Dictionnaire des rimes
Les rimes en : changer
Que signifie "changer" ?
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- (Intransitif) Devenir autre.
- Plus ça change, plus c'est la même chose. — (Alphonse Karr, Les Guêpes, janvier 1849)
- Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change. — (Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard, 1958)
- L’attitude de l’occupant vis-à-vis de l’occupé évolue aussi. Elle change même du tout au tout. La poigne de fer de l’hitlérisme, relâchée les premiers mois, se resserre brutalement. — (Robert Bailly, Les feuilles tombèrent en avril, Paris, Éditions sociales, 1977)
- Choisir un roi jeune, beau et bien portant n'empêchait pas qu'il vieillît, enlaidît, tombât malade, ni qu'il perdît ses vertus, ses qualités morales – bref, qu'il changeât et cessât d'être adéquat. — (Jean-Paul Roux, >Le Roi: Mythes et symboles, Fayard, 1995)
- Il dégèlera si le vent change.
- Son visage a bien changé.
- (Sens figuré) Vos sentiments ont bien changé, sont bien changés.
- Comme tout est changé!
- Changer en bien.
- (Vieilli) Dans le sacrement de l'eucharistie le pain est changé au corps de Notre-Seigneur. (Exemple de Littré)
- (Vieilli) Changer au mieux le pire — (Paul Verlaine, Poésies, Bonheur, II ; La Guilde du Livre, Lausanne, 1961, p. 452)
- S’il est honnête homme, il a bien changé.
- Ce jeune homme est changé à son avantage.
- (Intransitif) Avoir de l’inconstance dans ses projets, ses goûts, ses affections, en parlant d’une personne.
- C’est un homme qui change aisément, on ne peut se fier à lui.
- Aimer à changer.
- Un amant jure de ne jamais changer.
- (Transitif) Échanger une chose contre une autre.
- Quand Napoléon III fut empoigné à Boulogne pour avoir donné une seconde représentation du débarquement à Cannes, on le jeta au cachot et on l'emmena à Paris sans lui donner le temps de changer de chemise. — (Arsène Houssaye, Les Confessions, tome IV : Souvenirs d'un demi-siècle 1830-1880, tome 4, Paris : chez E. Dentu, 1885-1891, chapitre 4)
- Au Tchad, nous changerons nos chevaux de réquisition (qui sont d’insignes rosses) et nos bêtes de somme contre des chameaux pour continuer notre route dans la zone désertique d'Agadem. — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 23)
- Il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. — (Francis Blanche, Les Pensées de Francis Blanche, Le Cherche Midi , 2011)
- (Absolument) Je ne veux pas changer avec lui.
- (Transitif) Remplacer une personne ou une chose par une autre.
- Ce rappel à la réalité quotidienne et aux occupations usuelles change momentanément le cours de mes pensées. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Cet intérieur de célibataire, tout de même, ça manquait de ménage. Cette table de bois nu, jamais lessivée sans doute, et ce papier des murs méritait d’être changé. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Si l'on suit les magazines de mode, la garde-robe de la fashion victim devrait changer toutes les semaines en passant d'un extrême à un autre, du rose au bleu canard qui seront complètement démodés dans un mois. — (Bénédicte Régimont, La very stylish girl, Éditions Open Way, 2005)
- (Transitif) Rendre une personne ou une chose différente de ce qu’elle était, transformer, modifier.
- Toutes les forces sociales se font équilibre, à peu près. Montre-moi un peu ce qu’on pourrait bien changer. La couleur des timbres-poste, peut-être… Et encore !… comme disait le vieux Montessuy. Non, mon ami, à moins de changer les Français, il n’y a rien à changer en France. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 942)
- La tentation d’être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l’exerce ; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société ; la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 235)
- Changer sa manière de vivre.
- On a changé l’ordre.
- Il a changé toute sa maison.
- Cet événement allait changer la face des affaires.
- Rien ne peut changer les lois de la nature.
- Cela ne change rien à mes résolutions.
- (Transitif) (Par hyperbole) Devenir méconnaissable.
- Cet homme est changé, bien changé, changé à ne pas le reconnaître : Il a le visage bien changé, soit par l’âge, soit par la maladie.
- (Sens figuré) Il a changé entièrement de mœurs et de conduite.
- Remplacer des vêtements ou du linge par d’autres.
- Changer d’habit, de chemise, de linge.
- Il avait changé sa cotte de mailles contre une veste de soie pourpre foncé, garnie de fourrures. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- (Par interversion de complément) — Changer quelqu’un, changer le linge qu’il a sur lui.
- Ce malade a assez transpiré, il est temps de le changer.
- Il faut changer la couche du bébé.
- − Envoyez Moan se changer, avait-il [le capitaine] dit. Et Moan, quatre à quatre, était monté se mettre en toilette de ville. — (Pierre Loti, Pêcheur d’Islande, 1886)
- (Transitif) (Sens propre) ou (Sens figuré) Convertir une chose en une autre.
- Il est bien probable que ce scélérat de Lycaon que dans son propre palais Jupiter prit la peine de changer en loup, fut un des premiers et sera toujours le plus célèbre des loups-garous anciens et modernes. — (Louis Du Bois, Recherches archéologiques, historiques, biographiques et littéraires sur la Normandie, Paris : Dumoulin, 1843, page 297)
- N’empêche que c’est essentiel. Accepter ce qu’on ne peut pas changer. Changer ce que l’on peut. Et faire la différence entre les deux. — (Claude Villeneuve, Occupons-nous de ce qu’on peut contrôler, Le Journal de Québec, 9 janvier 2021)
- Il se vantait de pouvoir changer toutes sortes de métaux en or.
- L’eau se change en glace par l’action du froid.
- Mes soupçons se changèrent en certitude.
- (Transitif) Quitter une chose pour une autre.
- Un magnifique paquebot danois, le « Oscar II », couvert de monde, nous rattrapa et changea de route pour passer à proximité de Rockall. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- En général, quand une femme change de coiffure, c’est qu’elle est en train de changer d’homme. — (Claude Lelouch, La Bonne Année, 1973)
- Changer d’appartement, de place, d’air, de pays.
- Changer de nature.
- Changer d’état, de forme.
- (Transitif) (En particulier) Convertir des billets en une somme égale en petite monnaie.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (Finance) Convertir des devises.
- Changer des dollars contre des francs.
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "changer".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
passer
?- Aller d’un lieu à un autre, traverser un espace.
- Le roi Charles IX avait invité à goûter avec lui, en petit comité, Henri de Navarre et le duc de Guise. Puis, la collation terminée, il avait passé avec eux dans sa chambre. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
- Il vente très fort, des goélands passent, emportés par la tempête, et essaient vainement de remonter le vent. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Mais à Château-Landon il était possible de gagner directement La Chapelle-la-Reine sans traverser Nemours, vraisemblablement en passant par Verteau et Maison-Rouge. — (Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1715), Comité des travaux historiques et scientifiques, Imprimerie nationale, 1961, page 137)
- Changer de nature, de qualité, d’état.
- Les habitants des villas et des pavillons environnants passèrent rapidement de la curiosité malveillante à l’agression. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 235 de l’édition de 1921)
- Le changement des conditions objectives de la lutte, qui imposait la nécessité de passer de la grève à l’insurrection, fut ressenti par le prolétariat bien avant que par ses dirigeants. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe (Pravda du 22 janvier 1925), Moscou : Éditions du Progrès, 1966, page 6)
- Ensuite c'est à chacun de voir en quoi cela l'intéresse, le concerne, lui parle. Il n'y a strictement aucune prétention comminatoire du genre : si vous ne passez pas par là, vous êtes fichu. — (Jacqueline Legaut, La psychanalyse, l'air de rien, éd. Eres, 2012)
- Traverser en subissant.
- Cette torture par laquelle vous venez de passer, vous me l'avez fait subir, il y a une heure à peine : il était juste que vous fissiez connaissance avec elle. — (Urbain Olivier, Le manoir du Vieux-Clos, chap. 32, Lausanne : chez Georges Bridel, 1864, page 320)
- Aller chez quelqu’un, visiter, rendre visite.
- Je passerai chez vous ce soir en allant au théâtre.
- Je passerai par chez vous,
- Mourir ; expirer.
- — Vous le trouverez mort peut-être : il peut passer comme un poulet. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Duchignon, Saute-Cadet va passer, Tulupin est à la mort... Cours chercher un médecin... je veux un médecin.. pour mes chiens ou je me jette par la fenêtre... — (Eugène Sue, M. Duchignon, ou la religion! la famille! la propriété!: scènes socialistes, dans Les Veillées du Peuple, n° 2, mars 1850, page 84)
- Voilà un pauvre diable bien avarié, pourvu qu’avant de passer il puisse me dire quels sont ceux qui l’ont mis dans cet état. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
- La Bonne-Sœur avec un air de componction dit qu’« elle venait de passer ». En même temps, le glas de Saint-Léonard redoublait. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1877)
- Ce fut un peu avant Pâques que le père Corbier mourut. Un soir, au moment de se coucher, il se sentit malade ; tout de suite il perdit connaissance et le lendemain matin, au chant du coq, il passa. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
- Traverser l’esprit.
- Et ce que la cité contient de plus augusteEn figures de banque, avec leur front plissé,Où l’on voit que la veille un total a passé. — (Casimir Delavigne, Les Enfants d’Édouard, acte I, scène 5)
- Être examiné ; être évalué ; être jugé.
- Deux jours après, je passai devant le conseil de guerre, qui, après plaidoirie d’un avoué allemand, me condamna à mort pour espionnage. — (Jacques Mortane, Missions spéciales, 1933, page 31)
- 29 juillet 1940 – Le doyen a refusé. Du fond de ses soixante-dix années, que représente pour lui une année de jeunesse ? Pffuitt… « Vous passerez l’année prochaine, mademoiselle, il y a des choses plus graves ! » Vous aussi, vous passerez, monsieur le Doyen, et je vous souhaite de trouver qu’il y a des choses plus graves ! — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 51)
- Être élu ; être voté.
- C'était une élection toute politique. M. d'Haussonville passa au premier tour de scrutin, au nez et à la barbe du parti impérialiste, qui n'avait trouvé personne à lui opposer. — (Léon Séché, Le Cénacle de Joseph Delorme : 1827-1830: Victor Hugo et les poètes, Ligaran, 2015)
- La loi a passé.
- Être reçu, être admis à un emploi, un grade, à un examen, un test, un cours.
- Il est passé sous-chef.
- Il a passé capitaine.
- Les questions étaient difficiles, je ne suis pas certain de passer.
- Être reçu par l’usage ; avoir cours.
- Végétaux n'ayant ni stémones, ni carpelles proprement dits, et, par suite, sans embryons, sans cotylédons. On continuera à les appeler cryptogames, nom donné par Linné, qui n'est pas rigoureusement exact ; mais qui est passé dans l'usage. — (Docteur Écorchard, Synopsis de la Flore des environs de Paris et des départements maritimes du nord-ouest et du sud-ouest de la France, Paris : La Maison rustique, 1878)
- Cette monnaie ne passe plus.
- Cette chose a passé, est passée en proverbe, en usage, en coutume, en force de loi, en force de chose jugée.
- S’introduire ou se glisser, en parlant des choses.
- Ce mot a passé dans notre langue, est passé de l’italien dans le français. — Une glose qui a passé dans le texte.
- (Transitif) Enfiler sur le corps, en parlant d'un vêtement.
- Préviens ta femme de ton arrivée. Ça me laissera le temps de passer tranquillement mon froc et de ne pas enfiler, dans la précipitation, mon slip à l'envers. — (Florentino Dos Santos, Les Cocus : Ces innocentes victimes des feux de l'amour… charnel, Éditions Le Manuscrit, 2003, page 58)
- — Et il n’est pas question que vous dormiez avec moi, répliqua Margie depuis le dressing, où elle passait sa chemise de nuit. — (Maureen Child, Un parfum de mensonge, traduit de l'anglais, Éditions Harlequin, 2009, chapitre 4)
- Être supportable.
- Et ce n'était plus tant ce qu'il considérait comme des élucubrations qui l'énervaient, mais qu'elle jouât la carte de la tendresse pour tenter de le ramener à de meilleurs sentiments, ça ne passait pas. Elle ne tarderait pas à s'en apercevoir... — (Jean-Claude Lanoizelez, Un soir en hiver, Éditions Publibook, 2016, page 151)
- Ce vin n’est pas mauvais, il peut passer. — Le devoir de cet élève n’est pas très bon, mais il peut passer.
- Faire la transition d’un point ou d’une matière à l’autre.
- Agustina accoucha seule au-delà des faubourgs de Cádiz, Andalucía, berceau de ce mythe, près du cap de Trafalgar où cet hijo de puta de Nelson mit la pâtée à la flotte franco-espagnole — ce qui n'a rien à voir avec notre histoire, passons. — (François Coupry, L'œil du gitan: roman, Éditions du Rocher, 2000, page 10)
- Passons au second point.
- Passons à autre chose, à d’autres choses.
- (Jeux) Dans divers jeux de cartes ou de plateau, ne rien faire lorsque son tour vient.
- — C’est à ton tour.— Je passe.
- Déborder la place où elles devraient être, en parlant des parties de vêtements.
- Sa jupe passe sous son manteau.
- Changer de main ; transmettre de l’un à l’autre, en parlant des choses.
- […]; ils ne payaient point tribut à la Norwège, dont ils étaient autrefois sujets, […]. En 1814, les îles Féroë passèrent au Danemark. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 36)
- Sa place, son emploi doit passer à son fils.
- Ces titres, ces manuscrits passèrent en des mains étrangères.
- Être facile à manger, à digérer.
- Cette viande passe facilement.
- Son dîner ne passait pas.
- S’écouler, ne pas demeurer dans un état permanent.
- Car autant il aimait passer son temps devant l'écran, autant il avait horreur de devoir se pencher sur des bouquins, tout spécialement sur la « grosse brique » censée lui révéler tous les secrets des systèmes d'exploitation. — (Jacques Dessaucy, La fille du pape, Éditions Saint Honoré, 2014, page 86)
- La solution se trouve dans les jardins disséminés çà et là. Beaucoup d’habitants y passent une partie de la journée, devisant joyeusement de parcelle à parcelle en plantant des salades. — (Michel Eltchaninoff, « Carnet de la drôle de guerre », dans la newsletter du 21/03/220 de Philosophie Magazine)
- Les jours, les années passent.
- Finir, cesser.
- Il est en colère, mais cela passera.
- Cela fait passer le rhume, la migraine.
- (Théâtre) Être joué.
- Sa pièce passera cet hiver.
- Tu sais quel film passe ce soir ?
- (Éducation, Jeux vidéo) Monter un niveau, après avoir terminé le précédent.
- (Sens figuré) Faire une transition.
- [Titre] En Pologne, l’avenir de Katowice ne passe plus par le charbon — (Jakub Iwaniuk, En Pologne, l’avenir de Katowice ne passe plus par le charbon, Le Monde. Mis en ligne le 3 décembre 2018)
- (Transitif) Traverser.
- Pour entrer dans le royaume de Hilperik sans changer de direction, il devait passer la Seine un peu au-dessus de son confluent avec l’Aube, dans un lieu nommé alors les Douze Ponts, et aujourd’hui Pont-sur-Seine. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - Union Générale d’Édition, 1965)
- Il poussa la jument au galop. Elle franchit l’angle de plaine, passa le fossé, et devant la lisière hésita, ne voyant aucune sente où s’introduire. — (Robert Marteau, Des chevaux parmi les arbres, Champ Vallon, 1992, page 42)
- Le franchissement du col du Lautaret avait nécessité l'usage des chaînes à partir de Villar d'Arène et nous avions passé le sommet entre deux hauts murs de neige. — (Robert Falize, L'Ombre et la lumière, Editions Publibook, 2006, page 354)
- (Transitif) Transporter d’un lieu à un autre.
- Voulez-vous me passer dans votre bateau ?
- Le batelier a passé le passager.
- Voilà Jacques qui revient ; il revient tard ; il avait bu et joué jusqu’à dix heures ; il s’était fait passer à la pointe de Carnouf. Son oncle l’entend héler, va le chercher sur la grève des marais, et le passe sans rien dire. — (Honoré de Balzac, Un drame au bord de la mer, 1834, réédition Gallimard, Folio, page 95)
- (Transitif) Faire traverser.
- Passez les bras dans les manches de votre manteau.
- Il lui a passé son épée au travers du corps.
- (Transitif) Tamiser, filtrer.
- Passer le café dans un filtre.
- Passer du bouillon à travers une étamine.
- (Transitif) (Vieilli) Tamiser, en parlant de substances en poudre ou en grains.
- Passer de la farine au tamis, dans un tamis, au bluteau.
- (Transitif) (Médecine) Excréter.
- Passer un calcul, des pierres.
- (Transitif) Transmettre, communiquer.
- Passez-moi ce livre.
- Il m’a passé son rhume.
- N'ayez jamais de créanciers ; faites, si vous voulez, semblant d'en avoir, c'est tout ce que je puis vous passer. — (Charles Baudelaire, Conseils aux jeunes littérateurs, 1846 ; réédition Gallimard, collection Folio, page 86)
- (Commerce) Transmettre la propriété d’un billet, une lettre de change, à l’ordre de quelqu’un, par un endossement.
- (Transitif) Vendre, en parlant d’objets.
- Il m’a passé cette étoffe à un prix modéré.
- (Transitif) Aller au-delà ; excéder ; dépasser.
- En effet, si les armées des rois mérovingiens étaient d’ordinaire sans discipline, celle-là passait en turbulence farouche tout ce qu’on avait vu depuis l’époque des grandes invasions. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - Union Générale d’Édition, 1965)
- — Je crois, en effet, que le comte Longin passe en noblesse, en opulence et en beauté tous les citoyens de cette ville. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 52)
- Renaud, qui passe quatorze ans, ne songe qu’à monter et démonter des moteurs.— (Colette, Le veilleur, dans La maison de Claudine, Hachette, 1922, réédition Livre de Poche, 1960, page 144)
- Dès qu’il apparaît dans l’école, elle le prend, elle le rhabille, car toujours ses souliers sont dénoués, ses chaussettes tombent et sa chemise passe. — (Léon Frapié, La bonne visite, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 36)
- Être au-dessus des forces du corps ou des facultés de l’esprit.
- Cela passe la portée de l’esprit humain.
- Cela passe toute imagination.
- [...] et à concevoir des desseins qui passent leurs forces. — (René Descartes, Discours de la méthode, 1re partie)
- Devancer.
- Ce lévrier passe tous les autres à la course.
- Surmonter en mérite, valoir mieux, de quelque manière que ce soit.
- Homère et Virgile ont passé de bien loin tous les autres poètes épiques.
- Il passe tous ses rivaux.
- Faire mouvoir, faire glisser une chose sur une autre.
- Il leur suffisait […] de passer la main sur le dos d’une vache pour que le lait tournât en urine. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Rabalan)
- Passer l’éponge sur une table pour l’essuyer.
- Passer la plume, un trait de plume sur quelques lignes d’un écrit, pour les rayer, pour les biffer.
- (Transitif) Exposer ; soumettre à l’action de.
- Un matin, elle assista à une scène qui la bouleversa. Un patient attendait son tour afin de passer une radio. Assis sur un chariot, il lisait un policier de la collection le Masque. — (Louis Nucéra, Le kiosque à musique, éditions Grasset, 1984)
- Passer du papier au feu pour le faire sécher.
- Passer un meuble à l’encaustique.
- (Transitif) (Cuisine) Faire cuire plus ou moins rapidement.
- Passez au beurre et laissez cuire dans son jus, et à très-petit feu, la rouelle lardée de gros lard ; servez-la ensuite dedans, après l’avoir dégraissée. — (M. Cardelli, Nouveau Manuel complet du cuisinier et de la cuisinière, éditions Encyclopédie-Roret, 1842)
- (Transitif) Toucher, mentionner.
- Il a passé cela délicatement, adroitement, légèrement.
- (Transitif) Omettre quelque chose, ou ne pas en parler.
- Vous avez passé deux mots dans votre copie.
- Passer un fait sous silence.
- Passez cela, on le sait.
- (Transitif) Accorder, pardonner, consentir.
- Il faut que vous me passiez encore cela.
- Je vous passe cette sottise.
- Ce public ne me passe rien… — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Résigné à lui passer autant de fantaisies qu'à un enfant, Schmidt s'installa stoïquement dans un fauteuil, après avoir pris soin du moins de choisir le plus confortable. — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 88)
- Un artiste a plus de droits qu’un autre, tout le monde sait ça. On lui passe plus de choses. — (Albert Camus, La Peste, Éditions Gallimard, 1947)
- Durant ces dernières semaines vécues auprès de maman épanouie, apaisée et qui me passait tout, et qui se donnait du mal pour me faire manger des écrevisses et des cèpes, je puis convenir avec moi-même que je n’ai été séparé de la mort que par ma maladresse. — (François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 248)
- (Transitif) Faire par-devant notaire, en parlant des actes.
- Passer un contrat, une procuration, une transaction, un compromis, etc.
- Cela fut fait et passé par-devant notaire.
- (Transitif) (Comptabilité) Enregistrer.
- Passer une somme en compte.
- Passer un article en dépense.
- (Transitif) Transférer d’un registre ou d’un chapitre à un autre.
- Passez ceci aux profits et pertes, par profits et pertes.
- (Transitif) Consumer, employer, en parlant du temps.
- L'envie nous a pris de passer la soirée et la nuit dans un château.— (Milan Kundera, La Lenteur, 1995 - Éditions Gallimard, 1998, page 9 ISBN 2070402738)
- Passer le temps. - Passer une année, un mois, un jour, une heure. - Nous avons passé ce jour bien agréablement. - Il a passé l’été à la campagne.
- (Transitif) Transférer au téléphone ; mettre en relation.
- Passez-moi un responsable, c’est inadmissible !
- (Transitif) Ne pas échouer une année scolaire, un examen.
- Martin a fait de gros efforts et a réussi à passer son secondaire IV.
- (Pronominal) S’écouler, en parlant du temps.
- Quelques jours se passèrent pendant lesquels la neige des vallées fondit insensiblement ; le vert des forêts poignit comme l’herbe nouvelle, la nature norvégienne fit les apprêts de sa parure pour les noces d’un jour. — (Honoré de Balzac, Séraphîta, 1835, chapitre cinquième)
- (Pronominal) (Familier) Se terminer.
- Mon mal de tête se passe.
- (Transitude) Dans le cas d'une personne trans, avoir du passing, être perçu aux yeux des autres comme une personne cis.
- Ce qui nous rassemble c’est nos identités de trans et nos objectifs politiques féministes que l’on soit opéré, hormoné, et que l'on passe ou pas. — (Trans Terriblement Féministes, « T.T.F... t'étais F ? », dans Transistor, décembre 2009, vol. 1 [texte intégral])
-
vérifier
?- Examiner, rechercher si une chose est vraie, si elle est telle qu’elle doit être ou qu’on l’a déclarée.
- Vérifiez certains points de détail. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 13 août 2022, page 36)
- A plat ventre, près de la rampe, l'électricien vérifiait les ampoules sans s'occuper de la vedette. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Elle vérifia que la mentonnière maintenait bien la mâchoire. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 121)
- Les bancs d’essai automatiques de dosage des protéines dans les céréales seront vérifiés globalement à l'aide de farines de référence. — (L’audit de la métrologie dans le cadre des certifications de systèmes de management, Collège Français de Métrologie & Lexitis Éditions, 2014, page 10)
- Gorbatchev y affirme bien que l'élargissement de l' OTAN constituerait une trahison de ce qu'était selon lui «l'esprit» des discussions de l'époque, mais réaffirme qu'aucun engagement formel n'avait été pris. Les Russes continuent d'affirmer que les Occidentaux auraient néanmoins offert des garanties informelles. Une théorie qui a l'avantage d'être par nature impossible à vérifier. — (Elie Guckert, Cette promesse de l'OTAN à la Russie qui n'a jamais existé, 14 décembre 2021 → lire en ligne)
- Dans l’ancienne législation, enregistrer un édit.
- Vérifier un édit en parlement.
- Faire voir la vérité ou l’exactitude d’une chose, d’une proposition ou d’une assertion ; les confirmer.
- Ces photographies étaient cependant fort intéressantes : elles vérifiaient ce que la méthode graphique m’avait fait saisir relativement au mécanisme du vol, […]. — (Étienne-Jules Marey, Le Fusil photographique, dans La Nature - Revue des sciences, page 326, 1882)
- Dans le deuxième cas, montrer que le mouvement est uniformément accéléré en vérifiant que la vitesse varie linéairement avec le temps (v = at + b) ou, ce qui est équivalent, en vérifiant que les intervalles entre les points forment une progression arithmétique de raison r = a(Δt)2. — (Roger Duffait, Expériences de physique: CAPES de sciences physiques, Éditions Bréal, 2e éd., 1996, p. 213)
- Si vous voulez mon avis, Œdipe et tout ça, c'est des conneries. Et Freud est un malin et un sacré branleur parce que toutes ses théories reposent sur des suppositions et qu'on ne pourra jamais rien vérifier. — (Olivier Martinelli, Une Légende, E-fractions éditions, 2014, chap. 15)
- L’évènement a vérifié votre prédiction.
- Matignon pourra souligner qu’il n’est pas question, dans son projet de loi, de « contrôler », mais de « vérifier », et que l’on vérifie déjà l’identité des citoyens souhaitant payer par chèque, entrer dans un casino ou voir un film interdit aux moins de 16 ans. — (Henri Seckel;, «Passe vaccinal : les contours flous d’un contrôle d’identité inédit», LeMonde , 27 décembre 2021)
-
recommencer
?- Commencer de nouveau à faire ce qu’on a déjà fait, commencer deux fois quelque chose.
- Il paraît, nous a-t-on dit un jour, qu'il existe à Châteauneuf-le-Rouge un labyrinthe de buis si vaste que le jardinier a besoin de l'année entière pour le tailler : il commence à un bout, et, lorsqu'il arrive à la fin du tracé, recommence un nouveau circuit et une nouvelle année. — (Michel Racine & Françoise Binet, Jardins de Provence, Édisud, 1987, p. 132)
- (Intransitif) — Le bavardage continue incessant et ne prendra fin que lorsque sonnera l'heure du repas : il faudra alors à regret rentrer chez soi, mais on recommencera le lendemain et toujours on trouvera matière à commérages ! — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895, éd.1923)
- (Transitif) — Il recommence son travail qui était mal fait.
- (Impersonnel) — Il recommence à pleuvoir, à faire froid.
- L’amitié de Mlle de Gournay et de Montaigne ne peut-elle se recommencer ? — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- (Manège) Remettre un cheval aux premières leçons.
- Il est des chevaux qui oublient et qui se démentent, il faut les recommencer.
-
pardonner
?- Accorder le pardon d’une faute commise, ne garder aucun ressentiment d’une injure reçue. — Note d’usage : En ce sens il a toujours le nom de la chose pour complément direct et le nom de la personne pour complément indirect avec la préposition.
- Je lui pardonne de bon cœur tout le mal qu’il m’a fait.
- Je vous pardonne pour cette fois, mais n’y revenez plus.
- J'imagine que, tout au long de leurs amours intermittentes, toujours traversées et toujours renaissantes, Romain et Meg, puis Romain et Margault avaient eu, l'un et l'autre, chacun de son côté, beaucoup à se pardonner et à se faire pardonner. — (Jean d'Ormesson, Voyez comme on danse, éd. Robert Laffont, 2001)
- « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font », telles sont les paroles du Christ condamné à mourir injustement. — (Jean Proulx, Grandir en humanité, Fides, 2018, page 140)
- Excuser, supporter, tolérer.
- C’est une insolence qui ne peut se pardonner.
- Pardonnez mes craintes, mes soupçons, mon oubli.
- Je ne me pardonnerai jamais la faute que j’ai commise, la sottise que j’ai faite.
- Je ne me pardonne pas de m’être fié à ce malhonnête homme.
- Dans l’amitié, dans le commerce de la vie, il faut se pardonner mutuellement beaucoup de choses.
- Voir sans chagrin, sans dépit, sans jalousie.
- Elle lui pardonna une légèreté d'esprit, dont, après tout, elle n'avait jamais souffert : quand les défauts des autres ne nous nuisent pas, il est rare qu'ils nous choquent beaucoup. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- On lui pardonne ses succès à cause de sa modestie.
- Cette femme a bien de la peine à pardonner aux autres leur beauté.
- (Désuet) Avec la préposition à.
- Pardonnez à ma franchise, à mon amitié les reproches que je vous fais.
- Je pardonne cela à l’état où vous êtes.
- S’emploie souvent comme un terme de civilité.
- Pardonnez-moi/Pardonnez si je vous contredis.
- Pardonnez-moi la liberté que je prends.
- Vous me pardonnerez de vous dire que l’affaire ne se passa pas de la sorte. Note : Dans cette acception, on dit quelquefois simplement, et sans rien ajouter, Pardonnez-moi, vous me pardonnerez pour exprimer avec politesse qu’on n’est pas d’accord de ce qu’un autre dit.
- Excepter, épargner. — Note d’usage : En ce sens, il ne s’emploie guère qu’avec la particule négative.
- On dit encore que, profondément atteint, sous la rongeure d'un mal qui ne pardonne pas, Abd-ul-Hamid est préoccupé de sa succession. — (Victor Bérard, Le sultan, l'islam et les puissances, page 62, Armand Colin, 1907)
- La phalloïde ne pardonne pas, la panthère non plus. Pour la fausse oronge, elle est toxique ; elle tue les mouches, dit-on ; pourtant dans les pays du nord, les gens en usent pour donner de beaux rêves. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- La mort ne pardonne à personne.
- Le temps ne pardonne à aucune chose.
- Cette maladie ne pardonne point, on y succombe tôt ou tard.
- (Intransitif) Faire grâce.
- C'était à qui danserait, jouerait ou chanterait avec le plus d’entrain. Les casseux-de-veillée comme moi n'étaient pas populaires. Mais comme j'étais "nouveau", on me pardonnait. — (Jean-Claude Castex, Rivière-Rouge, Vancouver : Éditions P.O., 2015, page 296)
- Cet écolier avait mérité une punition, son maître lui a pardonné.
-
baie
?- L’espagnol bahía, le portugais baía sont attestés bien plus tardivement que le mot français, au quinzième siècle.
- Le bas latin baia (« port ») que l’on trouve chez Isidore de Séville, est sans doute le nom du port de Baiae en Campanie, qu’Isidore aurait pris pour un nom commun, il est sans descendance en latin médiéval.
- L’ancien frison *baga (« courbe ») reste tout à fait hypothétique et aurait dû pénétrer en France par l’intermédiaire de l’ancien bas français, or, il n’a laissé aucune trace en latin médiéval.
- Metzeltin a proposé comme étymon le latin abbatia (« abbaye »), qui aurait désigné d’abord Noirmoutier et la baie de Bourgneuf, lieu célèbre à la fois pour son abbaye et pour ses salines ; la forme s’expliquerait par une séparation erronée de l’article, l’abaie étant devenue la baie. Aucune forme française ne confirme cette hypothèse → voir badia en italien.
- L’hypothèse la plus satisfaisante serait celle proposée d’abord par Diez : baie est le déverbal de l’ancien français baer, beer (« être ouvert, béer ») → voir baie, une baie étant une côte formant comme une bouche ouverte, une embouchure sur la mer. La Baie de Bourgneuf, connue pour ses salines, aurait été contaminée par le moyen français baee (« grenier à sel, saline ») de même origine. L’occitan baia et l’espagnol bahía seraient, comme l’anglais bay, des emprunts au français, le portugais baía et l’italien baia étant empruntés à l’espagnol. Le catalan badia a pour radical badiu (« ouvert, béant »).
-
brouter
?- (Sens littéral) Paître, manger les bourgeons, les pousses et les feuilles des arbres.
- La Girafe dans son pays natal, broute la sommité des arbres, préférant les plantes de la famille des mimosa qui y abondent. — (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Quelques Considérations sur la Girafe, 1827)
- La silva proche des habitats fut totalement modifiée par l'action de l'homme qui traçait ses sentiers, taillait des arbres, bûcheronnait, pendant que ses bêtes broutaient les feuilles et les jeunes pousses. — (Martine Chalvet, Une histoire de la forêt, Éditions du Seuil, 2011)
- (Par extension) Paître l’herbe, pacager.
- Je sais que jamais un vrai grand homme n’a pensé qu’il fût grand homme, et que, quand on broute sa gloire en herbe de son vivant, on ne la récolte pas en épis après sa mort. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, réédition Folio, page 200)
- Dans la prairie, les vaches lentement avançaient, broutant devant elles sans hâte et sans trêve. — (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- L’animal était certainement occupé à brouter de la laîche, cette herbe qui pousse au bord de l’eau, ou à grignoter quelque racine de nénuphar. — (Michelle Paver, Chroniques des temps obscurs, volume 4 : Le banni, Hachette Jeunesse, 2008, chapitre 17)
- Ses moutons broutaient dans mon pré.
- L’endroit où les moutons ont brouté.
- La chèvre peut brouter quatre à cinq heures de suite.
- (Proverbial) Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute, on doit se résoudre à vivre dans l’état où l’on se trouve engagé, dans le lieu où l’on est établi.
- (Par analogie)
- Par une entaille dans le talus, un troupeau coulait comme du lait sale et paraissait brouter le sable. — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
- Fonctionner de façon saccadée et irrégulière.
- (Intransitif) (Sens figuré) Sautiller en parlant de la scie ou du rabot.
- (Intransitif) (Par extension) Avancer en sautillant en parlant d’un véhicule à moteur.
-
permet
?- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de permettre.
- Cette panoplie de données objectives et quantifiées permet de dépasser largement l’approche intuitive, pifométrique et incertaine qui reste la plus souvent celle de la psychologie historique. — (Emmanuel Todd, Le Fou et le Prolétaire, 1979, réédition revue et augmentée, Paris : Le Livre de Poche, 1980, page 50)
-
deviner
?- Prédire ce qui doit arriver, découvrir, par des sortilèges, ce qui est caché.
- Il prétendait deviner où était caché le trésor.
- L’art de deviner est une chimère.
- Parvenir à connaître, à découvrir par voie de conjecture.
- Au fracas grinçant des roues, se devinait le cheminement des camions. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 41)
- Une expression matoise parcourut le visage de l’homme aux lunettes noires sans qu’il me fût possible d’en deviner la cause. — (Francis Carco, Les Hommes en cage, Éditions Albin Michel, Paris, 1936, page 79)
- Depuis leur retour à Paris, Jim devinait et flairait dans l'air une espèce de coalition redoutable, dirigée de toute évidence contre eux. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Il ne devinait pas encore combien l'âme de la jeune fille, déjà, lui appartenait. Il habitait chaque seconde de ses heures, chaque rêve de ses nuits. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l'Amour et de la Mort, 1940)
- On ne sait pas qui elle est ; nul ne peut se douter qu’elle a des diplômes, ni qu’elle est issue d’une famille bourgeoise. Et voilà son bien le plus cher : elle ne sera devinée par personne. — (Léon Frapié, La conquête de Rose, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 8)
- Tandis que Louis Fronsac se faisait secouer comme un bouchon dans un torrent sur les chemins de France, Gaston de Tilly tentait de deviner comment des voleurs avaient pu pénétrer dans la nonciature. — (Jean d'Aillon, La conjecture de Fermat, éd. J.-C. Lattès, 2006, chapitre 14)
- (Par extension) Trouver le mot, la solution, en parlant d'une énigme, d'un logogriphe, d'une charade
- Il n’y a là rien à deviner, c’est une chose claire par elle-même.
- Je vous le donne à deviner en dix, en cent, se dit en parlant d’une chose dont on suppose que celui à qui l’on parle ne se douterait jamais.
- Vous devinez le reste.
- Comprendre la personnalité, les pensées, les intentions ou les desseins de quelqu'un
- Fouché, dans ses Mémoires, avoue que ses plans ne réussirent pas; Talleyrand fut plus heureux, il contribua grandement à la restauration des Bourbons ; mais tous deux jouèrent gros jeu en conspirant contre un homme tel que Napoléon , qui les devina, et qui fut tenté plus d'une fois de les faire tout simplement fusiller. — (François-Cécile Drujon de Beaulieu, Napoléon jugé par l'histoire, ou précis historique et critique de la vie de cet empereur, Paris : chez Maison, 1844, page 133)
- Il se rappela la fille Desroches et son cousin, qui avaient convenu, lorsqu’ils ne seraient pas seuls et s’embrasseraient en pensée, de porter leur main droite à leur front ; mais une amie les avait devinés et toutes les apprenties se poussaient du coude, quand Berthe saluait l’amour de son salut militaire. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 99)
- Distinguer, voir, confusément par la vue.
- Dans la pénombre des couchettes où dorment les matelots, on devine une photo de famille et une niche remplie de bondieuseries. — (Jacky Durand, La nuit où le hareng sort, dans Libération (journal) du 29 novembre 2010, pages 30-31)
-
curiosité
?- Passion, désir, empressement de voir, d’apprendre des choses nouvelles, intéressantes, rares, etc.
- Il y a tantôt soixante-sept ans que les ballons sillonnent l'espace, et cependant, à chaque ascension, une sorte de curiosité inquiète rassemble autour de l'aérostat une foule aussi nombreuse que si c'était la première fois que ce spectacle fût donné aux hommes. — (Julien Turgan, Les Ballons: histoire de la locomotion aérienne, 1851, préface, page II)
- La volonté humaine sera complètement annihilée. Plus de crimes, plus de vertus, plus de physionomies, plus d’originalités. Il deviendra impossible de distinguer un Russe d’un Espagnol, un Anglais d’un Chinois, un Français d’un Américain. L’on ne pourra plus même se reconnaître entre soi, car tout le monde sera pareil. Alors un immense ennui s’emparera de l’univers, et le suicide décimera la population du globe, car le principal mobile de la vie sera éteint : la curiosité. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
- Tout ce qui existe de documents, sa piété fureteuse, sa curiosité passionnée l'ont rassemblé. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
- Les avironneurs de tous âges et représentant plus de dix nationalités ont ainsi éveillé la curiosité des badauds aux abords de l’île Saint-Louis, ou surpris les passagers du métro aérien. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 5 septembre 2022, page 2)
- Le garde-chiourme parlait à une voisine. Son képi à visière carrée, son ceinturon, son dolman noir et son pantalon bleu, à passepoil jonquille, provoquaient dans la rue une grandissante curiosité. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 169)
- Quand on a une relation objective avec l’Antiquité romaine, les timbres-poste ou le football, on ne se demande pas si cela doit apporter plaisir ou avantage à qui que ce soit ; on aime, c’est tout. Pour Husserl, la curiosité est un des trois instincts fondamentaux, avec l’instinct de conservation et l’instinct grégaire. — (Paul Veyne, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas. Souvenirs, Albin Michel, 2014, page 37 note 1)
- (En particulier) Grande envie, trop grand empressement de savoir les secrets, les affaires d’autrui.
- […] ; et M. Duménil l'accompagnant jusqu'à son carosse, satisfit sa curiosité, en l'instruisant du sort de son élève. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- Il déroulait les curiosités, dépistait les espionnages, se servant de ses amis, sans qu'ils se doutassent du rôle qu'il leur faisait jouer. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
- Le vêtement renfermait des papiers dans la doublure. Mais, quelle que fût sa curiosité, l’obscurité était trop profonde pour qu’il les sortît de leur cachette et les examinât. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 98 de l’édition de 1921)
- Goût qui porte à rechercher les objets curieux, rares, nouveaux, etc.
- Objets de curiosité.
- Donner dans la curiosité.
- (Surtout au pluriel) Chose rare ou curieuse.
- Il entra chez le marchand de curiosités d’un air dégagé, laissant voir sur ses lèvres un sourire fixe comme celui d’un ivrogne. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831)
- Au reste, les gens qui vont en Espagne pour acheter des curiosités sont fort désappointés : pas une arme précieuse, pas une édition rare, pas un manuscrit, rien. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
- Le maïs fut d'abord cultivé en Europe comme une curiosité, mais fut très vite reconnu comme culture valable.— (Patrick Allain et Joaquim Galarza, Glyphes de plantes de la vie quotidienne des Aztèques dans le Codex Mendoza (XVIe siècle) publié dans Les Cahiers d'Outre-Mer, 1992)
- Pour le moment j'ai l'impression d'être une créature de foire, une curiosité pour hétéros paumés, pour homos refoulés, qui ont envie de se cogner un transgenre... une fiotte. — (Jérémy Bouquin, Sois belle et t'es toi !, Éditions Lajouanie, 2016, chapitre 8)
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attendais
?- Première personne du singulier de l’imparfait de attendre.
- Quand il m’a agriché sur la pelouse à Auteuil alors que j’étais en train d’essayer de lui faire son porte-pèze, je m’attendais pas à ce que j’aurais à travailler pour son compte. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Le Jockey masqué, 1913, chapitre XII)
- Deuxième personne du singulier de l’imparfait de attendre.
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réinitialiser
?- (Informatique) Remettre un système informatique ou une application dans son état initial.
- Mais m’sieur, wèche ! J'en ai encore pour dix minutes, le temps de réinitialiser la plateforme et tout quoi. Allez à pied, ce sera plus rapide ! — (Alick, Passions défendues, Montluçon : chez Rebelle Éditions, 2013, chap.13)
-
exister
?- Être actuellement, ne pas être imaginé mais avoir une réalité.
- Il y a donc eu certainement une époque où ce que nous voyons maintenant autour de nous n’existait pas. Qui l'a donc fait ? Qui ? si ce n'est l’Être Suprême. — (Chanoine Kir, Le problème religieux à la portée de tout le monde, Paris : imp. des Orphelins d'Auteuil, 1923, réédition 1950, page 47)
- Tous les objets avaient la force et la volonté de s’affirmer qu’on remarque dans le trompe-l’œil de certaines chromos. Ils disaient à la mer : Nous existons. Je ne suis qu’une carafe de série, semblable à tant d’autres, mais, même au milieu de la mer, au-dessus du gouffre de Romanche, j’existe, j’existe, j’existe. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, réédition Folio, page 149)
- […] : l’Atlantide. Que cette contrée ait existé, cela est hors de doute. Mais il paraît certain qu'elle avait déjà disparu, bien avant l'apparition de l’homme sur la terre, […]. — (René Thévenin & Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., page 15)
- Sartre a raison : exister, c’est d’abord être de trop, absolument pas nécessaire, gratuit et absurde… — (Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou l'École du soir, 1970, réédition Folio, 1972, page 98)
- Être, se trouver ou avoir lieu actuellement.
- Des communications fréquentes, sinon continues, existaient à l’Éocène entre les contrées du Sud de l’Europe et le continent africain. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 55)
- Pour accuser avec une telle assurance, il fallait qu’existât la preuve indéniable de la félonie de François. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
- Dans les vallées de la Meuse et de la Chiers, il existe également de belles prairies qui sont souvent d'une étendue immense. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 100)
- Il existe en France huit stations de radiosondage, dont la plus importante est celle de l'Observatoire Teisserenc de Bort, à Trappes, à 30 kilomètres de Paris. — (Pierre Rousseau, La Terre, ma Patrie, collection "Savoir', librairie Arthème Fayard, 1947, page 341)
- Vivre.
- Vous n’existiez pas encore à cette époque.
- Quand j’aurai cessé d’exister.
- (Sens figuré) (Avec la négation : ne pas exister, au sens figuré) Ne pas avoir l’importance qu’on pense.
- Sans les peaux des agneaux tués chaque été, les ganteries de Millau n’existeraient pas. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- (Philosophie) Être au monde sous une forme neutre et matérielle.
- Exister, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire être dehors, sistere ex. Ce qui est l’extérieur existe. Ce qui est à l’intérieur n’existe pas. […] C’est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n’ex-siste pas in-siste. Insiste pour exister. — (Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967)
- Elle [la douleur] n'existe pas, puisqu'elle n'a rien de trop : c'est tout le reste qui est de trop par rapport à elle. Elle est. — (Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938)
- Exister, c'est devenir dans l'espace et dans le temps. — (Etienne Klein, D'où vient l'efficacité des mathématiques en physique?, 2016 → lire en ligne)
-
communiquer
?- Rendre commun à, faire part de, transmettre.
- Il est de fait que le mercure sur lequel on fait bouillir de l’eau, communique à ce liquide la vertu la plus vermifuge. — (Jean-Antoine Chaptal, Élémens de chimie, volume 2, page 373, Deterville à Paris, 2e édition, an III, (1794 ou 1795))
- La flamme se communiqua aussitôt de la mèche au papier, qui en un instant fut consumé. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II)
- Une petite quantité de farine de seigle, mêlée à la farine de blé, lui communique une saveur agréable. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 117)
- Suivant les renseignements officiels qui m’ont été communiqués, la population de Reykjavik est actuellement de 2,600 habitants, ce qui est déjà bien respectable pour la capitale d'un pays qui ne compte que 70,000 âmes; […] — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 49)
- (Sens figuré) Transmettre.
- Le tannin, qui vient de la rafle, des pépins et des pellicules donne de l’âpreté ; […]. Les acides communiquent de la verdeur. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 136)
- À l’en croire, c’était lui qui dansait, qui levait la jambe, qui se dandinait, tellement il se donnait de mal pour communiquer à ces merveilleuses mais stupides créatures un peu du feu sacré dont il les prétendait dépourvues. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Ce qu’on appelait la seconde flotte traversait l’Océan Pacifique, communiquant par la télégraphie sans fil avec la station asiatique et avec San Francisco. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 175 de l’édition de 1921)
- Et ce qu’il y a de certain, c’est que l’Esprit que nous venons de voir chez les idolâtres pythoniser la statue, la matière inerte et l’animal, c’est-à-dire les médiums de pierre, de bois ou de chair vive, communique à chacun d’eux une partie de ses propres facultés, sa vie, son intelligence, sa science et son mouvement au sein de l’air, où il règne en prince; principes aeris hujus[…] — (Roger Gougenot des Mousseaux, Les hauts phénomènes de la magie, 1864)
- Faire connaître.
- L'intérêt des phénomènes d’embâcle qui peuvent être divulgués sans inconvénient, nous incite à les communiquer sans tarder. — (M. F. Kaisin jr, « Réflexions sur les phénomènes de chevauchement, à propos de l'embâcle de la Meuse en 1940 », dans les Annales de la Société scientifique de Bruxelles, vol. 60, 1940, p. 8)
- Des renseignements fort exacts m’ont été communiqués.
- Quand ils se furent communiqué leurs réflexions.
- Les ambassadeurs se communiquèrent respectivement leurs pouvoirs.
- (Pronominal) (Vieilli) Entrer facilement en conversation avec quelqu’un.
- C’est un bon chef qui se communique aisément.
- Les rois d’Orient se communiquent rarement à leurs sujets.
- Vous vous communiquez trop.
- Il ne faut pas se communiquer à tout le monde.
- (Intransitif) Se mettre en relation avec.
- Communiquer avec un accusé.
- Nous ne pûmes longtemps communiquer ensemble.
- Ils communiquaient entre eux par tel moyen.
- On communiquait avec le dehors par tel endroit.
- (Intransitif) Être en rapport au moyen de.
- On communique d’un gaillard à l’autre par les passe-avans, et les dunettes sont établies à l’extrémité du gaillard d’arrière. — (Jean-Baptiste Philibert Willaumez, Dictionnaire de marine, 3e édition, 1831, page 302)
- (Pronominal) Ces deux chambres se communiquent par un corridor.
- (Absolument) Ces deux fleuves communiquent ou se communiquent.
-
éternité
?- Durée qui n’a ni commencement ni fin.
- De toute éternité, de temps immémorial.
- Pour de nombreux croyants, Dieu est de toute éternité.
- Le temps n’est qu’une partie de l’éternité.
- Comme si on pouvait tuer le temps sans blesser l’éternité. — (Henry David Thoreau)
- Durée qui a un commencement, mais qui n’aura pas de fin. — Note : Dans ce sens on l’emploie surtout en parlant de la vie à venir.
- […]; et, quand M. de Bonald est venu réclamer à la Chambre, en 1816, au nom de la religion catholique redevenue religion de l’État, le rétablissement de l’indissolubilité du mariage, il s'est bien gardé de réclamer en même temps et au même titre le rétablissement de l’éternité des vœux ecclésiastiques. — (Alexandre Dumas fils, La question du divorce, 12e édition, 1880, page 176)
- […] ils n’ignorent rien de tout cela et savent notamment fort bien que c’est en l’affirmant qu’ils créeront cette éternité de barbarie nécessaire au maintien des institutions qui leur sont chères. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue et augmentée, Grasset, 1946, page 194)
- En outre, l’organisation de la famille française s’est achevée sous l’influence du droit canon et du droit romain qui revêtaient hier encore un aspect d’éternité et qui nous surprennent aujourd’hui par l’imminence de leur déclin. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
- (Par hyperbole) Temps qui semble durer trop longtemps.
- Le doigt sur la détente de nos armes, tous les muscles tendus, ne respirant plus, nous attendons… et il me semble qu’il se passe une éternité… — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 47)
- (Langage savant) Caractère de ce qui est éternel.
- L'éternité de la matière
- (Religion) La vie éternelle après la mort.
- Le passage de la vie à l’éternité est court mais terrible ; il ne me reste que bien peu d’instants pour me préparer à la mort. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- L’éternité c'est long, surtout vers la fin. — (Woody Allen)
- (Héraldique) (Très rare) Meuble représenté par un serpent en anneau se mordant la queue dans certaines armoiries. Cette terminologie du blason n’est utilisée que par quelques auteurs à titre symbolique. On lui préfère ouroboros ou ourobore.
- Éternité : Quelques auteurs la symbolisent ainsi, avec un serpent, formant un cercle, en se mordant le bout de la queue. — (Le Blason, dictionnaire et remarques, Amédée de Foras, 1883, consultable sur Gallica)
-
modifier
?- Changer une chose dans quelqu’une de ses parties.
- Les effets perméabilisants qui accompagnent les réactions anaphylactiques cutanées ne sont pas modifiés par l’héparine. — (Archives Internationales de Pharmacodynamie et de Thérapie, 1957, page 36)
- La silva proche des habitats fut totalement modifiée par l'action de l'homme qui traçait ses sentiers, taillait des arbres, bûcheronnait, pendant que ses bêtes broutaient les feuilles et les jeunes pousses. — (Martine Chalvet, Une histoire de la forêt, Éditions du Seuil, 2011)
-
différencier
?- Distinguer par telle ou telle différence.
- Les conditions générales de vente peuvent être différenciées selon les catégories d’acheteurs de produits ou de demandeurs de prestation de services. — (Article L441-6 du Code de commerce français -2008)
- À l’inverse, l’étendue de telle plaine divisée en une mosaïque de parcelles culturalement distinctes se verra différenciée par des contenus, eux aussi dotés d’attributs géométriques et de surface, mais sans que des discontinuités topologiques les séparent pourtant. — (Yves Poinsot, Comment l’agriculture fabrique ses paysages, p. 15, Karthala Éditions, 2008)
- En pratique, il est cliniquement impossible de différencier un impétigo staphylococcique d’un impétigo streptococcique. — (Patrice Morel, La Dermatologie du généraliste, Springer, 2001, p. 26)
- (Mathématiques) Prendre l’accroissement infiniment petit.
- Différencier une quantité variable.
- Hormis la cellule œuf, la totipotence repose sur l’aptitude de certaines cellules végétales à se dédifférencier puis à se différencier à nouveau. — (Daniel Richard, Lou Barbe, Loïs Morel, Mémo visuel de biologie végétale, 2019, page 8)
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panier
?- Objet portatif creux servant à contenir et transporter des provisions, des marchandises ou des animaux (à l’origine, en vannerie).
- L’épicerie emploie un certain nombre de paniers, généralement en osier, soit pour le déplacement en magasin de ses articles, soit pour la livraison. — (Albert Seigneurie, Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie et des industries annexes, 1904)
- L’autobus était bourré de paysans chargés de lourds paniers, de sacs de victuailles et accompagnés d’une marmaille d’enfant. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- (Par extension) Objet rappelant un panier (au sens précédent).
- Un panier à salade.
- (Sport) (Au basket) Cerceau métallique sous lequel est attaché un filet ouvert en bas et dans lequel il faut faire pénétrer le ballon.
- (Par extension) L’action de mettre le ballon dans le panier.
- Il a marqué un panier à trois points.
- Objet décoratif constitué d’un corbeille remplie de fleurs.
- La table était ornée de paniers.
- Contenu d’un panier.
- À midi, il s’est contenté d’un panier-repas.
- Armature en osier qu’on plaçait sous les jupes ou les robes longues pour les faire bouffer.
- En voyant cette mine ennuyée de Philippe IV, si souvent reproduite, les gros yeux niais des infantes, leur lèvre autrichienne, leurs paniers monstrueux, tous ces personnages si préoccupés d'étiquette, si « hauts sur fraise », il est impossible de ne pas plaindre le pauvre Pintor de Camara. — (Prosper Mérimée, Lettres d’Espagne, 1832, rééd. Éditions Complexe, 1989, page 165)
- […] on porte maintenant des corsages beaucoup plus longs, le devant en pointe, le busc dépassant toute limite, la jupe froncée comme au temps des paniers, avec, par-derrière, des coussinets ouatés pour donner plus de tournure. — (Nicolas Gogol, Les âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
- Leurs robes, gonflées par d’énormes paniers, s’étalaient devant elles en éventail […] — (Julie de Querangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, T. 2, 4, 1833)
- (Vulgaire) (Par extension) Le derrière des dames.
- Ce qui lui a encore moins plu, c’est qu’il lui mette la main au panier. Pif, paf, elle te lui a balancé un aller-retour en première et dans le sens de la marche, il a pas été déçu du voyage ! — (Hennevic Gilbert, C’est l’destin Célestin, Éditions L’Harmattan, 2009)
- C'était rue d'Ménilmontant,Qu'elle étalait son p'tit panier.Pour attirer les clients,Ell' remuait un peu son panier, […]. — (Bourvil, Les crayons,)
- (Internet) Liste des articles sélectionnés sur un site marchand, qu’il faut valider pour accéder au tunnel de commande.
- Casier de pêche.
- Une nuit, M. Desmond est parti en mer pour aller poser des paniers à langoustes… — (Robert Vellerut, Pourquoi tuer un chien ?, librairie des Champs-Élysées, 1956, page 196)
- Dispositif destiné à accueillir les diapositives lors d’une projection.
- (Industrie) Élément, placé à l’extrémité du bras d’une nacelle, pouvant accueillir une ou plusieurs personnes, un poste de commande et disposant un point d’accroche en fond de panier.
- Petite voiture basse en osier.
- Enfin, vers dix heures et demie, une voiture qui roulait rapidement prit ce chemin : c’était un panier, traîné par un seul cheval et conduit par un cocher en chapeau de paille. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
- (Cycle du combustible nucléaire) Structure métallique permettant la manutention de matières radioactives et satisfaisant à des exigences spécifiques de sûreté nucléaire.
- (Exploitation forestière) Partie d’un porteur contenant les bois transportés.
- Grâce à un panier rallongé spécial bois énergie, les bois ne touchent pas le sol lors du débardage, ce qui permet d’éviter toute présence de sable, terre ou cailloux dans le bois. — (BEMA, fiche Débardage, 30 mai 2018 → lire en ligne)
- (Nom collectif) Groupe de crabes.
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maitriser
?- Avoir ou prendre la maitrise de quelqu’un, de quelque chose, le gouverner en maitre, avec une autorité absolue.
- Il ne faut pas se laisser maitriser.
- L’Angleterre alors maitrisait les mers.
- Les colons eurent tôt fait de maitriser les populations indigènes.
- Se rendre maitre d’une personne ou d’une chose, d’un évènement, en contrôler le comportement ou le déroulement.
- Les hommes cherchent souvent à maitriser la nature.
- Les pompiers ont finalement réussi à maitriser l’incendie.
- On doit, en toute circonstance, maitriser son chien.
- (Sens figuré) Ne pas laisser transparaitre ses sentiments ou ses émotions, réfréner ses réactions.
- Maitriser ses passions.
- Elle avait appris à maitriser ses émotions et ne laissait rien paraitre de son trouble.
- Connaitre parfaitement.
- Même pas la moindre petite taxe pour les deux cubis de Château Monderche, ces mecs-là étaient en règle maitrisant la loi sur le bout des ongles. — (Jean-Luc Blanchet, Marée blanche en Atlantique, Geste éditions, 2010, chapitre 6)
- On ne maitrise pas encore entièrement les techniques de greffe d’organes.
- (Pronominal) (Sens passif) Être maitrisé.
- La nécessité ne peut se maitriser.
- L'espagnol ne se maitrise pas si facilement qu’on pourrait le penser.
- (Réfléchi) Se dompter soi-même. Dompter son esprit, son imagination, son caractère, son tempérament.
- Pour bien maitriser les autres, il faut se maitriser soi-même.
- En toute circonstance il faut savoir se maitriser.
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effrayer
?- Remplir de frayeur.
- Des soudacs et des esturgeons tout argentés battaient l'eau de leur queue puissante et effrayaient les sterlets et les ombres-chevaliers. — (Victor Tissot, La Russie et les Russes: Indiscrétions de voyage, Éditions E. Dentu, 1882, page 225)
- J’effraye Michal comme on effraye une cousine en Normandie, avec l’aide d’une rainette, d’une araignée. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Vous me le paierez ! Mais cela ne prenait plus, et tous étaient persuadés qu’il ne gueulait ainsi que pour effrayer les gens. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- (Pronominal) — T’effraie pas, dit-il. Elle est en sûreté, puisque je la protège. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- (Pronominal) Ahmed Abdou s’effrayait aussitôt, et craignait que la graine dure et traîtresse, cachée sous les fibres, ne blessât la fillette. — (Out-el-Kouloub, « Zariffa », dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
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incommodité
?- État de gêne, de malaise physique ou moral, causé par une chose qui fatigue, qui importune.
- Le seul moyen de se garantir d’oignons, & même de toute incommodité aux pieds, c'est d'être absolument en garde contre les chaussures trop courtes. — (Nicolas Laurent Laforest, L'art de soigner les pieds : contenant un traité sur les cors, verrues, durillons, oignons, engelures, les accidens des ongles & leur difformité, Paris : chez l'auteur & Maison de M. Bourdet et Versailles : Blaizot, 1781, page 77)
- C’est une grande incommodité que d’être mal logé.
- Je serais fâché de vous causer la moindre incommodité.
- Il n’y a rien gui n’ait ses incommodités.
- Il en souffre, il en ressent déjà l’incommodité.
- Les incommodités de l’âge, de la vieillesse.
- Il commence à ressentir de grandes incommodités.
- Il est sujet à beaucoup d’incommodités.
- Signal d’incommodité, signal par lequel un bâtiment fait connaître qu’il a besoin d’aide ou qu’il est gêné dans sa manœuvre.
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nouveauté
?- Caractère de ce qui n'existait pas auparavant ou qui était inconnu.
- La nouveauté nous fait toujours un peu peur, parce que nous nous sentons plus rassurés si nous avons tout sous contrôle. Et cela arrive aussi avec Dieu. Mais quand Dieu se révèle, il apporte la nouveauté - Dieu apporte toujours la nouveauté. Ce n’est pas la nouveauté pour la nouveauté, la recherche du nouveau pour dépasser l’ennui, comme il arrive souvent de nos jours. La nouveauté que Dieu apporte dans notre vie est ce qui vraiment nous réalise, ce qui nous donne la vraie joie, la vraie sérénité. — (Pape François, La nouveauté nous fait toujours un peu peur, Radio Vatican, 19 mai 2013)
- Toutes les lois [sur les brevets] demandent la nouveauté. On trouve si évident qu'une invention soit nouvelle par nature, ou doive l'être pour mériter un brevet, que l'on n'analyse pas les raisons qui ont poussé le législateur à faire de la nouveauté une condition légale de la brevetabilité. [… ] La nouveauté est la caractère essentiel de l'invention. — (Antoine Scheuzer, Nouveauté et Activité Inventive en Droit Européen Des Brevets, Droz, 1981, p. 79)
- Les habitudes freinent notre capacité à apprécier positivement la nouveauté. La nouveauté est la qualité de ce que nous percevons pour la première fois. Il s'agit donc d'un phénomène nécessairement inédit, original. La perception de la nouveauté nécessite que notre esprit soit capable de briser les rapports anciens et de se libérer des liaisons préétablies — (Brigitte Bouillerce et Emmanuel Carré, Savoir développer sa créativité, p. 41)
- La révolution implique une certaine conception du temps historique ordonnée à l'idée de commencement entendu au sens fort d'une nouveauté radicale. « [Un] élément de nouveauté (novelty), écrit-elle, [est] inhérent à toutes les révolutions — (Marc Le Ny, Hannah Arendt ; le temps politique des hommes: Le temps comme dimension de la phénoménologie existentielle et politique, L’Harmattan, 2013, p. 323)
- La première émotion que nous découvrons dans l'esprit humain est la curiosité. Par là, j'entends tout désir éprouvé pour la nouveauté ou tout plaisir qu'elle procure. Regardons les enfants courir de côté et d'autre à l'affut d'un objet nouveau et saisir avec avidité, sans véritable choix, tout ce qui s'offre à eux; il n'est rien qui n'engage leur attention parce qu'à ce stade de la vie, il n'est rien qui ne se pare du charme de la nouveauté. Mais ce qui nous attire seulement par sa nouveauté ne saurait nous attacher durablement. […] Une certaine nouveauté doit entrer dans la composition de tout ce qui agit sur l'esprit. — (Edmund Burke, Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau, 1757, Vrin, 1990, p. 77)
- Nul mérite ne s’acquiert et se perd aussi facilement que celui de la nouveauté. — (Proverbe italien, dans Boiste, Dictionnaire Universel, 1823, p. 458)
- L’innovateur en termes de développement de la nouveauté est une source d’innovation. Il innove toujours plus.
- PHILAMINTECes titres ont toujours quelque chose de rare.ARMANDEÀ cent beaux traits d’esprit leur nouveauté prépare. — (Molière, Les Femmes savantes, 1672)
- Caractère de ce qui est récent, de création récente, qui date de peu, qui existe depuis peu.
- On risquait d'oublier que les aspirations contemporaines doivent s'adapter aux exigences de l'esprit chrétien. N'allait-on pas substituer un mirage moderne à une vérité éternelle et confondre la récence d'une doctrine avec sa nouveauté véritable ? — (Maurice Nédoncelle, La pensée religieuse de Friedrich von Hügel (1852-1925), Vrin, 1935, p. 16)
- La notion de nouveauté regroupe deux critères : la récence, c'est-à-dire le fait qu'un produit soit disponible depuis peu de temps ; et la différence par rapport aux produits existants. — (Emmanuelle Le Nagard-Assayag,Delphine Manceau, Le marketing de l'innovation. De la création au lancement de nouveau produit, 2e édition, p. 28.)
- Caractère de ce qui vient de remplacer ou succéder à quelque chose
- D’autres auteurs proposent de définir la nouveauté comme ce qui est perçu comme récent (temps perçu depuis la découverte ou la première utilisation de l’innovation, ou durée perçue de la disponibilité de l’innovation sur le marché) et différent (caractéristiques de l’innovation perçues différemment de celles des produits typiques de la catégorie de produits, existants déjà sur le marché). — (Josselin Masson, « Effets de la modification d'un attribut constitutif d'un produit sur son adoption par les consommateurs », Montpellier SupAgro, 2010, p. 25)
- (Commerce) Caractéristique innovante, ce qu’il y a d’unique dans un nouveau produit ou un service ; différence avantageuse.
- Nous proposions lundi un résumé des principales nouveautés de la huitième itération d’iOS, revenons dessus en détail aujourd’hui avec ses 10 nouveautés marquantes. — (Le Journal du Geek, 4 juin 2014, iOS 8 : 10 nouveautés marquantes)
- (Psychologie) Situation inédite et inattendue engendrant le sentiment de merveilleux.
- L'émotion de l'étonnement est plus que la simple nouveauté. Le degré au-dessus de la nouveauté est la surprise ou choc produit par ce qui est à la fois nouveau et inattendu — (Alexander Bain, Les émotions et la volonté, Traité de psychologie II, 1859, L'Harmattan, 2006, p. 83)
- De toutes les circonstances qui éveillent le sentiment de merveilleux, la nouveauté est celle dont l'influence est la plus puissante. ; l'aspect d'un objet nouveau produit, à l'instant, une vive impression de surprise qui s'empare de l'esprit pour un temps, à l'exclusion de toute autre idée, — (George Combe, Traité de phrénologie, 1825, p. 407.)
- (Économie) Caractère, qualité éphémère de ce qui est nouveau, récent, présenté pour la première fois ; récence.
- Par définition, toute innovation doit comporter un élément de nouveauté. La notion de nouveauté se décline sous trois formes […] : nouveauté pour l’entreprise, nouveauté pour le marché, nouveauté pour le monde entier. — (Manuel d’Oslo, 2005, p. 67, § 205)
- Phénomène inédit.
- L'apparition de l'automobile dans les années 1870-1880 fut la nouveauté de cette décennie.
- (Commerce) Dernier produit présenté ou exposé par une entreprise.
- La tablette du 21ème siècle est déjà une nouveauté obsolète telle qu'elle est à l’heure actuelle."
- Les dernières nouveautés du Salon de l'électronique de Las Vegas.
- La Golf 7 a été une des grandes nouveautés de l'année automobile 2013
- Les nouveautés du Salon de l'Agriculture
- (Art) Livres qui viennent de paraître, pièces de théâtre qu’on vient de monter pour la première fois, films qui viennent de sortir.
- Mon libraire m’envoie toutes les nouveautés.
- Elle va au théâtre voir toutes les nouveautés.
- (Vieilli) Doctrine nouvelle, en contradiction avec les idées, le régime, la tradition établis.
- Celui qui gagne au changement remercie la fortune et le temps; mais celui qui perd, s'en prend à l'auteur de la nouveauté. Il est bon de ne pas faire de nouvelles expériences pour raccommoder un état sans une extrême nécessité et un avantage visible. — (Diderot, Encyclopédie, Nouveauté, [Morale , Gouvernement , Politique] (Jaucourt), 1772)
- Rappelez-vous le moment terrible qu'elle [l'Église] a passé, au temps du concile de Trente [1545-1563]. La Réforme venait de l'ébranler d'une façon profonde (...) partout, c'était un flot montant de nouveautés, d'idées soufflées par l'esprit du mal, de projets malsains qu'enfantait l'orgueil de l'homme, lâché en pleine licence.— (Émile Zola, Rome, 1895) .
-
ennuyer
?- Causer de l’ennui, fatiguer l’esprit par quelque chose d’insignifiant, de monotone, de déplaisant, ou de trop long.
- Nous étions tous possédés d’une inquiétude lente qui nous faisait languir. Personne ne s’ennuyait, mais cette sensation poignante était cent fois pire que l’ennui. Il paraissait d’avance que cette nuit n’aurait pas de fin. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
- Je craignais que toutes mes lettres ne l’ennuyassent. Je faisais ce que je pouvais pour qu'elles ne fussent pas longues. J'y réussissais rarement; elle me plaignait; elle m'écrivait souvent, cela est vrai; je vivais de ses lettres. — (Mémoires de M. le duc de Lauzun, Paris : chez Barrois l'Aîné, 1822, page 385)
- (Impersonnel) — Il m’ennuie d’être si longtemps séparé de vous. — J’ai cessé de les fréquenter, il m’ennuyait d’entendre toujours déraisonner.
- Causer du désarroi, contrarier quelqu’un.
- Sa défaite l’ennuie beaucoup.
- (Pronominal) Éprouver de l’ennui, se morfondre, ne pas savoir s’occuper.
- Vous vous ennuierez bien ici. — (Honoré de Balzac, Les Paysans, 1845, première partie, chapitre deuxième)
- (Pronominal) (Par extension) Éprouver de la contrariété à cause d'une absence. Note : l'objet de l'absence est introduit par la préposition de ou, plus rarement, par la préposition après.
- Revenez au plus vite : je m’ennuie de vous.
- (Pronominal) Être ennuyé, avoir du souci.
- — Le petit est malade. Je ne sais pas ce qu’il a… Je m’ennuie. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
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laisser
?- Quitter quelqu’un ou quelque chose.
- Je te laisse maintenant.
- Plus de 400 rescapés laissés en suspens au large de Malte. — (« Ocean Viking, Journal de Bord : Un printemps chaotique en Méditerranée », 6 mai 2020, sur le site SOS Méditerranée)
- Ne pas emmener, ne pas emporter avec soi.
- Jim manœuvra le cordon d’un vasistas, mais l’ouverture donnait sur la loge de Gaby Million où la vedette avait laissé ses chiens. Les bêtes se mirent à aboyer. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Laissez-nous vos enfants jusqu’à ce soir.
- Laissez ici votre manteau.
- Oublier de prendre avec soi.
- J’ai laissé ces papiers sur mon bureau.
- Confier, mettre en dépôt.
- Il a laissé tous ses papiers à son avocat.
- Je vous en laisse le soin, la responsabilité, etc.
- Je ne l’ai point trouvé chez lui, j’ai laissé votre lettre à son domestique.
- Ne pas ôter, ne pas retirer.
- Laissez ces livres sur mon bureau.
- Ne pas changer l’état où se trouve une personne, une chose.
- Laisser un champ en friche, ne pas le cultiver.
- Laisser un ouvragé imparfait, ne pas l’achever.
- Laisser une chose intacte, ne pas l’endommager, ou n’en rien prendre, etc.
- Ne pas importuner, ne pas tourmenter.
- Laissez-moi donc.
- Laisser quelqu’un tranquille.
- Ne pas prendre, ne pas enlever, ne pas détruire ce qu’on pourrait prendre, enlever, détruire, etc.
- Les voleurs lui ont laissé la vie sauve.
- Ils ont tout mangé, ils n’ont rien laissé.
- Abandonner.
- Ils l’entourèrent, discourant tous à la fois et voulant, comprit-il, qu’il les menât immédiatement à l’endroit où il avait laissé l’aéroplane. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 387 de l’édition de 1921)
- Les ennemis ont laissé des milliers d’hommes sur le champ de bataille, ils ont eu beaucoup d’hommes tués ou blessés.
- Passer sous silence.
- Je laisse une infinité d’autres preuves, d’autres détails.
- Laissons cela, ne parlons plus de cela.
- Contourner.
- Après avoir laissé derrière nous les Orcades, nous entrâmes en plein Atlantique, et la mer s’enfla prodigieusement. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 29)
- Laisser un chemin, une maison, etc., à droite, sur la droite, Prendre sur la gauche, en sorte que le chemin, la maison, etc., soit sur la droite.
- Interrompre une relation, une conversation, etc.
- Laisser là quelqu’un, quelque chose.
- Laissez là votre travail, vous le reprendrez plus tard.
- Accorder.
- Préviens ta femme de ton arrivée. Ça me laissera le temps de passer tranquillement mon froc et de ne pas enfiler, dans la précipitation, mon slip à l'envers. — (Florentino Dos Santos, Les Cocus : Ces innocentes victimes des feux de l'amour… charnel, Éditions Le Manuscrit, 2003, page 58)
- Ne pas épuiser un thème.
- Laisser beaucoup à dire, à faire, ne pas donner tous les arguments, toutes les idées.
- Céder.
- Je lui en laisse le profit.
- Vendre bon marché.
- Je vous laisse cette voiture à moitié prix.
- Ne pas vouloir se mettre en concurrence avec quelqu’un, ou abandonner ses prétentions.
- Laisser le champ libre à quelqu’un.
- Laissons ces basses intrigues à ceux qui en sont capables.
- Léguer, transmettre par des dispositions testamentaires.
- Il a laissé par testament sa bibliothèque à son frère.
- Il ne laisse rien à ses enfants.
- Il se dit en parlant des personnes ou des choses qui ont été à quelqu’un et qui subsistent après sa mort, qui lui survivent.
- Il laisse une femme et des enfants dans la misère.
- Laisser plusieurs ouvrages manuscrits.
- Il se dit, dans un sens analogue, en parlant du souvenir, de l’opinion, etc., qui reste de quelqu’un.
- Il a laissé une bonne, une mauvaise réputation après lui.
- Il a laissé de grands regrets partout où il a passé.
- Il se dit de la sensation, de l’impression qui reste de quelque chose ou de ses suites, etc.
- Sous une toilette criarde, ton corps mouvant laisse derrière lui flotter un sillage embaumé. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 16)
- Compte tenu de la pluie qui était tombée, Misty avait sûrement laissé des dizaines de traces qui nous permettraient de remonter jusqu’à elle si on se grouillait un peu. — (Andrée A. Michaud, Lazy Bird, page 121, Québec Amérique, 2009)
- Cette liqueur laisse un goût amer dans la bouche.
- Mon voyage m’a laissé des souvenirs agréables.
- Suivi d’un infinitif :
- Permettre ; souffrir ; ne pas empêcher.
- Parfois les rênes s’échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d’avancer. Nous les laissons souffler un instant, puis reprenons notre course muette et aveugle. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 36)
- Le signataire de ces lignes, en 1918, a vu transporter des malheureux attaqués par le gaz moutarde, alors que rien ne le laissait prévoir, plusieurs jours après un bombardement. — (Victor Méric, La guerre qui revient : Fraiche et Gazeuse, page 161, Sirius, 1932)
- J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. — (Paul Nizan, Aden Arabie, chapitre I, Rieder, 1932 ; Maspéro, 1960)
- Elle était demeurée longtemps debout devant ces hautes coques dont les hublots laissaient voir l’intérieur des cabines éclairées. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 52)
- Avec faire et dire : ne pas se soucier, ne pas se mettre en peine de ce que fait ou dit quelqu’un.
- Laissez-les faire.
- On n’a qu’à le laisser faire.
- (Proverbial) Il faut bien faire et laisser dire.
- Je me suis laissé dire telle chose, J’ai entendu dire telle chose, mais sans y ajouter grande foi.
- (Vieilli) Cesser, manquer, en finir. — Note : En ce sens, il est suivi d’une négation, et s’emploie avec la préposition de.
- Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire. — (Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier, 1662 ; GF, 2017.)
- Quand nous regardons le soleil, nous imaginons qu’il est distant de nous d’environ deux cent pieds, […] plus tard, tout en sachant que le soleil est distant de plus de six cent fois le diamètre terrestre, nous ne laisserons pas néanmoins d’imaginer qu’il est près de nous. — (Baruch Spinoza, Ethique, II, scholie de la proposition XXXV, 1677.)
- De temps à autres naissait quelque faible et courte réflexion sur l’instabilité des choses de ce monde dont la surface de l’eau m'offrait l’image : mais bientôt ces impressions légères s’effaçaient dans l’uniformité du mouvement continu qui me berçait, et qui sans aucun concours actif de mon âme ne laissait pas de m’attacher au point qu’appelé par l’heure et le signal convenu je ne pouvais m’arracher de là sans effort. — (Jean-Jacques Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire, Cinquième promenade, 1776-1778 ; éditions Gallimard, collection « Bibliothèque de la Pléiade », 1969, page 1045)
- Le souci fiévreux d’Eschyle de préserver le visage de l’humanité (de cette humanité dont, mieux que tout autre, il connaissait les faiblesses, mais qu’il ne laissait pas d’aimer) a inspiré l’un de ses messages les plus universels. C’est cette angoisse qui détermine le caractère titanesque de Prométhée. — (Ismaïl Kadaré, Eschyle ou l’éternel perdant, traduction par Alexandre Zotos, Fayard, Paris, 1988, page 68)
-
nager
?- Se déplacer dans l'eau (pour un être vivant) par le mouvement de certaines parties du corps.
- […] ; et puis, je me suis un peu détourné de la ligne droite pour aller jeter à la rivière un affreux enfant qui criait : À bas les papistes, vive l’amiral ! Malheureusement, je crois que le drôle savait nager. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IX)
- Et Le Gonidec saute à l’eau aveuglante. Il nage tant bien que mal, et donne contre une échelle. Il s’y cramponne. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936)
- (Transitif) Parcourir en nageant.
- Un jour, il n’a pas pu faire autrement que de m'acheter cette sacrée mobylette : j’avais nagé le 100 mètres en 1 minute 8 ! — (site www.civismemoria.fr)
- Pratiquer, savoir nager (un style de nage).
- Le problème c'est qu'une grande majorité de personnes nage la brasse en se cambrant et du coup se casse le dos et les reins. — (site www.dutempspourmoi.com)
- Flotter.
- Pourquoy est-ce que l’huile nage sur toutes autres liqueurs excepté sur l’eau de vie: Pour ce qu’elle est grasse, & par consequent aërienne. Car les choses grasses tiennent beaucoup de l’air, & ce qui est aërien est plus leger que ce qui et aqueux […]. — (Scipion Dupleix, La curiosité naturelle rédigée en questions selon l’ordre alphabetique, chez Simon Rigaud, Lyon, 1620, page 125)
- (Par extension) Baigner ; être plongé.
- Il y baigne dans ses souvenirs du Quartier latin, et nous dans l'odeur de chou. On nous y sert un bortch où de rares légumes nagent dans l'eau chaude et des pirojkis rassis, mais au son des balalaïkas, dans un décor à la Boris Godounov. — (Dominique Jamet, Un petit Parisien: 1941-1945, Flammarion, 2012)
- (Sens figuré) Être entouré de…
- Les dirigeants de l’organisation américaine qui défend le port d’arme sont notamment accusés de s’être enrichis illicitement, nageant dans les conflits d’intérêts. — (Arnaud Leparmentier, La procureure de New York veut dissoudre la puissante NRA, le lobby des armes, Le Monde. Mis en ligne le 7 août 2020)
- Nager dans l’opulence, jouir de grandes richesses.
- Nager dans la joie, être rempli de joie.
- Nager dans les plaisirs, vivre au milieu des plaisirs, s’y abandonner.
- (Marine) Ramer ; voguer à la rame ; faire avancer une embarcation à l’aide de rames ou d’avirons.
- Il résulte de cet acte que la galère de Jean Fournier était à 25 bancs et à 2 rames par banc, employant cent rameurs pour faire la navigation de Gènes à Montpellier, et 116 pour aller de Montpellier à Barcelone. Ces 16 rameurs de supplément ne nageaient pas à un étage inférieur, quand les 100 autres nageaient en haut; les galères de cette époque n'étaient pas à deux étages de rameurs. — (Augustin Jal, Glossaire nautique: Répertoire polyglotte de termes de marine anciens et modernes Paris : Firmin Didot, 1848, volume 2, page 1551)
- Pour aborder une embarcation : aux commandements de, acoste à bord! tiens bon! mâte! les rameurs cessent de nager et relèvent leurs rames ; […]. — (Guillaume-Louis-Gustave Belèze, Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne, Paris : Hachette, 1882 , volume 2, page 1072)
- Ce fut-là où pour la ſeconde fois nous nous ſèrvîmes de notre Canot & nageâmes ſi vigoureuſement, qu'en montant cette Rivière nous fimes près de douze lieuës dans l'eſpace de ſix heures., — (Claude Le Beau, Avantures du Sieur Claude Le Beau. Voyage curieux et nouveau parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale, 1738)
- Porter un vêtement beaucoup trop ample, d’une taille beaucoup trop grande pour soi.
- Melrose posa sa canne et déboutonna puis reboutonna le manteau de Bertie, qui nageait dedans. — (Martha Grimes, L’énigme de Rackmoor, traduction en français, Presses de la Cité, 1991, partie IV, chapitre 8)
-
expliquer
?- Rendre clair ; faire comprendre.
- Cela est difficile à expliquer.
- Cela peut s’expliquer de deux façons.
- Expliquer une énigme.
- Ces deux passages s’expliquent l’un par l’autre.
- Faire connaître la cause, le motif d’une chose qui paraît extraordinaire, qui est difficile à concevoir.
- Le docteur Paul était ensuite venu, brillamment expliquer à la barre comment les coups avaient occasionné, en effet, seize blessures […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- […], il était inutile de nous adresser au ministère où nous aurions, sans doute, les plus grandes difficultés à nous faire expliquer comment, pour la Gironde, on avait trouvé cette somme de 4.950 francs par kilomètre de routes nationales à départementaliser. — (Raymond Brun, débat de la séance du 5 décembre 1972 (sur la loi de finance 1973), dans les Comptes-rendus des débats parlementaires du Sénat (France), n° 69 S, Imprimerie des Journaux officiels, mercredi 6 décembre 1972, p. 2705)
- Expliquer un phénomène.
- Je ne puis m’expliquer votre conduite.
- Expliquez-moi ce que cela signifie. Il se dit dans le même sens avec un nom de chose pour sujet.
- Sa maladie explique pourquoi il n’est pas venu.
- Ses défauts comme ses qualités expliquent son succès.
- Sa conduite s’explique d’elle-même.
- Rendre intelligible par l’enseignement ou la démonstration.
- Fort heureusement pour moi, il n’eut pas le temps de m’expliquer plus avant tout l'intérêt qu’offrait la manière dont il eût souhaité que je conjuguasse mes verbes. Quelqu'un, en effet, venait d'arriver, interrompant dans l’œuf un développement qui risquait d'être plus passionné que passionnant. — (Jean Stratonovitch, Le roman périodique, éd. Aléas, 1999, page 26)
- Expliquer le jeu d’une machine ou une doctrine.
- Un soir j’y ai frissonné : le vent avait fait tourner une vieille girouette rouillée, dont les cris ressemblèrent à un gémissement poussé par la maison au moment où j’achevais un drame assez noir par lequel je m’expliquais cette espèce de douleur monumentalisée. — (Honoré de Balzac, Autre Étude de Femme, 1839-1842)
- Interpréter un auteur, le traduire de vive voix.
- Cet écolier commence déjà à expliquer Cicéron, Virgile.
- Il explique les poètes.
- Expliquez-moi en français ce texte latin.
- Comment expliquez-vous ce passage de Platon ?
- Déclarer, développer, faire entendre nettement sa pensée.
- Comme Lagardère jouait les étonnés, le fonctionnaire lui expliqua qu'une caméra de surveillance avait filmé un triple assassinat dans ce quartier. — (Louis Langlois, Doigt donneur, Evidence Éditions, 2017)
- Je vais vous expliquer ma pensée.
- Expliquer ses intentions, ses desseins, ses motifs.
- Cette proposition vous semble hardie, attendez que je l’explique.
- Je le ferai s’expliquer.
- Je vais m’expliquer.
- Je m’explique.
- Je ne sais si je m’explique bien, si vous me comprenez.
- Il s’en est expliqué.
- S’expliquer avec quelqu’un, Avoir une explication avec lui.
- Se faire comprendre, plus ou moins violemment :
- « Sors de là ! On va s’expliquer ! ».
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.