Dictionnaire des rimes
Les rimes en : oublier
Que signifie "oublier" ?
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- Perdre le souvenir de quelqu'un ou quelque chose.
- Où est-il à présent? Il pense à moi, on n'oublie pas si vite; mais y pensera-t-il longtemps?... Ah! oui, ce mot qui m'est échappé comme il partait : ne m'oubliez pas, retentira longtemps dans son coeur. — (Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Charles Guérin, G.H. Cherrier, éditeur, Montréal, 1853, III, 1, page 176)
- Devant une bonne choucroûte au jambon, ils oublièrent le pudding de graisse de phoque farci aux myrtilles ! — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928, édition Librairie de l’Œuvre Saint-Charles à Bruges, 1938, page 134)
- Depuis l’Argonne de 1914, […] je n’ai pas l’oreille si mal bâtie que d’avoir, en vingt et un ans, oublié l’art d’apprécier au son la trajectoire d’un obus et le point de chute probable. — (Marc Bloch, L’étrange défaite : La déposition d’un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, page 86)
- J’avais oublié le cran d’arrêt : je pèse sur cette languette amovible qui poussée en arrière découvre une lettre majuscule gravée, une esse, initiale du mot sûreté. Pour un peu, je pressais la gâchette sans que le coup partît. — (Gaston Cherpillod, Les Changelins, L’Âge d’Homme, 1981, page 147)
- Ce sont des harrâba, des soldats dressés à Gibraltar pour servir d’instructeurs à leurs camarades; mais ils se sont empressés d’oublier ce qu’ils avaient appris et ne se distinguent guère des autres troupiers marocains. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 95)
- (Absolument) Il oublie aussi vite qu’il apprend.
- Laisser quelque chose en quelque endroit, par inadvertance.
- Il a oublié ses gants, sa canne, son parapluie.
- Omettre, manquer à faire mention de quelque chose dans un écrit, dans un discours.
- Vous avez oublié le titre de ce livre dans votre catalogue.
- Vous avez oublié son nom sur votre liste.
- Négliger ; omettre.
- Le ciel avait destiné M. Smallways à vivre dans un monde paisible, mais il avait oublié de créer un monde paisible pour M. Smallways. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 6 de l’édition de 1921)
- Cette grossesse l’avait prise par surprise. Elle avait oublié le précieux comprimé rempart. — (Aurélie Capobianco, Délivrez-nous du mal, Éditions TDO, 2016, chapitre 9)
- Oublier le soin de sa fortune.
- Je n’ai rien oublié pour le persuader.
- On n’a rien oublié de tout ce qui pouvait lui être utile ou agréable.
- Manquer à quelque obligation.
- Oublier ses devoirs.
- Oublier le respect, les égards qu’on doit à quelqu’un.
- Ne point conserver de reconnaissance.
- Il a oublié tout ce que j’ai fait pour lui.
- Je n’oublierai jamais vos bienfaits.
- Je n’oublierai jamais ce que je vous dois.
- Ne point garder de ressentiment.
- Il faut vous réconcilier et oublier tout ce qui s’est passé.
- Oublier une injure, une offense.
- Prions Dieu d’oublier nos fautes.
- J’oublie le passé, mais ne recommencez pas.
- J’oublie ses torts et je lui pardonne.
- En parlant des personnes, négliger quelqu’un, ne pas songer à lui, manquer à lui faire du bien dans une occasion qui se présente.
- Tu nous rends un service impayable.Mais quand s’acquittera le compte général,Je ne t’oublîrai [sic] point ; tu seras caporal ! — (Victor Hugo, Cromwell, acte IV, scène IV)
- Depuis qu’il a fait fortune, il oublie ses parents, ses amis.
- Il a des parents pauvres, qu’il oublie tout à fait.
- Comptez sur moi, je ne vous oublierai pas dans l’occasion.
- N’oublions pas les absents.
- Il se dit aussi par forme de reproche obligeant.
- Vous ne venez plus nous voir, vous nous oubliez.
- (Pronominal) Manquer à ce qu’on doit aux autres ou à soi-même.
- Il surveillait chacune de ses phrases, recommençait, quand il croyait s’être oublié. — (Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893, chapitre XII)
- L’habitude était si forte chez elle, cette chanson faisait si bien partie de son être, que souvent, s’oubliant tout d’un coup, elle se reprenait à chanter. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
- « Il y en a, voyez-vous, qui ne meurent pas. Ils… »Elle allongea méprisamment ses lèvres minces.« Ils s’oublient… Il faut chaque jour songer à la mort comme à l’heure la plus grave que Dieu ait faite. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 197)
- Elle était capable de s’oublier, sans retour sur soi, pour mon père, pour nous. Mais personne ne peut dire : « Je me sacrifie » sans éprouver de l’aigreur. Une des contradictions de maman, c’est qu’elle croyait à la grandeur du dévouement et que cependant elle avait des goûts, des répugnances, des désirs trop impérieux pour ne pas détester ce qui la brimait. Constamment elle s’insurgeait contre les contraintes et les privations qu’elle s’imposait. — (Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964, Le Livre de Poche, page 50)
- Se serait-il si fort oublié que de vous manquer de respect ?
- Vous êtes-vous oublié jusqu’à ce point ?
- Ce domestique s’est oublié au point de dire des injures à son maître.
- (Par extension) (Par euphémisme) S’uriner dessus.
- La vieille dame s’est oubliée.
- Depuis la veille, elle avait cette gifle dans la main; ça lui démangeait les doigts, comme aux jours lointains où la petite s'oubliait encore en dormant — (Émile Zola, Pot-Bouille, 1882, page 335)
- (Par extension) (Par euphémisme) Uriner sans aller aux toilettes.
- Le cheval s’est oublié, non mais, qu’est-ce que cela signifie ? avait demandé Edwarda au Roumain [...] : Le cheval a oublié qui ou quoi ? continuait-elle, la voix dure. Il a oublié qu'il était un canasson, peut-être? Il se prenait pour Caracalla, des fois? Livio, est-ce que les mots ont encore un sens pour vous ? Est-ce que cela vous écorcherait la bouche de parler comme tout un chacun, de dire qu'il a pissé? [...] S’oublier, c'est un poème, non ? avait-elle dit en se tournant vers moi [...] : Écrire ça dans un roman, ce serait le comble du toc, n'est-ce pas ? Tout se tient. On commence par fermer les yeux devant une vieille bourrique qui pisse, et ensuite on ne distingue plus rien de la réalité. — (Angelo Rinaldi, L’éducation de l’oubli, Denoël, 1974, pages 150-151)
- (Pronominal) (Familier) Commettre une incongruité.
- (Pronominal) Ne pas être occupé de soi-même ; négliger ses intérêts.
- D’autres se perdront, exilés de nulle part, s’oublieront dans un anonymat total, sous un faux nom. Anonymes même dans la mort, parfois. — (Sylvie Quesemand-Zucca, « Remarques d'une psychiatre-psychanalyste sur les défis que pose la grande exclusion », chapitre 8 de Clinique psychanalytique de l’exclusion, sous la direction d'Olivier Douville, Dunod, 2012, page 205)
- S’oublier pour penser aux autres.
- Dans la répartition des bénéfices, il ne s’est pas oublié.
- C’est un homme qui soigne ses intérêts : il ne s’oublie jamais.
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "oublier".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
connais
?- Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe connaître.
- J’essaie de déchiffrer son écriture en pattes de mouches pendant que l’autobus me mène dans un coin de la ville que je ne connais pas encore. — (Eza Paventi, Les souliers de Mandela, 2014)
- Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe connaître.
- Un Minimoy l’observe de longs instants à la dérobée puis, tandis que la maîtresse écrit au tableau, se penche vers lui et chuchote : « Tu ressembles à Jacques Chirac… Tu le connais ? » — (Patrice Romain, Inspecteurs casse-couilles : Les profs les détestent, voici pourquoi !, Éditions Opportun, 2020)
- Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe connaître.
-
enterrer
?- Enfouir, mettre dans la terre.
- Ce soubassement est intact, […], les parties inférieures du monument sont restées enterrées pendant des siècles et ont été ainsi préservées des mutilations. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Le déchaumage est donc une façon culturale légère, destinée, en remuant la couche superficielle du sol, à enterrer les mauvaises graines, pour qu'elles germent au plus vite. — (Les mauvaises herbes et leur destruction, dans Almanach de l'Agriculteur français - 1932, page 86, éditions La Terre nationale)
- Enterrer de l’argent dans une cave.
- (Funéraire) Inhumer, mettre un corps en terre.
- Je suis d’une famille où l’on se fait enterrer les pieds tournés du côté de la France, afin de protester, même après la mort, contre la conquête de notre pays par Louis XIV, et contre l’anéantissement de nos libertés nationales. — (Julie de Querangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, t. 2, 4, 1833)
- Les farouches Vendéens, excités par la voix de leurs prêtres, par les discours des ministres du Dieu de miséricorde, égorgeaient, brûlaient vifs, enterraient vivants les républicains qui tombaient entre leurs mains. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- On comprend bien des choses si l'on sait que chacun de ces hommes devait être enterré selon les rites de sa bande, avec tout ce qu'il peut y avoir de prières : catholiques, juives, puritaines, presbytériennes, méthodistes, parsies, jaines, musulmanes. — (Paul Nizan, Aden Arabie, chap. VIII., Rieder, 1932 ; Maspéro, 1960)
- Claude expirait, privée des secours de la religion, et on refusa de l’enterrer en terre chrétienne. — (Aragon, Les Beaux quartiers, 1936)
- Dans une petite commune telle que Drain, l’épidémie de peste de 1563 fit 153 morts qui furent enterrés ensemble à l'endroit où se dresse la croix commémorative du Moulin-Moreau, sur la route de Saint-Laurent-des-Autels. — (Pierre-Louis Augereau, Les Mauges mystérieuses, Éditions Cheminements, 1994, page 103)
- Tuer en mettant en terre.
- [Elles] portent en elles jusqu'à leur dernier jour la peur d’être enterrées vivantes. — (Joë Bousquet, Traduit du silence, 1935-36)
- (Sens figuré) (Par extension) (Familier) Survivre à quelqu’un.
- C’est un homme plein de vigueur, et qui nous enterrera tous.
- Vous nous enterrerez tous ! — (Marcel Proust, Le Côté de Guermantes, 1921)
- (Sens figuré) Cacher.
- Enterrer son secret.
- Enterrer ses talents.
- L’avare enterre ses trésors au lieu d’en jouir.
- (Sens figuré) Dépenser beaucoup d’argent en remuements de terre.
- Son jardin lui a coûté trop d’argent, il y a enterré une fortune.
- (Sens figuré) (Politique, Administration) S’arranger de manière qu’une proposition, un projet n’aboutissent pas.
- [Titre] L’A45 définitivement enterrée par le gouvernement — (L’A45 définitivement enterrée par le gouvernement sur LyonMag.com, La News. Mis en ligne le 17 octobre 2018)
- Tout juste le gouvernement reconnaissait-il que « les effets de la taxation ne faisaient pas consensus ». Nulle part, il ne disait aux citoyens vouloir enterrer la mesure. — (Gaspard d’Allens, En coulisses, le gouvernement a dézingué des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, Reporterre, 17 décembre 2020 → lire en ligne)
- (Sens figuré) (Familier) Faire les dernières réjouissances de quelque chose qui se termine.
- Enterrer la vie de garçon.
- (Pronominal) (Manège) Porter la tête très basse, en parlant d’un cheval.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (Pronominal) (Sens figuré) Quitter le monde pour vivre dans un endroit reculé.
- S’enterrer dans la province, dans son château.
- Mes collègues de France sont moins bêtes que moi, grogna-t-il. On m'y reprendra, à venir m'enterrer parmi ces magots. — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 230)
-
soigner
?- Avoir soin de quelqu’un ou de quelque chose.
- Gasbieha et sa mère passaient le printemps au Caire, l’été à Alexandrie, et suivaient fréquemment le Pacha à Hélouan, où il soignait ses rhumatismes. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Gravement blessés, tombés au pouvoir de l'adversaire, ils craignent pour leur vie mais sont soignés par des mains qui se révèlent fraternelles. — (Ennemis fraternels, 1914-1915: Hans Rodewald, Antoine Bieisse, Fernand Tailhades : carnets de guerre et de captivité, édité par Eckart Birnstiel et Rémy Cazals, Presses universitaires du Mirail, 2002, quatrième de couverture.)
- Les abords désobstrués et sablés étaient soignés par l’homme chargé d’entretenir les allées du parc. — (Honoré de Balzac, Les Paysans, 1845, première partie, chapitre dixième)
- (Familier) Apporter de l’intérêt à quelqu’un, dans l’espoir d’une contrepartie.
- Il aura bientôt besoin de lui, alors il le soigne.
- Apporter de l’attention, du soin à quelque chose.
- Il soigne beaucoup son style.
- Ce peintre ne soigne pas assez les accessoires, les détails.
-
noter
?- Marquer d’un trait dans un livre, dans un écrit.
- J’ai noté deux passages dans le premier volume.
- Marquer sur un carnet, sur un registre, etc., une chose dont on veut se souvenir.
- J’ai noté ces paroles aussitôt après les avoir entendues.
- Avertir quelqu’un de bien remarquer quelque chose et de s’en souvenir.
- Il faut noter qu'à l'issue de l'opération de dégourdi, la céramique est très fragile et difficile à manipuler, car formée uniquement d'un agglomérat de grains pas ou peu liés entre eux. — (Jean-Marie Haussonne, Céramiques pour l'électronique et l'électrotechnique, PPUR presses polytechniques, 2002, page 92)
- À noter que les drones commencent à être utilisés pour fournir des images aériennes sur des missions ponctuelles. — (Philippe Sierra, La géographie : concepts, savoirs et enseignements, 2e éd., Armand Colin, 2017)
- (Éducation) Apprécier par un chiffre la valeur d’un devoir fait par un élève ou la conduite de cet élève.
- Le professeur l’a bien noté.
- (Par extension) Juger, évaluer.
- Un fonctionnaire bien, mal noté.
- Ce dernier trait le note bien mal dans mon esprit.
- Noter d’infamie, désigner à l’opinion d’une manière infamante, couvrir de honte.
- (Musique) Écrire de la musique avec les caractères destinés à cet usage.
- Noter un chant, un air.
- De la musique bien notée.
- (Mathématiques) Donner un nom à un objet mathématique en vue de faciliter sa reconnaissance lors d’une démonstration.
- On note ℕ l’ensemble des entiers naturels.
-
beauté
?- Qualité de ce qui est beau, de ce qui est esthétique à la perception. — Note : Se dit en général de ce qui touche et charme les sens, l’esprit, l’âme, de ce qui est excellent en son genre.
- Nous arrêtons nos regards sur une femme seulement pour satisfaire le plaisir des yeux et pour contempler ce que les hommes appellent la beauté. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Mais si la beauté impressionne les sens, elle ne saurait obtenir d’empire durable et puissant qu’autant qu’elle les subjugue. — (Flora Tristan; Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
- Deux pages parurent, portant des flambeaux et éclairant une femme d’une taille imposante, d’un maintien majestueux, et surtout d’une admirable beauté. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre V)
- Qu’ai-je besoin de demander aux choses d’autres jouissances que celle de leur présence, c’est-à-dire leur beauté et leur parfum ? — (Octave Mirbeau, Ma chaumière, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
- — La beauté, pour une femme, c’est la plus grande richesse. La beauté suffit. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- Elle découvre des gestes de coquetterie qui, comme les gestes de pudeur, revêtent une sorte de beauté austère d’être accomplis dans la solitude. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Il s’émerveille des beautés de la nature; des vergers riches d’arbres fruitiers, des vignes étagées sur les pentes situées au midi, des forêts verdoyantes qui drapent les pentes, douces d’abord puis abruptes, des vallées dominées par les massifs rocheux couronnés, encore à cette saison, par les sommets neigeux. — (François Peyrot, Les Vaudois, volume 1 : Les Colporteurs de L’Évangile, L’Âge d'Homme, 1988, page 9)
- La stylique ou design est la valorisation esthétique d’un produit. Elle allie fonctionnalité et beauté. C’est un aspect fondamental lors de la mise en marché du produit. — (Ventes et productions touristiques, BTS Ventes et productions touristiques, 2e année, Éditions Bréal, 2003, page 16)
- C’était une femme de trente-deux à trente-trois ans, qui avait dû être d’une merveilleuse beauté avant que ses joues e fussent creusées, avant que son teint eût pâli. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
- Quand je la menai à l’autel, j’étais bien convaincu que ma femme l’emportait en beauté sur toutes les femmes belles de la terre. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- C’était à cette époque une femme de cinquante-deux à cinquante-trois ans à peu près, qui conservait, grâce à son embonpoint plein de fraîcheur, les traits de sa première beauté. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
- Je vis que sa beauté, comme son caractère, était absolument sans fard. Ni rouge aux lèvres, ni fer aux cheveux ; rien aux cils ni aux paupières. — (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV)
- Elle est d’une beauté ravissante, de la plus grande beauté.
-
amitié
?- Sentiment réciproque qui engage deux personnes l'une envers l'autre.
- Une des choses les plus recommandées au séminaire était d’éviter « les amitiés particulières ». De telles amitiés étaient présentées comme un vol fait à la communauté. Cette règle m’est restée très profondément gravée dans l’esprit. J’ai peu encouragé l’amitié ; j’ai fait peu de chose pour mes amis, et ils ont fait peu de chose pour moi. Une des idées que j’ai le plus souvent à combattre, c’est que l’amitié, comme on l’entend d’ordinaire, est une injustice, une erreur, qui ne vous permet de voir que les qualités d’un seul et vous ferme les yeux sur les qualités d’autres personnes plus dignes peut-être de votre sympathie. Je me dis quelquefois, selon les idées de mes anciens maîtres, que l’amitié est un larcin fait à la société humaine et que, dans un monde supérieur, l’amitié disparaîtrait. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 205.)
- L'admiration se transforme en amitié. Pacaud sera loyal à Laurier toute sa vie. Ce dernier lui rendra la pareille. — (Louis-Guy Lemieux, Le roman du Soleil: un journal dans son siècle, Les éditions du Septentrion, 1997, page 49)
- Une amitié se mesure surtout à celles qu’elle rend superflues. — (Maurice G. Dantec, Le théâtre des opérations : Journal métaphysique et polémique 1999, Paris, Éditions Gallimard, 2000)
- L'amitié, c'est une question de sentiment, non pas de fréquence. — (Edgar Fruitier, Mémoires, propos recueillis par Jean Faucher, éd. Québec Amérique, 2009, p. 137)
- En un mot comme en cent, l’amitié se monnaye-t-elle ? Donne-t-elle lieu à une sorte d'échange marchand ? Pourquoi dit-on parfois qu'un bon ami n’a pas de prix ? Est-ce donc qu'il est hors de prix ou alors qu'il vaut trois francs six sous ? — (Bertrand Betsch, Depuis la chambre, Les éditions La Matière noire, 2015)
- Faut-il en conclure que la plurivocité de l’amitié est du même type que celle du bon ? Non, car les deux ne se recouvrent pas : la plurivocité du bon s'étend au-delà de ces trois sortes, dans des domaines où l’amitié n'est pas concernée. — (Annick Stevens, L'ontologie d'Aristote au carrefour du logique et du réel, Librairie J. Vrin, 2000, page 113)
- Il n’y a guère de véritable amitié qu’entre égaux.
- Le prince l’honore de son amitié.
- Il y a peu d’amitiés qui puissent résister à cette épreuve. On dit de même
- Il y a paix et amitié entre ces deux nations, entre ces deux puissances, etc.
- (Familier) Bon office ; service.
- Et vous, mon hôte, faites-moi l’amitié de me montrer le chemin de ma chambre. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VII)
- L'intendant reçut les deux visiteurs avec la même amitié que chacun témoignait à la femme, et la même déférence que tous paraissaient accorder au jeune homme. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chap.1)
- Affection que certains animaux ont pour les êtres humains.
- Ce chien a de l’amitié pour son maître.
- (Vieux français, français classique au pluriel) Paroles obligeantes, qui marquent de l’affection.
- Il m’a fait des amitiés.
- Il m’a fait mille amitiés.
- Faites-lui mes amitiés.
- Je m'assis et écrivis une lettre cordiale: monsieur Saito se réjouissait à l'idée de jouer au golf le dimanche suivant avec monsieur Johnson et lui envoyait ses amitiés. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 10)
- On dit quelquefois avec le singulier, dans la même acception, faire amitié à quelqu’un.
- Il m’a fait amitié en cette occasion.
-
sonorité
?- Qualité de ce qui est sonore.
- La gelée avait si bien purifié l’air, durci la terre et saisi les pavés, que tout avait cette sonorité sèche dont les phénomènes nous surprennent toujours. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Le gavioli des chevaux de bois de la fête nous envoie par la porte grande ouverte ses sonorités criardes, parodie désagréable des orgues. — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895)
- L’argent ! ce mot retentissait à mes oreilles, toutes les minutes. Je n’entendais jamais que le tintement de ce mot qui, à la fin, avait pris comme une sonorité d’écus remués. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Né le 21 mai 1933 à Bab El-Oued, il est le fils de Lili Labassi, l’un des maîtres du chaâbi, musique aux sonorités arabo-andalouses et aux rythmes berbères, typique de ce quartier populaire d’Alger. — (« Mort de l’acteur Robert Castel, père de l’humour « pied-noir » », la samedi 5 décembre 2020, sur le site du journal Le Monde (www.lemonde.fr))
- (Linguistique) Intensité relative d’un phonème qui détermine la structure syllabique d’une langue. La sonorité diminue dans l’ordre suivant : voyelle, semi-voyelle, liquide, nasale, fricative et occlusive.
-
fixer
?- Attacher, affermir, rendre immobile, maintenir en place.
- Fixez cela contre la muraille avec un clou.
- Fixer au moyen d’une vis, d’une épingle.
- Fixez-le bien dans cette position.
- Fixer une persienne que le vent agite.
- Les coquillages se fixent aux rochers.
- (En particulier) (Chimie) Supprimer la volatilité de certains corps liquides ou gazeux, par addition ou combinaison avec un autre corps.
- Dans la fabrication des engrais chimiques, l’azote est fixé par de la potasse ou des sels ammoniacaux.
- (Art) Rendre inaltérable par un produit ou par un procédé.
- Fixer un cliché, une épreuve, un fusain, un pastel.
- Arrêter.
- Et pourquoi cela, Madame ? demanda Charles IX en fixant sur sa mère son œil vitreux qui, dans certaines occasions, devenait si pénétrant. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
- Je demeurai couché sur le dos, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Fixer ses yeux, sa vue, ses regards sur quelqu’un, sur quelque chose.
- Les regards se fixaient sur lui.
- (Sens figuré) Fixer les regards de quelqu’un, devenir l’objet de son attention.
- Fixer les soupçons sur quelqu’un, faire que les soupçons s’arrêtent sur lui.
- Fixer ses soupçons sur quelqu’un, les arrêter sur lui.
- Les soupçons se sont aussitôt fixés sur lui.
- Fixer ses vues sur quelqu’un, sur quelque chose, arrêter définitivement ses desseins, ses intentions sur quelqu’un, sur quelque chose.
- Regarder, observer ou dévisager attentivement et longuement.
- C'était la première fois qu'il se risquait au Montparnasse. Ses regards inspectèrent la salle et, finalement, se fixèrent sur la grosse nuque puissante de Feempje. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 143)
- La bonne femme s'assit sur les degrés du dais, aux pieds du jeune homme attentif et fixant sur elle un regard plein de bienveillance et de curiosité. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chapitre 1)
- Agir comme un connard irresponsable ne me ressemble pas. Ce n'est pas moi. Mes valeurs auraient dû me pousser à réfléchir davantage avant de devenir le raté qui me fixe chaque matin dans le miroir. — (Juliette Mey, Entre Deux, Butterfly Éditions, 2016, chap. 5)
- Nous sommes passés de la génération du téléphone qui était toujours fixe à la génération qui fixe toujours le téléphone. — (Michel Beaudry, Soyez gentils!, Le Journal de Montréal, 13 novembre 2021)
- (Sens figuré) Rendre permanent par le dessin, la peinture, l'écriture ou tout autre moyen.
- Fixer quelque chose sur le papier, sur la toile.
- Fixer ses idées sur le papier.
- L’écriture est l’art de représenter et de fixer la parole.
- Fixer une chose dans la mémoire, dans l’esprit, faire que la mémoire la retienne.
- Les règles de la grammaire ne se fixent dans la mémoire que lorsqu’on les a appliquées par des exercices nombreux et variés.
- Faire résider ou faire demeurer en quelque lieu.
- Les familles qu’il voulait fixer dans cette ville, pour en augmenter la population.
- Ceux que le commerce avait fixés dans cette colonie.
- Le vent a de la peine à se fixer.
- Le baromètre s’est fixé au beau.
- Établir, en parlant de la résidence, du domicile, etc.
- Pour être plus seul, Rollinat désirait fixer sa résidence soit à Fresselines, soit à Crozant, soit à Maison-Feyne. — (Émile Vinchon, Maurice Rollinat: étude biographique et littéraire, éditions Jouve, 1921, page 107)
- Tu es brave, hardi compagnon, adroit. Tu ne songes pas encore à t'établir, je veux dire à te marier, à te fixer dans une tenure ? — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 45)
- […], j'étais venu à Tanger. Mais la ville des légations m'ayant encore parue trop européanisée, j’avais pris la résolution de venir me fixer à Casablanca. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 12)
- Régler ; déterminer.
- Le départ fut fixé aux derniers jours d'octobre 1838. Louis Pasteur ne devait pas partir seul. Son plus cher camarade d'enfance, Jules Vercel, allait aussi à Paris pour préparer paisiblement son baccalauréat. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, page 15)
- Or, cette année-là, comme les élections étaient fixées au 1er mai, il y eut dès le 1er avril, une propagande active et des menées sourdes de part et d’autre pour conquérir les douteux. — (Louis Pergaud, Deux Électeurs sérieux, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Après leur numéro, les acrobates s'étaient installés au tabac où il avaient fixé rendez-vous au manager des girls. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Il ne faut pas commencer une activité physique en se fixant des objectifs inatteignables. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 7 septembre 2022, page 10)
- (Sens figuré) Faire qu’une personne ou une chose ne soit plus changeante, versatile, indécise, etc.
- De Montaigne à Pascal, le français a fait un bond vers la perfection. C’est Pascal qui a fixé le français. — (Jean-Paul Desbiens, Journal d’un homme farouche, Boréal, 1993, page 350)
- […] ils cherchent à créer une betterave monogerme . Dès que celle-ci aura été fixée héréditairement, on aura ainsi éliminé le facteur principal : le démariage des plants. — (Le Progrès agricole et viticole, 1920, volume 74, page 87)
- C’est un esprit inquiet que l’on ne saurait fixer.
- Ce tombeur, aucune femme ne peut le fixer.
- Cela est digne de fixer l’attention du public.
- Fixer une imagination vagabonde.
- Fixer l’opinion encore incertaine.
- (Anglicisme) (Pronominal) S’injecter une drogue dans le corps [1][2], se faire un fixe.
- Je suis fascinée, impatiente de faire sa connaissance. Car c’est la première fois que je rencontre quelqu’un dont je sais qu’il se fixe. — (Kai Hermann et Horst Rieck, Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…, 1978, traduit de l’allemand par Léa Marcou, 1981, page 77)
- Je retrouve devant l’entrée de mon immeuble la petite agitation nocturne habituelle : bicraves et camés graves qui se fixent dans la tasse Decaux dont ils ont bricolé le mécanisme ouvrant la porte coulissante. — (Paul Smaïl, Casa, la casa, Éditions Balland, 1998, page 165)
- Un peu plus loin ils rencontrent un lion s’apprêtant à se fixer à l’héroïne. — (site forum.macbidouille.com)
- (Médecine) Stabiliser un abcès.
- Il ne pouvait deviner qu’un simple scrupule « fixait » la douleur d’Yves, comme ces abcès que le médecin provoque. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 185)
- Stopper la progression d'un incendie dans son axe principal de propagation.
- L'incendie qui s'est déclenché près de Montpellier est désormais fixé.
-
accrocher
?- Attacher, suspendre à un crochet, à un clou, à un portemanteau, etc.
- Tous les bras disponibles travaillaient à la confection d’un mât, auquel les électriciens du Vaterland accrocheraient les longues antennes de l’appareil de télégraphie sans fil […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 270 de l’édition de 1921)
- Accrocher un tableau.
- Arrêter, retenir par quelque chose de crochu ou de pointu.
- Prenez garde que l’on n’accroche votre habit.
- Je demeurai accrochée par ma robe.
- (Marine) Jeter des grappins et des crocs d’un vaisseau à un autre pour venir à l’abordage.
- - Les grappins d’abordage ! cria le lieutenant.Et le Saint-Ferdinand fut accroché par l’Othello avec une promptitude miraculeuse. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Heurter ou arrêter une voiture en passant trop près avec une autre.
- Prenez garde à cette grosse charrette, elle accrochera votre voiture.
- Les deux voitures se sont accrochées.
- (Absolument)
- Ce conducteur est maladroit, il accroche souvent.
- (Sens figuré) (Familier) Retarder ; arrêter.
- Le lieutenant-colonel Andolenko, chef de corps du 5e régiment étranger d'infanterie, sursaute en apprenant la nouvelle. Il vient tout juste de débarquer pour prendre le commandement du sous-secteur de Turenne, et déjà on lui annonce que ses troupes sont accrochées, pratiquement au sortir de la ville. — (Patrick-Charles Renaud, Se battre en Algérie, Éditions Grancher, 2008)
- On a accroché cette affaire.
- Cette négociation est accrochée.
- Ce procès est accroché depuis longtemps.
- (Sens figuré) (Familier) Attirer à soi ; gagner ou obtenir quelque chose.
- Cette fille aura bien de la peine à accrocher un mari.
- À force de sollicitations, il a accroché une bonne place.
- (Cuisine) (Intransitif) Coller au fond d’un récipient pendant la cuisson, attacher, en parlant d’aliments.
- A table, sa bonne lui sert un potage, qui a accroché au fond de la casserole et qui a le goût de brûlé. Il y a seulement deux mois, il aurait repoussé l’assiette avec colère. Aujourd’hui, il mange ce potage sans protestations. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 279.)
- (Argot) Arrêter ou aborder quelqu’un.
- Jour après jour, elle guettait le moment où elle pourrait enfin l’accrocher. Elle n’avait rien de particulier à lui dire. Elle n’espérait rien de lui pour le moment, mais elle ne supportait pas de vivre avec, entre eux, ce vide hostile. — (Georges Simenon, Strip-tease, Presses de la Cité, 1958, Deuxième partie, ch. 2)
- (Argot poilu) (Aviation) Attaquer un autre avion.
- (Argot) (Vieilli) (Rare) (XIXe siècle) Mettre au mont-de-piété ; mettre au clou.
- (Argot) (Vieilli) (Rare) (XIXe siècle) Consigner un soldat.
-
liberté
?- Pouvoir inaliénable de l’individu, droit qu’il a de disposer de sa personne ; capacité des individus et des organisations qu’ils forment à agir sans restrictions, autre que celles imposées par la loi. Note : Ce sens est souvent écrit avec une majuscule, Liberté, pour lui donner un caractère allégorique ou emphatique.
- En définissant la liberté, le premier des biens de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, vous avez dit avec raison qu’elle avait pour borne les droits d’autrui. — (Robespierre, Propositions d’articles additionnels à la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, le 24 avril 1793 à la Convention.)
- La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : « Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. » — (Article 6. de la Constitution française du 24 juin 1793)
- Sachent donc ceux qui l’ignorent, sachent les ennemis de Dieu et du genre humain, quelque nom qu’ils prennent, qu’entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. Le droit est l’épée des grands, le devoir est le bouclier des petits. — (Henri-Dominique Lacordaire, 52e Conférence de Notre-Dame, 1848)
- …tel était le coin de vie personnelle où se réfugiaient ces hommes qui, pour la sécurité du pain et de la paillasse, vendaient leur liberté, la dernière des libertés humaines : aller où l’on veut, choisir le fossé où l’on subira les affres de la faim, la morsure du froid… — (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
- « Liberté », un de ces mots qui s’écrivent avec une majuscule, parce qu’ils renferment un monde d’émotions. — (Rose-Marie Mossé-Bastide, La liberté, 1966, introduction)
- Le vrai sentiment de liberté vient autant de ce qu’on pourrait faire que de ce qu’on fait effectivement. La liberté est bien plus grande que le désir, bien plus grande que l’envie, bien plus grande que les capacités humaines, bien plus grande que nos forces et que le temps qui nous est donné. — (Paul Fournel, Paul Fournel : « Ma chère petite-fille, veille à te protéger de ceux qui en voulant te protéger entravent ta vraie liberté », Le Monde. Mis en ligne le 14 juin 2020)
- Chacun des droits qu’un tel pouvoir implique.
- Il faut entrer de force dans le domicile du citoyen: il faut arrêter administrativement l’homme qui ne peut être arrêté qu’en vertu d’une loi ; il faut violer la liberté de l’opinion et la liberté individuelle; il faut en un mot mettre en péril la constitution même de l’État. — (Résumé politique, dans L’Ambigu : ou Variétés littéraires et politiques, volume 56, 1818, page 243)
- La liberté, parlons d’elle avant que cela ne devienne subversif, car la liberté de dire et d’écrire ce que nous pensons est une faveur trop précieuse pour ne pas provoquer la jalousie du destin. — (Julien Green, Liberté, Julliard, collection Idée fixe, Paris, 1974, page 9)
- Possibilité qu’a en pratique une personne, un animal, ou parfois une chose, de penser sans contraintes, d’agir selon son bon vouloir, de se mouvoir sans contrainte.
- Othon s’était élancé dans le fleuve, non pas pour y chercher la mort, mais la liberté. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- C’est un phénomène remarquable que la grande liberté d’esprit qui a pu coexister en France avec la plus grande soumission politique, et rien n’est pourtant plus explicable. — (Émile Montégut,Du génie français dans La Revue des deux mondes, T.9, 1857, page 141)
- La liberté de penser devait donc se compléter par la liberté d’agir. La première liberté avait été conquise sur la théocratie ayant pour chef visible le pape : la seconde fut conquise sur l’aristocratie ayant pour représentant suprême le roi.La liberté d’agir contenait en elle-même une foule de libertés, liberté d’aller et de venir, liberté de se vêtir, liberté de produire, liberté d’échanger, liberté d’aimer. — (François-Victor Hugo, La Normandie inconnue, 1857, §.13, page 279)
- Or savez-vous quels sont ses deux instincts naturels, irrésistibles dans l’ordre psychique ? c’est l’amour et la liberté. Ces deux instincts naturels se sont socialement combattus jusqu’à présent ; il a fallu que l’homme immolât ou plutôt subordonnât l’un à l’autre. — (Alexandre Dumas fils, La question du divorce, 1880, 12e éd., page 131)
- Qu’on y ajoute une liberté extrême laissée aux enfants qui sortent sans solliciter la permission, se déplacent dans la classe à leur gré, […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Permission.
- Je prends la liberté de vous rappeler votre promesse.
- J’ai pris la liberté de vous écrire.
- Je prends la liberté de n’être pas de votre avis.
-
poignée
?- Quantité de matière qu’on peut prendre dans une main.
- Pendant ce temps, le capitaine avait mis sur le bureau une bouteille alléchante et deux gobelets ainsi qu'une poignée de graines de cardamome. — (Raymond Chandler, L'homme qui aimait les chiens, traduction de Michel Philip et Andrew Poirier, dans Les ennuis, c'est mon problème, 2009)
- Tout le monde se servit, même Tauno, qui se leva laborieusement du canapé et prit toute une poignée de grignoteries dans le sachet d’Irma. — (Minna Lindgren, Les Petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure, traduit du finnois par Martin Carayol, Éditions Calmann-Lévy, 2016, chap. 6)
- (Sens figuré) Petit nombre de personnes ou de choses.
- Pour changer d’atmosphère, le bateau libère des poignées de croisiéristes dès son arrivée, pressés par le temps pour visiter La Rochelle. — (journal Sud-Ouest, supplément C’est l’été au n° du 11 juillet 2022, page 4)
- Les morts, du côté de Versailles furent une infime poignée dont chacun eut des milliers de victimes, immolées à ses mânes ; du côté de la Commune les victimes furent sans nom et sans nombre ; […]. — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, avant-propos p.III)
- Une poignée de grêlons lui flagella la face et il resta un moment à bout de souffle et presque sans connaissance. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 251 de l’édition de 1921)
- Il ne faisait aucun doute que la poignée de musulmans restant sur l’île céderait, sous la pression d’offres financières acceptables, les dernières terres qui lui restaient […]. — (Jean-Luc Bermond, Le tsunami , Éditions Le plein des sens, 2005, page 263)
- Partie d’un objet par laquelle on le saisit avec la main.
- Alors avec un sang-froid extrême, le chasseur dégaina son couteau et l’enfonça jusqu’à la poignée dans le cœur de son ennemi. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
- — Eh bien, je vais me ramoner avec la poignée de votre brosse à cheveux et l'inonder d'un tel déluge de mouille que vous ne pourrez vous coiffer aujourd'hui. — (L'œuvre érotique, de Pierre Louÿs, publié par Jean-Paul Goujon, Éditions Sortilèges, 1994, p. 182)
- (Sport) Partie d’un matériel, d’un instrument de jeu, par laquelle on le saisit, qui permet de le manier.
-
diriger
?- Conduire en exerçant un pouvoir, un commandement.
- Régler l'exécution d'une action, l'organiser.
- Diriger une manœuvre, une opération, une expédition.
- Diriger un chantier, des travaux, des recherches.
- Diriger un débat, une conversation, un interrogatoire.
- Commander, administrer un organisme, une institution.
- Diriger un hôpital, un théâtre, une école.
- Il dirige une PME de 150 personnes.
- Exercer une autorité sur un groupe.
- Diriger une nation.
- Diriger une armée, une classe, une équipe.
- Diriger une chorale, un orchestre.
- (En particulier) Exercer une autorité intellectuelle ou morale.
- Diriger un élève dans son travail, un étudiant dans ses recherches.
- Diriger la conscience de quelqu’un.
- Au bout de ces dix ans, elle sera au commencement de l’âge mûr, et si elle ne trouve pas un prêtre pour s’occuper d’elle exclusivement sous prétexte de diriger sa conscience, elle est ennuyée et malheureuse jusqu’à la mort. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
-
manger
?- Mâcher et avaler un aliment dans le but de se nourrir.
- Mangez donc, lui dit la jeune fille en lui servant un morceau de la hure d’un sanglier. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Sylvius avait déjà fait observer que les bœufs qui, pendant l'hiver, sont affectés de concrétions biliaires, se guérissent au printemps en mangeant les feuilles et les tiges de chiendent dans les pâturages. — (Le Chiendent - Triticum repens, dans la Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, Paris : Dr Martin-Lauzer, 1865, page 17)
- Mangez légèrement. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 36)
- Il mange lentement, handicapé par une mastication pénible, ne dit pas un mot, rit niaisement de loin en loin. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 213)
- J’avais neuf ans et j’attrapais avec mon frère des sauterelles que nous faisions griller dans le jardin pour les manger. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- Il mangea quelques mûres qu’il trouva dans les ronces de la lisière, après quoi il chercha à s’orienter. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
- (Intransitif) (Par extension) Prendre un repas.
- Ils mangent et boivent, font ripaille, remuent leurs membres, embrassent les filles, sonnent les cloches, s’emplissent de bruit : rudes bacchanales où l’homme se débride, et qui sont la consécration de la vie naturelle : les puritains ne s’y sont pas trompés. — (Hippolyte Taine, Histoire de la littérature anglaise, volume 1, 1856, page 255)
- Aussi nous ne mangions pas tous les jours parce qu’il fallait d’abord que le père malade ne manquât de rien. — (Octave Mirbeau, La Bonne, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
- Au bout d’une vingtaine de mètres, il s’arrêta devant un restaurant, une boite à bon marché, et nous invita à entrer avec lui, histoire de manger et de boire un peu. — (Henry Miller, L’Ancien Combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Ma mère était extrêmement pudique. Elle ne prononçait jamais les mots du corps qu’elle renvoyait à leur vulgarité. Par exemple, elle ne disait pas « manger », mais « déjeuner » ou « dîner ». — (Emmanuel de Waresquiel, Voyage autour de mon enfance, Tallandier, 2022, page 65)
- (Sens figuré) Consumer, dissiper en folles dépenses.
- En quelques années il a mangé tout son patrimoine. - Il a mangé la dot de sa femme. - Il a mangé beaucoup d’argent.
- Ils vous annoncent d’abord qu’ils sont des « fils de famille » en train de se ruiner ; ils sont à la veille de se voir donner un conseil judiciaire et, quand ils auront « tout mangé », ils se feront sauter la cervelle. — (Valery Larbaud, Fermina Márquez, 1911, réédition Le Livre de Poche, page 42)
- (Sens figuré) Consumer en absorbant, en rongeant, en minant, en détruisant d’autres choses, en parlant des choses.
- Ce poêle mange bien du charbon. Le soleil mange les couleurs. La rouille mange le fer.
- (Familier) Témoigner une vive hostilité envers quelqu'un.
- À l'en croire, il mangeait du prêtre sans remords. — (Camille de Cordemoy, Au Chili, 1896)
- (Par analogie) Occuper une grande partie de quelque chose.
- Sa bouille ronde mange la couverture. Lunettes rectangulaires sur yeux rieurs, cheveux poivre et sel brossés en arrière, costume gris pour le sérieux, Claude Allègre se tient le menton. — (Vanessa Schneider, Claude Allègre et le climat : retour sur un flagrant déni, Le Monde. Mis en ligne le 21 décembre 2018)
- Dans cette ville du cœur de l’Afrique du Sud, les restes de l’extraction minière mangent le paysage, stigmates d’une industrie en déliquescence. — (Adrien Barbier, En Afrique du Sud, l’industrie minière est un « dinosaure en voie d’extinction », Le Monde. Mis en ligne le 18 février 2019)
- Un muret éboulé, la rivière, trois planches mangées de mousse qui esquissent un pont, et c’est déjà la forêt. — (Florence Aubenas, Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois, Le Monde. Mis en ligne le 30 avril 2021)
- (Pronominal) (Familier) Se faire du souci.
- Heureusement que la pauvre madame n’est plus là pour se faire du mauvais sang, elle se serait mangée… — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 204)
-
mauvais
?- Du latin populaire *malifatius[1] (« affecté d’un mauvais sort » → voir méchant et malchanceux) composé de malus, fatum et -ius. Voir Boniface. Contre cette hypothèse, l’évolution du f latin vers v, atypique dans les langues romanes.
- Diez[2] le tire du gotique *balvavesi composé de *balwa (« mal, méchanceté », vieux haut allemand balo) et wesan (« être ») qui donne malvoisié (« mauvais, malintentionné ») en ancien français, malvoiseusement (« malencontreusement, par mégarde »). « Le changement de bal- en mal- fait difficulté (note : sémantiquement motivée par mal) ; cependant cette étymologie demeure très probable, vu la forme du reste du mot et le sens[2]. »
- L’étymon gotique est possible pour le français[3], mais elle n’explique pas les autres formes romanes qui relèvent d'un *malvatus, malvatius[3], haplologie de male levatus (« mal élevé »)
-
réchauffer
?- Rendre chaud ce qui est froid ou refroidi.
- La nuit est froide. Je me réchauffe en arpentant le pont à grands pas pendant une demi-heure. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre IV, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Nous nous endormîmes enlacés, réchauffés par ces heures et ces mois passés si près l’un de l'autre. — (Hervé Commère, Les Ronds dans l’eau, Fleuve Noir, 2011, chapitre XXI)
- Lorsque Bishop revint et posa un gobelet fumant devant elle, Anise referma les mains dessus pour se réchauffer ; il faisait trente-cinq degrés à l'ombre, et pourtant elle tremblait de froid. — (Kay David, L’ombre du doute, traduit de l’anglais par B. Dufy, en recueil avec La machination de Harper Allen, éditions Harlequin (collection Black Rose), 2009, chapitre 12)
- (Sens figuré) Animer, réanimer, intensifier.
- Le lendemain, dès sept heures, Fougères à son chevalet, retravaillait le tableau condamné ; il en réchauffait la couleur, il y faisait les corrections indiquées par Schinner, il replâtrait ses figures. — (Honoré de Balzac, Pierre Grassou, 1840)
- Son zèle s’est réchauffé.
- (Sens figuré) Animer, rendre plus chaleureuse une ambiance en général.
- (Sens figuré) Réconforter.
- Malgré tout, la pensée de Catherine me réchauffait le cœur, et bientôt je découvris les premières maisons des Quatre-Vents. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
- Fallait que je me les caille assez pour que Mathis veuille bien me réchauffer à l'horizontale, mais pas trop ! Ça faisait une bonne heure que je poireautais et j'avais pas de réseau sur mon portable... — (J. Arden, Les chaînes du passé, volume 3 : Les sentinelles de l'ombre, Rebelle Éditions, 2014, chapitre 41)
- Mais leur existence a été réchauffée par la parole de Jésus en chemin. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, page 80)
-
accéder
?- Avoir accès (à un endroit, à quelque chose, à une situation).
- Avant, il était impossible d’accéder aux textes autrement qu'en ouvrant mécaniquement le papyrus. Là, avec la tomographie X en contraste de phase (XPCT), on arrive à reconstituer des lettres, un alphabet. — (Iegor Gran, Entretien avec Daniel Delattre, papyrologue : « Avec la technologie, on a l'impression de comprimer le temps », dans Charlie hebdo n°1240 du 27 avril 2016, p.15)
- Il gardait en mémoire ces imposants pressoirs en bois dans leur cuvage, la macération du moût, son odeur âcre et vinaigrée, la cave humide à laquelle on accédait par un large escalier en pierre. — (Philippe Morvan, Ours, Calmann-Lévy, p.5, 2018)
- Ce programme de construction permettra à de nombreuses familles d’accéder à la propriété.
- Accéder au pouvoir.
- (Vieilli) Entrer dans des engagements contractés déjà par d’autres.
- Les puissances du Nord ont accédé à ce traité, à cette convention.
- J’accède aux stipulations que mes cohéritiers ont consenties.
- Accepter, donner son aval.
- Accéder à une proposition, à une requête.
- Accéder à une prière, à un vœu.
-
répéter
?- Redire, dire ce qu’on a déjà dit soi-même.
- Il se tut. Les autres devisaient toujours paisiblement. Il répéta sa question. Ils s’obstinaient à ne point faire la moindre attention à lui. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 352 de l’édition de 1921)
- Brüder répéta ses instructions, mais c'était inutile, elle savait qu'il avait raison. Face à une pandémie potentielle, le confinement total était la seule solution viable. — (Dan Brown, Inferno, Jean-Claude Lattès, 2013)
- Tout général, ayant droit à un triomphe (défilé de ses légions victorieuses dans Rome), est accompagné d'un esclave lui répétant à l'oreille : « La roche Tarpéienne est proche du Capitole. » — (Philippe Moreau Defarges, L'Histoire du monde : Pour les Nuls, First Éditions, 2010)
- Le commissaire me prenait pour une bille ou bien il avait des trous de mémoire, je penchais plutôt pour la première solution, alors je répétai sans m'énerver, que ça soit naturel : – Non, il était en costard, je crois vous l'avoir déjà dit, non ? — (Pascal Dessaint, Les Hommes sont courageux, Éditions Rivages, 2013)
- Redire, dire ce qu’un autre a dit.
- L’écho de la forêt voisine répétait nos cris, le mugissement des troupeaux, le tintement des clochettes et le claquement du fouet […] — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923)
- Vous répétez ce qu’on a dit cent fois.
- Répétez avec moi.
- Rapporter ce qu’on a entendu.
- La quakeresse répéta en détail la conversation qu'elle avait entendue la veille. Sa mémoire était excellente et elle put redire mot pour mot les propos des officiers britanniques. — (Kurt Singer & Jane Sherrod, Les espions qui ont changé l’histoire, traduit de l'anglais par Bruno Bax, Paris : Presses de la Cité, 1961, page 36)
- Refaire ; renouveler. — Note : on le dit surtout de ce dont le retour est fâcheux, désagréable, fatigant.
- Un célèbre Académicien a déjà tenté cette expérience , & j'ai lieu de croire que la répétant & opérant avec tout le soin qu'elle exige, nos résultats seront à-peu-près les mêmes. — (Résultat des Expériences & Observations de MM. De Ch… & Cl… sur l'Acier fondu, dans le Journal de physique, de chimie, d'histoire naturelle et des arts, juillet 1788, , vol.33, p.46)
- De cent façons, New York et sa somptueuse ploutocratie répétaient Venise : dans la magnificence de son architecture, de ses arts, de ses édifices, dans le farouche acharnement de ses luttes politiques, dans sa suprématie commerciale et maritime. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 209 de l’édition de 1921)
- Cela se répète souvent, se répète tous les jours, cela se renouvelle, a lieu souvent, tous les jours.
- (Marine) Répéter les signaux, faire les mêmes signaux que le commandant, afin que les vaisseaux les plus éloignés puissent les voir ou les entendre.
- (Sens figuré) Réitérer le même motif.
- On a répété cet ornement à droite et à gauche.
- Les mêmes ornements se répètent sur les autres faces de l’édifice.
- Réfléchir les images des objets.
- L’eau du lac répétait son image.
- Ces deux glaces placées en regard répètent les objets à l’infini.
- (En particulier) Réviser plusieurs fois une même chose, pour pouvoir la prononcer ou l’exécuter en public.
- Mme, M. et Mlle Chapoulot étaient éveillés, ne pouvaient plus se rendormir, et faisaient observer que la journée était assez longue pour répéter les musiques de théâtre, et que, dans une maison du Marais, on ne devait pas toucher du forté pendant la nuit… — (Honoré de Balzac, Le Cousin Pons, 1847)
- (Droit) Réclamer.
- Répéter les dommages et intérêts.
- (Pronominal) Redire les mêmes choses.
- C’est un conteur agréable, mais il se répète quelquefois.
- Ce poète, ce musicien a le défaut de se répéter.
- (Plus rare) Recommencer.
- L’unité physionomique d'un paysage provient de ce que certaines plantes se répétant très fréquemment lui impriment une allure particulière. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 101)
-
figer
?- Fixer ; rendre immobile ou invariable.
- Le réflexe jacobin, aggravé par le réflexe conservateur, condamnerait le français au ghetto, à un pittoresque archaïsant. Tout bouge, tout évolue. Le pédantisme, qui veut figer la langue, est la lettre morte d'une science vétilleuse. — (Pol Vandromme, Jours d'avant, L'Âge d'Homme, 1993, page 81)
- Des expressions figées, des termes que l’usage a rendus invariables.
- Congeler, coaguler, condenser par le froid, par le refroidissement. Il se dit surtout en parlant des huiles.
- L’air froid fige la graisse des viandes.
- On a prétendu que certains poisons figeaient le sang dans les veines.
- L’huile se fige très facilement.
- Ainsi il se détache du monde et de la société, il se construit un univers qui se suffit à lui-même et qui, à force de se déconcrétiser et de se dématérialiser, se fige, se pétrifie pour n’être plus qu’une image, qu’une ombre idéalisée, une illusion, une chimère. — (Raymond Lauener, Robert Walser ou La primauté du jeu, 1970, page 201)
- (Sens figuré) Immobiliser, paralyser, en parlant des personnes qu’un sentiment de peur, de surprise, de timidité cloue sur place.
- Dans l'espoir de revenir ce soir à la maison couvert de bleus, Pablo saute dans l'arène, ramasse une cape et se fige droit comme un piquet face à la vachette et interpelle la bête. « Hooy toro », de sa petite voix. — (Ellande Bakean, Papa j'aime un homme, Société des Écrivains, 2014, page 22)
- Je me figeai illico. — (Laurent Bénégui, Mon pire ennemi est sous mon chapeau, Julliard, 2012, chapitre 1)
- Ce jeune homme semble un peu figé. — Une attitude figée. Les paroles se figent sur ses lèvres.
-
amener
?- Mener d’un lieu à un autre.
- Les personnes qu’on nous amène ivres mortes et que l’ivrognerie a rendues violentes sont encore plus pathétiques. — (Patrick Pelloux, Histoire d'urgences, Le Cherche-Midi, 2012)
- Si vous venez nous voir, amenez votre frère.
- Conduire, transporter vers un autre endroit.
- Un aqueduc du IIe siècle, long de 3 km amenait l’eau de la fontaine Bonnet pour alimenter des thermes gallo-romains, situés à un carrefour des voies antiques près de l’actuel presbytère d’Arthon. — (Le Petit Futé Loire-Atlantique 2012-2013, page 119)
- Nous avons amené d’Angleterre plusieurs chevaux.
- (Sens figuré) Parvenir à faire adopter une opinion à quelqu’un.
- Il me fut impossible de les amener à accepter le compromis.
- Tirer à soi.
- La barque est poussée en avant lorsqu’on amène la rame à soi.
- Il amène à lui tout le profit de l’affaire.
- (Marine) Faire descendre.
- Le Yacht Club salua mon départ de trois coups de canon, je répondis en amenant le pavillon français. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Sur chaque navire […] les hommes amènent la vergue, la posent sur deux chevalets, ferlent la voile ; arc-boutés, ils font basculer les quatre cents kilos du mât trapu sur son emplanture, le couchent, sortent les avirons, les empoignent de leurs mains crispées par le froid, prennent la cadence de nage. Les Vikings remontent vers Rouen. — (Patrick Louth, La Civilisation des Germains et des Vikings, éditions Famot, Genève, 1976, page 141)
- (Marine) (Par extension) Baisser son pavillon pour marquer qu’on se rend à l’ennemi.
- (Sens figuré) Introduire, faire adopter, mettre en usage.
- C’est ce médecin qui a amené l’usage de l’ergothérapie dans l’institution.
- Passer d’une chose à une autre qui la suit immédiatement, ou qui en est la conséquence.
- Notons en passant que le pâturage intensif amène une réduction notable et même la disparition de certaines Graminées (Koeleria, Festuca). — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, page 106)
- Ce sont eux qui, dans l'élevage gâtineau, tiennent la vedette et la tiendront jusqu'au jour où les perfectionnements apportés aux méthodes culturales les feront reculer au point d'en amener la quasi-disparition. — (Louis Merle, La métairie et l'évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen-Age à la Révolution, collection Les Hommes et la terre, tome 2, S.E.V.P.E.N., 1957, page 153)
- De par sa position, le chef de projet peut être amené à établir lui-même le chiffrage d’une prestation. En général, cette action fait suite à la remise d’une consultation sous la forme d’un cahier des charges. — (Olivier Englender, Fouad Bouchaouir et Yannick Dentinger, Gestion de projet : 50 outils pour agir, Vuibert, 2014, outil 6)
- Amener un sujet de conversation, c’est faire en sorte que la conversation tombe sur tel ou tel sujet.
- Ce vent nous amènera de la pluie. — Cet événement allait amener une réforme importante.
- (Pronominal) Venir.
- Un beau matin il s’est amené ici avec une paire de brodequins à recoudre […] — (Louis Pergaud, Un point d’histoire, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- (Pronominal) Arriver.
- — Madame s’amène.— Ben, naturellement…— D’où qu’tu viens ? — (Francis Carco, Jésus-la-Caille, ch. V, Le Mercure de France, Paris, 1914)
- (Acadie) (Gaspésie) Mettre bas, en parlant des animaux.
- La vache a amené son p'tit hier soir.
- (Jeux) Produire un certain numéro en lançant un dé.
- – Si j’amène six, se dit-il en sortant le dé, je descends !Il amena cinq. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
-
annoncée
?- Participe passé féminin singulier du verbe annoncer.
- Même lorsqu’elle se rencontre à l’identique chez les prophètes et les apocalypticiens, l’apocalypse n’y revêt donc pas le même sens, puisque l’apocalypse annoncée par les prophètes demeure essentiellement conditionnelle. — (Hicham-Stéphane Afeissa, La fin du monde et de l’humanité, 2014)
-
penser
?- Exercer l’activité de l’esprit ; accomplir quelque opération de l’intelligence ; concevoir ; imaginer ; réfléchir.
- Je suis incapable de rassembler deux idées ; votre vue m’a ébloui. Je ne pense plus, j’admire. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
- Vous n’êtes pas venu ici pour penser, mais pour faire les gestes qu’on vous commandera d’exécuter… Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin… — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932)
- Ma tâche vise davantage à leur enseigner comment penser et non que penser. J’espère ainsi que lorsqu’ils auront appris à penser, mes élèves pourront réfléchir par eux-mêmes plutôt que de laisser les autres le faire à leur place. — (David E. Walker, La pauvreté de la foi, dans Le Québec sceptique, n° 21, page 32, hiver 1992)
- Accepter les idées des autres mais être déterminé à garder les siennes, c’est faire semblant de penser. — (Frédéric Tremblay, Porte ouverte, mais esprits fermés, Le Journal de Québec, 21 avril 2021)
- Croire.
- Il ne dit rien qu’il ne pense.
- Dites librement ce que vous pensez.
- J’espère qu’il ne pense pas ce qu’il dit.
- Que pensez-vous de cet homme ?
- C’est un homme qui pense toujours mal des autres.
- Je ne pense de cette affaire ni bien ni mal.
- La chose n’est pas si facile qu’on le pense.
- Il pense être plus habile que les autres.
- Il ne pensait pas être observé.
- Vous n’en êtes pas où vous pensez.
- Je pensais qu’il était de vos amis.
- Je ne pensais pas que vous vous méprendriez sur le sens de mes paroles.
- Je pense comme vous.
- Je pensai que j'avais été trop aimable ou familière avec Adam Johnson et je rédigeai un texte froid et distant : [...]. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 11)
- Estimer.
- Il y a, je pense, dix kilomètres de chez vous chez moi.
- J’irai vous voir demain, je pense.
- Pensez-vous ? c’est-à-dire Vous ne dites pas sérieusement ce que vous dites, vous ne le croyez pas véritablement.
- Avoir une opinion.
- Cette feuille ne craignait pas de dire ce qu'elle pensait, même aux personnages les plus hauts placés. Dans le n° 29 du 30 juin 1793, elle jugeait vertement le général Alexandre Beauharnais , qui venait d'être nommé ministre de la Guerre. — (Fernand Mitton, La Presse française, volume 2 : sous la Révolution, le Consulat, l'Empire, Paris : chez Guy Le Prat, 1945, page 172)
- Bien penser, mal penser, avoir en morale, en religion, en politique, des opinions conformes à la vérité ou à ce qu’on croit la vérité.
- Façon de penser, opinion, jugement sur quelque chose.
- Voilà ma façon de penser.
- Faites- moi connaître votre façon de penser.
- Il a sur tout cela une façon de penser singulière.
- Avoir des tendances intellectuelles, des préférences d’esprit et de goût.
- Penser finement, noblement, singulièrement, hardiment.
- Penser avec justesse.
- Penser juste.
- Avoir dans l’esprit.
- C’est un homme qui ne dit jamais ce qu’il pense.
- Il pense beaucoup de choses qu’il ne dit pas.
- penser tout haut
- Avoir présent à l’esprit ; avoir le cœur occupé de.
- Des larmes lui coulaient bien tranquillement sur les joues, sans qu’il pensât à les essuyer. — (Georges Arnaud, Le salaire de la Peur, 1950)
- Pensez à moi.
- Il ne pense qu’à celle qu’il aime.
- Se souvenir.
- Mais ne nous voilons pas la face : Rebaudengo était une fripouille et, si je pense à tout ce que j'ai fait après, j'ai l'impression de n'avoir fait des fripouilleries qu'à des fripouilles. — (Umberto Eco, Le cimetière de Prague, traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano, éd. Grasset, 2011, chapitre 6)
- Prévoir et pourvoir.
- Le mal vient sans qu’on y pense.
- Il nous a reçus admirablement, il a pensé à tout.
- Vouloir, former un dessein, avoir une intention.
- À quoi pensez-vous de vous conduire ainsi ?
- Je suis trop de vos amis pour avoir pensé à vous nuire.
- Je pensais à aller vous voir hier ou
- Je pensais aller vous voir.
- Que pensez-vous faire ?
- Pontagnac. — Mon Dieu, certainement, je serais très heureux et elle aussi ; malheureusement, il n’y a pas à y penser. — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
- Être sur le point de ; faillir.
- J’ai pensé mourir.
- Note : Cette acception n’est évidemment légitime que si le sujet du verbe penser est un être pensant, en situation d’avoir pensé que l’action ou l’état indiqué par le verbe-complément a été sur le point de se produire. Si ce n’est pas le cas, c’est un emploi barbare, mais courant autrefois :
- Le lendemain pensa nous être funeste. — (Marquise Donnissan de Larochejaquelein, Mémoires, chapitre II ; Éditions L.-G. Michaud, Paris, quatrième édition, 1817, page 33)
-
demeurer
?- S’arrêter assez longtemps en un lieu. — Note d’usage : Conjugué avec l’auxiliaire être.
- Eh quoi ! vous voilà déjà en route ? Isaac Laquedem, « qui souffre à demeurer », s’arrête au moins pour boire la chope de bière que lui offrent les bourgeois de Bruxelles en Brabant ! — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, pages 50-51)
- En les apercevant, Bert s’aplatit sur le sol, rampa jusqu’à un creux propice et demeura étendu là à contempler leurs efforts. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 357 de l’édition de 1921)
- Elle pourrait demeurer ici, l’assaillir d’invites, de chatteries, toute la nuit provoquer son désir, répandre ses effluves. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Elle était demeurée longtemps debout devant ces hautes coques dont les hublots laissaient voir l'intérieur des cabines éclairées. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 52)
- Habiter, loger, faire son logement. — Note d’usage : Conjugué avec l’auxiliaire avoir.
- En songeant à cela j’arrivai chez le sonneur de cloches Brainstein, qui demeurait au coin de la petite place, dans une vieille baraque décrépite ; […]. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
- (...), tous les trois brisés du voyage, effarés et perdus au milieu du vaste Paris, le nez levé sur les maisons, demandant à chaque carrefour la rue de la Michodière, dans laquelle leur oncle Baudu demeurait.— (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883 - Éditions Gallimard, 1980, page 29 ISBN 2070409309)
- M. A… G…, demeurant à Troyes, souffre depuis longtemps d’une entérite que différents traitements n’ont pu guérir. — (Émile Coué, La Maîtrise de Soi-même par l’autosuggestion consciente, éd. 1935, page 31)
- (Sens figuré) Être à demeure, être permanent ou tenir, persister, durer.
- Confusion : le kaiser s’est enfui en Hollande, mais le militarisme demeure et les chefs sociaux-démocrates du nouveau régime, républicain, font alliance avec les généraux monarchistes et les corps francs à croix gammée contre les spartakistes. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 12)
- Cet arc de triomphe n’a pas été fait pour demeurer.
- La parole s’envole, et les écrits demeurent, l’écriture demeure.
- La tache en demeure toujours.
- La cicatrice lui en est demeurée.
- Il lui en est demeuré une cicatrice, une infirmité.
- Se trouver, rester ou être dans un certain état.
- Pendant que le nouveau venu se débitait à lui-même ce monologue, un autre cavalier, entré par l’autre bout de la rue, […], s’arrêtait et demeurait aussi en extase devant l’enseigne de la Belle-Étoile. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
- Parmi les tailleurs de pierre qui sculptaient les images des cathédrales, il y avait des hommes d’un talent supérieur, qui semblent être demeurés toujours confondus dans la masse des compagnons ; ils ne produisaient pas moins des chefs-d’œuvre. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. VII, La morale des producteurs, 1908, page 360)
- […], il découvrit bientôt la carcasse de l’un des monoplans asiatiques […]. La machine avait évidemment opéré une chute verticale et elle était demeurée à demi suspendue dans un groupe d’arbres ; […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908 ; traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 249, Mercure de France, 1921)
- Je demeurai couché sur le dos, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. — (Henry Miller, L’ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- La respiration demeure calme, le cœur est encore bon, mais le sang lui dégouline du crâne sur le nez, dans les yeux, poisse la chemise. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Débusquer les bases biologiques d’un comportement n’enlève rien à l’humanisme du geste ni au libre arbitre : nous demeurons toujours libres de choisir entre un geste altruiste ou égoïste. — (La démagogie est-elle génétique ?, dans Le Québec sceptique, n° 58, page 17, automne 2005)
- Enfin, pour le repérage des noms de lieu et des réseaux de communication terrestres, les deux atlas routiers, Southeast Asia et Indonesia, publiés chez Nelles Verlag, demeurent irremplaçables. — (Rodolphe de Koninck, L'Asie du Sud-Est, éditions Armand Colin (collection U), 2012, introduction)
- Ce qui est conservé, laissé ou dévolu à quelqu’un.
- Ce bien lui est demeuré, malgré les efforts de ceux qui le lui disputaient.
- Ce titre lui demeure. (Sens figuré),
- La victoire lui demeura.
- La gloire lui en est demeurée tout entière.
- Que la honte vous en demeure !
- Être de reste. — Note : Dans cette acception, on l’emploie presque toujours impersonnellement.
- Sans doute, presque tout demeure à faire pour passer d'une symptomatique à une véritable étiologie. — (Gilles Gaston Granger, Méthodologie économique, Presses Universitaires de France, 1955, page 350)
- Il ne lui est rien demeuré de tant de biens qu’il avait.
- Il ne lui en est pas demeuré une obole.
-
instaurer
?- Établir, fonder.
- J’évoque alors en rafale les rumeurs courant les salles de rédaction sur Ze Plan, qui instaurerait dans certains quartiers une sharia soft, mais Serge s’esclaffe « tout cela provient de la fuite d’un scénario de type « ultra-accommodant » de la cellule Prospective du ministère de l’Intérieur, c’est payé pour ça les cellules Prospectives, gamberger sans tabou. — (Yves Bourdillon, Jamais de guerre civile le mardi, 2020)
- Partout elle avait trouvé bon accueil, prompt assentiment, mais elle se propose d'aller plus outre. Pourquoi ne pas instaurer une Adoration permanente du Saint Sacrement ? — (Jean Rogissart, Passantes d'Octobre, 1958)
-
particularité
?- Caractère particulier d’un objet, d’une chose.
- Le lorrain, dont la prononciation reproduit souvent la nôtre dans ses particularités les plus caractéristiques, dit aussi ma, pâ, jemâ pour mais, paix, jamais : si v'piâ z = s'il vous plaît. — (E. de Chambure, Glossaire du Morvan, Paris, H. Champion & Autun, Dejussieu père & fils, 1878, p.1)
- Ainsi parlait Hérodote des Sassanides, soulignant la particularité du zoroastrisme, culte officiel de l’État perse de l'époque : son monothéisme. Bien avant l’avènement du christianisme et sans doute du judaïsme, les zoroastriens plaçaient leur foi en une divinité unique et abstraite, Ahura Mazda (…). — (Célian Macé, Ainsi parlait le zoroastrien, dans Libération (journal), du 3 août 2012, p.IV)
- Circonstance particulière.
- Vous venez de le voir, mon jeune ami, reprit le vieillard, il était impossible que vous restassiez plus longtemps parmi nous sans connaître quelques-unes des affreuses particularités de la vie de cette sainte femme. — (Honoré de Balzac, L’Envers de l’Histoire contemporaine, 1848, premier épisode)
- Particularité essentielle, remarquable, importante, curieuse.
- Il m’a conté toutes les particularités de cette affaire.
- Il a omis dans son récit plusieurs particularités nécessaires.
- Je ne savais pas cette particularité de sa vie.
-
prisonnier
?- (Prison) Personne qui est arrêtée pour être mise en prison, ou qui y est détenue.
- J'ai vu des prisonniers jetés à coups de matraque d'un étage à l'autre et qui, hébétés par la torture et les coups, ne savaient plus que murmurer en arabe les premières paroles d'une ancienne prière. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Militaire) Celui qui a été pris à la guerre.
- Faits prisonniers par les dragons prussiens, nous avions été emmenés jusqu’à Vrigne-aux-Bois au grand trot de nos montures. — (Victor Thiéry, Après la défaite : Souvenirs et impressions d’un prisonnier de guerre en Allemagne, Paris : chez Frinzine, Klein & Cie, 1884, page 17)
- Le lieutenant Souchier a reçu de sa femme la nouvelle qu’il y a quarante prisonniers à Roanne! Pas un enfant, pas une vieille paralytique, sur la route de Charlieu, qui ne les ait déjà vus. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Encore en 1870, une servante prussienne disait à un prisonnier français employé dans la ferme où elle travaillait : « Quand la guerre sera finie, je t’épouserai ; cela t’étonne ce que je te dis là, mais tu sais, pour nous, le patriotisme cela ne veut pas dire grand-chose. » — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition 1946)
- (Sens figuré) Personne qui a perdu sa liberté d’action.
- Vous êtes prisonnier de votre parti. — Il est prisonnier de son passé.
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.