Dictionnaire des rimes
Les rimes en : jouer
Que signifie "jouer" ?
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- En parlant d'un enfant, se plonger dans un monde imaginé appuyé par des éléments de la réalité dans un but de divertissement, de développement ou d'apprentissage.
- L’enfant a besoin de jouer, et jouer ici n’est pas vide de sens et synonyme de perte de temps. Jouer, c’est développer son intelligence, son jugement, son imagination, sa créativité, son sens de l’organisation, son sens de la collaboration, son sens de l’entraide, du compromis et de l’empathie, c’est aussi être capable de faire des choix. — (Michelle Chamard, « Que voulons-nous pour nos enfants? », le 3 janvier 2015, sur le site du quotidien Le Devoir, (www.ledevoir.com))
- Je me replie dans ma chambre, après être redescendue dans le salon où j'ai trouvé Papa, Henri et Mayeul en plein fou-rire […], et après avoir tenté de m’insérer dans le jeu de Jean-Baptiste et Diane qui jouaient au papa et à la maman, mais qui voulaient que je fasse le chien. — (Élisabeth Lucas, Les tribulations d'Aliénor en milieu étudiant (et parfois hostile), Paris : Éditions Emmanuel, 2018)
- Les don Quichotte qui pourfendent la « théorie du genre » s’effraient en effet que des filles jouent avec des voiturettes ou que des garçons changent les couches d'un poupon ou jouent à la dînette. — (Thierry Hoquet, Des sexes innombrables. Le genre à l'épreuve de la biologie, Éditions du Seuil, 2016, introduction)
- (Transitif indirect) (En particulier) Jouer à un jeu : s’adonner à ce jeu identifié comme tel, en respectant ses règles précises ; le pratiquer.
- Comme j'aime les jeux d'exercice, j'y jouois deux heures le matin et autant l'après-dînée. Mon mail s'acheva, à quoi je jouai avec madame de Frontenac, qui me disputoit sans cesse, quoiqu'elle me gagnât toujours : car, quoique je jouasse avec plus d'adresse, sa force l'emportoit par-dessus. — (Mémoires de Mlle de Montpensier, petite-fille de Henri IV, collationnés sur le manuscrit autographe, par A. Chéruel, tome 2, Paris : chez Charpentier, 1858, page 250)
- On se marre comme des fous en jouant à chat, chat perché, et même chat-bite quand on a un peu trop picolé. — (Bérengère Krief, La prochaine fois je vous montre mon chat, Flammarion, 2015, prologue)
- À peine fûmes-nous dans le salon, qu'elle se mit au piano, répéta les airs qu'il préfère, chanta les chansons qu'il aime, voulut qu'il jouât aux échecs avec moi. Il céda à tous ses désirs, écouta la musique, joua aux échecs, mais fut pensif le reste de la soirée; […]. — (Adélaïde de Souza, Adèle de Sénange, Londres, 1792, Éditions Payot & Rivages, 2018, lettre XV)
- Ensemble, ils jouaient à la belote ou aux petits chevaux. Quand il y avait la foire aux Tuileries, ils y passaient des heures. — (Amélie Nothomb, Riquet à la houppe, Éditions Albin Michel, 2016)
- Durant l'après-midi, les jeunes jouèrent au badminton dehors. Les dames se balancèrent. — (Carole Thibault, Série policière : L' Horloge: Les Jumeaux, Osmora Incorporated, 2018, chapitre 8)
- Il n'y avait alors que les gens de l'aristocratie qui jouassent aux échecs en Angleterre, et ce noble jeu était fort à la mode parmi eux, grâce à Philidor, le plus habile et le plus célèbre joueur d’échecs du monde entier. — (« Le secret du fameux automate joueur d'échecs », dans Les Modes parisiennes illustrées, no 1081 du 14 novembre 1863, page 548)
- Béru et Pinuche y jouent à la belote en buvant du vin rouge. Je m'amène en plein carré de dames. Il appartient au Gros, lequel ne se tient plus de joie. — (Frédéric Dard, San-Antonio : Le coup du père François, Paris : Éditions Fleuve noir, vers 1952, réédition 1972 & 1980, chapitre 3)
- (Absolument) Pratiquer un jeu (un complément circonstanciel peut préciser la façon dont il est pratiqué).
- — Complètement épuisé, j’ai commencé à mal jouer. Et là, j’ai découvert un truc intéressant. Quand son adversaire jouait mal, Kučera prenait le pli, signant lui aussi une piètre performance. — (Gustavo Kuerten, Guga : Un Brésilien, une passion française, Éditions Talent Sport, Paris, 2015)
- (Transitif) Déplacer, mouvoir, faire bouger, en parlant d'un élément dans un jeu.
- Livka qui avait un temps d'avance dans le développement du jeu entama la partie en jouant le pion à d4. L'Arménien répliqua par un pion à e6. Livka sortit ensuite son Cavalier à f3 et son adversaire joua un pion à f5. — (Alain Pujol, Cocktail négus, Paris : Presses de la Cité (Collection Espionnage), 1960, chapitre 7)
- Quand les attaquants jouent le ballon dans la zone de danger, le défenseur a 50 pour cent de chances de pouvoir le dégager - ce qui signifie envoyer le ballon haut et loin des buts. — (« L'enseignement des techniques et tactiques défensives », chapitre 8 de Entraîner les jeunes footballeurs, ASEP, traduit de l'américain & révisé par Alexandre Dellal, Marion Derand & Pierre Barrieu, Éditions De Boeck, 2009, page 105)
- Ils allèrent ensemble sur le départ des femmes, Catherine, joua sa balle rapidement, le même claquement, la même direction qui me fit tourner la tête sur la gauche attendant le bruit caractéristique de la balle dans les branches, […]. — (Gilles Berlit, Été 60... Catherine Buckaert-Weiss, Le Petit-Quevilly : Éditions Gilbert Berrubé, 2010, page 32)
- Jouer un jeu, Le savoir bien jouer, le jouer par préférence, être dans l’usage, dans l’habitude de le jouer.
- (Transitif) Aux cartes, poser sur la table pour mettre en jeu conformément aux règles.
- Si, à la seconde levée, A avait joué son 7 de cœur au lieu de son roi d’atout, cette manière inattendue de jouer aurait dû mettre votre défiance en éveil, car elle aurait indiqué soit que A est un joueur extraordinaire, soit qu'il emploie certains moyens pour deviner votre jeu. — (« Les jeux de cartes », dans la Grande encyclopédie méthodique, universelle, illustrée des jeux et des divertissements de l'esprit et du corps, Librairie illustrée, 1888, page 545)
- (Dans une tournure ancienne et intransitive) — Il en est de même du Deux de Trèfle, quand on joue en trèfle. Quand on joue en rouge, le Sept de cœur ou le Sept de Carreau sont la seconde Triomphe : c'est-à-dire, le Sept de Cœur quand on joue en Cœur, & le Sept de Carreau quand on joue en Carreau, & pour lors s'apellent aussi Manille. — (« Le Jeu de l'Hombre à Trois », dans l’Académie universelle des jeux: avec des instructions faciles pour apprendre à les bien jouer, nouvelle édition, 1re partie, Amsterdam, 1763, page 148)
- (Par extension) Choisir la stratégie d'une action ; agir avec tactique.
- Si le RPR espérait consolider ses positions lors des élections sénatoriales de 1998, il ne pouvait gagner le « plateau » qu'avec l’appui des centristes. Or Jacques Chirac avait tout intérêt à jouer l’union des forces de droite plutôt que la division […]. — (René Monory, La Volonté d'agir, Éditions Odile Jacob, 2004)
- (Spécialement) (Sport) S’adonner à un sport d’équipe.
- À quelques mètres des grilles, le bus est stoppé par des « supporters » qui lancent des pierres et des bombes agricoles sur le véhicule. Bloqués pendant de longues minutes et traumatisés, les joueurs rentrent en Normandie sans avoir joué. — (Tony Chapron, en collaboration avec Patrick Lafayette, Enfin libre ! Itinéraire d'un arbitre intraitable, Arthaud/Flammarion, 2018)
- Passer le temps à des jeux de commerce ou de hasard.
- Jouons donc jusqu’à concurrence de vos six écus, et, si vous les perdiez par malheur et que vous voulussiez continuer le jeu, eh bien, vous êtes gentilhomme, et votre parole vaut de l’or. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VII)
- (Transitif indirect) Jouer à un jeu de hasard : y engager de l’argent.
- Pierre Guyon tenta de ramener le débat à de justes proportions : « Chaque dimanche, plus de six millions de personnes jouent au tiercé dans le PMU de leur quartier ou de leur localité. » — (Paul Chantrel & Jean-Claude Hallé, Le marginal, Éditions Julliard, 1979, chapitre 58)
- La reine était dans la plus grande détresse de voir son fils compromis dans une telle affaire. À elle, il donna l’assurance qu’il ne jouerait plus à des jeux de hasard, et qu’il ne permettrait pas en sa présence que l’on jouât au baccara. — (Léon Lemonnier, Édouard VII: le roi de l’Entente cordiale, Librairie Hachette, 1949, page 142)
- Il était d'un rat ! imaginez-vous, le soir, en se couchant, il cachait ses louis dans ses bottes, et quand nous jouions au bésigue, il mettait des haricots, parce qu'un jour j'avais fait la blague de sauter sur l'enjeu. — (Zola, Nana, 1880, page 1482)
- (Transitif) Jouer une somme d’argent, un objet de valeur : l’hasarder au jeu ou en bourse ; la miser ; spéculer.
- J'allai trouver M. J. N., agent de change, qui voulait absolument que je jouasse à la baisse, mais je me gardai bien d'écouter ses conseils. J’opérai à 53, et un peu plus tard je réalisai à 62. — (Adélaïde Millo de Campestre, Mémoires de madame de Campestre, tome 1, Paris : chez M. Antenor de Campestre, 1827, page 325)
- Le marquis faisait des affaires avec sagacité ; à portée de savoir des nouvelles, il jouait à la rente avec bonheur. — (Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830, page 264)
- Je suis un joueur, moi (...). Je joue sur les chevaux, je joue sur les cotons, je joue sur les cailloux et sur les perles... Je joue sur les jolies filles. — (Druon, Gdes fam., t. 1, 1948, page 83)
- Le ministre des finances, sans le vouloir, précipita les événements. En ce moment il jouait à la baisse : pour déterminer une panique, il fit courir à la bourse le bruit que la guerre était désormais inévitable. L’empereur voisin, trompé par cette manœuvre et s’attendant à voir son territoire envahi, mobilisa ses troupes en toute hâte. — (France, Île ping. ,1908, page 390)
- (Sens figuré) Le jeune homme qui courtise la fortune doit savoir jouer sur la vanité des salons qu'il fréquente. — (Stendhal, Mémoires d’un touriste, t. 2, 1838, page 358)
- (Par analogie) (Transitif) Jouer sa vie, un sentiment fort, une reconnaissance : l’exposer témérairement.
- Mais quand il s'y risqua , il aurait dû savoir qu'il jouait sa vie. Jamais on n'a vu de gouvernement , quelque libéral qu'il puisse être , admettre la pratique que l’insurrection contre lui doit rester impunie. — (John Lingard, Histoire d'Angleterre, depuis la première invasion des Romains, traduite de l'anglais par M. le Chevalier de Ronjoux, tome 12, Louvain : chez Vanlinthout & Vandenzande, 1831, page 190)
- Tous les journaux en étaient pleins. Des millions et des millions de regards étaient fixés sur la scène où défilaient ces acteurs qui jouaient leur honneur et leur vie. — (Joseph Reinach, Histoire de l'affaire Dreyfus, tome 3 : La crise : Procès Esterhazy - Procès Zola, Éditions de la Revue blanche, 1903, page 404)
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "jouer".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
lancer
?- Jeter en avant avec force, avec raideur, pour atteindre au loin.
- Une corde, munie d’une sorte de ralingue, avait été lancée par-dessus le vide et s’était accrochée à un fragment de garde-fou. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 370 de l’édition de 1921)
- On a brûlé ce qui tombait sous la main et les livres ont servi de combustibles comme ils avaient servi de projectiles. La première chose qui avait été lancée sur les CRS, c’est une bible ! — (David Dufresne, « L’héritage : Les grandes heures du CPE », chap. 6 de Maintien de l’ordre, Hachette Littératures, 2007)
- À quelques mètres des grilles, le bus est stoppé par des « supporters » qui lancent des pierres et des bombes agricoles sur le véhicule. Bloqués pendant de longues minutes et traumatisés, les joueurs rentrent en Normandie sans avoir joué. — (Tony Chapron, en collaboration avec Patrick Lafayette, Enfin libre ! Itinéraire d’un arbitre intraitable, Arthaud/Flammarion, 2018)
- Jeter en hauteur, en l’air, avec force.
- Quand le monde apprend que les Soviétiques ont lancé, le 4 octobre 1957, un satellite artificiel de la Terre, c’est l’étonnement et l’admiration chez beaucoup, qui prennent conscience que l’ère spatiale commence vraiment, et c’est la panique chez les Américains. — (Jean-Claude Baudet, Les plus grandes inventions: Essai historique, La Boîte à Pandore, Paris, 2015)
- Lancer un cerf-volant : le faire s’élever et se maintenir dans les airs.
- (Sens figuré) Jeter.
- Cela n’a pas l’air d’être l’avis de Yolande qui lance des regards horrifiés vers les murs de la pièce couverts de rayonnages ultra-remplis. — (Madeleine Chapsal, L’Inventaire, 2014)
- Lorsqu’elle a donné à son public ce qu’il attendait d’elle, elle pivote impérieusement, lance un dédaigneux regard dans sa direction avant de regagner de façon tout aussi déterminée le monde à part dans lequel ne vivent que les tops, les créateurs et les millionnaires. — (Mark Tungate, Le Monde de la mode: Stratégies (et dessous) des grandes marques, traduit de l’anglais par Anne Confuron & Alexandra Friedrich, Dunod, 2009, page 11)
- — « Faites-le taire ! » lance le député Pelletier, décidément hors de lui, à l’intention du président de l’Assemblée qui lui adresse des signes tangibles d’impatience. — (Jean-Louis Debré, Meurtre à l’Assemblée, chapitre 40, Éditions Fayard, 2009)
- Diffuser une première fois.
- Portalis, quelque temps après, trouve de l’argent et lance un nouveau journal où il se met à défendre les communards arrêtés et condamnés. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 101)
- Pourquoi ne pas se lancer un défi dont tous bénéficieront ? D’ici Noël, pourquoi ne pas s’engager à faire, chaque jour, un acte de bonté supplémentaire, inhabituel et totalement désintéressé ? — (Nathalie Elgrably-Lévy, « Défi 30 jours », Le Journal de Québec, 20 novembre 2020)
- Lancer un monitoire, une bulle, un interdit, un mandement, un anathème.
- On lança contre lui un mandat d’amener.
- Dire avec force et vivacité.
- — Salut, ma poulette ! me lança-t-il en allant suspendre son imper.— Salut, papa. — (Kristan Higgins, Un grand amour peut en cacher un autre, chapitre 33, traduit de l’américain par Karine Xaragai, Harper Collins Poche, 2014)
- (Chasse) Faire sortir la proie de l’endroit où elle est pour lui donner les chiens.
- Lancer la bête, le cerf, le sanglier, etc.
- (Marine) Faire sortir un bateau du chantier à la mer, dans un fleuve, en le laissant glisser sur un plan incliné.
- Lancer un vaisseau à la mer, dans un fleuve, etc.
- Ce vaisseau lance bâbord, lance tribord : se dit d’un vaisseau qui, se détournant accidentellement de sa route, se jette à gauche ou à droite.
- Faire partir très vite.
- Lancer un cheval.
- (Sens figuré) Pousser, introduire, mettre le pied à l’étrier.
- Lancer quelqu’un dans le monde : l’y pousser, l’y produire.
- Vous mangerez rarement chez vous, lancée comme vous allez l’être. — (Honoré de Balzac , Illusions perdues, 1837–1843)
- On eut bien de la peine à le lancer.
- Enfin, le voilà lancé.
- Lancer une affaire, une entreprise : la faire connaître, l’accréditer.
- Commercialiser, mettre sur le marché.
- La marque Levi’s vient de lancer sa nouvelle gamme "Waste<Less" (ou « gaspillez-moins »), laquelle intègre des matériaux de récupération fabriqués à partir de bouteilles en plastique ou de plateaux-repas recyclés — (Challenges, février 2012)
- Lorsqu’une grande marque de produits agroalimentaires souhaite lancer un nouveau yahourt 0 % de matière grasse dédié à une clientèle féminine, elle recourt au marketing opérationnel. — (Julien Granata et Pierre Marquès, directeurs, DUT TC 1re année, chapitre 52, Dunod, 2015, page 395)
- Le premier Macintosh d’Apple, équipé d’un processeur Motorola, est lancé en 1984. — (Jean-Loïc Delhaye, Voyage au cœur de l’informatique, 2021, page 38)
- (Exploitation forestière) Débarder des bois en leur faisant dévaler une pente.
- Jean-Baptiste Ricard a utilisé ce type de crochet pour lancer quelques troncs de chêne d’une petite pente d’environ 3 mètres de haut. — (Jean-Léo Dugast, « Lancer n’est pas jouer », blogue Percheron International, 24 février 2010 → lire en ligne)
- (Pronominal) Se jeter avec impétuosité, avec effort.
- Il se lança au travers des ennemis.
- Il se lança dans le bois.
- Il se lança le premier dans l’eau.
- (Pronominal) (Sens figuré) Entrer.
- Se lancer dans le monde, dans la littérature, dans les affaires.
- (Sens figuré) Oser ; se jeter à l’eau.
- Il bouillait sur son siège et, bien que peu habitué à prendre la parole en public, il se lança :— Avec les Passeurs de Loire, une association de Tigy, nous avons fait, mon épouse, mon petit-fils Pierre et moi, une promenade en bateau sur le fleuve. — (Boris Delafontaine, La Loire interdite, Éditions Publibook, 2016, page 208)
- Le photographe décide alors de se lancer. « C’était intimidant, mais on l’a fait avec beaucoup de respect. On a tellement ri. On a tellement eu de plaisir à le faire », lance-t-il. — (Radio-Canada, « Des commerçants de Lac-Mégantic se dénudent pour favoriser l’achat local », radio-canada.ca, 8 décembre 2020)
- Malgré sa timidité il finit par se lancer.
- (Pronominal) (Sens figuré) Commencer ; activer.
- Elle débute comme perchwoman sur The Guard from the Underground de Kiyoshi Kurosawa. Elle fera durant dix ans ce travail où elle dit avoir beaucoup appris sur la mise en scène, avant de se lancer dans la réalisation […] — (Jean-Michel Frodon, « Connaissez-vous Nami Iguchi ? », dans les Cahiers du cinéma,, n° 643, Éditions de l’Étoile, mars 2009, page 52)
-
craignais
?- Première personne du singulier de l’imparfait de craindre.
- Je craignais que vous ne vinssiez jamais, répondit Popinot d’un air respectueux. — (Honoré de Balzac, Histoire de la Grandeur et de la Décadence de César Birotteau, 1837, chapitre deuxième)
- Deuxième personne du singulier de l’imparfait de craindre.
-
rouler
?- Faire avancer une chose en la faisant tourner sur elle-même.
- … Blanchette […] fit un écart terrible, et, bondissant en avant, envoya son conducteur rouler les quatre fers en l’air, toutes paumes ouvertes, en plein milieu du taillis. — (Louis Pergaud, L’Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Rouler une boule, des pierres du haut d’une montagne, un tonneau.
- Une rivière qui roule ses eaux.
- Un torrent qui roule des cailloux.
- (Sens figuré) Tourner de côté et d’autre avec violence, effort ou affectation, en parlant des yeux.
- Ses sentiments ne se faisaient jour que par ses yeux, qu’il roulait d’une manière effroyable. — (Anatole France, Les Sept Femmes de la Barbe-Bleue et autres contes merveilleux, 1909)
- Une douzaine de jeune gens entouraient une sorte de croquant endimanché, coiffé d’un chapeau melon qui roulait des yeux ahuris et s’efforçait d’éviter la bousculade systématique dont il se voyait l’objet. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 94)
- Il roulait les yeux comme un possédé.
- Il roulait les yeux dévotement.
- Les yeux lui roulaient dans la tête.
- (Par extension) Avancer comme dans un roulement.
- Raclant, ravageant, dévastant la côte ouest de l’Île, le cyclone roula vers la mer Polaire, mettant à mal bateaux, engins de pêche, quais, maisons, bétail, récoltes. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936)
- (Sens figuré) Méditer.
- Rouler de grands projets dans sa tête, de grands desseins.
- Voilà à peu près ce que roulait sous sa tête chauve le Cardinal-Duc avant l’attaque dont on vient de voir une partie. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863)
- Il considéra sa mère en roulant dans son cerveau ces apparences de pensées profondes, ces banalités religieuses et philosophiques qui hantent les intelligences moyennes en face de la mort. — (Guy de Maupassant, En famille, dans La maison Tellier, 1891, réédition Le Livre de Poche, pages 154-155)
- Il cessait de songer à Odette ; même il arrivait, tout en se déshabillant, à rouler en lui des pensées assez joyeuses. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 167)
- Transporter au moyen de quelque chose qui roule et qu’un homme pousse ou tire (charrette à bras, diable, etc.).
- Combien dois-je, mademoiselle, à l’homme qui a roulé mon bagage depuis la gare jusqu’ici ? — (Abel Hermant, L’Esbroufe, acte Ier, scène 3, Ernest Flammarion éditeur, Paris, 1904, page 32)
- (Sens figuré) (Familier) Avoir le dessus sur quelqu’un dans la discussion.
- Il l’a roulé avec beaucoup d’esprit.
- Duper ; rouler dans la farine.
- Il retrouve de temps en temps des malfaiteurs imbéciles dont l'audace est toute l'habileté ; mais qu'il tombe sur un malin, comme vous et moi, et il sera roulé, foi de marquis ! — (Henry Hazart, Trente ans, ou La vie d'un joueur, 1890-1891)
- En dépit des mauvais présages, je pensais que ce mariage marcherait. Comme je l'écrivais dans mon journal : « Si Jeff n'est qu'un faux-jeton, comme certains le prétendent encore, alors, je me suis fait rouler. » — (Bill Clinton, Ma vie, traduction de l'anglais (États-Unis) par un collectif, Éditions Odile Jacob, 2004, chap. 15/page 159)
- Un escroc peut prendre plaisir à ce qu’il fait. C’est pourquoi il constitue un héros acceptable pour les fils hollywoodiens. Être forcé de rouler quelqu’un, c’est complètement différent. — (David Graeber, traduit par Élise Roy, Bullshit jobs, Les liens qui libèrent, 2018, ISBN 979-10-209-0633-5)
- Mettre en rouleau.
- Elle avait roulé au-dessus des coudes le pyjama du père Eudes, et manœuvrait les pédales à l’aide de ses pieds nus. — (Colette, Le toutounier, 1939)
- Avec une joie d’enfant, Gasbieha se mettait à transfigurer Zaheira, à relever ses longues nattes, à les lui rouler autour de la tête. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- Tavannes remit la pie sur son bâton, et s’amusa à rouler et à dérouler les oreilles d’un lévrier. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
- (Spécialement) Mettre du tabac dans un papier que l’on roule autour.
- Du gris que l'on prend dans ses doigtsEt qu'on rouleC'est fort, c'est âcre comme du boisÇa vous saoule. (chanson Du gris, paroles d'Ernest Dumont, musique de Ferdinand-Louis Bénech, 1920)
- Godefroy d’Étigues roulait du tabac dans une feuille de papier. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- A l'intérieur, il y avait de quoi rouler quelques pets. Une herbe très parfumée, toute violette. Ça devait être une variété comme de la “Sweet Purple”. […]. Elle montra la beuze à Bob et entreprit de se rouler un pet, et il fit de même. Ils fumèrent tranquillement. — (Marilyn Lapin, Apocalpse, Éditions Edilivre, 2015)
- Aplanir à l’aide d’un rouleau.
- Rouler la pâte d’une pâtisserie.
- Rouler le gazon d’une pelouse.
- Rouler sa bosse : (Sens figuré) Errer sans s’arrêter, sans se fixer en un lieu.
- Il y a longtemps qu’il roule sa bosse par le monde.
- (Intransitif) Avancer en tournant sur soi-même.
- Les tuiles, soulevées, roulent sur le toit, tombent sur le sol détrempé ; dans la nuit, les pauvres arbres, sous l’effort du vent plus colère, gémissent et craquent. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- L’embarcation roula fortement d’un bord à l’autre, faillit chavirer, mais se maintint à flot. — (Caroline Quine, Alice au camp des biches, 1930, texte français d’Hélène Commin, Librairie Hachette, coll. “Bibliothèque verte”, Paris, 1957, chapitre II, page 23)
- Une boule qui roule.
- Une boule de neige grossit en roulant.
- Il tomba et roula du haut en bas de l’escalier.
- Les flots roulent sur le gravier, sur le sable.
- Le ciel, les astres roulent sur nos têtes : Se dit en parlant du mouvement circulaire apparent du ciel et des astres.
- Faire rouler la presse : Faire imprimer des ouvrages → voir rotative.
- (Imprimerie) Une presse roule lorsque la mise en train est terminée et que le tirage se poursuit sans interruption.
- (Intransitif) (Sens figuré) Circuler ; tourner.
- Rien ne leur répondit que les fidèles échos de la vallée qui, dans la nuit étoilée et paisible, roulaient ironiques en se répercutant au loin. — (Louis Pergaud, La Disparition mystérieuse, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- L’argent roule dans ce pays : L’argent circule dans le commerce, il passe fréquemment d’une main à une autre.
- (Sens figuré) Mille pensées différentes lui roulent dans l’esprit : Les projets les plus divers lui roulent dans la tête, ils lui passent et lui repassent dans l’esprit sans qu’il s’arrête, sans qu’il se fixe à aucun.
- (Intransitif) Tourner sur soi-même sans avancer.
- La porte roula sur ses gonds.
- (Intransitif) Avancer à l’aide de roues.
- On ne voyait pas les tramways. […] Pourtant les quais où ils roulaient, avec des piaulements plaintifs, n’étaient guère éloignés, car la rue, quelquefois, tremblait à leur passage […] — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 41)
- Midi et demi… Le convoi roule, précédé de quelques jeeps… — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, France-Empire, 1963, page 58)
- La McQueen, elle, roulait à l'ultracoke®, le dernier-né des carburants Porf, un combustible extrêmement calorifique qui se consumait fort et longtemps. — (Raphaël Albert, Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, tome 2 : Avant le déluge, Saint-Laurent-d’Oingt : Éditions Mnémos, 2013, chapitre 3)
- (Intransitif) (Par extension) Voyager dans un véhicule à roues.
- J’avais acheté une vieille 4L dont les cardans exténués rendaient d’inquiétants sons de castagnettes et je roulais des journées entières sur des routes où la mort guettait à chaque virage. — (Bernard Fauconnier, Kaïros, Grasset, 1997, chapitre 3)
- (Intransitif) (Sens figuré) Errer sans s’arrêter, sans se fixer en un lieu.
- Il y a longtemps qu’il roule par le monde.
- Il a roulé dans tous les pays de l’Europe.
- — Si nous ne vous avions pas recueillie, que seriez-vous devenue ? où auriez-vous roulé ? Dieu seul le sait. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 339)
- (Intransitif) Produire un bruit continu, comparable à celui d’une voiture qui roule.
- Les tambours roulent.
- Le tonnerre roula au loin.
- (Intransitif) Avoir pour sujet, pour objet.
- La conversation roulait sur une guerre que le roi venait de terminer heureusement contre le prince d’Hyrcanie, son vassal. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, IV, L’Envieux, 1748)
- Le plus important de ce que disait ma tante roulait sur les imperfections de mon oncle et sur l’extrême patience qu’il fallait déployer pour vivre chrétiennement avec lui. — (Julien Green, Le voyageur sur la terre, 1927, réédition Le Livre de Poche, pages 26-27)
- Ce discours, cette dissertation roule sur telle matière.
- La discussion roule sur ce point.
- Tout roule là-dessus : C’est là le point principal, l’affaire principale dont tout le reste dépend.
- (Intransitif) (Sens figuré) L’affaire roule sur lui : Il en est principalement chargé, ou il y a la principale influence.
- Tout roule sur lui dans cette maison : Il y est chargé de toutes les affaires.
- (Intransitif) (Marine) Pencher alternativement à gauche et à droite, sous l’effet du roulis.
- Nous étions dans la région des vagues espagnoles, […]. Le pauvre petit Valdemar roulait, tanguait, et tout ce qu'il contenait d'animé et d'inanimé se livrait à une sarabande désordonnée. Nous aurions pu nous croire dans une baratte américaine. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 29)
- Le bateau roulait beaucoup, mais il semblait que la houle diminuât et je restai sur la passerelle, prêt à agir. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Le mât de flèche plie sous l’effort et à sec de toile, le bateau roule terriblement. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- (Intransitif) (Populaire) Avancer vers quelque chose.
- La petite, qui roulait sur ses vingt ans, était aguichante au possible, mince et rembourrée, les yeux clairs, mouillés de candeur vicieuse. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 30)
- (Intransitif) (Sens figuré) Progresser ; marcher ; tourner.
- Trois ans plus tard, sa petite affaire roule, et Mathilde livre des supermarchés bio, des entreprises et des particuliers. — (Anne-Laure Pineau, Reconversion : redémarrer derrière les fourneaux, Le Monde. Mis en ligne le 15 février 2019)
- Avoir une circulation fluide en parlant de trafic routier.
- Ça roule mal aujourd’hui, il y a des bouchons.
- (Sylviculture) Former des roulures.
- On a constaté que le châtaignier ne devait pas être freiné dans sa croissance. Quand il est éclairci régulièrement et à temps, il ne roule pas. — (René Lempire in Pascal Charoy, Quand les sylviculteurs se retroussent les manches, Forêts de France, décembre 2019)
- (Transitif) Faire avancer à l’aide de roues.
- Nous vîmes toute une famille travaillant au même endroit : le père piochait, la mère chargeait la brouette, et leurs enfants la roulaient tour à tour. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 155)
- (Péjoratif) Changer fréquemment de partenaire sexuel.
- – Oh ! mais une merveille, monsieur Moricet ! un vrai Greuze !… C’est jeune, c’est frais… ça n’a pas encore roulé. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
- Donner le nom de Frontenac à une femme de rien, qui avait roulé, l’introduire dans la maison de ses parents ; et surtout la présenter à la femme de Michel, aux enfants de Michel, de tels sacrilèges n’étaient pas concevables. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 42)
-
attendais
?- Première personne du singulier de l’imparfait de attendre.
- Quand il m’a agriché sur la pelouse à Auteuil alors que j’étais en train d’essayer de lui faire son porte-pèze, je m’attendais pas à ce que j’aurais à travailler pour son compte. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Le Jockey masqué, 1913, chapitre XII)
- Deuxième personne du singulier de l’imparfait de attendre.
-
refuser
?- Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé ; ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné.
- Parfois les rênes s’échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d’avancer. Nous les laissons souffler un instant, puis reprenons notre course muette et aveugle. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 36)
- Le bruit court que c’est dimanche. Ce n’est pas le curé qui le confirmera. Il a refusé de dire la grand’messe et a célébré l’office dans sa chambre, tout seul. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Un monsieur et une dame passent devant moi, interrompant leur conversation pour que je ne les entende pas, comme s’ils me refusaient l’aumône de ce qu’ils pensent. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Tout se tassera après les premiers kilomètres; à présent, la pagaye est intense. Il y a des chameaux à la traîne qui se refusent à avancer, d’autres dont les colis mal équilibrés tombent à terre… — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 22)
- L’unilatéralisme américain et la mondialisation libérale procèdent d’une même logique. Ils refusent la suprématie du droit et de la délibération collective. — (Pour un autre monde ; Un autre chemin, motion pour le congrès socialiste de Dijon du 16 au 18 mai 2003)
- (Absolument) — Sommé de rompre son second mariage par saint Germain, évêque de Paris, il refusa obstinément, et fut excommunié. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1er récit : Les quatre fils de Chlother Ier — Leur caractère — Leurs mariages — Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833–1837)
- (Par extension) Rejeter la fréquentation
- Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu’ils lui demandent.
- Il a déjà refusé tous ceux qui l’en ont prié. — Il refuse tout le monde.
- Rejeter une offre ; ne pas accepter ce qui est offert.
- Je leur offris de les rapatrier, mais ils refusèrent, préférant accomplir leur devoir jusqu'au bout et parachever leur œuvre. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- On lui glisse toujours quelques douceurs. Elle les refuse, puis finit par les accepter pour sa vieille mère : un pot de miel, une paire de grives, une hottée de pommes. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- (Pronominal) — Un correspondant du Daily Herald voulut interviewer Guimauve sur son système de socialisation des femmes, mais Guimauve se refusa à tout entretien. Il avait avalé sa langue. — (Ça ira : revue mensuelle d'art et de critique, avril 1920, réédition Anvers : J. Antoine, 1973, page 169)
- On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l’a refusé. — J’ai refusé d’aller chez lui.
- Ne pas admettre.
- On a refusé du monde à la porte.
- Il a été refusé à son examen.
- (Sens figuré) Ne pas donner ; ne pas accorder.
- Nous n'avons pas l'intention de tracer un tableau exhaustif et minutieux de tous ceux à qui la sépulture ecclésiastique peut être refusée. — (Jacqueline Thibaut-Payen, Les morts, l'Église et l'État, Fernand Lanore, 1977, page 94)
- En réfléchissant différemment sur l’installation des équipements, en refusant d’utiliser les équipements disponibles sur étagère, en traquant les poids inutiles, nous avons réussi à gagner 300 kilos sur le bateau proposé par les architectes. — (Michel Desjoyeaux, Coureur des océans, Éditions Odile Jacob, 2009, chapitre 1)
- La nature lui a refusé la beauté. — La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. — On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente.
- (Tactique) Éviter d’engager, ne pas avancer.
- L’ennemi refusait le combat.
- (Intransitif) (Marine) Devenir contraire, en parlant du vent.
-
jugez
?- Deuxième personne du pluriel du présent de l’indicatif de juger.
- Deuxième personne du pluriel de l’impératif de juger.
-
moitié
?- L’une des parties d’un tout divisé, partagé également en deux.
- En général, pour qu'une personne puisse se voir en entier dans un miroir, la hauteur de celui-ci doit égaler au moins la moitié de la hauteur de la personne. — (Douglas C. Giancoli, Physique générale: Ondes, optique et physique moderne, 1993, page 67)
- La moitié de 4 est 2.
- La majorité absolue des suffrages se compose de la moitié des voix, plus une.
- (Plus courant) Portion, une part qui est à peu près de la moitié.
- Cette fois, ce fut Damen que les soldats congratulèrent. Il revêtait désormais un prestige nouveau à leurs yeux, en tant que celui dont les réflexes affûtés avaient sauvé la moitié des hommes et la totalité du vin. — (C.S. Pacat, Prince Captif, tome 2 : Le Guerrier, traduit de l'anglais (Australie) par Louise Lafon, éd. Milady/Bragelonne, 2017, chapitre 8)
- Faire bouillir un liquide jusqu’à ce qu’il soit réduit à la moitié, à moitié.
- (Familier) Personne de petite taille.
- Une moitié d’homme.
- (Sens figuré) Conjoint par rapport à sa conjointe, ou conjointe par rapport à son conjoint.
- L’ignorance de ces pauvres femmes est inimaginable. Les fortunes sont bornées ; les maris lisent des journaux auxquels ils sont abonnés en commun, et que leurs moitiés ne voient jamais. Leur rôle est absolument réduit à celui de faire des enfants et de les soigner quand ils sont malades. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Muserolle.– Messieurs, j’ai un ami… un homme honorable, qui est trompé par sa femme… J’ai trouvé ce matin un billet adressé à son audacieuse moitié et enfermé dans une canne. — (Eugène Labiche, Doit-on le dire ?, 1872)
- A partager sa couche La belle l'invita En quelques coups de hache Il la lui débita L'époux au bruit du bris Survint un peu inquiet Il partagea l'mari Pour garder sa moitié — (Boby Lapointe, Sentimental bourreau)
- L’envie de s’encanailler sexuellement auprès d'un « wesh wesh » de banlieue était passée pour la pulpeuse Marjorie qui s'orientait davantage vers une vie de « Marie-Chantal » à la disposition d'une moitié politicienne. — (Marek Corbel, Il était une fois 1945, Marseille : IS Édition, 2013, règle n° 1)
-
pré
?- (Agronomie, Biogéographie, Écologie) Champ où pousse de l’herbe (naturelle ou cultivée), où l’on recueille du foin, ou qui sert au pâturage.
- Un bon terrain peut fournir jusqu’à cent milliers de betteraves par hectare, j’en ai même récolté jusqu’à cent vingt sur un pré nouvellement défriché, […]. — (Jean-Antoine Chaptal, Mémoire sur le sucre de betterave, Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1, 1818 (pp. 347-388))
- Le Caux est une terre à blé, mais la vallée verdoyante du Bray est un immense et magnifique pâturage où un élevage intensif se pratique dans des prés incomparables. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Lieu où a lieu un duel.
- Aller sur le pré, se rendre sur le pré, se retrouver sur le pré, cela signifie se battre en duel.
- (Archaïsme) Bagne.
- Ma petite Madeleine, apprête-toi à retourner au pré à vioque, reprit Jacques Collin. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
-
montrer
?- Faire voir ; exposer aux regards.
- Il allongeait sa jambe, sèche comme un échalas, qui flottait dans une molletière trop large et sans couleur, pour montrer fièrement sa chaussure. — (François Barberousse, L'Homme sec, Paris : Gallimard, 1935 & Romorantin : Marivole Éditions, 2013, chap. 7)
- L'air maussade, il portait un jean et un tee-shirt orné d'un vélociraptor qui montrait les crocs, à cheval sur un chat géant arborant lui-même un tee-shirt sur lequel était écrit « XPTDR ». — (Chloe Neill, Les Vampires de Chicago, tome 7 : Permis de mordre, traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Barthélémy, Paris : éditions Milady, 2013)
- Le soleil ne s’est point montré aujourd’hui. — Cet ouvrage serait meilleur, si l’art s’y montrait un peu moins.
- Faire voir par un geste, indiquer.
- — Vous ne voyez pas ? dit la Thénardier en montrant du doigt le corps du délit qui gisait aux pieds de Cosette. — (Victor Hugo. Les misérables.)
- Montrez-moi l’homme dont vous parlez.
- Montrer le chemin à quelqu’un.
- (Sens figuré) Faire paraître ; manifester.
- L’homme montre de trente à trente-cinq ans, la femme, de vingt-cinq à trente ans, […]. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Nous sommes en chemin vers une affirmation paradoxale : plus je suis croyant, moins je devrais le montrer. La laïcité est anticléricale et non antireligieuse, comme l’actera la loi de décembre 1905. — (Charles Coutel, Les philosophes des Lumières, nos contemporains, dans Marianne, n°878 du 8 janvier 2016, page 58)
- Donner des marques, des preuves de quelque qualité bonne ou mauvaise.
- Ces gens là, quelque pitoyables que nous nous montrions pour eux, nous garderont jusqu’au bout la même haine inexpiable ; […]. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.59)
- Montrer de la patience, de la faiblesse, de la sagesse, de la retenue.
- Montrer son courage, sa générosité.
- Montrer un bon, un mauvais cœur.
- Faire connaître ; prouver ; démontrer.
- Le lendemain, au petit jour, je n’aperçois plus la terre et mes observations me montrent que j’ai été déporté à trente milles au Sud-Est. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Je commence à leur montrer que ça vaut n(n-1)/2, avec une méthode simple – un grand classique. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une démonstration élégante. — (Victor Beauvais, Économie de l'amour, éd. Jean-Claude Lattès, 2011)
- Je lui montrerai qu’il a tort, qu’il ne devait pas en user ainsi.
- Enseigner.
- Montrer à lire, à écrire, à calculer, à danser, à monter à cheval.
- Montrer à quelqu’un ce qu’il faut qu’il fasse ; lui montrer son devoir, ses obligations; lui montrer à vivre.
- (Par menace)— Je lui montrerai bien à vivre.
- (Pronominal) (Sens figuré) Faire contenance, paraître, dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté.
- Au début de son pontificat, il s’était, il est vrai, montré bienveillant, moins par générosité naturelle, que dans le dessein de favoriser la conversion des juifs. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Le 19 septembre de l’an 1846, la Vierge s’était montrée à deux enfants sur une montagne, un samedi, le jour qui lui était consacré et qui était, cette année, un jour de pénitence, à cause des Quatre-Temps. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Antoine et ma belle-sœur jouaient bien leur jeu ; ils se montraient, à mon égard, pitoyables, ils ne procédaient que par des allusions contristées. J'étais presque leur dupe, mais non pas entièrement ! — (Pierre Mille, Christine et lui, Librorium Éditions, 2019, p. 123)
- (Pronominal) Manifester par son attitude qu’on est décidé à agir, à réclamer son droit, à ne pas laisser faire une chose qu’on désapprouve, à en favoriser une qu'on approuve.
- Les Cimbres et les Teutons, chassés de la Chersonèse cimbrique par un débordement de la mer Baltique, se montrèrent aux Romains sous les Alpes tridentines, au nombre de plus de trois cent mille. — (Abbé Claude Joseph Drioux, Abrégé de l'histoire de France, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours, 6e éd., Paris : chez Eugène Belin, 1855, p. 24)
- Vous avez fait assez de concessions : il est temps de vous montrer.
- (Pronominal) Faire voir par des actes ce que l’on est.
- De l’autre côté, quelques-uns parmi nous discutaient s’il fallait ajouter foi aux affirmations du criminel qui s’était montré menteur incorrigible. — (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
-
propriété
?- Droit par lequel une chose appartient en propre à quelqu’un.
- Le droit de clore et de déclore ses héritages, résulte essentiellement de celui de propriété, et ne peut être contesté à aucun propriétaire. — (Art. 4, Loi du 28 septembre 1791 publiée le 6 octobre 1791, dans Recueil général des Lois et des Arrêts, part.1 : Jurisprudence de la cour de cassation, par J.-B. Sirey, Paris, 1809, page 74)
- La propriété individuelle était encore très peu développée. Il y a cinquante ans, les rares propriétaires fonciers étaient de chorfa, des zaouïas, des dignitaires du makhzen qui avaient obtenu leurs terres par dahir chérifien. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 115)
- Enfin, en pays de droit écrit, au moins après la renaissance du droit de Justinien, la femme pouvait avoir des paraphernaux dont elle gardait la propriété, la jouissance et même l'administration, […]. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l'Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e édition, 1956, page 189)
- Le voleur ne met pas en question dans les livres sophistiques la propriété, l’hérédité, les garanties sociales ; il les supprime net. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
- Chose qui appartient en propre à quelqu’un.
- Les proscrits avaient le droit d'emporter leurs biens meubles. Mais leurs biens de mainmorte (immeubles, champs, vignobles, caves greniers) furent décrétés propriété royale et confisqués. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- (Absolument) Biens fonciers, comme les terres, les maisons.
- Le général annamite mit le comble au mécontentement du peuple en ordonnant que l'on cadastrât les propriétés et que l'on fît le recensement de la population. — (Jean Moura, Le Royaume du Cambodge, Cambridge University Press, 2015, volume 2, page 114)
- Cet homme a des propriétés considérables dans tel département.
- Qualité propre d’une chose.
- L’alcool donne au vin sa force et sa propriété enivrante ; il dérive du sucre, et n’existe jamais tout formé dans le raisin. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 135)
- Si une partie de la propriété édulcorante du sucre lui est enlevée pendant la pulvérisation, elle lui est rendue pendant sa transformation en sirop. — (Jean-Baptiste Deschamps (d’Avallon), Compendium de pharmacie pratique: guide du pharmacien établi et de l'élève en cours d'études, París : Germer Baillière , 1868, page 110)
- La fragilité des aciers carburés trempés, comparable à celle du verre, semble, elle aussi, une propriété caractéristique du carbure trempant du fer β plutôt que du fer β lui—même. — (Bulletin de la Société d’encouragement pour l'industrie nationale, 1896, volume 95, page 266)
- Solanum anomalum restera un légume-fruit secondaire. Sa taxinomie, sa composition nutritionnelle et ses propriétés médicinales nécessitent des recherches. — (Ressources végétales de l'Afrique tropicale2 : Légumes, Wageningen (Pays-Bas) : Fondation Prota, 2004, page 543)
- Vertu particulière, caractères particuliers qui différencient une chose d’avec une autre.
- On emploie aussi les semences de la nigelle de Damas en médecine ; on leur accorde à peu près les mêmes propriétés que celles de la Nigelle cultivée (Nigella sativa L.), espèce qu’on cultive aussi dans les jardins pour sa graine qu’on emploie comme condiment. — (Gustave Heuzé, Les plantes industrielles, seconde partie, page 361, 1860)
- Quant au lysol, nous avons déjà noté, à plusieurs reprises, ses remarquables propriétés insecticides, en particulier dans nos études sur l’acariose. — (Chronique agricole, viticole et forestière du Canton de Vaud, volume 20, Institut agricole de Lausanne, 1907, page 509)
- La fonction exponentielle possède la propriété remarquable d'être égale à sa dérivée. — (P. Thuillier ET J.-C. Belloc, Mathématiques, tome : Analyse, 1971, page 155)
- En 1938, le suisse Paul Muller, prix Nobel 1939, découvre les propriétés insecticides du dichloro-diphényltrichloroéthane ou DDT pourtant synthétisé depuis 1874 par l'autrichien Zeidler. — (Guy Riba et Christine Silvy, Combattre les ravageurs des cultures : enjeux et perspectives, 1989, page 20)
- Emploi du mot propre, du terme propre.
- La propriété des termes est la marque de tout ce qu’il écrit.
- Parler, s’exprimer avec propriété.
- (Programmation orientée objet) Synonyme de attribut.
- Une propriété est une variable contenue dans l'objet, elle contient des informations nécessaires au fonctionnement de ce dernier. — (Sébastien de la Marck, Johann Pardanaud, Découvrez le langage JavaScript, Editions Eyrolles, 2 février 2017)
-
canapé
?- (Mobilier) Sorte de siège long à dossier, où plusieurs personnes peuvent être assises ensemble et qui peut servir aussi de lit de repos.
- Je t’assure, Suzanne, ils feront très bien dans ta salle de séjour, ces fauteuils et ce canapé, bon il est un peu cra-cra, mais tu le recouvres d’un drap fleuri et te voilà vraiment chez toi ! — (Christine Cotaz-Bertholet, Lettres à Talitha, 1996)
- Dans le salon, le canapé était recouvert d’un patchwork représentant des animaux. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 165)
- Victor prit son téléphone, shoota quelques objets, son canapé, sa psyché, son tapis de course et, depuis son balcon en saillie, il immortalisa la ville repoussant la lumière qui l’orangeait. — (Bertrand Latour, La deuxième vie de Victor Hurvoas, Le Passage éditions, 2015, chap.5)
- Tout le monde se servit, même Tauno, qui se leva laborieusement du canapé et prit toute une poignée de grignoteries dans le sachet d’Irma. — (Minna Lindgren, Les Petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure, traduit du finnois par Martin Carayol, Éditions Calmann-Lévy, 2016, chap. 6)
- (Par analogie) Tranche de pain sur laquelle on dispose certains mets.
- Vêtus de la chemise blanche brodée traditionnelle et portant des gants, des Mexicains discrets circulaient entre les invités avec des plateaux de canapés, foie gras sur toast, caviar sur craquelins, saumon fumé, brochettes de pétoncles miniatures, débarrassant certaines personnes des flûtes vides alors que d'autres serveurs avançaient avec, dans chaque main, des jéroboams de Cordon-Rouge. — (Marie Desjardins, Ambassador Hotel: La mort d’un Kennedy, la naissance d’une rock star, Montréal (Québec) : Éditions du CRAM, 2018, chap. 12)
- (Décorations) (Familier) Demi-nœud.
- Les décorations, lorsqu'elles sont portées sur une tenue civile, une veste par exemple, revêtent des formes réduites à un simple ruban pour les grades de chevaliers, ou de « rosette », ou de « rosette sur canapé » (le « canapé » étant un ruban argenté ou doré mis sous la rosette) lorsque les grades sont supérieurs — (Histoire des décorations et Médailles, [1])
-
recommencer
?- Commencer de nouveau à faire ce qu’on a déjà fait, commencer deux fois quelque chose.
- Il paraît, nous a-t-on dit un jour, qu'il existe à Châteauneuf-le-Rouge un labyrinthe de buis si vaste que le jardinier a besoin de l'année entière pour le tailler : il commence à un bout, et, lorsqu'il arrive à la fin du tracé, recommence un nouveau circuit et une nouvelle année. — (Michel Racine & Françoise Binet, Jardins de Provence, Édisud, 1987, p. 132)
- (Intransitif) — Le bavardage continue incessant et ne prendra fin que lorsque sonnera l'heure du repas : il faudra alors à regret rentrer chez soi, mais on recommencera le lendemain et toujours on trouvera matière à commérages ! — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895, éd.1923)
- (Transitif) — Il recommence son travail qui était mal fait.
- (Impersonnel) — Il recommence à pleuvoir, à faire froid.
- L’amitié de Mlle de Gournay et de Montaigne ne peut-elle se recommencer ? — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- (Manège) Remettre un cheval aux premières leçons.
- Il est des chevaux qui oublient et qui se démentent, il faut les recommencer.
-
sensibilité
?- Qualité par laquelle un sujet est sensible aux impressions physiques.
- Avec l’utilisation d’antigènes de tréponèmes pâles tués, les réactions sérologiques ont vu leur sensibilité et leur spécificité nettement améliorées. — (François Pebret, Maladies infectieuses : toutes les pathologies des programmes officiels des études médicales ou paramédicales , page 497, Heures de France, 2003)
- Il est d’une grande sensibilité à toutes les impressions de l’air.
- Avoir une égale sensibilité pour le froid et pour le chaud.
- La sensibilité des parties nerveuses.
- La sensibilité de l’œil, de l’oreille.
- Cet organe est d’une extrême sensibilité.
- Les espèces montrent des sensibilités différentes à ces deux voies d’accès, comme l’ont montré des expériences effectuées avec le métolachlor et le norflurazon (Walsh et al., 1991). — (Michel Bounias, Traité de toxicologie générale : du niveau moléculaire a l'échelle planétaire, Springer Verlag France, 1999, page 421)
- De même en parlant des impressions morales.
- Tous les états de la sensibilité sont moteurs. Le langage lui-même en contient la preuve. Il les appelle des émotions. — (Pierre Lasserre, Philosophie de Goût musical, Les Cahiers verts no 11, Grasset, 1922, p.82)
- (Par extension) Ce à quoi l'on est sensible.
- Il faut aussi bénéficier d'une relation de confiance et celle-ci s'établit avec la population quand le candidat à la députation a su démontrer sa compétence comme élu local en étant tout à la fois l'élu de tous, mais aussi l'expression d'une fraction d'entre eux ; sa sensibilité politique est aussi un des facteurs de sa légitimité à court terme et à moyen terme. — (Jacqueline Sainclivier, « La légitimité des députés bretons dans l'entre-deux-guerres : approche prosopographique », dans L’Ouest et le politique: Mélanges offerts à Michel Denis, textes réunis par Michel Lagrée & Jacqueline Sainclivier, Presses universitaires de Rennes, 1997, page 154)
- Les juifs originaires d’Algérie, qui ont très tôt bénéficié du décret Crémieux, sont donc tous français depuis des générations et ont une sensibilité très nettement consistoriale (cf. p.315) agrémentée d’un esprit autant yekke (cf. p. 76) que méditerranéen. — (Gilbert Werndorfer, Juifs d'Algérie, Soline éditions, 2003, page 148)
- Sentiment d’humanité, de pitié, de tendresse.
- Il a beaucoup de sensibilité, une grande sensibilité.
- Il est d’une extrême sensibilité.
- Une fausse sensibilité.
- Une sensibilité affectée.
- (Philosophie) Ensemble des opérations qui constituent la vie sensitive et la vie affective.
- (Physique) Propriété de marquer les plus légères différences, les moindres variations.
- La sensibilité d’une balance, d’un thermomètre, etc.
- (Statistiques) Capacité d’un test à donner un résultat positif lorsqu’une hypothèse est vérifiée.
-
intensité
?- Haut niveau ou degré ; propriété de ce qui est intense.
- L’intensité de l’explosion ébranla tout le quartier.
- Puissance de ce qui est exprimé ou ressenti.
- L’intensité de son regard me met mal à l’aise.
- Rien ne vaut l’intensité des émotions ressenties en chute libre.
- Pureté et éclat d’une couleur.
- Pour mon regard neuf, chaque détail de mon univers était source d'étonnements, de l’intensité du bleu du ciel aux herbes de notre courette deux fois plus hautes que moi. — (Monique Cluzeau, Paysanne dans une autre vie, Editions des Souvenirs d'antan, 2011, p. 51)
- (Électricité, Physique) Intensité [de courant] électrique, quantité de courant électrique qui traverse un conducteur. — Note : Elle s’exprime en ampères.
- Je sentais l’intensité du courant grandir et à mesure ma gorge, mes mâchoires, tous les muscles de mon visage, jusqu’à mes paupières se contracter dans une crispation de plus en plus douloureuse. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- (Acoustique, Physique) Intensité acoustique, densité de puissance sonore par unité de surface.
- L’intensité de son ne change rien à sa propagation.
- (Optique, Physique) Intensité lumineuse : densité par unité d’angle solide du flux lumineux émis par une source lumineuse, dans une direction donnée.
- Le candela est l’unité du Système international (SI) pour l’intensité lumineuse.
- (Électromagnétisme, Physique) Intensité énergétique : densité de puissance par unité d’angle solide émis par une source de rayonnement électromagnétique, dans une direction donnée (équivalent en radiométrie de l’intensité lumineuse).
- L’unité de base du Système international (SI) pour l’intensité énergétique en radiométrie est le watt par stéradian (W/sr).
- (Écologie, Économie) Intensité énergétique : rapport entre l’énergie consommée et la valeur économique produite, pour un produit donné, une industrie, une entreprise, voire globalement pour l’économie d’un pays.
- La forte réduction apparente de l’intensité énergétique constatée pour les économies des pays avancés est sujette à caution, car une partie de ces « progrès » ont été obtenus en délocalisant les activités énergivores.
- Une hausse importante des prix de l’énergie touche particulièrement les industries lourdes à haute intensité énergétique, mais nettement moins le secteur tertiaire.
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réalité
?- Existence effective.
- La réalité d’un paiement.
- Ce qui existe effectivement, chose réelle.
- Ce rappel à la réalité quotidienne et aux occupations usuelles change momentanément le cours de mes pensées. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- En ouvrant les yeux, je mis quelques secondes à reprendre contact avec la réalité. J’étais étendu, détaché et nu, au milieu des paras. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- La littérature érotique embrasse plus de réalités psychologiques que la morale bourgeoise ne voulait en connaître, et que le puritanisme n’en tolère. Or ces réalités, quoiqu’on en juge, sont au moins aussi quotidiennes et obsédantes que les réalités économiques, […]. — (Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, page 41)
- Tout à la fois thriller haletant et chronique d’une Amérique en crise, le dernier roman de Douglas Kennedy nous plonge dans les réalités socio-économiques d’un pays où les idéologies extrêmes s’affrontent violemment. — (France Mutuelle Magazine, n° 174, octobre-novembre-décembre 2022, page 63)
- Que la réalité ne corresponde pas au rêve, seuls les naïfs s'en étonneront. D’abord, il y eut autant de rêves que de rêveurs. […]. Enfin, et surtout, si les hommes pouvaient réaliser leurs utopies, cela se saurait. — (Élie Barnavi, L'Europe comme utopie, dans Marianne du 13 août 2011, page 81)
- Mythologie du village français ? Oui, complètement ! C’est même drôle à quel point nous recouvrons la réalité par des métaphores et des mythes. Actuellement, ce sont l’image de la guerre et de l’abri qui dominent. — (Michel Eltchaninoff, « Carnet de la drôle de guerre », dans la newsletter du 21/03/220 de Philosophie Magazine)
- (Par extension) Ce qui est admis pour vrai.
- Avec l'expérience, il se confirme que la valeur d'une oeuvre n'est pas tant liée à sa qualité qu'au battage médiatique dont elle fait l'objet, une réalité qui m'a amené à l'unique et seule conclusion qu'il faut être populaire pour exister. — (Richard Di Domenico, Moi, Lautrec / docteur litho - mister ribaud, Editions Phi, 2021)
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année
?- Subdivision du temps, correspondant à la durée d’une révolution de la Terre autour du Soleil, qui comporte 365 jours (ou 366 jours dans l’année bissextile), 52 semaines environ, 12 mois solaires.
- L’année du crapaud se partage en trois périodes distinctes de longueur inégale. — (Jean Rostand, La vie des crapauds, 1933)
- Il paraît, nous a-t-on dit un jour, qu'il existe à Châteauneuf-le-Rouge un labyrinthe de buis si vaste que le jardinier a besoin de l’année entière pour le tailler : il commence à un bout, et, lorsqu'il arrive à la fin du tracé, recommence un nouveau circuit et une nouvelle année. — (Michel Racine et Françoise Binet, Jardins de Provence, Édisud, 1987, page 132)
- Si la pêche du sandre est théoriquement possible toute l’année, les deux meilleures périodes semblent être la fin du printemps, juste après le frai, puis l'automne. — (Pascal Durantel, Pêche, l'encyclopédie, page 230, Éditions Artemis, 2003)
- Selon la plupart des scientifiques, l'univers existe depuis environ treize milliards d’années ; la Terre depuis quatre milliards et demi, et la vie depuis environ trois milliards d’années. — (L’insoutenable légèreté du darwinisme, dans Le Québec sceptique, n° 60, été 2006, pages 40-47)
- (Au pluriel) Décennie commençant en multiple de dix. — Note : Par exemple, les années 1980, c’est la décennie de 1980 à 1989.
- Des marchands avisés lancent le scoubidou : l'objet le plus inutile mais le plus rigolo de la fin des années cinquante. — (Catherine Rihoit, Brigitte Bardot: Un mythe français, Éditions Olivier Orban, 1986 & Éditions Frédérique PATAT, 2016)
- L’utilisation des pesticides a beaucoup augmenté dans les pays en développement à la fin des années 60 et pendant les années 70, à mesure que l’agriculture se modernisait. — (Agriculture mondiale: horizon 2010, page 174, FAO, 1995)
- Avec la crise pétrolière des années 1970, la SNCF relance l'étude de l'électrification de son réseau. — (Michel Raclin, Une Mémoire sur les gares d’Angers, Éditions Cheminements, 1999, page 221)
- […] il était très facile, même en France au milieu des années 70, de trouver des chercheurs mettant la communauté scientifique en garde contre la démonisation de cette discipline, […]. — (La démagogie est-elle génétique ?, dans Le Québec sceptique, n° 58, automne 2005, page 17)
- Dès la fin des années 1880, en effet, des « bandits » se prévalent de l’anarchisme pour opérer non des vols ou des cambriolages, mais des « reprises individuelles ». — (Gilles Ferragu, Histoire du terrorisme, sous la direction éditoriale d’Olivier Wieviorka, Éditions Perrin (EDI8), 2014)
- (Par extension) Temps nécessaire à la révolution d’une planète autour de son étoile.
- Le temps utile aux mesures est relatif aux objets : ainsi l’année et le jour jupitériens ne sont pas l’année et le jour terrestres. Les rotations sur soi ou autour du soleil ne sont pas les mêmes, les objets célestes n'ont pas la même vitesse, etc... — (Bernard Bachelet, Sur quelques figures du temps, Librairie J. Vrin, 1996, page 260)
- Se dit souvent par rapport au climat ou aux cultures agricoles.
- Il y a des risques d’inondations lors des années pluvieuses.
- L’année a été bonne.
- Durée de douze mois, sans égard à l’époque où elle commence ni à l’époque où elle finit.
- Un « muchacho » d’une dizaine d’années, à la tignasse embroussaillée, essaya de me démontrer les inconvénients de voyager seul, […]. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Il y a bien des années que je ne vous ai vu.
- Ce qu’on doit recevoir ou payer par année.
- Son locataire lui doit deux années.
- […], nous embarquâmes des explosifs, des munitions, des vêtements chauds et une année de vivres. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- (Au pluriel) Les différents âges de la vie.
- Dans ses dernières années.
- Les belles années de la vie.
- Niveau de classe.
- Aujourd’hui, on sent que les dernière année sont tous mus par une énergie nouvelle, saisis par la folie du dernier jour. — (Veronica Roth, Divergente I, 2011 ; traduit de l’anglais par Anne Delcourt, 2014, page 11)
- Il est en 2e année du primaire.
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meubler
?- Garnir de meubles.
- Cette pièce était meublée d’un petit lit de fer, muni de rideaux en calicot blanc, avec embrasses de cretonne rouge ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- (Absolument) Faire bon effet en tant que meuble.
- Cette étoffe meuble bien.
- (Par extension) (Droit) Garnir de ce qui est nécessaire pour faire valoir un bien.
- Meubler une usine de machines-outils
- Meubler une ferme de bestiaux.
- (Familier) (Par extension) Garnir de biens.
- Mais le couteau, plus étroit que la masse qui sert à en assurer la chute, offre l'apparence dérisoire d'un taille-crayons; mieux, d'un chicot tranchant qui meublerait à lui seul la mâchoire d'un requin. — (Georges Arnaud, Prisons 53, Paris : Éditions R. Julliard, 1953, p. 57)
- Une cave qui est bien meublée de vins de différentes espèces.
- (Familier) (Sens figuré) Parler pour éviter le silence dans une conversation, ajouter des éléments superflus pour combler un vide dans un scénario, un spectacle, un discours.
- Il passait l’essentiel de son temps à lui faire la conversation pour meubler l’attente. — (Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 86)
- Ce qui est certain, c’est que le temps est long, dans ces conditions, et nous pousse à le meubler d’agissements qui, comment dire, qui peuvent à première vue paraître raisonnables, mais dont nous avons l’habitude. — (Samuel Beckett, En attendant Godot, Les Éditions de Minuit, 1952, acte II, page 104)
- Meubler la conversation.
- On sent que les auteurs de la série ont eu besoin de meubler un peu pendant cette saison, ça aurait pu être beaucoup plus court !
- (Pronominal) Acquérir des meubles, s’installer, en parlant des personnes.
- Être bien, être mal meublé.
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immortalité
?- Qualité, état de ce qui est immortel ; de ce qui n'est pas soumis à la mort
- Le livre de M. Charles Baudelaire intitulé Les Fleurs du Mal est un défi jeté aux lois qui protègent la religion et la morale. […] À côté de ces pièces et de quelques autres où l’immortalité de l’âme les plus chères croyances du christianisme sont mises à néant, il en est d’autres qui sont l’expression de la lubricité la plus révoltante. — (Rapport de la Direction Générale de la Sûreté publique du 7 juillet 1857, au Ministre de l’Intérieur)
- S’il y a au monde un fait certain, ferme et durable, c’est la croyance de l’homme en son immortalité. — (Constantin de Piétri, De l’Existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme, 1842)
- Il ne s'agit pas d'escamoter la mort par un rêve d'immortalité. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, p. 101)
- J'avais seize ans et des poussières. Je connaissais depuis deux ans l’immense pouvoir de l’immortalité des amants. — (Louise Anne Bouchard, Clélia fait enfin amende honorable, Éditions de l’Age d’Homme, 1997, page 9)
- (Sens figuré) Prolongation sans fin du souvenir d’un homme, d’une œuvre.
- Un auteur qui travaille pour l’immortalité.
- Des actions dignes de l’immortalité.
- Les grands poètes méritent l’immortalité.
- Aspirer à l’immortalité.
- (Héraldique) Nom donné au bûcher enflammé qui sert de nid au phénix.
- D’azur au phénix d’or sur son immortalité de gueules, accompagné en chef de trois besants d’or, qui est de Drouville → voir illustration « phénix avec immortalité de gueules »
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demeurer
?- S’arrêter assez longtemps en un lieu. — Note d’usage : Conjugué avec l’auxiliaire être.
- Eh quoi ! vous voilà déjà en route ? Isaac Laquedem, « qui souffre à demeurer », s’arrête au moins pour boire la chope de bière que lui offrent les bourgeois de Bruxelles en Brabant ! — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, pages 50-51)
- En les apercevant, Bert s’aplatit sur le sol, rampa jusqu’à un creux propice et demeura étendu là à contempler leurs efforts. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 357 de l’édition de 1921)
- Elle pourrait demeurer ici, l’assaillir d’invites, de chatteries, toute la nuit provoquer son désir, répandre ses effluves. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Elle était demeurée longtemps debout devant ces hautes coques dont les hublots laissaient voir l'intérieur des cabines éclairées. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 52)
- Habiter, loger, faire son logement. — Note d’usage : Conjugué avec l’auxiliaire avoir.
- En songeant à cela j’arrivai chez le sonneur de cloches Brainstein, qui demeurait au coin de la petite place, dans une vieille baraque décrépite ; […]. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
- (...), tous les trois brisés du voyage, effarés et perdus au milieu du vaste Paris, le nez levé sur les maisons, demandant à chaque carrefour la rue de la Michodière, dans laquelle leur oncle Baudu demeurait.— (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883 - Éditions Gallimard, 1980, page 29 ISBN 2070409309)
- M. A… G…, demeurant à Troyes, souffre depuis longtemps d’une entérite que différents traitements n’ont pu guérir. — (Émile Coué, La Maîtrise de Soi-même par l’autosuggestion consciente, éd. 1935, page 31)
- (Sens figuré) Être à demeure, être permanent ou tenir, persister, durer.
- Confusion : le kaiser s’est enfui en Hollande, mais le militarisme demeure et les chefs sociaux-démocrates du nouveau régime, républicain, font alliance avec les généraux monarchistes et les corps francs à croix gammée contre les spartakistes. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 12)
- Cet arc de triomphe n’a pas été fait pour demeurer.
- La parole s’envole, et les écrits demeurent, l’écriture demeure.
- La tache en demeure toujours.
- La cicatrice lui en est demeurée.
- Il lui en est demeuré une cicatrice, une infirmité.
- Se trouver, rester ou être dans un certain état.
- Pendant que le nouveau venu se débitait à lui-même ce monologue, un autre cavalier, entré par l’autre bout de la rue, […], s’arrêtait et demeurait aussi en extase devant l’enseigne de la Belle-Étoile. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
- Parmi les tailleurs de pierre qui sculptaient les images des cathédrales, il y avait des hommes d’un talent supérieur, qui semblent être demeurés toujours confondus dans la masse des compagnons ; ils ne produisaient pas moins des chefs-d’œuvre. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. VII, La morale des producteurs, 1908, page 360)
- […], il découvrit bientôt la carcasse de l’un des monoplans asiatiques […]. La machine avait évidemment opéré une chute verticale et elle était demeurée à demi suspendue dans un groupe d’arbres ; […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908 ; traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 249, Mercure de France, 1921)
- Je demeurai couché sur le dos, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. — (Henry Miller, L’ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- La respiration demeure calme, le cœur est encore bon, mais le sang lui dégouline du crâne sur le nez, dans les yeux, poisse la chemise. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Débusquer les bases biologiques d’un comportement n’enlève rien à l’humanisme du geste ni au libre arbitre : nous demeurons toujours libres de choisir entre un geste altruiste ou égoïste. — (La démagogie est-elle génétique ?, dans Le Québec sceptique, n° 58, page 17, automne 2005)
- Enfin, pour le repérage des noms de lieu et des réseaux de communication terrestres, les deux atlas routiers, Southeast Asia et Indonesia, publiés chez Nelles Verlag, demeurent irremplaçables. — (Rodolphe de Koninck, L'Asie du Sud-Est, éditions Armand Colin (collection U), 2012, introduction)
- Ce qui est conservé, laissé ou dévolu à quelqu’un.
- Ce bien lui est demeuré, malgré les efforts de ceux qui le lui disputaient.
- Ce titre lui demeure. (Sens figuré),
- La victoire lui demeura.
- La gloire lui en est demeurée tout entière.
- Que la honte vous en demeure !
- Être de reste. — Note : Dans cette acception, on l’emploie presque toujours impersonnellement.
- Sans doute, presque tout demeure à faire pour passer d'une symptomatique à une véritable étiologie. — (Gilles Gaston Granger, Méthodologie économique, Presses Universitaires de France, 1955, page 350)
- Il ne lui est rien demeuré de tant de biens qu’il avait.
- Il ne lui en est pas demeuré une obole.
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inactivité
?- Disposition à ne rien faire.
- Son inactivité m’impatiente.
- Il entend à peine Slobodan qui entre, ses reproches devant son inactivité, sa colère qui monte. — (Roland Rossero, Corps à corps, 2015)
- (Administration) État d’un fonctionnaire qui n’exerce pas ses fonctions.
- Traitement d’inactivité.
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gagner
?- Acquérir par son travail, par son initiative ou par l’effet des circonstances, du hasard.
- Des négociants viennent acheter à Méru les dentelles qu'ils ont commandées à S.-Crépin, à Valdampierre, à Lormaison, à Corbeil-Cerf, au Déluge, à Montherlant, à la Villeneuve-le-Roi. Les femmes gagnent par jour 10 à 12 sous; quelques unes sont payées 15 sous. — (Description du département de l'Oise, par le citoyen Cambry, tome 1er, Paris ,: chez Didot l'ainé, an XI, page 163)
- […], je me demande un peu s’ils sont contents de nourrir le père et la mère, quand ils ne gagnent seulement pas assez pour ribotter tout leur content. — (Émile-Ambroise Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, page 139)
- (Absolument) — Le bois ! Un simple chantier pour eux, où gagner mieux qu’en usine […]. Ceints de soleil, d’air vif, on tâche à sa guise, à son allure, sans surveillants. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- (Par analogie) — Gagner sa vie, gagner de quoi vivre.
- (Par analogie) — Il gagne largement sa vie.
- Obtenir un profit financier.
- Le maquignon de bas étage […] tripote, drogue, maquille, défigure un cheval sur lequel il veut gagner quelques pistoles. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
- Percevoir, en parlant des gains que l’on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier.
- Landiras jouait gros et, surtout, gagnait gros. On avait pu penser un instant qu'un joueur plumé avait voulu se venger de lui : l'homme se serait rendu chez Landiras pour régler ses comptes […]. — (Alain Moury, Cale sèche, Paris : chez Robert Laffont (collection "Agent secret"), 1965)
- — Ah, oui ! Tu continues d'espérer. La chasse aux yoyettes, c'est de la pure loterie. Dénicher l’oiseau rare équivaut à gagner le jackpot au loto ou au tiercé. — (Soh Magne, Le bourreau de Marie, Yaoundé : SOPECAM, 2003, page 79)
- (Vieilli) Être le vainqueur d’un autre joueur.
- Comme j'aime les jeux d'exercice, j'y jouois deux heures le matin et autant l’après-dînée. Mon mail s'acheva, à quoi je jouai avec madame de Frontenac, qui me disputoit sans cesse, quoiqu'elle me gagnât toujours : car, quoique je jouasse avec plus d'adresse, sa force l’emportoit par-dessus. — (Mémoires de Mlle de Montpensier, petite-fille de Henri IV, collationnés sur le manuscrit autographe, par A. Chéruel, tome 2, Paris : chez Charpentier, 1858, page 250)
- Une vieille marquise, fort mauvaise joueuse, disait à un seigneur qui la gagnait au jeu : “Pardi, Monsieur, il faut convenir que vous êtes bien heureux ...” — (s. n. d'auteur, Le bouffon français ou Recueil d'Anecdotes ; Blankenstein libraire, Paris, 1812, page 194)
- Obtenir, remporter quelque chose que l’on désire.
- Il a gagné le prix. — Vous ne gagnerez rien à lui tenir ce langage.
- Je n’ai pu le décider : voyez si vous y pourrez gagner quelque chose.
- Vous vous tourmentez inutilement pour cette affaire, vous n’y gagnerez rien.
- (Ironique) Subir un désagrément, un désavantage.
- Je me souviendrai de ce voyage, j’y ai gagné un bon rhume. — Il n’y a que des coups à gagner.
- Remporter un avantage dans une lutte ou un débat quelconque. — Note d’usage : Alors le complément direct indique l’espèce de lutte ou de débat.
- Je jouai même aussi une exhibition de tennis contre le champion de Panama, que je gagnai malgré mon peu d’entraînement […] — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Gagner une bataille, la bataille.
- Gagner sa cause.
- Gagner une gageure, un pari.
- Gagner la partie.
- (En particulier) (Droit) Avoir gain de cause, même quand il ne s’agit pas d’une affaire portée devant les juges.
- Gagner son procès.
- Acquérir, en parlant des avantages, des qualités, qu’une personne ou qu’une chose acquiert.
- Nous avons constaté l’essor d’Alès, et Nîmes même a gagné quelques milliers d’âmes de 1912 à 1926. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Le langage perdit en naïveté ce qu’il gagnait en élégance et en finesse.
- L’art ne gagne rien à ces innovations bizarres.
- (Sens figuré) Se concilier, se rendre favorable.
- « Et une telle femme me fait presque la cour ! pensait Lucien, tout en donnant à madame Grandet le plaisir de le gagner. Il faut que je sois un être bien singulier pour n’être pas heureux. » — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Gagner le cœur de quelqu’un.
- Sa bonté lui gagne tous les cœurs.
- Ce ton de franchise me gagna.
- Gagner l’amitié, l’affection, la bienveillance, la confiance.
- Gagner les bonnes grâces de quelqu’un.
- Gagner les suffrages, les voix.
- Il faut gagner cet homme-là, à quelque prix que ce soit, et l’avoir pour nous.
- Gagner le geôlier.
- Gagner les témoins.
- Gagner quelqu’un à force d’argent.
- Se diriger vers un endroit, et y arriver, y parvenir.
- Il gagna la grande salle de réception aux fauteuils surmontés de dorures. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Ayant franchi quelques glaces serrées, nous gagnâmes un chenal d’eau libre le long de terre où nous draguâmes, sondâmes et recueillîmes des températures et échantillons d’eau de mer. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- A quoi servait ce passage clouté, cependant indispensable pour gagner le monument fameux, à défaut d'un passage souterrain encore en construction, s'il était, en fait, mortellement dangereux de s'y aventurer ? — (Raymond Lindon, « La voiture d'enfant », dans Quand la justice s'en mêle, Robert Laffont, 1965)
- En 1145, un légat pontifical prêcha contre eux. Eudes et sa troupe d’« éonites » gagnèrent alors la Gascogne, puis la Champagne, […]. — (Michel Roquebert, L’Épopée cathare, Privat, 1970, volume 1, page 55)
- S’étendre, se propager, en parlant de choses qui progressent.
- Après la Coupe du monde de 2022, l’humanité entière fut gagnée par la fièvre du ballon rond et ce sport s’imposa comme la meilleure façon de régler les problèmes internationaux. — (Bernard Werber, « Du pain et des jeux », dans L'Arbre des possibles et autres histoires, Éditions Albin Michel, 2002)
- Le feu gagnait déjà la maison voisine. — Le feu a gagné jusqu’au toit.
- L’eau a gagné le second étage, jusqu’au second étage.
- La gangrène a gagné rapidement. — La contagion gagna plusieurs quartiers de la ville.
- Ces idées gagnèrent la jeunesse, gagnèrent parmi le peuple.
- Rejoindre ; rattraper.
- - Il nous gagne, s’écria le Français.- C’est un corsaire colombien, lui dit à l’oreille le capitaine. Nous sommes encore à six lieues de terre, et le vent faiblit. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Bellonte a suffisamment à faire, derrière moi, pour déterminer notre dérive et choisir les meilleurs caps, pour que nous puissions gagner au plus vite possible New-York […] — (Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
- (Religion) — Gagner le ciel, gagner le paradis.
- (Religion) — Gagner le jubilé, les indulgences.
- (Familier) (Sens figuré) Se diriger vers.
- La rue de la République, à Nouméa, partait d’une jetée de bois sur la mer et gagnait, après le palais blanc du gouverneur, une autre rue, que des maisons, […], flanquaient à droite. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- […] et les deux acrobates, gagnant à pied le métro le plus proche, s’éloignèrent rapidement. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Mais à Château-Landon il était possible de gagner directement La Chapelle-la-Reine sans traverser Nemours, vraisemblablement en passant par Verteau et Maison-Rouge. — (Bulletin philologique et historique (jusqu’à 1715), Comité des travaux historiques et scientifiques, Imprimerie nationale, 1961, page 137)
- (Intransitif) (Par extension) Procurer un gain à son détenteur, en parlant des gains que l’on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier.
- Telle carte gagne.
- Tel billet, tel numéro gagne.
- (Intransitif) Acquérir, en parlant des avantages, des qualités, qu’une personne ou qu’une chose acquiert.
- (Absolument) — Ce jeune homme a gagné depuis que je ne l’ai vu.
- (Absolument) — Cette statue gagne à être vue de ce côté.
- (Absolument) — Cette pièce de théâtre gagne beaucoup à la lecture.
- (Intransitif) (Familier) (Sens figuré) Mériter.
- Il gagne à être connu.
- Il ne gagne pas à être connu.
- (Transitif) Atteindre en parlant des besoins, des maux qui se font sentir par degrés, et, par extension en parlant de sentiments pesants.
- La faim me gagne.
- Le sommeil commençait à me gagner.
- Le froid m’avait déjà gagné.
- — Tout d’abord, ce qu’il faut, c’est que vous soyez attentive à veiller sur la santé de mon frère et à prendre toutes les précautions possibles pour qu’il ne gagne pas un coup de froid qui peut être mortel, en lui donnant une de ces congestions pulmonaires, auxquelles il est sujet, ou qui aggrave sa bronchite. — (Hector Malot, En famille, 1893)
- (Par extension) — Sa tristesse me gagne.
- (Par extension) — L’ennui nous gagne.
- (Pronominal) (Médecine) Se communiquer, se propager, en parlant de maladies.
- La rougeole se gagne facilement.
- La scarlatine se gagne.
- Catherine. – Ma pauvre mère, vos larmes se gagnent. — (Alfred de Musset, Lorenzaccio, acte I, scène 6, 1834)
- Allez rire et ne restez pas ici. C’est malsain : la vieillesse se gagne. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 192)
-
remonter
?- Monter une seconde fois, monter de nouveau.
- Remontons à âne et continuons notre promenade. — (Comtesse de Ségur, Mémoires d’un âne, 1860)
- Le mercredi matin à 5 heures, Le Gonidec, son quart étant tiré, quitte la dunette. Il prend un peu de repos et remonte. — (José Gers, Ma mort du Pourquoi pas ?, 1936)
- Il avait repassé le Doubs à la minuit, au lac de Chaillon, puis il avait remonté les crêts par un des milles[sic] sentiers que l’ingéniosité des contrebandiers leur fait sans cesse frayer à travers ces prés-bois et ces boqueteaux de sapins. — (Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Après s’être retiré du théâtre, cet acteur est remonté sur la scène.
- Retourner où l’on était avant de descendre.
- Nous en avons assez des dentellières et de leurs racontars, et nous remontons vers la ville haute. — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895)
- L’avion revient vers nous, plane un moment sur nos têtes, glisse, remonte et, dans une dernière caracole, pique vers son hangar. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, pages 203-204)
- Lors d’une halte, en remontant dans le truck, Paul montre à Stacy les cookies qu’il a dérobés. — (Philippe Onagre, Runaways : Fugues, BoD-Books on Demand France, 2010, page 35)
- Le baromètre remonte.
- Retourner vers le lieu ou le point d’où elles étaient descendues, en parlant des choses.
- Pareil à une bête tapie dans les hauteurs, le lourd rideau s'abattait, puis remontait au cintre, tandis que les duettistes venaient saluer. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- L’hiver dernier, ça a gelé dur, très dur, la terre a gonflé et les pavés sont remontés comme des dents qui se déchaussent. — (Christian Gailly, L’Air, Les Éditions de Minuit, 1991, chap. 12)
- Les fleuves remonteront vers leur source avant que cela arrive. — Cette digue fait remonter l’eau jusqu’à tel endroit.
- Aller vers le haut après avoir descendu.
- Dès la fin novembre, les plantations de peupliers peuvent débuter, […]. À l’exception toutefois des stations où la nappe remonte près de la surface en hiver. Dans ces parcelles, mieux vaut attendre mars, voire avril. — (Vincent Thècle, Peupliers : comment réussir les nouvelles plantations., dans La France agricole, n° 3361 du 26 novembre 2010)
- Après une longue descente, la route remonte vers le plateau.
- Se diriger dans une direction septentrionale.
- J’ai grimpé avec le pilote à mon poste dans les barres de perroquet ; il gelait et nous remontions vers le Nord, les voiles serrées, contre un vent coupant et froid. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Quand on remonte de Toul vers le Nord-Ouest, le paysage n'est pas sans grandeur. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 9)
- Reprendre la valeur qu’elles avaient perdues.
- Les actions remontent.
- Les fonds publics remontent.
- (Médecine) Aller vers le cœur, en parlant d’une humeur qui semblait s’être portée sur les extrémités.
- La goutte remonte.
- Aller dans la direction contraire au courant, au flux.
- Il vente très fort, des goélands passent, emportés par la tempête, et essaient vainement de remonter le vent. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil ; tome 1, de New-York à Tahiti, 1929)
- Du reste, l’histoire ne remonte jamais son cours et il n'est au pouvoir de personne de vivre l’histoire à reculons. — (Les Communistes expliquent: l'autonomie démocratique et populaire, Parti communiste martiniquais, 1978, page 140)
- (En particulier) Aller vers la source d’un cours d’eau, soit en naviguant, soit en suivant à terre l’une de ses rives.
- Le tarif des droits à percevoir sur les marchandises transportées par le Rhin , sera réglé de manière , que la totalité du droit à payer entre Strasbourg et la frontière du Royaume des Pays-Bas soit , en remontant, de deux francs , et en descendant, d'un franc trente-trois centimes par quintal, […]. — (Annales maritimes et coloniales, 1818, page 374)
- Nous reçûmes l’ordre de côtoyer en le remontant le ruisseau de la Tourbe, qui arrose la plus triste vallée du monde, entre des collines basses, sans arbres et sans buissons. — (Johann Wolfgang von Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 52)
- Nous remontâmes alors la Dwina pendant deux jours et jetâmes un pont sur ce fleuve que le deuxième corps entier passa pour atteindre la grande route de Polotsk à Saianétersbourg. — (Campagne de Russie, 1812, d’après le journal illustré d’un témoin oculaire, avec introduction de C-G. Faber Du Faur, Paris : chez Flammarion, 1895, page 23)
- (Sens figuré) Reprendre les choses de plus loin, dans un discours ou dans une narration.
- Mais pour que vous pigiez l’histoire, faut que j’remonte à 1919, au temps qu’Milo-la-Graisse terrorisait le quartier. C’est à Grenelle qu’il habitait. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Sans remonter à l’événement traumatique fondateur que furent les massacres de la Saint-Barthélemy, on rappellera que la minorité réformée fut l'objet, sous Louis XIV, d'un « mémoricide » sans précédent : […]. — (Chantal Bordes-Benayoun, Patrick Cabanel et Colette Zytnicki, Les musées protestants et juifs dans le midi de la France, dans Une histoire à soi: Figurations du passé et localités, sous la direction de Alban Bensa et Daniel Fabre, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015)
- Considérer une chose dans son origine.
- Hormis quelques scènes isolées, mes premiers souvenirs ne remontent guère au-delà de 1910 et à notre jardin de Sanvic, près du Havre, si grand à mes yeux d'enfant, agrémenté d'une pelouse encadrée de rhododendrons. — (Louis Néel, Un siècle de physique, éditions Odile Jacob, 1991)
- À ce signal, le portier vint, armé d’une lanterne, prendre Godefroid, le conduisit jusque dans la rue, et referma l’énorme porte jaunâtre, pesante comme celle d’une prison, et décorée de serrureries en arabesques, qui remontaient à une époque difficile à déterminer. — (Honoré de Balzac, L’Envers de l’Histoire contemporaine, 1848, premier épisode)
- Déterminer depuis l’origine.
- […]; Azemmour, la ville maure remontant à l’antiquité, en plein déclin aujourd'hui par suite de l’ensablement de son port et l’indolence de sa population; […]. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 148)
- Les seules traces de civilisation rencontrées remontaient à dix-huit siècles avec des oppida romaines. — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, France-Empire, 1963, page 119)
- De chaumières en tavernes, il écoute les bardes et les vieux rhapsodes qui lui récitent des chants populaires remontant à la nuit des temps. — (André Clavel, L’Iliade boréale, dans L’Express n° 3081, 21 juillet 2010)
- — Oh alors, ça remonte à longtemps, dit l’homme. Mais on peut le savoir. J’ai de l’ordre dans mes affaires. » — (Nicolas Saudray, Voyage au pays des frogs, 1990, Balland, page 60)
- Mais oui, ça remonte à longtemps. Elle vendait des beignets de morue. Elle avait fait fortune dans le commerce — le plus grand commerce de Trinité lui appartenait —. Puis elle a disparu. — (Christian Paviot, La demoiselle des mornes, 2002, page 354)
- Se diriger en suivant une piste.
- Compte tenu de la pluie qui était tombée, Misty avait sûrement laissé des dizaines de traces qui nous permettraient de remonter jusqu’à elle si on se grouillait un peu. — (Andrée A. Michaud, Lazy Bird, Québec Amérique, 2009, page 121)
- (Transitif) Monter de nouveau.
- Il ne fait que monter, descendre et remonter l’escalier.
- (Transitif) Parcourir de bas en haut une chose que l’on avait descendue.
- La nuit est chaude. Vous remontez en flânant la Canebière et vous la quittez au boulevard Dugommier. Vous arriver vite au bel escalier monumental, tout battant neuf, qui monte à la gare. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Nous contournâmes, sans l’apercevoir, la colonne, puis le taxi remonta le faubourg Saint-Antoine, prit à gauche. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Après avoir descendu cette pente rapide, il fallut la remonter.
- (Transitif) Suivre un parcours en sens contraire d’un courant, du cours d’un fleuve.
- Remonter le courant.
- Remonter le cours d’un fleuve, d’une rivière
- (Transitif) (Par extension) Naviguer contre le courant.
- Remonter un fleuve, une rivière.
- (Transitif) (Par extension) Côtoyer un cours d’eau en se dirigeant vers sa source.
- (Transitif) Porter de nouveau en haut ; remettre une chose en un point d’où on l’avait descendue, d’où elle était descendue.
- Pour la garder dans son lit, à l'instar des producteurs d’Alerte à Malibu et Cie, son mari avait exigé qu'elle redressât son nez, ravalât sa façade, repulpât ses lèvres, retendît son ventre, remontât ses fesses et siliconât ses seins. — (Catherine Gaillard-Sarron, « Le pygmalion », dans Paquet surprise : nouvelles, Éditions Librinova, 2016)
- Ils remontent au total quatre lingots de cuivre et 84 barres de quartzite. — (journal Le Télégramme, édition Morlaix, 29 juillet 2022, pages locales, page 1)
- (Transitif) (Par ellipse) (Horlogerie) Tendre de nouveau le ressort d’un mécanisme d’horlogerie.
- Remonter une horloge, une pendule, une montre, une mécanique.
- Le mouvement, excellent sans doute, n’avait pas été remonté depuis deux siècles. - Ce n’était pas pour savoir l’heure que j’avais acheté cette pendule en Touraine. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Sylvie, 1854)
- Sa montre qu’il tira de sa poche s’était arrêtée à six heures. Il avait oublié de la remonter, la veille. La veille, à onze heures du soir, il avait oublié de remonter cette montre qu’il tenait dans le creux de sa main et qu’il regardait comme s’il ne l’avait jamais vue. — (Julien Green, Moïra, 1950, réédition Le Livre de Poche, page 229)
- (Par extension) Remonter un ressort.
- (Transitif) (Sens figuré) Relever ce qui était abattu dans l’âme d’une personne.
- Remonter le courage, le moral de quelqu’un.
- (Transitif) Réconforter.
- Prenez quelques gouttes de ce cordial, il vous remontera.
- — Fichtre ! dit-il, tu n’es pas dans ton assiette. Veux-tu un petit verre de liqueur pour te remonter ? — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- Apprenant que je n’ai pu venir à bout d’une demi-bouteille de champagne, achetée pour me « remonter », il [Count Basie] s’en empare et l’achève d’une seule lampée. — (Hugues Panassié, Cinq mois à New-York, Éditions Corrêa, 1947, page 149)
- (Transitif) (Spécialement) Donner un degré d’alcool plus élevé en y ajoutant de l’alcool.
- Remonter un vin, un cidre, une liqueur.
- (Transitif) Remettre en état ce qui était démonté.
- […], et commence la cueillette du butin. N'ayant plus ni chaussettes, ni bottines, ni sac, les déguenillés remontent tranquillement leur garde-robe. — (Marguerite Baulu, La Bataille de l'Yser, Paris, Perrin & Cie, 1918, page 359)
- Remonter un moteur, un lit, une armoire.
- (Transitif) (Bijouterie) Donner une nouvelle monture.
- Remonter un diamant.
- (Transitif) Garnir de pièces neuves.
- Remonter des bottes. — Remonter un fusil, un pistolet. — Remonter un violon, une guitare : Les garnir de cordes neuves.
- (Transitif) (Équitation) Doter de nouvelles montures ; acheter de nouveaux chevaux.
- Remonter un régiment de cavalerie. — Remonter un cavalier.
- Remonter une écurie.
- (Transitif) Remettre en état, pour faire valoir.
- À la première chute, je n'ai décroché qu'un cale-pied que j'ai ramassé pour le remonter moi-même peu après ; à la deuxième chute, j'ai largué une sacoche, qu'il allait falloir faire réparer avant de la réinstaller ; à la troisième, j'ai perdu ma pompe à vélo, que je ne pourrais remplacer que moyennant finances. — (Louis Harenger, La planète des pauvres : le tour du monde à vélo des communautés Emmaüs, Éditions 1, 1999)
- Remonter une ferme, une métairie. — Remonter une affaire. — Remonter une fabrique, une imprimerie, remonter sa maison.
- (Transitif) Signaler, transférer, escalader à une autorité compétente.
- Remonter un problème. — Remonter une alerte.
- (Transitif) Remettre à la scène.
- Remonter une pièce de théâtre.
- (Transitif) Regarnir.
- Remonter un magasin de marchandises, une maison de meubles, une bibliothèque de bonnes éditions, etc.
- (Pronominal) Se fournir de nouveau de toutes les choses nécessaires pour une exploitation, pour son ménage, pour son propre entretien, et qui étaient venues à manquer.
- Je me suis remonté en linge.
- (Familier) Élever ; soulever ; hisser.
- Pour piter, ça pitait ce jour-là. A telle enseigne qu’accaparé par les girelles et les sarans que je remontais par paquets, je n'ai pas fait gaffe au mistral qui se levait… — (Jean Bazal, Panique dans le pastis, Marseille : Éditions I.N.A., 1964, chapitre 3)
- — La belote est finie pour aujourd'hui, il faut remonter le calen. Un banc vient de passer sous le pont. — (Sigolène Vinson, Maritima, Éditions de l'Observatoire/Humensis, 2019, partie 1, chapitre 2)
-
taper
?- (Familier) Frapper du plat de la main, battre, donner un ou plusieurs coups.
- Taper un enfant.
- Si vous désobéissez, je vous taperai.
- Elles se tapèrent comme les laveuses tapent leur linge, rudement, en cadence. Quand elles se touchaient, le coup s’amortissait, on aurait dit une claque dans un baquet d’eau. — (Émile Zola, L’Assommoir, 1877, page 400)
- Se taper le front.
- Ça riait en se tapant les cuisses. — (Jean Giono, Un de Baumugnes, 1929, page 67)
- Frapper, cogner, toquer pour produire un bruit.
- Dedans on buvait des boissons variées qu’à la couleur on reconnaissait pour du cidre, du café ou de l’eau-de-vie, et l’on tapait les verres ou les tasses sur les tables avec des éclats de voix qui ressemblaient à des disputes. — (Hector Malot, En famille, 1893)
- Il faisait joyeusement taper ses béquilles sur le pavé. — (René Benjamin, Gaspard, 1915, page 150)
- Taper trois coups à la porte.
- (Théâtre) Frapper trois coups pour annoncer le début du spectacle.
- L’Annoncier tape fortement le sol avec sa canne, et lorsque le silence règne, il annonce : Le Soulier de satin ou Le Pire n’est pas toujours sûr — (Paul Claudel, Le Soulier de satin, 1944)
- (Musique) Mal jouer de la musique en frappant sans nuance sur un instrument.
- Il n’y avait guère là, le soir, que la seconde des corsets, miss Powell, qui tapait sèchement du Chopin sur le piano. — (Émile Zola, Au Bonheur des dames, 1883, page 648)
- Dactylographier, écrire à la machine ou à l'ordinateur, les doigts frappant le clavier.
- Je lui dictais sévèrement des choses ennuyeuses qu’elle tapait avec une application timide, toute frêle, toute mièvre dans sa robe de confection simili popeline. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
- J’étais écœurée de son attitude, elle jouait les étonnées et essayait de me persuader que c'était Jojo qui avait tapé ce courrier. — (Catherine Podgorski, Charlatan, Scélérat, Menteur! Je vous présente mon employeur, Éditions Publibook, 2001, page 68)
- Je tapai un début de phrase, sans conviction. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 30)
- Jouer, le complément d’objet désignant des cartes (→ voir taper le carton) ou un jeu de cartes.
- Il regarda dans la glace quatre vieux qui tapaient une belote en silence. — (René Fallet, Banlieue sud-est, 1947, page 33)
- Les vrais « hommes » se réfugient chez Dupont tout est bon, où la banalité est encore de mise, dans les tabacs rebelles aux effets, et tapent leurs parties de cartes sur le tapis de tout le monde sans verser dans un académisme de sages-femmes. — (Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, 1939, page 137)
- (Argot) Prendre.
- On pique, on avale… on tape dans le tas avec les doigts… le tout c’est de s’y mettre… Et c’est excellent ! — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, page 324)
- (Populaire) Se faire donner ou prêter de l'argent.
- Mon fils m’a tapé vingt euros.
- Gontran.— Non, je viens pour le taper, ainsi vous comprenez…Moricet.— Le taper !… Vous frappez votre famille ?Gontran.— Mais non… Je voudrais qu’il me prête cinq cents francs. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
- Je ne sais pas si vous savez que vous êtes comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance ?— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 198)
- L’idée du mariage flottait autour de Jacques : « Je ne puis pourtant plus taper maman », pensait-il ; de fait, la marquise d’Iscamps était bien capable de se ruiner toute seule et sans qu’on l’y aidât. — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922)
- Lecouvreur était encore un bleu dans le métier de bistrot. Il ne savait pas se débarrasser des raseurs qui le tapaient d’une tournée. — (Eugène Dabit, L’Hôtel du Nord, 1929, page 60)
- Entre vingt et trente ans, on peut taper les copains pour finir le mois, ça n’a pas d’importance. Entre trente et quarante, ça commence à devenir pénible. Au-dessus de quarante, c’est intolérable. — (Roger Vailland, Drôle de jeu, 1945, page 206)
- (Intransitif) Frapper, donner un ou plusieurs coups, rosser, heurter, cogner.
- Taper sur quelque chose.
- Il lui tapa sur le ventre.
- Elles couraient et couraient. Leur cœur tapait ; bientôt le souffle leur manqua. — (Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, 1930, page 242)
- Ce fut lui, enfin, qui enfonça les crochets pour les fameux rideaux, non sans taper du marteau sur ses doigts. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, chapitre VIII, Gallimard, 1937)
- Levaque, délassé et excité d’avoir tapé sur sa femme, tâcha vainement d’entraîner Maheu chez Rasseneur. — (Émile Zola, Germinal, 1885, page 1233)
- (Intransitif) (Par extension) En parlant du soleil, frapper par sa puissance ou sa luminosité.
- Le soleil tapait à travers la vitre, je comptais les gares et je lisais et relisais l’adresse et le numéro de téléphone sur la carte de Georges. — (Lolita Pille, Bubble gum, Bernard Grasset, Paris, 2004, ISBN 2-246-64411-9, chapitre III, page 43)
- Mets-toi une casquette, le soleil va taper fort aujourd'hui. — (Michel Rabagliati, Paul à la pêche, éditions la Pastèque, Montréal, 2006, page 75)
- (Intransitif) Frapper, atteindre.
- Taper à côté : Échouer.
- Taper dans le mille : Réussir.
- (Intransitif) Monter à la tête, enivrer.
- Tu monteras deux bouteilles de notre Lunel… du deux francs… de celui qui tape. — (Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, 1864, page 129)
- Prendre au nez, à la gorge, puer.
- Ça tape ici !
- Il tape des arpions que c’est pas croyable… On se recule nauséeux. — (Bertrand Blier, Les Valseuses, 1972)
- (Pronominal) (Populaire) Manger, boire.
- J’avais de quoi alimenter la conversation chez Lipp où j’avais l’intention d’aller me taper une choucroute. — (Jo Barnais, Mort aux ténors, chapitre II, Série noire, Gallimard, 1956, page 19)
- Tiens, ma vieille elle a soixante-cinq ans, j’habite avec elle. Eh bien, à son âge, elle se tape encore son kil de rouge dans la journée. — (Jean-Paul Sartre, Les Chemins de la liberté : La Mort dans l’âme, 1949, page 247)
- (Pronominal) Faire, être obligé, contraint de faire.
- C’est moi qui ait dû me taper tout le travail.
- «Qu’il se débrouille. Je me suis déjà tapé les mesures à défendre», souffle à Chez Pol un cador du groupe LREM à l’Assemblée. — (Sylvain Chazot, Etienne Baldit et Chez Pol, À LREM, la patience envers Jean-Michel Blanquer a des limites, Libération, 18 janvier 2022)
- J’ai dû me taper tout le trajet à pied.
- (Pronominal) Être atteint par, subir.
- Se taper une angine.
- (Pronominal) (Vulgaire) Se faire, faire l’amour avec.
- Se taper un mec.
- Se taper une meuf.
- (Pronominal) (Populaire) Faire coup blanc, ne rien obtenir, faire des efforts en vain.
- Tu peux toujours te taper.
- (Pronominal) (Vulgaire) Se branler, n’en avoir rien à foutre.
- Je m’en tape !
- Je n’en ai rien à taper.
- Nous faisons des confidences, toujours des confidences – « grande rencontre », « profonde générosité », « c’est un homme formidable » – d’une impudeur démente et dont tout le monde se tape. — (Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, J’ai lu, 2016, page 198)
- (Familier) Consommer de la drogue par le nez.
- […] ce n’est pas parce que 11% des fumeurs de cannabis vont ensuite se taper une ligne de coke qu’ils le font à cause de la ganja qu’ils ont fumée. — (Théo Chapuis, Une fois pour toutes, le cannabis conduit-il à la consommation d'autres drogues ?, site konbini.com, 29 avril 2015)
-
vesprée
?- (Désuet) Orthographe désuète de vêprée.
- Mignonne, allons voir si la roseQui se matin avoit décloseSa robe de pourpre au Soleil,A point perdu ceste vespréeLes plis de sa robe pourprée,Et son teint au vostre pareil. — (Pierre de Ronsard, À ma maîtresse, dans Odes, 1550-1552)
-
continuer
?- Poursuivre ce qui est commencé.
- Dans mon demi-sommeil je pense à ces défectuosités du gréement et du travail fait à New York et à tout ce qu’il faudra réparer aux îles Bermudes, avant de continuer ma croisière. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Ces diverses opérations pourraient être complétées par l’épandage de scories pulvérulentes à faible dose qui continueraient l’action de la chaux […] — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 99)
- Il continua sa marche, pénétrant dans la vieille ville, et entra dans un petit restaurant qui servait de la socca, un plat traditionnel qu’il appréciait. — (Michael Genelin, Les jeunes filles et la mort, 2013)
- On ne connut le naufrage que par la rencontre de quelques débris, d’un chapeau de marin et d’objets d’équipement militaire, autour de l’îlot de Lavezzi, situé à l’entrée ouest des bouches. Des pêcheurs signalèrent ces objets. Les recherches furent continuées par les soins de l’autorité maritime, de la douane et du commandant de place de Bonifacio : elles furent malheureusement tout à fait confirmatives, et motivèrent l’envoi sur les lieux de l’aviso à vapeur l’Averne pour recueillir, sinon des naufragés qui auraient pu se réfugier sur d’autres îles, du moins les dépouilles des victimes et quelques renseignements sur cette horrible catastrophe. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, p. 197)
- (Absolument) La mémoire lui a manqué au milieu de son discours, et il n’a pu continuer.
- Continuez, je vous prie.
- Si vous continuez de la sorte, jamais vous n’aurez fini.
- Persévérer dans une habitude.
- Par ailleurs, on sait que les juifs français qui s’établirent en Italie, à la suite des proscriptions du XIVe siècle, continuèrent d’écrire en français. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Une fois encore, chaque saison débiterait ses tranches claires ou sombres, légères ou lourdes, fleuries ou fruitées, mais à Mervale les dix maisons, comme dix vieilles filles revêches, continueraient à s’épier, à s’envier, à s’enfoncer de plus en plus secrètes et solitaires, chaque mois davantage, derrière leurs larges haies de charme ou d’épines, et rien pour elle ne changerait non plus, ni l’amour du ciel, des bois et de la terre, ni l’horreur et la crainte des hommes. — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 16)
- Prolonger.
- Continuer une ligne, une allée.
- Continuer une terrasse, une galerie, une muraille.
- Prolonger à quelqu’un la possession de quelque chose.
- Continuez-lui vos bienfaits.
- On lui a continué sa pension.
- Maintenir quelqu’un dans un emploi, par réélection ou autrement. On dit aussi reconduire dans ce sens.
- On le continua dans son commandement, dans son gouvernement.
- Un magistrat continué dans ses fonctions.
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.