Dictionnaire des rimes
Les rimes en : aveulir
Que signifie "aveulir" ?
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- (Transitif) Rendre veule, sans volonté.
- Il s’engourdit, s’amollit, s’affadit. L’abus des mignardises, des riens aimables susurrés et des regards fripons l’aveulissait. — (Marcel Aymé, nouvelle Le Faux Policier, publiée en 1945 dans Pan : revue artistique, satirique et littéraire, reprise dans le recueil Le Vin de Paris, éditions Gallimard, collection « Blanche », 1947, puis dans le tome III des Œuvres romanesques complètes (page 983-984) de Marcel Aymé, dans la Bibliothèque de la Pléiade.)
- (Pronominal) Devenir veule.
- Les Français ont oublié la guerre, la victoire et l'enthousiasme ; ils s’aveulissent ; ils laissent la bride sur le cou à ceux qui les dépouillent. — (Paul Chack, Sur les bancs de Flandre, 1927, p.252)
- Comme ces pères lâches qui trouvent plus facile de satisfaire tous les caprices de leurs enfants que de leur opposer fermement des valeurs fortes, l’Église ne cessait de s’aveulir. — (Dan Brown, Da Vinci Code, Traduction Daniel Roche, 2004)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "aveulir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
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moitir
?- Rendre moite.
- Le bracelet moitissait sa peau sous le vieux cuir. — (Tito Topin, 55 de fièvre, Série noire, Gallimard, 1983, page 20)
- Une chaleur humide moitissait tout ; les pierres transpiraient, les granits avaient de l’humeur ; les rameaux les plus secs, le houx, le chardon, tout exhalait des senteurs puerpérales qui faisaient froncer les narines. — (Martine Le Coz, La Beauté, éditions du Rocher, 2000, page 73)
- Mouiller, imbiber d’eau.
- — Nous pourrions commencer par l’enduire de notre salive, proposa Mican sans autre idée. [...]— J’y vais la première, dit Hila en moitissant la surface de la porte à différents endroits afin de déceler le symbole triangulaire. — (Dany Desjean, Les frères humains d’Agartha, Guérin, Montréal, 2011)
- (Intransitif) (Rare) Devenir moite.
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réjouir
?- Donner de la joie.
- Tout venait de s'écrouler en elle et autour d'elle, et rien n'avait plus le pouvoir de toucher son cœur, de le réjouir ou de l'attrister. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina,1902)
- On saura aussi et on révérera les courtisanes sacrées ayant réjoui le plus grand nombre d’hommes ou de femmes. Et leurs noms, gravés sur le marbre, seront conservés pour la postérité. — (Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928)
- (Pronominal) Éprouver de la joie, du plaisir.
- L'artiste, le poète et le touriste se réjouissent ici d'un pittoresque qui fait le désespoir de l'agriculteur. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Elle se réjouissait de revoir la ville, Gasbieha, de bavarder, de rire peut-être, d'écouter d'autres histoires que les commérages des femmes de fellahs. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
- Je m'assis et écrivis une lettre cordiale: monsieur Saito se réjouissait à l'idée de jouer au golf le dimanche suivant avec monsieur Johnson et lui envoyait ses amitiés. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel, 1999, page 10)
- (Pronominal) Se féliciter, éprouver une vive satisfaction de quelque chose.
- Encore étendus dans notre foin, endoloris, il nous faut raisonner, pour nous rappeler que l'Alsace dort près de nous, et nous en réjouir. — (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
- Intérieurement, le prêtre se réjouissait : il allait regrouper ses ouailles pas tellement impies, en vérité. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- « C’est un choc, mais nous nous réjouissons qu’il n’y ait pas de blessé », a déclaré Shaoul Abramczyk, président du groupe Les Halles Mandar, à qui appartenait l’entrepôt. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 26 septembre 2022, page 2)
- (Pronominal) Passer le temps agréablement, se divertir.
- Se réjouir avec ses amis.
- (Pronominal) (Suisse) Avoir hâte
- Je me réjouis de te revoir !
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saillir
?- (Vieilli) Jaillir, sortir avec impétuosité et par secousses, en parlant des choses liquides.
- Quand Moïse frappa le rocher, il en saillit une source d’eau vive.
- Le sang saillissait de sa veine avec impétuosité.
- Sortir, déborder.
- C’est qu’il faut voir ces brimborions, ces riens qui vous viennent à peine au genou : ces corps sans poids où saillissent des os de chat maigre, ces malheureuses frimousses cireuses ! — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908)
- Quand son frère sortit de la maison, il aperçut le doux visage de l’Anaïs, et en même temps la culotte à festons, les bas de coton noir serrés au-dessous du genou par les jarretières bleues. À cette vision, ses yeux saillirent, environ un pied et demi de leurs orbites, et y rentrèrent toutefois. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 255)
- Quand le piston revient en arrière, son extrémité saillit sous le réservoir, comme le jabot sous la tête du dindon mâle qui fait la roue devant sa compagne. Mais le métal du piston, lisse et huilé, est bien plus beau que le jabot craquelé du dindon. — (Roger Vailland, 325.000 francs, 1954, réédition Le Livre de Poche, page 94)
- Sur son visage net et cruel, qu’affinait une barbe courte taillée en pointe de poignard, la crispation des mâchoires faisait danser les muscles et saillir les pommettes. — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)
- (Vieilli) (Militaire) Faire une sortie, s'élancer avec force.
- Las d’être bloqués dans notre salle, nous prîmes la résolution de saillir dehors, l’épée à la main. — (Chateaubriant, Mémoires d’outre-tombe, tome 1, 1848, page 211)
- A l’arrivée des Anglois, aucuns compagnons saillirent, et il y eut par diverses fois, de gaillardes escarmouches. — (Jean Alexandre C. Buchon, Collection des Chroniques Nationales Françaises - XVe siècle, 1827, page 263)
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réduire
?- Restreindre, diminuer, ou faire diminuer.
- L’exposition en adret provoque la disparition du pergélisol et celui-ci s’y réduit comme une peau de chagrin et s’amincit. — (Jean-Noël Salomon et Marian Pulina, Les karsts des régions climatiques extrêmes, Presses universitaires de Bordeaux, 2005, page 59)
- La technique de récolte du coton laisse la plante en place, avec une quantité importante de matière végétale en partie lignifiée à détruire par brûlage, ou à réduire en brins courts pour favoriser l’enfouissement et la décomposition dans le sol. — (La Motorisation dans les cultures tropicales, éditions Quae, 1998, page 297)
- — Ma fortune ! gronda amèrement Concini. Tu as soufflé dessus. Ma grandeur, tu l'as réduite à néant. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- Son trésor est vide. Son armée, mal recrutée, mal équipée, mal disciplinée, absolument démoralisée par ses défaites récentes, est réduite à fort peu de chose par les licenciements forcés et les désertions. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 15)
- La dépense moyenne par hectare pour me défendre contre l’oïdium et le mildew atteignit 106 fr., tandis que dans les années ordinaires, je puis me contenter de cinq traitements mixtes, dont les frais peuvent être réduits à 60 fr. — (Paul Coste-Floret, Les travaux du vignoble : plantations, cultures, engrais, défense contre les insectes et les maladies de la vigne, Montpellier: chez Camille Coulet & Paris : chez Masson & Cie, 1898)
- (Géométrie) …
- Réduire une figure, La changer en une autre semblable et plus petite.
- Réduire un plan, un tableau, une statue, une médaille, une photographie, Les reproduire dans des dimensions moindres en respectant leurs proportions.
- (Musique) …
- Réduire une partition d’orchestre, En faire une réduction.
- Voyez « réduction ».
- Contraindre ; amener par nécessité ; obliger.
- Malgré son excessive floribondité, elle donne rarement des graines, et on en est réduit à la multiplier de boutures et de couchages. — (Le Bon jardinier: nouvelle encyclopédie horticole, page 175, Maison rustique, 1882)
- Lorsque le général Annenkof commença ses travaux à Mikhaïlov, il en fut réduit à distiller l’eau de la Caspienne, comme on fait à bord des navires au moyen d’appareils ad hoc. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre VI, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- […], il ne manqua pas de déserteurs en Lozère comme dans les autres départements. Pour les réduire au devoir, l'autorité employa d'abord les gendarmes, mais ceux-ci attrapèrent plus de coups que de soldats ; puis elle eut recourt aux garnisaires : on mettait des soldats en pension forcée chez les parents des conscrits réfractaires jusqu'à reddition de leur fils. — (J.-B. Delon, Histoire de Gévaudan-Lozère, Mende : Imprimerie Saint-Privat, 1941, page 121)
- Il n’était plus exilé dans la petite maison en ruines du Rialto, réduit à transporter du bois de chauffage dans sa gondole rapiécée, en danger perpétuel de pécher seul par la faute des rouées qui ne sont même pas encore filles mais qui coquinent comme si elles l'étaient. — (Léon Thoorens, La vie passionnée de Marco Polo, Éditions Seghers, 1962, chapitre 2)
- Réduire quelqu’un à la plus triste extrémité, à la dernière extrémité, être cause qu’il tombe dans l’état le plus fâcheux.
- On dit dans la même acception :
- Réduire quelqu’un à la mendicité, à l’hôpital.
- Réduire quelqu’un au désespoir.
- Amener par force ; soumettre ; dompter.
- La cité de Carcassonne était, à la fin du XIIIe siècle, […], une place imprenable qu’on ne pouvait réduire que par la famine, et encore eût-il fallu, pour la bloquer, une armée nombreuse, […]. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
- Thérèse quittait le royaume de la lumière et du feu et pénétrait de nouveau, comme une guêpe sombre, dans le bureau où les parents attendaient que la chaleur fût tombée et que leur fille fût réduite. — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
- Mais nos clercs entendaient que le favorisé prît possession du disgracié, le réduisît en esclavage, comme fait l’homme pour l'animal dont il veut qu'il le serve, […]. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, page 31)
- Réduire une place, réduire une province, réduire des rebelles.
- Réduire quelqu’un à la raison, le réduire à son devoir et, simplement,
- Le réduire, Le ramener par force à la raison, le ranger à son devoir.
- Cet enfant est si opiniâtre qu’il sera difficile de jamais le réduire.
- Il est accoutumé à faire ses volontés, on aura de la peine à le réduire.
- Je saurai bien le réduire à la raison.
- Enfin je l’ai réduit à son devoir.
- Réduire un cheval, L’habituer, à force de leçons, d’adresse, de caresses et de châtiments bien employés, à faire ce qu’on exige de lui.
- Résoudre une chose en une autre, changer la figure, l’état d’un corps, toujours avec l'idée d'un amoindrissement.
- Réduire un corps en ses éléments ; le réduire en poudre, etc.
- On réduit le blé en farine.
- Le feu réduit le bois en cendre et en fumée.
- (Sens figuré) Tous ses beaux projets sont réduits à rien.
- Guerre nous est faite, bien réelle, par tous ceux qui s'enrôlent chez Daech pour mater, asservir la femme, réduire son corps à un réceptacle. — (Malika Boussouf, Opprimer, c'est sacré, Télérama n° 3460, mai 2016)
- Réduire une maison en cendre, La consumer entièrement.
- (Géométrie) …
- Réduire un polygone en triangles, Le ramener à un certain nombre de triangles de surface équivalente.
- (Mathématiques) …
- Réduire les francs en centimes, les centimes en francs, les milles marins en mètres, Ramener des quantités des mesures, à d’autres quantités, à d’autres mesures.
- (Logique) …
- Réduire à l’absurde un raisonnement, En faire la réduction à l’absurde.
- Voyez « réduction ».
- Réduire une proposition, un problème à ses plus simples termes, à sa plus simple expression, Exprimer cette proposition, ce problème de la manière la plus simple, la plus précise, la plus dégagée de toute circonstance accessoire ou indifférente.
- On dit de même, en termes d’Arithmétique :
- Réduire une fraction à sa plus simple expression.
- (Chirurgie) Remettre à leur place les os luxés ou fracturés, replacer les intestins déplacés, etc.
- Réduire une fracture, une hernie.
- Dans la salle d’opération, l’interne de service, jeune chirurgien afghan qui avait étudié sous des maîtres français à la Faculté de Kaboul, informa Ouroz qu’il allait réduire sans plus attendre la fracture du tibia et la plâtrer. — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)
- (Chimie, Métallurgie) Appliquer une réduction. C’est à dire appliquer un gain d’au moins un électron pour une espèce chimique.
- Le lévulose cristallise difficilement; il réduit la liqueur de Fehling comme le glucose. — (Cousin & Serres, Chimie, physique, mécanique et métallurgie dentaires, 1911)
- Moins répandues que les hématites brunes, les hématites rouges sont des minerais recherchés: leur traitement qui consiste à les « réduire », c’est à dire à les désoxyder (si l’on peut employer ce terme) est assez aisé. — (Maurice Lecerf, Le Fer dans le monde, Payot, 1942)
- Alors que, dans les mitochondries, la respiration réduit l’oxygène en eau, dans le chloroplaste, la photosynthèse oxyde l'eau et produit de l’oxygène. — (Gerald Karp, Pierre L. Masson, Biologie cellulaire et moléculaire: Concepts and experiments, 2010, page 220)
- La production de l’acier commence par le minerai de fer, en général sous forme d’oxyde Fe2O3, qui est réduit par une série de réactions rédox et acide-base de Lewis. — (Peter William Atkins, Loretta Jones, Leroy Laverman, Principes de chimie, 2017, page 714)
- (Cuisine) Chauffer un liquide (sauce, fond, etc) pour en diminuer le volume par évaporation.
- Mettez vos échalotes ainsi que le vin blanc dans une casserole et faites réduire ce mélange à feu assez vif. — (Héléna Filip, L’astuce de Philippe Etchebest pour vérifier que votre poisson est bien cuit !, marmiton, 25 mai 2022)
- (Intransitif) Subir une réduction, une diminution.
- Ses ressources ont réduit de moitié.
- Ce sirop n’a pas assez réduit, il faut le laisser sur le feu.
- (Pronominal) Diminuer son train de vie.
- Ils ont été obligés de se réduire.
- (Pronominal) Se ramener, se résumer.
- Tout cela se réduit à une question de chiffres.
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dégarnir
?- Dépouiller de ce qui garnissait.
- Dégarnir une terrasse des arbres qui l’ombrageaient.
- Dégarnir une chambre, une maison des meubles qu’elle contenait, ou simplement Dégarnir une chambre, une maison.
- Les bancs se dégarnissaient, la salle se dégarnissait peu à peu, et bientôt il n’y eut plus personne.
- (Militaire) Diminuer le nombre des troupes qui forment un bataillon, une armée.
- Dégarnir le centre d'une armée, pour fortifier l’aile droite.
- (En particulier) (Militaire) Retirer une partie considérable d'une garnison ou de ses munitions.
- Dégarnir une place.
- (Par extension) — Dégarnir les côtes, les frontières, etc.
- (En particulier) Dépouiller de sa garniture.
- Dégarnir une chemise, une robe. - Dégarnir un lit. - Dégarnir un chapeau de femme.
- (Pronominal) (Vieilli) Se vêtir, se couvrir plus légèrement.
- Il s’est enrhumé pour s’être dégarni trop tôt.
- (Pronominal) (Sens figuré) (Commerce) Se dessaisir de son argent comptant.
- Vous avez eu tort de vous dégarnir.
- (Pronominal) (Familier) Perdre ses cheveux, devenir chauve.
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rondir
?- Prendre une forme ronde.
- Nous suivîmes la côte environ à trois lieues d’éloignement ; elle rondissait insensiblement. — (Bougainville, Voir t. II, page 919)
- Tailler l’ardoise.
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moisir
?- Se couvrir de moisissure.
- On a gardé trop longtemps ce pâté, il a moisi. (Pronominal) il s’est moisi.
- (Sens figuré) Rester longtemps dans la même situation, au même endroit, en parlant d'une personne.
- Voyez-vous, madame, reprit-il, un peu embarrassé, vous ne pouvez pas éternellement moisir dans cette turne. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 61)
- Je n'ai pas l'intention de moisir ici. J'ai autre chose à faire, moi. — (Pierre Benoit, Le Soleil de minuit, Albin Michel, 1930, réédition Le Livre de Poche, page 208)
- Si tu crois que je veux moisir sur la plume de Beauce, en dégustant des oranges à cochons ! — (Willy de Spens, Pierre Coignard le forçat-colonel, 1959)
- Altérer, dénaturer par la moisissure.
- L’humidité a moisi ces confitures.
- Du pain, du fromage, un sirop moisi.
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nourrir
?- Sustenter, servir d’aliment.
- Les aliments propres à nourrir l’homme.
- Cette fertile région produit tout ce qui est nécessaire pour nourrir hommes et animaux.
- (Absolument) — Le pain nourrit beaucoup. — Certaines viandes nourrissent trop.
- (Par analogie) (Jardinage) Donner des engrais, engraisser, fumer.
- Cet arbre n’a pas de quoi se nourrir dans ce sol peu fertile.
- Élever un nouveau-né en l’allaitant.
- Mounira était malade depuis quelques jours. Elle devait renoncer à nourrir son bébé. Gasbieha demandait anxieusement à son amie d’enfance de chercher une nourrice. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la plupart de nos grands-mères – les arrière-arrière-grands-mères de notre petit-enfant – nourrissent leurs bébés, c'est-à-dire nos mères et nos pères, au sein, comme cela s'est fait depuis des millions d'années. — (Sylvie Marion, Les Nouvelles Grands-mères: L'art et la manière d'être grand-mère aujourd'hui, Librairie Hachette, 1995)
- Entretenir d’aliments.
- Petite et misérable gargote de la rue Sainte-Geneviève où je me nourrissais jadis si mal que j’en ai, quand j’y pense, encore faim, je ne vous oublie pas […]. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- Les biquettes se nourrissent des broussailles. Elles permettent l'entretien de la végétation de cette réserve naturelle. — (« Chevrettes du terril » dans le Dictionnaire amoureux du Nord, de Jean-Louis Fournier, Éditions Plon, 2018)
- Les enfants sont obligés de nourrir leur père et leur mère dans le besoin.
- Je lui donne tant par an pour me loger et pour me nourrir.
- On est bien nourri, on est mal nourri dans cette pension, dans cet hôtel.
- (Sens figuré) Instruire, élever.
- Ce jeune homme a été nourri dans l’amour de la vertu, dans la haine du vice.
- (Sens figuré) Approvisionner de vivres.
- La Sicile nourrissait la Rome antique.
- (Sens figuré) Procurer un revenu, une rente.
- Cette terre le nourrit, lui et toute sa famille. - Ce métier ne nourrit pas son homme.
- (Rare) (Vieilli) Produire, porter, renfermer.
- L’Afrique nourrit beaucoup d’animaux féroces.
- Cette terre nourrit une race d’hommes forts et courageux.
- (Sens figuré) Donner un aliment.
- Nourrir son imagination de chimères. - Il se nourrit d’idées tristes.
- (Sens figuré) Entretenir ; faire subsister ; faire durer.
- Votre silence peut confirmer des doutes que je nourris depuis longtemps. — (Alfred de Musset, Le Chandelier, 1835, acte I, scène 1)
- Toute passion se nourrit de négation, parce qu’elle assume et souffre l’exception, au sens kierkegaardien du terme. Elle exile celui qui la vit. — (Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, p.77)
- Nourrir une base de données.
- Entretenir, faire profiter de certaines choses.
- La bonne terre nourrit les plantes, les arbres. - Mettre du fumier au pied d’un arbre pour le nourrir.
- Le bois nourrit le feu.
- (Sens figuré) — Nourrir un dossier d’éléments constitutifs. - Les services mutuels nourrissent l’amitié.
- (Sens figuré) — L’étude, la lecture, la conversation des hommes éclairés nourrit l’esprit.
- (Musique) (Sens figuré) Faire que les sons soient pleins et les soutenir pendant leur durée.
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anordir
?- (Marine) Prendre la direction du nord, en parlant du vent.
- Le vent anordit.
- Le vent nous forçait d’anordir et nous accostâmes le banc de Terre-Neuve. — (François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1848)
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kroumir
?- (Confiserie) Confiserie à la pâte d’amande et au chocolat (il s’agit d’une marque déposée depuis 1930).
- (Vêtement) Sorte de pantoufle en basane ou en feutre qu’on porte dans des sabots ou des bottes.
- (Gymnastique) Chausson de gymnastique (à noter que Kroumir est une marque déposée).
- Pour mes cours de gymnastique, il faut m’acheter un justaucorps et des kroumirs. — (Brigitte Giraud, J'apprends, 2005)
- (Vêtement) Chausson porté par les égoutiers de Paris dans leurs cuissardes, ou par extension des chaussons en fin feutre portés dans des bottes.
- (Argot) (Vieilli) Voyou[1].
- De là, vers 1881, l’argot réquisitionne kroumir pour désigner un voyou, un individu méprisable. — (Marie Treps, Maudits mots : La Fabrique des insultes racistes, 2017)
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reconvertir
?- Faire revenir à l'état antérieur.
- (Par extension) Adapter à des conditions nouvelles.
- Au moment de la crise agricole frappant une partie de l´Europe à la fin du 19e siècle, le pays a pu reconvertir son agriculture fondée sur une production de céréales vers l´industrie laitière. — (Olivier Sigaut & Christophe Premat, La diffusion des universités populaires en France (1898-1914), dans Coloquio « Formas y espacios de la educación popular en la Europa mediterránea », 28-30 octobre 2009)
- (Par extension) Transformer une chose en une autre.
- Il était allé lui cueillir un bouquet de coucous pour mettre au pied de la statue de la Vierge qui trônait sur un vieux confiturier reconverti en fourre-tout de laines et de tissus où elle puisait pour occuper ses doigts. — (Élise Fischer, Le Rêve de la Grenouille : une enfance lorraine, Paris : Presses de la Cité, 2011, chapitre 9)
- Je me suis arrêté dans une taverne reconvertie en bar branché pour barbus tatoués. — (Biz, La chaleur des mammifères, Leméac, Montréal, 2017, page 96)
- Affecter une personne à un nouvel emploi qui demande une formation appropriée.
- (Pronominal) Changer d'activité, de profession, suivre la formation nécessaire à cette adaptation.
- Reconvertie à la cuisine il y a dix ans, la cheffe tient aujourd’hui son propre restaurant, Au Gré du vin, au Château-d’Oléron. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 8)
- (Mathématiques) Effectuer une nouvelle conversion.
- (Rare) Convertir à nouveau quelqu'un à une religion.
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assombrir
?- Rendre sombre.
- Ces arbres assombrissent notre maison. Les malheurs ont assombri son caractère.
- (Pronominal) Devenir sombre.
- Le ciel, très chargé, s’assombrissait de plus en plus. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
- Le soleil était couché depuis quelques instants, le ciel perdait peu à peu sa teinte pourprée et s’assombrissait de plus en plus, […]. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
- Et il s’engagea dans le couloir, qui allait toujours s’assombrissant. — (Alexandre Dumas , La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
- Partie de la trop aimable idylle florianesque, son histoire d’amour peu à peu s’était assombrie jusqu’à prendre les couleurs arrières du roman flaubertien, qui dit l’universelle maldonne. — (Philippe Berthier, Figures du fantasme: un parcours dix-neuviémiste, Presses Universitaires du Mirail, 1992, p. 164)
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cinétir
?- Procédé d’entraînement au tir pour la chasse par lequel on tire sur un écran projetant des scènes de chasse filmées en conditions réelles.
- Calvet est en outre un véritable inventeur qui mit au point le cinétir consistant à projeter sur une cible des images que le tireur s’entraîne à atteindre. — (Françoise Lemaire, Établissement cinématographique et photographique des armées (France), Les films militaires français de la première guerre mondiale: catalogue des films muets d’actualité réalisés par le Service cinématographique de l’Armée, 1997)
- Local permettant de s’adonner à cette activité.
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adoucir
?- Rendre doux, tempérer.
- Adoucir l’acide du citron avec le sucre.
- Adoucir une sauce trop salée en y ajoutant de l’eau.
- Adoucir les traits d’une figure, les rendre plus délicats, plus aimables.
- Adoucir les teintes d’un tableau, graduer avec plus de délicatesse le passage de l’une à l’autre.
- Rendre plus doux, en parlant d'un son, d'une voix.
- Il parlait couramment anglais, mais avec un fort accent tudesque, qu’on remarquait spécialement dans la prononciation des lettres v et b ; il adoucissait ses th jusqu’à faire entendre le son dz très doux, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 153 de l’édition de 1921)
- Polir en ôtant les aspérités.
- On adoucit le bois avec la prêle.
- On adoucit les glaces avec l’émeri.
- (Spécialement) (Marbrerie) Frotter le marbre avec une pierre-ponce dure et de l'eau ; c'est la quatrième opération employée pour parvenir au poli du marbre.
- (Sens figuré) Rendre plus supportable.
- Cela adoucira un peu votre mal.
- Si quelque chose pouvait adoucir ma peine.
- Adoucir l’ennui, l’amertume, le chagrin, etc.
- Tous les maux s’adoucissent avec le temps.
- Cette critique est trop sévère, il faut l’adoucir.
- Adoucir des reproches, des remontrances, un refus, etc.
- (Beaux-arts) Diminuer ce qui est trop prononcé.
- Toute la ville était éclairée par un petit nuage éblouissant qui s’était arrêté sur la lune, et le ciel était adouci de clarté. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896)
- La hardiesse du vrai s’élève à des combinaisons interdites à l’art, tant elles sont invraisemblables ou peu décentes, à moins que l’écrivain ne les adoucisse, ne les émonde, ne les châtre. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
- Apaiser.
- Adoucir la colère de quelqu’un. Adoucir un esprit irrité. Sa colère s’est adoucie.
- La loi vise à faire pression sur les nations européennes pour qu'elles adoucissent les sanctions américaines paralysantes. — (Associated Press, Iran : travaux de construction dans une usine d'enrichissement d'uranium souterraine, radio-canada.ca, 18 décembre 2020)
- (Pronominal) Devenir plus doux.
- Le temps s’adoucit.
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sertir
?- (Bijouterie) Enchâsser une pierre dans un chaton, dont on rabat le rebord autour de la pierre.
- Une bague sertie de plus de 12 000 diamants a établi un nouveau record Guinness pour le plus grand nombre de pierres sur une même bague. — (TVA Nouvelles, Record de la bague avec le plus grand nombre de diamants !, tva nouvelles.ca, 4 janvier 2021)
- Un diamant bien serti, mal serti.
- (Sens figuré)
- Là, il fit une pause brève : c’était pour escompter d’avance la douleur qui allait lui sertir les reins. — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)
- (Technologie) Assujettir une chose en rabattant les bords, ou par écrasement.
- Sertir une cartouche.
- Sertir une cosse sur un cable.
-
bondir
?- Sauter, en parlant de certains animaux, et même des personnes.
- Sur ces entrefaites, la portière se souleva et Henri de Navarre parut. La petite levrette, qui dormait sur le trône, bondit et courut à lui. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
- Autour de la chambre, le long de la plinthe, des belettes courent, bondissent, se poursuivent… — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Blanchette […] fit un écart terrible, et, bondissant en avant, envoya son conducteur rouler les quatre fers en l’air, toutes paumes ouvertes, en plein milieu du taillis. — (Louis Pergaud, L’Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Il les aurait gardées les bouteilles. Assurément personne ne se serait aventuré à pénétrer dans sa réserve sans qu'il ne bondisse aussitôt sur le gredin une zerouata à la main. — (Ahmed Ismaïli, Le rêveur, le vendeur et les voleurs, dans Côté Maroc, Rabat : Éditions Marsam, 2007, tome 4, page 128)
- Faire un ou plusieurs bonds.
- Mon guide me fit voir […] l’endroit où le pied avait manqué à ce malheureux, l’espace effrayant qu’il avait parcouru, bondissant de rocher en rocher comme une avalanche vivante ; puis enfin au fond du précipice, la place où il s’était arrêté, masse de chair informe et hideuse à laquelle il ne restait aucune apparence humaine. — (Alexandre Dumas, Impressions de voyage, La Revue des Deux Mondes, tome 1, 1833)
- Le seul bateau en vue était un vieux brigantin battant pavillon anglais, qui bondissait à la crête des grandes vagues et plongeait dans leur creux. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 179 de l’édition de 1921)
- (Sens figuré) S’émouvoir vivement.
- Il bondissait de fureur, de rage.
- Ces mots font bondir les opposants à Netflix en France, qui, de leur côté, qualifient Alberto Barbera de traître. — (Michel Guerrin, Venise qui rit, Cannes qui pleure, Le Monde. Mis en ligne le 14 septembre 2018)
- (Sens figuré) Se hâter.
- Avant-guerre, du temps de sa généreuse et brillante jeunesse de bohème malchanceux, il bondissait avec légèreté vers la thune quotidienne. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 10)
- Aussitôt, une vingtaine de cavaliers du maghzen, moukkala en travers de la selle, bondirent au galop dans cette direction. — (Roger Frison-Roche, Djebel Amour, Éditions Flammarion, 1978, rééd. Arthaud, 2011, chapitre 6)
-
revernir
?- Vernir à nouveau.
- Avec le fond de serrage mobile I on évite les désagréments que cause souvent le fond de serrage immobile; par exemple, si le socle est bossué, il est impossible, avec le fond de serrage immobile, de le débossuer sans démonter le cylindre J et le fond de serrage, ce qui est très-coûteux et très-difficile; pour faire ce travail on est souvent obligé de revernir la lampe; cela arrive même aux lampes neuves, en les livrant, et surtout en les expédiant. — (Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d’invention ont été pris sous le régime de la loi du 5 juillet 1844, XLVIII, 1864)
- Mais Minouche tirait déjà un casier puis deux d’un vieux meuble de musée qu’elle avait découvert au marché aux puces et qu’elle avait, elle-même, gratté et reverni. — (Serge Montigny, Meurtres pour dames, Librairie des Champs-Élysées, 1978, chapitre IX)
-
retenir
?- Garder par-devers soi ce qui est à un autre.
- Retenir le bien d’autrui.
- Pourquoi retient-il mes papiers ?
- retenir les gages d’un domestique, le salaire d’un ouvrier.
- Garder toujours, conserver ce que l’on a, ne point s’en défaire, ne point s’en dessaisir.
- Auguste retint l’empire.
- Ce prince retint toute son autorité jusqu’à la fin de sa vie.
- En termes de Jurisprudence, "donner et retenir ne vaut" signifie qu'une donation n’est point valable, si on ne se dessaisit pas en effet de ce que l’on donne.
- Se dit, dans ce sens, en parlant des habitudes, des qualités bonnes ou mauvaises que l’on n’a point perdues.
- Retenir l’accent de son pays.
- retenir ses vieilles habitudes.
- Les bêtes féroces que l’on a apprivoisées retiennent toujours quelque chose de leur naturel.
- Ce vase retient quelque chose de l’odeur du vin que l’on y avait mis.
- Cet homme est bien corrigé, il n’a rien retenu de ses défauts. Il est vieux.
- Se souvenir, garder en mémoire.
- Puis il ajouta qu’il allait partir pour Paris afin de retrouver le musicien auquel il t’avait loué, et qui lui avait donné son adresse à Paris rue de Lourcine chez un autre musicien appelé Garofoli. J’ai bien retenu tous les noms, retiens-les toi-même. — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
- Les ivrognes, maintenant accoudés au comptoir, braillaient une chanson dont ils n’avaient retenu que quelques paroles. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Réserver.
- Il a vendu tout son vin, hormis tant de pièces, qu’il a retenues pour sa table.
- Il a affermé sa terre, mais il s’est retenu les bois et les vignes.
- Il a donné son bien, mais il s’en est retenu, il en a retenu l’usufruit. Il est vieux.
- Les juges ont retenu cette cause : ils s’en sont réservé la connaissance en décidant qu’elle leur appartenait.
- Retenir une cause signifie aussi La conserver au rôle pour qu’elle soit jugée à son rang et sans délai.
- Le président a refusé la remise qu’on lui demandait et a retenu la cause.
- (Mathématiques) Réserver un chiffre pour le joindre aux chiffres de la colonne suivante.
- Huit et neuf font dix-sept : je pose 7 et je retiens 1.
- Prélever, déduire d’une somme.
- Le greffier, les huissiers, les procureurs, vinrent chez lui en grand appareil lui rapporter ses quatre cents onces ; ils en retinrent seulement trois cent quatre-vingt-dix huit pour les frais de justice, et leurs valets demandèrent des honoraires. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, III. Le chien et le cheval, 1748)
- Quand il voulut compter avec lui, Aristide chercha tant de chicanes, qu’il dut le laisser partir sans lui retenir un sou pour ses frais de nourriture et de logement. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871)
- En me payant, il a retenu la somme qu’il m’avait prêtée.
- Il a retenu tant pour les frais, pour les réparations, pour ses déboursés, pour ses peines.
- retenir tant sur le paiement d’un coupon.
- S’assurer par précaution une personne, une chose.
- Retenir quelqu’un pour une partie de plaisir.
- Je vous retiens à dîner pour dimanche prochain.
- retenir un domestique.
- retenir une chaise au sermon, une loge à l’Opéra, une place dans un train.
- Cette place est retenue.
- retenir un logement.
- retenir une chambre dans un hôtel, une fenêtre sur une rue pour voir une cérémonie publique.
- retenir une date.
- Arrêter, maintenir, faire demeurer.
- Après la consultation, le docteur C***, médecin de la préfecture, me fit l’honneur de me retenir à déjeuner chez lui, avec deux de mes confrères. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 132)
- Son ventre retombait en plis grassouillets sur une taillole de flanelle grège retenant le pantalon. — (Jean Siccardi, La Chênaie de Seignerolle, Presses de la Cité, 2010, chapitre 17)
- On l’a retenu plus longtemps qu’il ne pensait.
- Je ne vous retiens pas.
- Retenez-le à dîner.
- retenir prisonnier.
- Ce rhume l’a retenu quinze jours à la chambre.
- Saisir, tenir, pour empêcher un accident, une chute, ou pour s’opposer à une mauvaise action.
- En un tour de main, j'insérai une K7 vierge dans la caméra, attrapai mon voile noir et dévalai l'escalier, me retenant à la rampe tant mes jambes mollissaient. — (Anne-Isabelle Tollet, La mort n'est pas une solution: Asia Bibi condamnée à la pendaison pour blasphème, Éditions du Rocher, 2015)
- Il serait tombé dans le précipice, si je ne l’eusse retenu.
- Il allait le tuer, si je ne l’eusse retenu, si je ne lui eusse retenu le bras.
- Arrêter, contenir, ne pas laisser aller.
- La langue est dure, déformée et relevée à la pointe : c'est la « langue de bois » des paysans allemands. La mastication est difficile, la salive n’est plus retenue dans la bouche et l’animal dépérit considérablement. — (J. Cruzel & François Peuch, Traité pratique des maladies de l'espèce bovine, Éditions Asselin et Houzeau, 1892, page 104)
- J’essayais, en contractant le gosier, d’absorber le moins possible d’eau et de résister à l’asphyxie en retenant le plus longtemps que je pouvais l’air dans mes poumons. Mais je ne pus tenir plus de quelques instants. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
- On retient l’eau avec des écluses.
- Il y a de certaines terres qui retiennent l’eau.
- retenir son haleine, ses larmes, ses cris.
- retenir une poutre, L’attacher avec un lien de fer pour l’empêcher de tomber.
- (Absolument) Pour des chevaux de trait qui empêchent la voiture d’aller trop vite à une descente.
- Il faut enrayer, car ces chevaux-là ne retiennent pas.
- Ce cheval a les reins bons, il retient fort bien.
- Réprimer ; modérer ; empêcher de s’emporter.
- Pàtsa s'avance en traînant les pieds, prend la craie et commence, laborieusement, à tracer : « Il n'ai pas a l'école passe qu'il a la pécole. » Éclat de rire général dans la classe. Le maître a du mal à retenir un sourire. — (Robert Dagany, La Muette d'Arenc: Marseille 1950, Le Fioupélan éditions, 2011, chapitre 45)
- Cette considération me retint.
- Je ne sais ce qui me retient que je ne… Il allait le frapper, mais il s’est retenu.
- Il n’est pas si emporté qu’il ne sache bien se retenir quand il le faut.
- Je me suis retenu de lui répondre.
- Mettre, imprimer, garder quelque chose dans sa mémoire.
- Retenir par cœur.
- Il n’a entendu ces vers qu’une fois et il les a retenus.
- Il retient tout ce qu’il entend.
- Je n’ai pas retenu son nom.
- Je retiendrai cela toute ma vie.
- Cette leçon se retient aisément.
- (Absolument) En parlant de la génération des animaux et signifie concevoir.
- On a mené cette vache au taureau, mais elle n’a pas retenu.
- Les signes de la chaleur de la vache ne sont point équivoques, elle mugit alors très fréquemment et plus violemment que dans les autres temps, elle saute sur les vaches, sur les bœufs et même sur les taureaux, la vulve est gonflée et proéminente au dehors ; il faut profiter du temps de cette forte chaleur pour lui donner le taureau, si on laissait diminuer cette ardeur, la vache ne retiendrait pas aussi sûrement. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 580)
- (Pronominal) S’arrêter avec effort.
- Se retenir au milieu de sa course.
- (Pronominal) (Absolument) Ne pas satisfaire un besoin naturel
- (Pronominal) (Équitation) Pour un cheval, qui ne veut pas se porter librement en avant.
- Jamais on n’a vu un cheval se retenir comme celui-là.
- Tous les jeunes chevaux se retiennent.
-
grandir
?- (Intransitif) Devenir plus grand.
- Ces pluies ont fait grandir les blés.
- (Sens figuré) — Zaheira sentait grandir son antipathie pour elle. Elle sentait aussi que la jeune femme n’était pas aimée dans la maison; …. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Autour de Monsieur se groupaient quelques gentilshommes, factieux, avides, remuants, qui ne pouvaient grandir et s’enrichir que par le désordre. — (Auguste Bailly, Mazarin, Fayard, 1935, p. 104)
- Vieillir, se développer en âge, en parlant d'un enfant.
- Le jeune Othon grandissait, c’était un beau garçon de cinq ans, à la tête blonde, aux joues roses et aux yeux bleus. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- J'étais en train de grandir, ce qui est la forme pudique qu'on emploie pour dire que les enfants vieillissent aussi, jusqu'à devenir ces putrides événements qu'on appelle les adultes. — (Yann Moix, Orléans, Grasset, « Le livre de poche », 2019, page 215)
- Vivre, passer le temps de l'enfance.
- Il avait grandi dans le giron de la famille, entouré de la tendresse de tous […]. — (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- J’aurais pu […] accepter les offres engageantes des jeunes et jolies Mangavériennes, avoir là des enfants bronzés qui auraient grandi libres et heureux sous le chaud soleil de la Polynésie. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Rainie adorait ces montagnes. Elle avait grandi là, à l'ombre des imposants sapins de Douglas, à un jet de pierre de la côte rocheuse. — (Lisa Gardner, Disparue, traduit de l'américain par Cécile Deniard, Éditions Albin Michel, 2008, chap. 10)
- (Transitif) Rendre plus grand.
- Le cothurne grandissait les acteurs de la tragédie antique.
- Se grandir en s’élevant sur la pointe des pieds.
- (Par extension) Faire paraître plus grand.
- Ce vêtement le grandit.
- (Sens figuré) La médiocrité croit se grandir en rabaissant le mérite.
-
tire
?- Route.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (France) (Familier) (Automobile) Automobile.
- Je descends, encadré par le touriste et Dédé, et nous nous engouffrons sous une voûte malodorante, cependant que le rondouillard se tire avec la tire. — (Léo Malet, Du rébecca rue des Rosiers, Robert Laffont, Paris, 1958)
- Charles avait trouvé une place pour garer sa tire. — (Raymond Queneau, Zazie dans le métro, Gallimard, Paris, 1959)
- Les journalistes font des modes, la violence à l’école existait déjàDe mon temps, les rackets, les bastons, les dégâts,Les coups de batte dans les pare-brises des tires des instituteursEmbrouilles à coup de cutter — (IAM, Petit Frère)
- (Québec) Substance consistante et sucrée, obtenue en réduisant le sirop d’érable par évaporation → voir tire d’érable.
- Attache ton dentier, mononc’ ! On va bouffer de la tire !
- — Nous allons faire de la tire.Les enfants poussèrent des cris de joie et suivirent des yeux les préparatifs avec un intérêt passionné. Du sirop de sucre et de la cassonade furent mélangés et mis à cuire ; quand la cuisson fut suffisamment avancée, Télesphore rapporta du dehors un grand plat d’étain rempli de belle neige blanche. Tout le monde se rassembla autour de la table, pendant que la mère Chapdelaine laissait tomber le sirop en ébullition goutte à goutte sur la neige, où il se figeait à mesure en éclaboussures sucrées, délicieusement froides.Chacun fut servi à son tour, les grandes personnes imitant plaisamment l’avidité gourmande des petits ; mais la distribution fut arrêtée bientôt, sagement, afin de réserver un bon accueil à la vraie tire, dont la confection ne faisait que commencer. Car il fallait parachever la cuisson, et, une fois la pâte prête, l’étirer longuement pendant qu’elle durcissait. Les fortes mains grasses de la mère Chapdelaine manièrent cinq minutes durant l’écheveau succulent qu’elles allongeaient et repliaient sans cesse ; peu à peu leur mouvement se fit plus lent, puis une dernière fois la pâte fut étirée à la grosseur du doigt et coupée avec des ciseaux, à grand effort, car elle était déjà dure. La tire était faite. — (Louis Hémon, Maria Chapdelaine, J.-A. LeFebvre, Montréal, 1916)
-
ternir
?- Rendre terne, ôter ou diminuer l’éclat de quelque chose.
- Certaines vapeurs ternissent l’argenterie.
- Ces couleurs se ternissent aisément.
- (Sens figuré) Dégrader l’image publique, la considération, le crédit, de quelqu’un.
- Ternir son nom, sa réputation.
- Ternir sa gloire.
- C’est un vice qui ternit toutes ses vertus.
- Cela ternit sa mémoire.
- Permettre à son ministre de l’Économie de continuer à contrevenir au code d’éthique ternit sa fin de session. — (Rémi Nadeau, « Voici les bulletins de session des élus à l'Assemblée nationale », Le journal de Québec, 12 décembre 2020)
-
pire
?- Comparatif de mauvais. Plus mauvais, plus défectueux, plus nuisible.
- La dernière faute sera pire que la première, elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.
- Se venger, les tuer ! La violence naturelle à son tempérament sanguin lui dicta les pires conseils. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Ne plus s’aimer, c’est pire que de se haïr, car, on a beau dire, la mort est pire que la souffrance. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Pauvre Bernard – non pire qu’un autre ! — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
-
embrunir
?- Rendre brun ou plus brun.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (Pronominal) Devenir brun ou plus brun.
- Puis il reprit sa route, car maintenant, au haut de la montée, dans l’ovale des frondaisons, s’embrunissait la perle humide et dorée du soir. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap.2, 1910)
-
souvenir
?- Avoir mémoire de quelque chose ; rappeler.
- Ils me font toujours souvenir du ciel gris de chaleur, de la poussière qui portait l’empreinte de pieds nus et des touffes immobiles des hauts papayers lisses qui émergeaient d'une étonnante végétation. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- — Oh toi, ronchonne-t-elle, tu joues l’esprit fort, n’empêche que tu dormais mal, souviens-toi. Et que t'as été bien content de rhabiter Paris. — (Frédéric Dard, San-Antonio, n° 63 : Faut être logique, Éditions Fleuve Noir, 1967)
- (Impersonnel) Se remémorer, se revenir, se mémoriser.
- Ma foi, s’il m’en souvient, il ne m’en souvient guère ! — (Thomas Corneille, Le Geôlier de soi-même)
- Il lui souvint à propos que saint Jérôme avait eu pour compagnons de route, dans le désert, des satyres et des centaures qui avaient confessé la vérité. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 30)
- Il me souvint, précisément, à ce bal de la Java, d'une de ces créatures qu'un jeune voyou ne quittait pas des yeux. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Il ne me souvient pas au lycée, d’avoir trouvé le moindre plaisir à étudier Virgile ou Racine. — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 26)
- Il lui en souviendra toute sa vie.
- C’était, il m’en souvient, une belle journée de printemps.
- (Sens figuré) et (Soutenu) C’est du plus loin qu’il me souvienne, se dit d’une chose, d’un événement qui date de loin.
- Note : ces formes impersonnelles (employées plutôt dans un registre de langue soutenu) sont toujours transitives indirectes, avec un premier complément d’objet indirect obligatoire (souvenir à quelqu’un), le plus souvent pronominal (par exemple, il me souvient) et avec habituellement un second complément d’objet indirect (souvenir à quelqu’un de quelque chose), lui aussi le plus souvent pronominal (par exemple, il m’en souvient) ou propositionnel (par exemple, il me souvient que...). Dans un registre de langue moins soutenu, on utilise plutôt la forme pronominale réfléchie se souvenir qui se conjugue alors de façon personnelle à toutes les personnes.
- Garder la mémoire, soit d’un bienfait pour le reconnaître, soit d’une injure pour s’en venger.
- Un grand jeune blondin, que je me souviens de n'avoir point vu durant l'éclipse de la belle, rentra en catimini. — (Restif de la Bretonne, Le Paysan et la Paysanne pervertis, 1775-1784)
- Jacques s'était bien souvenu de ce qu'il appelait maintenant «son idylle bédouine» et en avait même parlé à sa femme... — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
- Tu ne te souviens sans doute pas de moi, m'écrivait-il, mais il est impossible que tu aies complètement oublié nos petites aventures guerrières de l'été 1914, l'entrée en Belgique par Trelon, la rentrée en France, dare-dare, par Solre-le-Château, et cette sinistre nuit de Zorées, et cette traversée du bois du Nouvion, […]. — (Pierre Benoit, Boissière, Paris : chez Albin Michel, 1935, chapitre 1)
- Avoir du ressentiment.
- Je m’en souviendrai !
- Souvenez-vous-en.
- Avoir soin, s’occuper de quelque chose.
- Je me souviendrai de votre recommandation.
- Souvenez-vous de mon affaire.
-
inscrire
?- Écrire le nom de quelqu’un, ou prendre note, faire mention de quelque chose sur un registre, sur une liste, etc.
- Ma mère inscrivait sur un carnet la récolte de chacun, payait ceux qui le demandaient, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 32)
- On l’inscrivit sur la liste des candidats.
- J’inscrirai cela sur mes tablettes.
- Inscrire, jour par jour, sur un registre, toutes ses opérations commerciales.
- Inscrire un bordereau, une créance, un droit d’hypothèque.
- Inscrit au tableau d’avancement.
- Mettre une inscription.
- Inscrire une maxime sur un monument.
- La plupart des personnes qui visitent ce lieu inscrivent leurs noms sur les murailles.
- (Mathématiques) Inscrire une figure dans une autre : Tracer, dans l’intérieur d’une figure géométrique, une autre figure qui en touche le contour intérieurement.
- Inscrire un triangle dans un cercle : C'est le triangle inscrit.
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.