Dictionnaire des rimes
Les rimes en : rocquer
Que signifie "rocquer" ?
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- (Échecs) Autre orthographe de roquer.
- Le roi, en rocquant, ne doit sauter que deux cases, c'est à-dire, que la tour avec laquelle il rocque, se mettra sur la case attenant immédiatement au roi, et celui-ci, sautant par dessus, se placera de l'autre côté de la tour. Le roi ne peut pas rocquer étant en échec, ni lorsqu'il a remué, ni lorsqu'il essuierait un échec en passant, ni avec une tour qui aurait remué de sa place; et si dans un de ces quatre cas on jouait le roi et la tour pour rocquer, l'adversaire a le choix de faire jouer le roi ou la tour. — (Hilaire Le Gai, Almanach des jeux : Académie nouvelle, Paris : Passard, 1853, page 168)
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "rocquer".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
chevalier
?- Noble, chevaleresque.
- Avoir une âme chevalière.
- cette race de grâce, cette race de sainteté si particulière, si chevalière, si généreuse, si libérale, si française. — (Charles Péguy, Victor-Marie, Comte Hugo, 1910)
- Cavalier.
- Au fond, Gringoire, comme M. Despréaux, était « très peu voluptueux ». Il n’était pas de cette espèce chevalière et mousquetaire qui prend les jeunes filles d’assaut. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, Librairie Ollendorff, 1904 (1re édition 1832), page 79)
-
pouvais
?- Première personne du singulier de l’imparfait de l’indicatif de pouvoir.
- Je n’ai pas repris ma vie avec Rosemond pour deux raisons : la première, parce que le mariage a été cassé pour non-consommation, coups et blessures devant témoins et que je ne pouvais même pas la réépouser. — (Gilbert Pineau, Le déclic, 1970, chapitre XIII)
- Deuxième personne du singulier de l’imparfait de l’indicatif de pouvoir.
-
bouquet
?- Assemblage de fleurs coupées et serrées les unes contre les autres.
- Avec Christine Conforti, elles ont transmis à leurs clients leur passion pour la création florale et les beaux bouquets ! — (Saint-Cloud magazine, n° 402, janvier 2023, page 27)
- Il était allé lui cueillir un bouquet de coucous pour mettre au pied de la statue de la Vierge qui trônait sur un vieux confiturier reconverti en fourre-tout de laines et de tissus où elle puisait pour occuper ses doigts. — (Élise Fischer, Le Rêve de la Grenouille : une enfance lorraine, Paris : Presses de la Cité, 2011, chapitre 9)
- (Cuisine) Petit faisceau de plantes aromatiques culinaires.
- Piquez votre foie de veau de gros lard assaisonné; foncez une braisière de bardes de lard; mettez-y le foie avec des carottes, un bouquet garni, des oignons, […]. — (Alexandre Dumas, Grand dictionnaire de cuisine, Paris : Alphonse Lemerre, 1873, page 565)
- Ensemble d’arbres formant un bosquet.
- Et tout à coup, l’église, qui, en face de moi, montrait son toit gauchi et sa vieille tour d’ardoise, mal d’aplomb au-dessus d’un bouquet d’acacias et de marronniers roses, les cloches tintèrent. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
- […] c’étaient de hautes falaises rocheuses, des cascades et de larges fleuves bouillonnants et désolés, des bouquets d’arbres et des fourrés de plus en plus rabougris. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 265-266 de l’édition de 1921)
- (En particulier) (Foresterie) Peuplement de moins de 50 ares.
- Toutefois, compte tenu du caractère plutôt héliophile des chênes, tant sessile que pédonculé, il se peut que la structure des peuplements s’organise naturellement en bouquets (notamment sur sol acide). — (Thierry Sardin, Chênaies continentales, Office national des forêts, 2008, ISBN 978-2-84207-321-3 → lire en ligne)
- (Par extension) Assemblage de choses liées ou qui tiennent naturellement l’une avec l’autre.
- Un bouquet de plumes, de cerises, etc.
- Mais la plus forte tête du salon jaune était à coup sûr le commandant Sicardot, le beau-père d’Aristide. Taillé en Hercule, le visage rouge brique, couturé et planté de bouquets de poil gris, il comptait parmi les plus glorieuses ganaches de la grande armée. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. III ; réédition 1879, page 93)
- Aujourd’hui, l’utilisation de la voiture est tellement satisfaisante qu’aucune offre de transport en commun, aussi performante soit-elle, n’entraînera nécessairement un report. Il est nécessaire de développer un bouquet de services de mobilité beaucoup plus divers. — (Laetitia Van Eeckhout, Quelles alternatives à la voiture individuelle, hors des villes ?, Le Monde. Mis en ligne le 9 novembre 2018)
- (Pyrotechnie) Paquet de différentes pièces d’artifice qui partent ensemble.
- Il la pénétrait bestialement, dans une hébétude sensuelle qui n’atteignait à la lucidité qu’à la minute où l’on voit, par une nuit d’été, la fusée d’un feu d’artifice fondre en un riche bouquet d’étoiles pâmées qui retombent au néant. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 58)
- Une à une les fusées partirent, les belles bleues, celles à trois étages et celles qui gardent un instant leurs fleurs éteintes. Puis le bouquet, la fontaine d’argent et la mitraillade finale. — (Daniel Boulanger, Le chemin des caracoles, Laffont, 1966, réédition Le Livre de Poche, page 86)
- (Sens figuré) (Familier) Ce qu’il y a de mieux et qui a été réservé pour la fin dans un récit, une fête…
- Je réservais cela pour le bouquet.
- (Ironique) Désagrément qui vient s’ajouter à une série de mauvaises nouvelles.
- Et j’en passe. Le bouquet, c’est l’énumération de mes récentes tentatives d’extorsion de fonds. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 207)
- C’est le bouquet !
- (Cuisine, Œnologie) Sensation olfactive parvenant à la cavité nasale par l’arrière, depuis la gorge. Parfum qui distingue certaines qualités de vin.
- Dans son bouquet tertiaire apparaîtront des arômes suaves de kumquat confit, de fruit de la passion, d’épices douces et d’amande grillée, toujours sur le fond citronné ma foi assagi. — (Muriel Proust de la Gironière, 250 réponses aux questions d'un amateur de vin, Éditions du Gerfaut, 2007, page 210)
- (Vieilli) (Sens figuré) Petit texte en vers adressé à une personne le jour de son anniversaire.
- Envoyer un bouquet à une jeune personne.
- (Droit) Capital versé par l’acheteur dans le cadre d’une rente viagère.
- Le jeune couple ignorerait longtemps que, pour faire partir la vieille dame dans une maison de retraite, les Bioni lui avaient lâché un important bouquet par-dessous la table. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 171)
- Tout le bouquet de la rente viagère s’était fané dans cette prodigalité musicale. — (Pierre Magnan, L’arbre, Denoël, 1992)
-
changer
?- (Intransitif) Devenir autre.
- Plus ça change, plus c'est la même chose. — (Alphonse Karr, Les Guêpes, janvier 1849)
- Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change. — (Guiseppedi Tomasi di Lampedusa, Le Guépard, 1958)
- L’attitude de l’occupant vis-à-vis de l’occupé évolue aussi. Elle change même du tout au tout. La poigne de fer de l’hitlérisme, relâchée les premiers mois, se resserre brutalement. — (Robert Bailly, Les feuilles tombèrent en avril, Paris, Éditions sociales, 1977)
- Choisir un roi jeune, beau et bien portant n'empêchait pas qu'il vieillît, enlaidît, tombât malade, ni qu'il perdît ses vertus, ses qualités morales – bref, qu'il changeât et cessât d'être adéquat. — (Jean-Paul Roux, >Le Roi: Mythes et symboles, Fayard, 1995)
- Il dégèlera si le vent change.
- Son visage a bien changé.
- (Sens figuré) Vos sentiments ont bien changé, sont bien changés.
- Comme tout est changé!
- Changer en bien.
- S’il est honnête homme, il a bien changé.
- Ce jeune homme est changé à son avantage.
- (Intransitif) Avoir de l’inconstance dans ses projets, ses goûts, ses affections, en parlant d’une personne.
- C’est un homme qui change aisément, on ne peut se fier à lui.
- Aimer à changer.
- Un amant jure de ne jamais changer.
- (Transitif) Échanger une chose contre une autre.
- Quand Napoléon III fut empoigné à Boulogne pour avoir donné une seconde représentation du débarquement à Cannes, on le jeta au cachot et on l'emmena à Paris sans lui donner le temps de changer de chemise. — (Arsène Houssaye, Les Confessions, tome IV : Souvenirs d'un demi-siècle 1830-1880, tome 4, Paris : chez E. Dentu, 1885-1891, chap. 4)
- Au Tchad, nous changerons nos chevaux de réquisition (qui sont d’insignes rosses) et nos bêtes de somme contre des chameaux pour continuer notre route dans la zone désertique d'Agadem. — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 23)
- Il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. — (Francis Blanche, Les Pensées de Francis Blanche, Le Cherche Midi , 2011)
- (Absolument) Je ne veux pas changer avec lui.
- (Transitif) Remplacer une personne ou une chose par une autre.
- Ce rappel à la réalité quotidienne et aux occupations usuelles change momentanément le cours de mes pensées. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Cet intérieur de célibataire, tout de même, ça manquait de ménage. Cette table de bois nu, jamais lessivée sans doute, et ce papier des murs méritait d’être changé. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Si l'on suit les magazines de mode, la garde-robe de la fashion victim devrait changer toutes les semaines en passant d'un extrême à un autre, du rose au bleu canard qui seront complètement démodés dans un mois. — (Bénédicte Régimont, La very stylish girl, Éditions Open Way, 2005)
- (Transitif) Rendre une personne ou une chose différente de ce qu’elle était, transformer, modifier.
- La tentation d’être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l’exerce ; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société ; la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 235)
- Changer sa manière de vivre.
- On a changé l’ordre.
- Il a changé toute sa maison.
- Cet événement allait changer la face des affaires.
- Rien ne peut changer les lois de la nature.
- Cela ne change rien à mes résolutions.
- (Transitif) (Par hyperbole) Devenir méconnaissable.
- Cet homme est changé, bien changé, changé à ne pas le reconnaître : Il a le visage bien changé, soit par l’âge, soit par la maladie.
- (Sens figuré) Il a changé entièrement de mœurs et de conduite.
- Remplacer des vêtements ou du linge par d’autres.
- Changer d’habit, de chemise, de linge.
-
épais
?- Qui a une certaine mesure dans la dimension transversale.
- La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Parent.)
- Les pailles, dont les couches épaisses recouvraient entièrement le sol de la cour, se doraient peu à peu d’un jaune pâle sous la lueur grandissante du crépuscule. — (Jules Case, La Fille à Blanchard, 1886)
- Le pain à mie compacte et bise, à la croûte épaisse couleur de couque, sent la farine honnête. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Les petits coups de freins de Chak et l’épais tapis de neige se conjuguèrent pour ralentir le camion, et ce fut quasiment au pas qu'il s'engagea dans l'ouverture. — (Pierre Bordage, Les Derniers Hommes, épisode 3 : Les légions de l'Apocalypse, éd. Au Diable Vauvert, 2010)
- Fort, solide.
- Drap épais. Étoffe épaisse.
- Langue épaisse — (Par extension) langue pâteuse, lourde, articulant difficilement.
- Taille épaisse — taille grosse, peu élégante.
- Cheval épais — cheval gros, lourd, sans élégance.
- Nombreux, serré, touffu.
- Des cheveux épais. Les bois épais. D’épais bataillons.
- J’ai craint que de ces bois l’épaisse solitudeNe cachât un ramas de brigands révoltés. — (Ducis, Lear, I, 1)
- Tissure épaisse — (Pêche) tissure d’un filet à mailles serrées.
- Qui a une grande consistance ou une grande densité.
- Mais, ô malheur! le vent saute au sud-ouest et nous enveloppe d'un brouillard épais. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 39)
- Le 22 Août, la marche vers le Nord devait être continuée. Mais un épais brouillard couvrait le sol empêchant les reconnaissances. — (Colonel-commandant Gelbert, Historique du 8e Régiment de Chasseurs : Campagne 1914-1918, Luxeuil : chez A.-F. Faivre d'Arcier, s.d (vers 1920), page 5)
- […] cette liqueur épaisseMêle du sang de l’hydre avec celui de Nesse. — (Pierre Corneille, Médée, IV, 2.)
- Une épaisse vapeur s’est du temple élevée. — (Pierre Corneille, Oed., II, 3.)
- Ils l’ont enveloppé d’une épaisse fumée. — (Pierre Corneille, Tois. d’or, v, 2.)
- Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne ? — (Jean Racine, Andr., V, 5.)
- Climats qu’un ciel épais ne couvre que d’orages. — (Voltaire, Orphel., I, 1.)
- (Sens figuré) (Littéraire) Lourd ; grossier ; lent à comprendre.
- De ces cervelles fines, la plus fine était la petite Brulette, emmi les filles, et des plus épaisses, la plus épaisse paraissait celle de Joseph, emmi les garçons. — (George Sand, Les Maitres sonneurs, Londres : George Bell & Sons (Les Classiques Français Illustrés, publiés sous la direction de Daniel O’Connor), 1908, p.4)
- Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais. — (Louis de Rouvroy, 4, 64.)
- Les Béotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu’ils pouvaient aux affaires générales. — (Montesquieu, Rom. 5.)
- Et la grosse gaieté de l’épaisse opulence. — (Jean-Baptiste Louis Gresset, Méch., II, 3.)
- (Québec) (Courant) (Familier) Imbécile. → voir épais dans le plus mince
- Pompidou, Baudouin, Trudeau sont corrects. Ils ne veulent rien changer ; ils sont contents que nous restions épais comme nous sommes. — (Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, p. 16)
- Dans un groupe, tu prends les décisions à cinq. Tu fais des gaffes à cinq, tu dis des niaiseries à cinq, quand un a l’air d’un épais, y’en a cinq qui ont l’air épais. — (Voir, 30 mars 2006)
- (Botanique) Se dit de toutes les parties dont l’épaisseur, comparée à celles d’organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.
-
sembler
?- Paraître avoir une certaine qualité ou une certaine manière d’être ; avoir l’air, l’apparence.
- L’administration romaine était extrêmement dure pour tout homme qui lui semblait susceptible de troubler la tranquillité publique. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VI, La Moralité de la violence, 1908, page 260)
- La mort fauche. Elle fauche à tort et à travers. Peu lui importe. Ceux qu’elle a visés, elle va les chercher là où ils semblent le plus en sécurité. — (Jacques Mortane, La Guerre des airs : Traqués par l’ennemi, Baudinière, 1929, page 40)
- Il est vrai que les hannetons et les chauves-souris, par exemple, ont une façon de voler qui nous semble déraisonnable ; mais elle ne le semble ainsi qu’à nous autres dont ce n’est pas la fonction de voler. — (Franc-Nohain, Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
- La vitesse de circulation de la monnaie croissait ainsi de jour en jour et sa répudiation définitive semblait devoir être prochaine. — (Wilfrid Baumgartner, Le Rentenmark (15 octobre 1923 - 11 octobre 1924), Presses universitaires de France, 1925 (réimpression 2e édition revue), page 93)
- Pour lui, faire des achats représentait toujours une corvée, et même plus que cela, mais Emma et Lucy, elles, semblaient heureuses comme des poissons dans l’eau. — (Carol Arens, Pour l'amour d'un hors-la-loi, traduit de l'anglais par Jacques Cezanne, éditions Harlequin, 2012, 2013, chapitre 4)
- (Impersonnel) Être apparemment, du point de vue de quelqu’un.
- « Quand j’étais, ce me semble, dans l’état que je joue, personne ne faisait plus de bruit au café Charpentier. » — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Il semblerait donc que le plus grand désordre doive régner dans le tapis végétal. Il en est bien ainsi dans les régions de végétation luxuriante. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 100)
- Que vous semble-t-il de ce tableau ?
-
désactiver
?- Arrêter une des fonctionnalités de quelque chose qui fonctionne.
- Aucune trace d’effraction, rien de forcé, pas d’empreintes digitales ni d'ADN étranger au personnel. Rien ! À croire que les types ont opéré en scaphandre. Et cerise sur le gâteau : l'alarme et les caméras étaient désactivées ce week-end. — (Jérémie Lebrunet, Alice et le Crédit solidaire, Éditions Destination Futur, 2013, partie 2)
-
imparfait
?- Qui n’est pas parfait.
- Je m'explique : tout croisement a pour objet de transformer une race imparfaite en une autre plus recommandable qu'elle , ou de créer une sous-race , participant en proportions diverses aux qualités de celles qui ont concouru à sa formation. — (Malingié-Nouel, Établissement pastoral de la Charmoise, dans Le Cultivateur, journal des progrès agricoles, de novembre 1839, page 661)
- Par avance, il sait ce qu'il trouvera d’imparfait, de médiocre, de mal, d'immuable, en dépit des conseils, des admonestations ou reproches qu'il prodigue et ressasse à chaque inspection. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Qui n’est pas achevé, pas complet ; qui manque de fini, grossier.
- Dans le monde actuel se trouvent l’amphioxus, l’animal vertébré dont l’organisme est le plus imparfait, et les lamproies, qui occupent le dernier rang parmi les poissons. — (Émile Blanchard, Revue des Deux Mondes, 1ier octobre 1874, page 612)
- Guérison imparfaite. Connaissance imparfaite.
- Imitation imparfaite.
- Dont un ou plusieurs éléments présentent des défauts, des imperfections.
- Mais de fut le comte de Chardonnet, […], qui fut véritablement le père de ce nouveau produit industriel. Celui-ci […] était imparfait; il était inflammable comme du coton-poudre dont il avait en quelque sorte l'origine, …. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
-
composer
?- Former un tout de l’assemblage de plusieurs parties, en parlant des choses physiques et des choses morales.
- Composer un remède avec divers ingrédients. - Toutes les pièces qui composent cette machine. - Composer un mot avec d’autres mots.
- Bientôt, je composai son numéro. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 18)
- (Imprimerie) Assembler les caractères pour en former des mots, des lignes et des pages.
- Composer un mot, une ligne, une page. - La feuille est composée, mais elle n’est pas tirée.
- Faire ou produire un ouvrage d’esprit.
- Car on n’entend que ces mots dans les conversations de Babylone ; on ne voit que des livres où il question du cœur et de l’esprit, composés par des gens qui n’ont ni de l’un ni de l’autre ; mais, de grâce, sire, poursuivez. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, 1748, chapitre XV : Les yeux bleus)
- Composer les plans et les dessins d’un palais, etc.
- (Absolument) Il a besoin d’être seul quand il compose.
- Composer avec soin, avec négligence.
- (Art, Littérature) Arranger, disposer, bien ou mal, un discours, un poème, un tableau, etc.
- Un livre bien composé.
- Ce tableau est mal composé.
- Il n’a pas su composer son livre.
- (Absolument) (Dans les écoles) Faire un devoir donné par le professeur pour le concours des places.
- Les écoliers qui composent pour les places, qui composent pour les prix.
- Composer en mathématiques, en grec, en thème, en version.
- (En particulier) (Musique) Produire un air, un chant, qui sera destiné à être exécuté.
- De ces leçons, de ces efforts, il en était résulté ce phénomène, assez ordinaire chez les natures poussées par la vocation, que, sans le savoir, Modeste composait, comme on peut composer sans connaître l’harmonie, des cantilènes purement mélodiques. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- (Absolument) — — Tenez, voilà une chanson que j'ai écrite il y a trois ans. Un peu de romance sentimentale, ça ne saurait faire de mal à personne. Je ne compose que quand je suis saoul. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- (Par extension) Utiliser un instrument de musique pour créer de la musique.
- Composer sur le piano, au violon, etc.,
- (Vieilli) Préparer, arranger son apparence, selon l’état où l’on veut paraître, selon l’effet que l’on veut produire.
- Composer sa mine, son geste, sa contenance, son visage, ses actions, etc. - Ils n’avaient pas eu le temps de composer leur visage et leur maintien.
- Ils composèrent leur visage sur celui de leur chef.
- Se composer un visage, un maintien.
- Il faut savoir se composer selon le temps, selon les lieux.
- - Ayez soin de vous composer lorsque vous serez devant lui.
- (Sens figuré) (Intransitif) S’accommoder, s’accorder sur quelque différend, en traiter à l’amiable.
- Composer d’une somme qui est due.
- Composer de ses intérêts, de ses droits, de ses prétentions.
- (Sens figuré) S’arranger ; faire avec.
- Paneloux se redressa alors, respira profondément, et reprit sur un ton de plus en plus accentué : […] "Trop longtemps, ce monde a composé avec le mal ; trop longtemps, il s’est reposé sur la miséricorde divine. Il suffisait du repentir, tout était permis". — (Albert Camus, La Peste, Éditions Gallimard, 1947)
- Je les connais, ses maximes favorites : Où l'obligation naît meurt le choix. Ou bien : Ose, oppose, expose, mais ne compose jamais. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 173)
- Ce qui me gêne dans la mort, c'est ce gros tas de viande qu'on laisse aux autres. Ils sont obligés de composer avec et nous de décomposer. — (San Antonio, Réflexions définitives sur l'au-delà , S-A 9 , Fleuve noir, 2000)
- Mais elle est très difficile à prouver. Et le fisc français doit composer avec ce problème. — (Le Monde, « CumEx Files » : « Le droit fiscal est si compliqué que les administrations peinent à l’interpréter », Le Monde. Mis en ligne le 18 octobre 2018)
- (Pronominal) (Souvent) Être composé.
- Un moulin à vent se compose essentiellement d’un arbre porté sur un petit bâtiment en bois, qui est susceptible de tourner autour d’un fort pivot vertical, et qui peut par conséquent être orienté convenablement. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 114)
-
rassurer
?- Redonner l’assurance, rendre la confiance, la tranquillité, le sentiment de sécurité.
- L’intelligence avec laquelle ce Tourangeau raccommodait le trait cassé rassura le colonel comte d’Aiglemont, qui revint vers la portière en étendant ses bras comme pour détirer ses muscles endormis ; il bâilla, regarda le paysage, et posa la main sur le bras d’une jeune femme soigneusement enveloppée dans un vitchoura. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, 1842, chapitre premier)
- Le thérapeute doit rassurer la victime sur le fait qu’elle n’est plus seule, qu’elle est hors de danger, que ses réactions lors des violences sont normales. — (Muriel Salmona, Le Livre noir des violences sexuelles, chap. 7 « La prise en charge et le traitement : Comment désamorcer la mémoire traumatique », Dunod, 2013 (1re édition), page 312)
- Les pouvoirs publics souhaitent ainsi rassurer les acteurs sur des points qui pouvaient les décourager de reprendre leurs activités, notamment leurs responsabilités en matière de prévention des risques et de respect des délais et d’exécution des chantiers. — (Florent Lacas, « Un accord trouvé avec l'État pour continuer les chantiers », www.batiactu.com, article publié le 21 mars 2020 ; consulté le 22 mars 2020)
- (Vieilli) Affermir, rendre stable.
- Il faut rassurer cette muraille, elle menace ruine.
- Les arches de ce pont-là ont besoin d’être rassurées.
- Rassurer une terrasse avec des arcs-boutants. (Sens figuré)
- Rassurer un homme dans la foi.
- Rassurer la foi chancelante d’un nouveau converti.
- Le gain de cette bataille a rassuré son pouvoir, son autorité.
- Marchant le dos voûté en rasant les murailles et en rassurant à chaque pas ses lunettes, qui glissaient sans cesse sur son nez osseux, il avait en tout l’air humble d’un maître d’études sifflé par ses élèves et bousculé par ses directeurs. — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
-
assassiner
?- Tuer intentionnellement.
- […] les deux Comanches qui ont été traîtreusement assassinés ici, au mépris du droit des gens, étaient des guerriers renommés dans leur tribu. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
- C'est les Jésuites qui ont fait assassiner Henri IV ; c'est encore eux qui ont fait révoquer l’Édit de Nantes, à la suite de quoi tous les protestants ont été obligés de quitter la France; […]. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 120, Fischbacher, 1896)
- Assassiner, en voilà un jeu peu commode! Cela crée des embarras à n'en plus finir. Et du reste, est-ce bien là une vengeance? La transition de la vie à la mort n'est que d'un instant et tout est fini. — (Rodolphe Girard, Marie Calumet, Montréal, 1904, ch. XX)
- J'avais eu pitié de Lincoln dans ce moment, non parce qu'on l’avait assassiné, mais à cause de cette piquée, de cette putain de femme dont on l'avait bâté et qui avait failli le rendre fou. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- (Sens figuré) Porter un grand préjudice à autrui par des actions ou des discours.
- Calomnier un homme de la sorte, c’est l’assassiner.
- (Par hyperbole) Fatiguer, importuner avec excès.
- Il assassine tout le monde de compliments, de cérémonies. - Il assassine les gens du récit de ses aventures, de ses affaires, de ses procès. - Il va vous assassiner de ses vers.
- (Par hyperbole) (Sens figuré) Lorsqu’un élément est particulièrement néfaste à un domaine, on utilise parfois assassiner, associé au nom d’un éminent représentant de ce domaine, pour mettre en exergue l’agressivité de cet élément pour ledit domaine.
- Une fois de plus, la littérature se heurte à l’obscurantisme. C’est Céline qu’on assassine ! — (Maëster, Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, La Guère Sainte, Drugstore, 2008, ISBN 978-2226175601)
- (Sens figuré) Dissiper, occuper, en parlant du temps, de la durée.
- Il me reste un quart d’heure à assassiner avant de regagner le bahut, mais j’aurais l’air de n’avoir pas su où dépenser mon temps si je reparaissais avant l’heure. — (Jules Vallès, L’Enfant, G. Charpentier, 1889)
-
concret
?- (Philosophie) Concept distinguant le réel de l’imaginaire.
- Nous allons voir à présent que la distinction entre l’abstrait et le concret que les linguistes cherchent à établir à l’aide de différents critères a une très grande importance dans de nombreux domaines. — (Olga Anokhina, L’ABSTRAIT ET LE CONCRET : APPROCHE LINGUISTIQUE DE L’ABSTRACTION, CNRS, p. 7)
- M. Laporte dit que l’on abstrait lorsqu’on pense à l’état isolé ce qui n’est point fait pour exister isolément. Le concret, par opposition, est une totalité qui peut exister par soi seule. — (Sartre, L’Être et le Néant, Gallimard, « Tel », 2000, page 37)
- (Chimie) (Par ellipse) Résidu solide ou épais.
- […] avec la mixtion du souphre, le concret qui s’en forme, est soluble dans l’esprit de vin. — (M. Grothe, Introduction à la chimie, accompagnée de deux traitez, à Paris chez Guérin, 1741, page 485)
-
exploser
?- Faire explosion.
- Vers la droite, l’un des aéroplanes piqua follement du nez, se redressa presque perpendiculairement, explosa avec un bruit énorme et s’abîma en flammes dans la mer. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 192 de l’édition de 1921)
- (Sens figuré) Se manifester ou s’exprimer de manière soudaine et violente.
- Chiquant du tabac et recrachant entre ses dents gâtées des jets de salive marron, son père explosa de colère, une colère noire qu’il ne pouvait contenir plus longtemps même en présence de sa belle-fille. — (Catherine Fourgeau, Dobadjo : la première épouse, L’Harmattan, 2000, page 239)
- (Sens figuré) Augmenter, s’accroître de manière fulgurante.
- Dans une interview aux Échos, Isabelle Falque-Pierrotin a dressé un nouveau bilan des plaintes, quatre mois après l’entrée en vigueur du règlement européen sur la protection des données (RGPD). « Les indicateurs explosent, prévient la présidente de la CNIL. […] » — (Next INpact, RGPD : les plaintes collectives seront traitées en priorité par la Cnil, 25 septembre 2018 → lire en ligne)
- Au Cap d’Agde, la notoriété de l’événement fait exploser les compteurs. — (Stéphanie Maurice, La passion du tuning, Seuil, 2015, collection Raconter la vie, page 67)
- Les contaminations explosent, mais l’essentiel est sauf : de nouvelles règles ont été édictées, semblant sorties tout droit d’un jeu médiéval inventé par le Perceval de Kaamelott.— (Christian Lehmann, Le virage Boris Johnson d’Emmanuel Macron, 29 décembre 2021)
- (Sens figuré) Être réduit en fragments, perdre son unité en se divisant, se fractionnant.
- La réalité est pourtant là, sous nos yeux. Le travail explose, éparpillé par petits bouts façon puzzle. — (Olivier Tesquet, Les nouveaux Temps Modernes, Télérama n° 3513, mai 2017)
- (Sens figuré) Ressentir une immense fatigue
- (Cyclisme) Couper son effort brutalement par manque de force.
- Il a explosé dans la dernière bosse du parcours.
-
appeler
?- Désigner quelqu’un par son nom ; pourvoir quelqu’un d’un nom.
- […]; trois mois auparavant, c’est-à-dire à l’époque où sa mère vivait encore, on l’avait appelé le prince de Béarn ; on l’appelait maintenant le roi de Navarre, en attendant qu’on l’appelât Henri IV. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre I)
- Le sucre de raisin que l'on appelle aussi glucose, se rencontre dans les fruits sucrés qui présentent en même temps une saveur acide, comme les raisins, les groseilles, etc. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 120)
- Le thé le plus exquis est un thé dont les feuilles sont dorées comme celles du tabac turc ; les Chinois l’appellent le thé rouge. Ne s'en procure pas qui veut. — (Léon Caubert, Souvenirs chinois, Paris : Librairie des bibliophiles, 1891, note n° 1 page 130)
- Roland avait, depuis le berceau, ce que nos grands-mères appelaient le diable au corps, ce que nous appellerions nous la bougeotte névrotique, un besoin viscéral de se frotter à tous les interdits, […]. — ('Francis Renaud, Justice pour le juge Renaud : Victime du gang des lyonnais ?, Éditions du Rocher, 2011, chap. 8)
- (Pronominal) Il s’appelle Charles. — C’est ainsi qu’on l’appelle. — Cette fleur s’appelle anémone.
- Quel est votre nom? — Je m’appelle Marie. — Un joli nom. — C’est le nom de ma mère. — En vérité! — (1854, Gustave Chouquet, Easy Conversations in French, page 9)
- Désigner une personne ou une chose par une qualité bonne ou mauvaise.
- Quand il suivit un peu plus tard comme externe les classes du collège d'Arbois, il appartint tout d'abord à la catégorie des élèves que l'on pourrait appeler bons-ordinaires. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p. 12)
- Le mouvement pacifiste, au XXe siècle, a été très largement porté par les femmes, plus sensibles que les hommes à l'absurdité d'une puissance qui s'édifie en semant la mort, et qui appelle « champs d'honneur » les lieux des pires massacres. — (Marie Gratton, Côté cour, côté jardin : Voyage intérieur en 365 jours, Montréal (Canada) : éditions Médiaspaul, 2001, page 492)
- (Pronominal)Ceux qui s’appellent les gens comme il faut, les sages par excellence. Cela s’appelle un véritable ami. Cela s’appelle folie en bon français.
- Désigner par leur nom ceux qui doivent se trouver présents en un endroit.
- On va appeler tous les soldats l’un après l’autre. Ce soldat n’était pas à la caserne quand on l’a appelé.
- Je ne me suis point entendu appeler quand on a lu cette liste. Beaucoup d’appelés et peu d’élus.
- (Justice) Lire tout haut le nom des parties, afin que leurs avocats viennent plaider pour elles.
- Appeler une cause. On vient d’appeler votre cause. La cause sera appelée à son tour de rôle.
- Faire venir en se servant de la voix ; héler.
- Il appela un de ses copains, un jeunot coiffé d'une gapette américaine à viscope pointée vers le ciel. — (Léo Mallet, Les rats de Montsouris, Éditions Robert Laffont, 1955)
- Quand cette image de la mort en turban crasseux, en casaquin sinistre, regarda les grains de millet que la poule noire piquait, et appela son crapaud Astaroth pour qu’il se promenât sur les cartes étalées, Mme Cibot eut froid dans le dos, elle tressaillit. — (Honoré de Balzac, Le Cousin Pons, 1847)
- (Par extension) Ne pouvant plus l’appeler de la voix, il l’appelait encore de la main. Appeler des yeux, du geste.
- (Transitif) ou (Pronominal) (réciproque) Contacter quelqu'un par téléphone.
- Les toxicos t’attirent que des emmerdes. Surtout les PD. Ces chbebs qui t’appellent trois fois par jour, ils s’injectent la coke avec des seringues. — (Alexandre Kauffmann, Surdose, Paris : Éditions Goutte d'or, 2018, chap. 8)
- T’as perdu la boule ou quoi ? Tu me l’as refilé hier en me demandant de t’appeler ce soir. La picole te réussit pas, p’tit gars. — (Greg Waden, La disparue du 5701 : Coup de cœur virtuel à Lille, Villeneuve-d'Ascq : Éditions Ravet-Anceau, 2018, chap. 5)
- Pousser son cri pour faire venir à eux ceux de leur espèce, pour les animaux.
- Le mâle appelle sa femelle. La brebis appelle son agneau.
- (Par analogie) Appeler des oiseaux en imitant leur cri.
- Inviter à venir.
- Appeler le médecin, le chirurgien. Cet artiste fut appelé en France, à la cour, par tel prince.
- Appeler un général à l’armée. Tous les chefs furent appelés à ce Conseil.
- Les Maures furent appelés en Espagne par le comte Julien.
- (En particulier) (Droit, Justice) Citer devant le juge.
- Appeler en justice. On l’a fait appeler pour se voir condamner à payer une somme.
- Appeler quelqu’un en témoignage. Être appelé comme témoin.
- Appeler en garantie. Le juge ordonna que les parties seraient appelées.
- Envoyer, défier.
- Appeler au combat, appeler en duel ou simplement Appeler :
- Avertir de se trouver en quelque lieu par un signal.
- Mais avant que Kurt eût pu fournir une explication, les sonneries aiguës du branle-bas appelèrent chacun à son poste, et l’officier s’éloigna. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 240 de l’édition de 1921)
- (Sens figuré) avertir, exciter, obliger à se trouver en quelque endroit, pour quelque chose que ce puisse être.
- J’irai où l’honneur, où le devoir m’appelle. Mes affaires m’appellent ailleurs.
- La vengeance l’appelle. Ce beau temps nous appelle à la chasse.
- (Rare) Rendre nécessaire.
- Les hormones, une des plus anciennes familles d’herbicides, vont continuer à nous rendre service et elles sont un bon exemple d'un certain type de sélectivité et de systémie ; cette dernière notion appelait le glyphosate. — (Christian Gauvrit, Efficacité et sélectivité des herbicides, INRA, 1996, page 111)
- Ce crime appelle la vengeance des lois. Ces abus appellent une réforme.
- Ce mot ne peut être employé seul, il appelle un complément. Ce grave sujet appelle toute votre attention.
- (Religion) Faire ressentir sa volonté aux hommes, en parlant de Dieu.
- Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Dieu appela saint Paul à l’apostolat. Il fut appelé de Dieu à cette mission.
- Désigner une personne, pour une fonction ou une action importante.
- Appeler quelqu’un à un poste. Il fut appelé à siéger dans le Conseil.
- L’important devoir que nous sommes appelés à remplir. Il fut appelé à lui succéder.
- (Par extension) Désigner pour prendre une décision.
- Par dérogation au premier alinéa de l’article 42 de la Constitution, la discussion d’un projet de loi devant l’Assemblée nationale appelée à statuer définitivement porte sur le texte dont cette assemblée a été saisie et non sur le texte de la commission, qui n’en adopte pas […]. — (Secrétariat général du gouvernement et Conseil d’État, Guide de légistique, 3e version, La Documentation française, 2017, ISBN 978-2-11-145578-8 → lire en ligne)
- Être conduit par ses qualités, ses talents et les circonstances qui déterminent la vocation, le sort, la condition.
- Le génie de Turenne l’appelait au commandement des armées. Il a su jouer le rôle auquel il a été appelé par les événements.
- (Absolument) (Droit, Justice) Recourir à un tribunal supérieur pour faire réformer le jugement, la sentence d’un tribunal inférieur.
- Il appellera de ce jugement. Il a appelé du tribunal de première instance à la Cour d’appel.
- Appeler comme de juge incompétent. Appeler a minima.
- (Sens figuré) (Familier) Ne pas se soumettre à une décision, ne pas l’adopter.
- J’appelle de votre décision, ou J’en appelle.
- (Sens figuré) Invoquer ; se référer.
- J’en appelle à votre témoignage : J’invoque votre témoignage.
- J’en appelle à votre probité, à votre honneur, à votre sagesse, etc. : Je m’en réfère à votre probité, à votre sagesse, etc.
- Jeunes filles, mes sœurs, et jeunes femmes, j’en appelle à vos souvenirs. Ne sont-ils pas délicieux, les moments de rêve et d’angoisse que l’on vit dans sa chambre pendant qu’au salon, une mère dit à la vôtre :— Madame, j’ai l’honneur de vous demander pour mon fils la main de Mademoiselle votre fille… — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 99.)
- (Sens figuré) (Familier) Revenir d’une grande maladie.
- Il en a appelé.
- (Pronominal) Porter le nom de.
- "Il n’y a de vérité que dans les détails" : c’est un froggie, Stendhal qu’il s’appelait, qui a dit ça… — (Bernard Domeyne, Vacances trop mortelles, 2014, page 1002)
- (Foresterie) Annoncer à voix haute les caractéristiques de l’arbre marqué ; faire un appel.
- Les coupes d'éclaircie et de jardinage sont marquées en délivrance: seuls les arbres à abattre portent les empreintes du marteau (blanchis et empreinte au pied, blanchis et empreinte au corps). Ils sont appelés par essence, circonférence (ou diamètre) et hauteur, pour que l'estimation en soit possible. — (Jean-Paul Debleau, Peintres, peintures marques peintes sur les arbres en forêt de Fontainebleau., février 2016 → lire en ligne)
-
baiser
?- Contact de la bouche sur le visage, sur les lèvres, sur quelque partie du corps d’une personne, par amitié, par amour, par civilité, par respect.
- Par le baiser que me donne ma pauvre Modeste, je devine ce qui se passe en elle : si elle a reçu ce qu’elle attend, ou si elle est inquiète. Il y a bien des nuances dans les baisers, même dans ceux d’une fille innocente […] — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Il y avait en outre une dent d’Abeilard et une dent d’Héloïse, deux blanches incisives, qui, du temps où elles étaient recouvertes par leurs lèvres frémissantes, s’étaient peut-être rencontrées dans un baiser. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
- Un baiser légal ne vaut jamais un baiser volé. — (Guy de Maupassant)
- Poète, prend ton luth et me donne un baiser. — (Alfred de Musset, La Nuit de mai)
- […] Julie se baissa, lui présenta son front, et y reçut le baiser du soir, ce baiser machinal, sans amour, espèce de grimace qui lui parut alors odieuse. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ?Pas sur la boucheUn baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ?Ça m'effarouche,Pas sur la bouche,Ça l'effaroucheLa bouche c'est fait pour causer,Pas pour baiser— (Yves Mirande, Albert Villemetz, Ta bouche, opérette, 1920)
- Elle ne me demanda ni une parole, ni un baiser. Elle vit que je laissais une distance entre nos bouches. — (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IX)
- Un baiser sans moustache, disait-on alors, c’est comme un œuf sans sel ; j’ajoute : et comme le Bien sans Mal, comme ma vie entre 1905 et 1914. — (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 36.)
- couvrir de baisers, dévorer de baisers
- prendre, cueillir, dérober, ravir un baiser
- Geste de simulation d’un baiser où l’on porte sa main aux lèvres, à l’adresse d’une ou plusieurs personnes.
- Les girls saluaient en ployant les genoux, ainsi que des petites filles qui font la révérence et en envoyant des baisers. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- (Pâtisserie) (Belgique) Sorte de meringue double, spécialité de la ville belge de Malmedy, en Wallonie.
-
passer
?- Aller d’un lieu à un autre, traverser un espace.
- Le roi Charles IX avait invité à goûter avec lui, en petit comité, Henri de Navarre et le duc de Guise. Puis, la collation terminée, il avait passé avec eux dans sa chambre. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
- Il vente très fort, des goélands passent, emportés par la tempête, et essaient vainement de remonter le vent. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Mais à Château-Landon il était possible de gagner directement La Chapelle-la-Reine sans traverser Nemours, vraisemblablement en passant par Verteau et Maison-Rouge. — (Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1715), Comité des travaux historiques et scientifiques, Imprimerie nationale, 1961, page 137)
- Changer de nature, de qualité, d’état.
- Les habitants des villas et des pavillons environnants passèrent rapidement de la curiosité malveillante à l’agression. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 235 de l’édition de 1921)
- Le changement des conditions objectives de la lutte, qui imposait la nécessité de passer de la grève à l’insurrection, fut ressenti par le prolétariat bien avant que par ses dirigeants. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe (Pravda du 22 janvier 1925), Moscou : Éditions du Progrès, 1966, page 6)
- Ensuite c'est à chacun de voir en quoi cela l'intéresse, le concerne, lui parle. Il n'y a strictement aucune prétention comminatoire du genre : si vous ne passez pas par là, vous êtes fichu. — (Jacqueline Legaut, La psychanalyse, l'air de rien, éd. Eres, 2012)
- Traverser en subissant.
- Cette torture par laquelle vous venez de passer, vous me l'avez fait subir, il y a une heure à peine : il était juste que vous fissiez connaissance avec elle. — (Urbain Olivier, Le manoir du Vieux-Clos, chap. 32, Lausanne : chez Georges Bridel, 1864, page 320)
- Aller chez quelqu’un, visiter, rendre visite.
- Je passerai chez vous ce soir en allant au théâtre.
- Je passerai par chez vous,
- Mourir ; expirer.
- — Vous le trouverez mort peut-être : il peut passer comme un poulet. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Duchignon, Saute-Cadet va passer, Tulupin est à la mort... Cours chercher un médecin... je veux un médecin.. pour mes chiens ou je me jette par la fenêtre... — (Eugène Sue, M. Duchignon, ou la religion! la famille! la propriété!: scènes socialistes, dans Les Veillées du Peuple, n° 2, mars 1850, page 84)
- Voilà un pauvre diable bien avarié, pourvu qu’avant de passer il puisse me dire quels sont ceux qui l’ont mis dans cet état. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
- La Bonne-Sœur avec un air de componction dit qu’« elle venait de passer ». En même temps, le glas de Saint-Léonard redoublait. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1877)
- Ce fut un peu avant Pâques que le père Corbier mourut. Un soir, au moment de se coucher, il se sentit malade ; tout de suite il perdit connaissance et le lendemain matin, au chant du coq, il passa. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
- Traverser l’esprit.
- Et ce que la cité contient de plus augusteEn figures de banque, avec leur front plissé,Où l’on voit que la veille un total a passé. — (Casimir Delavigne, Les Enfants d’Édouard, acte I, scène 5)
- Être examiné ; être évalué ; être jugé.
- Deux jours après, je passai devant le conseil de guerre, qui, après plaidoirie d’un avoué allemand, me condamna à mort pour espionnage. — (Jacques Mortane, Missions spéciales, 1933, page 31)
- 29 juillet 1940 – Le doyen a refusé. Du fond de ses soixante-dix années, que représente pour lui une année de jeunesse ? Pffuitt… « Vous passerez l’année prochaine, mademoiselle, il y a des choses plus graves ! » Vous aussi, vous passerez, monsieur le Doyen, et je vous souhaite de trouver qu’il y a des choses plus graves ! — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 51)
- Être élu ; être voté.
- C'était une élection toute politique. M. d'Haussonville passa au premier tour de scrutin, au nez et à la barbe du parti impérialiste, qui n'avait trouvé personne à lui opposer. — (Léon Séché, Le Cénacle de Joseph Delorme : 1827-1830: Victor Hugo et les poètes, Ligaran, 2015)
- La loi a passé.
- Être reçu, être admis à un emploi, un grade, à un examen, un test, un cours.
- Il est passé sous-chef.
- Il a passé capitaine.
- Les questions étaient difficiles, je ne suis pas certain de passer.
- Être reçu par l’usage ; avoir cours.
- Végétaux n'ayant ni stémones, ni carpelles proprement dits, et, par suite, sans embryons, sans cotylédons. On continuera à les appeler cryptogames, nom donné par Linné, qui n'est pas rigoureusement exact ; mais qui est passé dans l'usage. — (Docteur Écorchard, Synopsis de la Flore des environs de Paris et des départements maritimes du nord-ouest et du sud-ouest de la France, Paris : La Maison rustique, 1878)
- Cette monnaie ne passe plus.
- Cette chose a passé, est passée en proverbe, en usage, en coutume, en force de loi, en force de chose jugée.
- S’introduire ou se glisser, en parlant des choses.
- Ce mot a passé dans notre langue, est passé de l’italien dans le français. — Une glose qui a passé dans le texte.
- (Transitif) Enfiler sur le corps, en parlant d'un vêtement.
- Préviens ta femme de ton arrivée. Ça me laissera le temps de passer tranquillement mon froc et de ne pas enfiler, dans la précipitation, mon slip à l'envers. — (Florentino Dos Santos, Les Cocus : Ces innocentes victimes des feux de l'amour… charnel, Éditions Le Manuscrit, 2003, page 58)
- — Et il n’est pas question que vous dormiez avec moi, répliqua Margie depuis le dressing, où elle passait sa chemise de nuit. — (Maureen Child, Un parfum de mensonge, traduit de l'anglais, Éditions Harlequin, 2009, chapitre 4)
- Être supportable.
- Et ce n'était plus tant ce qu'il considérait comme des élucubrations qui l'énervaient, mais qu'elle jouât la carte de la tendresse pour tenter de le ramener à de meilleurs sentiments, ça ne passait pas. Elle ne tarderait pas à s'en apercevoir... — (Jean-Claude Lanoizelez, Un soir en hiver, Éditions Publibook, 2016, page 151)
- Ce vin n’est pas mauvais, il peut passer. — Le devoir de cet élève n’est pas très bon, mais il peut passer.
- Faire la transition d’un point ou d’une matière à l’autre.
- Agustina accoucha seule au-delà des faubourgs de Cádiz, Andalucía, berceau de ce mythe, près du cap de Trafalgar où cet hijo de puta de Nelson mit la pâtée à la flotte franco-espagnole — ce qui n'a rien à voir avec notre histoire, passons. — (François Coupry, L'œil du gitan: roman, Éditions du Rocher, 2000, page 10)
- Passons au second point.
- Passons à autre chose, à d’autres choses.
- (Jeux) Dans divers jeux de cartes ou de plateau, ne rien faire lorsque son tour vient.
- — C’est à ton tour.— Je passe.
- Déborder la place où elles devraient être, en parlant des parties de vêtements.
- Sa jupe passe sous son manteau.
- Changer de main ; transmettre de l’un à l’autre, en parlant des choses.
- […]; ils ne payaient point tribut à la Norwège, dont ils étaient autrefois sujets, […]. En 1814, les îles Féroë passèrent au Danemark. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 36)
- Sa place, son emploi doit passer à son fils.
- Ces titres, ces manuscrits passèrent en des mains étrangères.
- Être facile à manger, à digérer.
- Cette viande passe facilement.
- Son dîner ne passait pas.
- S’écouler, ne pas demeurer dans un état permanent.
- Car autant il aimait passer son temps devant l'écran, autant il avait horreur de devoir se pencher sur des bouquins, tout spécialement sur la « grosse brique » censée lui révéler tous les secrets des systèmes d'exploitation. — (Jacques Dessaucy, La fille du pape, Éditions Saint Honoré, 2014, page 86)
- La solution se trouve dans les jardins disséminés çà et là. Beaucoup d’habitants y passent une partie de la journée, devisant joyeusement de parcelle à parcelle en plantant des salades. — (Michel Eltchaninoff, « Carnet de la drôle de guerre », dans la newsletter du 21/03/220 de Philosophie Magazine)
- Les jours, les années passent.
- Finir, cesser.
- Il est en colère, mais cela passera.
- Cela fait passer le rhume, la migraine.
- (Théâtre) Être joué.
- Sa pièce passera cet hiver.
- Tu sais quel film passe ce soir ?
- (Éducation, Jeux vidéo) Monter un niveau, après avoir terminé le précédent.
- (Sens figuré) Faire une transition.
- [Titre] En Pologne, l’avenir de Katowice ne passe plus par le charbon — (Jakub Iwaniuk, En Pologne, l’avenir de Katowice ne passe plus par le charbon, Le Monde. Mis en ligne le 3 décembre 2018)
- (Transitif) Traverser.
- Pour entrer dans le royaume de Hilperik sans changer de direction, il devait passer la Seine un peu au-dessus de son confluent avec l’Aube, dans un lieu nommé alors les Douze Ponts, et aujourd’hui Pont-sur-Seine. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - Union Générale d’Édition, 1965)
- Il poussa la jument au galop. Elle franchit l’angle de plaine, passa le fossé, et devant la lisière hésita, ne voyant aucune sente où s’introduire. — (Robert Marteau, Des chevaux parmi les arbres, Champ Vallon, 1992, page 42)
- Le franchissement du col du Lautaret avait nécessité l'usage des chaînes à partir de Villar d'Arène et nous avions passé le sommet entre deux hauts murs de neige. — (Robert Falize, L'Ombre et la lumière, Editions Publibook, 2006, page 354)
- (Transitif) Transporter d’un lieu à un autre.
- Voulez-vous me passer dans votre bateau ?
- Le batelier a passé le passager.
- Voilà Jacques qui revient ; il revient tard ; il avait bu et joué jusqu’à dix heures ; il s’était fait passer à la pointe de Carnouf. Son oncle l’entend héler, va le chercher sur la grève des marais, et le passe sans rien dire. — (Honoré de Balzac, Un drame au bord de la mer, 1834, réédition Gallimard, Folio, page 95)
- (Transitif) Faire traverser.
- Passez les bras dans les manches de votre manteau.
- Il lui a passé son épée au travers du corps.
- (Transitif) Tamiser, filtrer.
- Passer le café dans un filtre.
- Passer du bouillon à travers une étamine.
- (Transitif) (Vieilli) Tamiser, en parlant de substances en poudre ou en grains.
- Passer de la farine au tamis, dans un tamis, au bluteau.
- (Transitif) (Médecine) Excréter.
- Passer un calcul, des pierres.
- (Transitif) Transmettre, communiquer.
- Passez-moi ce livre.
- Il m’a passé son rhume.
- N'ayez jamais de créanciers ; faites, si vous voulez, semblant d'en avoir, c'est tout ce que je puis vous passer. — (Charles Baudelaire, Conseils aux jeunes littérateurs, 1846 ; réédition Gallimard, collection Folio, page 86)
- (Commerce) Transmettre la propriété d’un billet, une lettre de change, à l’ordre de quelqu’un, par un endossement.
- (Transitif) Vendre, en parlant d’objets.
- Il m’a passé cette étoffe à un prix modéré.
- (Transitif) Aller au-delà ; excéder ; dépasser.
- En effet, si les armées des rois mérovingiens étaient d’ordinaire sans discipline, celle-là passait en turbulence farouche tout ce qu’on avait vu depuis l’époque des grandes invasions. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - Union Générale d’Édition, 1965)
- — Je crois, en effet, que le comte Longin passe en noblesse, en opulence et en beauté tous les citoyens de cette ville. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 52)
- Renaud, qui passe quatorze ans, ne songe qu’à monter et démonter des moteurs.— (Colette, Le veilleur, dans La maison de Claudine, Hachette, 1922, réédition Livre de Poche, 1960, page 144)
- Dès qu’il apparaît dans l’école, elle le prend, elle le rhabille, car toujours ses souliers sont dénoués, ses chaussettes tombent et sa chemise passe. — (Léon Frapié, La bonne visite, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 36)
- Être au-dessus des forces du corps ou des facultés de l’esprit.
- Cela passe la portée de l’esprit humain.
- Cela passe toute imagination.
- [...] et à concevoir des desseins qui passent leurs forces. — (René Descartes, Discours de la méthode, 1re partie)
- Devancer.
- Ce lévrier passe tous les autres à la course.
- Surmonter en mérite, valoir mieux, de quelque manière que ce soit.
- Homère et Virgile ont passé de bien loin tous les autres poètes épiques.
- Il passe tous ses rivaux.
- Faire mouvoir, faire glisser une chose sur une autre.
- Il leur suffisait […] de passer la main sur le dos d’une vache pour que le lait tournât en urine. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Rabalan)
- Passer l’éponge sur une table pour l’essuyer.
- Passer la plume, un trait de plume sur quelques lignes d’un écrit, pour les rayer, pour les biffer.
- (Transitif) Exposer ; soumettre à l’action de.
- Un matin, elle assista à une scène qui la bouleversa. Un patient attendait son tour afin de passer une radio. Assis sur un chariot, il lisait un policier de la collection le Masque. — (Louis Nucéra, Le kiosque à musique, éditions Grasset, 1984)
- Passer du papier au feu pour le faire sécher.
- Passer un meuble à l’encaustique.
- (Transitif) (Cuisine) Faire cuire plus ou moins rapidement.
- Passez au beurre et laissez cuire dans son jus, et à très-petit feu, la rouelle lardée de gros lard ; servez-la ensuite dedans, après l’avoir dégraissée. — (M. Cardelli, Nouveau Manuel complet du cuisinier et de la cuisinière, éditions Encyclopédie-Roret, 1842)
- (Transitif) Toucher, mentionner.
- Il a passé cela délicatement, adroitement, légèrement.
- (Transitif) Omettre quelque chose, ou ne pas en parler.
- Vous avez passé deux mots dans votre copie.
- Passer un fait sous silence.
- Passez cela, on le sait.
- (Transitif) Accorder, pardonner, consentir.
- Il faut que vous me passiez encore cela.
- Je vous passe cette sottise.
- Ce public ne me passe rien… — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Résigné à lui passer autant de fantaisies qu'à un enfant, Schmidt s'installa stoïquement dans un fauteuil, après avoir pris soin du moins de choisir le plus confortable. — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 88)
- Un artiste a plus de droits qu’un autre, tout le monde sait ça. On lui passe plus de choses. — (Albert Camus, La Peste, Éditions Gallimard, 1947)
- Durant ces dernières semaines vécues auprès de maman épanouie, apaisée et qui me passait tout, et qui se donnait du mal pour me faire manger des écrevisses et des cèpes, je puis convenir avec moi-même que je n’ai été séparé de la mort que par ma maladresse. — (François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 248)
- (Transitif) Faire par-devant notaire, en parlant des actes.
- Passer un contrat, une procuration, une transaction, un compromis, etc.
- Cela fut fait et passé par-devant notaire.
- (Transitif) (Comptabilité) Enregistrer.
- Passer une somme en compte.
- Passer un article en dépense.
- (Transitif) Transférer d’un registre ou d’un chapitre à un autre.
- Passez ceci aux profits et pertes, par profits et pertes.
- (Transitif) Consumer, employer, en parlant du temps.
- L'envie nous a pris de passer la soirée et la nuit dans un château.— (Milan Kundera, La Lenteur, 1995 - Éditions Gallimard, 1998, page 9 ISBN 2070402738)
- Passer le temps. - Passer une année, un mois, un jour, une heure. - Nous avons passé ce jour bien agréablement. - Il a passé l’été à la campagne.
- (Transitif) Transférer au téléphone ; mettre en relation.
- Passez-moi un responsable, c’est inadmissible !
- (Transitif) Ne pas échouer une année scolaire, un examen.
- Martin a fait de gros efforts et a réussi à passer son secondaire IV.
- (Pronominal) S’écouler, en parlant du temps.
- Quelques jours se passèrent pendant lesquels la neige des vallées fondit insensiblement ; le vert des forêts poignit comme l’herbe nouvelle, la nature norvégienne fit les apprêts de sa parure pour les noces d’un jour. — (Honoré de Balzac, Séraphîta, 1835, chapitre cinquième)
- (Pronominal) (Familier) Se terminer.
- Mon mal de tête se passe.
- (Transitude) Dans le cas d'une personne trans, avoir du passing, être perçu aux yeux des autres comme une personne cis.
- Ce qui nous rassemble c’est nos identités de trans et nos objectifs politiques féministes que l’on soit opéré, hormoné, et que l'on passe ou pas. — (Trans Terriblement Féministes, « T.T.F... t'étais F ? », dans Transistor, décembre 2009, vol. 1 [texte intégral])
-
français
?- Relatif à la France, ou à ses habitants, ou à sa culture.
- Qu’a apporté le peuple français à l’histoire mondiale? Selon moi, ce n’est pas la révolution de 1789, mais un esprit chevaleresque. — (Dai Sijie, Le Complexe de Di, Gallimard, page 240)
- Ce fut le rôle historique de Charles de Gaulle, qui avait déjà, de façon assez analogue, rendu acceptable à la bourgeoisie française l’entrée dans la coalition anti-hitlérienne aux côtés de Staline et des communistes français. — (Maxime Rodinson, Israël et le refus arabe, 1968)
- (Linguistique) Relatif à la langue française, au français.
- Mais pour qu’une grammaire française soit respectée, il faut premièrement que la langue française continue à être employée et, ceux qui s’efforcent de l’empailler en conviendront, cette condition suppose l’existence d’un certain nombre de Français. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Il n'était pas indifférent que les déclarations de Rinri s'adressant à une francophone s'énoncent soit en français, soit en japonais : la langue française représentait sans doute ce territoire à la fois prestigieux et licencieux où l'on pouvait s’encanailler de sentiments inavouables. — (Amélie Nothomb, Ni d’Ève ni d’Adam, Albin Michel, Paris, 2007, p. 75)
-
majorité
?- Groupe des votants ou des suffrages plus nombreux que les autres, soit majorité absolue ou majorité relative.
- Le roi et les privilégiés auraient voulu que les états délibérassent comme en 1614, c’est-à-dire « par ordre ». Les privilégiés auraient eu immanquablement la majorité et les états auraient été incapables d’opérer aucune réforme sérieuse. — (Jacques Godechot, Les constitutions de la France depuis 1789, Garnier-Flammarion, 1970, page 22)
- (Absolument) Parti qui, dans une assemblée, réunit ordinairement le plus grand nombre de suffrages.
- L’opposition assistait avec une sorte de pitié narquoise à l’affolement de la majorité. — (Philippe Henriot, Le 6 février, 1934)
- Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d’État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales. — (Jean-Paul Russier, Plutôt Proudhon que Marx, 2005)
- À la tête d’un commando ultraresserré à l’Élysée, patron d’une majorité pléthorique à l’Assemblée nationale, il a cru bon de gouverner seul. — (Arthur Berdah, Emmanuel Macron, édition revue et augmentée, 2022)
- (Par extension) Le plus grand nombre.
- La fauconnerie est donc un sport assez coûteux et, la majorité des gros turbans marocains étant trop indolents pour chasser, elle tend à disparaître. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 129)
- […] ; l’affaire Dreyfus nous a montré que l’immense majorité des officiers et des prêtres concevait toujours la justice à la manière de l’Ancien Régime […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.III, Les préjugés contre la violence, 1908, page 143)
- L’internationalisme sentimental d’avant 1914 n’a pas résisté au choc des nations. Dans tous les pays en guerre, socialistes et syndicalistes, dans leur grande majorité, ont participé à la défense nationale. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 17)
- La poussière constitue un risque pour les voies respiratoires, d’autant qu’une majorité de salariés ne porte pas de masque ou porte un masque insuffisamment protecteur ou encombrant : […]. — (Jocelyne Porcher, Cochons d’or, Éditions Quae, 2010, page 130)
- Au nom de la bien-pensance, des groupes et des partis politiques instillent des interdits qui chamboulent notre démocratie alors que la voix des minorités devient plus tonitruante que celle de la majorité. — (Réjean Parent, « L’envahissement pernicieux », dans Le journal de Montréal, 1er novembre 2020)
- (Droit) État de celui qui est majeur. Majorité civile.
- Il a atteint l’âge de majorité, ou de sa majorité.
- La majorité pour être électeur est fixée en France à 18 ans et pour être éligible à 25 ans.
- (Plus généralement) Pluralité des individus dans un pays, dans un groupement.
- La majorité des Français professe la religion catholique.
- Les élèves de cette classe sont en majorité travailleurs.
- (Marine) Résidence de l’état-major dans un port.
-
solidarité
?- Sentiment qui pousse des personnes à s’accorder une aide mutuelle, soit par devoir moral, soit parce qu’une communauté d’intérêts existe entre elles.
- La solidarité se définit comme un devoir social, une obligation d'aide, d'assistance ou de collaboration gracieuse entre les individus d'un groupe ou d'une communauté. On la distingue de l'altruisme du fait que la personne dite altruiste peut souhaiter aider autrui, mais sans se sentir concernée par ce qui lui arrive. Dans la notion de solidarité, on trouve toujours la réciprocité ou une forme d'échange mutuel qui crée un lien entre les individus en les obligeant réciproquement à donner, recevoir et rendre. — (Christine Michaud et Thomas De Koninck, Le Petit Prince est toujours vivant, Gallimard/Édito, 2020, page 92)
- s’il a l’âme haute, il s’éprendra en toute ferveur d’une passion de solidarité pour ceux dont il connaît intimement les besoins — (Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, 1898)
- La solidarité entre collègues et la loi du silence font qu'il est difficile de révéler les déviances lorsqu'on fait partie du système : les policiers honnêtes apprennent à se taire et à ne pas intervenir lorsqu'ils observent des pratiques qu’ils désapprouvent. — (Comité européen pour les problèmes criminels, Les pouvoirs et responsabilités de la police dans une société démocratique, Conseil de l’Europe, 2000)
- Si dans le passé l’idéologie soviétique opposait l’U.R.S.S. aux nations capitalistes, Staline substitue désormais les solidarités anti-hitlériennes aux solidarités de classe. — (Renata Fritsch-Bournazel, André Brigot, Jim Cloos, Les Allemands au cœur de l’Europe, 1983)
- Système de redistribution de ressources nationales vers une partie de la population.
- Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, […]. — (Loi n°2005-102 du 11 février 2005 - art. 2 (V) JORF 12 février 2005, France)
- (Droit) Engagement par lequel deux ou plusieurs personnes s’obligent les unes pour les autres, et chacune pour toutes.
- Dans le cas d’une solidarité entre plusieurs créanciers, le débiteur peut libérer la totalité de sa créance entre les mains d’un seul créancier.
- Dans le cas d’une solidarité entre plusieurs débiteurs, le créancier peut réclamer la totalité de la créance a un seul débiteur.
- (Sens figuré) Dépendance réciproque des idées, des sciences, des choses ou des êtres tellement liés les uns aux autres que ce qui arrive à l’un a des répercussions sur les autres.
- Il y a entre tous les arts une sorte de solidarité.
-
résumer
?- Resserrer et rendre en peu de paroles ce qu’il y a de plus important dans une discussion, dans un discours, dans un argument.
- Il a fort bien résumé ce long discours, cette discussion, cette leçon.
- Le président résuma tous les avis avant de dire le sien.
- Résumer les débats d’un procès criminel.
- Rendre en peu de choses un ensemble plus vaste ou plus complexe.
- Il existe en Hollande depuis quelques années un parti rationaliste, qui grandit de jour en jour. Ce parti ne proclame aucun système, puisqu'il les résume tous. — (Rudolf Charles, Préface de Le testament de Jean Meslier, tome 1, édition R.C. Meijer, 1864)
- Celui-ci résumait par sa fausse élégance tout le poisseux vernis qui constitue l'élégance vestimentaire de ces messieurs. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- (Pronominal) Reprendre en peu de mots ce qu’on a dit.
-
messager
?- Celui qui est chargé de porter un message.
- Messager fidèle.
- Je lui ai envoyé messager sur messager.
- Donnez-moi cette lettre, je serai votre messagère.
- Dans le passage de l’oral à l’écrit, la spécificité du messager s’efface derrière celle du message. Peut-être y perd-on en spontanéité, mais on y gagne en cohérence, celle précisément d’une forme littéraire. — (Jean-Paul Desaive, Délits sexuels et archives judiciaires (1690-1750) , Communications, 1987, vol. 46, no 46, p. 120)
- Celui qui se charge de transporter les colis d’une localité à une autre.
- Apparemment conçu pour que personne ne s’y attarde, sauf les chauffeurs-gardes du corps venus déposer et attendre leurs ministres qui assistent au Conseil ou à diverses autres réunions, ce hall ne comporte aucun véritable endroit pour s’asseoir, à l’exception de deux longues banquettes de bois peu invitantes et sur lesquelles traînent invariablement colis et enveloppes en attente d’un messager ou d'un taxi. — (Martine Tremblay, Derrière les portes closes, 2013)'
- (Poétique) Le messager des dieux : Mercure, Hermès.
- (Sens figuré) Messager de malheur : Celui qui apporte, ou qui est dans l’habitude d’apporter de mauvaises nouvelles.
- (Sens figuré) Dans le style élevé, annonciateur, avant-coureur.
- Les hirondelles sont les messagères du printemps.
- (Marine) Fin cordage servant à guider une drisse à l'intérieur d'un mât.
- (Biochimie) Molécule qui intervient dans la régulation des processus physiologiques en véhiculant une information, notamment en participant à la signalisation cellulaire.
-
entraîner
?- Traîner avec soi, après soi.
- Les torrents entraînent ce qui s’oppose à leur passage.
- Le dégel est venu tout à coup, et la débâcle a entraîné les bateaux.
- (En particulier) Emmener, conduire avec une sorte de violence.
- Les sablières actuelles sont à vapeur, une tuyauterie munie d'un éjecteur entraîne le sable avec un jet de vapeur et le projette devant les roues., — (Serge Breval, La locomotive à vapeur, sa description, son fonctionnement , 1932, chap. B)
- C'est bon ! c'est bon ! se décida soudain à balbutier le second pochard en entraînant son compagnon. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Je le pris par le bras et l’entraînai hors de la chambre.
- (Sens figuré) Porter quelqu’un à quelque chose avec force, et comme malgré lui.
- J'ai beau savoir qu'au fond de ce regard, tout est calcul et complaisance, où qu'il m’entraîne, je le suivrai. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 16)
- Elle tenta d’entraîner François et, comme celui-ci l'envoyait paître, elle l’abandonna, ouvrit la porte et la referma violemment. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 49)
- Le premier correspond à l’intrigue, dans laquelle on se laisse entraîner d'autant plus facilement que la feuilletonisation du récit est parfaitement maîtrisée grâce à un découpage et un rythme qui ménagent suspense, dévoilements et rebondissements. — (Bernard Leconte et Érika Thomas, Écrans et politique, L'Harmattan, 2004, page 106)
- Il a été si éloquent qu’il a entraîné tout le monde.
- (Sens figuré) Avoir pour effet, pour résultat, pour conséquence nécessaire, inévitable. — Note : Cela se dit surtout en parlant des choses fâcheuses.
- Le succès des hommes de Cro-Magnon a entraîné directement ou indirectement la disparition des Néanderthaliens. — (L’insoutenable légèreté du darwinisme, dans Le Québec sceptique, n° 60, été 2006, pages 40-47)
- Ses dents en or et sa claudication laissaient entendre, avant qu'il ne se fût livré à la moindre confidence, que son ancien métier entraînait certains risques. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- L’effondrement de la civilisation scientifique était inconcevable pour ceux qui vécurent à cette époque, qui furent entraînés par la débâcle. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 393 de l’édition de 1921)
- Le phosphure de zinc employé comme rodenticide puissant produit en général des lésions nécrotiques ou rénales et entraîne la mort par défaillance cardiaque. — (Rodenticides: analyses, normes, préparations utilisées en santé publique et en agriculture, FAO, 1985, page 25)
- L'opération a donc pris quatre jours. Elle a entraîné la perte de nombreuses vies humaines et d'une quantité de bêtes et de bagages. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 143)
- (Droit criminel) Cette peine entraîne, par voie de conséquence, telle autre peine.
- Préparer un cheval pour la course au moyen de l’entraînement, ou, d’une façon plus générale, préparer une personne à quelque exercice physique ou intellectuel.
- Il avait appartenu, en qualité de porteur, à une troupe d'acrobates de cirque, puis s'était entraîné au tapis, en vue d'un numéro de « flic-flac » avec rattrape sur les épaules. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Le directeur sportif s’était réjoui de découvrir en Kimball un joueur de lacrosse prêt à entraîner l’équipe. Il était rapidement devenu l'entraîneur en chef de l’équipe féminine. — (Mary Higgins Clark, Dernière Danse, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Damour, Éditions Albin Michel, 2018, chapitre 23)
- Une sorte de taylorisme dématérialisé, dans lequel les travailleurs entraînent les algorithmes qui, demain, renforcés par cet apprentissage, les remplaceront. — (Olivier Tesquet, Les « micro-tâcherons du Web » : Les nouveaux Temps Modernes, Télérama n° 3513, mai 2017)
- (Sens figuré) Cet orateur s’est entraîné à la discussion.
- (Cirque, Élevage) Dresser toute espèce de bêtes.
- 90 % du temps se déroule à l'extérieur à s'occuper des bêtes, à les entraîner, à les nourrir, à les soigner. — (Hans Ludwig Suppmeir, dresseur de tigres, « Établir la confiance jour après jour », page 53, dans Philosophie Magazine, Dossier Pourquoi aimons-nous les animaux ?, n° 77, mars 2014)
-
fixer
?- Attacher, affermir, rendre immobile, maintenir en place.
- Fixez cela contre la muraille avec un clou.
- Fixer au moyen d’une vis, d’une épingle.
- Fixez-le bien dans cette position.
- Fixer une persienne que le vent agite.
- Les coquillages se fixent aux rochers.
- (En particulier) (Chimie) Supprimer la volatilité de certains corps liquides ou gazeux, par addition ou combinaison avec un autre corps.
- Dans la fabrication des engrais chimiques, l’azote est fixé par de la potasse ou des sels ammoniacaux.
- (Art) Rendre inaltérable par un produit ou par un procédé.
- Fixer un cliché, une épreuve, un fusain, un pastel.
- Arrêter.
- Et pourquoi cela, Madame ? demanda Charles IX en fixant sur sa mère son œil vitreux qui, dans certaines occasions, devenait si pénétrant. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
- Je demeurai couché sur le dos, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Fixer ses yeux, sa vue, ses regards sur quelqu’un, sur quelque chose.
- Les regards se fixaient sur lui.
- (Sens figuré) Fixer les regards de quelqu’un, devenir l’objet de son attention.
- Fixer les soupçons sur quelqu’un, faire que les soupçons s’arrêtent sur lui.
- Fixer ses soupçons sur quelqu’un, les arrêter sur lui.
- Les soupçons se sont aussitôt fixés sur lui.
- Fixer ses vues sur quelqu’un, sur quelque chose, arrêter définitivement ses desseins, ses intentions sur quelqu’un, sur quelque chose.
- Regarder, observer ou dévisager attentivement et longuement.
- C'était la première fois qu'il se risquait au Montparnasse. Ses regards inspectèrent la salle et, finalement, se fixèrent sur la grosse nuque puissante de Feempje. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 143)
- La bonne femme s'assit sur les degrés du dais, aux pieds du jeune homme attentif et fixant sur elle un regard plein de bienveillance et de curiosité. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chapitre 1)
- Agir comme un connard irresponsable ne me ressemble pas. Ce n'est pas moi. Mes valeurs auraient dû me pousser à réfléchir davantage avant de devenir le raté qui me fixe chaque matin dans le miroir. — (Juliette Mey, Entre Deux, Butterfly Éditions, 2016, chap. 5)
- Nous sommes passés de la génération du téléphone qui était toujours fixe à la génération qui fixe toujours le téléphone. — (Michel Beaudry, Soyez gentils!, Le Journal de Montréal, 13 novembre 2021)
- (Sens figuré) Rendre permanent par le dessin, la peinture, l'écriture ou tout autre moyen.
- Fixer quelque chose sur le papier, sur la toile.
- Fixer ses idées sur le papier.
- L’écriture est l’art de représenter et de fixer la parole.
- Fixer une chose dans la mémoire, dans l’esprit, faire que la mémoire la retienne.
- Les règles de la grammaire ne se fixent dans la mémoire que lorsqu’on les a appliquées par des exercices nombreux et variés.
- Faire résider ou faire demeurer en quelque lieu.
- Les familles qu’il voulait fixer dans cette ville, pour en augmenter la population.
- Ceux que le commerce avait fixés dans cette colonie.
- Le vent a de la peine à se fixer.
- Le baromètre s’est fixé au beau.
- Établir, en parlant de la résidence, du domicile, etc.
- Pour être plus seul, Rollinat désirait fixer sa résidence soit à Fresselines, soit à Crozant, soit à Maison-Feyne. — (Émile Vinchon, Maurice Rollinat: étude biographique et littéraire, éditions Jouve, 1921, page 107)
- Tu es brave, hardi compagnon, adroit. Tu ne songes pas encore à t'établir, je veux dire à te marier, à te fixer dans une tenure ? — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 45)
- […], j'étais venu à Tanger. Mais la ville des légations m'ayant encore parue trop européanisée, j’avais pris la résolution de venir me fixer à Casablanca. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 12)
- Régler ; déterminer.
- Le départ fut fixé aux derniers jours d'octobre 1838. Louis Pasteur ne devait pas partir seul. Son plus cher camarade d'enfance, Jules Vercel, allait aussi à Paris pour préparer paisiblement son baccalauréat. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, page 15)
- Or, cette année-là, comme les élections étaient fixées au 1er mai, il y eut dès le 1er avril, une propagande active et des menées sourdes de part et d’autre pour conquérir les douteux. — (Louis Pergaud, Deux Électeurs sérieux, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Après leur numéro, les acrobates s'étaient installés au tabac où il avaient fixé rendez-vous au manager des girls. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Il ne faut pas commencer une activité physique en se fixant des objectifs inatteignables. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 7 septembre 2022, page 10)
- (Sens figuré) Faire qu’une personne ou une chose ne soit plus changeante, versatile, indécise, etc.
- De Montaigne à Pascal, le français a fait un bond vers la perfection. C’est Pascal qui a fixé le français. — (Jean-Paul Desbiens, Journal d’un homme farouche, Boréal, 1993, page 350)
- […] ils cherchent à créer une betterave monogerme . Dès que celle-ci aura été fixée héréditairement, on aura ainsi éliminé le facteur principal : le démariage des plants. — (Le Progrès agricole et viticole, 1920, volume 74, page 87)
- C’est un esprit inquiet que l’on ne saurait fixer.
- Ce tombeur, aucune femme ne peut le fixer.
- Cela est digne de fixer l’attention du public.
- Fixer une imagination vagabonde.
- Fixer l’opinion encore incertaine.
- (Anglicisme) (Pronominal) S’injecter une drogue dans le corps [1][2], se faire un fixe.
- Je suis fascinée, impatiente de faire sa connaissance. Car c’est la première fois que je rencontre quelqu’un dont je sais qu’il se fixe. — (Kai Hermann et Horst Rieck, Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…, 1978, traduit de l’allemand par Léa Marcou, 1981, page 77)
- Je retrouve devant l’entrée de mon immeuble la petite agitation nocturne habituelle : bicraves et camés graves qui se fixent dans la tasse Decaux dont ils ont bricolé le mécanisme ouvrant la porte coulissante. — (Paul Smaïl, Casa, la casa, Éditions Balland, 1998, page 165)
- Un peu plus loin ils rencontrent un lion s’apprêtant à se fixer à l’héroïne. — (site forum.macbidouille.com)
- (Médecine) Stabiliser un abcès.
- Il ne pouvait deviner qu’un simple scrupule « fixait » la douleur d’Yves, comme ces abcès que le médecin provoque. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 185)
- Stopper la progression d'un incendie dans son axe principal de propagation.
- L'incendie qui s'est déclenché près de Montpellier est désormais fixé.
-
totalité
?- Total ; tout.
- Aucun dealeur local ne peut satisfaire la totalité de la nouvelle demande de cannabis et les jeunes les plus téméraires s’aventurent dans les cités des environs pour s'approvisionner, […]. — (Thomas Sauvadet, Jeunes de rues et trafic de stups, dans Agora : Débats/jeunesse n° 48, L'Harmattan, octobre 2008, page 94)
- Cette fois, ce fut Damen que les soldats congratulèrent. Il revêtait désormais un prestige nouveau à leurs yeux, en tant que celui dont les réflexes affûtés avaient sauvé la moitié des hommes et la totalité du vin. — (C.S. Pacat, Prince Captif, tome 2 : Le Guerrier, traduit de l'anglais (Australie) par Louise Lafon, éd. Milady/Bragelonne, 2017, chap. 8)
-
gagner
?- Acquérir par son travail, par son initiative ou par l’effet des circonstances, du hasard.
- Des négociants viennent acheter à Méru les dentelles qu'ils ont commandées à S.-Crépin, à Valdampierre, à Lormaison, à Corbeil-Cerf, au Déluge, à Montherlant, à la Villeneuve-le-Roi. Les femmes gagnent par jour 10 à 12 sous; quelques unes sont payées 15 sous. — (Description du département de l'Oise, par le citoyen Cambry, tome 1er, Paris ,: chez Didot l'ainé, an XI, page 163)
- […], je me demande un peu s’ils sont contents de nourrir le père et la mère, quand ils ne gagnent seulement pas assez pour ribotter tout leur content. — (Émile-Ambroise Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, page 139)
- (Absolument) — Le bois ! Un simple chantier pour eux, où gagner mieux qu’en usine […]. Ceints de soleil, d’air vif, on tâche à sa guise, à son allure, sans surveillants. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- (Par analogie) — Gagner sa vie, gagner de quoi vivre.
- (Par analogie) — Il gagne largement sa vie.
- Obtenir un profit financier.
- Le maquignon de bas étage […] tripote, drogue, maquille, défigure un cheval sur lequel il veut gagner quelques pistoles. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
- Percevoir, en parlant des gains que l’on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier.
- Landiras jouait gros et, surtout, gagnait gros. On avait pu penser un instant qu'un joueur plumé avait voulu se venger de lui : l'homme se serait rendu chez Landiras pour régler ses comptes […]. — (Alain Moury, Cale sèche, Paris : chez Robert Laffont (collection "Agent secret"), 1965)
- — Ah, oui ! Tu continues d'espérer. La chasse aux yoyettes, c'est de la pure loterie. Dénicher l’oiseau rare équivaut à gagner le jackpot au loto ou au tiercé. — (Soh Magne, Le bourreau de Marie, Yaoundé : SOPECAM, 2003, page 79)
- (Vieilli) Être le vainqueur d’un autre joueur.
- Comme j'aime les jeux d'exercice, j'y jouois deux heures le matin et autant l’après-dînée. Mon mail s'acheva, à quoi je jouai avec madame de Frontenac, qui me disputoit sans cesse, quoiqu'elle me gagnât toujours : car, quoique je jouasse avec plus d'adresse, sa force l’emportoit par-dessus. — (Mémoires de Mlle de Montpensier, petite-fille de Henri IV, collationnés sur le manuscrit autographe, par A. Chéruel, tome 2, Paris : chez Charpentier, 1858, page 250)
- Une vieille marquise, fort mauvaise joueuse, disait à un seigneur qui la gagnait au jeu : “Pardi, Monsieur, il faut convenir que vous êtes bien heureux ...” — (s. n. d'auteur, Le bouffon français ou Recueil d'Anecdotes ; Blankenstein libraire, Paris, 1812, page 194)
- Obtenir, remporter quelque chose que l’on désire.
- Il a gagné le prix. — Vous ne gagnerez rien à lui tenir ce langage.
- Je n’ai pu le décider : voyez si vous y pourrez gagner quelque chose.
- Vous vous tourmentez inutilement pour cette affaire, vous n’y gagnerez rien.
- (Ironique) Subir un désagrément, un désavantage.
- Je me souviendrai de ce voyage, j’y ai gagné un bon rhume. — Il n’y a que des coups à gagner.
- Remporter un avantage dans une lutte ou un débat quelconque. — Note d’usage : Alors le complément direct indique l’espèce de lutte ou de débat.
- Je jouai même aussi une exhibition de tennis contre le champion de Panama, que je gagnai malgré mon peu d’entraînement […] — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Gagner une bataille, la bataille.
- Gagner sa cause.
- Gagner une gageure, un pari.
- Gagner la partie.
- (En particulier) (Droit) Avoir gain de cause, même quand il ne s’agit pas d’une affaire portée devant les juges.
- Gagner son procès.
- Acquérir, en parlant des avantages, des qualités, qu’une personne ou qu’une chose acquiert.
- Nous avons constaté l’essor d’Alès, et Nîmes même a gagné quelques milliers d’âmes de 1912 à 1926. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Le langage perdit en naïveté ce qu’il gagnait en élégance et en finesse.
- L’art ne gagne rien à ces innovations bizarres.
- (Sens figuré) Se concilier, se rendre favorable.
- « Et une telle femme me fait presque la cour ! pensait Lucien, tout en donnant à madame Grandet le plaisir de le gagner. Il faut que je sois un être bien singulier pour n’être pas heureux. » — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Gagner le cœur de quelqu’un.
- Sa bonté lui gagne tous les cœurs.
- Ce ton de franchise me gagna.
- Gagner l’amitié, l’affection, la bienveillance, la confiance.
- Gagner les bonnes grâces de quelqu’un.
- Gagner les suffrages, les voix.
- Il faut gagner cet homme-là, à quelque prix que ce soit, et l’avoir pour nous.
- Gagner le geôlier.
- Gagner les témoins.
- Gagner quelqu’un à force d’argent.
- Se diriger vers un endroit, et y arriver, y parvenir.
- Il gagna la grande salle de réception aux fauteuils surmontés de dorures. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Ayant franchi quelques glaces serrées, nous gagnâmes un chenal d’eau libre le long de terre où nous draguâmes, sondâmes et recueillîmes des températures et échantillons d’eau de mer. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- A quoi servait ce passage clouté, cependant indispensable pour gagner le monument fameux, à défaut d'un passage souterrain encore en construction, s'il était, en fait, mortellement dangereux de s'y aventurer ? — (Raymond Lindon, « La voiture d'enfant », dans Quand la justice s'en mêle, Robert Laffont, 1965)
- En 1145, un légat pontifical prêcha contre eux. Eudes et sa troupe d’« éonites » gagnèrent alors la Gascogne, puis la Champagne, […]. — (Michel Roquebert, L’Épopée cathare, Privat, 1970, volume 1, page 55)
- S’étendre, se propager, en parlant de choses qui progressent.
- Après la Coupe du monde de 2022, l’humanité entière fut gagnée par la fièvre du ballon rond et ce sport s’imposa comme la meilleure façon de régler les problèmes internationaux. — (Bernard Werber, « Du pain et des jeux », dans L'Arbre des possibles et autres histoires, Éditions Albin Michel, 2002)
- Le feu gagnait déjà la maison voisine. — Le feu a gagné jusqu’au toit.
- L’eau a gagné le second étage, jusqu’au second étage.
- La gangrène a gagné rapidement. — La contagion gagna plusieurs quartiers de la ville.
- Ces idées gagnèrent la jeunesse, gagnèrent parmi le peuple.
- Rejoindre ; rattraper.
- - Il nous gagne, s’écria le Français.- C’est un corsaire colombien, lui dit à l’oreille le capitaine. Nous sommes encore à six lieues de terre, et le vent faiblit. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Bellonte a suffisamment à faire, derrière moi, pour déterminer notre dérive et choisir les meilleurs caps, pour que nous puissions gagner au plus vite possible New-York […] — (Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
- (Religion) — Gagner le ciel, gagner le paradis.
- (Religion) — Gagner le jubilé, les indulgences.
- (Familier) (Sens figuré) Se diriger vers.
- La rue de la République, à Nouméa, partait d’une jetée de bois sur la mer et gagnait, après le palais blanc du gouverneur, une autre rue, que des maisons, […], flanquaient à droite. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- […] et les deux acrobates, gagnant à pied le métro le plus proche, s’éloignèrent rapidement. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Mais à Château-Landon il était possible de gagner directement La Chapelle-la-Reine sans traverser Nemours, vraisemblablement en passant par Verteau et Maison-Rouge. — (Bulletin philologique et historique (jusqu’à 1715), Comité des travaux historiques et scientifiques, Imprimerie nationale, 1961, page 137)
- (Intransitif) (Par extension) Procurer un gain à son détenteur, en parlant des gains que l’on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier.
- Telle carte gagne.
- Tel billet, tel numéro gagne.
- (Intransitif) Acquérir, en parlant des avantages, des qualités, qu’une personne ou qu’une chose acquiert.
- (Absolument) — Ce jeune homme a gagné depuis que je ne l’ai vu.
- (Absolument) — Cette statue gagne à être vue de ce côté.
- (Absolument) — Cette pièce de théâtre gagne beaucoup à la lecture.
- (Intransitif) (Familier) (Sens figuré) Mériter.
- Il gagne à être connu.
- Il ne gagne pas à être connu.
- (Transitif) Atteindre en parlant des besoins, des maux qui se font sentir par degrés, et, par extension en parlant de sentiments pesants.
- La faim me gagne.
- Le sommeil commençait à me gagner.
- Le froid m’avait déjà gagné.
- — Tout d’abord, ce qu’il faut, c’est que vous soyez attentive à veiller sur la santé de mon frère et à prendre toutes les précautions possibles pour qu’il ne gagne pas un coup de froid qui peut être mortel, en lui donnant une de ces congestions pulmonaires, auxquelles il est sujet, ou qui aggrave sa bronchite. — (Hector Malot, En famille, 1893)
- (Par extension) — Sa tristesse me gagne.
- (Par extension) — L’ennui nous gagne.
- (Pronominal) (Médecine) Se communiquer, se propager, en parlant de maladies.
- La rougeole se gagne facilement.
- La scarlatine se gagne.
- Catherine. – Ma pauvre mère, vos larmes se gagnent. — (Alfred de Musset, Lorenzaccio, acte I, scène 6, 1834)
- Allez rire et ne restez pas ici. C’est malsain : la vieillesse se gagne. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 192)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.