Dictionnaire des rimes
Les rimes en : aigrir
Que signifie "aigrir" ?
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- Rendre aigre.
- La chaleur aigrit le lait.
- (Sens figuré) Mettre dans une disposition ou dans une situation plus fâcheuse.
- Cela ne fait qu’aigrir son mal, qu’aigrir sa douleur.
- La mauvaise fortune lui a aigri l’esprit.
- Si elle s'était prolongée plus longtemps, cette vie à Rome m'eût à coup sûr aigri, corrompu ou usé. — (Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, Plon, 1958 ; réédition Folio, 1974, page 55)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "aigrir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
-
doucir
?- Polir.
- (Art) (Vieilli) Débarrasser de ses rugosités la vitre brute telle qu’elle sort du four.
- (Marbrerie) Frotter le marbre avec une pierre-ponce dure et de l'eau; c'est la quatrième opération employée pour parvenir au poli du marbre.
-
adoucir
?- Rendre doux, tempérer.
- Adoucir l’acide du citron avec le sucre.
- Adoucir une sauce trop salée en y ajoutant de l’eau.
- Adoucir les traits d’une figure, les rendre plus délicats, plus aimables.
- Adoucir les teintes d’un tableau, graduer avec plus de délicatesse le passage de l’une à l’autre.
- Rendre plus doux, en parlant d'un son, d'une voix.
- Il parlait couramment anglais, mais avec un fort accent tudesque, qu’on remarquait spécialement dans la prononciation des lettres v et b ; il adoucissait ses th jusqu’à faire entendre le son dz très doux, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 153 de l’édition de 1921)
- Polir en ôtant les aspérités.
- On adoucit le bois avec la prêle.
- On adoucit les glaces avec l’émeri.
- (Spécialement) (Marbrerie) Frotter le marbre avec une pierre-ponce dure et de l'eau ; c'est la quatrième opération employée pour parvenir au poli du marbre.
- (Sens figuré) Rendre plus supportable.
- Cela adoucira un peu votre mal.
- Si quelque chose pouvait adoucir ma peine.
- Adoucir l’ennui, l’amertume, le chagrin, etc.
- Tous les maux s’adoucissent avec le temps.
- Cette critique est trop sévère, il faut l’adoucir.
- Adoucir des reproches, des remontrances, un refus, etc.
- (Beaux-arts) Diminuer ce qui est trop prononcé.
- Toute la ville était éclairée par un petit nuage éblouissant qui s’était arrêté sur la lune, et le ciel était adouci de clarté. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896)
- La hardiesse du vrai s’élève à des combinaisons interdites à l’art, tant elles sont invraisemblables ou peu décentes, à moins que l’écrivain ne les adoucisse, ne les émonde, ne les châtre. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
- Apaiser.
- Adoucir la colère de quelqu’un. Adoucir un esprit irrité. Sa colère s’est adoucie.
- La loi vise à faire pression sur les nations européennes pour qu'elles adoucissent les sanctions américaines paralysantes. — (Associated Press, Iran : travaux de construction dans une usine d'enrichissement d'uranium souterraine, radio-canada.ca, 18 décembre 2020)
- (Pronominal) Devenir plus doux.
- Le temps s’adoucit.
-
régir
?- Gouverner, diriger, conduire.
- L'usage coutumier et les habitudes traditionnelles ont régi les relations commerciales et les transactions en affaires. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p.64)
- Régir un état.
- Ce monarque a sagement régi son royaume.
- Les lois qui régissent l’univers.
- Administrer, gérer.
- Ce ministre a bien régi les finances de l’état.
- Il fait régir ses biens, sa terre par un homme de confiance.
- Il a régi ce théâtre pendant plusieurs années.
- Régir une succession par autorité de justice.
- Il a été ordonné que les biens seraient régis par un curateur.
- (Grammaire) Avoir ou exiger pour régime, pour complément.
- La préposition sert ordinairement à exprimer le rapport du mot qu’elle régit avec ce qui la précède.
- Ce verbe, cette préposition régit tel cas.
- Le verbe transitif régit l’accusatif.
- La préposition latine de régit l’ablatif.
-
franchir
?- Passer au-delà d’un obstacle.
- Les prairies, émaillées de saxifrages, sont clôturées de murs en pierres sèches qu’il nous faut franchir à tout instant. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 35)
- En haut, des milans planaient au-dessus des arbres et franchissaient l’étendue lisse du Nil. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l’Amour et de la Mort", 1940)
- Partout ailleurs les rivières se franchissaient à gué, quelquefois à la nage ou, en certains endroits, au moyen d’une mâdia, sorte de radeau composé d’outres ou de bottes de roseaux reliés par de bâtons et des cordages. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 105)
- Le Doubs prend sa source à Mouthe (25) […] : il passe d’un val à l’autre en franchissant les monts par des cluses ou à la faveur de l’Accident de Pontarlier. — (Lydie Joan, Carte archéologique de la Gaule : Le Doubs et le territoire de Belfort ; 25 & 90, Éditions MSH, 2003, page 90)
- (Par extension) Passer au-delà d’une limite.
- Comme ils franchissaient le seuil, des formes invisibles surgirent, brusquement, de l’ombre. C’était les slouguis qui se précipitaient, menaçants. Mme Durelle poussa un cri. — (Victor Margueritte, Un cœur farouche, Paris : Ernest Flammarion, 1921, page 56)
- Ancien commandant des forces américaines en Europe, le lieutenant-général à la retraite Ben Hodges estime « qu’un point de non-retour » a été franchi dans ce conflit. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 19 septembre 2022, page 6)
- (En particulier) (Marine) Passer par-dessus un obstacle sans y rester échoué.
- Le flot et le jusant courant au large, sans interruption, pendant 2 ou 3 heures après la haute ou basse mer sur la côte, circonstance dont il faut soigneusement tenir compte en franchissant les bancs. — (C. B. Matenas, Renseignements nautiques sur les côtes de France, d’Angleterre, d’Écosse, […], 1851, page 213)
- Ayant franchi quelques glaces serrées, nous gagnâmes un chenal d’eau libre le long de terre. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Passer, traverser des lieux, des endroits difficiles, de grands espaces, des frontières, etc.
- Maintenant qu’il avait dépassé la zone et franchi les lignes de rebat, Kinkin marchait plus librement, respirant à longs traits, révâssait même un peu. — (Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Le 24, le vent tourna au Sud nous permettant d’établir la voilure, et, le lendemain la plupart de mes compagnons franchissaient pour la première fois le cercle polaire. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Les quelques milles qui séparent Cristobal de Gatun furent vite franchis et les portes de la grande écluse triple s’ouvrirent devant moi. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Il poussa la jument au galop. Elle franchit l’angle de plaine, passa le fossé, et devant la lisière hésita, ne voyant aucune sente où s’introduire. — (Robert Marteau, Des chevaux parmi les arbres, Champ Vallon, 1992, page 42)
- (Sens figuré) — L’imagination franchit sans peine cet immense intervalle.
- (Sens figuré) N’être retenu par des considérations d’aucune sorte.
- Franchir toutes sortes de difficultés, toutes sortes d’obstacles.
-
agir
?- Faire quelque chose.
- Il n’est jamais sans agir.
- Se dit souvent par opposition aux paroles, aux discours, etc., et signifie procéder à l’exécution de quelque chose.
- C’est trop délibérer, il faut agir, agissons, il est temps d’agir, etc.
- Il sait mieux agir que parler.
- Opérer, produire quelque effet ou faire quelque impression.
- La houille est généralement assez impure et contient des pyrites et des matières argileuses qui agissent d'une manière fâcheuse dans plusieurs opérations industrielles. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 91)
- Les affections des centres nerveux sont le plus directement en contact avec l’état de l’âme du patient. Elles agissent sur cet état, mais elles sont aussi agies par lui. — (Léon Daudet, Souvenirs littéraires – Devant la douleur, Grasset, 1915, réédition Le Livre de Poche, page 158)
- Faire agir une machine, un ressort.
- C’est un remède qui agit puissamment.
- L’acide nitrique agit sur l’étain.
- Le soleil agit sur les planètes.
- L’éloquence agit sur les esprits.
- L’exemple des supérieurs agit fortement sur les inférieurs.
- La foi agit en nous d’une manière mystérieuse et inexplicable.
- Le médicament doit agir, je ne me sens plus malade du tout.
- Négocier, s’employer en quelque affaire.
- Il agissait auprès du ministre pour les intérêts de ses commettants.
- Il a tout pouvoir d’agir.
- Je vous prie d’agir pour moi.
- Agir au nom de quelqu’un.
- N’agissez pas contre moi.
- Agir d’autorité.
- Agir d’office.
- Faire agir quelqu’un dans une affaire.
- Poursuivre en justice.
- Agir criminellement.
- Agir civilement.
- Il a été obligé d’agir contre son tuteur.
- Se conduire, se comporter.
- Agissez avec méthode et ne brûlez pas les étapes. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 36)
- Manière ou façon d’agir.
- C’est mal agir.
- Ce n’est pas bien agir.
- Il a bien agi avec moi, envers moi, à mon égard.
- J’agirai sévèrement à leur égard.
- Agir contre ses intérêts, contre son opinion, etc.
- (Pronominal) (Impersonnel) (avec de) Sert à marquer de quoi il est question.
- Il fallait que Jimmy l’aidât à se mettre debout, qu’il le brossât en s’excusant, le secouât et, finalement, lui expliquât de quoi il s’agissait. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
- Je sais […] que Leconte de l’Isle quand il s’agissait de retrancher des lettres, était pour qu’on en ajoutât […] — (Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905)
- En 1910, Ehrlich avait réussi à obtenir le premier exemple d'un médicament antimicrobien purement synthétique. Il s'agissait du salvarsan, en l'occurrence un composé contenant de l'arsenic (…). — (Graham L. Patrick, Chimie pharmaceutique, traduit par Paul Depovere, De Boeck, 2002, page 376)
- (Transitif) (Philosophie) (Littéraire) Activer.
- Et voici qu’elle ne trouve pas de quoi nourrir sa haine et qu’elle se surprend, à son insu, à faire certains gestes, à prononcer des mots qui l’étonnent et l’arrêtent : Kaïté la parle et l'agit quand elle s’inquiète si les pelouses ont été arrosées, les portes des armoires, au second, ouvertes pour « aérer les draps », quand elle descend à la cave pour inspecter les bocaux de confiture ou qu’elle retape un lit fait par la bonne. — (Michel del Castillo, Le Vent de la nuit, éditions René Julliard, 1972, quatrième livre, dix-septième chapitre)
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louchir
?- Devenir trouble, perdre sa transparence, en parlant d’un liquide.
- Les boissons anisées louchissent quand on y ajoute de l'eau.
- Fred, le petit recuit de soleil à moustache effilée, avala une gorgée de boisson bien louchie. — (John Amila, Sans attendre Godot, 1956, chapitre I)
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ébaubir
?- (Familier) Rendre ébaubi ; étonner.
- Leur récit embrouillé ébaubit tout le monde, à commencer par les fonctionnaires : de prime abord leur ahurissement rappelait celui d’un écolier […]. — (Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
- Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, était ébaubi par cette nouvelle. — (Marco Bélair-Cirino et Mylène Crête, Quatre partis, quatre déclinaisons du nationalisme québécois, journal Le Devoir, 7 septembre 2019)
-
abstenir
?- S’empêcher de faire quelque chose ; se priver de l’usage de quelque chose.
- Les podagres doivent-ils s’abstenir entièrement de vin ? Il y a un axiome populaire qui dit : buvez ou ne buvez pas de vin, et vous n'en aurez pas moins la goutte. — (Édouard Monneret & Louis Fleury, Compendium de médecine pratique, t. 4, page 357, Béchet jeune & Labbé, 1841)
- Nous nous étions abstenus de faire du feu dans la crainte que la fumée ne révélât notre présence, mais voyant que nous étions découverts, nous fîmes la cuisine. — (Voyage au pays des Mormons relation, géographie, histoire naturelle, histoire, théologie mœurs et coutumes, par Jules Remy, Éditions E. Dentu, 1860, p. 93)
- Le metsulfuron est dégradé uniquement à pH acide. […]. Il convient donc d’être prudent et de s’abstenir de modifier les caractéristiques de pH de la bouillie. — (Applications phytosanitaires : Une action des adjuvants bien spécifique, dans ARVALIS-CETIOM infos, janvier 2015, page 15)
- (Spécialement) Ne pas voter lors d’un scrutin.
- (Spécialement) (Droit) Décider de ne pas faire ce qu’on fait normalement.
- Ce juge s’abstient d’opiner, de juger ou simplement Ce juge s’abstient : il se récuse lui-même.
- Cet héritier s’est abstenu de la succession, Il n’a pas fait acte d’héritier.
- (Transitif) Empêcher, dissuader.
- La forte tempête a abstenu les marins de sortir en mer.
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assagir
?- Rendre sage.
- Le malheur assagit les hommes.
- (Pronominal) Devenir sage.
- à la longue, il s’est assagi.
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ensevelir
?- Mettre un corps dans le tombeau, inhumer dans le lieu de la sépulture.
- Si l'un des pèlerins venait à mourir sur le bateau, le capitaine devrait ne point pratiquer aussitôt l’immersion, mais bien atterrir quelque part et faire ensevelir le défunt dans un cimetière. — (« Pèlerinage en Terre Sainte au temps jadis », dans Jérusalem, tome 4, 1911, page 368)
- Moins l'habit et la cornette, c'est une sœur de la charité qui pose des ventouses, des cataplasmes, applique des sinapismes, masse les rhumatisants, ensevelit les morts. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- S’ensevelir sous les ruines d’une place, se faire tuer en défendant une place jusqu’à la dernière extrémité.
- (Par analogie) Enfouir sous une couche de matériaux.
- Fi du conseil, Maurice de Bracy ! les ruines de ce château enseveliront mon corps et ma honte avant que je consente à une capitulation si vile et si déshonorante. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Ce vent, s'il ne démolissait pas, il enterrait, il ensevelissait, et il était probable que douze heures après le début de la tempête, la maison, le chenil, le hangar, l'enceinte, auraient disparu sous une égale épaisseur de neige. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
- Être enseveli dans le chagrin, avoir un chagrin profond.
- (Sens figuré) Cacher profondément.
- Cette influence contre nature fut pour elle une espèce d'humiliation et la source de bien des peines qu'elle ensevelissait dans son cœur. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Être enseveli dans sa rêverie, (Sens figuré) Rêver profondément.
- S’ensevelir dans la retraite, dans la solitude, se retirer entièrement du monde.
- Envelopper dans un linceul.
- Que tu meures absous ou damné, […], tu auras pour linceul une toile d'araignée, et j'ensevelirai l'araignée avec toi ! — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
- Deux femmes de la rue Monselet, à qui Anne n’avait jamais adressé la parole, avaient enseveli le corps, avec l’aide d’une religieuse venue de Toutes Aides. — (Paul Nizan, Antoine Bloyé, Grasset, 1933, p. 17)
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amollir
?- Rendre mou et maniable.
- L'hiver était rude. Sur les routes que le court dégel de midi amollissait vaguement, la boue se ridait, se hérissait en lilliputiennes murailles et les sillons durcis qui bordaient les ornières ne s'affaissaient point. — (Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- La constipation se guérit en insinuant du beurre dans l’anus de l’animal pour amollir la fiente ; la tirer ensuite avec le doigt, ce qui se nomme défienter : suppositoires de savon ; lavemens comme aux tranchées. — (abbé Rozier, J.A. Mongez le jeune, M. de la Métherie, Observations sur la physique, sur l’histoire naturelle et sur les arts, 1786, page 97)
- J’attendais un miracle, un fabuleuse révélation au moment où l’Eucharistie fondrait dans ma bouche. J’appréhendais aussi de l’avaler, la sachant trop large pour mon gosier, et ignorant qu’elle fût susceptible de s’amollir, tel un cachet. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, réédition Folio, page 83)
- (Sens figuré) Affaiblir, efféminer.
- La volupté amollit le courage.
- La retraite fortifie la vertu, la vie dissipée l’amollit.
- Pour gagner ce cœur de petite fille, qui se montrait si froid et si dur, madame Donis avait cru qu’elle devait commencer par l’amollir. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
- (Pronominal) Devenir mou.
- La terre commence à s’amollir.
- (Pronominal) Devenir moins net.
- Il ne pleut pas vraiment encore, mais une espèce de bruine doit flotter dans l’air, car les contours s’amollissent. — ( Philippe Delerm, La sieste assassinée, Gallimard, collection Folio, 2001, page 9)
- (Pronominal) (Sens figuré) S’affaiblir, devenir efféminé.
- Son courage s’amollit.
- Il s’est amolli dans les voluptés.
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pâlir
?- Devenir pâle.
- Le soleil pâlit au milieu de son cours, et l'azur du ciel, traversé de bandes verdâtres, semble se décomposer dans une lumière louche et troublée. — (François-René de Chateaubriand, Les Martyrs, livre dix-neuvième, volume 2, éditions Le Normant, 1809, page 239)
- Pour sonder son frère, Aristide, qui n’osait paraître inquiet ouvertement, se contenta de lui demander :— As-tu lu mon article d’hier ? Qu’en penses-tu ?Eugène eut un léger mouvement d’épaules.— Vous êtes un niais, mon frère, répondit-il simplement.— Alors, s’écria le journaliste en pâlissant, tu donnes raison à Vuillet, tu crois au triomphe de Vuillet.— Moi !… Vuillet… — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre III ; réédition 1879, page 99)
- Les révoltés du Moyen-ÂgeL’ont arboré sur maints beffrois.Emblème éclatant du courage,Toujours il fit pâlir les rois. — (Paul Brousse, Le drapeau Rouge, 1877)
- La moindre émotion le fait pâlir.
- Il pâlit de colère.
- Arlette inconsciemment regarde Marie. Celle-ci était très rouge d’avoir collaboré au nettoyage. Elle ne peut pas rougir davantage. Alors elle pâlit… — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 133.)
- Il ne fit point part de ses craintes à sa femme, mais elle les avait devinées et, à chaque coup de sonnette, se cachait pour pâlir. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, collection Folio, page 116.)
- La couleur de cette étoffe a pâli.
- (Sens figuré) Briller faiblement, éclipser, perdre en force, faiblir.
- Son prestige fait pâlir celui de tous ses rivaux.
- Son mérite pâlit auprès du vôtre.
- Inspirer des émotions qui rendent pâles, de la crainte, de l'envie, du dépit, etc.
- En Algérie, le brigandage est une des principales ressources de l'indigène. […] Les voleurs s’approchent, tenant une branche d’arbre devant eux, ou se couvrent de broussailles : des ruses à faire pâlir un Mohican. — (Eugène Blairat, Tunis : Impressions de voyages, Paris : Librairie Ch. Delagrave, 1891)
- Il y a vraiment lieu d'espérer que je vais être riche, oh ! follement ! à faire pâlir les sots et les gensses d'esprit. — (Auguste de Villiers de L’Islie-Adam, Correspondance générale, 1866, page 84)
- Ce qui remontait à la surface, du fond de sa jeunesse effrénée [de Racine], avait de quoi le faire pâlir, lui qui avait appris dès l’enfance qu’il n’est point d’acte célé aux yeux de l’être infini. — (François Mauriac, La Vie de Jean Racine, 1928, page 129)
- Fouché pâlit, il a compris. En lui-même il tremble de fureur, songeant avec quelle astuce et quelle adresse le vieux renard lui a, devant tout le monde, devant toute la cour, ôté son fauteuil ministériel. — (Stefan Zweig, Joseph Fouché, Grasset, 1969, page 268)
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disconvenir
?- Ne pas convenir, ne pas demeurer d’accord d’une chose.
- Lorsqu'on me demandait si j'étais un inquisiteur, je n'en disconvenais pas. — (Glen Cook, Le Château noir, 1984)
- L'œsophage est court et large, grâce à quoi le crapaud restitue aisément ce qui lui disconvient, disposition pour lui précieuse, eu égard à sa gloutonnerie. — (Jean Rostand, La vie des crapauds, 1933)
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avilir
?- Rendre vil, abject, méprisable.
- Abandonnez ce projet de revoir Mlle Chantal, vous vous aviliriez en vain, vous seriez écrasée, piétinée… — (Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne, 1936, réédition Le livre de poche, 1968, page 192)
- Sa conduite l’avilit aux yeux de tout le monde.
- Avilir son caractère.
- Il a laissé avilir sa dignité.
- Rendre de vil prix, déprécier.
- Il ne faut pas avilir la marchandise.
- Chaque pinasse pourrait en rapporter des centaines de mille, mais on préfère rester très au-dessous de ce chiffre pour ne pas avilir les prix, comme cela se produit lorsque la pêche est trop abondante. — (Comment on pêche la sardine, in Pierrot, le journal des jeunes, n° 37, 14e année, Paris, 10 septembre 1939)
- (Pronominal) Devenir vil, abject ou méprisable.
- Les grands une fois corrompus ne doutent de rien : devenus étrangers à la dignité d’une ame élevée, ils en attendent ce qu’ils ne balanceroient pas d’accorder; et lorsque nous ne nous avilissons pas à leur gré, ils osent nous accuser d’ingratitude. — (Denis Diderot, Essai sur les règnes de Claude et de Néron, livre 1, §. 29, dans les Œuvres de Denis Diderot, publiées par Jacques-André Naigeon, Paris : chez Desray & chez Deterville, an VI, vol. 8, p. 76)
- Cet homme s’est avili par ses bassesses.
- S’avilir à ses propres yeux.
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réassortir
?- Assortir de nouveau.
- Liénard plaisantait avec une grande fille en cheveux, une ouvrière du quartier, envoyée par sa patronne pour réassortir du mérinos. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883)
- La mercière avait bien des maillots, mais un seul de chaque modèle. Elle aurait sans doute pu se réassortir, mais c’était une brave petite vieille qui ne voulait pas se compliquer l’existence, elle se contentait d’écouler son stock. — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 88)
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réagir
?- Agir sur un autre corps dont il a éprouvé l’action, en parlant d'un corps.
- Un corps élastique réagit sur le corps qui le frappe.
- (Chimie) Réaction que les corps en se combinant exercent les uns sur les autres.
- Il fit réagir deux corps l’un sur l’autre.
- (Physiologie) Manifester une action, par l’organisme, à la suite d’une excitation quelconque.
- Comme tout le monde, M. Neisser a fait des injections diagnostiques de tuberculine et comme tout le monde il a constaté que parmi ceux qui réagissaient positivement, bon nombre ne se tuberculosaient pas plus tard. — (La Presse médicale, Masson et Cie, 1906, volume 14, page 101)
- Au sein de chaque groupe, tous les participants étaient complices avec l’expérimentateur, sauf un, dénommé le sujet. L'expérience visait à observer comment ce dernier allait réagir au comportement des autres. — (Henri-Pierre Maders, Animer une équipe projet avec succès: les meilleures pratiques au service des chefs de projet, Éditions Eyrolles, 2012, page 145)
- (Sens figuré) Les sentiments manifestés par un auditoire réagissent souvent sur l’orateur.
- Éprouver une émotion à la suite d’une nouvelle, d’un reproche, d’une menace, etc.
- Mais tout est redite – les rapports humains ont été explorés, réexplorés, désexplorés, et pourtant nous réagissons toujours au grain de vérité que nous reconnaissons au cœur de ces situations lorsqu’elles nous sont présentées à l’écran. — (Trafic 99, automne 2016)
- Résister à, ne pas se laisser aller à.
- La société existe. Elle veut vivre. Donc elle réagit. Supposez qu’elle ne se défende pas : elle serait en quelques heures la proie d’innombrables fripouilles... Tout s'écroulerait. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Maintes fois je l'avais surpris dans les vapes derrière son éventaire, laissant les gamins chaparder ses gâteaux sans réagir, sans les chasser à coups de pierres comme il l'aurait fait en temps normal. — (Mahi Binebine, Les Étoiles de Sidi Moumen, Éditions Flammarion, 2010, chapitre 7)
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candir
?- (Cuisine) Cristalliser du sucre.
- Le sucre commence à candir.
- Les confitures trop cuites se candissent.
- Couvrir de sucre candi.
- Candir des pastilles.
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salir
?- Rendre sale.
- Prenez garde de ne pas salir ce plancher.
- Je me suis sali les mains à manier des livres pleins de poussière.
- Cet enfant s’est sali.
- Les étoffes blanches se salissent vite.
- (Sens figuré) Présenter à l’imagination des idées déshonnêtes.
- Ce conte, cette description salit l’imagination.
- Quoi que dise la directive eCommerce, il n’y a quasiment plus rien qui relève de l’exercice de la liberté d’expression sur les plateformes centralisées lucratives, sinon une grotesque parodie qui salit le nom même de la liberté et nous en fait peu à peu perdre jusqu’au sens ! — (Lionel Maurel, La directive Copyright n’est pas une défaite pour l’Internet Libre et Ouvert !, 15 septembre 2018 → lire en ligne)
- S’il reste aux républicains un brin ou deux de décence, ils exprimeront ouvertement leur désaveu pour l’homme indigne qui salit sa fonction et bafoue les règles. — (Luc Laliberté, Patience et longueur de temps, Le Journal de Québec, 6 novembre 2020)
- (Sens figuré) (Familier) Déshonorer quelqu’un par des propos, par des calomnies.
- Salir quelqu’un, salir la réputation de quelqu’un.
- (Sens figuré) (Pronominal) Se dit d’un homme qui a fait quelque action nuisible à sa réputation.
- En agissant de cette sorte, il s’est sali.
- (Sens figuré) (Jardinage, Sylviculture, Agriculture) Se couvrir d’adventices, d’acrû, de plantes indésirables.
- Une fois les peuplements ouverts et en l’absence de semis, le parterre des coupes se « salit » (colonisation par les graminées, par les rejets de taillis…) et, peu de temps après, le terrain devient impropre à la germination des glands. — (Thierry Sardin, Chênaies continentales, Office national des forêts, 2008, ISBN 978-2-84207-321-3 → lire en ligne)
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gauchir
?- Détourner tant soit peu le corps pour éviter quelque coup.
- Il aurait été blessé de ce coup, s’il n’eût un peu gauchi.
- (Sens figuré) (Familier) Ne pas agir ou ne pas parler avec franchise.
- On n’aime point à traiter avec les gens qui gauchissent dans les affaires.
- Au lieu de me répondre nettement, il a gauchi.
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aigrir
?- Rendre aigre.
- (Pronominal) — On fait quelquefois de la piquette avec le marc définitif qu'on délaye dans un peu d'eau et qu'on soumet à une nouvelle pression. C'est un vin très-faible et qui s'aigrit facilement. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 135)
- La chaleur aigrit le lait.
- (Sens figuré) Mettre dans une disposition ou dans une situation plus fâcheuse.
- Cela ne fait qu’aigrir son mal, qu’aigrir sa douleur.
- La mauvaise fortune lui a aigri l’esprit.
- (Pronominal) Or, depuis quelque temps, le curé de Melotte devenait inquiet, il s’attristait, s’aigrissait, se montait et se mettait dans de saintes colères. — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
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raccourcir
?- Rendre plus court.
- D’autre part, il est quelquefois utile, en voyage notamment, de pouvoir désétaler au bout de très peu de jours ; l’emploi d’une étuve raccourcira considérablement la durée du séchage. — (Revue française de lépidoptérologie, volumes 14 à 16, 1953, page 80)
- (Populaire) Décapiter.
- Mais une souris déguisée en pin-up qui, à six heures du soir, vient vous avertir que le quidam qu’on doit raccourcir à cinq plombes du mat le lendemain est innocent et vous supplie de découvrir le vrai assassin dans l’intervalle, franchement les gars, c’est la première fois que j’en trouve une ! — (Frédéric Dard (San-Antonio), Tout le plaisir est pour moi, Fleuve Noir, 1959, pages 38)
- Je me suis dit : “ Francis, voilà : ils veulent te raccourcir. Alors un petit matin, dans trois mois, six mois ou une pige, ils vont se pointer : Guillo, votre recours en grâce est rejeté, c’est le moment de casquer. ” — (Jean Toulat, La peine de mort en question, Pygmalion, 1977)
- (Chasse) Enlever les chiens pour les rapprocher d’un cerf qui a de l’avance, en parlant du cerf.
- (Manège) Rehausser, relever, en parlant des étriers ou des étrivières.
- (Manège) Tenir au plus près du mors, en parlant des rênes, de la bride.
- (Manège) Ralentir son allure en le retenant dans la main, en le rassemblant sous soi, en parlant du cheval.
- (Intransitif) Devenir plus court.
- Les jours raccourcissent du solstice d’été à celui d’hiver.
- (Pronominal) Devenir plus court.
- Cette pièce de toile s’est raccourcie de dix centimètres au blanchissage.
- Nous voici arrivés à l’époque où les jours se raccourcissent.
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plaisir
?- Sentiment, sensation agréable.
- « L’homme est né pour le plaisir : il le sent, il n’en faut point d’autre preuve. Il suit donc sa raison en se donnant au plaisir. » — (Blaise Pascal, Discours sur les passions de l’amour, 1652)
- Bon vin, bons mots, gaillardes chansonnettes ;Sont aiguillons aux amoureux désirs,En toute porte entr’ouverte aux plaisirsL’adroit Amour aisément s’insinue. — (Jean de la Fontaine, Le Sassenage, 1691, Conte, dans Contes et nouvelles en vers, V.3, 1762, page 185)
- Dans Thomas l’imposteur, il avait combiné à une apparence de psychologie « rudimentaire » des aperçus ou constats très fins et pénétrants, dépatinant les sentiments les plus convenus (amour, plaisir, ambition), les sortant du lieu commun. — (Pierre-Marie Héron, Cocteau, 2010, page 138)
- J’eus le plaisir d’y admirer miss Gertrude Ederle, Ailen Riggin et Helen Wainwright, qui vinrent faire une démonstration de plongeons et de nages modernes. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Le Traité du plaisir de Maurice Bedel a été publié en 1945.
- Depuis Michelet, on a aussi, bien souvent, incriminé l’influence exercée par le prêtre sur le comportement des épouses ; […]. En multipliant les interdits, il gênait l’épanouissement du plaisir des couples, quelle qu’ait pu être la valeur érotique de la transgression. — (Alain Corbin, Les filles de noce, 1978)
- Divertissement.
- Que faire donc ? je ne fume jamais ; la fidélité matrimoniale est bien ennuyeuse ; dans une intrigue où le cœur n'est que chatouillé on ne vise qu'au dénoûment : la promenade est mon unique plaisir ; triste plaisir à vingt ans ! — (Évariste de Parny, « Lettre à Bertin, du Cap de Bonne-Espérance, octobre 1777 », dans le recueil Œuvres d'Évariste Parny, tome 1, Paris : chez Debray, impr. Didot l'aîné, 1808, page 219)
- Cette femme […] avait un goût décidé pour la dissipation et l’amusement : très bornée dans ses dépenses, elle ne pouvait se procurer les plaisirs dont elle était avide, ni consentir à s’en priver. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- […], des marchands d’un champagne dont la médiocrité n’était dépassée que par son prix qui ne cessait de monter, ne se préoccupaient plus, à Montmartre comme à Montparnasse, que d’adapter les soi-disants plaisirs de Paris à des images étrangères et le plus souvent chromolithographiques. — (Jean Valmy-Baysse, La curieuse aventure des boulevards extérieurs, Éditions Albin-Michel, 1950, page 237)
- Empêcher la vie des gens et leur plaisir devrait-il être permis ? De quoi se mêle un ministre ? De quel droit, avec quelle permission ? — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Volonté ; consentement.
- Grâce ; faveur ; service ; bon office.
- C’est un homme qui ne cherche, qui ne demande qu’à faire plaisir. Faites-moi un plaisir.
- (Pâtisserie) Espèce d’oublie légère, roulée en cornet.
- C’étaient les vendeurs de plaisirs portant, sur le dos, leur grand cylindre rouge surmonté d’une tourniquet de loterie qui appelaient les promeneurs avec une crécelle et les invitaient à gagner leurs oublies. — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 182.)
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gésir
?- Être étendu ; être couché.
- Çà et là gisaient des cadavres à demi dévorés par les bêtes fauves et les vautours. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
- Une centaine d’hommes gisent sur le pavé ; les uns sont tués roides, d’autres atteints mortellement. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
- Camus, au pied de l’arbre, gisait couché sur le dos, tout pâle, les yeux clos. Nul doute qu’il n’était monté à l’arbre et avait dégringolé. — (Louis Pergaud, La Traque aux nids, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Un scaphandrier islandais a plongé. Il a constaté que le Pourquoi pas ? gisait par 15 m de fond et que son étrave était brisée en quatre endroits. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, vol. 6, 1936)
- Sur l’établi du charpentier, un pied de chaise en réparation gisait à côté du ciseau qui ne l’avait qu’entamé […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- L’île de Makemo gisait à près de quatre-vingt milles de Raroia. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t. 1, de New-York à Tahiti, 1929)
- Il farfouilla dans les papiers qui gisaient sur la table. — (Henry Miller, L’ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Ici-gît une feuille morteIci finit mon testament. — (Georges Brassens, Le Testament, in Je me suis fait tout petit, 1956)
- Je voyais donc que j’étais Ulysse après le naufrage, échoué sur une plage indéterminée, et avant d’y élaborer un plan je savourais l’étonnement d’avoir survécu, de posséder des organes intacts et un cerveau pas plus atteint qu’avant, et de gésir sur la partie solide de la planète. — (Amélie Nothomb, Pétronille, Éditions Albin Michel, Paris, 2014, p. 13)
- (Sens figuré) Être caché, se trouver, consister.
- J’ai moi-même gardé longtemps une sensation d’inquiétude générale […] Elle a eu pour origine le résidu, gisant dans le tréfonds de mon être, des conversations dont ma jeunesse fut bercée. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
- La question de savoir si une infraction a été commise dans une intention frauduleuse ou à dessein de nuire gît donc en fait et est dès lors laissée à l’appréciation souveraine du juge du fond. — (Laurence Deklerck, Roland Forestini et Philippe Meurée, Manuel pratique d’impôt des sociétés, De Boeck Supérieur, 2003, page 369)
- La difficulté gît dans notre laborieux consentement à vraiment porter un autre regard sur l'autre. — (Robert Henckes, Au rendez-vous de Cana, éditions Fidélité, Namur, 1999, page 125)
- Tous les étangs gisent gelés,Mon âme est noire ! où-vis-je ? où vais-je ? — (Émile Nelligan, Soir d'hiver (poème), 1898)
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aguerrir
?- Accoutumer aux fatigues de la guerre.
- Ce général sut aguerrir promptement ses troupes.
- Depuis ce siège, les troupes étaient tout à fait aguerries.
- (Sens figuré) Accoutumer une personne à quelque chose qui paraît pénible au début.
- Il a peine à s’accoutumer à la raillerie, il faut l’y aguerrir.
- Un soir, l’amie de mademoiselle Cournot entra dans la chambre en pleurant : sa patiente avait décidé de ne plus lui adresser la parole. Les tragédies que ces jeunes filles côtoyaient professionnellement ne les aguerrissaient pas le moins du monde contre les menus drames de leur vie personnelle. — (Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964, Le Livre de Poche, page 107)
- Les difficultés qu'il avait à surmonter n'étaient pas de celles qui mobilisent le courage d'un poète, qui puissent aguerrir un artiste. — (Boris Iampolski, Présence obligatoire, 1990)
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ressaisir
?- Reprendre ; se remettre en possession de quelque chose.
- Elle prit son temps, elle calcula ses mouvements, et, avec une agilité de chatte, elle saisit les deux interrogatoires et les lança dans le feu ; mais Camusot les y reprit, la comtesse s’élança sur le juge et ressaisit les papiers enflammés. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie)
- (Pronominal) — Je me suis ressaisi de mes biens.
- (Pronominal) — Se ressaisir du pouvoir.
- (Pronominal) (Absolument) Redevenir maître de soi.
- Personne ne parla plus d’abandonner la culture ; les femmes les moins courageuses, les vieillards les plus fatigués se ressaisirent ; les champs qui étaient restés en friche furent bien vite ensemencés. — (Ernest Pérochon, Les Gardiennes, 1924, réédition Les Moissons, 2021, page 87)
- […] mais quand Habib, rendu furieux par un uppercut qui faillit l’envoyer à terre, se ressaisit et fonça bestialement sur l’homme au beau visage, le combat prit une allure saisissante. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- — Jules !… Je t’en supplie… Ressaisis-toi…Justement, il ne lui plaisait pas de se ressaisir. — (Georges Simenon, Les Demoiselles de Concarneau, Gallimard, 1936, réédition Folio, page 124)
- Je percutai enfin, et mon cerveau enregistra l’information. Je me ressaisis immédiatement, en réalisant qui me faisait face : […]. — (Françoise Gosselin, Fear to love, Éditions Sharon Kena, 2018, page 46)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.