Dictionnaire des rimes
Les rimes en : nadir
Que signifie "nadir" ?
Afficher la définitionMasquer la définitionwiktionary.org
- (Astronomie) Point situé sous l’observateur en suivant la verticale tirée du point où il se tient et passant par le centre de la Terre, ou dirigée dans le sens de la gravitation.
- En deux points du globe, ayant respectivement la lune au zénith et au nadir, la surface des océans a tendance à monter créant une pleine-mer.
- (Par analogie) Valeur la plus basse dans une série.
- La livre sterling, déjà fortement dévaluée depuis le référendum sur le Brexit du 23 juin 2016, a réagi, en approchant de son nadir. — (Eric Albert, Brexit : face au risque de « no deal », la livre sterling proche du plus bas niveau de son histoire, Le Monde. Mis en ligne le 2 août 2019)
- (Par extension) Pire moment ; moment où il y a le moins d’espoir.
- Dans les existences les plus illustres comme dans les plus obscures, n’y a-t-il pas pour l’animal comme pour les secrétaires généraux un zénith et un nadir, une période où le pelage est magnifique, où la fortune rayonne de tout son éclat. — (Honoré de Balzac, Les Employés, 1838, édition définitive)
- En quelques jours, les relations diplomatiques et économiques entre l’Ukraine et la Pologne, pourtant un des plus proches alliés de Kiev depuis le début de l’invasion russe, ont atteint leur nadir. — (Luc Vinogradoff, Comprendre les tensions entre la Pologne et l’Ukraine, de l’exportation des céréales à l’imbroglio sur les livraisons d’armes, Le Monde. Mis en ligne le 21 septembre 2023)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "nadir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
-
rétrécir
?- Rendre plus étroit, moins large.
- Vrai que la sécheuse fait rétrécir les vêtements, mais jamais autant que le frigo. — (Michel Beaudry, La leçon virale, Le Journal de Montréal, 22 mai 2021)
- Rétrécir un chemin, une rue.
- (Sens figuré) …
- Cette éducation lui a rétréci l’esprit.
- Ce genre de vie a rétréci ses vues.
- Ses idées se sont rétrécies.
- (Intransitif) Devenir plus étroit.
- Prélavez le textile, qui tend à rétrécir au lavage, et prenez-en compte ce facteur au moment de votre achat : le retrait du denim peut être important. — (Christelle Beneytout, Guide des tissus par projets de couture, Eyrolles, 2015, page 137)
- Cette rue va en rétrécissant.
- (Pronominal) Devenir plus étroit.
- Mais, malgré les efforts du chevalier blanc, la nature, opiniâtre, avait une furieuse tendance à gagner un peu plus chaque année et le Trou à se désapprofondir et à se rétrécir inexorablement. — (Robert Chapuis, La Guerre en culotte courte dans la vallée de Courbet, 2016)
- Cependant, au cours de nos travaux, l’espace libre se rétrécit, comme la peau de chagrin de Balzac, avec une déconcertante rapidité. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
-
amoindrir
?- Rendre moindre.
- Quand la gloire d'un peuple contraint ses ennemis de la célébrer, il est naturel qu'ils s'efforcent d'en amoindrir l'éclat ou de s'en couvrir eux-mêmes. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française dans ses rapports avec les littératures étrangères au Moyen Âge, Revue des Deux Mondes, 1833, tome 1)
- L'essentiel pour les jésuites, c'était d'affaiblir, d’amoindrir, de rendre les âmes faibles et fausses, de faire des petits très-petits, et les simples idiots ; une âme nourrie de minuties, amusées de brimborions, devait être facile à conduire. — (Jules Michelet, Le prêtre, la femme, la famille, Paris : Chamerot, 1862 (8e éd.), p.65)
-
gémir
?- Exprimer sa souffrance d’une voix plaintive et non articulée.
- Je l’entendis gémir toute la nuit.
- Il se drapa en vitesse dans son hermine et ouvrit la porte à la volée, ignorant la plainte gémie par son épouse —ah, les femmes ! — (Dave Duncan, Sous une autre lune, 2012)
- (Sens figuré) Se plaindre sous l’excitation de la tyrannie, de l’injustice, du malheur, etc.
- Gémir sous le joug.
- Gémir dans l’oppression, dans l’esclavage, dans les fers.
- La nation avait longtemps gémi sous le poids des impôts.
- Gémir sous le poids des afflictions.
- Il gémissait de voir triompher l’injustice.
- Pousser un cri languissant et plaintif, en parlant de certains oiseaux.
- La colombe, la tourterelle gémissent.
- (Sens figuré) (Poétique) Faire entendre quelque bruit, quelque murmure, en parlant de choses inanimées.
- Le vent gémit dans les forêts.
- (En particulier) Se dit des choses qui s’affaissent bruyamment sous le poids, sous la pression d’une autre, ou que l’on suppose ne pouvoir la soutenir qu’avec effort.
- […] dans la nuit, les pauvres arbres, sous l’effort du vent plus colère, gémissent et craquent. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Il fait gémir les coussins, les coussins gémissent sous le poids de son corps. — La terre gémit sous ses pas.
- (Sens figuré) Par plaisanterie, Faire gémir la presse : Faire beaucoup imprimer. Se dit surtout des écrivains qui sont plus remarquables par leur fécondité que par leur talent.
-
élargir
?- Rendre plus large.
- Tous étaient à cheval, mais Dieu sait comment; Mazeppa aussi était à cheval ! Les uns élargissaient les jambes en cerceau, et ne se maintenaient ainsi que par la force du poignet; les autres n'étaient pas assis, mais couchés. — (Alexandre Dumas, Impressions de voyage: Excursions sur les bords du Rhin, chap. 36, 2e série, Paris : chez Michel Lévy frères, 1869, page 277)
- Élargissez votre champ d’action. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 13 août 2022, page 36)
- […] ; elles s'y frayèrent un passage et donnèrent naissance à un nouveau cours d'eau souterrain. Les eaux s’étant ainsi écoulées, élargirent peu à peu leur passage et finirent par absorber toutes les autres fontaines ou sources de ces localités. — (M. Poudra, Notice sur les anciennes sources du Loir, le 6 avril 1857, dans les Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, tome 1, Chartres : chez Pétrot-Garnier, 1858, page 123)
- (Sens figuré) — Rappeler les travaux de Maillot, de Haspel, de Worms, de Dutroulau, de Colin et de bien d'autres, c'est signaler à la reconnaissance publique des confrères qui, par leur savoir et leur esprit d'observation, redressèrent ou élargirent nos idées pour le plus grand honneur de la science française et le bien de l'humanité. — (Hirtz, « Intermittentes (Fièvres) », dans le Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, sous la direction du docteur Jaccoud, tome 19 (Infus-Kyst), Paris : Librairie J. B. Baillière et fils, 1874, page 176)
- Libérer de prison.
- Il avait été mis en prison par erreur, on l’a élargi immédiatement.
- Je ne fus pas plus tôt acquitté, réhabilité et élargi, que je courus auprès d'Edmée; j'arrive pour assister aux derniers moments de mon grand-oncle. — (George Sand, Mauprat, Paris, 1837, chap. 29, dans les Œuvres de George Sand, tome 1, Bruxelles : chez Meline, Cans & compagnie, 1838, p. 485)
- (Gravure) …
- Élargir les tailles : Rendre plus larges les espaces qui sont entre les tailles.
- (Pronominal) Devenir plus large.
- Les individus qui forment le tronc, ont de 4 à 7 mm de long. Généralement, les tubes, relativement étroits, s’élargissent subitement en cornet à leur ouverture. — (Joachim Barrande, Système silurien du centre de la Bohème, 1re partie : Recherches paléontologiques, vol. 8, tome 1er : Bryozoaires, hydrozoaires et partie des Anthozoaires, Prague, 1894, p. 224)
- (Informatique) Augmenter le nombre de bits de représentation, surtout pour les entiers.
- Si l'un des deux opérandes a 64 bits, l’autre est élargi de 32 à 64 bits avant de résoudre l’opérateur.
-
ébaubir
?- (Familier) Rendre ébaubi ; étonner.
- Leur récit embrouillé ébaubit tout le monde, à commencer par les fonctionnaires : de prime abord leur ahurissement rappelait celui d’un écolier […]. — (Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
- Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, était ébaubi par cette nouvelle. — (Marco Bélair-Cirino et Mylène Crête, Quatre partis, quatre déclinaisons du nationalisme québécois, journal Le Devoir, 7 septembre 2019)
-
gésir
?- Être étendu ; être couché.
- Çà et là gisaient des cadavres à demi dévorés par les bêtes fauves et les vautours. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
- Une centaine d’hommes gisent sur le pavé ; les uns sont tués roides, d’autres atteints mortellement. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- Camus, au pied de l’arbre, gisait couché sur le dos, tout pâle, les yeux clos. Nul doute qu’il n’était monté à l’arbre et avait dégringolé. — (Louis Pergaud, La Traque aux nids, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Un scaphandrier islandais a plongé. Il a constaté que le Pourquoi pas ? gisait par 15 m de fond et que son étrave était brisée en quatre endroits. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, vol. 6, 1936)
- Sur l’établi du charpentier, un pied de chaise en réparation gisait à côté du ciseau qui ne l’avait qu’entamé […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- L’île de Makemo gisait à près de quatre-vingt milles de Raroia. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t. 1, de New-York à Tahiti, 1929)
- Il farfouilla dans les papiers qui gisaient sur la table. — (Henry Miller, L’ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Ici-gît une feuille morteIci finit mon testament. — (Georges Brassens, Le Testament, in Je me suis fait tout petit, 1956)
- Je voyais donc que j’étais Ulysse après le naufrage, échoué sur une plage indéterminée, et avant d’y élaborer un plan je savourais l’étonnement d’avoir survécu, de posséder des organes intacts et un cerveau pas plus atteint qu’avant, et de gésir sur la partie solide de la planète. — (Amélie Nothomb, Pétronille, Éditions Albin Michel, Paris, 2014, p. 13)
- (Sens figuré) Être caché, se trouver, consister.
- J’ai moi-même gardé longtemps une sensation d’inquiétude générale […] Elle a eu pour origine le résidu, gisant dans le tréfonds de mon être, des conversations dont ma jeunesse fut bercée. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
- La question de savoir si une infraction a été commise dans une intention frauduleuse ou à dessein de nuire gît donc en fait et est dès lors laissée à l’appréciation souveraine du juge du fond. — (Laurence Deklerck, Roland Forestini et Philippe Meurée, Manuel pratique d’impôt des sociétés, De Boeck Supérieur, 2003, page 369)
- La difficulté gît dans notre laborieux consentement à vraiment porter un autre regard sur l'autre. — (Robert Henckes, Au rendez-vous de Cana, éditions Fidélité, Namur, 1999, page 125)
- Tous les étangs gisent gelés,Mon âme est noire ! où-vis-je ? où vais-je ? — (Émile Nelligan, Soir d'hiver (poème), 1898)
-
préétablir
?- Établir au préalable.
- C’est ce qu’il faut préétablir.
- L’ordre ancien et préétabli.
-
munir
?- Garnir, pourvoir de ce qui est nécessaire ou utile en vue de tel ou tel objet.
- Le grand air de l'Océan mordait notre visage avec une violence telle que nous avons dû, à plusieurs reprises, étaler sur les joues et le nez de la vaseline, dont nous nous étions munis. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
- Si la topographie l'exige, le préfet peut imposer sur certaines voies l'obligation de munir tout véhicule d'un frein ou d'un dispositif d’enrayage. — (Article 17, Code de la route, France, 30 octobre 1935)
- On munit chaque boussole d'une carte de déviation qui indique jusqu'à quel point l’aiguille dévie de sa position correcte. — (Encyclopédie Grolier 1947-48, La Société Grolier , 1947, vol.2, page 328)
- (Sens figuré) Se munir de patience, de résolution, de courage. — Se munir d’arguments pour une discussion.
- (Militaire) Pourvoir de tout ce qui est nécessaire pour sa défense, en parlant d'une place forte.
-
ressentir
?- Sentir ; éprouver.
- J'avais les membres roidis et ressentais une si pénible lassitude, que je restai longtemps sans pouvoir trouver le sommeil. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 94)
- Ma myopie renforçait encore l'impression d'irréel, de cauchemar que je ressentais et contre laquelle je m’efforçais de lutter, dans la crainte de voir se briser ma volonté. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- Le changement des conditions objectives de la lutte, qui imposait la nécessité de passer de la grève à l’insurrection, fut ressenti par le prolétariat bien avant que par ses dirigeants. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe (Pravda du 22 janvier 1925), Moscou : Éditions du Progrès, 1966, page 6)
- Vous ressentirez une fatigue générale. — (journal Le Télégramme, édition Morlaix, 3 août 2022, pages locales, page 24)
- Il a ressenti vivement la perte de son ami. — Il est également incapable de ressentir et d’inspirer l’amitié. — Je ressens un grand plaisir, une grande joie de votre retour.
- (Pronominal) Sentir quelque reste d’un mal qu’on a eu.
- Il se ressent encore de sa maladie, de sa blessure, de son opération.
- Dans l’antichambre, je trouvai Wood qui mettait son paletot. Il ne semblait pas se ressentir de sa crise. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 100)
- (Pronominal) (Sens figuré) Éprouver les suites, les conséquences fâcheuses, l’influence nuisible de quelque chose.
- Il se ressentira longtemps des désordres de sa jeunesse.
- Ce pays a été ruiné par la guerre, il s’en ressentira longtemps.
- Il se ressent de la mauvaise éducation qu’on lui a donnée, de la fréquentation des mauvaises compagnies.
- Son ouvrage se ressent de la précipitation avec laquelle il l’a composé.
-
débâtir
?- (Couture) Ôter les bâtis d’une couture.
- Débâtir une jupe.
- (Rare) Démolir, déconstruire un bâtiment.
-
dévernir
?- Dégarnir quelque chose de son vernis.
- Dévernir une porte en la ponçant.
-
abonnir
?- (Transitif) (Vieilli) Rendre bon, rendre meilleur.
- Les caves fraîches abonnissent le vin.
- Le feu est en marche, le feu multiple et brutal, qui réchauffe ou brûle, qui débusque le gibier, détruit les serpents, effraie les fauves, abat l’orgueil des herbes et des arbres, le feu qui défriche les terrains propices aux prochaines semailles et , en passant, les abonnit. — (René Maran, Batouala, Albin Michel, Paris, 1921)
- J’avais peut-être l’espoir que la maternité l’abonnirait. — (Henri Calet, Monsieur Paul, Gallimard, Paris, 1950)
- À propos de glace, et puisque vous la rompez si vite, je me suis permis de vous apporter un petit cadeau, qui, je crois, n'abonnira ni votre narcissisme naissant ni l'image déjà peu favorable que vous avez de mon gouvernement, mais qui peut toutefois vous amuser. — (Alain Damasio, La Zone du dehors, éditions La Volte, 2007, Gallimard Folio SF, 2009, page 223)
- (Intransitif) (Vieilli) ou (Familier) Devenir meilleur.
- C’est un vieux pécheur, il n’abonnit point en vieillissant.
- (Pronominal) (Vieilli) Devenir meilleur.
- Depuis son arrivée, il s'abonnit.
-
satire
?- (Primitivement) À Rome, forme de pièce de théâtre en partie chantée.
- (Littéraire) Ouvrage en vers, fait pour reprendre, pour tourner en ridicule, pour châtier les vices et les sottises des hommes.
- Certains ouvrages de longue haleine, ordinairement mêlés de prose et de vers, qui sont faits dans la même intention.
- La troisième est une ère prosaïque et pédantesque; à elle la dernière partie du Roman de la Rose, recueil de science aride, dans lequel il n’y a de remarquable que la satire, la satire toujours puissante contre une époque qui approche de sa fin. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des deux Mondes, 1839, tome 19)
- Satire d’Horace, de Juvénal, de Boileau.
- Satire contre l’avarice, contre l’ambition.
- On a fait contre lui une satire qui le couvre de ridicule.
- Tout écrit ou discours piquant, mordant contre quelqu’un.
- Cela n’est rien. Un philosophe sait recevoir comme il faut les choses, et je vais composer contre eux une satire du style de Juvénal, qui les déchirera de la belle façon. — (Molière, Le Bourgeois gentilhomme, 1670)
- Ainsi, dans le cadre de la satire des financiers, nous trouvons des allusions nombreuses à l'origine petite-bourgeoise des grands du jour: avoir exercé jadis le métier de cordonnier, de fripier ou d'usurier constitue ipso facto une tare aux yeux de l'opinion. — (Jean V. Alter, Les origines de la satire anti-bourgeoise en France, II : L'esprit antibourgeois sous l'Ancien Régime, Genève : Droz, 1969, 1970, p.31)
- (Absolument) Le genre satirique.
- Imitation railleuse ou accusatrice.
- Sa conduite est la satire de la vôtre, L’honnêteté, la régularité de sa conduite fait remarquer davantage les torts de la vôtre.
-
revenir
?- Venir une autre fois, venir de nouveau.
- L’avion revient vers nous, plane un moment sur nos têtes, glisse, remonte et, dans une dernière caracole, pique vers son hangar. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, pages 203-204)
- […] je craignais qu’en serrant son argent dans sa bourse il ne nous annonçât qu’il ne reviendrait pas le lendemain. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 39)
- Ne revenez plus, monsieur, autrement vous tueriez aussi la mère, car la puissance de Dieu est infinie, mais la nature humaine a ses limites. — (Honoré de Balzac, L’Envers de l’Histoire contemporaine, 1848, deuxième épisode)
- Reparaître après avoir disparu, arriver, se présenter ou se faire sentir de nouveau.
- […] je ne voulais pas me faire à l’idée que mon père fût mort, et que plus jamais il ne reviendrait. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
- Elle s’est éclipsée ; elle est revenue, tiède et savonneuse ; puis, toute fraîche, la figure rosissante, essuyant des gouttelettes d’eau. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Le temps, la beauté, la jeunesse, le plaisir passe et ne revient plus.
- Cette fête revient tous les ans.
- Reparaître après une campagne, un raid, une guerre, en parlant de marins, de soldats.
- Le sacro-saint règlement et l’esprit de corps furent ainsi respectés, mais Blosseville et son équipage ne revinrent jamais. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Croître de nouveau, qui repousser après avoir été coupé, arraché, etc.
- Ces bois que l’on avait coupés reviennent bien.
- Les plumes reviennent à cet oiseau.
- Les premières dents de cet enfant sont tombées, il lui en revient d’autres.
- (Sens figuré) Être répété, mentionné fréquemment.
- Les auteurs grecs et latins reviennent souvent dans ses écrits.
- Ce mot revient sans cesse sous sa plume.
- (Sens figuré) Être dit, être rapporté.
- Certains propos tenus sur sa conduite lui revinrent.
- La même chose me revient de tous côtés.
- (Impersonnel) — Il me revient que vous vous plaignez de moi.
- (Impersonnel) — Je crains bien, madame, que M. Paul Vence ne vous ait fait à ce sujet beaucoup de mensonges absurdes. Il m’est revenu qu’il allait semant dans les salons que mon cordon est un cordon de sonnette […] — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 107)
- Retourner au lieu d’où l’on était parti.
- Ayant réquisitionné une bicyclette dans une boutique abandonnée, Bert l’enfourcha, et, maintenant en équilibre son chargement pharmaceutique, il revint à l’hôtel-hôpital. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 304 de l’édition de 1921)
- Résignée, elle mit dans le cabas deux litres vides et s’en fut à l’auberge d’où elle revint bientôt avec le vin […] — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Après deux jours d’absence, nous revenions à Rockall ramenant une nuée de mouettes qui avaient quitté leur îlot pour nous accompagner […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Là nous eûmes un guide, et c’était bien nécessaire, car les tranchées tournaient et revenaient de façon qu’on ne savait plus où était l’ennemi. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 125)
- (Sens figuré) Réintégrer une organisation.
- Revenir au giron de l’église.
- Revenir à Dieu.
- (Sens figuré) Redevenir favorable à quelqu’un, reprendre pour lui des sentiments d’amitié, de confiance.
- La realpolitik, vouée aux gémonies dans les années 1920 et 1930, revint à la mode. — (Arnaud Blin, 1648, la paix de Westphalie ou la naissance de l’Europe politique moderne, Éditions Complexe, 2006, page 190)
- Tous ses anciens amis lui revinrent.
- L’opinion commence à lui revenir.
- S’en ressouvenir.
- Cela me revient dans l’esprit, à l’esprit, cela me revient en mémoire, dans la mémoire, à la mémoire.
- Des souvenirs lui revenaient par bribes. Il se remémorait le bonheur qu’il avait découvert à marcher dans les champs ou à travers les bois. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- (Absolument) — Ce nom ne me revient pas.
- Cet air me revient sans cesse, et je le chante sans cesse intérieurement.
- (Mythologie) Faire un retour de l’au-delà.
- Il revient des esprits, des esprits reviennent dans cet endroit.
- Pour moi pauvre bavure,Ça n'aurait pas changé grand-chose, mais ça m'aurait fait faire plaisir,Sûr ça m'aurait pas fait revenir — (Jehan Jonas, maquette de Bavure, album posthume Bavure, 2010)
- (Familier) Persister au goût ou à l’odeur, en parlant de certains aliments qui, lorsqu’on les a mangés, causent des renvois.
- L’ail, l’échalote revient.
- C'est vrai : si vous mettez trop d'oignon à la farce de la poule, eh bien votre poule, vous la digérez pas : elle revient. Vous savez, on disait : "Oh là là, j'ai mangé de la farce toute la nuit". Eh bien, c'est parce que vous avez mis trop d'oignon à la farce, c'est tout. Si vous n'y mettez pas autant d'oignon, votre farce, elle va pas vous revenir.— (Maïté Ordonez, "Poule farcie au jambon de Maïté", La Cuisine des mousquetaires, France 3, 28/04/1992.)
- Recommencer à faire ou à dire les mêmes choses que l’on a faites ou dites précédemment.
- Après un pareil refus, il n’y avait plus à y revenir.
- C’est bon pour cette fois, mais n’y revenez pas.
- En somme, il avait promis à Marie Papin de l’épouser. Car il l’avait dit. Il n’y avait pas à revenir là-dessus. — (Georges Simenon, Les Demoiselles de Concarneau, Gallimard, 1936, réédition Folio, page 118)
- Reprendre le fil de son discours ou de son raisonnement, après une digression ou une interruption.
- Revenons maintenant à notre sujet, c’est-à-dire aux enfants de Paris, et occupons-nous des convalescents. — (d’Haussonville, L’Enfance à Paris, 1879, Calmann-Lévy, page 145)
- (Sens figuré) Reparler d’une affaire, d’une matière, la traiter de nouveau.
- La décision est prise et actée ; nous n’allons pas revenir sans cesse sur cette affaire.
- Se rétablir se remettre, être rétabli, être remis dans le même état où l’on était auparavant.
- Revenir en son premier état.
- Revenir au bon sens.
- Revenir à la vie, à la santé.
- (Par ellipse) Revenir à soi.
- Elle se passa les doigts sur les paupières, les yeux reprirent une expression humaine comme si elle revenait d’une pâmoison. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Se rétablir d’une maladie, recouvrer sa santé.
- Il est bien revenu de sa maladie.
- (Absolument) — Il revient à vue d’œil.
- (Sens figuré) Reprendre ses esprits.
- Je ne reviens pas de ma surprise.
- Revenez de votre étonnement.
- L’amour est parfois une aventure dont certains n’en reviennent pas d’être revenus. — (Pierre Dac, Les Pensées, Éditions Saint-Germain-des Prés, 1972)
- (Parfois) Reprendre le courage que l’on avait perdu.
- Revenir d’une frayeur.
- (Absolument) Reprendre ses esprits à la suite d'un profond étonnement.
- Je n’en reviens pas !
- (Sens figuré) Abandonner l’opinion dont en était, pour en adopter une autre.
- Je reviens à l’avis d’un tel.
- C’est un homme opiniâtre qui ne revient pas, qui ne revient jamais.
- Je reviens à ma première idée.
- Je reviendrai peut-être à mon ancien projet.
- Se désabuser.
- Revenir de ses erreurs, de ses opinions, des impressions qu’on a reçues.
- Je suis bien revenu des doctrines libérales.
- Depuis quelques mois, j’en suis revenu, de Jacques.
- Se corriger, s’amender.
- Revenir de ses débauches, de ses emportements, des égarements de sa jeunesse.
- Changer de sentiments, d’opinion ; se dédire de ce qu’on avait promis.
- Revenir sur ce qu’on avait dit, sur ce qu’on avait promis, sur ses engagements.
- (Par extension) Modifier, en bien ou en mal, son opinion.
- Oui, l’agonisant est plutôt esprit que matière ; voilà pourquoi, à l’heure suprême, les hommes les plus athées sont revenus aux croyances éternelles et aux vérités de révélation. — (Hubert Lauvergne, Les Forçats, J.-B. Baillière, 1841, édition Jérôme Millon, 1991, page 60)
- (Familier) Se réconcilier, s’apaiser.
- Quand on l’a fâché une fois, c’est pour toujours ; il ne revient jamais.
- On n’a besoin que de lui parler raison, il revient aussitôt.
- Résulter à l’avantage ou au désavantage de quelqu’un, être dévolu.
- Le profit qui m’en revient est médiocre.
- Il en reviendra un million à l’état.
- Cette place lui revient de droit.
- Il ne lui revient presque rien de la fortune de sa mère.
- Que vous revient-il, que vous en revient-il de tourmenter de pauvres gens ?
- Quel honneur, quelle gloire, quel avantage peut-il vous revenir de cette entreprise ?
- Il ne vous en reviendra que des ennuis, de la honte.
- Coûter. — Note : et alors il se joint à la préposition à.
- Cette ferme, tout compté, tout calculé, me revient à tant. — Ces deux étoffes reviennent au même prix.
- Avoir du rapport ; être conforme ou semblable ; équivaloir.
- Si certains se targuèrent alors de rendre la chose plus « transparente » donc soi-disant plus saine, cela revenait tout de même à leur permettre de faire du renseignement législatif voire d'influencer nos élus. — (Séverine Tessier, Lutter contre la corruption: A la conquête d'un nouveau pouvoir citoyen, Éditions François Bourin, 2015)
- Cela revient au même — Cela revient à dire que…
- (Rare) (Familier) Plaire.
- Son humeur me revient fort.
- Ditvrai aussi me revient. C’est-à-dire que le gars lui-même ne me revient pas, mais son souvenir n’est pas près de me sortir de la tête. — (Léo Malet, Du rébecca rue des Rosiers, Robert Laffont, Paris, 1958)
- La mère d’Ida, quand elle rentre, manifeste bien un peu de surprise de me trouver au chevet de sa fille, mais comme ma bobine semble lui revenir, ça se tasse. — (Léo Malet, Du rébecca rue des Rosiers, Robert Laffont, Paris, 1958)
- Qu’est-ce que c’est, ce machin ? — C’est une tarte aux myrtilles ! Pourquoi, elle vous revient pas ?— (Alexandre Astier, Kaamelott, Livre I, épisode La Tarte aux myrtilles)
- (Cuisine) Passer au feu, dans le beurre, dans la graisse, des mets, pour les préparer en vue de la cuisson.
- Faire revenir de la viande, des légumes.
- Les aliments mal revenus font les repas mal partis. — (Pierre Dac, Essais, maximes et conférences)
- (Impersonnel) Incomber.
- Il revient à chaque bureau de cabinet de se doter d’un outil de suivi lui permettant de s’assurer du respect des délais mentionnés dans la présente fiche et d’alerter en temps utile les intervenants à l’origine de retards. — (Secrétariat général du gouvernement et Conseil d’État, Guide de légistique, 3e version, La Documentation française, 2017, ISBN 978-2-11-145578-8 → lire en ligne)
- C'est à cette dernière qu’était revenu l’honneur de présider la cérémonie du baptême. On me déposa sur ses genoux. — (Neyla Ayssi, Les barbelés ne sont pas toujours le long des murs, Éditions du Panthéon, 2019, chapitre 1)
- (Sports hippiques) Rendre la distance.
-
forcir
?- Devenir plus fort, plus gros, en parlant d’une personne.
- La mère Lefrançois, en le voyant, fit de grandes exclamations, et elle le trouva « grandi et minci », tandis qu'Arthémise, au contraire, le trouva « forci et bruni ». — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857)
- — Mon garçon, c’est mon garçon !Il nous fallut plusieurs minutes pour nous remettre et pour nous essuyer les yeux.— Bien sûr, dit-elle, que si je n’avais pas toujours pensé à toi je ne t’aurais pas reconnu ; es-tu changé, grandi, forci ! — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
- Ils ne seraient sauvés que vers douze quinze ans, après avoir traversé la coqueluche, la rougeole et la varicelle, les oreillons et les otites, la bronchite de tous les hivers, échappé à la tuberculose et à la méningite, et qu’on dirait ils ont forci. — (Annie Ernaux, Les années, Gallimard, 2008, collection Folio, page 41)
- Engraisser, prendre de l’embonpoint.
- — Dites-moi, comtesse, me trouvez-vous changé depuis la Grèce ? Répondez-moi franchement.— Vous avez peut-être un peu forci.— C’est à cause de la cuisine irlandaise, surtout après la cuisine grecque. — (Ronald Firbank, Œuvres romanesques, Volume 1, traduit de l’anglais par Gérard Joulié, L’Âge d’homme, Lausanne, 1991)
- Anthony avait un peu forci depuis leur dernière visite, c’était sans doute inévitable, la sécrétion de testostérone diminue avec l’âge, le taux de masse graisseuse augmente, il abordait l’âge critique. — (Michel Houellebecq, La carte et le territoire, 2010, J’ai lu, page 83)
- Devenir plus fort, en parlant du vent.
- Le vent forcit et siffla dans les agrès ; toute la voilure établie, nous marchâmes grand train. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Devenir plus fort, en parlant d'un bruit.
- La rumeur enflait à mesure qu'il s'en approchait. Au début, ce n'était qu'un bourdonnement sourd, flottant dans le lointain. Puis le bruit forcit, jusqu'à devenir une clameur immense, rugissement ininterrompu de mille fauves. L'eau. L'eau qui chutait depuis la falaise et se précipitait en hurlant dans le vide. Abraham atteignit le bord du rempart. De là, on découvrait les chutes vertigineuses, et la rivière qui serpentait en contrebas. Le cours d'eau où miroitait le soleil, entaillant la gorge d'une plaie scintillante. — (Philippe Morvan, Les Fils du Ciel, Calmann-Lévy, 2021, page 264)
-
infléchir
?- Courber, ployer.
- Infléchir un jonc.
- Infléchir une branche d’arbre.
- Rameaux infléchis, rameaux recourbés du dehors en dedans.
- Les pièces sont larges et sombres, avec des planchers d’un chêne infléchi par le poids des ans. — (Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, réédition Cercle du Bibliophile, page 13)
- Mais elle aperçut, posés sur le bureau, une paire de gants d’homme, en grosse peau d’un jaune sulfureux, les gants de Michel, et elle se mit à suer légèrement, en regardant de biais ces gants jaunes dont les doigts renflés, infléchis, imitaient l’attitude d’une main connue et vivante. — (Colette, Le toutounier, 1939)
- Puis la tête en peluche, grosse comme un poing d’enfant au berceau, s’infléchit sur le côté gauche. — (Joseph Kessel, Le Lion, Gallimard, 1958)
- La jambe gauche d’Ouroz était infléchie selon un angle impossible. — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)
- Et croyons-nous vraiment que c’est cette mesure plus psychologique qu’autre chose qui va infléchir la courbe ? — (Marie-Ève Doyon, Couvre-feu: on a sauté l’étape du last call, Le Journal de Québec, 12 janvier 2021)
- (Sens figuré) Modifier, faire changer un comportement, une politique, une décision.
- – […] tu dois savoir que je suis toujours prête à me concerter avec toi sur la stratégie à suivre ou à infléchir s’il y avait lieu d’infléchir.– Il n’y a pas lieu d’infléchir, Mère. — (Philippe Labro, L’étudiant étranger, Gallimard, 1986, page 219)
- "En n’agissant qu’imparfaitement sur les différents leviers disponibles, l’État ne s’est pas donné les moyens d’infléchir les comportements à risque", dénonce la Cour qui dresse une longue liste des échecs de la politique de prévention de l’alcoolisme. — (Élodie Bécu, Alcool : la France trop tolérante, Vosges Matin, 14 juin 2016)
- On a alors clairement senti la détermination d’un groupe de députés du Québec à infléchir le parti de Justin Trudeau. — (Mario Dumont, « Des chevaliers à Ottawa », Le journal de Québec, 20 novembre 2020)
- (Grammaire) Décliner un nom ou conjuguer un verbe.
- (Pronominal) (Optique) Dévier, en parlant de rayons lumineux.
- Le point où des rayons lumineux s’infléchissent.
- Des rayons infléchis. Voyez « inflexion ».
-
obscurcir
?- Rendre obscur.
- Les nuages obscurcissent le jour, le soleil.
- Les fumées obscurcissent l’air.
- (Sens figuré) Devenir peu clair.
- Quand l’intelligence est obscurcie par les passions, par les préjugés.
- Le code est obscurci par des commentaires abscons.
- Rendre confus.
- Quelquefois le commentaire obscurcit le texte en voulant l’éclaircir.
- Son principal talent était de démêler la vérité, que tous les hommes cherchent à obscurcir. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VI. Le ministre, 1748)
- (Pronominal) Devenir obscur, perdre sa clarté.
- L’air, le jour, le temps s’obscurcit.
- (Pronominal) (Sens figuré) Devenir peu clair, confus.
- Quand la raison vient à s’obscurcir.
- Sa gloire s’est obscurcie peu à peu.
-
circonscrire
?- (Sens propre) Enfermer dans des limites.
- Elle se rendit à Rouen d’abord, puis au Havre, puis à Dieppe, c’est-à-dire aux lieux mêmes qui circonscrivent le terrain de nos recherches. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- Ils cherchaient à établir un mémorial des événements, à en circonscrire le territoire, à en expliquer le déroulement. — (Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup, Fayard, 2007)
- (Architecture) Délimiter un espace.
- Une cloison ou une demi-cloison permet de circonscrire l’espace […] — (Michel Lessard, Gilles Vilandré, La maison traditionnelle au Québec, Éditions de l'Homme, 1974, page 233)
- Sous la tente maure, une petite loge de tissus isole parfois la couche conjugale, tandis que sous la tente bédouine , une cloison de roseau circonscrit le horma (pluriel : harem), l'espace intime réservé à une épouse et à ses jeunes enfants. — (Olivier D’Hont, Techniques et savoirs des communautés rurales : approche ethnographique du développement, Karthala, 2005, chapitre 14, page 172)
- (Lutte contre l’incendie) Cerner le territoire qui est la proie des flammes.
- Cependant, les récits de 1969 nous indiquent qu’il ne fallut que vingt minutes aux pompiers pour circonscrire l’incendie. — (Rebecca C. Thompson, Le Feu et la Glace, Alisio, 2020)
- (Géométrie) Tracer une figure en contenant exactement une autre.
- Pour circonscrire un carré autour d’un carré donné. — (Jean Pierre Thénot, Traite de perspective pratique pour dessiner d’après nature, Avanzo, 1845, page 25)
- (Chirurgie) Définir le contour.
- La ligature ne peut être appliquée sur une tumeur à base large qu’à la suite d’une opération préalable consistant à pédiculiser la tumeur. En réalité, il ne s’agit pas de constituer un véritable pédicule, mais de permettre au fil de circonscrire la tumeur en totalité […] — (Jean Casimir Félix Guyon, Éléments de chirurgie clinique, Libraire J-B. Baillière et Fils, 1873, page 248)
- (Botanique) Limiter l’expansion.
- Et cependant si l’on pouvait circonscrire les racines de ces plantes, que de charmants ornements de jardin n'en formerait-on pas ! — (Flore des serres et des jardins de l’Europe, volume 8, L. Van Houtte, 1853, page 210)
- (Pathologie) Évaluer l’étendue.
- Le point important est de circonscrire l’inflammation et de prévenir la formation du pus. — (Jean Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, Chez J. B. Baillière, 1835)
- (Urbanisme) Marquer le contour.
- La bourgade dut donc regrouper plusieurs maisons, comme les autres villages iroquoiens, mais il est tout à fait impossible d’évaluer l’importance relative de ce village et de le circonscrire. — (Claude Chapdelaine, La maison longue iroquoienne de Lanoraie, Gouvernement du Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1985, page 17)
-
dédire
?- (Pronominal) Ne pas tenir sa parole, se délier d’un engagement verbal.
- Il nous avait promis cela, il s’est dédit. - Il avait offert mille francs, il s’en est dédit.
- « Mais bon Dieu, marie-toi donc avec ton Jean-Foutre ! moi, je te donne mon consentement. Tu l’as, c’est promis et parole donnée. Il n’y a plus à s’en dédire. Allons, marie-toi ! marie-toi vite ! » — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 170)
- (Pronominal) Se rétracter, dire le contraire de ce qu’on a dit, désavouer ce qu’on a dit.
- Les témoins se sont dédits. - Vous avez dit du mal d’un tel, vous êtes obligé de vous dédire.
- Lucienne. — Et je ne m’en dédis pas ! Ah ! je vous ferai voir que je n’ai qu’une parole ! — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
- (Vieilli) Désavouer quelqu’un de ce qu’il a dit ou fait en notre nom.
- Je ne vous en dédirai pas. - N’allez pas me dédire.
-
ramollir
?- Amollir, rendre mou et maniable.
- J’haïssais la St-Valentin, jusqu’à cette année. Je ne sais pas si c’est la pandémie qui m’a fait ramollir le cœur ou si c’est le manque de chaleur humaine qui me fait soudainement avoir le goût de passer une soirée digne d’une finale de télé-réalité, mais j’ai vraiment hâte à dimanche. — (Geneviève Pettersen, Je hais la St-Valentin, mais pas cette année, Le Journal de Québec, 12 février 2021)
- La chaleur ramollit la cire.
- Les pluies ramollissent la terre.
- La cire se ramollit dès qu’on l’approche d’une flamme.
- Dans certaines maladies les os se ramollissent, le cerveau se ramollit.
- (Fauconnerie) Redresser son pennage avec une éponge trempée, en parlant d'un oiseau.
- (Pronominal) (Sens figuré) (Familier) Perdre peu à peu ses facultés mentales.
- (voix passive) Avoir perdu ses facultés mentales.
- Il est complètement ramolli.
-
périr
?- Prendre fin ; cesser d’être.
- M. Duménil, faible alors, condamné à périr bientôt d'un mal incurable, se trouvait rarement en état de diriger les essais du Marquis : […]. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- Par la barbe d’Aaron ! qu’arrivera-t-il si ce jeune homme meurt ? S’il périt entre nos mains, ne serons-nous pas accusés de sa mort […] — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- D’ici je puis encore apercevoir l’empereur. S’il périssait pendant la campagne, je ne l’aurais jamais vu. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Avoir une fin malheureuse ou violente.
- Le sieur Tassin de Montcourt ayant péri révolutionnairement, ses biens, et notamment les deux septièmes qui lui appartenaient dans la terre de Saint-Escobille, furent confisqués au profit de la nation. — (Hospices de Dourdan contre Tassin de Villiers, Cours de Cassation, 6 mai 1818, dans le Journal du Palais : Jurisprudence française, volume 14 (1817-1818), Paris : chez F.-F. Patris, 1839, page 791)
- Nous parlons sans ménagement de cette paix qui fut jusque-là la seule dangereuse, des deux ou trois camarades communs qu’elle a fait périr. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Les fusils partaient, des étrangers étaient tués. L’ordre revenu, on punit quelque fellahs en guise d’exemple. Son père, dont le caractère était vif, périt dans la répression. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- Bientôt tes appels ne seront plus que rauquements de plus en plus sourds, beuglements de désespoir si fatigués qu’ils ne dépasseront plus ta gorge, étranglée de terreur par la furieuse certitude, la peur atroce et annihilante, la frayeur immonde de périr en Fagne […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Être détruit, en parlant des choses.
- Les sources auxquelles j'ai puisé pour mon travail sont malheureusement loin d'être abondantes. On sait que les commentaires de Sylla ont péri, ainsi que les livres de Tite-Live qui racontaient la guerre sociale. — (Prosper Mérimée, Essai sur la guerre sociale, Paris : chez Firmin Didot frères, 1841, page 3)
- Les vaisseaux périrent corps et biens. - Périr au port, dans le port. - Les plus grands empires ont péri. - Périssent avec eux leurs détestables enseignements !
- (Sens figuré) Être ruiné ou anéanti.
- Mais, les protestants, fussent-ils tous riches comme Crésus, il n'en demeurera pas moins vrai, que le protestantisme périra comme ont péri toutes les autres sectes. — (Jean Perrone, Le protestantisme et l'église catholique: Controverses à l'usage du peuple, traduit de l'italien par Auguste Onclair, Bruxelles & Louvain : chez C.-J. Fonteyn, 1856, page 31)
- Supposez maintenant un demi-criminel, comme Lucien qui, sauvé d’un premier naufrage de sa vertu, pourrait s’amender et devenir utile à son pays, il périra dans les traquenards de l’instruction. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie)
- (Droit) Tomber en forclusion, en prescription, périmer.
- Il a laissé périr son appel.
- (Pronominal) Se tuer.
- Faudrait avoir vraiment mauvais cœur pour laisser un pauvre homme se périr… — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Les Amours d’un prince, 1912, chapitre XXVI)
-
pire
?- Comparatif de mauvais. Plus mauvais, plus défectueux, plus nuisible.
- La dernière faute sera pire que la première, elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.
- Se venger, les tuer ! La violence naturelle à son tempérament sanguin lui dicta les pires conseils. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Ne plus s’aimer, c’est pire que de se haïr, car, on a beau dire, la mort est pire que la souffrance. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Pauvre Bernard – non pire qu’un autre ! — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
-
refroidir
?- Rendre froid.
- Le blé pulvérisé entre les meules, ou la boulange, s’échauffe sous l’action des meules, et il est essentiel de le refroidir le plus rapidement possible. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 111)
- Le vent, la pluie a refroidi l’air.
- (Pronominal) Prendre froid.
- Il s’est refroidi en sortant du théâtre.
- Je me suis refroidi à rester trop longtemps dans le jardin.
- (Sens figuré) Diminuer l’ardeur, l’activité, etc.
- Il avait bien de l’ardeur pour cette affaire, mais ce qui est arrivé l’a beaucoup refroidi.
- La vieillesse refroidit les passions.
- Il faut laisser refroidir sa colère.
- Il commença à se refroidir sur la proposition qu’on lui faisait.
- Le Lambert en question ne laissa pas refroidir la conversation : — Alors, Beauharnais, qu’il me fait, c’est comme ça qu’on s’amuse à cambrioler les villas du Havre ? — (Jo Barnais, Mort aux ténors, chapitre III, Série noire, Gallimard, 1956, page 24)
- (Argot) Tuer.
- Ainsi « s’faire refroidir », qu’on servait à l’époque, ça s’emploie plus. Maintenant on dit : « ratatiner ». Vous voyez le mec par terre, qui s’rétrécit. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- — J’viens d’décarrer, Dussèche. J'ai tiré dix berges pour avoir refroidi ma belledoche. — (Stephen Coulter, La vie passionnée de Guy de Maupassant, Éditions Seghers, 1959, page 259)
- (Intransitif) Devenir froid.
- Il fit oui-oui, de la tête, revint au lit, se pencha : le cadavre refroidissait. — (Michel del Castillo, Le Vent de la nuit, éditions René Julliard, 1972, quatrième livre, dix-neuvième chapitre)
-
bruire
?- (Vieilli) Rendre un son confus.
- Seulement le feu bruissait, comme pour faire comprendre la profondeur du silence. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, ch. V, Paris, 1832 ; p. 125)
- Que voulez-vous, Monsieur ? demanda-t-elle au jeune homme d’une voix qui bruit à ses oreilles comme une musique délicieuse. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, vol. I, ch. V ; Calmann Lévy éditeurs, Paris, 1886, page 53)
- Il écoutait la mer bruire, les vaisseaux craquer lentement, le vent passer sous les étoiles. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Livre I, chapitre iii, Mercure de France, Paris, 1896)
- Maintenant, c’est le glissement du vol plané, avec les haubans qui bruissent d’un sifflet plus ou moins aigu, selon la vitesse. — (Jean Ajalbert, La Passion de Roland Garros, Éditions de France, 1926, vol. 1, page 145)
- Un rideau de velours grenat s’abaissait lentement, cependant que s’atténuait la lumière et que bruissaient les derniers chuchotements. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 82)
- À l’heure où la forêt bruit de mille ondes. — (Hélène Ferrarini, Nocturna Bestia, Libération, no 10024, 6 août 2013, p. 28)
- Au début de cette même année, un énorme charivari avait accueilli la pièce d'un tout jeune auteur. Paris en bruissait encore et il n’était pas de jour sans qu'on en dît pis que pendre ou la portât aux nues : Hernani, d'un certain Hugo. — (Patrick Tudoret, Juliette, Éditions Tallandier, 2020)
- (Sens figuré) Scintiller, briller.
- J’ai regardé vers le lieu le plus noir et j’ai vu et entendu des bijoux. Leurs éclats multiples bruissaient de pierres précieuses, d’or et d’argent. Une reptation serpentine les animait, ils n’appelaient pas les cous, les poignets et les doigts qu’ils auraient dû orner, ils se suffisaient à eux-mêmes et proclamaient l’absolu de leur luxe. — (Amélie Nothomb, Pétronille, Éditions Albin Michel, Paris, 2014, p. 10)
-
prémunir
?- Munir par précaution ; précautionner ; garantir.
- Nous lisons , dans les documents, qu'en 1760, on vitriolait la semence avant de la jeter dans les champs. Ce fut M. de Chalvet-Rochemonteix qui apprit aux paysans à se prémunir contre les ravages de la carie dans les grains par le sulfatage de la semence, dont les résultats furent souverains. — (Abbé Henri-Dominique Larrondo, Monographie de la commune de Merville (Haute-Garonne), dans Monographies de communes, concours ouvert en 1897 par la Société des agriculteurs de France, Paris & Lille : J. Lefort - A. Taffin-Lefort, successeur, 1898, page 96)
- Il avait d’abord invité la comtesse à se souvenir des deux lettres adressées par le pape en décembre 92, l’une au peuple italien, l’autre plus spécialement aux évêques, prémunissant les catholiques contre les agissements des francs-maçons. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- Naïveté de ma mère, elle croyait que le savoir et un bon métier me prémuniraient contre tout, y compris le pouvoir des hommes. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 344)
- J’ai pensé qu’être adulte ne prémunissait pas de la peine vers laquelle j’avançais, que ce n’était pas plus facile qu’avant, quand nous étions enfants […]. — (Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, J.-C. Lattès, 2011)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.