Dictionnaire des rimes
Les rimes en : loisir
Que signifie "loisir" ?
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- Temps dont on peut disposer en dehors de ses occupations habituelles (emploi, gestion de la maison, éducation des enfants, etc.) et des contraintes qu’elles imposent (transports par exemple).
- « Le loisir ? fit-il. Mais, ma petite demoiselle, c’est l’état naturel de l’homme ; c’est l’instant des jours fuyants où il ne travaille point pour les autres, où il a le temps devant lui, l’espace autour de lui et pour seul souci le choix du plaisir qu’il va prendre. » — (Maurice Bedel, La nouvelle Arcadie, 1934)
- Ces éminentes personnalités ont toutes été d’accord pour admettre que, dans vingt ans, l’homme consacrera le tiers de sa vie à son éducation, un deuxième tiers à travailler, et le troisième à profiter des fruits de son travail. D’où l’avertissement tiré des conclusions : « Les loisirs vont s’abattre sur l’homme non préparé comme une peste morale. Notre civilisation doit faire face à trois dangers graves : la guerre nucléaire, la surpopulation et le loisir. » — (André Brincourt, André Malraux ou le temps du silence, 1966)
- Ce loisir correspondait aux randonnées ou excursions à pied ou en canoë dans la nature sauvage, notamment en montagne et en forêt. — (Laurent Coumel, Science-fiction, rock… les cultures underground dans l’URSS de Tchernobyl, The Conversation, 25 avril 2024)
- Espace de temps suffisant pour faire quelque chose commodément.
- Le manque de loisir nous prive de parler plus au long de cet excellent écrit; […]. — (Anonyme, Revue littéraire, 1830, Revue des deux Mondes, 1830, tome 1)
- Pour être cultivé, il fallait des loisirs : une classe de gens peinait pour permettre à un très petit nombre de jouir de la vie, de s’instruire, et le jardin de la culture, des belles-lettres et des arts, restait une propriété privée où seuls pouvaient avoir accès non les plus intelligents, les plus aptes, mais ceux qui, depuis leur enfance, s’étaient trouvés à l’abri du besoin. — (André Gide, Discours sur Maxime Gorki, en annexe de Retour de l’U.R.S.S. -1936)
- Seuls les professionnels ont tout loisir, du prime matin au soir tombant, d’inspecter cinq mille — voire dix mille crins. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "loisir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
-
rélargir
?- Rendre plus large.
- Il est obligé de faire rélargir tous ses habits.
- On va rélargir cette rue.
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rouir
?- (Art) Se dit en parlant de plante (comme le lin, le chanvre ou le manioc) que l’on fait tremper dans l’eau, afin que les fibres textiles puissent aisément se séparer de la partie ligneuse.
- […] ; de même que le travail de rouir, tiller et peigner le chanvre, saler ou sécher le poisson , etc. , passe pour un appendice de l'industrie de ceux qui récoltent le chanvre, ou qui pêchent le poisson. — (Jean-Baptiste Say, Cours complet d’Économie politique pratique, 3e édition augmentée de notes par Horace Émile Say, chez Guillaumin & Cie, Paris, 1852, volume 1, 2e partie, chapitre 1, page 206)
- Quand le lin a roui, on lui fait subir une sorte de décortication qui ne laisse subsister que la fibre textile. Ce fut le travail auquel le pauvre Kermelle crut pouvoir se livrer sans déroger. Personne ne le voyait, l’honneur professionnel était sauf ; mais tout le monde le savait, et, comme alors chacun avait un sobriquet, il fut bientôt connu dans le pays sous le nom de broyeur de lin. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 27)
- Une herbe plus sombre, mêlée à des joncs, marquait la place d’anciens étangs où l’on faisait jadis rouir le chanvre ; ils n’étaient pas tous asséchés et dès la tombée du jour les grenouilles s’y mettaient à chanter. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 114)
- On voit rouir dans la chaleurDes gerbes longues, lasses, lâches ;C’est comme un embarras de fleurs,D’oeillets, de mauves, de bourraches. — (Anna de Noailles, « Chaleur dans un jardin », Les Éblouissements, 1907 → lire en ligne)
- Faire rouir du lin.
- Le chanvre ne rouit pas bien dans l’eau courante.
- Mettre du lin, du chanvre à rouir.
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rentrouvrir
?- Entrouvrir à nouveau.
- Cet Être suprême, un peu roide, reste toujours impersonnel, même lorsque le Consulat a déjà rentrouvert les églises. — (Choderlos de Laclos, Louis de Chauvigny, Lettres inédites de Choderlos de Laclos, 1904)
- Il fermait les yeux puis, les rentrouvrant, distinguait comme dans un rêve, en face de lui, sur le mur, une femme aux cheveux défaits, issue de la mer napolitaine et rapportant au fond des flots, avec une voluptueuse sensation de fraîcheur, un étincelant flacon de lotion philocapillaire. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- La lame plantée au fond de moi a rentrouvert les portes de ce récent et douloureux passé. — (Marielle Niccolaï, Au fil des maux, 2008)
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établir
?- Asseoir et fixer une chose en un endroit, l’y rendre stable.
- On communique d’un gaillard à l’autre par les passe-avans, et les dunettes sont établies à l’extrémité du gaillard d’arrière. — (Jean-Baptiste-Philibert Willaumez, Dictionnaire de marine, 3e édition, 1831, page 302)
- Au XIIIe siècle, on éventra les murs latéraux du chœur, comme à Laffaux (Aisne), pour établir un transept voûté d'ogives. — (Eugène Lefèvre-Pontalis, L'architecture religieuse dans l'ancien diocèse de Soissons au XIe et au XIIe siècle, Plon & Nourrit, 1897, volume 2, page 79)
- (Pronominal) — Les expéditeurs sont à leur poste ; les courtiers des grandes maisons étrangères sont sur pied. Sans beaucoup de bruit, des cours s’établissent, des transactions s’effectuent, des chargements s’accomplissent. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Quels parterres auront pu ainsi être établis artificiellement dans les bois d'agrément avec les pervenches, les primevères, les scilles, les cyclamens, les sceaux de Salomon, les galanthes, les nivéoles, le saxifrage ombreux, etc... : […]. — (G. Plaisance, Demain la forêt, Paris : SEDES, 1964, chapitre 2)
- Établir sa demeure, son domicile, sa résidence en un lieu.
- Établir des communications, des moyens de communication, de correspondance entre deux villes.
- Une correspondance régulière s’établit entre eux.
- Des relations se sont vite établies entre ces écoliers.
- Être bien établi à la cour, dans une maison : Y avoir beaucoup de crédit.
- Bien établir sa fortune, son crédit : Leur donner des bases solides.
- Établir sa réputation : La fonder, lui donner de la consistance.
- Sa réputation est trop bien établie pour que…
- (Simplement) Installer.
- […], on avait établi, dans toutes les rues en pente avoisinant l’école, de superbes glissades. — (Louis Pergaud, Deux Veinards, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Le 24, le vent tourna au Sud nous permettant d’établir la voilure, et, le lendemain la plupart de mes compagnons franchissaient pour la première fois le cercle polaire. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Au sortir de cette ville, on entre dans un pays plat et peu fertile; un relais est établi à la Commodité, un autre à Nogent-sur-Vernisson, petite ville bâtie sur le bord du canal ; […]. — (Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France ; département de la Nièvre ; itinéraire de Paris à Chambéry, 1838, page 2)
- C'est vers le milieu du XIe siècle que parait avoir été établie la première exploitation de la houille dans les environs de Newcastle en Angleterre, du moins en ce qui concerne l'Europe, car, d'après les récits des missionnaires, les Chinois se seraient servis de ce combustible bien avant notre ère. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 87)
- Le nouveau campement est établi à une douzaine de kilomètres de l'ancien, dans une plaine ondulée et verdoyante. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 119)
- (En particulier) (Sens figuré) Mettre dans un état, dans un emploi avantageux, dans une condition stable.
- Je ne puis voir un pauvre sans lui donner ma bourse. J’ai doté des orphelines, établi des jeunes gens méritants, nourri des vieillards, fondé des hospices. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
- Ce père a bien établi tous ses enfants.
- Établir quelqu’un dans un emploi, dans l’exercice d’un emploi.
- Établir une fille : (Vieilli) La marier.
- Il ajouta qu’on désirait l’établir. Du reste il n’était pas pressé, et attendait une femme à son goût. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1877)
- Instituer. — Note : Il s’applique alors tant aux personnes qu’aux choses.
- Il offre des sacrifices, aux autres dieux selon le rite albain, à Hercule selon le rite grec, suivant en cela la règle établie par Évandre. — (Tite-Live, Histoire romaine, éditions "Les belles Lettres", 1940, texte établi par J. Bayet et traduit par G. Baillet, tome 1, livre 1, § VII, page 13)
- Art. 23. — Il est établi sur l’acide stéarique, et autres matières à l'état de bougies ou de cierges, un droit de consommation intérieure, fixé en principal à 25 fr. les 100 kilogrammes. — (Séance du 30 décembre 1873, Annales de l'Assemblée nationale: Compte-rendu in extenso des séances, tome 28, Paris : Journal Officiel, 1874, page 666)
- Dès le 16 juin 1947, la France, qui avait déjà établi un cordon douanier autour de la Sarre, procéda à une première réforme monétaire, l'échange du mark allemand contre un mark sarrois, première étape avant l'introduction du franc. — (André Kaspi et Jean-Baptiste Duroselle, Histoire des relations internationales, tome 2 : De 1945 à nos jours, Éditions Armand Colin, 2009, 16e édition, 2017)
- (Sens figuré) Faire adopter, en parlant des lois, des opinions, des doctrines et autres choses semblables et, auxquelles on commence à donner cours.
- Établir de nouvelles opinions, de nouvelles maximes.
- De nouveaux usages, de nouvelles doctrines s’établirent.
- Ces locutions auront bien de la peine à s’établir dans l’usage, à s’établir.
- C’est une coutume, une opinion établie, un principe établi.
- On a établi que… il est établi que… : C’est une coutume reçue que…
- (Sens figuré) Prouver ; démontrer.
- Enfin , si cet acte authentique ne fait pas foi du paiement tempestif des frais, j'offre subsidiairement d'en établir la preuve par témoins. — (Philippe Antoine Merlin, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, Bruxelles, H. Tarlier, 1827, volume 21, page 259)
- Une étude plus large et plus scientifique des dialectes locaux établira que, par son origine et par ses caractères essentiels, le slovaque appartient au groupe yougoslave. — (Ernest Denis, La Question d'Autriche ; Les Slovaques, Paris, Delagrave, 1917, in-6, page 97)
- D’autre part, les renseignements recueillis sur la ménagère établissaient qu’elle radotait assez souvent et n’était pas capable, pour peu qu’on insistât, d’affirmer deux fois les mêmes choses. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Fresnel meurt phtisique à trente-neuf ans en 1827, paraissant avoir établi sur des bases inébranlables la théorie ondulatoire de la lumière. — (Louis de Broglie; La Physique quantique restera-t-elle indéterministe ? Séance de l’Académie des Sciences, du 25 avril 1953)
- (En particulier) Dresser avec pièces à l’appui, en parlant d’un compte financier.
- De par sa position, le chef de projet peut être amené à établir lui-même le chiffrage d'une prestation. En général, cette action fait suite à la remise d'une consultation sous la forme d'un cahier des charges. — (Olivier Englender, Fouad Bouchaouir & Yannick Dentinger, Gestion de projet : 50 outils pour agir, Vuibert, 2014, outil 6)
- (En particulier) Poser, en parlant des principes.
- (En particulier) (Droit) Exposer avec ses preuves, en parlant d’un fait.
- Mais le chantage est un délit, Monsieur le juge. Il faut l’établir. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 240)
- (Pronominal) (En particulier) Fixer sa demeure, sa résidence en quelque lieu.
- Par ailleurs, on sait que les juifs français qui s’établirent en Italie, à la suite des proscriptions du XIVe siècle, continuèrent d’écrire en français. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- C’est à partir de la Méditerranée que les Grecs entreprirent de coloniser la côte ouest de l’Asie Mineure, mille ans avant l’ère chrétienne, ou s’établir sur la côte de Cyrénaïque et le delta du Nil, en Sicile et en Italie du Sud (Grande-Grèce). — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 162)
- (Pronominal) (En particulier) Se marier ou prendre un état.
- — Rose, dit-il, est-ce que tu n’as jamais songé à t’établir ? — (Guy de Maupassant, Histoire d’une fille de ferme, dans La maison Tellier, 1891, réédition Le Livre de Poche, page 104)
- Elle ne resterait pas éternellement en condition. Avec l’argent qu’elle possédait déjà, celui qu’elle ne pouvait manquer d’économiser encore, il lui serait aisé de s’établir. — (Ernest Pérochon, Les Gardiennes, 1924, réédition Les Moissons, 2021, page 275)
- Tu es brave, hardi compagnon, adroit. Tu ne songes pas encore à t’établir, je veux dire à te marier, à te fixer dans une tenure ? — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 45)
- Lolo était une belle grimelle. Elle aurait pu facilement trouver un homme pour l’épouser en dépit de sa cécité. Elle n'a jamais voulu se marier ni s’établir avec un homme. — (Félix Morisseau-Leroy, Ravinodyab (La Ravine aux diables), Éditions L'Harmattan, 1982, page 221)
- (Pronominal) (Sens figuré) Gagner la faveur, la confiance.
- Se bien établir dans une ville, dans un milieu.
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duumvir
?- (Antiquité) Personnage qui, chez les Romains, faisait partie d’un collège, d’un tribunal composé de deux magistrats.
- Il avait refusé de vendre une maquette en plâtre coloré de la cathédrale de Durham et la miniature d’un dromon en bois polychrome voisinant avec le masque frigide d’un duumvir inconnu. — (Jean Ray, La Cité de l’indicible peur, 1943)
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roustir
?- (Populaire) Voler quelqu’un.
- On l’avait prévenu qu’il se ferait roustir !
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enquérir
?- S’informer ; faire des recherches.
- Je n’ai besoin de personne pour pleurer mes fils avec moi. Adieu, ne vous enquérez plus de moi. Mon sort à venir n’appartient plus qu’à moi et à Dieu. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
- Sa première idée fut de s'enquérir au premier passant du logis du maréchal d'Ancre. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- Et les deux hommes, s’étant enquis cordialement de leur santé respective, parlèrent de la pluie et du beau temps, puis transportèrent la conversation sur divers autres sujets […]. — (Louis Pergaud, Un renseignement précis, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Au XVIIIe siècle, un Européen en voyage au Mozambique s’enquiert auprès d’un groupe d’esclaves qu’on s’apprête à charger dans la cale d’un bateau de ce qui, à leur avis, les attend : « Ils nous ont achetés et nous embarquent pour nous manger », répondent les esclaves. — (Françoise Vergès, À vos mangues !, traduction de Dominique Malaquais, dans Politique africaine, 2005/4, n° 100, p. 320)
- (Transitif) (Procédure civile) (Absolument) Interroger.
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embellir
?- (Transitif) Rendre plus beau.
- Le maquignon de bas étage […] travaille les oreilles, souffle les salières, burine les dents, place une queue postiche, taille les sabots, mastique les seimes, donne un coup de pinceau, refait une jeunesse, farde, corrige, embellit ; […]. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
- Et puis, je continuais à embellir ma maison : je remplissais des jardinières et j'exposais des potées de couleurs vives. Les lilas plantés par Sam étaient en fleur à présent et, l'un dans l'autre, la vie était belle. — (Kristan Higgins, Un grand amour peut en cacher un autre, traduit par Karine Xaragai, éditions Harper Collins & Mosaïc, 2014)
- (Sens figuré) Rendre plus agréable.
- Les lèvres douces pénétraient Raoul d’une langueur infinie. Toute la volupté et tout le désir embellissaient cette compassion dangereuse qui amollit la volonté des hommes. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- Il y a là une forme subtile de ce à quoi les militantes féministes ont donné le nom de « phallocratie », comme si le mâle avait acquis la créature qu'il exhibe dans une vente aux enchères et désirait qu'on le congratulât pour cette bonne affaire grâce à laquelle son existence va être tout embellie. — (Jean Dutourd, Portraits de femmes, éditions Flammarion, 1991, 2010)
- (Intransitif) ou (Pronominal) (Réfléchi) Devenir plus beau.
- Au milieu de ces études si attachantes, le champ du travail s'ouvrait, s’embellissait tous les jours devant moi. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842)
- (Par antiphrase) — En Chaouïa, dès 1904, Settat, puis Dar Ber-Rechid avaient été mis à sac par les tribus, et, depuis lors, l'insécurité n'avait fait que croître et embellir. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 157)
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évanouir
?- Détruire, dissiper, faire disparaître.
- Voilà donc de quoi dépendent les destins des hommes ! Mais, ajouta-t-il, un bonheur si étrange sera peut-être bientôt évanoui. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VI. Le ministre, 1748)
- Le spectacle de la mort de Virginia, immolée par son père à la pudeur et à la liberté, fit évanouir la puissance des décemvirs. — (Montesquieu)
- Il soupesa ce scrupule et le trouva bien léger en face de cette femme honnête dont il évanouissait la douleur. — (Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, partie I (« Des enfants pour les cannibales »), chapitre 3, page 43, éditions Gallimard, 2001)
- (Pronominal) Tomber en faiblesse, perdre connaissance.
- Cette femme s’évanouit en apprenant la mort de son mari.
- (Pronominal) Disparaître sans laisser de traces, en parlant des choses et, plus rarement, des personnes.
- Mais le moment était arrivé où la terre et tous ses trésors allaient s’évanouir devant ses yeux, […], alors que ses regards plongeaient sur le sombre abîme de la vie future. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Elle s’était évanouie comme un silphe sans laisser de traces de sa fuite. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858, page 341)
- Ces légers événements s’évanouissent comme des scènes de comédie sur lesquelles le rideau tombe. — (Henri Barbusse, L’Enfer, chapitre III, Éditions Albin Michel, Paris, 1908 ; éditions G. Crès, Paris, 1925, page 23)
- De Gaulle que tant de tempêtes avaient assailli sans jamais l’ébranler, s’évanouit et disparut à la première égratignure que lui fit un parlement-croupion. — (François Mitterrand, Le coup d’État permanent, 1965)
- Perdre conscience, perdre connaissance, tomber en pâmoison, en syncope.
- Quand on commence à s’évanouir, il y a une douceur à se sentir le cœur s'en aller. — (Goncourt, R. Mauperin, 1864)
- Je vis tourner devant moi les verres et les fleurs ; je crus que j'allais m’évanouir. — (Maurois, Climats, 1928)
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échampir
?- (Vieilli) Réchampir.
- Une courte fugue à la Côte d’Azur m'a permis de visiter un palais luxueux où l'on échampit actuellement les derniers ors et qui va s'ouvrir prochainement à la colonie cosmopolite. — (Bulletin médical et administratif du Dispensaire général de Lyon, 1897, page 3)
- Il mit la main sur ses yeux, pour regarder l'Orient. Du jour s’échampissait, pointait à l'horizon, avec des nuances veloutées de chairs féminines. Il fut charmé de ce jaune rose, qui mourait en bleu, procédant par couches allongées en poussière de pastel brouillée de lumière... — (Charles Méré, Grèce et Provence, §. II : Finis Hellandis, concours de l'Académie du Var, dans le Livre d'Or du Centenaire de l'Académie du Var, Toulon : Imprimerie Bech et Bordato, 1900, page 76)
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démunir
?- Priver de ce dont on est muni.
- Cette place est menacée, il ne faut pas la démunir.
- (Pronominal) Se dépouiller des choses qu’on avait mises en réserve pour un besoin futur, pour un projet.
- Il s’est imprudemment démuni de la somme qu’il avait mise en réserve pour son voyage.
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déraidir
?- Faire cesser d’être raide.
- Fort habilement, grâce aux sollicitations lentes de sa musicalité toujours contestable mais toujours suggestive, M. Massenet déshérisse et déraidit l’âpre conception du poète. — (Camille Le Senne, Le théâtre à Paris, volume 5, 1890, page 399)
- Lasse de harceler ses doutes, Mme Lagruelle se déraidit un peu et, retrouvant d’instinct l’attitude qu’elle adoptait pour voir venir le client, croisa les mains sur son ventre. — (Hervé Bazin, Chapeau bas, Seuil, 1963, Le Livre de Poche, page 203)
- Les membres engourdis par le froid se déraidissent auprès du feu.
- (Sens figuré) Son caractère commence à se déraidir.
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périr
?- Prendre fin ; cesser d’être.
- M. Duménil, faible alors, condamné à périr bientôt d'un mal incurable, se trouvait rarement en état de diriger les essais du Marquis : […]. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- Par la barbe d’Aaron ! qu’arrivera-t-il si ce jeune homme meurt ? S’il périt entre nos mains, ne serons-nous pas accusés de sa mort […] — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- D’ici je puis encore apercevoir l’empereur. S’il périssait pendant la campagne, je ne l’aurais jamais vu. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Avoir une fin malheureuse ou violente.
- Le sieur Tassin de Montcourt ayant péri révolutionnairement, ses biens, et notamment les deux septièmes qui lui appartenaient dans la terre de Saint-Escobille, furent confisqués au profit de la nation. — (Hospices de Dourdan contre Tassin de Villiers, Cours de Cassation, 6 mai 1818, dans le Journal du Palais : Jurisprudence française, volume 14 (1817-1818), Paris : chez F.-F. Patris, 1839, page 791)
- Nous parlons sans ménagement de cette paix qui fut jusque-là la seule dangereuse, des deux ou trois camarades communs qu’elle a fait périr. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Les fusils partaient, des étrangers étaient tués. L’ordre revenu, on punit quelque fellahs en guise d’exemple. Son père, dont le caractère était vif, périt dans la répression. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- Bientôt tes appels ne seront plus que rauquements de plus en plus sourds, beuglements de désespoir si fatigués qu’ils ne dépasseront plus ta gorge, étranglée de terreur par la furieuse certitude, la peur atroce et annihilante, la frayeur immonde de périr en Fagne […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Être détruit, en parlant des choses.
- Les sources auxquelles j'ai puisé pour mon travail sont malheureusement loin d'être abondantes. On sait que les commentaires de Sylla ont péri, ainsi que les livres de Tite-Live qui racontaient la guerre sociale. — (Prosper Mérimée, Essai sur la guerre sociale, Paris : chez Firmin Didot frères, 1841, page 3)
- Les vaisseaux périrent corps et biens. - Périr au port, dans le port. - Les plus grands empires ont péri. - Périssent avec eux leurs détestables enseignements !
- (Sens figuré) Être ruiné ou anéanti.
- Mais, les protestants, fussent-ils tous riches comme Crésus, il n'en demeurera pas moins vrai, que le protestantisme périra comme ont péri toutes les autres sectes. — (Jean Perrone, Le protestantisme et l'église catholique: Controverses à l'usage du peuple, traduit de l'italien par Auguste Onclair, Bruxelles & Louvain : chez C.-J. Fonteyn, 1856, page 31)
- Supposez maintenant un demi-criminel, comme Lucien qui, sauvé d’un premier naufrage de sa vertu, pourrait s’amender et devenir utile à son pays, il périra dans les traquenards de l’instruction. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie)
- (Droit) Tomber en forclusion, en prescription, périmer.
- Il a laissé périr son appel.
- (Pronominal) Se tuer.
- Faudrait avoir vraiment mauvais cœur pour laisser un pauvre homme se périr… — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Les Amours d’un prince, 1912, chapitre XXVI)
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avertir
?- Informer quelqu’un de quelque chose, prévenir quelqu'un.
- Oui, c’était son devoir de les avertir ; il fallait qu’il le fît, qu’il le fît avec force, qu’il le fît avec éclat, qu’il le clamât en pleine chaire, un beau dimanche, car cela devenait scandaleux à la fin ! — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Nous venions de repartir et de regagner un peu d’altitude, quand on vint m’avertir qu’une chaîne de montagnes était signalée dans notre ouaiche. Je me rendis immédiatement au poste de cartographie, dans la tourelle arrière. — (L’Esprit nouveau, no 7 à 9, 1968, page 795)
- Avertir par une lettre, par un cri, par un signal, par un geste, etc.
- (Équitation) Exciter un cheval au moyen de quelques aides lorsqu’il se néglige dans son exercice.
- L’aide des gras de jambes, qui se fait en les approchant délicatement du ventre, est pour avertir le cheval qui n’a point répondu à l’aide des jarrets, que l’éperon n’est pas loin , s’il n'est point sensible à leur mouvement. — (M. de la Guérinière, Aides du cavalier, dans le Journal des haras, chasses, et courses de chevaux, édition belge, volume 5, Bruxelles, 1837, page 115)
- (Sport) Donner un avertissement, symbolisé généralement par un carton jaune, à la suite d'une faute ou d'un comportement déplacé.
- Afin de lutter contre le jeu dur, il dispose depuis 1970 de cartons jaunes et rouges qui lui permettent d’avertir puis de renvoyer le joueur fautif et/ou récidiviste. — (Benoît Heimermann, Alain Constant & Thierry Hubac, L’ABCdaire du football, Flammarion, 1998, page 32)
- Cette dernière locution, qui désignait déjà au XVIIe siècle un joueur de cartes gagnant, s'utilise également à propos d'un arbitre trop prompt à avertir les joueurs. — (Baptiste Blanchet & Jean-Damien Lesay, Le Dico du parler sport, Fetjaine, 2012, § : Avoir la main chaude)
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pervertir
?- Faire changer de bien en mal, corrompre avec intention.
- Les mauvaises compagnies le pervertiront.
- Pervertir la jeunesse.
- Pervertir l’ordre des choses, troubler un ordre établi.
- Dénaturer, altérer, changer.
- Pervertir le sens d’un passage.
- (Pronominal) (réfléchi) Devenir pervers.
- Ce jeune homme s’est promptement perverti.
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souffrir
?- Action de souffrir.
- Dans ma pauvre carcasse creusée, vidée par l’anémie, la douleur retentit comme la voix dans un logis sans meubles ni tentures. Des jours, de longs jours où il n’y a plus rien de vivant en moi que le souffrir. — (Alphonse Daudet, La Doulou)
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raffermir
?- Rendre plus ferme.
- Le soleil, le beau temps a raffermi les chemins.
- Les chairs qui entourent la plaie se raffermissent.
- Ses jambes se raffermissent de plus en plus chaque jour.
- (Sens figuré) Remettre dans un état plus assuré, plus stable.
- — En vérité, madame, ces messieurs ont une odeur sur eux qui fait mal au cœur.— Il faudra bien raffermir votre cœur, cependant, et vous accoutumer à eux, répondit Anne d’Autriche un peu sèchement. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XIX, 1826)
- Chaque coup m'abrutissait davantage mais en même temps me raffermissait dans ma décision : ne pas céder à ces brutes qui se flattaient d'être les émules de la Gestapo. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- Elle prit une Chesterfield dans son sac, sortit son briquet — mais Beaujeu la devança en craquant pour elle une allumette — et se raffermit sur son siège. — (Serge Montigny, Meurtres pour dames, Librairie des Champs-Élysées, 1978, chapitre XI)
- Cet événement raffermit son autorité, sa puissance.
- Le gain de cette bataille le raffermit sur le trône.
- Il était ébranlé, mes observations l’ont raffermi dans sa résistance.
- Il s’est raffermi dans sa résolution.
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saphir
?- (Minéralogie) Variété de gemme de corindon, translucide et pouvant présenter de multiples couleurs, sauf la couleur rouge qui désigne alors uniquement le rubis. Sa formule chimique est Al2O3.
- Afin d’en finir avec cette orfèvrerie symbolique, disons encore que […] la sarde évoque les Séraphins, la topaze les Chérubins, le jaspe les Trônes, la chrysolithe les Dominations, le saphir les Vertus, l’onyx les Puissances, le béryl les Principautés, le rubis les Archanges et l’émeraude les Anges. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- […] les petits vitraux en losange avaient pris la transparence profonde, l’infrangible dureté de saphirs qui eussent été juxtaposés sur quelque immense pectoral. — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1913, Éditions Gallimard, Folio n°1924, 1987 page 59)
- Bijou orné de cette pierre.
- Elle […] riait des plaisanteries qu’un ivrogne adressait à une très vieille et très innocente prostituée dont la décrépitude s’adornait de perles, d’opales, de brillants, de saphirs, d’émeraudes et de rubis faux. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Pointe de lecture des électrophones, moins onéreuse mais moins résistante que le diamant.
- En fin de semaine, il officiait comme disc-jockey à « L’Enfer du Bagne », une discothèque hard sur la route d’Orange, où en plus de ses talents de manipulateur de saphirs, il devait prêter main-forte au service pendant l’heure du coup de feu, entre un tube de Jeanne Mas et le dernier Whapie-Doo-Whapie d’un rocker quinquagénaire. — (Tito Topin, Shanghai Skipper, Série noire, Gallimard, 1986, pages 39-40)
- (Ornithologie) Nom normalisé donné à deux genres d'oiseaux-mouches de la sous-famille des trochilinés comprenant au total dix espèces caractérisées par leur bec rouge corail à extrémité noire, par leur plumage vert à reflets très métalliques, comportant des plages d'un beau bleu indigo chez la plupart des espèces, ainsi qu'une queue rousse ou à reflets bronzés, et qui fréquentent divers habitats de forêts clairsemées à travers toute l'écozone néotropicale (genres Hylocharis et Chrysuronia).
-
concourir
?- Tendre ensemble au même but, coopérer.
- Les caribous ne contribuèrent pas seuls à accroître la réserve alimentaire. Les lièvres polaires, […], y concoururent pour une part notable. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
- Ceux mêmes qui voyaient le remède n’osaient ni l’indiquer ni l’attendre : tout semblait en effet concourir à le rendre impossible. — (Anonyme, Espagne. - Cadiz et Gibraltar, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
- L’agent Lagrenaille.— Comme les passants assemblés concouraient de toutes parts au désordre de la rue, nous avons hâté le pas, mon collègue et moi, et avons engagé monsieur à satisfaire de bonne grâce aux lois de la circulation. — (Georges Courteline, Le commissaire est bon enfant, 1899)
- Sans doute, je le reconnais, y avait-il, parmi ces hommes qui avaient fondé ou concouru à fonder la République, quelques brebis galeuses. Il eût suffi de les pousser dehors par les épaules… doucement… — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
- L’insertion sociale et professionnelle des personnes en difficultés concourt à la réalisation de l’impératif national de lutte contre la pauvreté et les exclusions. — (Article L115-2, Code de l’action sociale et des familles, France, 2009)
- À la fin du XIXe siècle, c’est toute une population qui vit du hareng à Boulogne-sur-Mer: outre les équipages de la centaine de harenguiers, il y a les saleurs, les fileuses, les tonneliers qui concourent à cet âge d’or. — (Jacky Durand, La nuit où le hareng sort, dans Libération (journal) du 29 novembre 2010, pages 30-31)
- Se diriger vers le même point, se rencontrer, coïncider.
- Des créanciers concourent, leur hypothèque est de même date.
- Deux forces qui concourent vers un même point. Deux lignes qui concourent en un point.
- Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, etc., promis au plus capable, au plus digne.
- Ceux qui, à la première épreuve, auraient manqué complètement la pancarte blanche, devaient se retirer immédiatement et renoncer à concourir. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation.
- Tous les officiers de l’armée concourent pour l’avancement.
-
éclaircir
?- Rendre clair, rendre plus clair.
- Un vent de mer avait écharpé les frondaisons, jonché les sous-bois de bouleaux de feuilles mordorées, éclairci les halliers. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- L’atmosphère ne s’était pas éclaircie depuis le matin. Un brouillard captif de la forêt baignait les frondaisons jaunies, […]. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chapitre 2, 1910)
- (Par extension) …
- Éclaircir la voix : La rendre plus distincte.
- Je me relevai le premier et me dirigeai en m’éclaircissant la gorge vers le guichet. — (Patrick Modiano, Livret de famille, Gallimard, collection Folio, 1977, page 19)
- Éclaircir de la vaisselle, des armes : Les rendre luisantes, plus brillantes.
- Éclaircir le teint : Le rendre plus net et plus pur.
- (Teinturerie) Rendre la couleur d’une étoffe moins foncée.
- Rendre moins épais, en parlant des liquides.
- Il existe aussi des médicaments (warfarine) dont l'usage est destiné à ralentir la formation du caillot sanguin, à « éclaircir le sang », comme disent certains patients. — (Robert Patenaude, Survivre à la leucémie, Éditions Québec/Amérique, 1997)
- Éclaircir un sirop.
- Éclaircir une sauce.
- Rendre moins serré, diminuer en nombre.
- Le canon a fort éclairci les rangs.
- Éclaircir les branches d’un arbre.
- (Sens figuré) Rendre net, intelligible.
- Longtemps confuse, la situation s’éclaircit à bord du cargo à mesure que le système de ventilation désenfumait le pont principal. — (Stéphane Desienne, Voyager, tome 2 : Confins , Du 38 Éditions, 2019)
- Éclaircir un fait.
- Le temps éclaircit la vérité.
- Éclaircir une matière, une affaire.
- Cela demande à être éclairci, a besoin d’être éclairci.
- Éclaircir un doute, une difficulté : Résoudre un doute, faire disparaître une difficulté.
- Éclaircir les idées : Rendre claires des idées plus ou moins obscures, confuses.
- Prenez un peu de repos, cela vous éclaircira les idées.
- Me trouvant en Andalousie au commencement de l'automne de 1830, je fis une assez longue excursion pour éclaircir les doutes qui me restaient encore. — (Prosper Mérimée, Carmen, 1845 (Pocket, 1990, page 30))
- (Vieilli) Donner connaissance, d’une façon claire, de quelque chose à quelqu’un et s’emploie avec un nom de personne pour complément direct.
- Éclaircir quelqu’un de quelque chose.
- Il ne refusa pas de l’éclaircir sur ce point.
- Il doutait de la vérité du fait, je l’en ai éclairci.
- Ceci me semble étrange, je veux m’en éclaircir.
- Je désire être éclairci de la chose.
- Je doute de cette nouvelle, je tâcherai de m’en éclaircir.
- (Pronominal) Devenir clair, plus clair.
- Le baromètre est en baisse, mais le ciel s'éclaircit vers le Sud où je pressens le beau temps. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- D'une lucarne, dans le haut du mur, je voyais la nuit s'éclaircir. J'entendis un coq chanter […]. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Pronominal) (Sens figuré) Sembler devenir moins menaçant, moins inquiétant.
- L’horizon s’éclaircit, commence à s’éclaircir ; l’avenir s’éclaircit
- (Pronominal) Devenir moins serré, diminuer en nombre.
- L’âge vient, les cheveux s’éclaircissent.
- Sous le feu de l’ennemi, les rangs s’éclaircissaient.
- En ce temps-là, les guerres de l’empire éclaircissaient singulièrement les rangs des jeunes hommes à marier. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871)
-
investir
?- Mettre en possession d’un titre ou d’une dignité, avec certaines formalités, avec certaines cérémonies.
- L’empereur l’avait investi de cet électorat, de ce duché.
- Autrefois les rois investissaient les évêques en leur donnant la crosse et l’anneau.
- (Par extension) Mettre en possession d’un pouvoir, d’une autorité quelconque.
- Il fut investi de la souveraine puissance.
- Il l’investit de toute l’autorité nécessaire pour faire exécuter ces mesures.
- Le droit dont il est investi.
- (En particulier) Cerner, entourer avec des troupes une citadelle, une place de guerre, etc.; environner militairement une maison, de manière à empêcher l’entrée et la sortie.
- Cette religieuse naît, le 26 mai 1605, à Anvers, pendant les guerres qui désolent la Flandre, au moment même où le Prince Maurice de Nassau investit la ville. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Les gendarmes investirent la maison où il s’était réfugié.
- (Par extension) Envahir ou occuper de manière massive, abusive ou fâcheuse un lieu.
- Ces militants de la première heure ont en effet investi, à la faveur de l’insurrection de février, un admirable palais qadjar qui, dit-on, avait appartenu à la chabanou en personne. — (Gilles Anquetil, La Terre a bougé en Iran, Hachette (collection Notre siècle), 1979, chap. 4)
- L’activité des pierreuses n’est pas neuve, mais si elle se pratiquait au début du siècle dans les carrières et les terrains vagues de la périphérie parisienne, de façon confidentielle et pour les ouvriers des chantiers de construction, elle a aujourd’hui investi les quais de la Seine et les rues du centre-ville. — (Richard Di Domenico, Moi, Lautrec / docteur litho - mister ribaud, Editions Phi, 2021)
- (Finance) Utiliser des capitaux dans un but de profit.
- Par la nature de leurs richesses : ces bourgeois fortunés sont des « terriers » comme on dit à Lyon ; ils ont investi une grande part de leur avoir dans des fonds. — (Georges Duby & Robert Mandrou, Histoire de la civilisation française, t.1, Armand Colin, 1958; édition de 1968, page 143)
- La BCE plaide de longue date pour que les gouvernements de la zone euro investissent plus en complément de sa politique monétaire ultra-accommodante. — (Jean Jouzel, Pierre Larrouturou, Pour éviter le chaos climatique et financier, 2017)
- (Pronominal) Faire des efforts pour s’impliquer dans la réussite d'une activité, d'un projet.
- Pourtant, rien ne prédestine ce fils d’un haut-magistrat catholique, né en 1922 à Nancy dans l’est de la France, à s’investir dans la politique aux côtés de l’ex-président François Mitterrand. — (France: mort d’André Rousselet, fondateur de Canal+, RFI.fr [1], 30 mai 2016)
- «Le plaisir de se retrouver ensemble, de s’investir collectivement pour améliorer et préserver sa commune». Autour de l’apéritif bien mérité et des grillades qui ont clôturé cette journée, le discours est le même pour tous les Rouffiacois ayant participé samedi à la deuxième journée citoyenne du village. — (Des citoyens en action, La Dépêche, 30 mai 2016)
-
inscrire
?- Écrire le nom de quelqu’un, ou prendre note, faire mention de quelque chose sur un registre, sur une liste, etc.
- Ma mère inscrivait sur un carnet la récolte de chacun, payait ceux qui le demandaient, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 32)
- On l’inscrivit sur la liste des candidats.
- J’inscrirai cela sur mes tablettes.
- Inscrire, jour par jour, sur un registre, toutes ses opérations commerciales.
- Inscrire un bordereau, une créance, un droit d’hypothèque.
- Inscrit au tableau d’avancement.
- Mettre une inscription.
- Inscrire une maxime sur un monument.
- La plupart des personnes qui visitent ce lieu inscrivent leurs noms sur les murailles.
- (Mathématiques) Inscrire une figure dans une autre : Tracer, dans l’intérieur d’une figure géométrique, une autre figure qui en touche le contour intérieurement.
- Inscrire un triangle dans un cercle : C'est le triangle inscrit.
-
médire
?- Dire du mal de quelqu’un, soit par méchanceté, soit par légèreté.
- N'ayant jamais pu réussir dans le monde, il se vengeait par en médire. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, IV. L'envieux, 1748)
- Ne jamais médire. Ne jamais parler en mal de qui que ce soit, fût-ce d'un enfant, à moins que cela ne soit utile. — (Félix Dupanloup, Journal, 1852)
- Il n'est pas besoin, pour être homophobe, de médire des homos, il suffit de ne pas reconnaître assez haut leur droit à la différence ; on est même hétérosexiste, dès lors qu'on fait semblant d'ignorer l'existence des homosexuels. — (George Ritzer, Tous rationalisés !, 1998, page 27)
-
ensevelir
?- Mettre un corps dans le tombeau, inhumer dans le lieu de la sépulture.
- Si l'un des pèlerins venait à mourir sur le bateau, le capitaine devrait ne point pratiquer aussitôt l’immersion, mais bien atterrir quelque part et faire ensevelir le défunt dans un cimetière. — (« Pèlerinage en Terre Sainte au temps jadis », dans Jérusalem, tome 4, 1911, page 368)
- Moins l'habit et la cornette, c'est une sœur de la charité qui pose des ventouses, des cataplasmes, applique des sinapismes, masse les rhumatisants, ensevelit les morts. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- S’ensevelir sous les ruines d’une place, se faire tuer en défendant une place jusqu’à la dernière extrémité.
- (Par analogie) Enfouir sous une couche de matériaux.
- Fi du conseil, Maurice de Bracy ! les ruines de ce château enseveliront mon corps et ma honte avant que je consente à une capitulation si vile et si déshonorante. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Ce vent, s'il ne démolissait pas, il enterrait, il ensevelissait, et il était probable que douze heures après le début de la tempête, la maison, le chenil, le hangar, l'enceinte, auraient disparu sous une égale épaisseur de neige. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
- Être enseveli dans le chagrin, avoir un chagrin profond.
- (Sens figuré) Cacher profondément.
- Cette influence contre nature fut pour elle une espèce d'humiliation et la source de bien des peines qu'elle ensevelissait dans son cœur. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Être enseveli dans sa rêverie, (Sens figuré) Rêver profondément.
- S’ensevelir dans la retraite, dans la solitude, se retirer entièrement du monde.
- Envelopper dans un linceul.
- Que tu meures absous ou damné, […], tu auras pour linceul une toile d'araignée, et j'ensevelirai l'araignée avec toi ! — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
- Deux femmes de la rue Monselet, à qui Anne n’avait jamais adressé la parole, avaient enseveli le corps, avec l’aide d’une religieuse venue de Toutes Aides. — (Paul Nizan, Antoine Bloyé, Grasset, 1933, p. 17)
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froidir
?- (Désuet) ou (Régional) Devenir froid après avoir été chaud, refroidir.
- Puis je n’habite pas la splendide villa des Vilquin, il n’y a pas, Dieu merci, dans mes veines la dix-millionième partie d’une goutte de ce sang froidi dans les comptoirs. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1855)
- « Je montai chez moi comme un fou, et quand je me fus un peu froidi par la réflexion, je me demandai ce que j’allais faire pour nouer bel et bien une intrigue, comme on dit en province, avec une fille si diaboliquement provocante. — (Jules Barbey d'Aurevilly, Le Rideau cramoisi, 1874, réédition Gallimard, collection Folio Classique, page 57)
- Et tandis qu’ils s’éteignaient, sous la brise crépusculaire, comme un fer rouge qui froidit, du fond de la vallée, montait par les sentiers de la montagne, avec l’ombre, une étrange procession. — (Le Correspondant, volume 278, 1920, page 349)
- Comme si la fraîcheur montée du sol m’eût dégrisé, je demeurai un moment le front collé à la vitre froidie et, pour la première fois, je sentis dans mon exaltation se glisser un sentiment d’alarme. — (Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, José Corti, 1951)
- On eût dit parfois que le regard de Marino souriait pour un autre, et il était de fait que ce sourire un peu cruel ne lui ressemblait pas ; comme si quelque chose d’infiniment plus dur et d’infiniment plus vieux que lui eût substitué à son clignement complice, dans la fente de cette paupière soudain sans âge, le reflet coupant et glacial comme un éclat de rire qui me froidissait le sang. — (Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, José Corti, 1951)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.