Dictionnaire des rimes
Les rimes en : hasard
Que signifie "hasard" ?
Afficher la définitionMasquer la définitionwiktionary.org
- Cause imprévisible, étrangère à toute intention humaine ; cas fortuit, imprévu. Fortune, sort, destin.
- Quelqu’un disait que la Providence était le nom de baptême du hasard ; quelque dévot dira que le hasard est un sobriquet de la Providence. — (Chamfort, Maximes et pensées, I, (62), éd. 1923)
- Vous verrez […] que nous serons côte à côte au festin. Quel singulier hasard, en vérité ! Depuis deux heures le sort nous marie… — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, vol. I, ch. V ; Calmann Lévy éditeurs, Paris, 1886, page 56)
- Un coup de dés jamais n’abolira le hasard — (Mallarmé, Poème, 1897)
- Il n'a point songé à rimer quand le hasard d'une vadrouille au Quartier le conduisit à popiner au café Vachette avec des symbolos soiffards. — (Robert Randau, Le professeur Martin: petit bourgeois d'Alger, Éditions Baconnier frères, 1930, page 69)
- Dans le train de Cherbourg à Paris, le hasard voulut que je trouvasse comme compagnon de wagon un de mes anciens camarades, […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Le hasard l’avait conduit chez les faisans, lui permettant d’échapper à la condition subalterne et mouisarde de représentant en cartes postales illustrées […]. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930)
- L'espèce, par le jeu aveugle du hasard et de la mort, progresse immanquablement en s’adaptant de mieux en mieux aux circonstances. — (Jean Rostand, La Vie et ses problèmes, 1939, page 174)
- [Les mutations génétiques] : Ces altérations sont accidentelles, elles sont dues au hasard. (…) Le hasard seul est la source de toute nouveauté, de toute création dans la biosphère. Le hasard pur, le seul hasard, liberté absolue mais aveugle, à la racine même du prodigieux édifice de l’évolution : cette notion centrale de la biologie moderne n’est plus aujourd'hui une hypothèse, parmi d’autres possibles plus ou moins concevables. Elle est la seule concevable, comme seule compatible avec les faits d’observation et d’expérience. — (Jacques Monod, Le hasard et la nécessité, 1970, pages 147-148)
- De choses répandues au hasard, le plus bel ordre, l’ordre-du-monde. — (Héraclite)
- Le hasard est la rencontre de deux séries causales indépendantes. — (Cournot)
- Concours de circonstances.
- Le hasard ne favorise que les esprits préparés. — (Pasteur)
- La découverte du bleu de Prusse est due au hasard, c’est-à-dire qu’on n'y avait pas été conduit par le raisonnement. — (Ferdinand Hoefer, Histoire de la Chimie, Firmin-Didot, 1869, vol. II, page 466)
- Le hasard, disait souvent M. de, a ceci d’extraordinaire, c’est qu’il est naturel. On ne peut que s’en étonner. » — (Louise de Vilmorin, Madame de, Gallimard, 1951, réédition Folio, page 30)
- Le hasard n’est pas autre chose que le conflit des causes étrangères avec les faits que nous nous proposons, et l’on peut se convaincre en même temps que le hasard est purement subjectif : il n’a qu’une valeur d’apparence et n’existe qu’au point de vue de l’être qui agit d’après des fins. — (Paul Souriau, Théorie de l’invention (1881), Éditions Vigdor, 2001, page 33)
- Venons-en maintenant au rôle du hasard dans la découverte de la pénicilline par Fleming […] Pour Gwyn MacFarlane (son biographe), la séquence des sept hasards qui conduisirent à la découverte de la pénicilline équivaut à tirer dans l’ordre d’un chapeau contenant les noms de tous les concurrents les vainqueurs de sept courses de chevaux consécutives. — (Alexander Kohn, Par hasard ou par erreur ? Chance et malchance dans les grandes découvertes scientifiques, Eshel, 1990, pages 108-109)
- Risque, danger, incertitude.
- Courir le hasard de…
- S’exposer au hasard de…
- Il ne court point de hasard.
- Au hasard d’un refus, il lui parla de cette affaire.
- Les hasards de la guerre.
- (Par analogie) (Golf) Obstacles variés et naturels que doit présenter un terrain.
Mots qui riment avec "ar"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "hasard".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ar , ars , art , arts , ard , ards , are , ares , arre , arres , oir , oirs , oire et oires .
-
coaltar
?- Goudron obtenu par la distillation de la houille.
- Ici, rien n’est triste ; au contraire, tout y porte à la gaité… C’est le bruit joyeux d’une ville militaire, le mouvement pittoresque, l’activité bigarrée d’un port de guerre. L’amour y roule sa bosse, y traîne le sabre en des bordées de noces violentes et farouches. Foules pressées de jouir entre deux lointains exils ; spectacles sans cesse changeants et distrayants, où je hume cette odeur natale de coaltar et de goémon, que j’aime toujours, bien qu’elle n’ait jamais été douce à mon enfance. — (Octave Mirbeau, Le Journal d’une femme de chambre, 1900, page 431)
- Je sens l’odeur de la caserne. Mon nez me dénonce le mélange nauséeux de la sueur, du cuir et du coaltar. — (Jules Romains, Les Copains, 1913, page 179)
- L'atmosphère sentait la cigarette de tabac blond et la peinture fraîche, avec, de temps à autre, une bouffée de coaltar qui venait du dehors. — (Jean Ray, Harry Dickson, Les Eaux infernales, 1934)
- Ils viennent d'apercevoir le bateau. Leur vieux bateau. Il a besoin d'être écopé, l'eau affleure le caillebotis. Mais le fond a été repassé au coaltar, le bordé repeint, les tolets graissés. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 149)
- L’étoupe est de la filasse de lin ou de chanvre qui sert à calfater, à combler les espaces entre les différentes pièces de la coque. Ensuite, on passe un mastic, le brai et du goudron, le coaltar . — (Colette Vlérick, La fille du goémonier, 1998)
- (En apposition) Matière visqueuse, sirupeuse, dense.
- Rouge-coaltar, gros vin rouge.
-
babillard
?- Qui aime à babiller, à converser par plaisir.
- Mettons dans la même classe les dialecticiens et les sophistes, gens qui font plus de bruit que tous les chaudrons de Dodone, et dont le moins babillard pourrait tenir tête aux vingt plus bavardes commères qu’on puisse trouver sous le ciel. — (Erasme ; « Éloge de la folie » , 1509. Traduction de Thibault de Laveaux en 1216.)
- Silvia.—Eh bien, l’honneur de lui plaire ne me sera pas inutile ; les valets sont naturellement indiscrets ; l’amour est babillard, et j’en ferai l’historien de son maître. — (Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730)
- Il ne réfléchit point qu’un simple grognement issu de son gosier suffirait à faire s’éloigner, vite et docilement, cette créature débonnaire, babillarde et piaillarde, qui sans cesse monologue avec elle-même. — (James Oliver Curwood, Kazan, 1914, traduit de l’anglais par P. Gruyer et L. Postif, Hachette, 1937, page 169)
- Qualifie un oiseau parleur.
- Un perroquet babillard. Une pie babillarde.
-
déchoir
?- Tomber dans un état moins brillant, moins avantageux que celui où l’on était.
- Mais le dévouement du personnel enseignant n’amoindrit pas la femme de service : déchoir elle ne peut ! — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908)
- Dans le meurtre, le difficile n’est pas de tuer. C’est de ne pas déchoir. — (André Malraux, La condition humaine, 1946, réédition Folio Plus Classiques, 2019, page 148)
- Déchoir de son rang, de son poste.
- Il est bien déchu de son crédit, de sa faveur, de sa réputation.
- Il est très déchu dans l’estime du public.
- Depuis ce moment il a déchu de jour en jour.
- Déchoir de ses espérances.
- Ange déchu.
- Prince déchu.
- (À la voix passive) Déposséder.
- Peter Schwarber fut même déchu de ses droits de bourgeoisie et banni de la ville. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Au moment de mettre ce livre sous presse, je viens d’apprendre qu’effectivement, la Junte m’a « déchu » de la nationalité chilienne. — (Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974, bas de page 223)
- Qu’on se le dise clairement, ce projet de loi ne cherche nullement à déchoir ou à affaiblir la place des parents dont les enfants se retrouvent dans la machine de la protection de la jeunesse. — (Maria Mourani, DPJ: les enfants ont leur mot à dire, Le Journal de Québec, 16 février 2022)
- Diminuer, s’affaiblir, en parlant des choses.
- Son crédit, sa fortune, sa réputation commencent à déchoir.
- Dans la décadence de l’Empire romain, l’éloquence elle-même commença bientôt à déchoir.
- Pouvoir déchu.
- Décliner, en parlant d’une personne avancée en âge, lorsque les facultés du corps ou de l’esprit commencent à s’affaiblir en elle.
- Commencer à déchoir.
-
bolivar
?- (Habillement) Chapeau évasé en vogue en France vers 1820, imité des chapeaux qu’avait coutume de porter Simón Bolívar.
- C’était le temps de la lutte des républiques de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos ; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars. — (Victor Hugo, Les Misérables, 1862.)
- Ah ! l’étrange passant ! Sa mise, toujours d’une élégance négligée, était sommée d’un légendaire chapeau bossué — n’est-ce pas incroyable ? — comme celui de Robert-Macaire, et affectant la forme indécise d’un bolivar d’ivrogne après vingt chutes. — (Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, Le Tzar et les Grands Ducs, 1883, dans Derniers Contes : L’Amour suprême, Mercure de France, 1909, p. 331)
- Il en avait assez des feutres à la Verdi ; il prit un Bolivar à bords durs. — (Jean Giono, Le Bonheur fou, 1957)
- (Désuet) (Textile) Sorte de flanelle.
- Nous fabriquons de la draperie d'été, qui se divise en foulés [articles pour hommes], demi-foulés [articles pour femmes], et bolivars, fantaisie remplissant l'usage de flanelle de santé. — (Traité de commerce avec l'Angleterre, t. III, p. 232)
- (Numismatique) Unité monétaire du Venezuela.
- Le bolivar souverain est la monnaie du Venezuela depuis le 20 août 2018.
-
carrare
?- (Géologie) Sorte de marbre d’un blanc éclatant.
- Exploité principalement à Carrare, le marbre véritable est relativement rare en France et sa vogue a été relancée par les campagnes d'Italie. — (Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Normandie et Île-de-France, 1992)
-
boulevard
?- (Militaire) Terre-plein d’un rempart, terrain d’un bastion ou d’une courtine.
- Nous avancions tristes et mornes, mais tout à coup se présente la magnifique ville de Troyes avec sa porte guerrière, son menaçant béfroi, ses hauts boulevards, ses hautes tours, ses longues murailles crénelées […]. — (Amans-Alexis Monteil, Histoire des Français des divers états aux cinq derniers siècles, 1830, page 30)
- (Par extension) Promenade plantée d’arbres, qui fait le tour d’une ville et qui occupe souvent l’espace des anciens remparts.
- À sa propagande de quartier, il alliait une action incessante dans les ateliers du boulevard Masséna. — (J.-H. Rosny aîné, La Vague rouge, roman de mœurs révolutionnaires, 1re part., chapitre 8, Paris : chez Plon-Nourrit et Cie, 1910, page 141)
- Se promener sur les boulevards des Maréchaux. — Les boulevards extérieurs.
- (Par extension) Large voie, le plus souvent plantée d'arbres.
- Sur les boulevards, à la terrasse d’un bar-tabac, Bob, qu’un placide individu salua sans insister […] — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
- Des escouades de camelots ont parcouru les boulevards en hurlant le titre d’une nouvelle feuille : « Demandez Le Glaive ! » — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 207)
- Et sur ce boulevard de Clichy, ainsi modernisé, une femme arrivait à chaque fin d'après-midi, et de vieux Montmartrois se redisaient son nom à son passage : La Goulue ! — (Jean Valmy-Baysse, La curieuse aventure des boulevards extérieurs, Éditions Albin-Michel, 1950, page 237)
- J'ai souvenance du cas d'un de mes camarades d'étude, qui, à l'âge de 18 ans, racolé un soir sur nos grands boulevards par une professionnelle, contracta d'elle la syphilis et mourut dix ans plus tard d'une paralysie générale due à cette infection. — (« Préface » de Les maladies vénériennes, par Albert Sézary, Éditions Armand Colin, 1951)
- La cour d’appel partagea alors les dommages, selon les principes de la faute commune, constatant que la victime s’était imprudemment aventurée sur un boulevard passager, sans prendre les précautions nécessaires. — (Orville Frenette, L’incidence du décès de la victime d’un délit ou d’un quasi-délit sur l’action en indemnité, Librairie de l’Université d'Ottawa, 1961, page 85)
- (Sens figuré) (Vieilli) Place forte qui met un grand pays à couvert de l’invasion des ennemis.
- Il faut donc admettre que les travaux de siège et les brèches dont on signale la trace, notamment sur le côté nord, sont dus aux Maures d’Espagne, lorsqu’ils conquirent ce dernier boulevard des rois visigoths. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Nos grandes places de guerre, Strasbourg et Metz, les véritables boulevards de notre défense, n'avaient été ni armées, ni approvisionnées. — (Général Ambert, Récits militaires : L’invasion (1870), Bloud & Barral, 1883, page 124)
- (Marine) Passage au niveau du pont d’un bateau, de part et d’autre du château.
- (Par ellipse) Théâtre de boulevard.
- On eût dit un de ces mélodrames du boulevard, où le changement à vue n’attend que le coup de sifflet du machiniste. — (J.-C. Houzeau, La terreur blanche au Texas et mon évasion, Ve Parent & fils, 1862, page 56)
- (Sens figuré) Route largement ouverte pour atteindre un objectif, débarrassée de tout obstacle ou concurrent éventuel, en ayant les coudées franches.
- Un candidat surprise, qui surferait sur le régalien ou l’écologie donc. Pas question, dès lors, de laisser un boulevard sur ces terrains à fort potentiel. — (Alexandre Lemarié, Les yeux rivés sur la présidentielle de 2022, Macron occupe le terrain, Le Monde. Mis en ligne le 25 octobre 2019)
- Nous marchions sur le boulevard de la vie, en destination vers la mort, nous étions partis. — (Émile Bilodeau, Ça va - Rites de passages, 2016)
-
drayoire
?- Couteau muni de deux poignées destiné à drayer les peaux.
-
bossoir
?- (Marine) Potence servant à hisser une annexe sur un navire.
- Gilliatt était parvenu à sauver les deux bossoirs avec leurs trois roues de poulies. — (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866)
- Sa pipe finie, il eut froid. Et sa seule ressource fut de s’étendre, transi, à même sa couche dure et de s’endormir, de plus en plus balancé au bout des bossoirs. — (Christian Brulls (pseudonyme de Georges Simenon), Les pirates du Texas, éditions J. Ferenczy et fils, 1929, réédition 1980, première partie, chapitre II)
- (Marine) Pièce saillante placée à la proue (à bâbord et tribord sur les grandes embarcations) d’un navire destinée à la manœuvre de l’ancre.
- Avoir l’ancre au bossoir.
- […] il fallait se tirer de ce mauvais mouillage, et la rapidité du courant était un grand obstacle : sa violence m’ obligea de mouiller une ancre de bossoir à chaque instant, je craignais d’avoir le cable coupé et d’être entraîné à la côte […]. — (Voyage de La Pérouse autour du monde Paris : Impr. de la République, 1797.)
- — Vous ne savez pas, par conséquent, ce que c’est que le bossoir ?— Je ne m’en doute pas, dis-je. — C’est une espèce de terrasse de poutres qui sort de l’avant du navire, et d’où l’on jette l’ancre en mer. Quand on fusille un homme, on le fait placer là ordinairement, ajouta-t-il plus bas. — (Alfred de Vigny, Servitude et grandeur militaires, 1835)
- On vira au cabestan ; l’ancre vint à pic, quitta le fond sableux du petit port, remonta au bossoir'.' — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
-
absolutoire
?- (Chancellerie romaine) Qui porte absolution.
- Bref absolutoire.
- (Droit) Qui absout une peine.
- « Ce jour est à marquer d’une pierre blanche », affirme Catherine Cohen, l’avocate de Mme Chemin. La présidente de la 17e chambre correctionnelle de Paris, Fabienne Siredey-Garnier, signe un jugement extrêmement détaillé pour constater que « l’offre de preuve de la vérité des faits diffamatoires » apportée par la journaliste est « parfaite, complète et corrélative aux imputations dans toute leur portée ». Ce qui produit un « effet absolutoire », alors que les propos sont reconnus diffamatoires. — (Jean-Baptiste Jacquin, La justice reconnaît que Robert Faurisson est un « faussaire » sur LeMonde.fr, Le Monde. Mis en ligne le 6 juin 2017, consulté le 8 juin 2017)
-
dénégatoire
?- Relatif à une dénégation.
- Exception dénégatoire.
-
épar
?- (Charpenterie) Entretoise, traverse qui sert à maintenir l’écartement entre deux pièces.
- (Spécialement) Pièce de bois qui relie les brancards d'une charrette[1].
- Pièce mobile qui sert à fermer les portes.
-
dimissoire
?- (Catholicisme) Lettre par laquelle un évêque consent qu’un de ses diocésains soit promu à la cléricature ou aux ordres par un autre évêque.
- Il peut à la vérité être ordonné avec ce rescrit sans dimissoire de son Évêque; mais il doit avoir de son Évêque une attestation de vita & moribus , sans laquelle il tomberoit en suspense, comme s'il avoit été ordonné sans dimissoire. — (François Morenas, Dictionnaire portatif des cas de conscience, Lyon :Jean-Marie Bruyset, 1761, vol.1, page 321)
- Mgr Lefebvre passe outre à la décision, venue du Vatican, et ordonne, le 29 juin 1976, treize prêtres et quatorze sous-diacres sans lettres dimissoires, par conséquent dans l'illégalité selon le droit canon. La sanction est immédiate : Marcel Lefebvre est frappé de la suspense a divinis par Paul VI ; il ne peut plus administrer les sacrements. — (Georges Buisson, L'Ennemi, Grasset, 2019, page 153)
-
calmar
?- (Désuet) Étui de plumes à écrire[2].
- […] quel qu’en soit le nombre [des sens de « timbre »], nous ne les confondons jamais, pas plus que nous ne sommes troublés par la distance qu’il y a entre calmar, au sens de plumier, et calmar, au sens de seiche monstrueuse. — (Gourmont. Esthétique de la lang. fr., 1899)
- (Zoologie) Mollusque céphalopode à dix bras appartenant à l’ordre Teuthida.
- Le calmar géant existe réellement, mais c’est l’une des créatures de la mer les moins connues. — (Pierre-Yves Bely, Deux cent cinquante réponses aux questions du marin curieux, 2004)
- Les petites gens du quartier venaient dîner dans cette friterie d’une portion d’anguilles à une peseta, ou de percebes, et de calmars frits. — (Joseph Peyré, Sang et Lumières, éditions Grasset, 2014, chapitre 8)
- (Cuisine) Chair cuisinée de cet animal.
-
espoir
?- Fait d’espérer. — Note d’usage : Pour ce sens, ce mot est rare au pluriel ; on le dit pourtant quelquefois dans la poésie et dans le style soutenu.
- Et l'on voit arriver le petit jour. Nos yeux se remplissent d’espoir, nous ne sommes qu'à un kilomètre du dégrad. — (Albert Londres, L'Homme qui s'évada, page 95, Les éditions de France, 1928)
- A peine en a-t-il prévenu Barth que, gadouilleux et crotté, il cingle vers le Normandy avec la détermination d’un coureur olympique en espoir de médaille d’or. — (Françoise Dorin, La mouflette, J’ai lu, 1996, page 107)
- Quand Olivier Émery était au fond du trou comme aujourd'hui, il n'avait plus aucun espoir et pressentait que tout était joué. Téléphoner à FIP ne servirait plus à rien, aucun réconfort ne lui parviendrait, […]. — (Jean-Marc Souvira, Le Vent t'emportera, Éditions Fleuve Noir, 2011, chap. 24)
- Quittez le long espoir et les vastes pensées. — (la Fontaine)
- Mon espoir est qu’avec les premiers rayons tout ira mieux. — (Damien de Failly, Chemin de crêtes: Carnet de voyage de Henri dit le Pèlerin, 2013)
- (Par extension) La chose espérée.
- La Nouvelle Cuisine, c'était un espoir, un dépoussiérage pour une gastronomie qui était rétrograde et cependant leader dans le monde. — (Emmanuel Rubin, avec Aymeric Mantoux, Délices d'initiés : Dictionnaire rock, historique et politique de la gastronomie, éd. Don Quichotte, 2013)
- (Par extension) Personne en laquelle on espère.
- Autour de Monsieur se groupaient quelques gentilshommes, factieux, avides, remuants, qui ne pouvaient grandir et s’enrichir que par le désordre. Le duc d’Orléans était leur garant, leur pavillon, leur espoir. — (Auguste Bailly, Mazarin, Fayard, 1935, p.104)
-
brouillard
?- (Météorologie) Un amas de fines gouttelettes d'eau, ou parfois de fins cristaux de glace, plus ou moins épais, et ordinairement froid, qui obscurcit l’air.
- Ayant donc présupposé ceci, vous devez savoir que la manière selon laquelle s'engendre , & produit l'eau qui pleut, les brouillards, les bruines, les tonnerres, les neiges, & les autres choses que vous demandez, est telle: c'est qu'avec la chaleur du Soleil, & par son influence, & des Estoiles en leur mouvement se lèvent au dessus de la terre, de la Mer, des fleuves, & des lacs, plusieurs fumées, & vapeurs, desquelles aucunes sont seiches , fort chaudes, & subtiles, comme la petite fumée d'une torche, & cela s'appelle exhalation; il y en a d'autres plus épaisses, & plus humides, & non chaudes en tel degré, qui se nomment vapeurs: comme celles-là que nous voyons monter de l'eau mise devant le feu. — (Les diverses leçons de Pierre Messie ... mises de castillan en françois par Claude Gruget, parisien, avec sept dialogues de l'auteur, dont les quatre derniers ont été de nouveau traduits en cette quatrième édition..., Pero Mexía, 1526)
- Un brouillard fumeux, ressemblant à celui de l’été indien, enveloppait toutes choses et ajoutait naturellement à mon incertitude. — (Edgar Allan Poe, Le cottage Landor, dans Histoires grotesques et sérieuses, traduction de Baudelaire, 1856)
- La plaine était ténébreuse. Des brouillards bas, courts et noirs rampaient sur les collines et s’en arrachaient comme des fumées. — (Victor Hugo, Les Misérables, 1862, tome 1, livre 7, chapitre V)
- Sur les paquebots, ne se trouverait-il pas, pendant l'hiver, à la merci des coups de vent ou des brouillards ? Est-il donc si rare que les meilleurs marcheurs des lignes transocéaniennes éprouvent des retards de deux ou trois jours ? — (Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours, chapitre V, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873, page 21)
- Les brouillards furent fréquents, et tellement épais parfois, qu'il eût été imprudent de s'écarter du fort. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, 1 partie, chapitre 22, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873, page 190)
- Longue marche dans le brouillard. Le régiment tousse, moins la compagnie du lieutenant Viard, où la toux est punie et où les soldats se rattrapent sur l'éternuement. — (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
- Le dirigeable commençait à se livrer à des exploits de jiu-jitsu atmosphérique, et Bert se trouva balloté dans une obscurité pluvieuse où il ne distinguait autre chose qu'un brouillard qui se déversait tout autour de lui. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910)
- On ne voyait pas très loin devant soi, car le brouillard couvrait le Marais. C’était un brouillard à plusieurs étages nettement marqués : épais comme du lait au ras du canal, il s’éclaircissait soudain à hauteur des frênes et n’était plus qu’une légère buée flottante à la pointe des peupliers. — (Ernest Pérochon, Les Gardiennes, 1924, réédition Les Moissons, 2021, page 71)
- Autour du bateau on ne voyait rien qu’un brouillard plus ou moins dilué, de la compote de pluie, comme disait un des hommes. — (Georges Simenon, Les Demoiselles de Concarneau, Gallimard, 1936, réédition Folio, pages 84-85)
- Nous recommençâmes à descendre dans le brouillard et le noir. D'autres chefs nous pressaient ; le terrain était inégal et bourbeux ; les chevaux se faisaient tirer. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 16)
- Mais loin de son Plateau, Arsène André étouffait. L'air résineux lui manquait, les brouillards de la Meuse lui enflammaient la gorge. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- (Par analogie) Ciel présentant l’apparence du brouillard.
- J'étais alors enveloppé dans une nuée de moustiques blancs qui ne piquaient pas, mais dont le bruit m'étourdissait. Je restai bien cinq minutes dans ce brouillard vivant, pareil à ces tourbillons d'éphémères que l'on prendrait pour de la neige — (François-Auguste Biard, Deux années au Brésil, 1862)
- (Sens figuré) Obscurité d’un discours, d’une situation, etc.
- Les patrons de bars et restaurants restent dans le brouillard. Seule certitude : ils n’accueilleront pas de clients dans leurs établissements le 20 janvier, comme ils auraient pu un temps l’espérer. — (Laurence Girard, Covid-19 : pas de date de réouverture pour les bars et restaurants, Le Monde. Mis en ligne le 5 janvier 2021)
- (Médecine) (Vieilli) Obscurcissement de la vue.
- (Par extension) (Sens figuré) Obscurcissement de l'entendement, de la compréhension.
- (Comptabilité) Livre sur lequel on prend note des opérations de banque ou de commerce, à mesure qu’elles se font, pour les reporter ensuite sur le livre-journal, sans surcharges ni ratures.
-
lignard
?- (Familier) (Avant 1914) Soldat composant l’infanterie de ligne.
- Un capitaine réglait le feu : « A vous, Judin! » Le petit lignard visait soigneusement, lâchait la détente. — (Paul et Victor Margueritte, Le Désastre, 86e édition, Plon-Nourrit & Cie)
- De grands coups de trompette qui sonnaient trois par trois : Ta ! ta ! ta ! Une vraie musique de crapaud. Ce n’est pas sur cet air-là que nos lignards voudraient se coucher, eux… — (Alphonse Daudet, Le Prussien de Bélisaire, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, réédition Le Livre de Poche, 1974, pages 70-71)
- Le long de la route, dans les champs, un régiment de lignards s'écoulait, corps dépenaillés, visages blêmes aux joues creuses, aux yeux luisants. — (Paul et Victor Margueritte; Les tronçons du glaive, 1900)
- — Mon cher, ces lignards nous auraient déjà hachés s’ils avaient pu, quand nous prêchions la guerre à outrance. Ils nous arracheront cette fois les yeux avec le tire-bouchon de leur sabre, parce que c’est à cause de nous qu’on les a fait revenir de leurs villages. — (Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908)
- Au milieu, comme suspendu à l’abime, se tenait le corps de « bas-officiers ». (…), leur grade les éloignait du soldat; mais leur origine roturière leur interdisait tout avancement, et l’iniquité révoltante du privilège les refoulait vers les simples lignards. — (Jules Leverrier, La naissance de l’Armée nationale 1789-1794, 1939)
- (Électricité, Télécommunications) Ouvrier monteur de lignes électriques ou téléphoniques, technicien de maintenance de ces lignes.
- (Argot) Camionneur qui effectue un parcours sur de longues distances.
-
interlocutoire
?- (Droit) Qui ordonne une instruction préalable, à l’effet de parvenir au jugement définitif, mais qui préjuge le fond.
- Arrêt interlocutoire.
- Sentence interlocutoire.
- Jugement interlocutoire.
- Substantivement, un interlocutoire.
-
balançoire
?- Siège que l’on suspend par des cordes, pour se balancer.
- Une fois remontée l’avenue de Paris, la commune avait installé d’un côté une vaste aire de jeux pour les enfants, regroupant les classiques balançoires, tape-fesses et structures décoratives, ainsi qu’un pumptrack pouvant accueillir divers amateurs, plus ou moins novices. — (Maïa Hoti, Tu es là, moi non plus, 2021)
- Pièce de bois mise en équilibre sur un point d’appui élevé et sur laquelle se balancent deux personnes placées à chacun des bouts.
- Il suffit pour s'en convaincre de faire le tour des jardins individuels où l'on rencontre, à de nombreux exemplaires, les toboggans et balançoires Euro-loisirs, les lanternes Leroy-Merlin et l’herbe de la Pampa en provenance directe du Jardiland. — (François Lapoix, Sauver la ville : écologie du milieu urbain, Éditions Sang de la terre, 1990, chap. 4)
- Comme s'il possédait les lieux, il inspecta la cage à poules, le poteau de la spiroballe, les fillettes qui poussaient des cris aigus sur les balançoires. — (Joe Wilkins, Ces Montagnes à jamais, traduit de l'américain par Laura Derjinski, Éditions Gallmeister, 2021)
- (Familier) (Vieilli) Propos en l’air, conte à dormir debout.
- Écoute-moi bien, car tout ce que je te dis, c'est pas des balançoires … je parle sérieusement. — (Aristide Bruant, Fleur de pavé, deuxième partie, chapitre X ; Éditions Jules Tallandier, Paris, 1953, page 209)
- Duchotel.— Qu’est-ce que tu as été raconter à ma femme ?Moricet.— Moi ?Duchotel.— Oui, avec tes lièvres et tes lapins ? une façon de lui faire croire que mes chasses, c’était de la balançoire. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
- (Théâtre) (Vieilli) Jeu d’acteur emphatique.
- Il se permettait des œillades interrogatives à son public, des poses de satisfaction, et ces ressources de jeu appelées par les acteurs des balançoires, expression pittoresque comme tout ce que crée le peuple artiste. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- Mouvement de balancier.
- Son goût diffère quelque peu du nôtre, l’esthétique étant une perpétuelle balançoire. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 2632)
- (Sexualité) Position sexuelle où l’homme est allongé, et où la femme le chevauche assise de dos.
-
accoudoir
?- Ce qui est fait pour qu’on s’y accoude ; partie horizontale sur le haut du dossier d'un siège où l'on s'accoude.
- Avoir un accoudoir sous le bras.
- L’accoudoir d’un prie-Dieu.
- Avoir les bras sur un accoudoir.
- L’accoudoir de son prie-Dieu était usé par ses prières.
- Accotoir, bras d'un siège, sur lequel on repose les bras.
- Puis, s'appuyant sur les accoudoirs de cuir usé, Gérard sortit sa grande carcasse du confortable fauteuil et se redressa. — (Joël Guy, La rivière coule vers sa source, Mon Petit Éditeur, 2011, p. 27)
- Je l’ai vu en photo, sur un canapé en velours, tapotant de la main sur l’accoudoir, avec ses cheveux invariablement blancs et son air de pythie grecque assise sur les fumerolles de l’île de Ré. — (Cédric Enjalbert, La lettre de Philosophie Magazine, du 4 septembre 2020)
- C’était en fait des sortes de fauteuils larges et profonds, recouverts de tissu à motifs floraux façon tapisserie, avec des accoudoirs rembourrés et des appuis-tête à oreillettes. — (Alain Demouzon, Le Crime du Lorient-Express, in Le Crime de la porte jaune et autres nouvelles, 1985)
- (Architecture) Couronnement d’une balustrade ou de tout autre appui à la hauteur du coude.
-
jaculatoire
?- (Littéraire) Marqué par un jaillissement intérieur intense, exalté, lyrique.
- Le sélectionneur national n’est pas homme à se laisser aller à des effusions sentimentales et encore moins à l’auto-satisfaction jaculatoire. — (Raouf Khalsi cité sur le site Ville de Tunis)
- (Religion) Qualifie une prière courte et fervente.
- Gertrude en son logis avait un oratoire,un boudoir de dévote, où, pour se recueillir,elle allait saintement occuper son loisir,et faisait l’oraison qu’on dit jaculatoire. — (Voltaire, L’Éducation d’une fille)
- – Nous devons manger en gémissant, répondit Pécuchet, car l’homme, par cette voie, a perdu son innocence, phrase qu’il avait lue dans le Manuel du séminariste, deux volumes in-12 empruntés à M. Jeufroy, et il buvait de l’eau de la Salette, se livrait, portes closes, à des oraisons jaculatoires, espérait entrer dans la confrérie de Saint-François. — (Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, Lemerre, Paris, 1881)
- Toute la vie de l'ermite est contenue dans cette tension vers Dieu, cette attention de l'âme orante pour la fidélité de laquelle les anciens moines d’Égypte avaient inventé l'oraison jaculatoire. — (Nathalie Nabert, Les larmes, la nourriture, le silence, Éditions Beauchesne, 2001, page 110)
- (Vieilli) Qui jette ou projette.
- Fontaine jaculatoire : fontaine qui lance un jet d’eau à grande hauteur par la force de la pression.
-
écritoire
?- Godet où l’on prend de l’encre avec la plume et qu’on appelle plus ordinairement encrier.
- Ne parlons pas de cela, dit le juif en pâlissant et tirant à la hâte une écritoire de sa ceinture. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ? D’écritoire, Monsieur, ou de boîte à ciseaux ? » — (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897)
- (Par métonymie)(Mobilier) Petit meuble qui contenait ou renfermait les choses nécessaires pour écrire : encre, papier, plume, canif, etc.
- […] la place du candidat était marquée à l'autre bout, et directement en face; une écritoire et des feuilles de papier, placées sur le bureau, annonçaient l’intention, soit de prendre des notes, soit de rédiger le procès-verbal de la séance. — (Julie de Querangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, t. 2, 4, 1833)
- En ce moment fortuné arriva la troisième lettre de Leuwen. Les premières avaient fait un vif plaisir, mais on n’avait pas eu la moindre tentation d’y répondre. Après avoir lu cette dernière, Bathilde courut chercher son écritoire, la plaça sur une table, l’ouvrit, et commença à écrire, sans se permettre de raisonner avec soi-même. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Cette pièce était meublée d’un petit lit de fer, […] ; en face de la couche, une table, couverte d’un tapis et d’une écritoire, et un prie-Dieu au-dessus duquel était cloué un Christ ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Pièce où l'on écrit, bureau.
- Mais à Kirchberger qui l'interrogeait sur le Nouvel homme il avait aussi confié en septembre 1792 sa lassitude de l'écriture : « J'ai assez séjourné dans mon écritoire ; je ne dois plus m'enfoncer dans ce genre d'occupation, et désormais [...]». — (Louis-Claude de Saint-Martin, Lettre à un ami, Éd. Jérôme Millon, Grenoble 2005)
-
faiblard
?- Qui est très faible.
- Enfant faiblard.
- Tatave, boiteux et faiblard, s'était esquivé avec les filles. — (Paul Berna, Le cheval sans tête, 1955, réédition Le Livre de Poche, 1980, page 34)
- Et les articles des autres journaux paraissent faiblards à côté. — (Jehan Rictus, Journal quotidien, cahier 83, page 16, 7 août 1915)
- Il appuya sur le bouton du poste, un petit transistor en plastique, un des premiers trucs qu’il ait piqués, une radio crachotante et faiblarde, sujette à de brusques accès de mutisme. — (Alain Demouzon, Section rouge de l’espoir, 1979, chapitre 1)
- À 14 % d’appuis dans l’ensemble du Québec, les appuis du PCQ pataugent encore dans les mêmes eaux faiblardes qu’eux. — (Josée Legault, Le PCQ : cheval de Troie ou étoile filante ?, Le Journal de Québec, 18 février 2022)
-
nasard
?- (Vieilli) Qui passe par le nez, nasillard.
- Elle nous a endormis avec sa voix nasarde.
-
recevoir
?- Accepter, prendre ce qui est donné, ce qui est présenté, ce qui est offert sans qu’il soit dû.
- Les oumana des douanes jurent sur le mechaf el-kerim de ne rien détourner des droits perçus et de ne plus recevoir de pots-de-vin des commerçants. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 65)
- Toucher ce qui est dû, en être payé.
- Vainement avaient-ils stipulé qu'on ne pourrait les rembourser qu'en écus ; il n'en fallait pas moins qu'ils reçussent leur remboursement en assignats. — (Recueil alphabétique des questions de droit, qui se présentent le plus fréquemment dans les tribunaux, par le citoyen Merlin, tome 5, Paris : chez Danel, chez Rondonneau, & chez Portmann, an XII, page 407)
- A mesure qu’augmentait les émissions de papier-monnaie, s’accentuait la dépréciation du mark, et de plus en plus les particuliers s’efforçaient, quand ils recevaient des billets, de les échanger aussitôt contre des marchandises. — (Wilfrid Baumgartner, Le Rentenmark (15 octobre 1923 - 11 octobre 1924), Les Presses Universitaires de France, 1925 (réimpression 2e édition revue), page 93)
- Recevoir le revenu d’une terre, le prix d’un loger, le salaire d’une peine, le prix d’un travail. - Recevoir des appointements, des gages.
- Se faire procurer ; en parlant de tout ce qui est délivré, fourni.
- Un va-et-vient fut envoyé aux deux hommes ; ils reçurent par son intermédiaire, marteaux, masses et ciseaux, ainsi que des sacs de toile qu’ils renvoyaient dès qu’il étaient remplis d’échantillons […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Recevoir sa ration. - Les soldats ont reçu des vivres pour trois jours.
- Ce régiment a reçu des recrues. - L’armée va recevoir des renforts. - Les assiégés reçurent des secours.
- (En particulier) Se faire remettre entre ses mains, se faire parvenir, en parlant des choses qui sont envoyées ou adressées à quelqu’un.
- Recevoir des lettres. - Recevoir un paquet, un colis. - Recevoir une requête, une pétition, un mémoire. - Recevoir une dépêche.
- (Par analogie) Accueillir une ou des personnes qui sont adressées à quelqu’un.
- Il répéta ce qu'il m'avoit fait dire par M. de Saci, savoir, que la volonté du roi étoit que nous ne reçussions plus à l'avenir de filles pour être religieuses, jusqu'à ce que le grand nombre que nous étions fût diminué et réduit à cinquante professes de chœur […]. Il ajouta que l'intention de Sa Majesté étoit aussi que nous renvoyassions, toutes nos pensionnaires, et que nous n'en reçussions plus à l'avenir, jusqu'à nouvel ordre. — (Charles-Augustin Sainte-Beuve, Port-Royal, tome 5, 5e édition, Paris : Librairie Hachette, 1888, page 170)
- Recevoir un messager, un courrier, un parlementaire, des députés.
- Accepter en parlant des biens qui arrivent, des choses qui sont données, accordées, comme grâce, faveur, récompense, etc., soit par Dieu, soit par les hommes.
- Recevoir des grâces de Dieu, des grâces d’en haut. - Recevoir des inspirations du ciel. - Les dons, les avantages, les agréments qu’il a reçus de la nature.
- Recevoir un service de quelqu’un. - Recevoir des politesses, des civilités. - Recevoir des marques, des témoignages, des preuves d’estime, d’amitié, d’attachement, etc.
- (Sens figuré) Être nommé dans une fonction.
- Recevoir le bâton de maréchal de France, le chapeau de cardinal, la croix de la Légion d’honneur, etc.
- Subir, éprouver des maux, quelque chose de fâcheux, soit par hasard, soit par la volonté d’autrui.
- Recevoir un coup, des coups, un soufflet, un choc, une blessure. - Recevoir une balle dans la cuisse. - Recevoir la mort.
- Recevoir un dommage. - Recevoir un outrage, une offense, un affront, une injure. - Recevoir des reproches, des remontrances. - Recevoir un châtiment, une punition.
- Recevoir le prix de ses forfaits. - Recevoir des marques, des témoignages, des preuves de haine, d’aversion, de mépris, de mécontentement, etc. Recevoir un mauvais accueil.
- (Au sens physique & au sens moral) Subir, éprouver des impressions, des modifications, etc.
- Le miroir reçoit les images des objets. - La cire reçoit toutes les formes qu’on veut lui donner. - Recevoir l’impulsion, le mouvement.
- Ce passage peut recevoir divers sens, diverses significations, diverses interprétations. - L’armée reçut une nouvelle organisation.
- On dit dans une acception analogue :Recevoir un nom, une dénomination, etc.
- Se faire transmettre, communiquer.
- Recevoir la vie, l’existence. - Les parents de qui elle a reçu le jour.
- Recevoir une bonne, une mauvaise éducation. - Recevoir de l’instruction. - Recevoir des leçons. - Recevoir de bons, de mauvais exemples.
- Ces peuples ne reçurent la civilisation qu’au troisième siècle.
- Se faire transmettre pour exécution, pour indication.
- Les artilleurs, qui, à la capitulation, avaient reçu l’ordre de cesser le feu, n’avaient pas quitté leur poste, […]. Les soldats déclarèrent qu’ils n’avaient pas eu une seule occasion de tirer, et ils brûlaient du désir de montrer ce qu’ils savaient faire. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 235 de l’édition de 1921)
- Le 7 mai au matin, 151 bombardiers américains reçoivent la mission de détruire les installations ferroviaires de Mohon ; […]. — (Gérald Dardart, Les Ardennes dans la guerre, 1939-1945, De Borée, 2008, page 357)
- (Religion) Se faire donner des sacrements.
- Recevoir le baptême. - Recevoir la confirmation. - Recevoir les ordres. - Recevoir l’absolution.
- Tirer ; emprunter ; faire venir.
- Quelques blancheurs commencent à nuancer l’horizon vers l’est. Les nuages du zénith en reçoivent une première coloration. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre IV, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Cet escalier reçoit son jour du haut du bâtiment. - Les usages qu’un peuple a reçus d’un autre peuple.
- Recueillir, contenir les choses qui viennent y aboutir ou qui viennent s’y rendre.
- Une autre voiture à deux roues […] était là aussi un peu à l’écart. Cette voiture était destinée […] à recevoir le corps après le supplice et à le porter au cimetière. — (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française d’Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
- On ménage une porte d’entrée, à laquelle on parvient avec une échelle, et on forme des compartiments en planches pour recevoir le grain. — (François Rozier, Cours complet d’agriculture ou Nouveau dictionnaire d’agriculture, Pourrat, 1836, volume 12, page 67)
- Dans cette partie de son cours, la Lanterne reçoit les eaux de nombreux ruisseaux ou « rus » provenant des vallons tourbeux voisins. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, page 6)
- Recueillir, retenir, en parlant des personnes.
- Recevoir dans une cuvette le sang qui coule d’une saignée. - Je lui ai jeté un paquet, il l’a reçu adroitement. - Il tombait et se serait tué si je ne l’eusse reçu entre mes bras.
- Se faire donner certaines paroles ou certains écrits, pour servir d’assurance, de gage, etc.
- J’en ai reçu sa parole. - J’ai reçu sa parole qu’il n’en ferait rien. - J’en ai reçu la promesse, l’assurance. - Il a reçu ma foi, mes serments.
- Se faire confier.
- Recevoir de l’argent en dépôt. - Recevoir une confidence. - J’ai reçu sa déclaration sous le sceau du secret. - Recevoir les dernières volontés de quelqu’un.
- Accueillir, agréer, accepter.
- Je reçois vos offres. - Il en a reçu la proposition avec joie.
- La proposition qu’il a faite a été bien reçue, mal reçue. - Son compliment n’a pas été bien reçu. - Je ne reçois pas votre excuse.
- Accueillir des personnes qui viennent à vous.
- Recevoir un ambassadeur, le recevoir avec magnificence. - Il m’a reçu à bras ouverts, cordialement, avec de grandes démonstrations de joie.
- Je me suis présenté chez lui, mais il n’a pas voulu me recevoir. C’est un homme qui reçoit fort bien son monde, qui sait recevoir son monde. Absolument,
- (Absolument) Il sait recevoir.
- Admettre chez soi les personnes par qui l’on est visité.
- Ces marchands sont généralement des hommes d'excellente éducation, parlant plusieurs langues avec cette facilité propre aux peuples Scandinaves ; ils nous recevaient chez eux avec beaucoup de grâce, et nous offraient des cigares et du vin d’Espagne, ce « soleil en bouteilles » si précieux dans les contrées hyperboréennes. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 58)
- J’étais alors d’une candeur stupéfiante et d’une délicatesse de sentiment si raffinée que, pour recevoir galamment une « femme mariée » qui me venait voir, j’avais allumé toutes les bougies de mes deux candélabres. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- (Absolument) Madame une telle ne reçoit pas aujourd’hui. - Le ministre reçut hier. - On reçoit demain à l’Élysée.
- Pontagnac. — Cher monsieur, ma femme reçoit tous les vendredis, si vous voulez nous faire l’honneur… — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
- Donner retraite ; donner asile chez soi.
- Tel qu’il est aujourd’hui installé, l’asile de la rue Lecourbe peut recevoir 200 enfants. Il comprend trois divisions : le grands, les petits et les infirmes. — (Paul-Gabriel d’Haussonville, L’Enfance à Paris, 1879, Calmann-Lévy, page 161)
- Admettre.
- Après un certain temps, on n’est pas reçu à demander les arrérages d’une rente échue. - Un tel homme est mal reçu à se plaindre. - Recevoir quelqu’un au nombre de ses amis. - Il a été brillamment reçu à son examen.
- (Justice) On l’a reçu partie intervenante. - On l’a reçu à prouver.
- Installer dans une charge, dans une dignité, dans un emploi, etc., avec le cérémonial ordinaire.
- Le jour qu’il fut reçu conseiller à la Cour de Cassation. - Cet officier fut reçu à la tête des troupes, à la tête de son régiment.
- Ce candidat était admissible, mais il n’a pas été reçu. - Il a été reçu docteur depuis peu. - Se faire recevoir avocat.
- Se soumettre, déférer à quelque chose, comme à une loi, à une règle, à une vérité reconnue.
- Recevoir une décision avec respect, avec une parfaite soumission. - Recevoir de nouvelles lois.
- Le droit romain n’était reçu qu’en quelques provinces de France. - Il n’a d’autres opinions que celles qu’il reçoit d’autrui.
- C’est un principe que tous les mathématiciens ont reçu. - Recevoir comme une vérité incontestable.
- Être doté de.
- Ce coffrage est rempli de mortier autolissant et autonivelant et peut recevoir tous les revêtements classiques de sols. — (Armand Margueritte, L’Architecture d’aujourd’hui, n° 267 à 269, 1990, page 174)
- (Pronominal) Prendre contact avec le sol.
- Mokkhi enleva ses sandales et se reçut au sol sur ses pieds nus. — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)
-
comptoir
?- Sorte de bureau ou de table longue et étroite sur laquelle le marchand comptait autrefois l’argent et où, maintenant, le vendeur étale la marchandise.
- Autour d’une table, un groupe d’hommes étaient rassemblés, et une femme de trente à trente-cinq ans s’accoudait sur le comptoir. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 385 de l’édition de 1921)
- Un couple d’amoureux s'était arrêté devant un comptoir de pizzas à emporter et se roulait une galoche sous la pluie fine. — (Stéphane Lefebvre, Opale, Éditions Les Nouveaux Auteurs (Prisma), 2010, chap. 13)
- Puis, les allées et venues des moineaux au rayon des pâtes, en face de sa caisse, retiennent son attention. Les piafs se faufilent sous les comptoirs et les plus culottés s'attaquent aux paquets de cellophane dans les rayons. — (Catherine Moret-Courtel, La Caissière, Éditions Belfond, 2010)
- Dans un café ou un bar, meuble haut sur lequel sont servies les boissons.
- Or le bar était vide. Léon, à son comptoir dormassait, en chandail, tandis que sa chienne, près de lui, sur une chaise, veillait. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- On ne fait plus d'enfants, chez nous, sauf dans les coins pouilleux, dans les milieux de misère, certains samedis de paye, après stations devant les comptoirs des bistrots. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 75)
- Les ivrognes, maintenant accoudés au comptoir, braillaient une chanson dont ils n'avaient retenu que quelques paroles. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Il y avait peut-être en tout six tables de marbre poisseux, l’étain du comptoir très haut avait des dessins repoussés sur le bord, derrière lui fleurissaient des bouteilles de toutes les couleurs, et la fille qui s’y tenait était si jeune qu’elle semblait jouer à servir les clients. — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 60)
- Je commande un pastis, et je promène mon œil dans la salle. Rien que de très ordinaire : au bout du comptoir, un client quelconque joue au 421 avec une brune au décolleté vertigineux. — (Roger Borniche, L'indic, Grasset, 1977, chapitre 11)
- (Commerce) (Banque) Lieu, bureau où travaillent les commis, où se font et se reçoivent les paiements, etc.
- Comptoir d’escompte.
- Bureau général de commerce d’une nation en pays étranger.
- La plupart des passagers sont des marchands danois qui vont visiter leurs comptoirs d’Islande ou leurs pêcheries des îles Féroë. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 24)
- Les maisons anglaises et allemandes installées au Chili ne sont le plus souvent que des comptoirs de puissantes maisons métropolitaines […] — (Camille de Cordemoy, Au Chili, 1896)
- Grâce à la compagnie, Lorient se développe et entretient des relations privilégiées avec les comptoirs, particulièrement celui de Pondichéry que le sultan du Bijapur vient de céder à la compagnie. — (journal Le Télégramme, édition Morlaix, 29 juillet 2022, page 27)
- (Suisse) Foire commerciale.
- FOIRES : en avril : foire suisse d'échantillons à Bâle; en juin : expositions internationales des industries d'arts graphiques à [...] en septembre : comptoir suisse à Lausanne; en octobre : foire suisse agricole et laitière à Saint-Gall,[...]. — (Les guides bleus : Suisse, Éd. Hachette, 1958)
- (Québec) Plan de travail dans une cuisine.
- Liste des petits travaux très rentables : [...] Cuisine : Nouvelle porte, nouveau comptoir, évier moderne. — (André Bergeron, La rénovation des bâtiments, Éd. Presse Universitaires de Laval (Québec) 2000)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.