévreuse et empestée, et les pires billevesées ont pris leur vol. L’homme a inventé les dieux et il a créé l’amour avec son cortège de sensibleries ridicules ou criminelles. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 118)
- Souffler la discorde, le feu de la discorde.
- Souffler la haine, la division, la révolte.
- (Sens figuré) Dire à quelqu’un sa leçon, son rôle, à voix basse, de façon à n’être entendu que de lui, les endroits de sa leçon, de son rôle dont il ne se souvient plus.
- Souffler un acteur.
- Camille et Pierre, un peu embarrassés de leurs grandeurs, s’embrouillèrent en disant le Credo ; le curé fut obligé de les souffler. — (Comtesse de Ségur, Mémoires d’un âne, 1860)
- Il a été puni pour avoir soufflé la leçon à son camarade.
- (Sens figuré) Dire quelque chose à quelqu’un à voix basse.
- Un certain pressentiment me soufflait tout bas que c’était une imprudence de m’en aller après la scène qui venait d’avoir lieu. — (François Auguste Biard (1799-1882), Deux années au Brésil, 1862)
- (Jeu de dames) Ôter un pion à celui contre qui l’on joue, parce qu’il ne s’en est pas servi pour prendre un autre pion qui était en prise. Note : Règle abolie au début du XXe siècle.
- Je vous souffle, souffler n’est pas jouer
- — Honneur aux blanches ! C’est à vous de jouer.— Est-ce que vous soufflez ? Telle est la réponse de sa partenaire...— Un peu... quand je marche trop vite...Pauvre M. Hyacinthe ! sa compréhension est toujours pénible. Un autre le trouverait ridicule. Marie, qui croit ses erreurs conscientes, le trouve spirituel.— Quel enfant vous êtes ! il n’y a pas moyen de parler cinq minutes sérieusement avec vous !— Comment ?— Oui, oui, faites l’innocent... Vous aviez très bien entendu ce que je voulais dire... Lorsqu’on néglige de prendre, est-ce que vous « soufflez » le pion ?— J’agirai selon votre convenance.— Alors soufflons, soufflons….— A la pensée de « souffler », Marie s’esclaffe. Les vieilles demoiselles s’amusent aussi facilement que les petits enfants ! — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, pages 281-282)
- Nous disposons des autres comme s’ils étaient des pions, afin de ne laisser aucune case vide ; mais eux aussi jouent leur jeu secret, nous poussent du doigt, nous écartent ; nous pouvons être soufflés, mis de côté. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 182)
- (Sens figuré) Enlever, prendre, voler.
- Souffler une maîtresse à son ami, c’est une rouerie trop commune pour moi. — (Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, scène 17, 1833)
- Éditorialiste au « Point », cet ex-directeur de cabinet adjoint de Gilles de Robien avait ses entrées chez Sarkozy, est un intime de Baroin, avec lequel il traînait sur les bancs du très chic Collège Stanislas, était apprécié chez Juppé et Fillon pendant la primaire, dialoguait fort civilement avec Jean-Christophe Lagarde, le patron de l’UDI, tout en entretenant les meilleures relations avec Macron, auquel il a soufflé une bonne partie de son programme. — (Anne-Sophie Mercier, Le score enseignant, Le Canard enchaîné, 17 mai 2017, page 7)
- (Sens figuré) Dire, et spécialement dire dans un souffle.
- Oui, souffla-t-il. — (Blandine {Boisset, Vincent Herrouin, Amélie Tupenot, Le Doigt sanglant, in Nouvelles policières, éditions Balthazar, avril 2003)
- Il n’en soufflera rien, je vous le garantis.
- (Familier) Causer une grande surprise, provoquer l'étonnement.
- En compétition hier à Cannes, "The Last face" a été sifflé et a soufflé tous les journalistes présents à la projection pour la presse. — (Rires et sifflets pour Sean Penn, Vosges Matin, 21 mai 2016)
-
twitter
?- (Internet) Publier un texte court sur Internet par le réseau Twitter.
- Le 2 décembre 2014, à 17 heures, la LDJ twitte : « 339 députés nazis en France viennent de voter pour la reconnaissance de la Palestine. L'État nazislamiste est reconnu. » — (Pascal Boniface, Les pompiers pyromanes: Ces experts qui alimentent l’antisémitisme et l'islamophobie, éditions Max Milo, 2015)
- À propos, il est un peu comme moi en ce moment, il gazouille, il twitte, mais produit moins sur le blog. — (site mademada.canalblog.com)
- Ainsi par exemple, le 7 décembre 2019, en pleine polémique pré-César, twitte-t-elle ceci : […]. — (Sabine Prokhoris, Le mirage #MeToo, le cherche-midi, Paris, 2021, page 125)
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oser
?- Avoir la hardiesse, l’audace de dire, de faire quelque chose.
- Osera-t-elle confier à ce bon petit diable, à ce démon sans manières ni éducation le soin de faire d’elle cette merveille d’imperfection, cette mendiante richissime, cette dérangeuse comblante qu’est une femme amoureuse ? — (Yves Prigent, L’expérience dépressive, 2015)
- Mademoiselle, oserai-je vous demander si vous avez donné un pendant à ce charmant paysage que vous présentâtes l’autre jour au maréchal ? — (Delphine de Girardin, Lady Tartuffe, 1853, acte I, scène 13)
- Oui, le timide n’a jamais osé danser, du coup, il a eu le temps d’affûter son sens de la répartie pendant que ses petits camarades galochaient des nanas au look douteux et au maquillage ringard. — (Pandora Reggiani, L’histoire d’amour dont vous êtes le héros , Michalon Éditeur, 2014, page 18)
- Entreprendre avec courage, avec assurance.
- C’est un homme à tout oser.
- Il peut tout oser.
- Il n’y a rien qu’il ne puisse oser.
- Vous n’osez rien, ce n’est pas le moyen de réussir.
- (Avec la négation) Ne pas vouloir, par prudence, par ménagement, faire ou dire certaines choses.
- J’ai si souvent fait buisson creux, dans mes tentatives précédentes, que je n’ose plus me présenter au guichet de la gare. A quoi bon ? — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 52)
- Des repaires dangereux existaient où la police n’osait s’aventurer. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 210 de l’édition de 1921)
- (Suisse et arc jurassien) Avoir l’autorisation de.
- Est-ce que j’ose entrer ?
-
présenter
?- Montrer une première fois ; mettre un objet sous les yeux de quelqu'un.
- Mademoiselle, oserai-je vous demander si vous avez donné un pendant à ce charmant paysage que vous présentâtes l'autre jour au maréchal ? — (Delphine de Girardin, Lady Tartuffe, 1853, acte I, scène 13)
- Nous insistons sur les possibilités multi-plateformes de Python et présentons les bases pour étendre Python et l’intégrer dans d’autres applications en utilisant C ou Java. — (Alex Martelli, Python en concentré, traduit par Éric Jacoboni, Paris : éditions O’Reilly, janvier 2004, page XI)
- En 1973, quand le centre d’activités culturelles et de loisirs de Sully organisait son « florilège musical » en présentant un récital de guitare, un récital d’orgue et un concert de l’Ensemble instrumental Andrée Colson, tu n’étais pas intéressé encore ; […]. — (Colette Bissonnier, Chroniques du festival, Éditions Publibook, 2011, page 21)
- (Vieilli) Présenter la bataille, Témoigner à l’ennemi, par les dispositions que l’on prend ostensiblement, qu’on a l’intention d’engager la bataille.
- Montrer ostensiblement.
- Bientôt le Sultan arrive; les tambours battent, les clairons sonnent aux champs; les fantassins présentent les armes et les cavaliers s'inclinent sur l'encolure de leurs chevaux en criant: […]. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 119)
- Les pois égouttés doivent présenter la couleur normale caractéristique des pois secs trempés en conserve, compte tenu de toute adjonction de colorants artificiels. — (FAO, Codex alimentarius, volume 5A, 1994, page 204)
- Montrer, pour faire connaissance.
- L’éleveur ne peut vendre aucun des chevaux d’élevage de son taboune avant qu'il ait atteint l'âge de trois ans et demi et qu'il ait été présenté à la commission; […]. — (Revue militaire des armées étrangères, tome 1, éd. R. Chapelot & Cie, 1904, page 129)
- Et tout près de là, à Saint-Hilaire-de-Loulay, au cours d'une garden-party chez la Baronne Taylor, il est présenté à une ravissante jeune fille de 18 ans, Simone Calary de Lamazière. — (Michel Droit, De Lattre, maréchal de France, Pierre Horay, éditions de Flore, 1952, page 24)
- Il me conduisit à travers d'innombrables et immenses salles, dans lesquelles il me présenta à des hordes de gens, dont j’oubliais les noms au fur et à mesure qu’il les énonçait. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, pages 8-9)
- (Audiovisuel) Animer.
- Il présente le journal télévisé.
- Faire postuler.
- On a présenté deux candidats pour cette place, pour cette chaire.
- Pour cet emploi, c’est le ministre qui présente et c’est le chef de l’état qui nomme.
- Offrir quelque chose à quelqu’un.
- Cette prédiction les laissa pétrifiés. Le maître d’hôtel lui-même avait un tremblement en présentant le carré d’agneau. — (Roland Dorgelès, A bas l'argent !, Éditions Albin Michel, 1965, p. 97)
- Présenter un fauteuil, une chaise, un siège.
- Aux Indes orientales, la chasteté y étant en singulière recommandation, l'usage pourtant souffrait qu'une femme mariée se peut abandonner à qui lui présentait un éléphant ; et cela avec quelque gloire d'avoir été estimée à si haut prix. — (Montaigne, Essais , III, 5 - Sur des vers de Virgile, 1595)
- Présenter des lettres de créance, Les remettre à la personne prés de laquelle on est accrédité.
- Présenter une lettre de change, La montrer à celui qui doit la payer.
- Présenter une requête, une pétition, etc., à quelqu’un, Solliciter quelqu’un par une requête, une pétition, etc.
- Présenter les armes.
- Présentez-lui le miroir, qu’il se voie.
- Présenter un enfant au baptême, Le porter à l’église où il doit être baptisé.
- (Sens figuré) Faire part de ; exposer.
- Je ne lui cachai pas que le néo-malthusianisme n'avait rien qui m’emballât par la façon même où nous le présentaient ceux qui le prônaient. Elle n'insista pas. — (Jean Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, présenté et annoté par M. Delfau, Flammarion, 1973, page 553)
- Je présente le texte qui suit avec une quadruple ambition. Tout d'abord je souhaite que dans une certaine mesure il fasse le point des connaissances potamologiques acquises sur la Loire et ses tributaires. — (Maurice Pardé, « Études potamologiques sur la Loire et ses affluents », dans Norois, 1964, n° 44 bis, page 3)
- Je lui ai présenté la chose aussi clairement qu’il m’a été possible.
- Vous ne nous présentez la question que d’un seul côté.
- (En particulier) Présenter à quelqu’un ses respects, ses hommages, ses civilités, etc., se dit, comme formule de politesse, pour assurer quelqu’un de son respect, etc.
- (Sens figuré) Être capable de fournir ou de procurer.
- Le sucre de raisin que l'on appelle aussi glucose, se rencontre dans les fruits sucrés qui présentent en même temps une saveur acide, comme les raisins, les groseilles, etc. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 120)
- J’obstrue avec du coton et de l’étoupe la brèche que présente le pont. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Ce pays présente un aspect agréable.
- Cette affaire présente de grands avantages.
- Cela présente des difficultés, des inconvénients, Des difficultés, des inconvénients s’opposent, paraissent s’opposer à cela.
- Ce mot, ce passage présente un double sens, il est susceptible de deux interprétations différentes.
- Tourner vers ; diriger vers.
- Présenter son bras, sa jambe à l’opérateur.
- Présenter le flanc à l’ennemi. En termes de marine,
- Présenter le bout à la lame, à la marée, au courant.
- Mettre en avant pour menacer.
- Il lui présenta la pointe de son épée et l’arrêta court.
- Ils présentèrent les baïonnettes à la cavalerie et la repoussèrent.
- Ce taureau présente les cornes d’une manière menaçante.
- (Art) Approcher une pièce de bois, de fer, etc., de l’endroit où elle doit être placée, pour voir si elle s'y ajuste bien, avant de la poser.
- Fenêtre PVC, aluminium ou bois, les opérations à faire sont les suivantes : présenter la fenêtre sur son appui et vérifiez qu'elle est bien de niveau. — (site www.discount-menuiserie.com)
- (Intransitif) (Au sujet d’une personne) Faire une impression (bonne ou mauvaise) par son maintien.
- Je trouve qu’il présentait plutôt bien.
-
résister
?- Ne pas céder, ou céder difficilement au choc, à la pression, à l’action d’un autre corps, à une force, à un effort quelconque.
- Ces pierres factices ont beaucoup mieux résisté aux agents atmosphériques que les pierres de grès ; elles sont composées d’un mortier parfaitement dur, mêlé de cailloux concassés de la grosseur d’un œuf, et ont dû être façonnées dans des caisses de bois. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Nous avons vu disparaître par ce procédé des chéloïdes prépectorales qui avaient résisté pendant des années à tous les autres traitements. — (Louis Anne Jean Brocq , Traité élémentaire de dermatologie pratique comprenant les syphilides cutanées, O. Doin, 1907, vol.2, page 762)
- Le marbre résiste plus au ciseau que la pierre commune.
- Une viande qui résiste au couteau.
- Ce vieux château a jusqu’ici résisté à l’injure, aux injures du temps.
- Vous chargez trop ce plancher, il ne pourra pas résister à un aussi grand poids.
- La toiture a résisté à la violence du vent.
- (Familier) Ne pas céder à la tentation.
- On ne pouvait rien voir de plus gracieux que cette svelte blondine, jeune, gaie, folâtre ; pas un homme qui eût résisté à ses agaceries. — (Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 2)
- Sans rien dire, je découvris ma boîte de biscuit, et je constatai la disparition de plusieurs galettes... Mon factotum n'avait pu résister à la tentation et m'en avait volé cinq ou six. — (Camille Habert de Ginestet, Au Soudan: Excursion dans l'ouest africain, Paris : chez Delagrave, 1798, page 168)
- Se défendre ; opposer la force à la force.
- Résister aux agents de la force publique.
- Une armée à laquelle l’ennemi est hors d’état de résister.
- Les assiégés ont résisté longtemps, ont résisté courageusement.
- La place a résisté plus de trois mois.
- Ce cheval résiste au cavalier.
- (Sens figuré) S’opposer aux desseins, aux volontés de quelqu’un, tenir ferme contre quelque chose de fort, de puissant.
- Mais ces deux gros industriels […] ont un titre de gloire peu commun : voici quelques années, ils ont résisté victorieusement aux assauts répétés de Robert Hersant qui, comme il l'a fait un peu partout en France, a tenté de les mettre à genoux pour racheter leurs journaux. — (Maurice Séveno, Les premiers jours de Mitterrand : l'état de grâce, Éditions Stock, 1981)
- Si ce que vous proposez est dans l’intérêt public, je ne résiste plus.
- Je lui ai résisté en face.
- Résister à la grâce.
- Résister à ses passions.
- Bien supporter l’effort, la souffrance, la maladie, le travail, en parlant des hommes et des animaux, voire des végétaux.
- Dernièrement, j'avais eu la maladresse de m’enrhumer en pleine chaleur. Voilà pourtant ce que c'est que de devenir vieux : on ne peut résister à rien. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 125, Fischbacher, 1896)
- J'essayais, en contractant le gosier, d'absorber le moins possible d'eau et de résister à l'asphyxie en retenant le plus longtemps que je pouvais l'air dans mes poumons. Mais je ne pus tenir plus de quelques instants. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- Ces espèces adventices, dont les graines sont apportées avec les semences introduites, ont pu résister à des conditions climatiques défavorables […]. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 34)
- Vous travaillez trop, votre santé n’y pourra résister.
- (En particulier) Supporter un désagrément moral.
- La conversation avec cet homme est d’un ennui mortel, on n’y peut plus résister.
- Persister, bien supporter l'usure du temps.
- Les calomnies mordent difficilement sur l'amitié; mais quelle amitié résisterait à une suite de rêves qui y serait contraire ? — (Alain, Propos, 1921, page 332)
-
épais
?- Qui a une certaine mesure dans la dimension transversale.
- La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Parent.)
- Les pailles, dont les couches épaisses recouvraient entièrement le sol de la cour, se doraient peu à peu d’un jaune pâle sous la lueur grandissante du crépuscule. — (Jules Case, La Fille à Blanchard, 1886)
- Le pain à mie compacte et bise, à la croûte épaisse couleur de couque, sent la farine honnête. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Les petits coups de freins de Chak et l’épais tapis de neige se conjuguèrent pour ralentir le camion, et ce fut quasiment au pas qu'il s'engagea dans l'ouverture. — (Pierre Bordage, Les Derniers Hommes, épisode 3 : Les légions de l'Apocalypse, éd. Au Diable Vauvert, 2010)
- Fort, solide.
- Drap épais. Étoffe épaisse.
- Langue épaisse — (Par extension) langue pâteuse, lourde, articulant difficilement.
- Taille épaisse — taille grosse, peu élégante.
- Cheval épais — cheval gros, lourd, sans élégance.
- Nombreux, serré, touffu.
- Des cheveux épais. Les bois épais. D’épais bataillons.
- J’ai craint que de ces bois l’épaisse solitudeNe cachât un ramas de brigands révoltés. — (Ducis, Lear, I, 1)
- Tissure épaisse — (Pêche) tissure d’un filet à mailles serrées.
- Qui a une grande consistance ou une grande densité.
- Mais, ô malheur! le vent saute au sud-ouest et nous enveloppe d'un brouillard épais. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 39)
- Le 22 Août, la marche vers le Nord devait être continuée. Mais un épais brouillard couvrait le sol empêchant les reconnaissances. — (Colonel-commandant Gelbert, Historique du 8e Régiment de Chasseurs : Campagne 1914-1918, Luxeuil : chez A.-F. Faivre d'Arcier, s.d (vers 1920), page 5)
- […] cette liqueur épaisseMêle du sang de l’hydre avec celui de Nesse. — (Pierre Corneille, Médée, IV, 2.)
- Une épaisse vapeur s’est du temple élevée. — (Pierre Corneille, Oed., II, 3.)
- Ils l’ont enveloppé d’une épaisse fumée. — (Pierre Corneille, Tois. d’or, v, 2.)
- Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne ? — (Jean Racine, Andr., V, 5.)
- Climats qu’un ciel épais ne couvre que d’orages. — (Voltaire, Orphel., I, 1.)
- (Sens figuré) (Littéraire) Lourd ; grossier ; lent à comprendre.
- De ces cervelles fines, la plus fine était la petite Brulette, emmi les filles, et des plus épaisses, la plus épaisse paraissait celle de Joseph, emmi les garçons. — (George Sand, Les Maitres sonneurs, Londres : George Bell & Sons (Les Classiques Français Illustrés, publiés sous la direction de Daniel O’Connor), 1908, p.4)
- Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais. — (Louis de Rouvroy, 4, 64.)
- Les Béotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu’ils pouvaient aux affaires générales. — (Montesquieu, Rom. 5.)
- Et la grosse gaieté de l’épaisse opulence. — (Jean-Baptiste Louis Gresset, Méch., II, 3.)
- (Québec) (Courant) (Familier) Imbécile. → voir épais dans le plus mince
- Pompidou, Baudouin, Trudeau sont corrects. Ils ne veulent rien changer ; ils sont contents que nous restions épais comme nous sommes. — (Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, p. 16)
- Dans un groupe, tu prends les décisions à cinq. Tu fais des gaffes à cinq, tu dis des niaiseries à cinq, quand un a l’air d’un épais, y’en a cinq qui ont l’air épais. — (Voir, 30 mars 2006)
- (Botanique) Se dit de toutes les parties dont l’épaisseur, comparée à celles d’organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.
-
dépenser
?- (Commerce) Employer telle ou telle somme à l’achat de telle ou telle chose.
- Ai-je besoin de vous dire, après cela, que tout notre argent était dépensé en fantaisies inutiles de toilettes ? — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- On ne voit pas que, puisque notre bourgeois a dépensé six francs à une chose, il ne pourra plus les dépenser à une autre. On ne voit pas que s’il n’eût pas eu de vitre à remplacer, il eût remplacé, par exemple, ses souliers éculés ou mis un livre de plus dans sa bibliothèque. Bref, il aurait fait de ses six francs un emploi quelconque qu’il ne fera pas. — (Frédéric Bastiat, Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, 1850)
- […] en Angleterre, c’est une aristocratie puissante qui élève le cheval de course, et elle est bien libre de dépenser son argent comme bon lui semble, personne, que nous sachions, ne s’est encore avisé de lui contester ce droit. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
- (Absolument) — Il aime à dépenser. — Il dépense follement en habits, en chevaux.
- (Sens figuré) Employer, prodiguer, consumer ses efforts, son temps, etc.
- Eufrosinia raisonne comme Ivan, comme Staline. On dira qu'elle s'affaire cupidement pour elle et pour son parentage quand Ivan et Staline se dépensent héroïquement pour la nation. La fin justifie les moyens mais ce ne sont pas les mêmes fins. — (Barthélemy Amengual, Que viva Eisenstein!, Éditions de L’Âge d’Homme, 1980, page 358)
- Il a dépensé ses forces pour rien. — Il s’est dépensé en pure perte. — Il se dépense trop, il ruinera sa santé.
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consoler
?- Soulager quelqu’un dans son affliction par des discours, par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit.
- Mais, dès qu’il voyait qu’elle pleurait, il la prenait dans ses bras et la couvrait de baisers pour la consoler. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
- Mais les hommes n’échappent pas à leur destinée, et la mienne consiste à gagner deux mille francs. Je ne suis point né pour acquérir de la fortune, et je m’en consolais, jadis, en me disant que chacun, sur la terre, est payé selon ses mérites. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- […] le père de Laforgue, qui s’était depuis quelque temps consolé du refus de son fils d’entrer à Polytechnique, lui parlait d’une thèse de doctorat, après l’agrégation […] — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, page 52)
- Donner, apporter de la consolation, en parlant d’une chose.
- Cet espoir me console.
- Peu de chose suffit pour consoler un enfant.
- Ce bien le console de la perte de tous les autres.
- Une affliction que rien ne pouvait consoler.
- Ce qui console de la mort des amis, c’est qu’ils laissent des veuves. — (San Antonio, Réflexions définitives sur l’au-delà , S-A 9 , Fleuve noir, 2000)
-
brouter
?- (Sens littéral) Paître, manger les bourgeons, les pousses et les feuilles des arbres.
- La Girafe dans son pays natal, broute la sommité des arbres, préférant les plantes de la famille des mimosa qui y abondent. — (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Quelques Considérations sur la Girafe, 1827)
- La silva proche des habitats fut totalement modifiée par l'action de l'homme qui traçait ses sentiers, taillait des arbres, bûcheronnait, pendant que ses bêtes broutaient les feuilles et les jeunes pousses. — (Martine Chalvet, Une histoire de la forêt, Éditions du Seuil, 2011)
- (Par extension) Paître l’herbe, pacager.
- Je sais que jamais un vrai grand homme n’a pensé qu’il fût grand homme, et que, quand on broute sa gloire en herbe de son vivant, on ne la récolte pas en épis après sa mort. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, réédition Folio, page 200)
- Dans la prairie, les vaches lentement avançaient, broutant devant elles sans hâte et sans trêve. — (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- L’animal était certainement occupé à brouter de la laîche, cette herbe qui pousse au bord de l’eau, ou à grignoter quelque racine de nénuphar. — (Michelle Paver, Chroniques des temps obscurs, volume 4 : Le banni, Hachette Jeunesse, 2008, chapitre 17)
- Ses moutons broutaient dans mon pré.
- L’endroit où les moutons ont brouté.
- La chèvre peut brouter quatre à cinq heures de suite.
- (Proverbial) Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute, on doit se résoudre à vivre dans l’état où l’on se trouve engagé, dans le lieu où l’on est établi.
- (Par analogie)
- Par une entaille dans le talus, un troupeau coulait comme du lait sale et paraissait brouter le sable. — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
- Fonctionner de façon saccadée et irrégulière.
- (Intransitif) (Sens figuré) Sautiller en parlant de la scie ou du rabot.
- (Intransitif) (Par extension) Avancer en sautillant en parlant d’un véhicule à moteur.
-
collecter
?- Récupérer, rassembler ou recueillir, en parlant de quelque chose.
- Les trois ripoux avaient ainsi collecté toutes les informations dont ils avaient besoin. — (Marilyn Pappano, Dans l'ombre du désir, Harlequin, 2011, chap.15)
- Un papyrologue est de ce rythme-là. Pouvant passer des années à déchiffrer un papyrus, accumulant patiemment le savoir comme on collecte la rosée dans le désert, il est le contrepoids indispensable à notre société productiviste dopée à l’Internet. — (Iegor Gran, Entretien avec Daniel Delattre, papyrologue : « Avec la technologie, on a l'impression de comprimer le temps », dans Charlie hebdo n°1240 du 27 avril 2016, p.15)
- Seul un emploi du temps trop chargé m'empêche d'aller collecter les distinctions que l'on me décerne un peu partout dans le monde — (Antoine Bello, Scherbius (et moi), Gallimard, p. 335)
-
trouver
?- Rencontrer la personne ou la chose que l’on cherche.
- Deux autres voyageurs se trouvant logés à la même enseigne que moi, nous allons trouver un loueur de voitures qui se charge de nous transporter à notre destination pour la somme de 13 pesetas; et, quelques minutes plus tard, nous sommes confortablement installés dans un léger véhicule attelé de deux bons chevaux qui ne tardent pas à rattraper et à dépasser le coche public. — (Frédéric Weisgerber, Huit jours à Ténériffe, dans la Revue générale des sciences pures et appliquées, Paris : Doin, 1905, volume 16, page 1039)
- Par bonheur, au bout d’un certain temps, il trouva une place de manipulateur au laboratoire d’Oustimovitch, professeur de physiologie à l’institut vétérinaire ; […]. — (E. Asratian, I. Pavlov : sa vie et son œuvre, page 11, Éditions en langues étrangères, Moscou, 1953)
- On dit que ces professionnelles ont des charmes secrets, […]; qu’un homme vicieux trouve en elles des partenaires expertes, aux impudeurs extraordinaires, aux habiles jeux de la débauche et de la lubricité. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
- D’après une étude réalisée en Côte d’Ivoire, dans les lieux où les éléphants avaient disparu depuis longtemps on ne trouvait plus de plants de certaines espèces forestières qu’ils ont coutume de disséminer (Alexandre, 1978). — (Yaa Ntiamoa Baidu, La faune sauvage et la sécurité alimentaire en Afrique, FAO, 1998, page 52)
- Les deux officiers avaient trouvé plusieurs clés USB, ainsi que trois disques durs externes et des brouillons de formules mathématiques, certainement le fruit des recherches du défunt chercheur. — (Mirabelle C. Vomscheid, Meurtres à la Pépinière, BoD/Books on Demand, 2014, chap. 20)
- Rencontrer par hasard.
- J’allais en ville, et sur le chemin j’ai trouvé ce petit chien.
- Parvenir à l'état ou à la situation que l'on souhaite.
- J'avais les membres roidis et ressentais une si pénible lassitude, que je restai longtemps sans pouvoir trouver le sommeil. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 94)
- Surprendre.
- On le trouva prêt à s’évader.
- Découvrir, inventer par un effort intellectuel.
- Trouver la solution d’un problème, le mot d’une énigme.
- Il a trouvé un beau sujet de poème.
- Newton a trouvé la loi de la gravitation.
- Remarquer ou reconnaître en quelqu’un ou en quelque chose une qualité bonne ou mauvaise.
- […] une décence qu’on ne trouve pas à ce point dans les campagnes où la trivialité est si commune. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 31)
- L’autre jour, en me promenant le long du ruisseau qui coule à l’Est du camp, je l’ai trouvé littéralement bloqué de charognes en putréfaction; […] — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 97)
- Estimer ; juger.
- On trouverait aujourd’hui étrange que des magistrats se missent à la tête de bandes armées, comme cela avait lieu à Rome durant les dernières années de la République. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VI, La moralité de la violence, 1908, page 275)
- L'Autriche déclarait en outre, qu’elle trouvait inadmissible que, dans l’article 3, les puissances se congratulassent de la signature de la paix entre la Prusse et le Danemarck, les hostilités ayant formellement repris. — (Eugène de Guichen, Les grandes questions européennes et la diplomatie des puissances sous la seconde république française, Paris : chez Victor Attinger, 1929, page 112)
- Ah ! digne Corse que tu es ! Chez vous, vous vous régalez de merles et ici tu trouves détestable un gibier qui vaut bien mieux. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Se donner le moyen, obtenir l’occasion de.
- trouver à — Note d’usage : Il est alors suivi d'un verbe à l'infinitif
- Cet avoué trouve enfin à se défaire de son étude.
- Cette jeune fille doit trouver facilement à se marier.
- (Pronominal) Se rencontrer en un lieu, y être, en parlant des personnes et des choses.
- Près du hameau de Bellevillotte se trouvait un dolmen dit la Pierre-couverte, dont les supports seuls restent en place. — (Dictionnaire archéologique de la Gaule: époque celtique, publié par la commission instituée au Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, tome 1 (A - G), Paris : Imprimerie nationale, 1875, page 186)
- Autour de ce poêle se trouvaient un vieillard sur une chaise et, sur des escabeaux, trois individus pensifs et mal vêtus. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- La route passe devant le cimetière où se trouvent toutes les tombes des premiers travailleurs français du canal victimes de la terrible fièvre jaune. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Nous nous sommes trouvés nez à nez sur le boulevard.
- Impersonnellement :
- Il se trouva un homme assez hardi pour lui dire la vérité.
- Lorsque nous croyions finir cette affaire, il se trouva qu’on y mit de nouveaux obstacles.
- (Pronominal) (Sens figuré) Être en situation de ; être en état de ; en parlant d’une personne ou d’une chose.
- Ailleurs, elles relèvent leur châle sur leur tête, et se trouvent toutes drapées pour un peintre. — (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, vol.2, 1866)
- Le secours allait venir aux révisionnistes du côté où on l’attendait le moins. Une pièce du dossier secret, deux fois rendue publique, se trouva être un faux. — (Jean Roget, L’affaire Dryfus, page 61, Action française, 1925)
- J’avais été beaucoup plus rarement bombardé du haut des airs, et je me trouvai, devant ce danger-là, presque aussi béjaune que mes conscrits. — (Marc Bloch, L’étrange défaite : La déposition d’un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, page 86)
- Mais aussi parce que nous nous trouvons à la veille d’une tragédie. L’angoisse monte, celle de perdre nos proches, ou simplement celle de mourir. — (Michel Eltchaninoff, « Carnet de la drôle de guerre », dans la newsletter du 21/03/220 de Philosophie Magazine)
-
amitié
?- Sentiment réciproque qui engage deux personnes l'une envers l'autre.
- Une des choses les plus recommandées au séminaire était d’éviter « les amitiés particulières ». De telles amitiés étaient présentées comme un vol fait à la communauté. Cette règle m’est restée très profondément gravée dans l’esprit. J’ai peu encouragé l’amitié ; j’ai fait peu de chose pour mes amis, et ils ont fait peu de chose pour moi. Une des idées que j’ai le plus souvent à combattre, c’est que l’amitié, comme on l’entend d’ordinaire, est une injustice, une erreur, qui ne vous permet de voir que les qualités d’un seul et vous ferme les yeux sur les qualités d’autres personnes plus dignes peut-être de votre sympathie. Je me dis quelquefois, selon les idées de mes anciens maîtres, que l’amitié est un larcin fait à la société humaine et que, dans un monde supérieur, l’amitié disparaîtrait. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 205.)
- L'admiration se transforme en amitié. Pacaud sera loyal à Laurier toute sa vie. Ce dernier lui rendra la pareille. — (Louis-Guy Lemieux, Le roman du Soleil: un journal dans son siècle, Les éditions du Septentrion, 1997, page 49)
- Une amitié se mesure surtout à celles qu’elle rend superflues. — (Maurice G. Dantec, Le théâtre des opérations : Journal métaphysique et polémique 1999, Paris, Éditions Gallimard, 2000)
- L'amitié, c'est une question de sentiment, non pas de fréquence. — (Edgar Fruitier, Mémoires, propos recueillis par Jean Faucher, éd. Québec Amérique, 2009, p. 137)
- En un mot comme en cent, l’amitié se monnaye-t-elle ? Donne-t-elle lieu à une sorte d'échange marchand ? Pourquoi dit-on parfois qu'un bon ami n’a pas de prix ? Est-ce donc qu'il est hors de prix ou alors qu'il vaut trois francs six sous ? — (Bertrand Betsch, Depuis la chambre, Les éditions La Matière noire, 2015)
- Faut-il en conclure que la plurivocité de l’amitié est du même type que celle du bon ? Non, car les deux ne se recouvrent pas : la plurivocité du bon s'étend au-delà de ces trois sortes, dans des domaines où l’amitié n'est pas concernée. — (Annick Stevens, L'ontologie d'Aristote au carrefour du logique et du réel, Librairie J. Vrin, 2000, page 113)
- Il n’y a guère de véritable amitié qu’entre égaux.
- Le prince l’honore de son amitié.
- Il y a peu d’amitiés qui puissent résister à cette épreuve. On dit de même
- Il y a paix et amitié entre ces deux nations, entre ces deux puissances, etc.
- (Familier) Bon office ; service.
- Et vous, mon hôte, faites-moi l’amitié de me montrer le chemin de ma chambre. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VII)
- L'intendant reçut les deux visiteurs avec la même amitié que chacun témoignait à la femme, et la même déférence que tous paraissaient accorder au jeune homme. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chap.1)
- Affection que certains animaux ont pour les êtres humains.
- Ce chien a de l’amitié pour son maître.
- (Vieux français, français classique au pluriel) Paroles obligeantes, qui marquent de l’affection.
- Il m’a fait des amitiés.
- Il m’a fait mille amitiés.
- Faites-lui mes amitiés.
- Je m'assis et écrivis une lettre cordiale: monsieur Saito se réjouissait à l'idée de jouer au golf le dimanche suivant avec monsieur Johnson et lui envoyait ses amitiés. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 10)
- On dit quelquefois avec le singulier, dans la même acception, faire amitié à quelqu’un.
- Il m’a fait amitié en cette occasion.
-
complicité
?- (Droit) Participation au délit ou au crime d’un autre.
- […]; mais le Bureau de Santé était implacable et livrait sans merci aux autorités administratives et judiciaires ceux qui débarquaient clandestinement, avec la complicité des terriens, des marchandises suspectes ; […]. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, page 93, éd. Honoré Champion, 1925)
- Le législateur canonique intervient aussi pour réprimer le rapt ; le Concile de Chalcédoine de 451 (canon 27) dépose les clercs coupables de complicité de rapt et excommunie les laïques dans ces cas. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l'Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e éd., 1956, p.93)
- Le trabendo mafieux ne peut pas fonctionner sans la complicité active et grassement rétribuée de certains responsables. — (Kerroum Achir, Nassima, page 118, 1997)
- Ahurissant : on la juge pour la complicité dans des crimes abominables, et Monique Olivier se dépeint en ménagère effacée, régalant son tyran de mari de cacasse à cul nu et de tarte au sucre. — (Stéphane Durand-Souffland, Frissons d'assises: L'instant où le procès bascule, Denoël, 2012)
- Combien de fois des Maliens humbles ont été dépossédés de leurs biens en plein midi au profit de richissimes hommes d’affaires aux « bras longs » avec la complicité de juges véreux ? . — (A. M. T., Il faut le dire : Doux rêve !, sur le site BamaNet (http:/ /bamanet.net), 28 septembre 2009)
- (Sens figuré) Lien d'intelligence entre deux personnes. La complicité, c’est se comprendre, rire ensemble d’un simple regard et surtout évoluer dans un véritable respect mutuel.
- Il a une grande complicité avec son épouse.
-
consacrer
?- (Religion) Dédier à Dieu, à une divinité, à un saint, avec certaines cérémonies.
- L’église est consacrée, son nom le dit assez, à saint Nicolas, évêque de Myre, patron des enfants et patron de la Lorraine. — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923)
- Le 19 septembre de l’an 1846, la Vierge s’était montrée à deux enfants sur une montagne, un samedi, le jour qui lui était consacré et qui était, cette année, un jour de pénitence, à cause des Quatre-Temps. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- (Religion) Donner, dévouer à Dieu, sans observer aucune cérémonie particulière.
- Après soixante heures de traversée, nous jetons l'ancre devant Thorshavn, capitale des Féroë. […]. Les Féroésiens l’ont consacrée à Thor : de tous les dieux de l'ancienne mythologie scandinave, Thor est celui qui a la vie la plus dure. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 31)
- Après tant de temps donné au monde, il a consacré le reste de ses jours à Dieu.
- (Sens figuré) Dévouer, destiner ou employer quelque chose à un certain usage.
- Louis Pasteur, dont la vie exemplaire a été consacrée au service de l’humanité, fut ce savant modeste, parfois incompris, qui a fécondé par ses travaux de nombreuses branches de l’art de guérir. — (Pierre Chanlaine, Pasteur et ses découvertes, 1966)
- Aux vacances de l’année suivante, j’appris que cette belle à peine entrevue était consacrée par sa famille à la vie religieuse. — (Gérard de Nerval, « Sylvie », in Les Filles du feu, 1854)
- La Centre de Documentation du C.N.R.S. publie mensuellement un « BULLETIN SIGNALÉTIQUE » en plusieurs fascicules […].Quatre fascicules d'entre eux sont consacrés à la Philosophie et aux Sciences Humaines et paraissent trimestriellement. — (Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, 36e année : 1961, Paris : Librairie J. Vrin, 1962, Notice du CNRS, non paginée (328e page))
- (En particulier) Employer son temps à une action.
- Oui, comme par hasard, c’est le seul auteur dont nous n’ayons rien brûlé, et, comme par hasard, c’est aussi celui auquel vous avez consacré votre thèse de doctorat. — (Amélie Nothomb, Les Combustibles, Paris : chez Albin Michel, 1994)
- Il peut-être intéressant de noter que l’architecte naval norvégien Colin Archer (1832-1921) consacra sa vie à dessiner et construire des "cutters". — (Freddy Philips et Jacques Leblanc, Voiliers-pilotes des Bancs de Flandres, Éditions du Gerfaut, 2004, page 78)
- Vous vous consacrez à votre famille. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 19 septembre 2022, page 13)
- (Religion) Rendre sacré, saint, vénérable.
- Ce lieu fut consacré par le sang des martyrs.
- (Par extension) Sanctionner ; rendre durable.
- Les Flamands, soucieux de protéger leur langue, l'ont pour leur part envisagé comme permettant aux autorités d'imposer la langue de Vondel, voire d'interdire l'usage d'une autre langue. Le principe du double unilinguisme a été consacré dans divers textes législatifs et ensuite constitutionnels. — (Adèle Remiche et Laura Van den Eynde, La nouvelle procédure de nomination des bourgmestres des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise, dans La sixième réforme de l'État (2012-2013): Tournant historique ou soubresaut ordinaire, sous la direction de Joëlle Sautois & Marc Uyttendaele, Limal (Belgique) : éditions Anthémis, 2013)
- [Ce principe] est consacré par l’article L.311-5 du code des relations entre le public et l’administration, aux termes duquel les avis du Conseil d’État ne sont pas des documents administratifs communicables. — (Secrétariat général du gouvernement et Conseil d’État, Guide de légistique, 3e version, La Documentation française, 2017, ISBN 978-2-11-145578-8 → lire en ligne)
- Un monument fut élevé pour consacrer le souvenir de cette victoire. - Une gloire que les siècles ont consacrée. - Les erreurs, les préjugés que le temps consacre.
- (En particulier) Adopter, rendre constant par l’usage en parlant des mots, des locutions.
- Il eut même cette bonne fortune d’inventer à plusieurs reprises un de ces vocables essentiellement parisiens que la mode consacre pendant quelques mois et qui reçoivent toujours l’accueil le plus enthousiaste […] — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Gavinard)
- Cette expression est consacrée par l’usage. - C’est le terme consacré.
- (Théologie) Déterminer le sens d’un mot, de manière qu’il ne puisse être pris dans une autre signification.
- L’église a consacré ce mot.
- (En particulier) (Rite chrétien) Prononcer les paroles sacramentelles en vertu desquelles le pain et le vin sont changés en corps et sang de Jésus-Christ, en parlant du prêtre.
- Le prêtre consacra autant d’hosties qu’il y avait de communiants. - Hostie consacrée.
-
flatter
?- Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire, d’exploiter.
- Et tous de le flatter, et de l’entourer d’une cour dont il ne peut être dupe, mais dont se gonfle sa vanité. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent.
- Elle aime à s’entendre flatter.
- (Absolument) Il ne sait point flatter.
- Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts de quelqu’un, leur donner son approbation, des louanges.
- Comment l’amant prime-t-il sur le mari? moins par la passion, le plus souvent, que par l’assiduité et la complaisance, en flattant la fantaisie. — (Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, page 83)
- Cet orateur flattait les passions de la multitude.
- Il flatte jusqu’aux caprices du prince.
- Il flatte tous ses goûts.
- (Par analogie) Dépeindre, représenter une personne plus belle qu’elle n’est.
- Le peintre l’a un peu flattée.
- Portrait flatté, portrait où la personne est peinte en beau.
- Flatter une personne, en faire de vive voix ou par écrit un portrait flatté, en dire plus de bien qu’elle ne mérite.
- Vous nous l’avez représenté comme un homme de beaucoup d’esprit, ne l’avez-vous point flatté ?
- Il a fait de ce ministre un portrait qui n’est point flatté.
- Caresser.
- Les femmes « youyoutèrent » à gorge déployée, et nous échangeâmes congratulations et compliments, l’un flattant l’encolure du mulet, notre héros, l’autre exagérant les mérites du conducteur bédouin, […]. — (Évelyne Berriot-Salvadore, La Méditerranée et ses cultures, Éd. du Cerf,, 1992, page 184)
- Une musique qui flatte l’oreille.
- Un spectacle qui flatte les yeux.
- Ils voudraient que la société ressemble à un gros Justinland, un royaume pastel peuplé de licornes gentilles qui suintent des étoiles quand on les flatte. — (Richard Martineau, Français : les lapins s’en tapent, Le Journal de Montréal, 17 novembre 2020)
- Entrer dans les vues, partager les sentiments de quelqu’un.
- Flatter la peine, les ennuis, la douleur, le chagrin de quelqu’un.
- Flatter les manies, la folie de quelqu’un.
- Flatter quelqu’un de quelque chose, Lui faire espérer quelque chose, l’amuser de l’espérance de quelque chose.
- Il y a longtemps qu’on le flatte de cette espérance.
- Causer un vif plaisir, une grande satisfaction.
- Voilà qui est bien capable de flatter le cœur d’une mère.
- Une telle préférence me flatte et m’honore.
- Flatter l’orgueil, la vanité, l’ambition, les désirs, les espérances.
- Ce petit succès a flatté son amour-propre.
- Tout flatte vos désirs, votre ambition.
- Voici un événement qui flatte mes espérances.
- (Pronominal) Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc.
- C’est un homme vain qui se flatte toujours.
- Il est ridicule de se flatter.
- Je ne me flatte point, je connais mes défauts.
- Je puis dire, sans me flatter, que j’ai raison.
- (Pronominal) S’entretenir dans l’espérance, s’amuser de l’espérance de quelque chose, prétendre, espérer à tort ou à raison.
- D’abord Mme Brochard fit quelque résistance. Elle s’était flattée qu’Hélène épouserait un avocat, ou un notaire, ou un officier de cavalerie, car son éducation avait été soignée par les demoiselles Hermeline qui tenaient une pension très bien. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 23)
- Il se flattait de ne croire à Dieu ni diable. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 178)
- Chaque coup m’abrutissait davantage mais en même temps me raffermissait dans ma décision : ne pas céder à ces brutes qui se flattaient d’être les émules de la Gestapo. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- Elle s’était flattée de réussir.
- Il se flatte qu’on aura besoin de lui.
- J’y parviendrai, je m’en flatte.
- Il se flatte que vous approuverez sa conduite.
- Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.
-
utiliser
?- Tirer de l’utilité de ; tirer parti de.
- Sans cesse sur le pont, ajustant les écoutes de mes voiles pour en obtenir le meilleur rendement, utilisant chaque souffle de vent, j'avais réussi à conserver la vitesse d'à peu près un nœud. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Les producteurs n’utilisent aucun produit chimique et emploient comme engrais du fumier, de l’écalure de café et du tourteau de ricin. — (Études rurales : Cafés et caféiers : Singularités et universalité d'une production mondialisée, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, n°180, juillet-décembre 2007, page 225)
- Rendre quelque chose utile ou s’en servir dans un but précis.
- Nous insistons sur les possibilités multi-plateformes de Python et présentons les bases pour étendre Python et l'intégrer dans d'autres applications en utilisant C ou Java. — (Alex Martelli, Python en concentré, traduit par Éric Jacoboni, Paris : éditions O’Reilly, janvier 2004, page XI)
- Peu d’artisanes égyptiennes commercialisent elles-mêmes leurs produits par Internet. Même le téléphone portable est rarement utilisé par les femmes pour leur commerce. — (Leila Hassanin, « Le dilemme des artisanes égyptiennes face à la demande des marchés actuels », chapitre 5 de: Les Africaines et les TIC: Enquête Sur les Technologies, la Question de genre et autonomisation, sous la direction de Ineke Buskens et Anne Webb, traduit de l’anglais par Geneviève Deschamps, CRDI/IDRC, Presses de l’Université Laval, 2011, page 70)
-
valider
?- Rendre valide ou déclarer valide.
- Le 13 mai 1781, treize signataires valident la première nomination d’un « collecteur des deniers pour la confection de la grand’route ». — (Antoine Follain, Le village sous l’Ancien Régime, Fayard, 2008)
- Or, il est constant que la loi romaine autorisait, validait ces unions contractées par suite du divorce. — (Jacques-Pierre-Joseph Lesurre, De la juridiction de l’église sur le contrat de mariage considéré comme matière su sacrement, Lyon : Perisse frères, 1836, 2e éd., page 67)
- Une étude récente a démontré que les chances de valider son billet de train dès la première introduction dans le composteur sont de 1 sur 200 000 […]. — (Pascal Fioretto, Petit dictionnaire énervé de nos vies de cons, Paris : Éditions de l'Opportun, 2011)
- […], vous désarmiez des critiques qui ne nous avaient guère épargnés au départ, […] lesquels ne s’attendaient sans doute pas à ce que vous validassiez ainsi des choix qui au départ étaient loin d’être assurés du succès. — (Jean Chesneaux, L'engagement des intellectuels : 1944-2004, Éditions Privat, 2004, page 44)
- Ensuite, si ces Églises eussent voulu contester l’œcuménicité du concile jusqu’à leur réunion, elles auraient exigé que tout ce qui avait été fait jusque-là, fût recommencé, ou, tout au moins, qu’elles le confirmassent, et le validassent par une approbation formelle, […]. — (César-Guillaume de La Luzerne, Sur la Déclaration de l’Assemblée du Clergé de la France en 1682, Paris : Potey, 1821, page 398)
- (Moderne) (Management) Confirmer.
- À côté des verbes irréguliers, s’est constituée depuis les années 1980 une nouvelle famille, celle des verbes laids. Sont apparus valider, checker, initier, générer, impacter. Ils font autorité plus qu’ils ne signifient. Ils attestent de l’appartenance du locuteur à la sphère manageuriale. C’est un sabir qui se parle dans l’industrie, dans les services, dans les administrations, et demain, qui sait, dans les abbayes. — (Philippe Delaroche, Caïn et Abel avaient un frère, Éditions de l'Olivier / Le Seuil, 2000, page 23)
-
alimenter
?- Nourrir ; pourvoir des aliments nécessaires.
- Les provisions s’épuisèrent et l’équipage s’alimenta du produit de sa pêche. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 419 de l’édition de 1921)
- 3° - Après cette période, s'alimenter pendant une semaine à peu près de la manière suivante : a - le matin : une assiettée de potage Julienne ou un fruit avec une tasse de café ou de thé peu sucré. — (Docteur Pierre Vachet, Vivre mieux, rester jeune, éd. Grasset, 1958, 1975)
- (Par analogie) Pourvoir pour assurer le fonctionnement.
- Ce moulin donne son nom à un ruisseau qui alimente les moulins à blé de Suzy, de Maneux, de Tervannes et de Barthel et se jette dans l’Ailette à Suzy, après avoir fait la séparation des territoires d’Anizy-le-Château, de Lizy et de Wissignicourt. — (Auguste Matton, Dictionnaire topographique du département de l'Aisne, Imprimerie nationale, 1871, p. 18)
- Un groupe de trois générateurs dont un fournit la vapeur nécessaire au réchauffage de l'air dans les locomoteurs et dont les deux autres alimentent le chauffage de la gare et la bouillotterie pour le chauffage des trains. — (Revue générale des chemins de fer, éd. Dunod, 1900, vol. 23, part. 2, p. 534)
- Aucune classe d'hommes n’alimenta de plus de victimes les bûchers du moyen âge. Les Vaudois d’Arras eurent leurs martyrs, comme ceux de Lyon. — (Jules Michelet, Tableau de la France, dans le vol.2 de Histoire de France, Hetzel, 1831 — éd. Paris : Les Belles Lettres & Offenbourg/Mayence : Lehrmittel, 1947, p.65)
- Un aqueduc du IIe siècle, long de 3 km amenait l’eau de la fontaine Bonnet pour alimenter des thermes gallo-romains, situés à un carrefour des voies antiques près de l’actuel presbytère d’Arthon. — (Le Petit Futé Loire-Atlantique 2012-2013, p.119)
- Aussi, pour alimenter d’hommes ses casernes, pour donner des valets aux officiers, des tueurs à la société bourgeoise, Napoléon, organisateur du despotisme en France, imagina le service obligatoire, les armées permanentes ignorées jusqu’à lui. — (Laurent Tailhade, Discours pour la Paix, Lettre aux conscrits, L’Idée libre, 1928, p. 21-30)
- (Sens figuré) Entretenir quelque chose.
- Ces matières alimentaient l’incendie.
- Les journaux et les magazines qui alimentaient les cerveaux américains (car les livres, sur ce continent impatient, n’intéressaient plus que les collectionneurs) devinrent instantanément un feu d’artifice […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 212 de l’édition de 1921)
- La société Cockerill tenait à alimenter les hauts fourneaux de son usine de Rehon, dans le bassin lorrain, de manière optimale. — (Alain Schärlig, Décider sur plusieurs critères, 1985)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.