Dictionnaire des rimes
Les rimes en : repentir
Que signifie "repentir" ?
Afficher la définitionMasquer la définitionwiktionary.org
- Action de se repentir.
- Ravir à l’homme la possibilité d’expier son forfait par son repentir ou par des actes de vertu […] est à mes yeux le plus horrible raffinement de la cruauté. — (Robespierre, Discours sur la peine de mort, le 30 mai 1791 au sein de l’Assemblée constituante)
- Alors, quand toutes les facultés sont suspendues, nous devenons semblables aux démons de l’enfer qui ressentent le remords, mais qui ignorent le repentir. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- J’ai ramené au bien et au repentir des misérables qui, un soir, au détour d’un chemin, avaient voulu m’assommer à coups de hache. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
- Aujourd'hui son bonheur se traduisait par un amour dans la tombe, une épouse dans l'ombre, nul enfant sous le toit et la richesse dans les bras : une vie au gré du destin. Et le cœur de Naalo devint un nid de repentirs. — (Ansomwin Ignace Hien, Au gré du destin, éditions G.T.I., 1997, page 129)
- (Peinture) Trace d’une première idée qu’on a voulu corriger.
- Il y a des repentirs dans ce tableau.
- (Coiffure) Cheveux roulés en tire-bouchons, qui pendent des deux côtés du visage. (au pluriel uniquement)
- Malgré son étiquette si pompeuse, l’institution Ouly était une petite école pour rire, tenue par une vieille dame à repentirs, que les enfants appelaient : « bonne amie ». — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, page 256)
- Elle portait, à seize ans, des deux côtés de son blême visage, ces tombantes boucles que l’on nommait des "repentirs", et ses yeux bleus rêveurs s’étonnaient près de ses cheveux noirs. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "repentir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
-
endolorir
?- Rendre douloureux.
- Mais les secousses de la voiture, les cahots de la voie et aussi l’absence totale de coussins sur le bois du siège endolorissaient rapidement ses membres. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, L’Agent secret, 1911, Éditions Robert Laffont, Bouquins, tome 1, page 1031)
- La marche avait endolori ses pieds.
- Ils reposaient leurs membres endoloris.
- (Sens figuré) Après tant d’épreuves, son âme est encore tout endolorie.
-
raidir
?- Tendre ou étendre avec force ; rendre raide.
- A peine fûmes-nous à bord que des rafales isolées tombèrent de la montagne ; l'une d'elle fut si violente et soudaine que le bateau raidissant sa chaîne cassa ses bosses ; le frein du guindeau se rompit ; il fallu mouiller le seconde ancre pour pouvoir le réparer. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Raidissez le bras. — Raidissez la jambe. — Ses membres se raidissent.
- Il eut bien de la peine à recouvrer l’usage de ses jambes, que le froid avait raidies.
- (Intransitif) Devenir raide.
- Faites raidir les tranches de bacon dans une poêle antiadhésive. Ôtez du feu et laissez refroidir. — (Anne Garnier Carole Dufour, Le nouveau régime booster métabolique : Brûler plus de graisses sans effort, Éditions Leduc.s, 2019)
- Le linge mouillé raidit par la gelée.
- (Pronominal) Se tendre.
-
effleurir
?- (Chimie, Minéralogie) Devenir à l’état d’efflorescence.
- […]; en examinant les vieilles fenêtres en France, on voit, dit-il, que le côté du verre exposé à l'air est imprégné de molécules salines ; et le plus beau verre, qui contient une forte proportion d'alcali, s’effleurira, c'est-à-dire, que le sable et l'alcali se désuniront si on le garde long-temps dans des lieux souterrains. — (Samuel Parkes & Martin, Essais chimiques sur les arts et les manufactures de la Grande-Bretagne, traduit par M. Delaunay, tome 2, Paris : chez L. Colas, 1820, p. 325)
- La chaux doit, autant que possible, être éteinte aussitôt qu'elle est cuite et refroidie; plus on attend et plus elle perd de ses qualités. Si l'on différait trop longtemps, elle s’éventerait, c'est-à-dire s’effleurirait en absorbant l'humidité de l'air, et ne serait plus bonne. — (Théodore Bona, Manuel des constructions rurales, 3e édition refondue, Bruxelles : Librairie agricole d’Émile Tarlier, non daté (1861), p. 25)
- (En particulier) Qualifie un minéral qui tombe en poudre, notamment en perdant son eau de cristallisation ou de constitution.
- En quelques points de la surface de la craie, on rencontre des boules arrondies que l’on prend dans le pays pour des aérolithes ou pour des pierres de tonnerre. Ce sont des pyrites de fer qui se décomposent et s’effleurissent très facilement à l’air. — (Edmond Nivoit & Jules Alexandre Alphonse Meugy, Statistique agronomique de l'arrondissement de Vouziers, département des Ardennes, Charleville : chez Eugène Jolly, 1873, p. 140)
-
dédire
?- (Pronominal) Ne pas tenir sa parole, se délier d’un engagement verbal.
- Il nous avait promis cela, il s’est dédit. - Il avait offert mille francs, il s’en est dédit.
- « Mais bon Dieu, marie-toi donc avec ton Jean-Foutre ! moi, je te donne mon consentement. Tu l’as, c’est promis et parole donnée. Il n’y a plus à s’en dédire. Allons, marie-toi ! marie-toi vite ! » — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 170)
- (Pronominal) Se rétracter, dire le contraire de ce qu’on a dit, désavouer ce qu’on a dit.
- Les témoins se sont dédits. - Vous avez dit du mal d’un tel, vous êtes obligé de vous dédire.
- Lucienne. — Et je ne m’en dédis pas ! Ah ! je vous ferai voir que je n’ai qu’une parole ! — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
- (Vieilli) Désavouer quelqu’un de ce qu’il a dit ou fait en notre nom.
- Je ne vous en dédirai pas. - N’allez pas me dédire.
-
luire
?- Émettre de la lumière.
- Le 16, le soleil luisait; mais, sur le soir, la bruine s'éleva. — (Édouard Charton, Voyageurs anciens et modernes ou choix des relations des voyages, Paris : Magasin pittoresque, 1863, vol.4, p.131)
- D'un côté se trouvait sa fenêtre ; la lumière vive du jour luisait à peine à travers les persiennes et les rideaux épais. — (Jasper Kent, Douze, Bragelonne, 2011)
- Émettre une douce lumière.
- […] ; les étoiles se mêlent au feuillage noir ; les lucioles luisent dans l'herbe comme un reflet des étoiles. — (Alphonse Karr, Devant les tisons, Paris : Librairie nouvelle, 1857, page 238)
- (avec un complément indirect)
- Je voyais à travers chacune des ses paroles les yeux noirs qui me luisaient, tout pleins de moi. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, page 176)
-
ravir
?- Enlever de force, emporter avec violence.
- Si les pages qui vont suivre voient un jour la lumière du soleil, c’est qu’elle m’aura été ravie. — (Pierre Benoit, L’Atlantide, Albin Michel, 1920, p. 9-14)
- Ravir une femme.
- Ravir le bien d’autrui.
- (Sens figuré) Enlever, ôter, priver de.
- Ravir l’honneur à une jeune fille.
- Ravir à un général la gloire d’une action.
- Charmer l’esprit ou le cœur de quelqu’un, faire éprouver un transport d’admiration, de plaisir, etc.
- […]: c’est qu'on mesure mal l’état de divertissement où sont ravis tant de jeunes gens qui découvrent à la fois les livres et les femmes. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.44)
- Les merveilles que vous me racontez me ravissent.
- C’est une beauté qui ravit tous ceux qui la voient, qui ravit tous les cœurs.
- Cette musique a ravi tous ceux qui l’ont entendue.
- Ce prédicateur, cet avocat a ravi tout son auditoire.
- Un homme ravi de joie, ravi d’admiration, Un homme transporté de joie, d’admiration.
- (Par hyperbole) (Familier) En éprouver un vif plaisir, en être bien aise.
- L’élu se ravit que désormais les visiteurs puissent se promener sur le toit de la criée. — (journal Sud-Ouest, supplément Guide saison 2022 Charente-Maritime, page 22)
- (Religion) Transporter au ciel.
- Saint Paul fut ravi jusqu’au troisième ciel.
- (Mysticisme) Être transporté hors de soi par une forte contemplation et par l’effet d’une grâce particulière.
- Ce saint a été plusieurs fois ravi en extase.
- (Sens figuré) Être transporté hors de soi par un sentiment très vif d’admiration.
- À la vue de ce grand monument, il fut ravi en extase.
-
parcourir
?- Traverser un espace en divers sens.
- La route parcourt une campagne fertile et variée par des jardins, par des plantations de noyers, et par des coteaux plantés de vignes: à gauche, ou suit presque constamment le cours de l'Yonne; […]. — (Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, Firmin Didot frères, 1837, vol.1 (Route de Paris à Genève : Département de l'Yonne), page 1)
- […] ; il vous disait comment le noble seigneur régentait le pays quand […] les pataches et les diligences parcouraient la grand’route, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 7 de l’édition de 1921)
- […] ; les bourrasques qui parcourent, sans que rien les puisse arrêter, la Beauce, hurlaient sans interruption, depuis des heures ; il avait plu et l’on clapotait dans des mares ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Dans l’intérieur, qui paraissait impraticable, des routes se sont miraculeusement ouvertes, parcourues aussitôt par des automobiles. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Des escouades de camelots ont parcouru les boulevards en hurlant le titre d’une nouvelle feuille : « Demandez Le Glaive ! » — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 207)
- John Wesley seul prêcha quarante mille sermons et parcourut deux cent cinquante mille milles. — (André Maurois, Histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, p.601)
- La lumière rasante faisait paraître d’un noir intense les nuées qui furent déchirées bientôt par cent autres lumières, lorsque les éclairs les parcoururent. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
- (Par extension) Traverser un espace jusqu’à un but déterminé.
- Ce cheval a parcouru le champ de courses en cinq minutes.
- Le soleil parcourt tout le zodiaque en un an.
- (Sens figuré) Passer sur ; envahir.
- Une expression matoise parcourut le visage de l’homme aux lunettes noires sans qu'il me fût possible d'en deviner la cause. — (Francis Carco, Les Hommes en cage, Éditions Albin Michel, Paris, 1936, page 79)
- […] ; et le gros des troupes était une horde de barbares dans toute la force du terme. C’était de ces figures étranges qui avaient parcouru la Gaule au temps d’Attila et de Chlodowig, […]. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - éd. Union Générale d’Édition, 1965)
- Le fait est que, bon an, mal an, Garrote avait eu le temps de parcourir sur les galères du roi la côte de Barbarie et les îles d'Orient, dévastant les terres des infidèles, pillant leurs caramousals et leurs navires de guerre. — (Arturo Pérez-Reverte, Les Aventures du Capitaine Alatriste, vol.3 : Le Soleil de Breda, Seuil, 2013, chap.7)
- (Sens figuré) Passer, examiner rapidement.
- […], mais vous comprenez bien qu’on ne donne pas une égale attention à tout ce qu’on lit ou qu’on parcourt dans les colonnes des journaux […]. — (Louis Pergaud, Un point d’histoire, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- De cette hauteur, la vue, l’œil parcourt tout l’horizon.
-
advenir
?- Arriver ; survenir ; se produire, se passer.
- Au fond, il ne doutait pas de ce qui était sur le point d’advenir, et il connaissait la silhouette qui allait apparaître au cadre de la porte. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- En dehors de la cellule familiale, ils se désintéressent totalement du sort de leurs voisins et à plus forte raison de tout ce qui peut advenir à une ville ou à une province éloignée. — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, page 33)
- Arriver par accident ou par surprise. — Note : Il n’est employé qu’à l’infinitif et à la troisième personne.
- – Vous êtes bien venu seul à Rome. Que voulez-vous qu’il vous advienne ? — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- Si le temps est très beau, il advient que j’en sois légèrement angoissé : c’est mauvais signe qu’il fasse si beau, quel saumâtre événement cela peut-il bien présager ? — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, réédition Folio, page 112)
- M’est avis que ces apparences exprimaient tout simplement une grande timidité qui, jointe, comme il advient, à de la naïveté, composait un être de gaucherie. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
- (Rare) Parvenir ; atteindre ; aboutir à quelque chose.
- Propulsé hors d’une nature qui le voudrait continu, devenant par sa discontinuité même à la fois renégat et remarquable, le mouvement advient à la création esthétique. — (Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006, collection Folio, pages 188-189)
- La sortie de Je bande a constitué pour moi une véritable renaissance, comme si, à 34 ans, j’advenais enfin à la vie. M'accouchais. C'est formidable. — (Érik Rémès, Le Maître des amours, éditions Textes Gais, 2015)
- (Familier) Devenir.
- — Qu’adviendrons-nous demain ? se demandait à haute voix le vieux banquier dont le parler conservait les mauvaises tournures de ses origines plébéiennes. — (Camille Pascal, L'Été des quatre rois : Juillet-août 1830, éditions Plon, 2018)
-
fourbir
?- Rendre clair un objet de métal en le frottant.
- Il faut rendre cette justice aux Hollandais : toutes les fois qu’une pellicule de terre végétale recouvre cette poudre bonne à remplir des sabliers et à fourbir des chaudrons qui forme le fond de la lande, ils essayent d’y faire mordre une végétation quelconque. — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, page 140)
- Et moi, dit l’hôte, […], moi, je vais fourbir ma salade, emmêcher mon arquebuse et affiler ma pertuisane. On ne sait pas ce qui peut arriver. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
- Une étrange terreur pèse sur Paris. Des bruits sinistres se répandent. Parfois, des bandes hurlantes passent, avec des physionomies d’émeute. Le bourgeois fourbit sa vieille pertuisane. — (Michel Zévaco, Le Capitan, chapitre I, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- Faute de mieux, j’ai ciré toutes les chaussures pour demain et j’ai fourbi les casseroles : je suis éreintée ! — (Colette Vivier, La maison des petits bonheurs, 1939, éditions Casterman Poche, page 84)
- ... ; le petit bureau Louis XVI dont sa mère fourbissait la galerie de cuivre deux fois l’an, et ce grand meuble qui est très, très vieux, et qui était venu par étapes successives de trente à cinquante ans des grands-parents de son père qui, lui, était du canton de Neuchâtel. — (Joseph Zobel, Rue Blomet ou Paris by night, dans le recueil Le Soleil partagé, 1964, page 53)
- (Par extension) Assurer le nettoyage des pièces d’une maison.
- Vous voilà ! Voleur ! Vaurien ! Propre à rien ! Et mes cuivres sont-ils fourbis ? Et les tapis battus ? Les mites devront-elles manger mon pauvre avoir ? glapit le vieux juif en menaçant du poing l'escogriffe qui lui fait une large grimace. — (Jean Ray, Harry Dickson, La Bande de l'araignée, 1932)
- Une jeune fille de dix-sept ans se marie et dès le lendemain elle règne sur une grande maison de douze pièces avec une seule petite bonne à sa remorque pour fourbir. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 326)
- (Vulgaire) Coïter, par analogie avec le mouvement de va-et-vient de celui qui fourbit une arme.
- Cornabœux, dit Mony, encule-moi pendant que je fourbirai cette jolie fille. — (Guillaume Apollinaire, Les Onze Mille Verges)
-
anoblir
?- Rendre noble, donner à quelqu’un le titre et les droits de noblesse.
- Pour le prince, Othon n’était qu’un archer, plus adroit que les autres, il est vrai ; mais l’adresse n’anoblissait point, et les nobles seuls avaient droit de porter des cheveux longs. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Tandis qu'on contestait aux juifs les droits de bourgeoisie, un juif parvint à se faire anoblir : Liefman Calmer, devint baron de Picquigny et vidame d'Amiens. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle ne fait nul cas du prestige et de l'ancienneté des familles : celle de Charles-Augustin et la sienne lui paraissent assez bonnes pour n'y pas ajouter un éclat emprunté. Dans son langage dru de femme bien née d'ancien régime, Reine dirait que la truie n'anoblit pas le cochon. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 160)
- Donner à quelque chose un caractère noble.
- Et la vanille Bourbon, à la puissance aromatique enivrante, d’anoblir flans, macarons, riz au lait, tartes aux pommes, gaufres, crèmes pâtissières et autres vanillades. — (France Mutuelle Magazine, n° 175, janvier-février-mars 2023, page 53)
- (Pronominal) Devenir noble.
- Ce métal s'anoblit avec le temps.
-
reluire
?- Briller, luire en réfléchissant la lumière.
- La mer reluisait comme un miroir. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Remonte, remonte, cria la jeune femme ; je vois reluire des épées, je vois briller la mèche d’une arquebuse. C’est un guet-apens. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IX)
- Tout cela est neuf ; le cuivre et l’acier de la locomotive reluisent, les voitures sont éclatantes, […]. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre V, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- C'est un étalon barbe, pas grand, mais bien formé et bien musclé, un alezan étoile de blanc au front, dont la robe dorée, la queue et la crinière blondes, longues et fournies, reluisent au soleil. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 112)
- (Sens figuré) Paraître avec éclat.
- La vertu reluit davantage dans l’adversité.
-
salir
?- Rendre sale.
- Prenez garde de ne pas salir ce plancher.
- Je me suis sali les mains à manier des livres pleins de poussière.
- Cet enfant s’est sali.
- Les étoffes blanches se salissent vite.
- (Sens figuré) Présenter à l’imagination des idées déshonnêtes.
- Ce conte, cette description salit l’imagination.
- Quoi que dise la directive eCommerce, il n’y a quasiment plus rien qui relève de l’exercice de la liberté d’expression sur les plateformes centralisées lucratives, sinon une grotesque parodie qui salit le nom même de la liberté et nous en fait peu à peu perdre jusqu’au sens ! — (Lionel Maurel, La directive Copyright n’est pas une défaite pour l’Internet Libre et Ouvert !, 15 septembre 2018 → lire en ligne)
- S’il reste aux républicains un brin ou deux de décence, ils exprimeront ouvertement leur désaveu pour l’homme indigne qui salit sa fonction et bafoue les règles. — (Luc Laliberté, Patience et longueur de temps, Le Journal de Québec, 6 novembre 2020)
- (Sens figuré) (Familier) Déshonorer quelqu’un par des propos, par des calomnies.
- Salir quelqu’un, salir la réputation de quelqu’un.
- (Sens figuré) (Pronominal) Se dit d’un homme qui a fait quelque action nuisible à sa réputation.
- En agissant de cette sorte, il s’est sali.
- (Sens figuré) (Jardinage, Sylviculture, Agriculture) Se couvrir d’adventices, d’acrû, de plantes indésirables.
- Une fois les peuplements ouverts et en l’absence de semis, le parterre des coupes se « salit » (colonisation par les graminées, par les rejets de taillis…) et, peu de temps après, le terrain devient impropre à la germination des glands. — (Thierry Sardin, Chênaies continentales, Office national des forêts, 2008, ISBN 978-2-84207-321-3 → lire en ligne)
-
discourir
?- Parler sur une matière avec quelque étendue.
- Lui, discourt, explique une affaire. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Bourgons et Renaud revenaient à Bordeaux en discourant, chemin faisant, sur les dogmes de notre religion, et sur ses bienfaits civilisateurs.— (M. de Robville, Histoire de quatre fils Aymon, vers 1860)
- Ils l’entourèrent, discourant tous à la fois et voulant, comprit-il, qu’il les menât immédiatement à l’endroit où il avait laissé l’aéroplane. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 387 de l’édition de 1921)
- Quand De la Hodde discourt, elle écoute toute frémissante d’allégresse ! — (Victor Avril, Littérature contre-révolutionnaire, dans Les Veillées du Peuple, Paris, n°2, mars 1850, page 124)
- Parler longuement et inutilement.
- […], M. de Persigny discourait à perte de vue, au hasard de l’improvisation, sans se préoccuper de la discrétion de ses interlocuteurs. — (Gustave Rothan, Souvenirs diplomatiques : L'Europe et l'avènement du Second Empire, Éditions Calman-Lévy, 1890, p. 165)
-
duumvir
?- (Antiquité) Personnage qui, chez les Romains, faisait partie d’un collège, d’un tribunal composé de deux magistrats.
- Il avait refusé de vendre une maquette en plâtre coloré de la cathédrale de Durham et la miniature d’un dromon en bois polychrome voisinant avec le masque frigide d’un duumvir inconnu. — (Jean Ray, La Cité de l’indicible peur, 1943)
-
ressentir
?- Sentir ; éprouver.
- J'avais les membres roidis et ressentais une si pénible lassitude, que je restai longtemps sans pouvoir trouver le sommeil. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 94)
- Ma myopie renforçait encore l'impression d'irréel, de cauchemar que je ressentais et contre laquelle je m’efforçais de lutter, dans la crainte de voir se briser ma volonté. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- Le changement des conditions objectives de la lutte, qui imposait la nécessité de passer de la grève à l’insurrection, fut ressenti par le prolétariat bien avant que par ses dirigeants. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe (Pravda du 22 janvier 1925), Moscou : Éditions du Progrès, 1966, page 6)
- Vous ressentirez une fatigue générale. — (journal Le Télégramme, édition Morlaix, 3 août 2022, pages locales, page 24)
- Il a ressenti vivement la perte de son ami. — Il est également incapable de ressentir et d’inspirer l’amitié. — Je ressens un grand plaisir, une grande joie de votre retour.
- (Pronominal) Sentir quelque reste d’un mal qu’on a eu.
- Il se ressent encore de sa maladie, de sa blessure, de son opération.
- Dans l’antichambre, je trouvai Wood qui mettait son paletot. Il ne semblait pas se ressentir de sa crise. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 100)
- (Pronominal) (Sens figuré) Éprouver les suites, les conséquences fâcheuses, l’influence nuisible de quelque chose.
- Il se ressentira longtemps des désordres de sa jeunesse.
- Ce pays a été ruiné par la guerre, il s’en ressentira longtemps.
- Il se ressent de la mauvaise éducation qu’on lui a donnée, de la fréquentation des mauvaises compagnies.
- Son ouvrage se ressent de la précipitation avec laquelle il l’a composé.
-
jouir
?- Profiter d’une chose que l’on a, que l’on possède, en goûter le plaisir, l’agrément, etc.
- Ce prologue le fatiguait, mais il ne pouvait l’écourter. L’éloquence fait partie de la fonction ; et il en avait trop complaisamment composé les périodes pour se priver de la satisfaction de s’entendre les phraser et de jouir de ces cadences étudiées. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Éprouver du plaisir.
- Jouir de l’embarras de quelqu’un, de son affliction, de sa détresse, etc.
- Avoir la liberté ou le temps de conférer avec quelqu’un, de l’entretenir, d’en tirer quelque service, quelque plaisir.
- Nous jouirons de lui pendant son séjour à la campagne. – Il est si occupé que l’on ne saurait jouir de lui.
- Bénéficier.
- Je ne puis pas comprendre, autrement que par un souffle de Dieu, l’inconcevable popularité dont je jouis ici. — (Lamartine cité par Philippe Sollers in Éloge de l’infini, Gallimard, page 452)
- La Belote […] inspira même chansonniers et revuistes, et l'extraordinaire faveur dont elle jouit ne paraît guère prête de s’éteindre. — (Frans Gerver, Le guide Marabout de Tous les Jeux de Cartes, Verviers : Gérard & Cie, 1966, p.51)
- Léon ayant regagné l'Alsace pour quelque temps, ils jouissaient tous deux d'une parfaite tranquillité. Ils lantiponnaient sur tout et sur rien. — (Jean-Gabriel Gobin, La cougar, BoD/Books on Demand, 2016, chap. 10/p. 113)
- Avoir l’usage, la possession actuelle de quelque chose et en tirer tous les profits, tous les avantages, etc.
- Tout Français jouira des droits civils. […] Tout étranger jouira en France des mêmes droits civils que ceux qui sont ou seront accordés aux Français par les traités de la nation à laquelle cet étranger appartiendra. […] L’étranger qui aura été admis par le Gouvernement à établir son domicile en France, y jouira de tous les droits civils, tant qu’il continuera d'y résider. — (Code civil des Français, Livre Premier - Des Personnes, Titre Premier - De la jouissance et de la privation des droits civils, 1804)
- Cet homme avait un rang élevé, et jouissait d’une grande considération parmi ses frères. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Quant au duc d’Orléans, il jouissait de peu de popularité et de peu d’influence. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- …bien que la production allemande se soit fort améliorée depuis quelques années, elle ne jouit point encore d’une très haute considération. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, p.356)
- En Belgique, les chèvres étaient assez nombreuses et jouissaient d’une certaine faveur auprès des campagnards, surtout dans les pays ardennais. — (Paul Diffloth, Zootechnie : Chêvres, porcs, lapins , Encyclopédie agricole J. B. Baillière, & fils, 4e éd., 1918, page 62)
- La foule entend désormais jouir des raffinements réservés naguère à de peu nombreux privilégiés. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Ces messieurs étaient attablés autour de vichy-fraise et de vittel-cassis, innocents breuvages qui […] jouissent d’une rassurante vertu, laissant le cerveau lucide quand on se voit obligé de boire souvent et qu’on ne veut pas courir le risque de s’enivrer. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- (Absolument) Éprouver un vif plaisir, un orgasme, etc.
- Quand je baise, la peur que j’ai d’être enceinte me coupe toute envie de jouir. Je n’aime pas baiser. — (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV)
- Et j’flippe à n’en plus pouvoir trembler, j’ai joui à n’en plus pouvoir bander […]. — (Casseurs Flowters, Des histoires à raconter, 2014)
- Ne demandez jamais à une dame la permission d’aller jouir avec sa fille. Dites « jouer », qui est plus décent. — (Pierre Louÿs, Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation, 1926)
- Il la coquait sans arrêt comme s'il avait hâte de rattraper des années d’abstinence forcée et elle s'amusait plus de ce qu'elle tenait pour des gamineries de bougre trop savant, qu'elle ne jouissait vraiment. — (Raphaël Confiant, Le nègre et l'amiral, Éditions Grasset & Fasquelle, 1988, chap. 5)
-
gémir
?- Exprimer sa souffrance d’une voix plaintive et non articulée.
- Je l’entendis gémir toute la nuit.
- Il se drapa en vitesse dans son hermine et ouvrit la porte à la volée, ignorant la plainte gémie par son épouse —ah, les femmes ! — (Dave Duncan, Sous une autre lune, 2012)
- (Sens figuré) Se plaindre sous l’excitation de la tyrannie, de l’injustice, du malheur, etc.
- Gémir sous le joug.
- Gémir dans l’oppression, dans l’esclavage, dans les fers.
- La nation avait longtemps gémi sous le poids des impôts.
- Gémir sous le poids des afflictions.
- Il gémissait de voir triompher l’injustice.
- Pousser un cri languissant et plaintif, en parlant de certains oiseaux.
- La colombe, la tourterelle gémissent.
- (Sens figuré) (Poétique) Faire entendre quelque bruit, quelque murmure, en parlant de choses inanimées.
- Le vent gémit dans les forêts.
- (En particulier) Se dit des choses qui s’affaissent bruyamment sous le poids, sous la pression d’une autre, ou que l’on suppose ne pouvoir la soutenir qu’avec effort.
- […] dans la nuit, les pauvres arbres, sous l’effort du vent plus colère, gémissent et craquent. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Il fait gémir les coussins, les coussins gémissent sous le poids de son corps. — La terre gémit sous ses pas.
- (Sens figuré) Par plaisanterie, Faire gémir la presse : Faire beaucoup imprimer. Se dit surtout des écrivains qui sont plus remarquables par leur fécondité que par leur talent.
-
ravilir
?- Rendre vil et méprisable.
- Une si étrange dépravation qui nous fait voir d’un côté combien notre orgueil nous enfle, et de l’autre combien notre sensualité nous ravilit… — (Bossuet, Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même)
- Ô qu’il était éloigné de ces prédicateurs infidèles qui ravilissent leur dignité jusqu’à faire servir au désir de plaire le ministère d’instruire ! — (Bossuet, Oraisons funèbres)
- (Pronominal) Devenir vil et méprisable.
- Ce que Jésus-Christ est venu chercher du ciel en terre, ce qu’il a cru pouvoir, sans se ravilir, racheter de son sang, n’est-ce qu’un rien ? — (Bossuet, Oraisons funèbres)
- Il ravilit entièrement l'autorité des Conciles, prétendant qu'ils n'ont pouvoir que de consulter & d'exécuter. — (Pierre Bayle, Jean Le Clerc, Jacques Bernard, Nouvelles de la république des lettres, 1703)
-
rondir
?- Prendre une forme ronde.
- Nous suivîmes la côte environ à trois lieues d’éloignement ; elle rondissait insensiblement. — (Bougainville, Voir t. II, page 919)
- Tailler l’ardoise.
-
détenir
?- Garder en sa possession.
- La baronnie d’Elbeuf fut adjugée à René, duc de Lorraine ; mais Jean de Rieux déclara ne pouvoir rendre les 12 fiefs dont Bourgtheroulde faisait partie, attendu que, donnés en mariage à sa sœur, ils étaient détenus par des tiers. — (M. Charpillon , Dictionnaire historique, géographique, statistique de toutes les communes de l'Eure, Les Andelys : chez Delcroix, 1868, page 522)
- D’ailleurs, ne lui avait-il pas posé une sorte d’ultimatum en ordonnant qu’elle lui procurât les documents détenus par Brunof dans un délai d’une semaine ?… — (Claude Orval, Un Sursis pour Hilda, Librairie des Champs-Élysées, 1960, deuxième partie, chapitre VI)
- […], on chercha, dans le Midi, à les déposséder des biens immeubles qu'ils détenaient en vertu d’usages très anciens. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Les géants de l’acier ont détrôné les rois du pétrole en 2004. […]. Les dix hommes d'affaires qui se sont le plus enrichis l'an dernier détiennent tous des parts dans les sociétés métallurgiques. — (Pascal Airault, Russie : les magnats de l'acier roulent sur l'or, Jeuneafrique.com, 14 février 2005)
- (En particulier) Garder quelqu’un ; le retenir en prison.
- On l’a détenu arbitrairement pendant huit jours. — Être détenu prisonnier. - Être détenu pour vols.
-
ouvrir
?- Faire que ce qui était clos, fermé, ne le soit plus.
- Qui ouvrirait les armoires de la belle, ou soulèverait certains rideaux, ne serait pas peu surpris d’y trouver le bonnet de nuit du maître, sa ceinture élastique, son tire-botte et sa cire à favoris. — (Robert Burnand, La vie quotidienne en France en 1830, 1943, page 64)
- Longtemps, Bert resta assis, seul dans un coin de la cabine de Kurt, ne bougeant pas, ne s’aventurant même pas à ouvrir la porte. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 173 de l’édition de 1921)
- Elle tenta d’entraîner François et, comme celui-ci l'envoyait paître, elle l’abandonna, ouvrit la porte et la referma violemment. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 49)
- Ruisselant de sueur, Jimmy tourna la clef dans la serrure, ouvrit la porte, fit entrer Jim et la referma derrière lui. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- La veille de ce mercredi 12 juin, mon ami Maurice Andin, […] avait été arrêté à son domicile et la police y avait laissé un inspecteur. C’est lui qui m’ouvrit la porte lorsque je tombai dans la souricière. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Absolument) — Ne m’avez-vous pas dit qu’un instant avant que nous arrivassions, un homme sans chapeau […] était venu frapper à la porte, et qu’on lui avait ouvert ? — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VIII)
- (Intransitif) Cette porte n’ouvre jamais. — Ce magasin n’ouvre pas le dimanche.
- Donner accès — Note d’usage : Il est alors suivi d’un adverbe de lieu.
- Cette porte ouvre sur le jardin, sur la cour.
- (Sens figuré) Accueillir dans, recevoir dans.
- Ouvrir sa maison à quelqu’un. — Elle lui ouvrit son lit.
- Écarter ce qui est replié, ce qui est joint ; déployer.
- Le uhlan mettait pied à terre, ouvrait tranquillement une carte ou un calepin, prenait des notes. — (Paul et Victor Margueritte, Le Désastre, Plon-Nourrit & Cie, 86e édition, page 184)
- Elle ouvrit chaque lame, passa le doigt sur le fil et les referma lentement. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Entamer, fendre, couper, percer quelque chose.
- Avec la serpette, elle fend en quatre l’extrémité d’un brin qu’elle engage ensuite dans le fendoir. Un coup de manivelle et le brin s’ouvre en quatre comme une corolle de fleur. — (François Gardi, L’Atelier du vannier, Éditions de Borée, 2004, page 383)
- Ouvrir un abcès, la veine, le ventre.
- Pratiquer une ouverture, une percée.
- Au XVe siècle, une fenêtre à meneaux fut ouverte dans cette abside, à travers la maçonnerie visigothe. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Il avait fait ouvrir une vue sur son voisin, on la lui a fait boucher.
- On a ouvert beaucoup de chemins, de routes dans cette forêt, dans ce bois.
- Ouvrir un mur, ouvrir une forêt, un bois.
- Commencer à creuser, à fouiller.
- Ouvrir la tranchée, la terre pour faire un fossé.
- Ouvrir un canal, une mine, une carrière.
- (Sens propre) ou (Sens figuré) Rendre une chose accessible, en faciliter l’abord, le passage, l’occupation.
- Ouvrir les ports, les mers, les chemins.
- Il lui a ouvert l’accès aux dignités.
- Il m’a ouvert la route de la fortune.
- Il lui a ouvert la carrière de l’administration.
- Une belle carrière s’ouvre devant vous.
- (Sens figuré) Commencer ; mettre en route ; débuter.
- On ouvrit la séance par un sacrifice à Cérès. Des prêtres immolèrent un jeune cochon, et de son sang purifièrent l'enceinte. — (E.-F. Lantier, Voyages d’Anténor en Grèce et en Asie, Paris : chez Belin & chez Bernard, 2e édition revue, an VI, tome 1er, page 5)
- En ouvrant la séance, M. Hibon, président sortant, adresse ses remerciements pour le grand honneur, qui, dit-il, fut fait à un amateur de présider les travaux de la Société en 1936, puis il prie M. Allorge de lui succéder au fauteuil présidentiel. — (Bulletin de la Société botanique de France, tome 84, séance du 8 janvier 1937, page 1)
- Ouvrir la campagne par un siège, par une bataille.
- La succession est ouverte.
- Ouvrir le scrutin, un cours de médecine.
- Ouvrir la dispute. — Son nom ouvre la liste.
- Ouvrir le bal, une exposition, une foire.
- Ouvrir un magasin, une banque, de nouvelles écoles, une boutique.
- (Pronominal) Se confier à quelqu’un, lui déclarer ce qu’on pense sur quelque chose.
- Il ne s’était jamais ouvert de cela à personne.
- Il y avait si longtemps qu’un Français ne m’avait parlé français, que je le trouvai éloquent, quoiqu’il fût parfaitement sot, et, au bout d’un quart d’heure, nous nous ouvrîmes l’un à l’autre sur notre position. — (Alfred de Vigny, Servitude et grandeur militaires, 1835)
- « Vous écrivez, cela devait être. Que vous en fassiez un secret pour ceux qui vous entourent, c’est une timidité que je comprends, et je vous sais d’autant plus gré de vous ouvrir à moi. » — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 96)
- — Vous verrez que je suis votre amie, votre sincère amie, et que vous avez tort de ne pas vous ouvrir à moi, entièrement avec franchise, avec abandon, comme vous le feriez avec votre mère. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
- Madame de Matefelon ne se tint pas de s’en ouvrir à M. l’abbé Puce, curé de Montsoreau. — (René Boylesve, La leçon d’amour dans un parc, Calmann-Lévy, 1920, réédition Le Livre de Poche, page 30)
- L’acharnement de Monique risquait de troubler le cours paisible de l’existence de Me Valfroicourt qui résolut d’aller s’ouvrir de ses soucis à sa femme. — (Charles Exbrayat, Au « Trois cassoulets », Le Masque, Librairie des Champs-Élysées, 1971, page 12)
- Pour ne m'en être ouvert à personne, même à Bertille, faute de preuve, je m'en doutais depuis longtemps. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 237)
- (Pronominal) Devenir ou être ouvert.
- À cet instant, la porte de la rue s’ouvrit et un homme encore jeune, visiblement saoul, entra. C’était le comique du quartier. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Dans l’intérieur, qui paraissait impraticable, des routes se sont miraculeusement ouvertes, parcourues aussitôt par des automobiles. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- (Parfois) Avoir son issue ou son débouché.
- Les ravins dont la réunion forme la vallée de la Bresle qui s'ouvre dans la Manche, au-dessous de la ville d’Eu , commencent par des plis de terrain dans les bois de Formerie et à Secqueville , dépendance contiguë de Bouvresse : […]. — (Louis Graves, Essai sur la topographie géognostique du département de l'Oise, Beauvais : chez Achille Desjardins, 1847, page 117)
- (Pronominal) Se blesser.
- S’ouvrir le bras.
- (Pronominal) Éclore, en parlant d'une fleur ou d'un bourgeon.
- Le platycodon, que l'on connaît peu, appartient à la famille des campanulacées. Ses boutons bien ronds donnent en s'ouvrant de magnifiques fleurs bleues et sucrées. — (Alice Caron Lambert et Jacques Denarnaud, La cuisine des fleurs: les recettes d'Alice, ACR Édition, 1995, page 12)
- (Sylviculture) Diminuer le couvert et, ce faisant, augmenter la quantité de lumière atteignant le sol et les troncs.
- Suivre les référentiels en nombre de tiges conduirait alors à ouvrir excessivement les peuplements sans l’effet espéré sur le diamètre et, probablement, à favoriser l’apparition de gourmands et de branches basses sur la bille de pied. — (Thierry Sardin, Chênaies continentales, Office national des forêts, 2008, ISBN 978-2-84207-321-3 → lire en ligne)
-
resurgir
?- Surgir à nouveau.
- Du vallon boisé qui se creusait à leurs pieds émergeaient les hautes ramures gelés de lune, comme d’un lac qui se sèche resurgissent les forêts englouties. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 431)
- Serait-ce un retour de flamme, quelque incident oublié que ce diable de Renard ferait resurgir ? — (Francis Didelot, Les ombres du parking, 1980)
- De chouettes conditions de vie qui viennent de resurgir en marge de l’affaire des œufs au Fipronil. — (Roule, ma poule…, Le Canard Enchaîné, 16 août 2017, page 5)
-
réjouir
?- Donner de la joie.
- Tout venait de s'écrouler en elle et autour d'elle, et rien n'avait plus le pouvoir de toucher son cœur, de le réjouir ou de l'attrister. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina,1902)
- On saura aussi et on révérera les courtisanes sacrées ayant réjoui le plus grand nombre d’hommes ou de femmes. Et leurs noms, gravés sur le marbre, seront conservés pour la postérité. — (Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928)
- (Pronominal) Éprouver de la joie, du plaisir.
- L'artiste, le poète et le touriste se réjouissent ici d'un pittoresque qui fait le désespoir de l'agriculteur. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Elle se réjouissait de revoir la ville, Gasbieha, de bavarder, de rire peut-être, d'écouter d'autres histoires que les commérages des femmes de fellahs. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
- Je m'assis et écrivis une lettre cordiale: monsieur Saito se réjouissait à l'idée de jouer au golf le dimanche suivant avec monsieur Johnson et lui envoyait ses amitiés. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel, 1999, page 10)
- (Pronominal) Se féliciter, éprouver une vive satisfaction de quelque chose.
- Encore étendus dans notre foin, endoloris, il nous faut raisonner, pour nous rappeler que l'Alsace dort près de nous, et nous en réjouir. — (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
- Intérieurement, le prêtre se réjouissait : il allait regrouper ses ouailles pas tellement impies, en vérité. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- « C’est un choc, mais nous nous réjouissons qu’il n’y ait pas de blessé », a déclaré Shaoul Abramczyk, président du groupe Les Halles Mandar, à qui appartenait l’entrepôt. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 26 septembre 2022, page 2)
- (Pronominal) Passer le temps agréablement, se divertir.
- Se réjouir avec ses amis.
- (Pronominal) (Suisse) Avoir hâte
- Je me réjouis de te revoir !
-
amerrir
?- Reprendre contact avec la mer et, par extension, avec l’eau.
- L’hydravion amerrissait difficilement.
- Un Airbus A320 est conçu pour amerrir. Une barre spéciale le rend étanche, la seule tentative effectuée en 2009 a été un succès. Il peut flotter normalement des jours et des semaines... — (Interview de Xavier Tytelman, Vosges Matin, 21 mai 2016)
-
racornir
?- Donner à quelque chose la consistance de la corne.
- Le toucher du violon, du violoncelle racornit l’extrémité des doigts.
- Dessécher, rendre dur et coriace.
- Le feu a racorni ce cuir, ce parchemin. Le feu a tout racorni cette viande. La viande se racornit à force de cuire.
- Là, les pauvres plantes souffrent, se rident, se dessèchent, se racornissent et s’en iraient en poussière si l’on en faisait de la cendre. — (Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne), 1886, Le Livre de poche, page 152, 2012)
- Dans leur carcasse racornie il ne subsistait plus un seul atome qui ne fût strictement méchant. — (Louis-Ferdinand Céline (Louis-Ferdinand Destouches), Voyage au bout de la nuit, 1932, Gallimard (Folio #28 réédition 2019) page 113)
- J’ai souvent l’impression que le véritable acte de résistance consiste à refuser la dictature de l’air du temps qui racornit l’esprit et l’invite à toutes les polarisations. — (Odile Tremblay, En résistance balzacienne, 26 février 2022, LeDevoir)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.