Mots qui riment avec "é"

Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "bizanet".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.

Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .

  • aller
    • le latin eo, is, ii (ivi), itum, ire (j’irai) pour les formes en ir- ;
    • et le latin vado, vadis, vadere (je vais) pour les formes en v- ;
    • une origine incertaine pour les formes en all- et aill-, lesquelles ont fait l'objet de nombreuses hypothèses parmi lesquelles :
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  • épais
    • Qui a une certaine mesure dans la dimension transversale.
    • La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Parent.)
    • Les pailles, dont les couches épaisses recouvraient entièrement le sol de la cour, se doraient peu à peu d’un jaune pâle sous la lueur grandissante du crépuscule. — (Jules Case, La Fille à Blanchard, 1886)
    • Le pain à mie compacte et bise, à la croûte épaisse couleur de couque, sent la farine honnête. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Les petits coups de freins de Chak et l’épais tapis de neige se conjuguèrent pour ralentir le camion, et ce fut quasiment au pas qu'il s'engagea dans l'ouverture. — (Pierre Bordage, Les Derniers Hommes, épisode 3 : Les légions de l'Apocalypse, éd. Au Diable Vauvert, 2010)
    • Fort, solide.
    • Drap épais. Étoffe épaisse.
    • Langue épaisse — (Par extension) langue pâteuse, lourde, articulant difficilement.
    • Taille épaisse — taille grosse, peu élégante.
    • Cheval épais — cheval gros, lourd, sans élégance.
    • Nombreux, serré, touffu.
    • Des cheveux épais. Les bois épais. D’épais bataillons.
    • J’ai craint que de ces bois l’épaisse solitudeNe cachât un ramas de brigands révoltés. — (Ducis, Lear, I, 1)
    • Tissure épaisse — (Pêche) tissure d’un filet à mailles serrées.
    • Qui a une grande consistance ou une grande densité.
    • Mais, ô malheur! le vent saute au sud-ouest et nous enveloppe d'un brouillard épais. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 39)
    • Le 22 Août, la marche vers le Nord devait être continuée. Mais un épais brouillard couvrait le sol empêchant les reconnaissances. — (Colonel-commandant Gelbert, Historique du 8e Régiment de Chasseurs : Campagne 1914-1918, Luxeuil : chez A.-F. Faivre d'Arcier, s.d (vers 1920), page 5)
    • […] cette liqueur épaisseMêle du sang de l’hydre avec celui de Nesse. — (Pierre Corneille, Médée, IV, 2.)
    • Une épaisse vapeur s’est du temple élevée. — (Pierre Corneille, Oed., II, 3.)
    • Ils l’ont enveloppé d’une épaisse fumée. — (Pierre Corneille, Tois. d’or, v, 2.)
    • Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne ? — (Jean Racine, Andr., V, 5.)
    • Climats qu’un ciel épais ne couvre que d’orages. — (Voltaire, Orphel., I, 1.)
    • (Sens figuré) (Littéraire) Lourd ; grossier ; lent à comprendre.
    • De ces cervelles fines, la plus fine était la petite Brulette, emmi les filles, et des plus épaisses, la plus épaisse paraissait celle de Joseph, emmi les garçons. — (George Sand, Les Maitres sonneurs, Londres : George Bell & Sons (Les Classiques Français Illustrés, publiés sous la direction de Daniel O’Connor), 1908, p.4)
    • Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais. — (Louis de Rouvroy, 4, 64.)
    • Les Béotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu’ils pouvaient aux affaires générales. — (Montesquieu, Rom. 5.)
    • Et la grosse gaieté de l’épaisse opulence. — (Jean-Baptiste Louis Gresset, Méch., II, 3.)
    • (Québec) (Courant) (Familier) Imbécile. → voir épais dans le plus mince
    • Pompidou, Baudouin, Trudeau sont corrects. Ils ne veulent rien changer ; ils sont contents que nous restions épais comme nous sommes. — (Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, p. 16)
    • Dans un groupe, tu prends les décisions à cinq. Tu fais des gaffes à cinq, tu dis des niaiseries à cinq, quand un a l’air d’un épais, y’en a cinq qui ont l’air épais. — (Voir, 30 mars 2006)
    • (Botanique) Se dit de toutes les parties dont l’épaisseur, comparée à celles d’organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.
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  • observer
    • Accomplir, suivre ce qui est prescrit par une loi, par une règle.
    • Pour atteindre ce but tous les moyens ne sont pas indifférents ; il y a des lois à observer et une marche rationnelle à suivre. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • Quand Rabénou Tam fut informé du martyre des juifs de Blois, il ordonna un jeûne, qui fut longtemps observé au jour anniversaire (le 20 Siwan). — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Pour l’essentiel, les Gâtineaux se situent dans la norme catholique en observant et respectant massivement les grands préceptes de l’Église de la Contre-Réforme. — (Jacques Peret, Les paysans de Gâtine poitevine au XVIIIe siècle, Geste éditions, 1998, p. 238)
    • Regarder avec attention ; surveiller ; épier.
    • Elle flânait dans les ruelles de la vieille-ville, puis elle s’installait à sa table et observait les couples, se demandant lequel d’entre eux elle voudrait être. — (Joël Dicker, L’Énigme de la chambre 622, éditions de Fallois, 2020, chapitre 62)
    • C'était le branle-bas de combat au paradis. Dieu le Père observait d'un œil distrait ses hordes d'anges astiquer les nuages pour la fête de Noël. On avait nettoyé la crèche, mis de la paille fraîche, brossé le bœuf et l'âne. — (Micheline Duff, « Les Semences d'Amour », dans les Contes de Noël : Pour les petits et les grands, Québec Amérique, 2012)
    • Considérer avec application, en vue d’une étude, les choses physiques ou morales.
    • Dans certains cas, on observe en outre de la céphalalgie, de la dyspnée, du coma, symptômes qui sont presque toujours sous la dépendance de l'urémie occasionnée par la néphrite. — (Charles-Albert Vibert, Précis de toxicologie clinique et médico-légale, Paris, Baillière, 1907, page 224)
    • Vu au microscope, le poil se présente sous le forme d’un canal médullaire sur lequel on ne peut voir les écailles qu’en les observant avec beaucoup de soin, […]. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Nous observâmes une quantité de petits pétrels volant en tout sens autour du navire, mais principalement au-dessus et dans l’ouaiche, lesquels je reconnus pour le Procellaria oceanica. — (François P. L. Pollen, Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendances, page 35, 1868)
    • Tandis que nous nous entretenions amicalement avec ces bonnes gens, j’observais l’heureuse disposition du dressoir, de l’évier, des tablettes, où étaient rangés les pots et les assiettes. — (Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 93)
    • (Absolument) — Observer avec de bons instruments. - Ce savant a beaucoup observé.
    • Remarquer, en parlant de ce qui attire l’attention.
    • Dans toute la vallée moyenne on observe généralement deux périodes de grande pluviosité : l'une hivernale (novembre-décembre), l'autre vernale (février-avril) […]. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 19)
    • Je vous prie d’observer la différence qu’il y a entre ces deux choses.
    • (Vieilli) Faire remarquer.
    • M. et Mme Gilbert nous reçurent avec bonté, ce qui m'enhardit. Je leur adressai ma demande, qu'ils accueillirent favorablement, en m’observant toutefois que leur fille était trop jeune pour se marier. — (Hugues Bouffé, Mes souvenirs, 1800-1880, Paris : chez E. Dentu, 1880, p. 51)
    • (Pronominal) (Réfléchi) (Spécialement) Se surveiller, être fort circonspect dans ses actions, dans ses paroles.
    • C’est un homme qui s’observe beaucoup, qui s’observe fort.
    • (Pronominal) (réciproque) Se surveiller l’un l’autre.
    • Ces deux champions, avant d’en venir aux mains, s’observent, se mesurent des yeux.
    • Le créancier et le débiteur, avant de s’adresser la parole, se sont observés fort attentivement.
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  • exploser
    • Faire explosion.
    • Vers la droite, l’un des aéroplanes piqua follement du nez, se redressa presque perpendiculairement, explosa avec un bruit énorme et s’abîma en flammes dans la mer. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 192 de l’édition de 1921)
    • (Sens figuré) Se manifester ou s’exprimer de manière soudaine et violente.
    • Chiquant du tabac et recrachant entre ses dents gâtées des jets de salive marron, son père explosa de colère, une colère noire qu’il ne pouvait contenir plus longtemps même en présence de sa belle-fille. — (Catherine Fourgeau, Dobadjo : la première épouse, L’Harmattan, 2000, page 239)
    • (Sens figuré) Augmenter, s’accroître de manière fulgurante.
    • Dans une interview aux Échos, Isabelle Falque-Pierrotin a dressé un nouveau bilan des plaintes, quatre mois après l’entrée en vigueur du règlement européen sur la protection des données (RGPD). « Les indicateurs explosent, prévient la présidente de la CNIL. […] » — (Next INpact, RGPD : les plaintes collectives seront traitées en priorité par la Cnil, 25 septembre 2018 → lire en ligne)
    • Au Cap d’Agde, la notoriété de l’événement fait exploser les compteurs. — (Stéphanie Maurice, La passion du tuning, Seuil, 2015, collection Raconter la vie, page 67)
    • Les contaminations explosent, mais l’essentiel est sauf : de nouvelles règles ont été édictées, semblant sorties tout droit d’un jeu médiéval inventé par le Perceval de Kaamelott.— (Christian Lehmann, Le virage Boris Johnson d’Emmanuel Macron, 29 décembre 2021)
    • (Sens figuré) Être réduit en fragments, perdre son unité en se divisant, se fractionnant.
    • La réalité est pourtant là, sous nos yeux. Le travail explose, éparpillé par petits bouts façon puzzle. — (Olivier Tesquet, Les nouveaux Temps Modernes, Télérama n° 3513, mai 2017)
    • (Sens figuré) Ressentir une immense fatigue
    • (Cyclisme) Couper son effort brutalement par manque de force.
    • Il a explosé dans la dernière bosse du parcours.
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  • censé
    • Supposé, réputé, considéré (comme).
    • En 1945 commencèrent au Chili, des pourparlers au termes desquels les États-Unis étaient censés établir des missions spéciales pour régulariser les relations militaires entre les deux pays. — (Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974)
    • Une loi est censée être abolie par le non-usage.
    • Seuls les langagiers, un corps de métier spécialisé, sont censés connaître pratiquement toutes les règles et savoir comment les appliquer. — (Anne-Marie Beaudouin-Bégin, La langue affranchie, se raccommoder avec l’évolution linguistique, Québec, Éditions Somme toute, 2017, page 103.)
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  • épopée
    • (Littérature) Long poème narratif racontant les actions célèbres d’un héros ou d’un peuple dans un contexte souvent merveilleux.
    • Dans cet enfer, comme aujourd’hui, les poètes chantaient l’épopée qu’on allait vivre et mourir ; les uns en strophes ardentes, les autres avec un rire amer. — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, p. 7)
    • « Kevin contre la GroKo », cela pourrait être le titre d'une épopée enfantine et chevaleresque où un jeune héros finit par terrasser le monstre et réveiller la belle princesse endormie. Mais c'est bien autre chose. — (Thomas Schnee, Kevin contre la GroKo, dans Marianne, n° 1092 du 16 au 22 février 2018, page 44)
    • Vêtus de feuilles, les derniers bardes folklorisaient à l'envi, mais le goût des mythes, la mise en place des aventures, des épopées, l'instinct d'aller voir dans les âmes désertaient la lande […]. — (Charles Le Quintrec, La Bretagne de Charles Le Quintrec, Éditions C. Bonneton, 1984, p. 118)
    • (Par extension) Suite de faits historiques qui, par leur caractère héroïque, rappellent les récits merveilleux des poètes.
    • Qui oserait blasphémer contre cette sublime épopée, qui commence à Valmy, et qui se déroule, en traits de feu, jusqu’à la sombre catastrophe de Waterloo ; épopée qui débute par un hymne de triomphe, et qui se ferme sous les plaintes d'une douloureuse élégie ? — (« Charlet », dans L'Urne : Recueil des travaux de J. Ottavi, avec une biographie de l'auteur, par Léon Gozlan, Paris : chez Paulin, 1843, p. 254)
    • L'histoire de Leclerc va se confondre dès lors avec l’épopée de la 2e DB qui, au terme d'un entraînement intensif, débarque le 1er août 1944 à Utah-Beach et se trouve aussitôt engagée dans l'encerclement des armées allemandes dans la poche de Falaise-Chambois. […]. L’épopée de Leclerc, à la silhouette désormais célèbre avec sa canne et son éternel képi, ne s'arrête pas là. Il libère Strasbourg (23 novembre 1944) […]. — (Claude Quétel, Le Débarquement : Pour les Nuls, Éditions First, 2014)
    • Voyage mouvementé, généralement connoté négativement.
    • Certes, Jean-Luc en tira l’avantage essentiel en utilisant ses talents de conteur qui transformaient en acte de bravoure sa fuite devant les policiers. Mais il eut le bon goût de m’associer dans le récit de son épopée. — (Jean-Pierre Hoss, Impasse Valmy, Mon Petit Éditeur, 2013, page 41)
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  • majorité
    • Groupe des votants ou des suffrages plus nombreux que les autres, soit majorité absolue ou majorité relative.
    • Le roi et les privilégiés auraient voulu que les états délibérassent comme en 1614, c’est-à-dire « par ordre ». Les privilégiés auraient eu immanquablement la majorité et les états auraient été incapables d’opérer aucune réforme sérieuse. — (Jacques Godechot, Les constitutions de la France depuis 1789, Garnier-Flammarion, 1970, page 22)
    • (Absolument) Parti qui, dans une assemblée, réunit ordinairement le plus grand nombre de suffrages.
    • L’opposition assistait avec une sorte de pitié narquoise à l’affolement de la majorité. — (Philippe Henriot, Le 6 février, 1934)
    • Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d’État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales. — (Jean-Paul Russier, Plutôt Proudhon que Marx, 2005)
    • À la tête d’un commando ultraresserré à l’Élysée, patron d’une majorité pléthorique à l’Assemblée nationale, il a cru bon de gouverner seul. — (Arthur Berdah, Emmanuel Macron, édition revue et augmentée, 2022)
    • (Par extension) Le plus grand nombre.
    • La fauconnerie est donc un sport assez coûteux et, la majorité des gros turbans marocains étant trop indolents pour chasser, elle tend à disparaître. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 129)
    • […] ; l’affaire Dreyfus nous a montré que l’immense majorité des officiers et des prêtres concevait toujours la justice à la manière de l’Ancien Régime […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.III, Les préjugés contre la violence, 1908, page 143)
    • L’internationalisme sentimental d’avant 1914 n’a pas résisté au choc des nations. Dans tous les pays en guerre, socialistes et syndicalistes, dans leur grande majorité, ont participé à la défense nationale. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 17)
    • La poussière constitue un risque pour les voies respiratoires, d’autant qu’une majorité de salariés ne porte pas de masque ou porte un masque insuffisamment protecteur ou encombrant : […]. — (Jocelyne Porcher, Cochons d’or, Éditions Quae, 2010, page 130)
    • Au nom de la bien-pensance, des groupes et des partis politiques instillent des interdits qui chamboulent notre démocratie alors que la voix des minorités devient plus tonitruante que celle de la majorité. — (Réjean Parent, « L’envahissement pernicieux », dans Le journal de Montréal, 1er novembre 2020)
    • (Droit) État de celui qui est majeur. Majorité civile.
    • Il a atteint l’âge de majorité, ou de sa majorité.
    • La majorité pour être électeur est fixée en France à 18 ans et pour être éligible à 25 ans.
    • (Plus généralement) Pluralité des individus dans un pays, dans un groupement.
    • La majorité des Français professe la religion catholique.
    • Les élèves de cette classe sont en majorité travailleurs.
    • (Marine) Résidence de l’état-major dans un port.
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  • regret
    • Chagrin que cause la perte, la mort d’une personne.
    • Suis-je heureux ? Oui ; je n’ai ni deuil, ni regrets, ni désir compliqué ; donc, je suis heureux. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • La perte de cet ami m’a causé de vifs regrets.
    • Déplaisir d’avoir perdu un bien qu’on possédait, ou de n’avoir pu obtenir celui qu’on désirait.
    • Le regret que lui cause la perte de ses biens, de sa fortune, de sa place.
    • Il a eu de bonnes marchandises, il ne doit pas avoir regret à son argent.
    • J’ai regret de n’avoir pas acheté ce domaine, cette maison.
    • Toute sorte de déplaisir, léger ou considérable.
    • Mon Dieu ! je quitterais la France avec moins de regrets si j’y laissais un homme aux yeux de qui je ne serais ni un demi-fripon, ni un dissipateur, ni un homme à illusions. — (Honoré de Balzac, L’Envers de l’Histoire contemporaine, 1848, premier épisode)
    • J’ai beaucoup de regret de ne vous avoir pas trouvé chez vous.
    • Repentir, déplaisir d’avoir fait ou de n’avoir pas fait quelque chose, d'un oubli, d'une erreur ou d'une décision.
    • J’ai un grand regret de la faute que j’ai commise.
    • Je suis au regret d’avoir dit, d’avoir fait cela; j’en suis au regret.
    • J’ai le regret de vous apprendre que… J’ai regret à le dire.
    • (Au pluriel) Lamentations, plaintes, doléances.
    • Regrets sur quoi l’enfer se fondeQu'un ciel d’oubli s’ouvre à mes vœux. — (Guillaume Apollinaire, La Chanson du Mal-aimé, 1913)
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  • dernier
    • Dans un ensemble trié, l’élément qui arrive après tous les autres.
    • Le 31 décembre est le dernier jour de l’année.
    • Le dernier né.
    • Il est le dernier de la classe.
    • Ultime, qui est après tous les autres, ou après lequel il n’y en a pas d’autre.
    • Déjà, autour du cadavre, les voisins s’affairaient pour sa dernière toilette. À terre, une bassine d’eau rougie, ses vêtements maculés, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 19)
    • Le dernier jour des terriens était arrivé et Arcvad le puissant avait décrété leur mort pour minuit, heure de Mars,
    • 11 heures du matin à New-York. — (Benjamin De Casseres, Arcvad le terrible, traduction de Émile Armand, dans Les Réfractaires, n°1, janvier 1914)
    • On les retrouve au kébab du coin, au bout de l'avenue Jean-Jaurès où une pancarte annonce : « Dernier kébab avant le périph », au Café de la musique du parc de la Villette, au café MK2 du quai de Seine. — (Régine Robin, Le mal de Paris, éditions Stock, 2014)
    • Comme il a pris son billet d'avion au dernier moment, ça lui aura coûté un bras, voire les deux, et ça lui fera les pieds. — (Julia London, Un parfait arrangement, traduit de l’anglais par Véronique Fourneaux, éditions J’ai Lu, 2017, chapitre 9)
    • (En particulier) Le plus récent.
    • […] ; ses variantes successives ont abouti à l'échelle MSK 64 (Medvelev, Sponheuer, Karnik) que l'on modifie de temps en temps, de sorte que l'on doit toujours rappeler l'année de la dernière mise à jour. — (Pierre Martin, Géotechnique : Ces risques que l'on dit naturels, Eyrolles, 2011, page 139 (§.1.5.4.2.2.1.1))
    • Les dernières nouveautés du Salon de l'électronique de Las Vegas.
    • Étiez-vous à la dernière séance ?
    • De la dernière période.
    • Le dernier Foucault sera très marqué par la lecture de ce livre et fera entrer Hadot au Collège de France en 1982. — (Michel Onfray, La résistance au nihilisme, Grasset, 2020, page 446)
    • (Par hyperbole) Extrême en son genre, en bien ou en mal.
    • Arriver au dernier degré de la perfection. — Cela est du dernier ridicule. — On l’a traité avec le dernier mépris.
    • — Oh ! c’est du dernier ingénieux ! criaient Vaugelas, Colletet et tous les autres. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XX, 1826)
    • Pendant toute la soirée, Leuwen fut du dernier tendre pour madame Grandet. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
    • Le mécanisme de ce cylindre, quoique de la dernière simplicité, ne fut d'abord que très-embrouillé dans ma tête; mais, en attendant que mes premières idées se nettoyassent, je fus si aise de les avoir eues, que j'en tressaillis, […]. — (« Quatrième mémoire : Projet d'un nouvel orgue... », dans les Œuvres complètes de Diderot, tome 9, Paris : chez Garnier frères, 1875, page 158)
    • Lucienne. — Oh ! mais, savez-vous bien, monsieur, que vous devenez de la dernière impertinence ! — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
    • Vous savez que ceux qui sont pris sur le fait sont châtiés avec la dernière des sévérités et, par conséquent, vous savez qu’ils ne reculent devant rien pour éviter d’être pincés. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, L’Agent secret, 1911, Éditions Robert Laffont, Bouquins, tome 1, page 968)
    • — Maintenant, dit Huchon, dont les yeux luisaient sous verre, nous écoutons nos trois protagonistes. Qu’ils nous renseignent, avec la dernière précision, sur le lieu, le temps, et l’ordonnance de leurs entreprises. De quels concours ont-ils besoin ? De quels comparses ? — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, pages 111-112)
    • Le plus vil, le plus méprisable.
    • Sa femme était morte, ses enfants le détestaient, une rebeue lui parlait comme à un chien, pour le Syndicat il était un traître, pour le gouvernement le dernier des cons, il ne serait pas ministre et sans doute plus député pour longtemps, qu'est-ce qui lui restait ? — (Gérard Mordillat, Ces femmes-là, éditions Albin Michel, 2019)
    • Le moins souhaitable, ce qu’il faut le plus éviter.
    • C’était la dernière chose à faire !
    • Il aurait fallu éviter le plus possible de faire cette chose.
    • C’est bien le dernier tracteur que je m’achèterais !
    • Ce tracteur n’est pas bon du tout, je n’ai aucune envie de l’acheter.
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  • pitié
    • Sentiment douloureux face aux souffrances d’autrui, que l'on ne connaît ou partage pas soi-même.
    • Oscar Wilde n'inspire plus de colère, même aux sectaires de la vertu. Tous n'ont plus, pour lui et pour son martyre, que de la pitié douloureuse. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • Je contemple avec pitié le carton coloré qui emballait les yaourts aux fruits. Absurde, cette pitié. Ou peut-être pas. Elle répond par l'absurde à l'absurde de l'existence du carton coloré emballant les yaourts aux fruits.— (Roger-Pol Droit, Dernières nouvelles des choses. Paris, Odile Jacob, 2003, page 163)
    • Mais qu'en est-il de la pitié? demande Isabella. Un bon juge doit en montrer un peu, n'est-ce pas? Angelo croit qu'il en montre en étant juste, car alors il a pitié des victimes. — (Mustafa Fahmi, La promesse de Juliette, éditions La Peuplade, Saguenay (Québec), 2021, page 133)
    • (Par analogie) Compassion ; commisération.
    • Rien dans son regard ne trahissait jamais la moindre pitié, c'était un pur soldat, dépourvu d’états d'âme. — (Arkan Simaan, L'écuyer d'Henri le Navigateur, éditions L'Harmattan, 2007, page 36)
    • « On se fatigue de la pitié lorsque la pitié est inutile », écrivait Camus. La pitié impuissante et distante devient compassion, c'est-à-dire désir intense de libérer autrui de ses souffrances […]. — (Mathieu Ricard, Plaidoyer pour l'altruisme, NiL, Paris, 2013, page 45)
    • (Par métonymie) Détresse, état misérable.
    • La grande pitié qu’il y avait au royaume de France.
    • La grande pitié de nos églises de campagne.
    • (Par analogie) Sentiment de mépris, d'orgueil ou de supériorité face aux souffrances ou difficultés d’autrui que l'on ne connaît pas soi-même.
    • Il raisonne à faire pitié (il raisonne de travers).
    • Il chante à faire pitié (il chante mal).
    • Vous me faites pitié de parler ainsi.
    • Vos menaces me font pitié.
    • Je vous ménage, j’ai pitié de vous.
    • C’est une pitié de voir sa façon de travailler.
    • Regarder quelqu’un en pitié (ne faire aucun cas de lui, le mépriser).
    • C’est un homme follement orgueilleux, qui regarde en pitié tout le genre humain.
    • Regarder, parler, traiter avec une pitié méprisante (avec une apparence de pitié mêlée à des marques de mépris).
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  • parler
    • User de la faculté du langage ; proférer, prononcer, articuler des mots.
    • Tout en procédant à sa toilette, elle parle toute seule, bavarde, gaie, animée, à cause qu’on est encore au printemps de la journée. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Les deux travailleurs essuyèrent leurs visages trempés, […], puis se parlèrent et se comportèrent comme des hommes qui se congratulent d’une matinée bien employée. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 357 de l’édition de 1921)
    • Le café quasi désert ne comptait que son Guy de propriétaire plus un vieux pousse-mégot qui parlait à voix basse au fond de la pièce adjacente, […]. — (Pierre Saha, Le porteur de mauvaises nouvelles: Liancourt, avril 1972, une tragédie ordinaire, Éditions Ravet-Anceau, 2017)
    • Parler du nez, de la gorge. Parler à l’oreille de quelqu’un. Parler avec peine. Il parle toujours entre ses dents.
    • (Par analogie) Imiter le langage de l’homme, en parlant de certains oiseaux comme les perroquets, les sansonnets, les geais, les pies, etc.
    • Apprendre à parler à un perroquet.
    • Exprimer sa pensée en articulant les mots d’une langue.
    • La population de Saint-David m’intéressait fort par ses mœurs simples et naïves et parlait un curieux patois anglais plein d’expressions maritimes. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Le philosophe doit éviter les ambiguïtés ou les plurivocités, et décider du langage qu'il entend au juste parler. Dans le cas contraire, les portes sont grandes ouvertes aux malentendus. — (Robert Zimmer, Petites distractions philosophiques: Comment apprendre à penser sans jamais s'ennuyer, Librairie Vuibert, 2017, chapitre 1)
    • S’exprimer sur certains sujets.
    • Comme tous ceux qui écrivent beaucoup, Balzac parlait peu... Mais, dès qu’il parlait, le charme opérait. Il y avait, dans sa parole, une telle autorité, une telle séduction, qu’on oubliait très vite ses disgrâces physiques. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • Je n’ai jamais entendu parler de cette affaire. Toute la ville en parle.
    • Après le dîner, pendant lequel on n’avoit parlé que de politique, il fit la lecture de ses extraits. — (Madame de Genlis, Nouveau contes moraux et nouvelles historiques, Imprimerie de Crapelet, 1802, pages 1-47)
    • Adresser la parole, avoir un entretien, converser.
    • Parler avec quelqu’un. Parler à quelqu’un. Moi qui vous parle. C’est à vous que je parle.
    • S’entretenir de.
    • De quoi parlez-vous tous les deux ? Nous parlons de vos affaires. Nous en parlerons tantôt ensemble.
    • Je vous parlerai de quelque chose qui vous regarde. Parlez de moi au ministre. Je les ai laissés qui parlaient d’affaires.
    • (Absolument) Révéler, dévoiler quelque chose.
    • […] il me touchait presque et hurlait: « Tu vas parler ! Tout le monde doit parler ici ! On a fait la guerre en Indochine, ça nous a servi pour vous connaître. Ici, c’est la Gestapo ! Tu connais la Gestapo ? » — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Expliquer ses sentiments, sa pensée, déclarer son intention, sa volonté.
    • Une peste de psychologue, que mes parents m’avaient emmené voir sur le conseil d’une prof complètement tarée, avait parlé de « nonchaloir oriental » pour expliquer ces accès de paresse. — (Bernard Du Boucheron, Long-courrier, Éditions Gallimard, 2013)
    • C’est un homme qui ne veut pas parler nettement. On a fait ce qu’on a pu pour le faire parler, mais il n’y a pas eu moyen d’en venir à bout.
    • Je saurai bien le faire parler. Expliquez-vous mieux, ce n’est pas là parler. Parler au nom de quelqu’un.
    • Intervenir, prendre la parole pour ou contre quelqu’un ou quelque chose.
    • Ce député a parlé contre le projet de loi.
    • Prononcer un discours, prendre la parole en public.
    • L’art de parler. Parler à son tour. Quand ce fut à lui de parler…. Parler sans préparation, sans être préparé.
    • (Par extension) Expliquer sa pensée par écrit.
    • Cette terrible histoire des Vaudois, dois-je en parler ou m’en taire ? En parler ? Elle est trop cruelle ; personne ne la racontera sans que la plume n’hésite, et que l’encre, en écrivant, ne blanchisse de larmes. — (Jules Michelet, Le prêtre, la femme, la famille, Paris : Chamerot, 1862 (8e édition), page 23)
    • La loi est formelle là-dessus et parle très clairement. Le contrat ne parle point de cette clause.
    • (Sens figuré) Manifester ses sentiments, ses pensées par un autre moyen que celui de la parole.
    • Les muets parlent par signes. Il me parlait des yeux et du geste. Chaque mouvement de cet habile pantomime parlait aux yeux des spectateurs.
    • (Sens figuré) Provoquer des émotions, des sentiments en parlant des choses qui ont ou qui semblent avoir une sorte de langage.
    • Ensuite c’est à chacun de voir en quoi cela l’intéresse, le concerne, lui parle. Il n’y a strictement aucune prétention comminatoire du genre : si vous ne passez pas par là, vous êtes fichu. — (Jacqueline Legaut, La psychanalyse, l’air de rien, éditions Eres, 2012)
    • La peinture parle aux yeux. Ses yeux parlent. Son visage parle.
    • La nature, le sang a parlé, quand il a revu son fils malheureux. En votre absence, tout ici nous parlait de vous.
    • (Sens figuré) (Par analogie) Démontrer ou confirmer ses qualités.
    • Pas de surprise lors du dernier tiercé : le favori l’a emporté de dix longueurs, sa classe a parlé.
    • Lors du championnat du monde des mi-lourds à mi-combat le champion en titre mène largement aux points, c’est le métier qui parle.
    • (Transitif) Se servir d’un langage.
    • Parler une langue. Parler français, italien, allemand, etc. La langue française se parle, est parlée dans tous les pays du monde.
    • Il parle plusieurs langues. Le langage que parlaient nos pères.
    • Ce poète dramatique, ce romancier fait parler à chacun son langage.
    • (Transitif) S’entretenir de quelque chose, en raisonner, en discourir. Note : dans ce cas on ne met jamais l’article devant le nom.
    • Parler géométrie, musique, peinture, politique, etc. Parler affaires.
    • (Transitif) (Péjoratif) Être sceptique sur le sujet. Note : forme transitive de tu parles.
    • « En vingt minutes à peine, ils nous ont dit : “Merci vous pouvez rentrer chez vous” », lance dans un calme paradoxal, Frédéric, vingt-deux ans d’ancienneté sur le site de La Roche-sur-Yon. « Vous parlez d’un modèle social ! » — (Pierre-Yves Bulteau, A La Roche-sur-Yon, les « Michelins » sonnés par l’annonce de fermeture de leur usine, Le Monde. Mis en ligne le 10 octobre 2019)
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  • effrayer
    • Remplir de frayeur.
    • Des soudacs et des esturgeons tout argentés battaient l'eau de leur queue puissante et effrayaient les sterlets et les ombres-chevaliers. — (Victor Tissot, La Russie et les Russes: Indiscrétions de voyage, Éditions E. Dentu, 1882, page 225)
    • J’effraye Michal comme on effraye une cousine en Normandie, avec l’aide d’une rainette, d’une araignée. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Vous me le paierez ! Mais cela ne prenait plus, et tous étaient persuadés qu’il ne gueulait ainsi que pour effrayer les gens. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • (Pronominal) — T’effraie pas, dit-il. Elle est en sûreté, puisque je la protège. — (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
    • (Pronominal) Ahmed Abdou s’effrayait aussitôt, et craignait que la graine dure et traîtresse, cachée sous les fibres, ne blessât la fillette. — (Out-el-Kouloub, « Zariffa », dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
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  • fermer
    • Clore ce qui était ouvert, par une porte, un couvercle, une trappe, etc.
    • Elle vit plusieurs fois s’ouvrir et se fermer la porte, et à chaque fois, par l’entrebâillement, elle aperçut Catherine rajeunie par l’action, […]. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre X)
    • L’entrée était d’abord fermée par une chaîne dont les attaches sont encore à leur place […]. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Fermer une chambre.
    • Fermer une armoire, un secrétaire, une malle.
    • Fermer une boîte.
    • Fermer une cour.
    • Clore un édifice, un établissement, un lieu de réunion, etc., en vue d'interrompre ce qui s'y faisait, momentanément ou définitivement.
    • Fermer un théâtre.
    • Fermer un bureau.
    • (Absolument) Les maisons de commerce ferment les dimanches et les jours de fête.
    • Interdire ; mettre en interdiction.
    • Faire fermer une école pour cause d'épidémie.
    • Cette maison de jeu, cette salle de bal a été fermée par ordre supérieur.
    • Cesser un commerce, une occupation.
    • La plupart des commerces devant lesquels je passai en bringuebalant sur Main Street avaient déjà fermé pour la journée… si tant est qu'ils se soient donné la peine d’ouvrir. — (Elizabeth Little, Les réponses, traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Sibony, Paris : Sonatine éditions, 2015)
    • Fermer boutique, cesser son commerce.
    • Boucher une ouverture, une entrée, un passage et se dit en parlant des objets qui servent à la clôture.
    • […] il remarqua que la porte de dehors n’était fermée qu’au loquet alors que, la veille au soir, il était sûr d’avoir poussé le verrou. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Elle disposa les fleurs au chevet, fit arrêter le balancier de l’horloge, voiler les glaces et les miroirs, fermer les fenêtres et cacher les portraits. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 21)
    • Fermer la porte.
    • Fermer une trappe, un judas.
    • Fermer une écluse.
    • Fermer la porte à clef, au verrou.
    • La porte n’était fermée qu’au loquet.
    • Fermer la porte en dedans, en dehors.
    • Fermer un robinet.
    • (Absolument) On ferme ! on va fermer les portes.
    • Fermer un tiroir, le faire rentrer dans le meuble où il est emboîté.
    • Fermer les rideaux, tirer les rideaux pour se garantir du froid, de la chaleur, du grand jour, etc.
    • Interrompre un passage, le rendre impossible ou très difficile.
    • Fermer un chemin, une allée, une issue.
    • Faire fermer des fenêtres avec des grilles.
    • Des portes de bronze fermaient l’entrée du temple.
    • L’avenue est fermée à chaque extrémité par des barrières.
    • Des bancs de sable ferment l’entrée du port.
    • Des broussailles fermaient l’entrée de la grotte.
    • (Par extension) Empêcher, par une résistance, par une défense quelconque, l’accès, l’entrée ou la sortie.
    • Ce corps d'armée ferme le passage à l’ennemi.
    • Fermer les ports, les mers, les chemins.
    • (Sens figuré) Fermer à quelqu’un le chemin des honneurs.
    • Cette carrière lui est à jamais fermée.
    • Enclore.
    • Fermer une ville, un parc, un jardin, enclore de murailles, de haies, de fossés.
    • La grande muraille qui ferme la Chine au nord.
    • Rapprocher l’une contre l'autre des parties dont l’écartement formait une ouverture.
    • Fermer un sac, une bourse.
    • Fermer la bouche.
    • Fermer la main.
    • Fermer un livre.
    • Cette plaie se fermera bientôt.
    • Les fleurs de cette plante se ferment dès que le soleil paraît.
    • Fermer une lettre, un paquet, plier et cacheter une lettre, un paquet.
    • Clore, arrêter, terminer.
    • Fermer un compte.
    • Fermer une discussion.
    • Fermer les débats.
    • Fermer une liste, une souscription.
    • Son nom ferme la liste.
    • (Vosges) Fermer la lumière : arrêter l’éclairage.
    • (Intransitif) Être clos, se clore.
    • Ce coffre ferme à clef.
    • Ces fenêtres ne ferment pas bien.
    • Cette porte ferme mal.
    • La Bourse a fermé à tel cours.
    • Cette valeur a fermé à tel cours, le cours des valeurs ou de cette valeur était tel à la fin de la Bourse.
    • (Vosges) Éteindre.
    • Tu pourrais fermer la lumière en sortant !
    • (Sens figuré) (Pronominal) Se renfermer sur soi-même, stopper tout dialogue.
    • C’était incroyable comme le visage de Niclas se transformait quand il souriait. Puis le sérieux repris le dessus et il se ferma de nouveau. — (Camilla Läckberg, traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus, Le Tailleur de pierre, Actes Sud, 2009 (1re édition 2005), page 315)
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  • questionner
    • Interroger quelqu’un, lui poser des questions.
    • Au moment de questionner sa fille, la mère luttait entre le pardon et la remontrance, car elle avait reconnu l’amour, […]. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Au carrefour de Mazagran, les Allemands m’ont interpelée pour me questionner sur mes intentions et ma destination. — A Vouziers, je vais à Vouziers, leur ai-je répondu, haletante, tout en leur présentant mes papiers. — (Marie-Gabrielle Copin-Barrier, Robert-Espagne, une tragédie oubliée: Une femme de gendarme raconte, L'Harmattan, 2009)
    • Quand il a été questionné sur la controverse entourant La petite vie, Adib Alkhalidey a répondu ceci... — (Sophie Durocher, Dans quel Québec vit Adib Alkhalidey?, Le Journal de Montréal, 20 novembre 2020)
    • (Histoire) Passer à la question, interroger en torturant.
    • (Péjoratif) Faire des questions importunes de façon coutumière.
    • Cet homme-là ne fait que questionner.
    • (Anglicisme) Mettre en doute, remettre en question, critiquer, contester.
    • Ce sont ces revenus-là dont Thierry Pech questionne la légitimité. — (« Le temps des soupirs », Le Monde, <lemonde.fr>, 3 novembre 2011)
    • Les autres partis ont également questionné les motivations du gouvernement. — (« La Grèce face au “coup de poker” de Papandréou », TF1 News, <lci.tf1.fr>, 1 novembre 2011)
    • Le ministre québécois des affaires municipales, M. Laurent Lessard, questionne la rentabilité économique d’un TGV de plus de 20 milliards$ entre Québec et Windsor de qui est alléguée dans une étude rendue publique lundi. — (« Laurent Lessard questionne la rentabilité », Le Journal de Québec, <lejournaldequebec.canoe.ca> 17 octobre 2011)
    • Je sais aujourd’hui l’état de tension particulier dans lequel me plonge cette écriture, combien celle-ci me questionne, me perturbe, m’épuise, en un mot me coûte, au sens physique du terme. — (Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, J.-C. Lattès, 2011)
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  • déclarer
    • Faire connaître d’une façon manifeste.
    • Il me déconcerta en me déclarant à brûle-pourpoint : « Il faut rendre libre la polygamie. » — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • […] l’ouverture donnait sur la loge de Gaby Million où la vedette avait laissé ses chiens. Les bêtes se mirent à aboyer.— Naturellement c’est plein de cabots, crut devoir déclarer spirituellement Mr. Morgan. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • (Pronominal) — L’atmosphère avait été lourde pendant toute la journée, et le soir un orage terrible se déclara. Les coups de tonnerre se succédaient sans interruption ; la pluie tombait, torrentielle. — (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
    • Le vent se déclara contre les Espagnols, qui perdirent des navires sur les bas-fonds des bouches de l’Escaut. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, page 13)
    • D'autres fois l’insurrection s'étendait à toute une région. Les tribus chassaient ou massacraient leurs caïds, pillaient ou démolissaient leurs khasbas et se déclaraient en siba. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 40)
    • L'Autriche déclarait en outre, qu'elle trouvait inadmissible que, dans l'article 3, les puissances se congratulassent de la signature de la paix entre la Prusse et le Danemarck, les hostilités ayant formellement repris. — (Eugène de Guichen, Les grandes questions européennes et la diplomatie des puissances sous la seconde république française, Paris : chez Victor Attinger, 1929, page 112)
    • La baronnie d’Elbeuf fut adjugée à René, duc de Lorraine ; mais Jean de Rieux déclara ne pouvoir rendre les 12 fiefs dont Bourgtheroulde faisait partie, attendu que, donnés en mariage à sa sœur, ils étaient détenus par des tiers. — (M. Charpillon , Dictionnaire historique, géographique, statistique de toutes les communes de l'Eure, Les Andelys : chez Delcroix, 1868, page 522)
    • Faire connaître d’une façon décisive, par acte public, par autorité publique.
    • On le déclara coupable de haute trahison.
    • Son mariage a été déclaré nul.
    • Les objets que la loi déclare insaisissables.
    • (Pronominal) S’expliquer, se manifester ou se faire connaître.
    • Il ne veut point se déclarer là-dessus.
    • Il s’est déclaré l’auteur de ce livre.
    • (Sens figuré) — Après une période de six années de disette et de souffrances, une maladie épidémique, appelée peste blanche, se déclare dans la paroisse vers le mois de Mai et en décime la population. — (« Plérin : quelques notes sur cette commune », dans l’Annuaire des Côtes-du-Nord, tome 3, Saint-Brieuc : chez L. Prud'Homme, 1853, p. 25)
    • (Pronominal) Exprimer des sentiments d'amour à quelqu'un.
    • Je lui ai dit : « Ma sœur a du sentiment pour vous ; il faut vous déclarer. » — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 60)
    • Fernande fût morte plutôt que de se déclarer, crime inexpiable à l’époque pour une amoureuse, mais ses silences et ses beaux regards noyés parlèrent pour elle. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 320)
    • — Je perdais les pédales, je yoyotais, je régressais. Bref, j’étais tombé amoureux. Mais je n'osais pas encore me déclarer. — (Serge Loupien, Sexties, éditions Grasset, 1993)
    • (Pronominal) Se prononcer ou prendre parti pour ou contre quelqu’un, pour ou contre quelque chose.
    • Tenant la bride un peu haute à ce peuple déjà fort aliéné du service du Roi, il l'empêche de se déclarer et occupa les forts châteaux de Rosemont et de la Ferté-Chauldron. — (Le Nivernois: album historique pittoresque, publié par N.-J. Morellet, J.-C. Barat & E. Bussière, tome 1, Nevers : chez E. Bussière, 1840, page 26)
    • Il est le premier ministre de la Guerre qui se soit déclaré hostile à l’alliance franco-russe, thème favori des hommes de la « Jésuitière ». — (Pierre Miquel, L'affaire Dreyfus, « Que sais-je ? » n° 867, Presses Universitaires de France, 1959)
    • (Sens figuré) La victoire s’est déclarée pour nous.
    • Le ciel se déclare en notre faveur.
    • (Pronominal) Prendre parti dans une guerre commencée.
    • Cette nation n’hésita plus à se déclarer. Le participe passé Déclaré, ée, s’emploie adjectivement dans ce sens.
    • Ennemi déclaré.
    • Partisan déclaré.
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  • emmener
    • Mener hors du lieu où l’on est vers un autre lieu ; utilisé plutôt en parlant de personnes ou d’objets capables de se déplacer, comme par exemple des véhicules.
    • Nous avions combattu et couru toute la journée. Faits prisonniers par les dragons prussiens, nous avions été emmenés jusqu’à Vrigne-aux-Bois au grand trot de nos montures. — (Victor Thiéry, Après la défaite : Souvenirs et impressions d'un prisonnier de guerre en Allemagne, Paris : chez Frinzine, Klein & Cie, 1884, page 17)
    • Quand Napoléon III fut empoigné à Boulogne pour avoir donné une seconde représentation du débarquement à Cannes, on le jeta au cachot et on l’emmena à Paris sans lui donner le temps de changer de chemise. — (Arsène Houssaye, Les Confessions, tome IV : Souvenirs d'un demi-siècle 1830-1880, tome 4, Paris : chez E. Dentu, 1885-1891, chapitre 4)
    • Après une minutieuse préparation, tant de la machine que du passager, à 4 heures du matin, je décolle dans les ténèbres, emmenant un solide gaillard Serbe, ex-chef célèbres de comitadjis. — (Jacques Mortane, Missions spéciales, 1933, page 223)
    • D’un seul coup, brutalement, le flotteur gauche s’engagea. Je fus emmené dans un « cheval de bois » à gauche, que je pus contrecarrer quelque peu en accélérant. — (Jean Mermoz, Mes Vols, Flammarion, 1937, page 62)
    • Une peste de psychologue, que mes parents m’avaient emmené voir sur le conseil d’une prof complètement tarée, avait parlé de « nonchaloir oriental » pour expliquer ces accès de paresse. — (Bernard Du Boucheron, Long-courrier, Éditions Gallimard, 2013)
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  • taper
    • (Familier) Frapper du plat de la main, battre, donner un ou plusieurs coups.
    • Taper un enfant.
    • Si vous désobéissez, je vous taperai.
    • Elles se tapèrent comme les laveuses tapent leur linge, rudement, en cadence. Quand elles se touchaient, le coup s’amortissait, on aurait dit une claque dans un baquet d’eau. — (Émile Zola, L’Assommoir, 1877, page 400)
    • Se taper le front.
    • Ça riait en se tapant les cuisses. — (Jean Giono, Un de Baumugnes, 1929, page 67)
    • Frapper, cogner, toquer pour produire un bruit.
    • Dedans on buvait des boissons variées qu’à la couleur on reconnaissait pour du cidre, du café ou de l’eau-de-vie, et l’on tapait les verres ou les tasses sur les tables avec des éclats de voix qui ressemblaient à des disputes. — (Hector Malot, En famille, 1893)
    • Il faisait joyeusement taper ses béquilles sur le pavé. — (René Benjamin, Gaspard, 1915, page 150)
    • Taper trois coups à la porte.
    • (Théâtre) Frapper trois coups pour annoncer le début du spectacle.
    • L’Annoncier tape fortement le sol avec sa canne, et lorsque le silence règne, il annonce : Le Soulier de satin ou Le Pire n’est pas toujours sûr — (Paul Claudel, Le Soulier de satin, 1944)
    • (Musique) Mal jouer de la musique en frappant sans nuance sur un instrument.
    • Il n’y avait guère là, le soir, que la seconde des corsets, miss Powell, qui tapait sèchement du Chopin sur le piano. — (Émile Zola, Au Bonheur des dames, 1883, page 648)
    • Dactylographier, écrire à la machine ou à l'ordinateur, les doigts frappant le clavier.
    • Je lui dictais sévèrement des choses ennuyeuses qu’elle tapait avec une application timide, toute frêle, toute mièvre dans sa robe de confection simili popeline. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
    • J’étais écœurée de son attitude, elle jouait les étonnées et essayait de me persuader que c'était Jojo qui avait tapé ce courrier. — (Catherine Podgorski, Charlatan, Scélérat, Menteur! Je vous présente mon employeur, Éditions Publibook, 2001, page 68)
    • Je tapai un début de phrase, sans conviction. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 30)
    • Jouer, le complément d’objet désignant des cartes (→ voir taper le carton) ou un jeu de cartes.
    • Il regarda dans la glace quatre vieux qui tapaient une belote en silence. — (René Fallet, Banlieue sud-est, 1947, page 33)
    • Les vrais « hommes » se réfugient chez Dupont tout est bon, où la banalité est encore de mise, dans les tabacs rebelles aux effets, et tapent leurs parties de cartes sur le tapis de tout le monde sans verser dans un académisme de sages-femmes. — (Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, 1939, page 137)
    • (Argot) Prendre.
    • On pique, on avale… on tape dans le tas avec les doigts… le tout c’est de s’y mettre… Et c’est excellent ! — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, page 324)
    • (Populaire) Se faire donner ou prêter de l'argent.
    • Mon fils m’a tapé vingt euros.
    • Gontran.— Non, je viens pour le taper, ainsi vous comprenez…Moricet.— Le taper !… Vous frappez votre famille ?Gontran.— Mais non… Je voudrais qu’il me prête cinq cents francs. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
    • Je ne sais pas si vous savez que vous êtes comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance ?— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 198)
    • L’idée du mariage flottait autour de Jacques : « Je ne puis pourtant plus taper maman », pensait-il ; de fait, la marquise d’Iscamps était bien capable de se ruiner toute seule et sans qu’on l’y aidât. — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922)
    • Lecouvreur était encore un bleu dans le métier de bistrot. Il ne savait pas se débarrasser des raseurs qui le tapaient d’une tournée. — (Eugène Dabit, L’Hôtel du Nord, 1929, page 60)
    • Entre vingt et trente ans, on peut taper les copains pour finir le mois, ça n’a pas d’importance. Entre trente et quarante, ça commence à devenir pénible. Au-dessus de quarante, c’est intolérable. — (Roger Vailland, Drôle de jeu, 1945, page 206)
    • (Intransitif) Frapper, donner un ou plusieurs coups, rosser, heurter, cogner.
    • Taper sur quelque chose.
    • Il lui tapa sur le ventre.
    • Elles couraient et couraient. Leur cœur tapait ; bientôt le souffle leur manqua. — (Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, 1930, page 242)
    • Ce fut lui, enfin, qui enfonça les crochets pour les fameux rideaux, non sans taper du marteau sur ses doigts. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, chapitre VIII, Gallimard, 1937)
    • Levaque, délassé et excité d’avoir tapé sur sa femme, tâcha vainement d’entraîner Maheu chez Rasseneur. — (Émile Zola, Germinal, 1885, page 1233)
    • (Intransitif) (Par extension) En parlant du soleil, frapper par sa puissance ou sa luminosité.
    • Le soleil tapait à travers la vitre, je comptais les gares et je lisais et relisais l’adresse et le numéro de téléphone sur la carte de Georges. — (Lolita Pille, Bubble gum, Bernard Grasset, Paris, 2004, ISBN 2-246-64411-9, chapitre III, page 43)
    • Mets-toi une casquette, le soleil va taper fort aujourd'hui. — (Michel Rabagliati, Paul à la pêche, éditions la Pastèque, Montréal, 2006, page 75)
    • (Intransitif) Frapper, atteindre.
    • Taper à côté : Échouer.
    • Taper dans le mille : Réussir.
    • (Intransitif) Monter à la tête, enivrer.
    • Tu monteras deux bouteilles de notre Lunel… du deux francs… de celui qui tape. — (Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, 1864, page 129)
    • Prendre au nez, à la gorge, puer.
    • Ça tape ici !
    • Il tape des arpions que c’est pas croyable… On se recule nauséeux. — (Bertrand Blier, Les Valseuses, 1972)
    • (Pronominal) (Populaire) Manger, boire.
    • J’avais de quoi alimenter la conversation chez Lipp où j’avais l’intention d’aller me taper une choucroute. — (Jo Barnais, Mort aux ténors, chapitre II, Série noire, Gallimard, 1956, page 19)
    • Tiens, ma vieille elle a soixante-cinq ans, j’habite avec elle. Eh bien, à son âge, elle se tape encore son kil de rouge dans la journée. — (Jean-Paul Sartre, Les Chemins de la liberté : La Mort dans l’âme, 1949, page 247)
    • (Pronominal) Faire, être obligé, contraint de faire.
    • C’est moi qui ait dû me taper tout le travail.
    • «Qu’il se débrouille. Je me suis déjà tapé les mesures à défendre», souffle à Chez Pol un cador du groupe LREM à l’Assemblée. — (Sylvain Chazot, Etienne Baldit et Chez Pol, À LREM, la patience envers Jean-Michel Blanquer a des limites, Libération, 18 janvier 2022)
    • J’ai dû me taper tout le trajet à pied.
    • (Pronominal) Être atteint par, subir.
    • Se taper une angine.
    • (Pronominal) (Vulgaire) Se faire, faire l’amour avec.
    • Se taper un mec.
    • Se taper une meuf.
    • (Pronominal) (Populaire) Faire coup blanc, ne rien obtenir, faire des efforts en vain.
    • Tu peux toujours te taper.
    • (Pronominal) (Vulgaire) Se branler, n’en avoir rien à foutre.
    • Je m’en tape !
    • Je n’en ai rien à taper.
    • Nous faisons des confidences, toujours des confidences – « grande rencontre », « profonde générosité », « c’est un homme formidable » – d’une impudeur démente et dont tout le monde se tape. — (Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, J’ai lu, 2016, page 198)
    • (Familier) Consommer de la drogue par le nez.
    • […] ce n’est pas parce que 11% des fumeurs de cannabis vont ensuite se taper une ligne de coke qu’ils le font à cause de la ganja qu’ils ont fumée. — (Théo Chapuis, Une fois pour toutes, le cannabis conduit-il à la consommation d'autres drogues ?, site konbini.com, 29 avril 2015)
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  • panser
    • Soigner une plaie ou une blessure ; lui faire un pansement.
    • L'assistance médicale était organisée ; les infirmeries indigènes, créées dans chacun de nos postes, voyaient affluer, chaque jour, des centaines de consultants dont certains venaient se faire panser les blessures reçues en nous combattant ; […]. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 177)
    • Les blessures des arbres doivent être soigneusement pansées au mastic.
    • (Par extension) (Littéraire) Consoler, soulager.
    • Toujours penchée sur le grabat des âmes, Elle lavait les plaies, pansait les blessures, réconfortait les défaillantes langueurs des conversions. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Elle avait été blessée dans son amour-propre, il s’employa à panser sa déception.
    • Si les sondages se confirment et que Joe Biden remporte l'élection du 3 novembre, ce sera lui qui aura à panser les plaies derrière Donald Trump. — (Richard Latendresse, Malchanceux, ces démocrates!, Le Journal de Montréal, 1er novembre 2020)
    • Faire la toilette d’un animal, en particulier d’un cheval, l’étriller, le brosser, etc.
    • Cogolin conduisit les chevaux à l’écurie, les pansa, les fit boire et leur donna à manger. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
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  • prêter
    • Fournir, donner.
    • Elle s'était levée et prêtait l'oreille à des bruits imaginaires. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Tous les hommes, […], écoutaient nonchalamment, sans y prêter grande attention, un mauvais phonographe, aux accents métalliques. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 385 de l’édition de 1921)
    • Historiquement, la « tête gouvernante » de l'impérialisme nord-américain prête une attention supérieure au contrôle militaire, tandis que sa « tête privée » se consacre au contrôle économique. — (Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974)
    • La nuit lui prêtait son ombre.
    • Prêter secours, aide, faveur, etc., secourir, aider, favoriser quelqu’un en quelque chose.
    • Prêter la main à quelque chose, aider à faire quelque chose, être complice de quelque chose.
    • Il a prêté la main à ce vol, à ce meurtre.
    • Prêter la main à quelqu’un, l’aider à porter quelque chose de pesant, à remuer, à soulever quelque fardeau ; et, figurément, l’aider à réussir dans une entreprise.
    • Prêtez-moi un peu la main.
    • Prêter l’épaule.
    • Prêter serment, faire serment devant témoins.
    • Prêter serment devant un tribunal.
    • Il fut admis à prêter serment.
    • Prêter foi et hommage se disait d’un vassal qui rendait foi et hommage au seigneur duquel il relevait.
    • Prêter son nom, laisser faire en son nom un acte où l’on n’a point d’intérêt, dont un autre a les avantages et les charges. Il se dit aussi de celui qui autorise un autre à se servir de son nom en quelque occasion → voir prête-nom.
    • Prêter sa voix, prêter son ministère à quelqu’un, parler pour lui, s’employer pour lui.
    • Fournir une chose sous condition que celui qui la reçoit la rendra ; permettre l’usage temporaire d’une chose. Il s’emploie absolument dans ce sens; c’est alors le plus souvent d’argent qu’il s’agit.
    • Les machines seront toutes prêtées par l’entreprise Caterpillar, qui en profitera pour proposer des démonstrations. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 23 septembre 2022, page 23)
    • Prêter sa voiture.
    • Prêter des meubles.
    • Il nous a prêté sa maison.
    • Prêtez-moi cette brochure.
    • Il ne rend jamais les livres qu’on lui prête.
    • C’est un homme qui n’aime pas à prêter.
    • Prêter à intérêt.
    • Prêter à la petite semaine, prêter pour un temps très court et à un intérêt très élevé.
    • Attribuer, imputer.
    • Prêter à quelqu’un des propos, des opinions, des projets, des intentions, une action, un ouvrage, une chanson, une plaisanterie.
    • Prêter à une personne des torts, un ridicule, un travers.
    • (Intransitif) Fournir matière à ; donner lieu à.
    • Envisagé du bord, un débarquement semblait d’autant plus difficile qu’outre les remous et les brisants qui encerclaient l’îlot, la configuration du rocher ne s’y prête guère. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Sa présence à Sagra ne prêtait pas moins à cent explications banales. — (Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, José Corti, 1951)
    • Mais à cette réunion, j’eus le tort de présenter mes idées sous une forme édulcorée (la théorie de l’onde-pilote) qui prêtait à de nombreuses objections. — (Louis de Broglie; La Physique quantique restera-t-elle indéterministe ? Séance de l’Académie des Sciences, du 25 avril 1953)
    • Nul ne sait si l'histoire d'un automobiliste faisant marche arrière pour « confisquer » le « barbecue » (le surnom du radar mobile) qui venait de le griller» est vraie. Ou juste imaginaire parce que prêtant à sourire. — (Denis Boulard, Radar Business, Éditions First-Gründ, 2012 chapitre 7)
    • Ce que vous me dites prête à penser.
    • S’étendre aisément quand on les tire, en parlant du cuir, des étoffes, et autres choses de même nature.
    • Du cuir qui prête.
    • Un bas qui prête.
    • Une étoffe qui prête.
    • C’est un sujet qui prête, se dit, en parlant des ouvrages de l’esprit, d’un sujet qui peut fournir des développements brillants, suggérer des idées intéressantes.
    • J’ai fait de la poésie, de l’éloquence là-dessus. Le sujet prêtait : Guillaume amoureux d’une paysanne !… son père pouvait bien l’avoir été. Guillaume cédant à sa passion !… son père y avait cédé. — (George Sand, Jeanne, 1844)
    • (Pronominal) S’adonner, se laisser aller momentanément à quelque chose.
    • Se prêter à l’espérance, à l’illusion.
    • (Pronominal) Consentir par complaisance à quelque chose ; se plier à.
    • Notons que le terme association a été très mal choisi. Il n'implique pas que les plantes se prêtent une aide quelconque. En général, elles sont concurrentes. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 114)
    • On n'a jamais très bien compris ce qu'on reprochait aux poses très prudes et un rien mélancolique de l'étudiante génépiste qui s’y était prêtée. — (Louis Perego, Le coup de grâce, Les Éditions de l'Atelier/Éditions ouvrières, 1995, p. 88)
    • Convenir à ; être utilisable pour.
    • Ces lignes pures, ce ton fauve et doré, prêteraient merveilleusement à la peinture, et il est fâcheux que Léopold Robert, ce Raphaël des paysans, soit mort si jeune et n’ait pas fait le voyage d’Espagne. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
    • (Pronominal) Convenir à ; être utilisable pour.
    • Grâce à la nature du sol (tirs et hamri) et à l’abondance des précipitations, une grande partie de la zone côtière se prête admirablement à l’exploitation agricole. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 219)
    • Le sol argilo-calcaire, parfois décalcifié en surface — devenant argilo-siliceux au contact des grès bigarrés — se prête bien à la culture des céréales. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 13)
    • Un sandwich enroulé (wrap en anglais) dans une tortilla de blé, voilà l'idée toute simple née en Californie dans les années 1990. Digne descendant du burrito, le wrap n'a pas tardé à conquérir le monde, tant il se prête à toutes les variations. — (Estérelle Payany, Wraps, éditions Variations gourmandes/Solar éditions, 2012, introduction)
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  • connais
    • Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe connaître.
    • J’essaie de déchiffrer son écriture en pattes de mouches pendant que l’autobus me mène dans un coin de la ville que je ne connais pas encore. — (Eza Paventi, Les souliers de Mandela, 2014)
    • Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe connaître.
    • Un Minimoy l’observe de longs instants à la dérobée puis, tandis que la maîtresse écrit au tableau, se penche vers lui et chuchote : « Tu ressembles à Jacques Chirac… Tu le connais ? » — (Patrice Romain, Inspecteurs casse-couilles : Les profs les détestent, voici pourquoi !, Éditions Opportun, 2020)
    • Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe connaître.
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  • intensité
    • Haut niveau ou degré ; propriété de ce qui est intense.
    • L’intensité de l’explosion ébranla tout le quartier.
    • Puissance de ce qui est exprimé ou ressenti.
    • L’intensité de son regard me met mal à l’aise.
    • Rien ne vaut l’intensité des émotions ressenties en chute libre.
    • Pureté et éclat d’une couleur.
    • Pour mon regard neuf, chaque détail de mon univers était source d'étonnements, de l’intensité du bleu du ciel aux herbes de notre courette deux fois plus hautes que moi. — (Monique Cluzeau, Paysanne dans une autre vie, Editions des Souvenirs d'antan, 2011, p. 51)
    • (Électricité, Physique) Intensité [de courant] électrique, quantité de courant électrique qui traverse un conducteur. — Note : Elle s’exprime en ampères.
    • Je sentais l’intensité du courant grandir et à mesure ma gorge, mes mâchoires, tous les muscles de mon visage, jusqu’à mes paupières se contracter dans une crispation de plus en plus douloureuse. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • (Acoustique, Physique) Intensité acoustique, densité de puissance sonore par unité de surface.
    • L’intensité de son ne change rien à sa propagation.
    • (Optique, Physique) Intensité lumineuse : densité par unité d’angle solide du flux lumineux émis par une source lumineuse, dans une direction donnée.
    • Le candela est l’unité du Système international (SI) pour l’intensité lumineuse.
    • (Électromagnétisme, Physique) Intensité énergétique : densité de puissance par unité d’angle solide émis par une source de rayonnement électromagnétique, dans une direction donnée (équivalent en radiométrie de l’intensité lumineuse).
    • L’unité de base du Système international (SI) pour l’intensité énergétique en radiométrie est le watt par stéradian (W/sr).
    • (Écologie, Économie) Intensité énergétique : rapport entre l’énergie consommée et la valeur économique produite, pour un produit donné, une industrie, une entreprise, voire globalement pour l’économie d’un pays.
    • La forte réduction apparente de l’intensité énergétique constatée pour les économies des pays avancés est sujette à caution, car une partie de ces « progrès » ont été obtenus en délocalisant les activités énergivores.
    • Une hausse importante des prix de l’énergie touche particulièrement les industries lourdes à haute intensité énergétique, mais nettement moins le secteur tertiaire.
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  • ciller
    • Fermer et rouvrir l’œil rapidement en rapprochant puis séparant les paupières.
    • (Absolument) Je ne bougeai pas et n’articulai plus un cri : j’étais devenu tout à fait insensible, et tandis qu’Ir… me brûlait, je pouvais le regarder sans ciller. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • La reprise de l'épidémie de Covid-19 en Chine est «la source d'une inquiétude légitime pour l'Europe», a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement français Olivier Véran, assurant, en réponse aux protestations de Pékin, que les tests obligatoires seraient appliqués «sans ciller». — (AFP, Reprise épidémique en Chine: une «inquiétude légitime», les tests appliqués «sans ciller», a affirmé Paris, Le Journal de Québec, 4 janvier 2023)
    • (Absolument) On ne peut regarder le soleil sans ciller.
    • Il ne fait que ciller les yeux.
    • (Familier) S’imposer, revendiquer.
    • On le craint trop, personne n’ose ciller devant lui.
    • Il drague Isabelle Adjani venue à son JT, en 1997, et cille à peine lorsque, un soir de 1992, Béatrice Dalle, pour mieux le moucher, révèle qu’il lui a envoyé des lettres.— (Raphaëlle Bacqué, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Hulot, Gérard Louvin… Retour sur l’âge d’or des intouchables de TF1, Le Monde, 19 janvier 2022)
    • (Fauconnerie) Coudre ensemble les paupières d’un oiseau.
    • On met les jeunes faucons dans un cabinet ouvert de deux fenêtres, et ceux qui sont prêts à être affairés dans un endroit obscur pour les rendre dociles, ou bien on leur cille les yeux avec une aiguillée de fil en cette manière. […] Il faut que l’oiseau ne puisse voir que devant lui. — (L. Liger, Dictionnaire pratique du bon ménager…, Paris, Vve Pierre Ribou, 1722) (graphie modernisée)
    • (Pronominal) ou (Intransitif) Se dit du cheval qui commence à avoir quelques poils blancs au-dessus des yeux, vers l’arcade orbitaire.
    • On dit qu’un cheval ne cille point avant l’âge de quatorze ans, mais toujours avant l’âge de seize. Les chevaux qui tirent sur l’alzan et ceux qui sont noirs, cillent plutôt que les autres. — (Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, 1747-1765)
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  • casser
    • Briser ; rompre.
    • M. Eyssette hausse les épaules :— Si c’est Jacques qui y va, dit-il, la cruche est cassée, c’est sûr.— Tu entends, Jacques, — c’est madame Eyssette qui parle avec sa voix tranquille, — tu entends, ne la casse pas, fais bien attention. M. Eyssette reprend : — Oh ! tu as beau lui dire de ne pas la casser, il la cassera tout de même. Ici, la voix éplorée de Jacques : — Mais enfin, pourquoi voulez-vous que je la casse ? — Je ne veux pas que tu la casses, je te dis que tu la casseras, répond M. Eyssette, et d’un ton qui n’admet pas de réplique. — (Alphonse Daudet, Le petit chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 20)
    • Il y a des engueulades qui rougissent les yeux, bleuissent les joues, crispent les poings, arrachent les cheveux, cassent les œufs, renversent les éventaires, dépoitraillent les matrones, et me remplissent d'une joie pure. — (Jules Vallès, L’Enfant, chapitre 8, Le Siècle, 1878 & Éditions Charpentier, 1879)
    • Le thermomètre est descendu à -6° ; tout le gréement était couvert de givre et de glace que je dus casser en montant dans la mâture. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Soudain, la chaîne du vélo casse alors que je suis tout près du village de Voves en Eure-et-Loir, à une vingtaine de kilomètres de Chartres. — (Josette Lassalle, Une Bordelaise dans la Résistance: entretiens avec Jacques Balié, Imprimerie Fanlac, 1996, page 41)
    • (Par extension) (Cuisine) Se dit lorsqu’une mousse retombe après avoir été battue ou remuée trop énergiquement, ce qui la liquéfie en brisant les bulles d’air qu’elle contient et en chassant l’air de l’émulsion.
    • Mais ne fouette pas tant les blancs en neige, malheureux ! Tu vas les casser !
    • (Sens figuré) Imprimer un angle à une ligne ou un objet droit.
    • Lorsqu’on manie un fusil il existe quelques règles primordiales. Ainsi, lorsqu’on se déplace il faut toujours casser le fusil, voire le décharger. Lors d’un rassemblement entre chasseurs, casser et décharger sont nécessaires. Ces mesures s’imposent aussi lorsque le chasseur franchit un obstacle. — (Jean-Louis Barrère, Chasseurs, « cassez vos fusils », La Dépêche du Midi, 21 avril 1999 → lire en ligne)
    • (Sens figuré) Affaiblir.
    • Abdu et Hamid font partie des chanceux ; d’autres le sont moins. Les plus fragiles se sont « clochardisés », trop abîmés, cassés au terme de leur périple par l’ultime épreuve de la rue, témoigne une habitante du quartier Jaurès. — (Solène Cordier, Paroles de migrants : « Je ne pensais pas vivre un jour comme ça » sur LeMonde.fr. Mis en ligne le 6 avril 2017, consulté le 7 avril 2017)
    • Les fatigues de la guerre, les débauches l’ont bien cassé.
    • Il a la voix cassée.
    • Après cette séance de musculation, j’étais cassé.
    • (En particulier) (Vêtement) Assouplir une chaussure, souvent par un usage modéré après leur acquisition.
    • Si vous songez à vous lancer dans un trek au long cours juste après avoir acheté ces Chameleon, renoncez tout de suite à cette idée. Prenez le temps de les casser lors de petites marches. — (Trek Magazine, Test chaussures de randonnée : 16 tiges basses et mid au banc d'essai)
    • (Droit) Annuler, déclarer nul.
    • Afin d'obtenir la révision du procès, Voltaire publie, en 1763, l’ouvrage Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas, tandis que la famille obtient un entretien à Versailles auprès de Louis XV. Après deux ans d’instruction, le Conseil du roi casse l’arrêt du parlement de Toulouse le 4 juin 1764 pour vice de procédure et renvoie l’affaire devant le tribunal des Requêtes pour qu’il soit statué au fond. — (Affaire Calas sur l’encyclopédie Wikipédia )
    • Casser un mariage.
    • Casser un testament, un contrat.
    • Rétrograder ; renvoyer.
    • À bout de patience, Bïin de Bourdon se rendit chez l'alcade, et le somma de s'occuper immédiatement de cette affaire, criant, tapant sur la table et le menaçant, s'il ne se dépêchait, de le faire casser par son ministre. — (Alexis de Gabriac, Promenade à travers l'Amérique-du-Sud, 1868)
    • Ancien sous-off’ de la Légion, il avait d’abord été cassé de son grade, puis ayant « passé au falot », il s’était vu condamner à trente ans. — (Francis Carco, Les Hommes en cage, Éditions Albin Michel, Paris, 1936, page 50)
    • (Argot) Humilier, brocarder quelqu’un par des paroles.
    • J’t’ai cassé. — (Brice de Nice)
    • (Argot) (Vieilli) Dire, parler.(Voir casser le morceau)
    • Depuis dix secondes qu’il savait, il en cassait plus une, Léo s’inquiétait. — (Albert Simonin, Une balle dans le canon, Série noire, Gallimard, 1958, page 112)
    • (Argot) Cambrioler, faire un casse.
    • Ils vont toujours par trois, soit pour serrer, soit pour casser…— Casser ?— J’veux dire cambrioler. Comprenez-vous, C’est l’terme. Un casseur, ça signifie un cambrio et son boulot s’appelle un cassement. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • (Familier) Faire la monnaie d’un billet de banque.
    • Dix mille francs, c’était donc plus que son butin habituel, mais ce n’était pas assez. Ce n’était rien. Il avait deux cent mille francs de dettes, d’abord ; ‬et puis sa faculté de dépenser, sa brusquerie à casser un billet dans une soirée avait crû d’année en année. — (Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu follet (1931))
    • Pourrais-tu me casser ce vingt ?
    • (Intransitif) ou (Pronominal) Se briser, se rompre.
    • La mer est dure et houleuse, le remorquage pénible. À midi, la remorque casse et le motor yacht me quitte fort vite en me saluant, car il désire rentrer avant l’arrivée du grain. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Finalement, les cornes du bouc se cassèrent net et elles restèrent fichées dans la caboche du malin. — (Damien Tracqui, Les contes de la Lombarde, 2005)
    • (Intransitif) (Familier) Rompre une relation amoureuse.
    • — Qui gage qu'ils vont casser samedi soir, vers 17h34? — (Camille Beaumier & Sylviane Beauregard, Ouate de phoque, éditions de Mortagne, Ottawa, 2012, page 60)
    • Je pleure parce que je viens de casser avec mon mec.
    • (Pronominal) (Familier) Partir, s’en aller.
    • Casse-toi, pauv’ con ! — (Nicolas Sarkozy, à une personne qui refuse de lui serrer la main au Salon international de l’agriculture le 23 février 2008)
    • On se casse, les gars ! Les flics se pointent !'
    • (Équitation) Débourrer un cheval.
    • Pour l’ébahissement de cette famille fermière, nous débourrâmes, ou – pour employer l’argot du cow-boy – nous « cassâmes » les deux rouans. — (Maurice Constantin-Weyer, Un homme se penche sur son passé, 1928, réédition Nelson, page 46)
    • (Billard) Faire la casse, débuter une partie en envoyant la boule blanche dans les autres disposées en triangle.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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  • contrôler
    • (Administration) Examiner minutieusement.
    • Contrôler les comptes. - La Cour des comptes contrôle les opérations financières des budgets de l’état.
    • (Sens figuré) Examiner pour diriger.
    • Le pouvoir exécutif contrôle les actes du gouvernement. — Le pilote contrôle son bolide.
    • (Par analogie) Examiner avec une curiosité importune.
    • Vous contrôlez tout ce qui se fait dans sa maison.
    • (Par extension) — Quel droit avez-vous de me contrôler ?
    • (Spécialement) (Police) Vérifier sur la base des documents administratifs et particulièrement des documents d'identité.
    • Je sais que les schmitts ne vont pas tarder à me contrôler vu qu'il ne reste plus qu'un pèlerin à pied dans tout le Bois et que ce pèlerin, c'est moi. — (Johann Zarca, Le Boss de Boulogne, Don Quichotte éditions, 2014)
    • Matignon pourra souligner qu’il n’est pas question, dans son projet de loi, de « contrôler », mais de « vérifier », et que l’on vérifie déjà l’identité des citoyens souhaitant payer par chèque, entrer dans un casino ou voir un film interdit aux moins de 16 ans. — (Henri Seckel;, «Passe vaccinal : les contours flous d’un contrôle d’identité inédit», LeMonde , 27 décembre 2021)
    • (En particulier) Marquer du contrôle les ouvrages d’or et d’argent, pour en constater le titre, etc.
    • Il a fait contrôler sa vaisselle. - Vaisselle contrôlée.
    • (Anglicisme) Diriger, dominer d’une façon précise.
    • (Parfois) Maitriser.
    • Le bentazone est inefficace contre les graminées, le glyphosate et le vernolate en préplantation, le bentazone en postlevée contrôlent le Cyperus. — (‎E.M. Lavabre, Le Désherbage des cultures sous les tropiques, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1979, page 129)
    • La vitesse des véhicules est contrôlée à l'aide de voies en zigzag ou par le biais d'autres mesures comme des ralentisseurs ou des chicanes (pas encore d'évaluation). — (Sécurité routière : Quelle vision pour demain ?, OCDE, 2002, page 65)
    • Sofer se rendit compte qu'il souriait niaisement bien que les questions posées méritassent beaucoup plus de sérieux. Il se contrôla et reprit sa posture distante, plus ironique que vraiment sévère. — (Marek Halter, Le Vent des Khazars, Éditions Robert Laffont, 2011, chap. 4)
    • (Échecs) Pour une pièce, pouvoir prendre une pièce adverse qui viendrait sur une case.
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  • expliquer
    • Rendre clair ; faire comprendre.
    • Cela est difficile à expliquer.
    • Cela peut s’expliquer de deux façons.
    • Expliquer une énigme.
    • Ces deux passages s’expliquent l’un par l’autre.
    • Faire connaître la cause, le motif d’une chose qui paraît extraordinaire, qui est difficile à concevoir.
    • Le docteur Paul était ensuite venu, brillamment expliquer à la barre comment les coups avaient occasionné, en effet, seize blessures […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • […], il était inutile de nous adresser au ministère où nous aurions, sans doute, les plus grandes difficultés à nous faire expliquer comment, pour la Gironde, on avait trouvé cette somme de 4.950 francs par kilomètre de routes nationales à départementaliser. — (Raymond Brun, débat de la séance du 5 décembre 1972 (sur la loi de finance 1973), dans les Comptes-rendus des débats parlementaires du Sénat (France), n° 69 S, Imprimerie des Journaux officiels, mercredi 6 décembre 1972, p. 2705)
    • Expliquer un phénomène.
    • Je ne puis m’expliquer votre conduite.
    • Expliquez-moi ce que cela signifie. Il se dit dans le même sens avec un nom de chose pour sujet.
    • Sa maladie explique pourquoi il n’est pas venu.
    • Ses défauts comme ses qualités expliquent son succès.
    • Sa conduite s’explique d’elle-même.
    • Rendre intelligible par l’enseignement ou la démonstration.
    • Fort heureusement pour moi, il n’eut pas le temps de m’expliquer plus avant tout l'intérêt qu’offrait la manière dont il eût souhaité que je conjuguasse mes verbes. Quelqu'un, en effet, venait d'arriver, interrompant dans l’œuf un développement qui risquait d'être plus passionné que passionnant. — (Jean Stratonovitch, Le roman périodique, éd. Aléas, 1999, page 26)
    • Expliquer le jeu d’une machine ou une doctrine.
    • Un soir j’y ai frissonné : le vent avait fait tourner une vieille girouette rouillée, dont les cris ressemblèrent à un gémissement poussé par la maison au moment où j’achevais un drame assez noir par lequel je m’expliquais cette espèce de douleur monumentalisée. — (Honoré de Balzac, Autre Étude de Femme, 1839-1842)
    • Interpréter un auteur, le traduire de vive voix.
    • Cet écolier commence déjà à expliquer Cicéron, Virgile.
    • Il explique les poètes.
    • Expliquez-moi en français ce texte latin.
    • Comment expliquez-vous ce passage de Platon ?
    • Déclarer, développer, faire entendre nettement sa pensée.
    • Comme Lagardère jouait les étonnés, le fonctionnaire lui expliqua qu'une caméra de surveillance avait filmé un triple assassinat dans ce quartier. — (Louis Langlois, Doigt donneur, Evidence Éditions, 2017)
    • Je vais vous expliquer ma pensée.
    • Expliquer ses intentions, ses desseins, ses motifs.
    • Cette proposition vous semble hardie, attendez que je l’explique.
    • Je le ferai s’expliquer.
    • Je vais m’expliquer.
    • Je m’explique.
    • Je ne sais si je m’explique bien, si vous me comprenez.
    • Il s’en est expliqué.
    • S’expliquer avec quelqu’un, Avoir une explication avec lui.
    • Se faire comprendre, plus ou moins violemment :
    • « Sors de là ! On va s’expliquer ! ».
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Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.