Dictionnaire des rimes
Les rimes en : reluire
Que signifie "reluire" ?
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- Briller, luire en réfléchissant la lumière.
- La mer reluisait comme un miroir. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Le soleil dardait d’aplomb, en faisant reluire les gabillots de fer autour des mâts, les plaques du bastingage et la surface de l’eau ; […]. — (Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, part. 1, chap. 1, Librairie Charpentier, 1891, p. 6)
- Remonte, remonte, cria la jeune femme ; je vois reluire des épées, je vois briller la mèche d’une arquebuse. C’est un guet-apens. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IX)
- Tout cela est neuf ; le cuivre et l’acier de la locomotive reluisent, les voitures sont éclatantes, […]. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre V, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- C'est un étalon barbe, pas grand, mais bien formé et bien musclé, un alezan étoile de blanc au front, dont la robe dorée, la queue et la crinière blondes, longues et fournies, reluisent au soleil. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 112)
- (Sens figuré) Paraître avec éclat.
- La vertu reluit davantage dans l’adversité.
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "reluire".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
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agonir
?- (Familier) Attaquer par des paroles outrageuses.
- Attention aux artistes ! nous prévint le patron. J’les paie leur poids d’bobards et j’tiens pas à m’faire agonir. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
- Ils le saisirent, le juchèrent en lieu plus sûr, le maintinrent, tandis qu’il agonissait le maître, lui montrant le poing avec d’horribles blasphèmes, nous sommant en mots abjects. — (Joseph Conrad, Le Nègre du « Narcisse », traduction Robert d’Humières, 1897)
- Thom a encore d'autres arguments pour disqualifier, destituer, agonir d'anathèmes la nation canadienne-française dont l'existence, même à titre de simple société, n'était fondée sur aucune raison objective. — (Marc Chevrier, « La rançon de Brennus », in Argument, vol. 19, n° 2, printemps-été 2017, p. 132)
- Depuis des mois, des protestataires, armés de hauts-parleurs, campent à l’extérieur de son domicile de Pyeongsan pour l’agonir de quolibets tonitruants, tout en diffusant la contestation en direct sur YouTube. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 9 décembre 2022, page 20)
- Et malgré la convalescence, je me trouvais encore tellement faible que j’étais plus intéressant. Il me voyait tellement décati, qui hésitait à m’agonir... — (Louis Ferdinand Céline, Mort à crédit, 1936)
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attiédir
?- Rendre tiède.
- Dans le bruit grandissant des galoches et des nez mouchés, j’étais dolente, le cerveau usé, le cœur fondant, sans aucune envie de critiquer. J’avais froid aussi ; le préau et les classes ne s’attiédissent à dix degrés que vers neuf heures et les seize degrés réglementaires, on ne les obtient que le soir, parce qu’il faut aérer à chaque sortie des classes, quelle que soit la température. — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908)
- Évidemment, le vent de nord, là-dedans, devait pincer ferme. L’ouest aussi, d’ailleurs, dans la Grande Galerie, car pour celle-là, on n’imagine pas comment on pouvait l’attiédir. — (Jean de La Varenne, Versailles, Paris, éditions Henri Lefebvre, 1959, page 174)
- Cette eau est trop chaude, il faut l’attiédir avec de l’eau froide.
- Cette eau est trop froide, le soleil l’attiédira.
- (Sens figuré) Diminuer, amortir la vivacité, l’ardeur de quelque sentiment.
- Le temps attiédira leur zèle.
- Ce dissentiment n’attiédit pas leur amitié.
- Son zèle s’est fort attiédi.
- Un orchestre jouait-il dans une auberge des environs et en étaient-ce les sons attiédis, apportés par le vent ? — (Stefan Zweig, traduit par Alzir Hella (2002), La pitié dangereuse, Grasset, Paris, 1939, page 178)
- (Pronominal) Devenir tiède.
- En ce moment, les pièces trop chaudes s’attiédissent, l’odeur particulière aux bureaux s’évapore, le silence revient. — (Honoré de Balzac, Les Employés, édition définitive)
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envahir
?- Occuper par force, avec violence, en parlant des humains.
- A la suite du terrible massacre des juifs de la péninsule ibérique, en 1391, le Call de Perpignan fut envahi, en 1392, et devint la proie du meurtre et du pillage. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937, page 129)
- Historiquement, lorsqu'une ethnie envahit le territoire d'une autre ethnie, elle la réduit habituellement en servitude. — (L’insoutenable légèreté du darwinisme, dans Le Québec sceptique, n° 60, été 2006, pages 40-47)
- Avant que la Chine n’envahisse le Tibet en 1950, plusieurs centaines de milliers de moines (et de nonnes) vivaient dans quelque 6000 monastères. — (Louis Dubé, La sagesse du dalaï-lama : Préceptes et pratique du bouddhisme tibétain, dans Le Québec sceptique, n° 66, été 2008, page 5)
- (Par hyperbole) Occuper en nombre un espace que l'on s’approprie de fait.
- On pouvait alors déterminer la marche des races dites rouges. Parti des steppes mongoles, un courant humain déferlait en Sibérie, gagnait l’Alaska, envahissait peu à peu l’Amérique du Nord. — (René Thévenin et Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e édition, page 15)
- Espèce héliophile, le Genêt à balai envahit les cultures abandonnées et […] les clairières des forêts ainsi que les coupes après l’abatage […] — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, page 127)
- En avril 1872, les mouches de la Saint-Marc envahirent Paris et sa région. Elles volaient en abondance et venaient s’abattre sur les passants. L’apparition surprenante en nombre prodigieux de cet insecte fit craindre à certains l’annonce d’un fléau. — (Vincent Albouy, Des insectes en ville, Éditions Quae, 2017, page 33)
- Jardin dickinsonien –Un enchevêtrementde tiges, feuilles et fleursde sucepin,venantd’un herbier iridescent,envahitle jardin panoramique…de ma vitre givrée.— (Cornéliu Tocan, Chutes microscopiques. 50 micronouvelles illustrées, Créatique, Québec, 2020, pages 59-60)
- (Par extension) S’installer à une place occupée auparavant par autre chose.
- Il faut avoir soin de les élaguer convenablement et de détruire le gui parasite qui les envahit fréquemment. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 136)
- Marcoul reposait de si étrange façon qu’elle courut chercher l’officier de santé au village, mais c’était vain de lui poser des sangsues derrières les oreilles et de lui inciser les lobes : la paralysie avait envahi les deux cotés du corps. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Mais enfin c’était un flot de luthéranisme qui envahissait l’Angleterre consentante. — (Berthe Gavalda, Les Églises en Grande-Bretagne, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1959, page 7)
- […], et la pluie se met à tomber en torrents, inondant le camp et envahissant nos tentes, malgré les profondes rigoles que j'ai fait creuser autour. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 154)
- (Sens figuré) Prendre beaucoup de place en parlant des choses humaines.
- Une colère sourde et terrible, qu’il tentait vainement de refréner, l’envahit et le domina. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- La Banque, qui à l’origine s’appelait Banco, est l’un des plus anciens jeux de cartes pratiqués en France, avant d’envahir l’Europe. — (Frans Gerver, Le Guide Marabout de tous les jeux de cartes, Gérard & C°, Verviers, 1966, page 45)
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inscrire
?- Écrire le nom de quelqu’un, ou prendre note, faire mention de quelque chose sur un registre, sur une liste, etc.
- Ma mère inscrivait sur un carnet la récolte de chacun, payait ceux qui le demandaient, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 32)
- On l’inscrivit sur la liste des candidats.
- J’inscrirai cela sur mes tablettes.
- Inscrire, jour par jour, sur un registre, toutes ses opérations commerciales.
- Inscrire un bordereau, une créance, un droit d’hypothèque.
- Inscrit au tableau d’avancement.
- Mettre une inscription.
- Inscrire une maxime sur un monument.
- La plupart des personnes qui visitent ce lieu inscrivent leurs noms sur les murailles.
- (Mathématiques) Inscrire une figure dans une autre : Tracer, dans l’intérieur d’une figure géométrique, une autre figure qui en touche le contour intérieurement.
- Inscrire un triangle dans un cercle : C'est le triangle inscrit.
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gémir
?- Exprimer sa souffrance d’une voix plaintive et non articulée.
- Je l’entendis gémir toute la nuit.
- Il se drapa en vitesse dans son hermine et ouvrit la porte à la volée, ignorant la plainte gémie par son épouse —ah, les femmes ! — (Dave Duncan, Sous une autre lune, 2012)
- (Sens figuré) Se plaindre sous l’excitation de la tyrannie, de l’injustice, du malheur, etc.
- Gémir sous le joug.
- Gémir dans l’oppression, dans l’esclavage, dans les fers.
- La nation avait longtemps gémi sous le poids des impôts.
- Gémir sous le poids des afflictions.
- Il gémissait de voir triompher l’injustice.
- Pousser un cri languissant et plaintif, en parlant de certains oiseaux.
- La colombe, la tourterelle gémissent.
- (Sens figuré) (Poétique) Faire entendre quelque bruit, quelque murmure, en parlant de choses inanimées.
- Le vent gémit dans les forêts.
- (En particulier) Se dit des choses qui s’affaissent bruyamment sous le poids, sous la pression d’une autre, ou que l’on suppose ne pouvoir la soutenir qu’avec effort.
- […] dans la nuit, les pauvres arbres, sous l’effort du vent plus colère, gémissent et craquent. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Il fait gémir les coussins, les coussins gémissent sous le poids de son corps. — La terre gémit sous ses pas.
- (Sens figuré) Par plaisanterie, Faire gémir la presse : Faire beaucoup imprimer. Se dit surtout des écrivains qui sont plus remarquables par leur fécondité que par leur talent.
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ourdir
?- (Tissage) Préparer ou disposer sur une machine, l’ourdissoir, les fils de la chaîne d’une étoffe, d’une toile, etc., pour mettre cette chaîne en état d’être montée sur le métier, où l’on doit la tisser en faisant passer au travers, avec la navette, le fil de la trame.
- Dans d’immenses pièces où règne une atmosphère chaude et humide afin d’éviter toute électricité statique, les fibres sont ourdies et ensuite tissées.— (Fabrice LÉONARD – Au pays des fils d’or - Journal Le POINT, page 144, N° 2193-25, septembre 2014)
- (Par extension) (Sens figuré) Préparer la trame d’une action.
- La ruse la mieux ourdiePeut nuire à son inventeurEt souvent la perfidieRetourne à son auteur. — (Jean de La Fontaine, Fables, « La Grenouille et le Rat »)
- Malgré moi, j’ourdissais des plans abominables ; et chaque jour Madeleine, à son insu peut-être, mettait le pied dans des trahisons. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 177)
- Que les instruments qui ont servi à ourdir cette sanglante machination politique doivent disparaître, cela est évident … — (Victor Serge, Portrait de Staline, 1940)
- Ah ! elle avait été bien ourdie la machination du docteur de La Pommerais ! Il est bien connu que la civilisation ne tend nullement à faire disparaitre la délinquance mais bien à la faire évoluer. — (Achille Dehel, Le poison au service du crime, 1946)
- Dès minuit, le père Canquoëlle pouvait ourdir toutes les trames, recevoir des espions et des ministres, des femmes et des filles, sans que qui que ce soit au monde s’en aperçût. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, première partie)
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regrossir
?- Élargir les tailles et les hachures de la gravure.
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assaillir
?- (Sens propre) (Sens figuré) Attaquer vivement par surprise.
- Le 30 août l’« Hekla » voulu rejoindre la glace et explorer la côte : coup sur coup elle fut assaillie par de violentes tempêtes avec neige et pluie […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- (Sens figuré) Elle pourrait demeurer ici, l’assaillir d’invites, de chatteries, toute la nuit provoquer son désir, répandre ses effluves. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- De Gaulle que tant de tempêtes avaient assailli sans jamais l’ébranler, s’évanouit et disparut à la première égratignure que lui fit un parlement-croupion. — (François Mitterrand, Le Coup d’État permanent, 1965)
- Dès le 14 au matin, une effroyable tourmente du sud-ouest vint assaillir ces escadres, et, soulevant une mer monstrueuse, leur fit courir les plus grands périls. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, chapitre 19, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, page 184)
- Assaillir les ennemis dans leurs retranchements.
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éclaircir
?- Rendre clair, rendre plus clair.
- Un vent de mer avait écharpé les frondaisons, jonché les sous-bois de bouleaux de feuilles mordorées, éclairci les halliers. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- L’atmosphère ne s’était pas éclaircie depuis le matin. Un brouillard captif de la forêt baignait les frondaisons jaunies, […]. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chapitre 2, 1910)
- (Par extension) …
- Éclaircir la voix : La rendre plus distincte.
- Je me relevai le premier et me dirigeai en m’éclaircissant la gorge vers le guichet. — (Patrick Modiano, Livret de famille, Gallimard, collection Folio, 1977, page 19)
- Éclaircir de la vaisselle, des armes : Les rendre luisantes, plus brillantes.
- Éclaircir le teint : Le rendre plus net et plus pur.
- (Teinturerie) Rendre la couleur d’une étoffe moins foncée.
- Rendre moins épais, en parlant des liquides.
- Il existe aussi des médicaments (warfarine) dont l'usage est destiné à ralentir la formation du caillot sanguin, à « éclaircir le sang », comme disent certains patients. — (Robert Patenaude, Survivre à la leucémie, Éditions Québec/Amérique, 1997)
- Éclaircir un sirop.
- Éclaircir une sauce.
- Rendre moins serré, diminuer en nombre.
- Le canon a fort éclairci les rangs.
- Éclaircir les branches d’un arbre.
- (Sens figuré) Rendre net, intelligible.
- Longtemps confuse, la situation s’éclaircit à bord du cargo à mesure que le système de ventilation désenfumait le pont principal. — (Stéphane Desienne, Voyager, tome 2 : Confins , Du 38 Éditions, 2019)
- Éclaircir un fait.
- Le temps éclaircit la vérité.
- Éclaircir une matière, une affaire.
- Cela demande à être éclairci, a besoin d’être éclairci.
- Éclaircir un doute, une difficulté : Résoudre un doute, faire disparaître une difficulté.
- Éclaircir les idées : Rendre claires des idées plus ou moins obscures, confuses.
- Prenez un peu de repos, cela vous éclaircira les idées.
- Me trouvant en Andalousie au commencement de l'automne de 1830, je fis une assez longue excursion pour éclaircir les doutes qui me restaient encore. — (Prosper Mérimée, Carmen, 1845 (Pocket, 1990, page 30))
- (Vieilli) Donner connaissance, d’une façon claire, de quelque chose à quelqu’un et s’emploie avec un nom de personne pour complément direct.
- Éclaircir quelqu’un de quelque chose.
- Il ne refusa pas de l’éclaircir sur ce point.
- Il doutait de la vérité du fait, je l’en ai éclairci.
- Ceci me semble étrange, je veux m’en éclaircir.
- Je désire être éclairci de la chose.
- Je doute de cette nouvelle, je tâcherai de m’en éclaircir.
- (Pronominal) Devenir clair, plus clair.
- Le baromètre est en baisse, mais le ciel s'éclaircit vers le Sud où je pressens le beau temps. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- D'une lucarne, dans le haut du mur, je voyais la nuit s'éclaircir. J'entendis un coq chanter […]. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Pronominal) (Sens figuré) Sembler devenir moins menaçant, moins inquiétant.
- L’horizon s’éclaircit, commence à s’éclaircir ; l’avenir s’éclaircit
- (Pronominal) Devenir moins serré, diminuer en nombre.
- L’âge vient, les cheveux s’éclaircissent.
- Sous le feu de l’ennemi, les rangs s’éclaircissaient.
- En ce temps-là, les guerres de l’empire éclaircissaient singulièrement les rangs des jeunes hommes à marier. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871)
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agir
?- Faire quelque chose.
- Il n’est jamais sans agir.
- Se dit souvent par opposition aux paroles, aux discours, etc., et signifie procéder à l’exécution de quelque chose.
- C’est trop délibérer, il faut agir, agissons, il est temps d’agir, etc.
- Il sait mieux agir que parler.
- Opérer, produire quelque effet ou faire quelque impression.
- La houille est généralement assez impure et contient des pyrites et des matières argileuses qui agissent d'une manière fâcheuse dans plusieurs opérations industrielles. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 91)
- Les affections des centres nerveux sont le plus directement en contact avec l’état de l’âme du patient. Elles agissent sur cet état, mais elles sont aussi agies par lui. — (Léon Daudet, Souvenirs littéraires – Devant la douleur, Grasset, 1915, réédition Le Livre de Poche, page 158)
- Faire agir une machine, un ressort.
- C’est un remède qui agit puissamment.
- L’acide nitrique agit sur l’étain.
- Le soleil agit sur les planètes.
- L’éloquence agit sur les esprits.
- L’exemple des supérieurs agit fortement sur les inférieurs.
- La foi agit en nous d’une manière mystérieuse et inexplicable.
- Le médicament doit agir, je ne me sens plus malade du tout.
- Négocier, s’employer en quelque affaire.
- Il agissait auprès du ministre pour les intérêts de ses commettants.
- Il a tout pouvoir d’agir.
- Je vous prie d’agir pour moi.
- Agir au nom de quelqu’un.
- N’agissez pas contre moi.
- Agir d’autorité.
- Agir d’office.
- Faire agir quelqu’un dans une affaire.
- Poursuivre en justice.
- Agir criminellement.
- Agir civilement.
- Il a été obligé d’agir contre son tuteur.
- Se conduire, se comporter.
- Agissez avec méthode et ne brûlez pas les étapes. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 36)
- Manière ou façon d’agir.
- C’est mal agir.
- Ce n’est pas bien agir.
- Il a bien agi avec moi, envers moi, à mon égard.
- J’agirai sévèrement à leur égard.
- Agir contre ses intérêts, contre son opinion, etc.
- (Pronominal) (Impersonnel) (avec de) Sert à marquer de quoi il est question.
- Il fallait que Jimmy l’aidât à se mettre debout, qu’il le brossât en s’excusant, le secouât et, finalement, lui expliquât de quoi il s’agissait. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Je sais […] que Leconte de l’Isle quand il s’agissait de retrancher des lettres, était pour qu’on en ajoutât […] — (Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905)
- En 1910, Ehrlich avait réussi à obtenir le premier exemple d'un médicament antimicrobien purement synthétique. Il s'agissait du salvarsan, en l'occurrence un composé contenant de l'arsenic (…). — (Graham L. Patrick, Chimie pharmaceutique, traduit par Paul Depovere, De Boeck, 2002, page 376)
- (Transitif) (Philosophie) (Littéraire) Activer.
- Et voici qu’elle ne trouve pas de quoi nourrir sa haine et qu’elle se surprend, à son insu, à faire certains gestes, à prononcer des mots qui l’étonnent et l’arrêtent : Kaïté la parle et l'agit quand elle s’inquiète si les pelouses ont été arrosées, les portes des armoires, au second, ouvertes pour « aérer les draps », quand elle descend à la cave pour inspecter les bocaux de confiture ou qu’elle retape un lit fait par la bonne. — (Michel del Castillo, Le Vent de la nuit, éditions René Julliard, 1972, quatrième livre, dix-septième chapitre)
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avertir
?- Informer quelqu’un de quelque chose, prévenir quelqu'un.
- Oui, c’était son devoir de les avertir ; il fallait qu’il le fît, qu’il le fît avec force, qu’il le fît avec éclat, qu’il le clamât en pleine chaire, un beau dimanche, car cela devenait scandaleux à la fin ! — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Nous venions de repartir et de regagner un peu d’altitude, quand on vint m’avertir qu’une chaîne de montagnes était signalée dans notre ouaiche. Je me rendis immédiatement au poste de cartographie, dans la tourelle arrière. — (L’Esprit nouveau, no 7 à 9, 1968, page 795)
- Avertir par une lettre, par un cri, par un signal, par un geste, etc.
- (Équitation) Exciter un cheval au moyen de quelques aides lorsqu’il se néglige dans son exercice.
- L’aide des gras de jambes, qui se fait en les approchant délicatement du ventre, est pour avertir le cheval qui n’a point répondu à l’aide des jarrets, que l’éperon n’est pas loin , s’il n'est point sensible à leur mouvement. — (M. de la Guérinière, Aides du cavalier, dans le Journal des haras, chasses, et courses de chevaux, édition belge, volume 5, Bruxelles, 1837, page 115)
- (Sport) Donner un avertissement, symbolisé généralement par un carton jaune, à la suite d'une faute ou d'un comportement déplacé.
- Afin de lutter contre le jeu dur, il dispose depuis 1970 de cartons jaunes et rouges qui lui permettent d’avertir puis de renvoyer le joueur fautif et/ou récidiviste. — (Benoît Heimermann, Alain Constant & Thierry Hubac, L’ABCdaire du football, Flammarion, 1998, page 32)
- Cette dernière locution, qui désignait déjà au XVIIe siècle un joueur de cartes gagnant, s'utilise également à propos d'un arbitre trop prompt à avertir les joueurs. — (Baptiste Blanchet & Jean-Damien Lesay, Le Dico du parler sport, Fetjaine, 2012, § : Avoir la main chaude)
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rechampir
?- Variante de réchampir.
- Les chambranles des croisées et des portes sont rechampis d’un blanc qui tranche sur les couleurs vives des murailles, et, derrière les vitres, la mousseline suisse étale ses larges ramages. — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, page 27)
- Une formidable pièce de bois, horizontalement appuyée sur quatre piliers qui paraissaient courbés par le poids de cette maison décrépite, avait été rechampie d’autant de couches de diverses peintures que la joue d’une vieille duchesse en a reçu de rouge. — (Honoré de Balzac, La Maison du chat-qui-pelote, Houssiaux, 1855)
- […] une des quatre voitures que Mouret venait de lancer dans Paris : des voitures à fond vert, rechampies de jaune et de rouge. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883)
- Une balle siffla à mes oreilles et alla se paumer dans le mur, la partie de ce mur qui semblait avoir été fraîchement rechampie. — (Léo Malet, Les Eaux troubles de Javel, Éditions Robert Laffont, 1957)
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bâtir
?- (Couture) Agencer, disposer les pièces d’un vêtement en les faufilant, en les assemblant avec de grands points d’aiguille avant de les coudre tout à fait.
- Cette robe n’est pas cousue, elle n’est que bâtie.
- Elle a la prétention de se bâtir elle-même une toilette en soie… Ce sera du joli ! — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 231)
- Je la vois passer devant ma fenêtre, les pieds enfouis dans des souliers d’homme, habillée d’une veste noire dont les coutures ne sont que bâties avec du fil blanc, comme pour un essayage, avec parfois des broderies de couleur, d’autres fois décolletée, un bras et un sein nus. — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 250)
- (Chapellerie) Façonner (le feutre destiné à la confection des chapeaux).
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amollir
?- Rendre mou et maniable.
- L'hiver était rude. Sur les routes que le court dégel de midi amollissait vaguement, la boue se ridait, se hérissait en lilliputiennes murailles et les sillons durcis qui bordaient les ornières ne s'affaissaient point. — (Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- La constipation se guérit en insinuant du beurre dans l’anus de l’animal pour amollir la fiente ; la tirer ensuite avec le doigt, ce qui se nomme défienter : suppositoires de savon ; lavemens comme aux tranchées. — (abbé Rozier, J.A. Mongez le jeune, M. de la Métherie, Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts, 1786, page 97)
- J’attendais un miracle, un fabuleuse révélation au moment où l’Eucharistie fondrait dans ma bouche. J’appréhendais aussi de l’avaler, la sachant trop large pour mon gosier, et ignorant qu’elle fût susceptible de s’amollir, tel un cachet. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, réédition Folio, page 83)
- (Sens figuré) Affaiblir, efféminer.
- La volupté amollit le courage.
- La retraite fortifie la vertu, la vie dissipée l’amollit.
- Pour gagner ce cœur de petite fille, qui se montrait si froid et si dur, madame Donis avait cru qu’elle devait commencer par l’amollir. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
- (Pronominal) Devenir mou.
- La terre commence à s’amollir.
- (Pronominal) Devenir moins net.
- Il ne pleut pas vraiment encore, mais une espèce de bruine doit flotter dans l’air, car les contours s’amollissent. — ( Philippe Delerm, La sieste assassinée, Gallimard, collection Folio, 2001, page 9)
- (Pronominal) (Sens figuré) S’affaiblir, devenir efféminé.
- Son courage s’amollit.
- Il s’est amolli dans les voluptés.
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blêmir
?- Devenir blême.
- À ces mots, le pauvre torçonnier blêmit ; le roi et lui s’entre-regardèrent pendant un moment. — (Honoré de Balzac, Maître Cornélius, 1831)
- Vrai Dieu, dit mon père, voilà un beau brin de fille, et jolie comme un jour, encore que la fièvre l’ait blêmie. — (George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, page 14)
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cuir
?- Peau épaisse de certains animaux.
- L’âne et le mulet ont le cuir extrêmement épais et dur.
- Peau des animaux, quand elle est séparée de la chair et corroyée.
- Autrefois, nos écorces se vendaient à vil prix, et nos cuirs n’avaient pas une grande valeur ; mais nos écorces et nos cuirs, une fois bonifiés, la rivière nous permit de construire des moulins à tan, il nous vint des tanneurs dont le commerce s’accrut rapidement. — (Honoré de Balzac, Le Médecin de campagne, 1833, édition de 1845, chapitre premier)
- L’ameublement était sommaire : un bureau, un fauteuil de cuir, des classeurs métalliques, deux petites tables dont l’une supportait une presse à copier. — (Claude Orval, Un Sursis pour Hilda, Librairie des Champs-Élysées, 1960, première partie, chapitre premier)
- L’écorce de chêne, employée pour le tannage des cuirs, est un élément important de la richesse forestière du département. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 173)
- Il choisit avec un soin méticuleux son plus beau caillou, qu’il plaça dans le cuir du lance-pierres, puis, une jambe en avant, l’autre en arrière, le buste cambré, il tendit les élastiques. — (Louis Pergaud, Un sauvetage, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Lo…, aidé d’un autre, m’attacha par les poignets et les chevilles avec des lanières de cuir fixées au bois. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Par extension) Objet fabriqué dans une telle peau.
- On l’expulsa de sa jolie cabine,dont le personnage à tête d’oiseau reprit possession, jurant entre ses dents et réemménageant ses cuirs à rasoir, ses tire-bottes d’aluminium, ses brosses, ses miroirs et ses pots de pommade. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 170 de l’édition de 1921)
- Le quartier où tous les dix mètres un grand noir patibulaire vous tendait un paquet de mouchoirs frappé de l’image d'une fille en cuir ou en bikini avec, au dos, le plan d'accès vers un bar à hôtesses. — (Jean-Philippe Depotte, Le chemin des dieux, Éditions Denoël, 2013)
- J'avais toujours mon cuir sur le dos, et ma casquette sur l'œil. — (Romain Gary, La promesse de l'aube, Folio)
- (En particulier) (Sport) Ballon de cuir.
- L’appui vidéo a permis de trancher que le cuir avait bel et bien franchi la ligne de justesse. — (Gwenn Lucas, « La France n’a pas forcé son talent pour battre le Honduras (3-0) », Le Soir, juin 2014)
- Peau de l’homme.
- Rien de très précis, mais un peu comme ces effluves électriques qui vous chatouillent le cuir, avant l'orage, et font se redresser à rebrousse poil la toison intime des ménesses. — (Marcel-Étienne Grancher, Ce mec est contagieux, Éditions Champs fleuris, Lyon, 1951, chapitre 1)
- Et il semblait vouloir s’arracher les cheveux. Il se les serait bien tous tirés du cuir sans que je l’en empêchasse. Mais il s’arrêta de lui-même avant de s’être fait grand mal. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, réédition Le Livre de Poche, 1967, page 59)
- (Linguistique) Procédé de langage qui consiste à lier les mots entre eux avec un t qui ne fait partie d’aucun mot. Lorsqu’il s’agit d’un z on parle de velours.
- Un homme de vingt ans se soumettre à étudier comme un enfant, et encore avec un vieux soldat, qui ne pouvait parler sans faire des cuirs ! — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- — Ça n’en aura pas moins été un gniaf qui sera entré ici le premier, comme un sorbonniot, et que toute la valetaille de bureau ou d’office aura salué ! Nous aurons introduit le cuir dans le Conservatoire de la langue française, et flanqué un coup de pied au derrière de la tradition ! — (Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908)
- « Vous êtes excellente, lui dis-je mielleusement, vous êtes gentille, vous avez mille qualités, mais vous en êtes au même point que le jour où vous êtes arrivée à Paris, aussi bien pour vous connaître en choses de toilette que pour bien prononcer les mots et ne pas faire de cuirs. » Et ce reproche était particulièrement stupide, car ces mots français que nous sommes si fiers de prononcer exactement ne sont eux-mêmes que des « cuirs » faits par des bouches gauloises qui prononçaient de travers le latin ou le saxon, notre langue n'étant que la prononciation défectueuse de quelques autres. Le génie linguistique à l'état vivant, l'avenir et le passé du français, voilà ce qui eût dû m'intéresser dans les fautes de Françoise. — (Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, Gallimard, 1921-1922)
- Pied était pié au moyen âge, le d étant une pure graphie rétablie par la Renaissance : la prononciation pyé t à tèr (pied-à-terre) est donc un cuir légitimé. — (Albert Dauzat, Phonétique et grammaire historiques de la langue française, Larousse, 1950, page 115)
- (sens plus large? à préciser ou à vérifier) Comme elle n’avait aucune instruction et avait peur de faire des fautes de français, elle prononçait exprès d’une manière confuse, pensant que si elle lâchait un cuir il serait estompé d’un tel vague qu’on ne pourrait le distinguer avec certitude, de sorte que sa conversation n’était qu’un graillonnement indistinct duquel émergeaient de temps à autre les rares vocables dont elle se sentait sûre. — (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913)
- (Cuisine) Friandise constituée d’une purée ou d’une compote de fruit séchée.
- Après avoir disposé votre purée au déshydrateur, s’il vous reste du jus, vous pourrez après quelques heures de séchage, le verser sur vos cuirs pour obtenir une surface plus lisse et un cuir plus consistant. — (Tom Press Magazine, Tom Press éditions, n° 13, avril-mai 2016, page 8)
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cônir
?- (Désuet) (Argot) Mourir.
- De temps en temps, quelque moribond était emmené à l’hôpital et il éveillait à la fois l’envie et la compassion de toute la chiourme. — Encore un qui se met à l’abri du froid, gouaillait l'Avocat. — Encore un qui va cônir, répondait le Croc qui avait une peur panique de la mort, même quand il s'agissait de la mort des autres. — (André Chamson, La Superbe, Éditions Plon, 1967, p. 237)
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anoblir
?- Rendre noble, donner à quelqu’un le titre et les droits de noblesse.
- Pour le prince, Othon n’était qu’un archer, plus adroit que les autres, il est vrai ; mais l’adresse n’anoblissait point, et les nobles seuls avaient droit de porter des cheveux longs. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Tandis qu'on contestait aux juifs les droits de bourgeoisie, un juif parvint à se faire anoblir : Liefman Calmer, devint baron de Picquigny et vidame d'Amiens. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle ne fait nul cas du prestige et de l'ancienneté des familles : celle de Charles-Augustin et la sienne lui paraissent assez bonnes pour n'y pas ajouter un éclat emprunté. Dans son langage dru de femme bien née d'ancien régime, Reine dirait que la truie n'anoblit pas le cochon. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 160)
- Donner à quelque chose un caractère noble.
- Et la vanille Bourbon, à la puissance aromatique enivrante, d’anoblir flans, macarons, riz au lait, tartes aux pommes, gaufres, crèmes pâtissières et autres vanillades. — (France Mutuelle Magazine, n° 175, janvier-février-mars 2023, page 53)
- (Pronominal) Devenir noble.
- Ce métal s'anoblit avec le temps.
-
abonnir
?- (Transitif) (Vieilli) Rendre bon, rendre meilleur.
- Les caves fraîches abonnissent le vin.
- Le feu est en marche, le feu multiple et brutal, qui réchauffe ou brûle, qui débusque le gibier, détruit les serpents, effraie les fauves, abat l’orgueil des herbes et des arbres, le feu qui défriche les terrains propices aux prochaines semailles et , en passant, les abonnit. — (René Maran, Batouala, Albin Michel, Paris, 1921)
- J’avais peut-être l’espoir que la maternité l’abonnirait. — (Henri Calet, Monsieur Paul, Gallimard, Paris, 1950)
- À propos de glace, et puisque vous la rompez si vite, je me suis permis de vous apporter un petit cadeau, qui, je crois, n'abonnira ni votre narcissisme naissant ni l'image déjà peu favorable que vous avez de mon gouvernement, mais qui peut toutefois vous amuser. — (Alain Damasio, La Zone du dehors, éditions La Volte, 2007, Gallimard Folio SF, 2009, page 223)
- (Intransitif) (Vieilli) ou (Familier) Devenir meilleur.
- C’est un vieux pécheur, il n’abonnit point en vieillissant.
- (Pronominal) (Vieilli) Devenir meilleur.
- Depuis son arrivée, il s'abonnit.
-
ressaisir
?- Reprendre ; se remettre en possession de quelque chose.
- Elle prit son temps, elle calcula ses mouvements, et, avec une agilité de chatte, elle saisit les deux interrogatoires et les lança dans le feu ; mais Camusot les y reprit, la comtesse s’élança sur le juge et ressaisit les papiers enflammés. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie)
- (Pronominal) — Je me suis ressaisi de mes biens.
- (Pronominal) — Se ressaisir du pouvoir.
- (Pronominal) (Absolument) Redevenir maître de soi.
- Personne ne parla plus d’abandonner la culture ; les femmes les moins courageuses, les vieillards les plus fatigués se ressaisirent ; les champs qui étaient restés en friche furent bien vite ensemencés. — (Ernest Pérochon, Les Gardiennes, 1924, réédition Les Moissons, 2021, page 87)
- […] mais quand Habib, rendu furieux par un uppercut qui faillit l’envoyer à terre, se ressaisit et fonça bestialement sur l’homme au beau visage, le combat prit une allure saisissante. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- — Jules !… Je t’en supplie… Ressaisis-toi…Justement, il ne lui plaisait pas de se ressaisir. — (Georges Simenon, Les Demoiselles de Concarneau, Gallimard, 1936, réédition Folio, page 124)
- Je percutai enfin, et mon cerveau enregistra l’information. Je me ressaisis immédiatement, en réalisant qui me faisait face : […]. — (Françoise Gosselin, Fear to love, Éditions Sharon Kena, 2018, page 46)
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désenlaidir
?- Rendre moins laid.
-
rancir
?- Devenir rance, dégager une odeur rance.
- Quant aux terpènes ils sont inutiles au point de vue odeur [...], très disposés à rancir et souvent même d'une odeur, mais désagréable. — (Marcel Hégelbacher; La Parfumerie et la Savonnerie, 1924, page 146)
- S’altérer, se corrompre avec le temps.
- [...] un livre jadis aimé dont il se propose un grand plaisir, mais à mesure qu'il lit les pages de jadis, ce plaisir rancit, comme un parfum qui peu à peu tourne à l'aigre. — (Remy de Gourmont, Pendant l'Orage, Mercure de France, 1915, pages 33-34)
-
obvenir
?- (Rare) (Droit) Échoir.
- Ces hameaux seraient obvenus en partage aux seigneuries de Montargis et de Villemandeur.
- Revenir à l'État en parlant de biens en déshérences.
-
élargir
?- Rendre plus large.
- Tous étaient à cheval, mais Dieu sait comment; Mazeppa aussi était à cheval ! Les uns élargissaient les jambes en cerceau, et ne se maintenaient ainsi que par la force du poignet; les autres n'étaient pas assis, mais couchés. — (Alexandre Dumas, Impressions de voyage: Excursions sur les bords du Rhin, chap. 36, 2e série, Paris : chez Michel Lévy frères, 1869, page 277)
- Élargissez votre champ d’action. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 13 août 2022, page 36)
- […] ; elles s'y frayèrent un passage et donnèrent naissance à un nouveau cours d'eau souterrain. Les eaux s’étant ainsi écoulées, élargirent peu à peu leur passage et finirent par absorber toutes les autres fontaines ou sources de ces localités. — (M. Poudra, Notice sur les anciennes sources du Loir, le 6 avril 1857, dans les Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, tome 1, Chartres : chez Pétrot-Garnier, 1858, page 123)
- (Sens figuré) — Rappeler les travaux de Maillot, de Haspel, de Worms, de Dutroulau, de Colin et de bien d'autres, c'est signaler à la reconnaissance publique des confrères qui, par leur savoir et leur esprit d'observation, redressèrent ou élargirent nos idées pour le plus grand honneur de la science française et le bien de l'humanité. — (Hirtz, « Intermittentes (Fièvres) », dans le Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, sous la direction du docteur Jaccoud, tome 19 (Infus-Kyst), Paris : Librairie J. B. Baillière et fils, 1874, page 176)
- Libérer de prison.
- Il avait été mis en prison par erreur, on l’a élargi immédiatement.
- Je ne fus pas plus tôt acquitté, réhabilité et élargi, que je courus auprès d'Edmée; j'arrive pour assister aux derniers moments de mon grand-oncle. — (George Sand, Mauprat, Paris, 1837, chap. 29, dans les Œuvres de George Sand, tome 1, Bruxelles : chez Meline, Cans & compagnie, 1838, p. 485)
- (Gravure) …
- Élargir les tailles : Rendre plus larges les espaces qui sont entre les tailles.
- (Pronominal) Devenir plus large.
- Les individus qui forment le tronc, ont de 4 à 7 mm de long. Généralement, les tubes, relativement étroits, s’élargissent subitement en cornet à leur ouverture. — (Joachim Barrande, Système silurien du centre de la Bohème, 1re partie : Recherches paléontologiques, vol. 8, tome 1er : Bryozoaires, hydrozoaires et partie des Anthozoaires, Prague, 1894, p. 224)
- (Informatique) Augmenter le nombre de bits de représentation, surtout pour les entiers.
- Si l'un des deux opérandes a 64 bits, l’autre est élargi de 32 à 64 bits avant de résoudre l’opérateur.
-
assujettir
?- (Politique) Rendre sujet, soumettre à sa domination.
- Quiconque veut assujettir ses égaux est toujours sanguinaire et fourbe. — (Frédéric II & Voltaire, L’Anti-Machiavel, 1739, édition de 1947)
- « Nous persistons et signons que l’Algérie post 22 février refuse catégoriquement que les magistrats soient assujettis par le biais d’instructions venant d’en haut. L’indépendance de la justice n’est pas un slogan qu’on chante dans les médias, l’indépendance de la justice est avant tout, le résultat de convictions pour lesquelles on est prêt à se sacrifier », peut-on lire dans cette déclaration. — (Massinissa Mansour, Un précieux acquis de révolution blanche / La justice se libère de l’emprise du régime, algerie-focus.com, 21 mars 2019)
- Le gouvernement Legault compte également assujettir les entreprises privées à charte fédérale, comme les banques, les compagnies de télécommunication, de transport routier, ferroviaire, aérien ou maritime, à la loi 101. — (Geneviève Lajoie, La loi 101 sera réformée en profondeur, Le Journal de Québec, 24 novembre 2020)
- (Sens figuré) Maintenir sous sa domination.
- Vos charmes l’ont assujetti. Sa bonté lui assujettit tous les cœurs.
- (Par extension) Astreindre, obliger à faire habituellement et fréquemment quelque chose.
- Tandis que sous l’empire des anciennes lois, l’état de perruquier et celui de baigneur étuviste étaient assujettis à une réglementation sévère, l'exercice de la profession de sage-femme était abandonné aux premières venues. — (Jules Mathorez, Les Étrangers en France sous l’Ancien Régime : Les Causes de la pénétration des étrangers en France : Les Orientaux et les extra-Européens dans la population française, E. Champion, 1919, page 27)
- Il est à peine besoin de faire remarquer que, vu la quantité de taxes et redevances auxquelles on les assujettissait […] les juifs se trouvaient dans une situation matérielle précaire. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- (Par analogie) Arrêter, bloquer ou attacher une chose ou une personne de telle sorte qu’elle soit stable et sans mouvement.
- La fenêtre fut donc close au moyen de fortes barres que le charpentier Mac Nap assujettit solidement […] — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
- Gillonne tira l’échelle à elle, l’assujettit solidement ; et le prince, […], commença l’escalade, qu’il acheva sans accident. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II)
- Ils assujettirent la jugulaire de leur casque sous leur menton, qui débordait devant et derrière. — (Boris Vian, L’Écume des jours, 1947)
- Le lendemain vers onze heures Camille sortit, assujettit l’enfant dans un siège bébé et démarra, reprenant le pont dans l’autre sens, sa voiture passa à une dizaine de mètres de la salle de restaurant; [...]. — (Michel Houellebecq, Sérotonine, Flammarion, 2019, page 296)
- (Pronominal) Devenir sujet ; se soumettre à sa domination.
- S’assujettir aux heures d’autrui.
- S’assujettir aux fantaisies, aux caprices d’une personne.
- (Pronominal) Soumettre quelqu'un à sa domination.
- On sentait une puissante individualité, que la foi s’était assujettie, mais que la règle ecclésiastique n’avait pas domptée. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 137)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.