Dictionnaire des rimes
Les rimes en : annoncer
Que signifie "annoncer" ?
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- Faire connaître.
- Ce jeune gentilhomme, comme l’avait annoncé l’amiral, entrait à Paris par la porte Saint-Marcel vers la fin de la journée du 24 août 1572. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
- Les portières sont refermées, après la visite du contrôleur. Un dernier coup de sifflet annonce que le train va se mettre en marche… — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre I, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Je quitte le lieutenant licencié et regagne le couvent, où la sœur converse m’annonce qu’un ami est venu me demander. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
- Bush l’avait annoncé depuis longtemps : il partirait en guerre quand bien même devrait-il être tout seul. — (Pour un autre monde ; Un autre chemin, motion pour le congrès socialiste de Dijon du 16 au 18 mai 2003)
- « Singulière affaire, assurément », se disait-elle. Elle en fut si bouleversée qu'elle ne devait même pas s’apercevoir que le coq avait déjà annoncé l'aube et que l'Orient peu à peu s'éclairait. — (Belle de Candeur : Roman érotique de la dynastie Ming, traduit du chinois par Christine Barbier-Kontler, Arles : Éditions Philippe Picquier, 1990, 1994, page 27)
- (En particulier) Faire connaitre son arrivée ou sa venue. — Note : Se dit particulièrement lorsqu’on prévient de l’arrivée d’une personne qui demande à entrer.
- Le domestique annonça monsieur un tel. — Il fut très étonné lorsqu’on m’annonça.
- — Veuillez m’annoncer à madame Donis, dit-il.— Madame est dans le petit salon.— Demandez si elle peut me recevoir. — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
- En arrivant à Normée le berger souffle dans sa corne pour annoncer son retour. Les chiens aboient. — (Mariel J.- Brunhes Delamarre, Le berger dans la France des villages, Éditions du CNRS, 1970, page 164)
- Faire connaître au public par une annonce.
- L’idée de déployer tous les fastes de la République et d’afficher une solennité churchillienne pour annoncer une augmentation de 1,6 point de la TVA ne peut venir que de cerveaux hallucinés. — (Jacques Julliard, Impression, soleil couchant, dans Marianne (magazine), no 772 du 4 février 2012, page 3)
- Le titreur de Paris-Jour, ce matin, ne s'est pas embarrassé de nuances. Il a annoncé sur la largeur de la « une » : « Peyrefitte va interdire les minijupes. » — (Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, éd. Fayard, 2000, vol. 3)
- On les retrouve au kébab du coin, au bout de l'avenue Jean-Jaurès où une pancarte annonce : « Dernier kébab avant le périph », au Café de la musique du parc de la Villette, au café MK2 du quai de Seine. — (Régine Robin, Le mal de Paris, éd. Stock, 2014)
- (Pronominal) — Ainsi le comprenait l’orateur qui flétrissait, il y a trois ans, dans un premier discours, ceux qu'on appelle des vendus, et qui s'annonçait déjà comme l’exécuteur des épurations nécessaires. — (Anatole Claveau, La Vertu, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3e éd., page 44)
- Prédire ; assurer qu’une chose arrivera.
- Les prophètes ont annoncé la venue du Messie. Un ange annonça à la Vierge le mystère de l’Incarnation.
- Faire pressentir ce qui doit arriver.
- Le baromètre annonce le beau temps. La seconde scène de cette comédie en annonce le dénouement.
- Être le signe, la marque de.
- M. de Vaize annonçait une cinquantaine d’années, il était grand et assez bien fait. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Son ris était charmant, son teint de lis et de rose, joint à la vivacité de ses yeux, annonçaient celle de son esprit et donnait une énergie peu commune à ce qu'elle disait. — (Mireille Védrine, Les jardins secrets de Jean-Jacques Rousseau, Chambéry : Éditions Agraf, 1988, chapitre 3, § 3)
- Présager en précédant.
- L'été s’annonçait assez beau, bien qu'il crachinât de temps à autre sur la frange en bordure de mer. — (Patrice Hamel, Une famille de Terre-Neuvas, Éditions Cheminements, 2003, page 299)
- La formule du pain perdu s'inspirerait-elle des deux recettes d’Aliter dulcia données par Apicius ? sous le règne de Tibère ? N'y manquent que les œufs. Il est plus vraisemblable que la recette du pain perdu soit annoncée par celle des tostées dorées de Taillevent. — (Annie Perrier-Robert, Dictionnaire de la gourmandise : Pâtisseries, friandises et autres douceurs, éd. Robert Laffont, 2012)
- Le départ précoce des hirondelles et le rencognement des petits animaux en leurs terriers annonçaient un hiver rude. — (Patrice Ordas, Les griffes de l'hermine, éd. Hermé, 1986, page 92)
- Promettre ; faire espérer.
- Tout semblait annoncer le succès de cette entreprise.
- Cela ne nous annonce rien de bon.
- (Pronominal) se faire promettre, se faire espérer.
- Cette entreprise s’annonçait bien, elle a mal tourné.
- (Pronominal) Se manifester par des signes faisant penser.
- La tempête s'annonce terrible.
- (Pronominal) (Suisse) Se présenter.
- Il faut vous annoncer à la réception.
- (Pronominal) (Suisse) Se porter volontaire
- Il manque un joueur, qui s’annonce ?
- (Pronominal) (Suisse) S’inscrire
Mots qui riment avec "é"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "annoncer".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ai , ais , ait , aits , aie , aies , aix , é , és , ée , ées , er , ers , ez , ied , et et ets .
-
majorité
?- Groupe des votants ou des suffrages plus nombreux que les autres, soit majorité absolue ou majorité relative.
- Le roi et les privilégiés auraient voulu que les états délibérassent comme en 1614, c’est-à-dire « par ordre ». Les privilégiés auraient eu immanquablement la majorité et les états auraient été incapables d’opérer aucune réforme sérieuse. — (Jacques Godechot, Les constitutions de la France depuis 1789, Garnier-Flammarion, 1970, page 22)
- (Absolument) Parti qui, dans une assemblée, réunit ordinairement le plus grand nombre de suffrages.
- L’opposition assistait avec une sorte de pitié narquoise à l’affolement de la majorité. — (Philippe Henriot, Le 6 février, 1934)
- Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d’État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales. — (Jean-Paul Russier, Plutôt Proudhon que Marx, 2005)
- À la tête d’un commando ultraresserré à l’Élysée, patron d’une majorité pléthorique à l’Assemblée nationale, il a cru bon de gouverner seul. — (Arthur Berdah, Emmanuel Macron, édition revue et augmentée, 2022)
- (Par extension) Le plus grand nombre.
- La fauconnerie est donc un sport assez coûteux et, la majorité des gros turbans marocains étant trop indolents pour chasser, elle tend à disparaître. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 129)
- […] ; l’affaire Dreyfus nous a montré que l’immense majorité des officiers et des prêtres concevait toujours la justice à la manière de l’Ancien Régime […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.III, Les préjugés contre la violence, 1908, page 143)
- L’internationalisme sentimental d’avant 1914 n’a pas résisté au choc des nations. Dans tous les pays en guerre, socialistes et syndicalistes, dans leur grande majorité, ont participé à la défense nationale. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 17)
- La poussière constitue un risque pour les voies respiratoires, d’autant qu’une majorité de salariés ne porte pas de masque ou porte un masque insuffisamment protecteur ou encombrant : […]. — (Jocelyne Porcher, Cochons d’or, Éditions Quae, 2010, page 130)
- Au nom de la bien-pensance, des groupes et des partis politiques instillent des interdits qui chamboulent notre démocratie alors que la voix des minorités devient plus tonitruante que celle de la majorité. — (Réjean Parent, « L’envahissement pernicieux », dans Le journal de Montréal, 1er novembre 2020)
- (Droit) État de celui qui est majeur. Majorité civile.
- Il a atteint l’âge de majorité, ou de sa majorité.
- La majorité pour être électeur est fixée en France à 18 ans et pour être éligible à 25 ans.
- (Plus généralement) Pluralité des individus dans un pays, dans un groupement.
- La majorité des Français professe la religion catholique.
- Les élèves de cette classe sont en majorité travailleurs.
- (Marine) Résidence de l’état-major dans un port.
-
tuer
?- Ôter la vie d’une manière violente ; ne se dit pas quand il s’agit d'une euthanasie, ni à la forme pronominale dans le cas d’une mort accidentelle par noyade, étouffement ou empoisonnement : on emploie alors se noyer, s’étouffer, s’empoisonner.
- Le conducteur de la voiture, un homme âgé de 37 ans, a été tué sur le coup.
- Une centaine d’hommes gisent sur le pavé ; les uns sont tués roides, d’autres atteints mortellement. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- Sous la première République, au moment même où toute l’Europe nous tombait sur le dos, c’est les curés qui ont excités la guerre civile en Vendée, fanatisant les paysans, les menant au combat, et leur promettant le paradis s’ils étaient tués. — (Émile Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, page 203)
- Un autre eût quitté une pareille femme, il l’eût tuée peut-être : moi, je me remis à l’aimer. — (Octave Mirbeau, La tête coupée)
- Ne revenez plus, monsieur, autrement vous tueriez aussi la mère, car la puissance de Dieu est infinie, mais la nature humaine a ses limites. — (Honoré de Balzac, L’Envers de l’Histoire contemporaine, 1848, deuxième épisode)
- Il était question dans la complainte d’un assassin qui expose aux juges les raisons qui l’ont poussé à tuer sa maîtresse. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Si les trois villages se soulevaient et qu’on tuât deux ou trois gendarmes, guillotinerait-on tout le monde ? — (Honoré de Balzac, Les Paysans, 1845, deuxième partie, chapitre cinquième)
- Provoquer une mort violente par accident, provoquer une mort naturelle en parlant des maladies.
- Une tuile lui tomba sur la tête et le tua.
- Il a été tué par la foudre.
- (Par extension) Causer la mort.
- C’est vrai qu’aujourd’hui, les inégalités tuent en Seine-Saint-Denis. Ces profondes injustices, que plus personne ne peut choisir d’ignorer, il faudra s’y attaquer de front, avec des actes. — (Collectif, Coronavirus : « Les inégalités tuent aujourd’hui en Seine-Saint-Denis », Le Monde. Mis en ligne le 11 avril 2020)
- (Par hyperbole) Fatiguer excessivement le corps, altérer la santé.
- Le chagrin le tue.
- Vous vous tuez à mener une pareille vie.
- Il se tue à force de travailler.
- (Familier) (Sens figuré) Incommoder, provoquer une forte émotion le plus souvent négative, comme la colère, et parfois positive, comme le rire.
- Ce récit est d’une longueur, d’un ennui qui tue.
- Le grand bruit me tue.
- Mettre en vente un produit qui ne marche pas, ça me tue !
- Elle m'a tué avec sa réplique au policier !
- Duchotel. — Oh ! figure-toi, un chevreuil à gauche qui filait comme ça et qui, en passant, fait lever un coq de bruyère… pan, pan, v’lan !… Ah !… j’ai tué Cassagne !Léontine, appuyant. — Tu as tué Cassagne ?Duchotel. — Hein !… Oui… enfin, je l’ai stupéfié !Léontine. — Ah, bon !… Et le gibier ? est-ce que tu l’as tué aussi ? — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892)
- (Sens figuré) Faire disparaitre ; anéantir.
- Des usines s'élevèrent sur tous les points du territoire, tuant lentement mais sûrement l'artisanat des campagnes. Le premier coup lui fut porté par la création des bateaux à vapeur, qui anéantit l'industrie, si florissante des toiles à voiles. — (Marie Soraye-Racapé, Janzé, ses origines, son histoire, Janzé : chez l'auteur, 1968, page 116)
- (Sens figuré) Détruire l’effet d’une chose.
- Cela tue l’effet du spectacle.
- Le voisinage de ce tableau-là tue celui-ci.
- On peut tuer un poème, comme on peut lui donner des ailes, rien qu'en le lisant. — (Mustapha Fahmi, La leçon de Rosalinde, éditions La Peuplade, Chicoutimi (Québec), 2018, page 95)
- Dissiper, occuper, en parlant du temps, de la durée.
- Les gens se donnent beaucoup de mal pour tuer leur vie heure à heure. Encore n'en sont-ils pas capables tout seuls, il faut qu'on les dirige. Une revue a été créée dans ce but : signaler aux Parisiens, de façon méthodique, les occasions qui leur sont offertes de perdre leur temps. — (Henry de Montherlant, Les lépreuses, 1939, chapitre 5)
- Nous tuons les longues heures comme nous le pouvons, chacun y mettant du sien — toujours pour les autres. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Et il y avait près de deux heures à tuer. Il hésita entre rester assis sur son banc ou reprendre le métro, mais où aller ? — (Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 285)
- (Pronominal) Se suicider.
- — Soyez convaincu que mourir et se tuer sont deux verbes qu’on emploie surtout au futur ; au moins pour moi je ne les ai jamais vu conjuguer qu’à ce temps. « Si vous me trompiez, si vous m’oubliiez, je me tuerais. » — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
- Un jeune homme que je connaissais à Evian s’est tué sous la fenêtre d’une de mes amies qui avait été coquette avec lui. — (Maurice Rostand, La Solitude passionnée, 1925)
- La motivation qui pousse à se tuer et donc à tuer ses propres divinités est plus grave, karmiquement, que la motivation qui conduit à tuer une autre personne […]. — (Louis-Vincent Thomas, Mélanges thanatiques: deux essais pour une anthropologie de la transversalité, L’Harmattan, 1993, page 193)
- Marat vint à la Convention, monta à la tribune, et pistolet sur la tempe menaça de se tuer si la calomnie l’accusant de la « septembrisade » ne cessait pas. Danton écourta la tragi-comédie. — (Isabelle Siac, Le Talent ou la Vertu, Place Des Éditeurs, 2016)
- (Pronominal) (Par hyperbole) (Suivi de la préposition à et d'un infinitif) Se donner beaucoup de peine.
- Je me tue à vous répéter toujours la même chose.
- Et enfin les autres se tuent à remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu'ils en connaissent la vanité [...]. — (Blaise Pascal, Pensées)
- (Centre-Ouest) Éteindre en parlant d'une bougie, d'une chandelle. (Note : ne s'emploie plus guère que dans tue la chandelle, qui s'utilise encore à la campagne pour signifier éteins la lumière
- [...] il regarde ce ravage, il croit que c'est le chat; il tue la chandelle et se met dans son lit,[...]. — (Giuliana Colajanni, Les scénarios franco-italiens, Edizioni di storia e litteratura, Rome 1970)
-
entité
?- Chose (ou être) qui existe par elle-même.
- (Philosophie) Ensemble des propriétés constitutives d'un être ou de l’essence d’une chose.
- Ce que dénote un symbole.
- Chose considérée comme un être ayant son individualité.
- La fissiparité qui accompagne les crises économiques sera d'autant plus grande que l’entité considérée sera elle-même hétérogène économiquement et politiquement : or, l'Union européenne n'est justement pas un État-nation aux aux compétences fortes, stables et incontestées. — (François Heisbourg, La fin du rêve européen, Éditions Stock, 2013, chap. 1)
- (Ufologie) Être venu d’une autre dimension, extraterrestre, impossible à observer à l’œil nu Référence nécessaire.
- (Bases de données) Structure de données composée de propriétés lors de l’analyse, destinées à être stockées dans une table.
- (Belgique) Division administrative de la Belgique.
- La Belgique est divisée en plusieurs parties qu’on appelle "entités". — (Le vote pour tous : la Belgique, 2014)
-
unité
?- Élément singulier, qui a le nombre un.
- (Didactique) Quantité élémentaire qui est à la base d’un calcul.
- La première classe comprend les centaines, les dizaines et les unités simples ; la seconde classe comprend les centaines, les dizaines et les unités de mille; la troisième classe comprend les centaines, les dizaines et les unités de millions, etc., etc. — (Jean-Henri Fabre, Nouvelle arithmétique à l’usage de tous les établissements d’instruction publique, 1870)
- Il s’ensuit un prix nettement supérieur au coût de la dernière unité produite, ce qui va permettre de maximiser le profit en situation d’oligopole. — (Pierre Jeanblanc, Analyse stratégique - Les fondements économiques, Dunod, 2011)
- Plusieurs unités font un nombre.
- Tout nombre est composé d’unités.
- Grandeur finie, choisie arbitrairement pour servir de terme de comparaison aux autres grandeurs de même espèce.
- Unité de volume, de poids.
- Unité de mesure.
- Le mètre a été adopté en France comme unité de longueur.
- Caractère de ce qui est singulier, par opposition à pluralité.
- L’unité de Dieu.
- L’unité de l’église.
- L’unité du moi.
- Unité de sentiments.
- Caractère de ce qui offre un ensemble, une suite où tout se tient.
- L’unité physionomique d’un paysage provient de ce que certaines plantes se répétant très fréquemment lui impriment une allure particulière. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 101)
- En dépit du morcellement législatif des coutumes, nous avons une unité remarquable de législation en cette matière, car c’est l’Église qui seule légifère et juge. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l’Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e éd., 1956, page 126)
- Les trois unités : l’unité d’action, l’unité de lieu et l’unité de temps, les règles du théâtre classique veulent qu’il n’y ait qu’une action dans une pièce, que cette action se passe dans le même lieu et qu’elle ne dure pas plus de vingt-quatre heures.
- Nous allons user des mêmes droits sans avoir le même génie, nous ne voulons pas nous asseoir plus que lui sur le trépied des unités, et jetant les yeux sur Paris et sur le vieux et noir palais du Louvre, nous passerons tout à coup l’espace de deux cents lieues et le temps de deux années. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863)
- Aux fameuses « trois unités », volontiers j’ajouterais une quatrième : « l’unité du spectateur ». Elle impliquerait qu’il importe que, pièce ou livre, la création poétique s’adresse, d’un bout à l’autre de sa durée, au même lecteur ou auditeur. — (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 351)
-
modifier
?- Changer une chose dans quelqu’une de ses parties.
- Les effets perméabilisants qui accompagnent les réactions anaphylactiques cutanées ne sont pas modifiés par l’héparine. — (Archives Internationales de Pharmacodynamie et de Thérapie, 1957, page 36)
- La silva proche des habitats fut totalement modifiée par l'action de l'homme qui traçait ses sentiers, taillait des arbres, bûcheronnait, pendant que ses bêtes broutaient les feuilles et les jeunes pousses. — (Martine Chalvet, Une histoire de la forêt, Éditions du Seuil, 2011)
-
déposer
?- Ôter un objet de la place où on l’avait fixé.
- Déposer un tableau, des rideaux.
- Le monument a été déposé en 2018 par les nouveaux acquéreurs [...]. — (Secrets d'histoire, n° 35, sept.-oct.-nov. 2022, page 69)
- Enlever une chose que l’on portait, et la poser.
- Au cours de l’entretien, C. A. reconstitue le circuit d'une information qui a fait l'objet d'un mél. Celui-ci a été imprimé par une personne qui le lui a déposé sur son bureau. — (Lire, écrire, récrire: Objets, signes et pratiques des médias informatisés, sous la direction de Emmanuel Souchier, Jean Davallon & Joëlle le Marec, Éditions de la Bibliothèque publique d'information, 2003, note 181, page 189)
- Un homme, mort a priori quelques heures plus tôt, a été déposé vers 5 h ce mardi matin devant le service des urgences de l’hôpital. — (Claude Girardet, Un mort déposé à l’hôpital, Vosges-matinn 22 août 2018, p. 1)
- (Par extension) Se débarrasser (d’une couronne, d’une dignité, d’une charge, etc.)
- Sylla déposa la dictature. - Déposer son pouvoir.
- (Sens figuré) — Déposer sa fierté. - Ils paraissaient avoir déposé leurs mutuels ressentiments.
- Placer ou laisser une chose quelque part, dans l'intention de la reprendre après.
- Notre paysan avait un faible bien marqué pour le péket. Il entre donc dans le premier cabaret qu'il rencontra après avoir au préalable déposé son sac à la porte. — (Alfred Harou, Littérature orale anecdotique : « Le petit cochon et le paysan », dans la Revue des traditions populaires, vol. 31, n° 1-2, Société des traditions populaires, 1916, p. 47)
- La « grande bouffe » n'était ni la première, ni la dernière opération farfelue ayant pour cadre le sommet du mont Blanc. Le 17 janvier 1982, le cascadeur Michel Chirouze fait déposer au sommet une voiture par un hélicoptère venu de Berne et passé par le versant italien. — (François Labande, Sauver la montagne, Editions Olizane, 2004, page 29)
- Faire descendre d’un véhicule un ou des passagers que l’on a amenés jusque là.
- L’humoriste Aït Méziane vient d’être assassiné. Il déposait sa fille au collège lorsque deux individus armé lui ont tiré trois balles dans la nuque... — (Yasmina Khadra, Morituri, éditions Baleine, 1997, page 90)
- Cahin-caha, après avoir déposé tous ses passagers palestiniens et franchi encore quelques passages difficiles sur une route semée de chicanes, de ralentisseurs et de nids-de-poule, le taxi atteint notre troisième checkpoint, Zatara. — (Anne Brunswic, Bienvenue en Palestine: Chroniques d’une saison à Ramallah, Éditions Actes Sud, 2017)
- (En particulier) Mettre en dépôt, donner en garde, confier, remettre.
- A sa mort, le « Berryer » est rendu aux Compagnons Soubise qui le déposent dans leur cayenne de La Villette où il est encore visible aujourd'hui. — (François Icher, Les compagnons ou l'amour de la belle ouvrage, 1995, Découvertes Gallimard n°255, 2005, page 64)
- Déposer une somme d’argent dans une banque, à la caisse d’épargne. - Déposer un contrat, un testament chez le notaire.
- Poser délicatement.
- Il s’inclina, prit, comme on cueille sur une branche un oiseau frissonnant, la main restée sur son bras et, la retournant paume vers le ciel, y déposa un baiser. — (Caroline Tillon, Le Baiser de l’orme, Siloë, 1998)
- Marie-Claude commande deux steamés et deux Pepsi. Moins de cinq minutes plus tard, la serveuse dépose devant elles deux assiettes dont émane un arôme divin. — (Joanna Goodman, Le Pavillon des orphelines, Place des éditeurs, 2019, chap. 46)
- Laisser des parties grossières et hétérogènes au fond d’un vase ou d’un récipient.
- Cette eau a déposé beaucoup de sable. - Ce vin a déposé beaucoup de lie.
- (Intransitif) — Cette liqueur a beaucoup déposé.
- (Pronominal) (réfléchi) Former un dépôt, une couche sur une surface.
- Le calcium est véhiculé par le sang jusqu’à la glande nidamentaire (dite aussi coquillière). Là, le carbonate de calcium quitte le sang et se dépose en couches sur l'œuf. — (David George Haskell, Un an dans la vie d'une forêt, traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Piélat, Éditions Flammarion, 2014)
- (Cyclisme) (Familier) Distancer facilement et rapidement.
- Une fois rentré sur la tête, il s'offrait même le luxe de déposer ses compagnons pour s'imposer en solitaire ! — (les-actus-du-cyclisme.com, [1], 25 avril 2016)
- (Sens figuré) Confier une chose immatérielle.
- Déposer son autorité entre les mains de quelqu’un.
- (Justice) Déclarer une version des faits, enregistrée par la justice.
- […], et ils déposèrent, avec une précision qui aurait paru suspecte à des juges plus impartiaux, des faits tout à fait faux ou au moins insignifiants et des plus naturels, …. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Dès l’ouverture du procès, McNab a vite annoncé que son client, Mr Arbuckle, viendrait déposer à la barre […] — (Hédi Kaddour, Les Prépondérants, Gallimard, Paris, 2015)
- (Par analogie)
- Les rares propos qu’un étonnement extrême permit à mesdames d’Hocquincourt et de Puylaurens furent choisis de façon à pousser l’impertinence jusqu’au point précis où elle devient de la grossièreté, et peut déposer contre le savoir-vivre de la personne qui l’emploie. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- (Droit) Faire enregistrer officiellement (un brevet, une marque...).
- A l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi), des dizaines d'allégation halal sont déposées, sans cahier des charges précis. — (Patrick Déniel, Dans le maquis du marché halal, dans L'Usine Nouvelle n° 3185, du 25 mars 2010)
- Chaque pensionnaire [de maison close] a une chambre attitrée dont le numéro est déposé à la mairie. — (Régis Latouche, Une maison de tradition : le 52 ; Bruyères et la prostitution, 1800-1946, Journées d'études vosgiennes, 2005)
- Destituer, priver ou dépouiller quelqu’un de son autorité, de sa dignité, de sa charge, etc.
- Louis la donnait pour femme au roi Alphonse VI, avec lequel il désirait resserrer son alliance. Deux ans plus tard cette princesse déposa son mari, et épousa Don Pedro son beau-frère, […]. — (Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi, Histoire des Français, Bruxelles : à la Société typographique belge, 1842, volume 17, page 255)
- Le législateur canonique intervient aussi pour réprimer le rapt ; le Concile de Chalcédoine de 451 (canon 27) dépose les clercs coupables de complicité de rapt et excommunie les laïques dans ces cas. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l’Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e édition, 1956, page 93)
- Le plus connu des Skires fut Odoacre qui, entre 473 et 476, s’empara de l’Italie et déposa le dernier empereur, Romulus Augustule, entrant ainsi dans la légende comme celui qui avait mis fin à l’Empire romain d’Occident.
-
montrer
?- Faire voir ; exposer aux regards.
- Il allongeait sa jambe, sèche comme un échalas, qui flottait dans une molletière trop large et sans couleur, pour montrer fièrement sa chaussure. — (François Barberousse, L'Homme sec, Paris : Gallimard, 1935 & Romorantin : Marivole Éditions, 2013, chap. 7)
- L'air maussade, il portait un jean et un tee-shirt orné d'un vélociraptor qui montrait les crocs, à cheval sur un chat géant arborant lui-même un tee-shirt sur lequel était écrit « XPTDR ». — (Chloe Neill, Les Vampires de Chicago, tome 7 : Permis de mordre, traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Barthélémy, Paris : éditions Milady, 2013)
- Le soleil ne s’est point montré aujourd’hui. — Cet ouvrage serait meilleur, si l’art s’y montrait un peu moins.
- Faire voir par un geste, indiquer.
- — Vous ne voyez pas ? dit la Thénardier en montrant du doigt le corps du délit qui gisait aux pieds de Cosette. — (Victor Hugo. Les misérables.)
- Montrez-moi l’homme dont vous parlez.
- Montrer le chemin à quelqu’un.
- (Sens figuré) Faire paraître ; manifester.
- L’homme montre de trente à trente-cinq ans, la femme, de vingt-cinq à trente ans, […]. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Nous sommes en chemin vers une affirmation paradoxale : plus je suis croyant, moins je devrais le montrer. La laïcité est anticléricale et non antireligieuse, comme l’actera la loi de décembre 1905. — (Charles Coutel, Les philosophes des Lumières, nos contemporains, dans Marianne, n°878 du 8 janvier 2016, page 58)
- Donner des marques, des preuves de quelque qualité bonne ou mauvaise.
- Ces gens là, quelque pitoyables que nous nous montrions pour eux, nous garderont jusqu’au bout la même haine inexpiable ; […]. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.59)
- Montrer de la patience, de la faiblesse, de la sagesse, de la retenue.
- Montrer son courage, sa générosité.
- Montrer un bon, un mauvais cœur.
- Faire connaître ; prouver ; démontrer.
- Le lendemain, au petit jour, je n’aperçois plus la terre et mes observations me montrent que j’ai été déporté à trente milles au Sud-Est. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Je commence à leur montrer que ça vaut n(n-1)/2, avec une méthode simple – un grand classique. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une démonstration élégante. — (Victor Beauvais, Économie de l'amour, éd. Jean-Claude Lattès, 2011)
- Je lui montrerai qu’il a tort, qu’il ne devait pas en user ainsi.
- Enseigner.
- Montrer à lire, à écrire, à calculer, à danser, à monter à cheval.
- Montrer à quelqu’un ce qu’il faut qu’il fasse ; lui montrer son devoir, ses obligations; lui montrer à vivre.
- (Par menace)— Je lui montrerai bien à vivre.
- (Pronominal) (Sens figuré) Faire contenance, paraître, dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté.
- Au début de son pontificat, il s’était, il est vrai, montré bienveillant, moins par générosité naturelle, que dans le dessein de favoriser la conversion des juifs. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Le 19 septembre de l’an 1846, la Vierge s’était montrée à deux enfants sur une montagne, un samedi, le jour qui lui était consacré et qui était, cette année, un jour de pénitence, à cause des Quatre-Temps. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Antoine et ma belle-sœur jouaient bien leur jeu ; ils se montraient, à mon égard, pitoyables, ils ne procédaient que par des allusions contristées. J'étais presque leur dupe, mais non pas entièrement ! — (Pierre Mille, Christine et lui, Librorium Éditions, 2019, p. 123)
- (Pronominal) Manifester par son attitude qu’on est décidé à agir, à réclamer son droit, à ne pas laisser faire une chose qu’on désapprouve, à en favoriser une qu'on approuve.
- Les Cimbres et les Teutons, chassés de la Chersonèse cimbrique par un débordement de la mer Baltique, se montrèrent aux Romains sous les Alpes tridentines, au nombre de plus de trois cent mille. — (Abbé Claude Joseph Drioux, Abrégé de l'histoire de France, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours, 6e éd., Paris : chez Eugène Belin, 1855, p. 24)
- Vous avez fait assez de concessions : il est temps de vous montrer.
- (Pronominal) Faire voir par des actes ce que l’on est.
- De l’autre côté, quelques-uns parmi nous discutaient s’il fallait ajouter foi aux affirmations du criminel qui s’était montré menteur incorrigible. — (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
-
configurer
?- (Vieilli) (Rare) Donner une forme, une figure.
- La cristallisation configure les sels de diverses manières.
- Dans un cas, le sujet désendosse en quelque sorte sa personnalité : il se démet de toute intimité pour mieux se recréer, à savoir se configurer et se raconter au travers de modèles-types ou de formes-schèmes de récits romanesques on ne peut plus distinct du genre autobiographique. — (L’Intime, l’extime, études réunies par Aline Mura-Brunel et Franc Schuerewegen, 2002, page 48)
- (Informatique) Définir les sous-ensembles constituant un matériel, un logiciel, ou agir sur leurs paramètres pour en assurer la mise en œuvre.
-
conserver
?- Maintenir en bon état ; apporter le soin nécessaire pour empêcher qu’une chose ne se gâte ou ne dépérisse.
- Un nouveau réservoir d’eau claire de 200 litres conservera l’eau, mieux que des barils de chêne. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Cueillie avant sa complète maturité, la baie s’y conservera sans moisir, […], affinant la saveur de sa pulpe qui affriande merles et grives mieux que cenelles d’épine blanche, […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Les « chons » permettent de faire de bonnes quiches et les pots de saindoux de conserver des saucisses, des morceaux de volailles pour tout l’été. — (Annales de géographie: bulletin de la Société de géographie, vol.80, A. Colin, 1971, page 18)
- Le monastère avait donc conservé son église médiévale, qui faisait également office de paroissiale. — (Philippe Bonnet, Les constructions de l'ordre de Prémontré en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Genève : Droz, 1983, p.165)
- Les yaourts se font de préférence avec du lait de vache entier ou bio. […]. S'il s'agit de lait UHT, vous pourrez conserver vos yaourts faits maison pendant une semaine. — (Caroline Wietzel, Mes yaourts faits maison, Éditions First, 2014, page 5)
- (Simplement) Maintenir dans un certain état. — Note : Le complément est alors accompagné d’un adjectif qui exprime cet état.
- A. Comte avait fabriqué une caricature du catholicisme, dans laquelle il n’avait conservé que la défroque administrative, policière et hiérarchique de cette Église ; […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.194)
- Son ouïe, très fine ainsi que la conservent certains vieillards, lui laissa percevoir, […], le bruit particulier, sorte de grincement aigu […]. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Toute la rue, pour peu qu’on regardât au-dessus des boutiques, conservait son aspect ancien. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Ne pas perdre, empêcher qu’une personne ou qu’une chose ne périsse.
- Encore aujourd’hui, quand le vieux papa Eyssette (que Dieu me le conserve !) sent venir son accès de goutte, il s’étend péniblement sur sa chaise longue, et nous l’entendons dire : « Oh ! ces révolutionnaires !… » — (Alphonse Daudet, Le petit chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 9)
- Ceux-là le croiront qui admettent que Guibour, femme de Guillaume d'Orange, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Gellone, lesquels conservaient son nom dans leur cartulaire; […]. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, Vol.97, Librairie G. Baillière, 1965, p.10)
- Il a conservé tous ses enfants. - Les secours de l’art n’ont pu le conserver à sa famille. - Tout ce qui contribue à conserver notre vie.
- Aucune partie de ce bel édifice ne put être conservée. - C’est un dépôt que je dois défendre et conserver au prix de mon sang.
- (Pour les choses morales) — L’histoire conserve la mémoire des grandes actions.
- (En particulier) Assurer sa longévité en prenant beaucoup de soin de sa santé.
- C’est un homme qui se conservera longtemps, qui sait se conserver, qui a soin de se conserver.
- Garder quelque chose, ne pas s’en défaire, ne pas y renoncer.
- L’eau de mer, solidifiée par la congélation, se libère du chlorure de sodium, mais conserve les sulfates ; […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- — Qu’adviendrons-nous demain ? se demandait à haute voix le vieux banquier dont le parler conservait les mauvaises tournures de ses origines plébéiennes. — (Camille Pascal, L'Été des quatre rois : Juillet-août 1830, Éditions Plon, 2018)
- À la paix, on ne conserva que tant de régiments. - Il a conservé ses anciens domestiques. - Il n’a conservé de ses livres, de ses meubles que ceux qui lui étaient absolument nécessaires.
- Je conserve cela pour vous. - Je vous conserve cela. - Ils ont toujours conservé cet usage. - Conservez-moi votre amitié, votre protection, vos bonnes grâces, etc.
- Je conserve encore un peu d’espoir. - Je conserverai toujours la mémoire de ce bienfait. - Ils conservent encore le souvenir de ce grand jour.
- Ne pas perdre ce qu’on a ; ne pas en être dépossédé ou privé.
- La profusion de détails gracieux ne nuit en rien à l'ensemble qui conserve toute sa majesté. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
- Le projet était hardi, mais le fait de l'entreprendre prouvait que le Danemark entendait conserver son hégémonie sur tout le Groenland. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Dans le même souci de protection du lignage, le père pouvait cependant, s’il se méfiait de ses enfants, les obliger à conserver le patrimoine pour leurs propres enfants : […]. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l’Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e éd., 1956, p.205)
- Les seuls marchés qui aient conservé quelque importance sont ceux de Formerie, de Gournay et de Songeons. Le premier dépasse de beaucoup tous les autres, même celui de Gournay. — (Th Leroux & M. Lenglen, L'agriculture dans le département de l'Oise, J.B. Baillière, 1909, page 379)
- Conserver sa tranquillité. - Conserver son sang-froid, toute sa présence d’esprit. - Conserver le jugement. - Conserver son innocence, son honneur, sa réputation.
- (Absolument) — Ce n’est pas tout que d’acquérir, il faut savoir conserver.
- (Soutenu) Conserver l’écoute : rester en ligne (au téléphone) ; quelques fois utilisé de manière intransitive. Note : la locution verbale « conserver l’écoute » est principalement utilisée par les standardistes.
- Veuilez conserver l’écoute, je vais rechercher votre correspondant.
- Veuillez conserver, s’il vous plaît.
-
juillet
?- Septième mois de l’année. Il compte trente-et-un jours.
- Au mois de juillet.
- Il est né en juillet.
- Le quatorze juillet, Fête nationale de la France.
- La Révolution de juillet, Révolution qui s’accomplit au mois de juillet 1830.
- Les journées de juillet.
- La monarchie de juillet.
- La colonne de Juillet. Monument érigé à Paris.
- Désolation de voir finir ce mois de juillet qui est le mois de l’année que je préfère, royal et juvénile à la fois, couronné de lys et parfumé de tilleuls, le meilleur de l’été. Août, c’est l’immobilité estivale qui bascule lentement vers les putrescences de l’automne. — (Michel Tournier, Journal extime, 2002, Gallimard, collection Folio, page 156)
- On n'a plus les juillets qu'on avait! — (Le Devoir, 6 juillet 2010)
-
compter
?- Déterminer (une quantité, un nombre), plus particulièrement par un dénombrement, sinon par un calcul.
- Des joueurs de belote, assis au fond d'une buvette, comptaient leurs points parmi les rires, les plaisanteries, les grosses bourrades, […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Onze heures sonnaient à Saint-Germain-l’Auxerrois. Maurevel compta l’un après l’autre chaque battement de marteau qui retentissait vibrant et lugubre dans la nuit, […]. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VII)
- Mon bide a fait un gros bruit creux, j'avais une super dalle. En comptant vite fait, je me suis rendu compte que ça faisait bien deux ou trois jours que j'avais rien bouffé. — (Mélisa Godet, Les Augustins, J.-C. Lattès, 2014)
- Une tradition proverbiale dit qu’un nommé Martin, huché sur un de ses ânes, n’en retrouvait pas le nombre, parce qu’il oubliait de se compter, c’est-à-dire l’âne sur lequel il était monté. — (Pierre-Marie Quitard, Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française, Paris : chez P. Bertrand, 1842, page 528)
- (Absolument) Calculer.
- Il sait lire, écrire et compter.
- Voyons ce que vous avez reçu, ce que vous avez dépensé, il faut compter.
- Ce n’est pas le tout que de compter, il faut payer.
- Il ne veut ni compter ni payer.
- Compter vite, avec une règle à calcul.
- (Absolument) (Spécialement) Énoncer successivement les nombres entiers naturels.
- Compter jusqu’à vingt, jusqu’à cent.
- Compter sur ses doigts.
- (Par extension) Lésiner.
- Ils comptent les salaires qu'il nous donnent.
- (Par extension) Trouver trop grande une quantité.
- Lorsque j'ai fait paroître mes voyages, je comptois vingt-sept olympiades ; c'est à dire que le soleil avoit décrit, depuis ma naissance, cent-huit fois son cercle annuel. — (E.-F. Lantier, Voyages d'Anténor en Grèce et en Asie, Paris : chez Belin et chez Bernard, 2e édition revue, an VI, tome 1er, page XI (préface d'Anténor))
- Compter les jours, les heures, les moments, etc.
- Je compte les moments passés loin de toi.
- Compter les kilomètres à pied.
- Payer une somme à quelqu’un.
- De Termes ne pouvant lui faire compter cette somme , lui envoya son neveu en otage , et il partit pour le Levant le 22 septembre , au moment où sa coopération eût été le plus nécessaire. — (François-Guillaume Robiquet, Recherches historiques et statistiques sur la Corse, texte, Paris : chez le frère de l'auteur & Rennes : chez Duchesne, 1835, page 177)
- L'homme qui, au bout d'un certain temps, renvoie chez elle la jeune fille qu'il a enlevée, sous prétexte qu'elle ne lui convient pas, est obligé de compter aux parents la dot qu'il leur eût versée s'il l'eût gardée. — (Antoine de Tounens, Orllie-Antoine Ier : roi d'Araucanie et de Patagonie, son avénement au trône, et sa captivité au Chili, Paris : Librairie Thevelin, 1863, page 10)
- On lui compta cent cinquante euros.
- Plusieurs sommes lui ont été comptées.
- Tenir compte d’une chose à quelqu’un.
- Nous lui compterons sa trahison.
- (Sens figuré) (Soutenu) Marquer, signaler. — Note : Et alors, il est toujours suivi de la préposition par.
- Compter ses jours par des bienfaits.
- Toutes les années de son règne furent comptées par des triomphes.
- Ranger une personne, une chose parmi d’autres.
- Comprendre dans un compte, dans une énumération.
- L’admirable Calvignac, en équilibre au bord de sa falaise, n’a plus que 386 habitants après en avoir compté, en 1789, 900. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- La paroisse compte une trentaine de feux, assez peu de fidèles. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Elle, les yeux en trou de bite, le cheveu filasse et gras, la face violette, a peut être la cinquantaine, mais les années de bibine comptant double on a vite fait le compte. — (Jean-Yves Cendrey, Schproum: roman avorté et récit de mon mal, Éditions Actes Sud, 2013)
- Sans compter que vous serez nourri et logé.
- Voyez combien nous sommes, et n’oubliez pas de vous compter.
- On comptait parmi les coupables tels et tels.
- Cet exploit doit être compté parmi les plus glorieux.
- Mais la plus forte tête du salon jaune était à coup sûr le commandant Sicardot, le beau-père d’Aristide. Taillé en Hercule, le visage rouge brique, couturé et planté de bouquets de poil gris, il comptait parmi les plus glorieuses ganaches de la grande armée. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre III ; réédition 1879, page 93)
- Comprendre.
- Il comptait parmi ses provinces tel ou tel pays.
- Cette ville compte dix mille habitants.
- « Sans doute parce que je n’ai pas d’enfants, je suis toujours de leur côté. Comptez-moi dans le camp de Patricia. » — (Joseph Kessel, Le Lion, Gallimard, 1958)
- Être compté.
- Cela ne compte pas, ne peut pas compter, ne doit pas compter.
- Il a cessé de compter parmi les vivants.
- Régler, solder le compte qu’on a avec quelqu’un.
- J’ai compté avec un tel, je ne lui dois rien.
- (Sens figuré) Tenir compte à quelqu’un ou quelque chose, de ce qu’il veut, de ce qu’il peut, de ce qu’on lui doit.
- Compter avec quelqu’un.
- Ce personnage a désormais de l’autorité, il faut compter avec lui.
- (Par extension) Il faut compter avec l’opinion publique, avec les circonstances.
- (Par extension) Tenez compte davantage du trafic. (Si vous traversez une rue à pied.)
- Se proposer ; croire ; projeter.
- Après un long et intéressant trajet à travers les provinces de la Russie méridionale, j’avais franchi le Caucase et je comptais bien me reposer dans la capitale de la Transcaucasie… — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre I, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Nous sommes donc revenus à Kimberley fiers comme Artaban, avec un magnifique échantillonnage de diamants que nous comptions faire expertiser. — (Agatha Christie, L'Homme au complet marron, 1924, Librairie des Champs Élysée, 1930, nouvelle traduction révisée de Sylvie Durastanti, Éditions Le Masque, 2013)
- (Intransitif) Avoir de l'importance.
- Vois-tu, dans le monde entier, question rigolade et satisfaction, il n’y a que Paris qui compte, et dans Paris, Montmartre. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
- Voilà des mois et des annéesQue j’essaye d'augmenterLa portée de ma bombeEt je n’me suis pas rendu compteQue la seule chos’ qui compteC'est l'endroit où s’qu’elle tombe. — (Boris Vian, La Java des bombes atomiques, 1955)
- Pourquoi ne puis-je jamais être quelqu’un qui compte ? — (Calamity Jane, Lettres à sa fille (1877-1902), traduction de l'anglais américain par Marie Sully, Éditions du Seuil, Paris, 1979, page 46)
-
dernier
?- Dans un ensemble trié, l’élément qui arrive après tous les autres.
- Le 31 décembre est le dernier jour de l’année.
- Le dernier né.
- Il est le dernier de la classe.
- Ultime, qui est après tous les autres, ou après lequel il n’y en a pas d’autre.
- Déjà, autour du cadavre, les voisins s’affairaient pour sa dernière toilette. À terre, une bassine d’eau rougie, ses vêtements maculés, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 19)
- Le dernier jour des terriens était arrivé et Arcvad le puissant avait décrété leur mort pour minuit, heure de Mars,
- 11 heures du matin à New-York. — (Benjamin De Casseres, Arcvad le terrible, traduction de Émile Armand, dans Les Réfractaires, n°1, janvier 1914)
- On les retrouve au kébab du coin, au bout de l'avenue Jean-Jaurès où une pancarte annonce : « Dernier kébab avant le périph », au Café de la musique du parc de la Villette, au café MK2 du quai de Seine. — (Régine Robin, Le mal de Paris, éditions Stock, 2014)
- Comme il a pris son billet d'avion au dernier moment, ça lui aura coûté un bras, voire les deux, et ça lui fera les pieds. — (Julia London, Un parfait arrangement, traduit de l’anglais par Véronique Fourneaux, éditions J’ai Lu, 2017, chapitre 9)
- (En particulier) Le plus récent.
- […] ; ses variantes successives ont abouti à l'échelle MSK 64 (Medvelev, Sponheuer, Karnik) que l'on modifie de temps en temps, de sorte que l'on doit toujours rappeler l'année de la dernière mise à jour. — (Pierre Martin, Géotechnique : Ces risques que l'on dit naturels, Eyrolles, 2011, page 139 (§.1.5.4.2.2.1.1))
- Les dernières nouveautés du Salon de l'électronique de Las Vegas.
- Étiez-vous à la dernière séance ?
- De la dernière période.
- Le dernier Foucault sera très marqué par la lecture de ce livre et fera entrer Hadot au Collège de France en 1982. — (Michel Onfray, La résistance au nihilisme, Grasset, 2020, page 446)
- (Par hyperbole) Extrême en son genre, en bien ou en mal.
- Arriver au dernier degré de la perfection. — Cela est du dernier ridicule. — On l’a traité avec le dernier mépris.
- — Oh ! c’est du dernier ingénieux ! criaient Vaugelas, Colletet et tous les autres. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XX, 1826)
- Pendant toute la soirée, Leuwen fut du dernier tendre pour madame Grandet. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Le mécanisme de ce cylindre, quoique de la dernière simplicité, ne fut d'abord que très-embrouillé dans ma tête; mais, en attendant que mes premières idées se nettoyassent, je fus si aise de les avoir eues, que j'en tressaillis, […]. — (« Quatrième mémoire : Projet d'un nouvel orgue... », dans les Œuvres complètes de Diderot, tome 9, Paris : chez Garnier frères, 1875, page 158)
- Lucienne. — Oh ! mais, savez-vous bien, monsieur, que vous devenez de la dernière impertinence ! — (Georges Feydeau, Le Dindon, 1896)
- Vous savez que ceux qui sont pris sur le fait sont châtiés avec la dernière des sévérités et, par conséquent, vous savez qu’ils ne reculent devant rien pour éviter d’être pincés. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, L’Agent secret, 1911, Éditions Robert Laffont, Bouquins, tome 1, page 968)
- — Maintenant, dit Huchon, dont les yeux luisaient sous verre, nous écoutons nos trois protagonistes. Qu’ils nous renseignent, avec la dernière précision, sur le lieu, le temps, et l’ordonnance de leurs entreprises. De quels concours ont-ils besoin ? De quels comparses ? — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, pages 111-112)
- Le plus vil, le plus méprisable.
- Sa femme était morte, ses enfants le détestaient, une rebeue lui parlait comme à un chien, pour le Syndicat il était un traître, pour le gouvernement le dernier des cons, il ne serait pas ministre et sans doute plus député pour longtemps, qu'est-ce qui lui restait ? — (Gérard Mordillat, Ces femmes-là, éditions Albin Michel, 2019)
- Le moins souhaitable, ce qu’il faut le plus éviter.
- C’était la dernière chose à faire !
- Il aurait fallu éviter le plus possible de faire cette chose.
- C’est bien le dernier tracteur que je m’achèterais !
- Ce tracteur n’est pas bon du tout, je n’ai aucune envie de l’acheter.
-
contrôler
?- (Administration) Examiner minutieusement.
- Contrôler les comptes. - La Cour des comptes contrôle les opérations financières des budgets de l’état.
- (Sens figuré) Examiner pour diriger.
- Le pouvoir exécutif contrôle les actes du gouvernement. — Le pilote contrôle son bolide.
- (Par analogie) Examiner avec une curiosité importune.
- Vous contrôlez tout ce qui se fait dans sa maison.
- (Par extension) — Quel droit avez-vous de me contrôler ?
- (Spécialement) (Police) Vérifier sur la base des documents administratifs et particulièrement des documents d'identité.
- Je sais que les schmitts ne vont pas tarder à me contrôler vu qu'il ne reste plus qu'un pèlerin à pied dans tout le Bois et que ce pèlerin, c'est moi. — (Johann Zarca, Le Boss de Boulogne, Don Quichotte éditions, 2014)
- Matignon pourra souligner qu’il n’est pas question, dans son projet de loi, de « contrôler », mais de « vérifier », et que l’on vérifie déjà l’identité des citoyens souhaitant payer par chèque, entrer dans un casino ou voir un film interdit aux moins de 16 ans. — (Henri Seckel;, «Passe vaccinal : les contours flous d’un contrôle d’identité inédit», LeMonde , 27 décembre 2021)
- (En particulier) Marquer du contrôle les ouvrages d’or et d’argent, pour en constater le titre, etc.
- Il a fait contrôler sa vaisselle. - Vaisselle contrôlée.
- (Anglicisme) Diriger, dominer d’une façon précise.
- (Parfois) Maitriser.
- Le bentazone est inefficace contre les graminées, le glyphosate et le vernolate en préplantation, le bentazone en postlevée contrôlent le Cyperus. — (E.M. Lavabre, Le Désherbage des cultures sous les tropiques, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1979, page 129)
- La vitesse des véhicules est contrôlée à l'aide de voies en zigzag ou par le biais d'autres mesures comme des ralentisseurs ou des chicanes (pas encore d'évaluation). — (Sécurité routière : Quelle vision pour demain ?, OCDE, 2002, page 65)
- Sofer se rendit compte qu'il souriait niaisement bien que les questions posées méritassent beaucoup plus de sérieux. Il se contrôla et reprit sa posture distante, plus ironique que vraiment sévère. — (Marek Halter, Le Vent des Khazars, Éditions Robert Laffont, 2011, chap. 4)
- (Échecs) Pour une pièce, pouvoir prendre une pièce adverse qui viendrait sur une case.
-
caresser
?- Faire des caresses de la main ou des lèvres.
- Pan dansa comme les autres & en suite prit une satyrelle qu'il caressa de la bonne maniere au milieu de la chambre, alors on n'entendit de tous côtez que cris de joye. — (Dialogues, ou Les Fables les plus curieuses de l'Antiquité sont expliquées d'une maniere fort agreable, Cologne : chez Pierre du Martau, 1672, page 140)
- Et tandis qu’elle lui caressait ses cheveux blancs, exténué et rassuré, trop rassuré, il s’endormit sur la descente de lit, et, un bon moment, alors qu’elle le croyait encore éveillé, elle ne caressa plus que son sommeil. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, collection Folio, page 146)
- Helmy buvait ses paroles, contemplait ses yeux alternativement enflammés et tendres, et caressait lentement la main qu’elle lui abandonnait. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- (Sens figuré) (Poétique) Frôler.
- Le zéphyr caresse les fleurs.
- (Sens figuré) Flatter ; cajoler.
- Les sœurs de la Belle manquèrent mourir de douleur quand elles la virent habillée comme une princesse, et plus belle que le jour. Elle eut beau les caresser, rien ne put étouffer leur jalousie, qui augmenta beaucoup quand elle leur eut conté combien elle était heureuse. — (Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête, 1756)
- Elle caressait, en lui témoignant de la confiance, un des faibles de son mari. — (Julie de Querangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, tome 2, 4, 1833)
- Attiré par la gloire de Canalis, […] un jeune Référendaire à la Cour des Comptes se constitua le secrétaire bénévole du poète, et fut caressé par lui comme un spéculateur caresse son premier bâilleur de fonds. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
- À quoi servent les faits divers ? […]. En règle générale, à faire du très mauvais journalisme, caressant le lecteur dans ses pulsions malsaines quitte à pulvériser les lignes jaunes du métier. — (Nicolas Demorand, Trouble, dans Libération, no 9 535, 7 et 8 janvier 2012, page 3)
- (Sens figuré) Se complaire dans un travail ou dans une pensée.
- Mais il trouvait un secret plaisir à se dire qu’à sa place bien d’autres n’eussent pas été aussi délicats, et tout en caressant en lui-même le sentiment de sa propre vertu, il arrivait à trouver cette vertu plus méritoire qu’il ne l’aurait imaginé une heure auparavant. — (George Sand, Jeanne, 1844)
- Le Valdemar devait pousser son voyage de circumnavigation jusqu'à Seidisfiord, station située sur la côte orientale de l'Islande ; mais comme je caressais toujours l'idée de gagner Reykjavík par terre en franchissant le désert du Stórisandr, le moment était venu de prendre congé du capitaine Kihl et de mes compagnons de traversée. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 70)
- Ai-je donc la figure d’un homme qui caresse de mauvais desseins ? — (Georges Courteline, Le commissaire est bon enfant, 1899)
- Fin février, on se rendait compte dans tous les milieux français et indigènes qu’il fallait faire une fois de plus son deuil des espérances que l’on avait caressées. — (R.-A. Lortat-Jacob, Sauvons l’Indo-Chine ! Politique & Vérité, Paris : Éditions de La Griffe, sans date (fin 1926-début 1927), chapitre 4, page 30)
- Dire qu’il y a des années que je caresse cette chimère, que je vis avec cette idée folle : mon journal à moi […]. Je l’ai réalisé, ce rêve impossible, je le tiens, l’oiseau bleu, entre mes doigts. Le Justicier. C’est un journal de finance. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 171)
- Elle ne manque pas d’allure la Porsche 912 coupé, couleur crème, millésime 1968, garée sur un boulevard parisien. Un vrai petit bijou pour collectionneurs que plusieurs passants caressent d’un œil connaisseur. — (Eric Béziat, La France devrait autoriser en 2020 la conversion électrique des véhicules thermiques, Le Monde. Mis en ligne le 17 décembre 2019)
- (Vieilli) (Art) Donner un beau fini à une œuvre, un ouvrage.
- Le fracas de l’orchestre leur arrivait, assourdissant. Par instants, les violons dominaient le vacarme qu’ils semblaient apaiser, caresser, contenir, mais le saxo, le piston, la clarinette et surtout la trompette […] se mettaient ensemble à mugir et à pétarader de telle sorte que personne ne parlait plus. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- (Spécialement) (Par euphémisme) pronominal Se masturber.
- En attendant, je devais me caresser pour me calmer. J'ai ouvert un autre classeur à souvenirs. La langue de Mandy m'est venue en tête, au creux de la main. — (David Goudreault, La bête à sa mère, Stanké, 2015, page 181)
-
donner
?- Faire un don ; transférer, sans rétribution, la propriété d’une chose que l’on possède ou dont on jouit, à une autre personne.
- […] puis le voyant mort, car vous le tuâtes du coup, vous prîtes la fuite sur le cheval qu’il vous avait donné. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre III)
- Les synagogues furent données au clergé pour qu’il les transformât en églises. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Ce n'était pas la première fois que des boîtes de singe entraient dans la maison ; parfois des soldats nous en donnaient, mais jamais nous n’en avions rapporté autant. — (René Lucot, Almanach de la Grande Guerre vers la Victoire de 1917, chapitre 4 de Le grand break, Corps 9 éditions, 1985)
- Offrir à des invités un dîner, une fête, un bal, etc.
- Elle s’enjoyait des après-midi à leur courir après, jouer avec eux dans le parc, leur donner à manger, les dorloter. — (Céline Chevet, La fille qui tressait les nuages, Éditions du Chat Noir, 2018, chapitre 4)
- Donner un dîner, une soirée, une fête, une matinée musicale, dansante, un bal, un concert, la comédie.
- Offrir ; présenter.
- Elles mangent des sandwichs, des wraps et des chips, rient avec leurs collègues et amis, qui sont parfois au bout du fil. Et visiblement désopilants. Des écureuils et des pigeons attendent qu'on leur donne les restes. — (Justin Cartwright, Au paradis par la voie des eaux, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Éditions Jacqueline Chambon (Actes Sud), 2017, chapitre 8)
-
popularité
?- Faveur publique ; crédit parmi le peuple.
- Le capital sympathie associé au vautour fauve ne menace pas vraiment la popularité de l’ours brun ou du pottock (le poney basque), pour ne parler que des animaux des pentes pyrénéennes. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 33)
- Néanmoins, à l'occasion d'une pétition qui réclamait le rappel des bannis indistinctement, il s'exprima en des termes violemment improbatifs, qui lui valurent un jour de popularité à la cour ; mais il paraît qu'en cette occasion, le Maréchal n'avait pas suffisamment pesé ses paroles, […]. — (Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 4e année, 1823, Paris : Ponthieu, 1824, page 100)
- Quant au duc d’Orléans, il jouissait de peu de popularité et de peu d’influence. C’était l’homme des petites menées ; il rabaissait à sa taille les choses dont il s’occupait. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- Mais sa popularité ne survit pas à son mariage avec Marina, Polonaise et catholique, qui amène à la Cour une suite de gentilshommes de son pays dont l’attitude conquérante irrite les Moscovites. — (Albert Mousset, Histoire de Russie, 1945)
- Laurier n’était pas seulement, et à la fois, un dictateur par tempérament, un riche propriétaire foncier et un puissant industriel (…), mais c’était aussi un personnage populaire, fort habile à cultiver l’art de la popularité. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 390 de l’édition de 1921)
- Je ne serai jamais populaire. La popularité, c'est pour les filles qui portent des serre-têtes assortis à leurs robes et traînent avec des filles qui portent aussi des serre-têtes assortis à leurs robes. — (Felicia Day, On n'est jamais bizarre sur Internet (ou presque), traduit de l'américain par Marie-Aude Matignon, éd. Bragelonne, 2016)
- Définition manquante ou à compléter. (Ajouter)
- La bourgeoisie, les commerçants retirés, les avocats, les notaires, tout le petit monde aisé et ambitieux qui peuple la ville neuve, tâche de donner quelque vie à Plassans. Ceux-là vont aux soirées de M. le sous-préfet et rêvent de rendre des fêtes pareilles. Ils font volontiers de la popularité, appellent un ouvrier « mon brave », parlent des récoltes aux paysans, lisent les journaux, se promènent le dimanche avec leurs dames. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. II ; réédition 1879, pages 45-46)
-
complicité
?- (Droit) Participation au délit ou au crime d’un autre.
- […]; mais le Bureau de Santé était implacable et livrait sans merci aux autorités administratives et judiciaires ceux qui débarquaient clandestinement, avec la complicité des terriens, des marchandises suspectes ; […]. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, page 93, éd. Honoré Champion, 1925)
- Le législateur canonique intervient aussi pour réprimer le rapt ; le Concile de Chalcédoine de 451 (canon 27) dépose les clercs coupables de complicité de rapt et excommunie les laïques dans ces cas. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l'Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e éd., 1956, p.93)
- Le trabendo mafieux ne peut pas fonctionner sans la complicité active et grassement rétribuée de certains responsables. — (Kerroum Achir, Nassima, page 118, 1997)
- Ahurissant : on la juge pour la complicité dans des crimes abominables, et Monique Olivier se dépeint en ménagère effacée, régalant son tyran de mari de cacasse à cul nu et de tarte au sucre. — (Stéphane Durand-Souffland, Frissons d'assises: L'instant où le procès bascule, Denoël, 2012)
- Combien de fois des Maliens humbles ont été dépossédés de leurs biens en plein midi au profit de richissimes hommes d’affaires aux « bras longs » avec la complicité de juges véreux ? . — (A. M. T., Il faut le dire : Doux rêve !, sur le site BamaNet (http:/ /bamanet.net), 28 septembre 2009)
- (Sens figuré) Lien d'intelligence entre deux personnes. La complicité, c’est se comprendre, rire ensemble d’un simple regard et surtout évoluer dans un véritable respect mutuel.
- Il a une grande complicité avec son épouse.
-
entier
?- Qui a toutes ses parties, ou que l’on considère dans toute son étendue.
- Afin de couvrir les sépultures, ils se sont servi de tuiles, parfois entières, souvent fragmentaires. — (H. Duday, Fanette Laubenheimer & Anne-Marie Tillier, Sallèles d’Aude: nouveau-nés et nourrissons gallo-romains, Presses Univ. Franche-Comté, 1995, page 97)
- A chaque tempête, les dunes progressent vers l’intérieur des terres. […]. Des villages entiers sont engloutis : habitations, église, tout disparaît sous le sable. — (Jean-Henri Fabre, La Plante ; leçons à mon fils sur la botanique, Paris, Delagrave, 1905, 8e éd., p.111)
- Il paraît, nous a-t-on dit un jour, qu'il existe à Châteauneuf-le-Rouge un labyrinthe de buis si vaste que le jardinier a besoin de l'année entière pour le tailler : il commence à un bout, et, lorsqu'il arrive à la fin du tracé, recommence un nouveau circuit et une nouvelle année. — (Michel Racine & Françoise Binet, Jardins de Provence, Édisud, 1987, p. 132)
- Note : On y joint quelquefois le mot tout, pour s’exprimer avec plus de force.
- Attendre une heure tout entière.
- Lire un livre tout entier.
- (Mathématiques) Se dit des nombres composés d’une ou plusieurs unités.
- Les nombres entiers incluent les nombres naturels.
- (Botanique) se dit d’un élément de plante (pétale ou feuille) qui n’a aucune découpure sur ses bords.
- Les feuilles de lilas sont entières.
- Pétale entier.
- (Sens figuré) Qui n’a subi aucune altération.
- Vivre dans un entier détachement des choses du monde.
- Avoir une entière confiance en Dieu.
- Une entière soumission.
- Conserver sa raison tout entière.
- Laisser une entière liberté à ses amis.
- Conserver sa réputation entière, sa vertu entière.
- La confiance entière qu’on avait en cette banque a causé la ruine de bien des gens.
- La question reste entière : la question reste intacte, est toujours la même.
- Les choses ne sont pas entières : l’état des choses a changé, les circonstances ne sont plus les mêmes.
- Cette affaire, cette fonction, cette science prend l’homme tout entier : (Sens figuré) Il est nécessaire d’y employer tous ses soins, toute son attention et tout son temps.
- On dit dans un sens analogue
- Se donner, se livrer tout entier à un travail, à une étude, etc.
- Mourir tout entier : ne laisser aucun souvenir, aucune renommée après sa mort.
- (Sens figuré) Qui ne supporte aucune atténuation dans ses opinions, dans ses convictions, qui ne se laisse point entamer par la discussion.
- C’est un homme entier, bien entier, fort entier dans ses opinions.
- C’est un esprit très entier.
- (Au masculin) Qui n’a pas été castré.
- Cheval entier.
-
pré
?- (Agronomie, Biogéographie, Écologie) Champ où pousse de l’herbe (naturelle ou cultivée), où l’on recueille du foin, ou qui sert au pâturage.
- Un bon terrain peut fournir jusqu’à cent milliers de betteraves par hectare, j’en ai même récolté jusqu’à cent vingt sur un pré nouvellement défriché, […]. — (Jean-Antoine Chaptal, Mémoire sur le sucre de betterave, Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1, 1818 (pp. 347-388))
- Le Caux est une terre à blé, mais la vallée verdoyante du Bray est un immense et magnifique pâturage où un élevage intensif se pratique dans des prés incomparables. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- Lieu où a lieu un duel.
- Aller sur le pré, se rendre sur le pré, se retrouver sur le pré, cela signifie se battre en duel.
- (Archaïsme) Bagne.
- Ma petite Madeleine, apprête-toi à retourner au pré à vioque, reprit Jacques Collin. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
-
bouger
?- Se déplacer d’un endroit vers un autre.
- Longtemps, Bert resta assis, seul dans un coin de la cabine de Kurt, ne bougeant pas, ne s’aventurant même pas à ouvrir la porte, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 173 de l’édition de 1921)
- — N'empêche que chuis dans la mouise, a fait Mark. Mon paternel, vous savez bien. J'avais interdiction de sortir. (Il s'est levé) On bouge ? Peut-être qu'il sera moins sévère si je rentre pas trop tard. — (Clemens Meyer, Quand on rêvait, traduit de l'allemand, Éditions Piranha, 2015)
- (Transitif) Mouvoir quelque chose.
- Il bouge le meuble.
- (Transitif) Mouvoir une partie du corps.
- Bouger la tête.
- (Pronominal) (Familier) Se déplacer, donner du mouvement.
- On se bouge maintenant ?
- (Pronominal) Sortir de l'inaction.
- Alors, tu te bouges ?
- J’allais à 16 heures à la Goutte-d’Or. Au bordel avec ces femmes qui disaient « 32 les hommes bougez ». J’ai mis un mois à comprendre que « 32 » c’était le prix de la passe et que « bougez » voulait dire « décidez-vous ». — (Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, J’ai lu, 2016, page 188)
- (Sens figuré) S’agiter d’une manière hostile, se révolter.
- S’ils bougent, c’est à moi qu’ils auront affaire.
- (Sens figuré) Amorcer un changement.
- Les choses ont toutefois déjà commencé à bouger. — (Sarah Fruit, Eléa Pommiers, Loi antigaspillage : « Il existe des solutions pour que le secteur du bâtiment crée moins de déchets », Le Monde. Mis en ligne le 11 juillet 2019)
-
simplicité
?- Qualité de ce qui n’est pas composé.
- Le lendemain, j’ai vu la chambre dans la simplicité de la lumière du jour. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Caractère de ce qui n’est pas compliqué.
- Le mécanisme de ce cylindre, quoique de la dernière simplicité, ne fut d'abord que très-embrouillé dans ma tête; mais, en attendant que mes premières idées se nettoyassent, je fus si aise de les avoir eues, que j'en tressaillis, […]. — (« Quatrième mémoire : Projet d'un nouvel orgue... », dans les Œuvres complètes de Diderot, tome 9, Paris : chez Garnier frères, 1875, page 158)
- Quels termes saurai-je trouver, suffisamment simples dans leur sublimité, — suffisamment sublimes dans leur simplicité, — pour la simple énonciation de mon thème ? — (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire)
- Même s’ils en font rêver plus d’un, tout le monde n’investit pas des tracteurs high-tech. À tous ceux qui recherchent la simplicité et l’efficacité avant tout, cet essai est fait pour vous. — (« Essais de tracteurs : John Deere 6195 M contre 7810 : le choc des générations », le 8 novembre 2017, sur le site de La France agricole (www.lafranceagricole.fr).)
- Caractère de ce qui est sans apprêt, sans recherche.
- Il est d’une grande simplicité dans ses vêtements, dans ses manières, dans son langage.
- Cet écrivain a une grande simplicité de style.
- D'ailleurs, j'aime rappeler que la simplicité n'est nullement absence de profondeur. — (Nuit blanche, n° 166, printemps 2022, page 23)
- Qualité de ce qui est sans détours, sans déguisement.
- Pendant un moment, la morgue germanique lutta en lui avec la simplicité anglaise, et aussi avec sa bienveillance naturelle et sa loquacité, et elle eut le dessous. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 174 de l’édition de 1921)
- La simplicité d’un enfant.
- Simplicité de cœur.
- Aimable simplicité.
- La simplicité a deux sœurs : la grâce et la dignité. — (Mustapha Fahmi, La leçon de Rosalinde, éditions La Peuplade, Chicoutimi (Québec), 2018, p. 76)
- Naïveté, trop grande facilité à croire, à se laisser tromper.
- Je ne vis jamais une si grande simplicité.
- C’est une grande simplicité de croire cela.
- Il y a de la simplicité dans son cas.
-
possibilité
?- Caractère de ce qui est possible.
- Son guiderope traîna de nouveau sur le sol et il envisagea la possibilité de tenter un atterrissage. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 104 de l’édition de 1921)
- On étudiera également les possibilités d’épelation du malade pour des mots en rapport avec son niveau scolaire. — (Julián de Ajuriaguerra et Henry Hécaen, Le cortex cérébral; étude neuro-psycho-pathologique, Masson, 1960, page 170)
- Chose possible
- Après le diner M. B., le ministre plénipotentiaire honoraire, me pris à part pour me consulter sur la possibilité de faire un détour pour éviter « cette Moulouya ». — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 268)
- Nous insistons sur les possibilités multi-plateformes de Python et présentons les bases pour étendre Python et l'intégrer dans d'autres applications en utilisant C ou Java. — (Alex Martelli, Python en concentré, traduit par Éric Jacoboni, Paris : éditions O’Reilly, janvier 2004, page XI)
- (Spécialement) Un des cas d’un choix
- Il fallait choisir entre ces trois possibilités: poursuivre, rester ou revenir.
-
sembler
?- Paraître avoir une certaine qualité ou une certaine manière d’être ; avoir l’air, l’apparence.
- L’administration romaine était extrêmement dure pour tout homme qui lui semblait susceptible de troubler la tranquillité publique. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VI, La Moralité de la violence, 1908, page 260)
- La mort fauche. Elle fauche à tort et à travers. Peu lui importe. Ceux qu’elle a visés, elle va les chercher là où ils semblent le plus en sécurité. — (Jacques Mortane, La Guerre des airs : Traqués par l’ennemi, Baudinière, 1929, page 40)
- Il est vrai que les hannetons et les chauves-souris, par exemple, ont une façon de voler qui nous semble déraisonnable ; mais elle ne le semble ainsi qu’à nous autres dont ce n’est pas la fonction de voler. — (Franc-Nohain, Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
- La vitesse de circulation de la monnaie croissait ainsi de jour en jour et sa répudiation définitive semblait devoir être prochaine. — (Wilfrid Baumgartner, Le Rentenmark (15 octobre 1923 - 11 octobre 1924), Presses universitaires de France, 1925 (réimpression 2e édition revue), page 93)
- Pour lui, faire des achats représentait toujours une corvée, et même plus que cela, mais Emma et Lucy, elles, semblaient heureuses comme des poissons dans l’eau. — (Carol Arens, Pour l'amour d'un hors-la-loi, traduit de l'anglais par Jacques Cezanne, éditions Harlequin, 2012, 2013, chapitre 4)
- (Impersonnel) Être apparemment, du point de vue de quelqu’un.
- « Quand j’étais, ce me semble, dans l’état que je joue, personne ne faisait plus de bruit au café Charpentier. » — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
- Il semblerait donc que le plus grand désordre doive régner dans le tapis végétal. Il en est bien ainsi dans les régions de végétation luxuriante. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 100)
- Que vous semble-t-il de ce tableau ?
-
rêver
?- Faire des rêves en dormant. — Note : S’emploie absolument et intransitivement, ou transitivement en parlant de l’objet même du rêve.
- Rêvé-je ? Est-ce que je sommeille ? Ai-je l’esprit troublé par des transports puissants ?Ne sens-je pas bien que je veille ?Ne suis-je pas dans mon bon sens ? — (Molière, Amphitryon, acte I, scène II)
- Et, allongé sur un lit d’ordures humides, un cochon tout rose, assoupi, grognait en rêvant. — (Octave Mirbeau, La Bonne, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
- Je n’ai fait que rêver toute la nuit.
- Rêver de combats, de naufrages, etc.
- J’ai rêvé une chute, un incendie.
- J’ai rêvé que…
- (Désuet) Être en délire, délirer.
- La fièvre monte, il commence à rêver.
- (Par extension) Dire des choses déraisonnables, extravagantes.
- Vous rêvez, quand vous dites telle chose.
- Rêvez-vous de faire cette demande, cette proposition ?
- Vous n’êtes pas en votre bon sens, vous rêvez.
- Être distrait, laisser aller son imagination sur des choses vagues, sans aucun objet fixe et certain.
- Il rêve toujours sans répondre à ce qu’on lui dit.
- Il ne vous écoute pas, il ne fait que rêver.
- Il est resté toute la soirée à rêver.
- Laisser aller librement son imagination, ses pensées.
- Lorsqu’un seul homme rêve, ce n’est qu’un rêve, mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité. — (Friedensreich Hundertwasser)
- Se réfugier dans ses souvenirs, dans son fantasme, dans son imagination, dans ses projets.
- Lorsqu’il est fatigué de rêver à Marion et au bonheur qui sera le leur, il songe à ceux qui, au cours de ces dernières années, l’ont aidé. — (Charles Exbrayat, Les Bonheurs courts, tome 1 : La Lumière du matin, éditions Albin Michel, 1981)
- Pauvre soldat, rêve, rêve, car demain peut-être, la mort impitoyable te prendra… Rêve à ces beaux jours passés pendant que l’on s'entretue…Rêve, c’est tout ce qui te reste, à toi qui as tout perdu, famille, bonheur…Pauvre soldat, toi qu’on appelle héros et qui souffre…Rêve Petit Soldat… — (Correspondance d’Eugène Defat, 25 décembre 1917, in Louise Monaux et Bruno Deblander, 14-18, Apocalypse en Belgique – Récits de patriotes, Éditions Racine, 2013, page 97)
- Espérer, désirer.
- La grande Clémence proposa du lapin ; mais on ne mangeait que de ça ; tout le monde en avait par-dessus la tête. Gervaise rêvait quelque chose de plus distingué. — (Émile Zola, L’Assommoir, G. Charpentier, Paris, 1877, ch. VII ; réédition 1879, p. 250)
- Avec ça, je m’exhibe dans les boîtes de nuit et les grands restaurants la plus superbe poule qui se puisse rêver, ma dactylo, Suzanne, une enfant de dix-huit ans, fraîche, brune, émoustillante en diable, avec des yeux spirituels, dans une frimousse d’ingénue. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 180)
- Même s’ils en font rêver plus d’un, tout le monde n’investit pas des tracteurs high-tech. À tous ceux qui recherchent la simplicité et l’efficacité avant tout, cet essai est fait pour vous. — (« Essais de tracteurs : John Deere 6195 M contre 7810 : le choc des générations », le 8 novembre 2017, sur le site de La France agricole (www.lafranceagricole.fr))
- (Vieilli) Penser, méditer profondément sur quelque chose.
- On vous demande la solution de tel problème, prenez du temps pour y rêver.
- Cela donne à rêver.
- J’ai rêvé longtemps sur cette affaire, à cette affaire.
- (Transitif) S’absorber dans un désir.
- Loin du danger, il ne rêve qu’exploits héroïques, entreprises surhumaines et gigantesques ; mais, quand vient le péril, son imagination trop vive lui représente la douleur des blessures, le visage camard de la mort, et le cœur lui manque. — (Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, volume 1, Charpentier, 1871, page 270)
- Il ne rêve que fortune.
- Il rêve des grandeurs, des dignités auxquelles il ne parviendra pas.
- Il rêvait la tiare, un chapeau de cardinal.
- (Pronominal) S’imaginer être.
- Une faiblesse, cependant : son ambition démesurée, qui tourne à la mégalomanie. Il se rêve à la Chambre, au gouvernement. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 208)
-
objet
?- Chose tangible et visible, concrète. Chose perceptible par la vue et le toucher. Chose, dans un sens indéterminé.
- Je n’éprouvais plus qu’une sensation vague des objets et des êtres. Tout passait devant moi, avec des formes indécises. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- Le temps utile aux mesures est relatif aux objets : ainsi l'année et le jour jupitériens ne sont pas l'année et le jour terrestres. Les rotations sur soi ou autour du soleil ne sont pas les mêmes, les objets célestes n'ont pas la même vitesse, etc... — (Bernard Bachelet, Sur quelques figures du temps, Librairie J. Vrin, 1996, page 260)
- Il vend toute sorte d’objets.
- Objets de première nécessité.
- Un objet d’art.
- Quel est donc cet étrange objet que je vois dans ta main ?
- Je ne pouvais pas voir l'objet qu'il avait déposé dans ma main.
- Objet agréable, horrible, plaisant, insupportable.
- La beauté, la laideur d’un objet.
- Écartez cet objet de mes yeux.
- Reposer sa vue sur un objet charmant.
- Cette lunette grossit trop les objets.
- Les objets se peignent sur la rétine.
- (En particulier) Chose fabriquée par l’homme ; artéfact.
- (Philosophie) Tout ce qui affecte les sens, tout ce qui intéresse les facultés de l’âme.
- Les objets des sens.
- Les couleurs sont les objets de la vue.
- Le son est l’objet de l’ouïe.
- Les saveurs sont l’objet du goût.
- Les odeurs sont l’objet de l’odorat.
- Le vrai est l’objet de l’entendement.
- Le bien est l’objet de la volonté.
- (Philosophie) Ce qui est pensé, par opposition à l’être pensant ou sujet.
- Matière à une science ou à un art.
- Seulement, la vie de la plante, considérée relativement à la production utilisable, ne forme pas l’objet de la botanique, mais bien de l’agronomie. — (Albert Lévy, « L'actinomètre Arago-Davy : Contribution à l'étude de la maturation des raisins », dans les Annales agronomiques publiées sous les auspices du Ministère de l'agriculture et du commerce, tome 4, Paris : chez G. Masson, 1878, page 505)
- La présente partie de la présente norme européenne a pour objet de définir un procédé faisant appel à des tamis, pour la détermination de la distribution dimensionnelle des grains. — (Norme européenne EN 933-1, août 1997)
- Chaque science a son objet.
- (Psychanalyse) Celle, celui qui est différent de soi.
- En psychanalyse, le mot objet désigne l’autre que soi. — (Isabelle Levert, sur la-psychologie.com, « Le complexe de la mère morte ou l’appel du vide » → lire en ligne)
- (Grammaire) S’oppose à sujet et désigne la personne ou la chose sur laquelle se porte l’action exprimée par le verbe.
- Dans la phrase : « Dieu a créé l’homme », Dieu est le sujet et l’homme l’objet.
- Tout ce qui est la cause, le sujet, le motif d’un sentiment, d’une passion, d’une action.
- L’honorable M. Bertauld nous a dit encore : Je repousse votre projet de loi parce que c'est un expédient, une loi de circonstance, et qu'il n'appartient pas aux assemblées politiques de se saisir de faits particuliers pour en faire l’objet d'une modification législative. — (« Séance du 18 février 1873 », dans les Annales de l'assemblée nationale: compte-rendu in extenso des séances : Annexes, Paris : Imprimerie du Journal officiel, volume 16, page 117)
- Être l’objet de la raillerie, de la médisance, de la calomnie, du mépris.
- Objet de pitié.
- L’objet de son amour, de son respect, de sa passion.
- Objet de tristesse, d’affliction, de douleur, etc.
- Vous étiez l’objet de notre entretien.
- La conversation a changé d’objet.
- (Par extension) En particulier, la personne qu’on aime.
- L’objet aimé.
- But, objectif, visée.
- Cet homme n’a pour objet que de faire fortune.
- L’objet de ma remarque.
- L’objet que je me propose, que j’ai en vue.
- Voilà mon objet.
- Remplir son objet.
- Quel est l’objet de cette démarche ?
- Discours, action sans objet.
- Je vais maintenant vous exposer l'objet de cette réunion.
- (Vieilli) (Sens figuré) Tout ce qui se présente à l’esprit, de tout ce qui l’occupe.
- Les objets se peignent confusément dans son esprit, dans son imagination.
- Il a la tête remplie, occupée de mille objets, d’un objet important.
- Il ne saurait donner une attention suivie au même objet.
- Son esprit troublé confond et défigure les objets.
- Il est éloquent lorsqu’il parle des objets qui le touchent.
- (Programmation orientée objet) Instance de classe. Un objet stocke des valeurs de données (attributs), sur lesquels travaillent les méthodes de la classe.
- (Cartographie) Phénomène concret ou abstrait susceptible d’une représentation cartographique[1].
- (Sport-boules) Tout objet présent sur le terrain au cours d’une partie, incluant le but et les boules déjà jouées.
- Si la boule de tir se perd avant ou à l’instant où elle touche son objectif, le tir est nul et tous les objets déplacés doivent par obligation être remis en place par l’adversaire. — (Fédération Internationale de Boules, Règlement Technique International, édition 2018, article 44)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.