Dictionnaire des rimes
Les rimes en : évanouir
Que signifie "évanouir" ?
Afficher la définitionMasquer la définitionwiktionary.org
- Détruire, dissiper, faire disparaître.
- Voilà donc de quoi dépendent les destins des hommes ! Mais, ajouta-t-il, un bonheur si étrange sera peut-être bientôt évanoui. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VI. Le ministre, 1748)
- Le spectacle de la mort de Virginia, immolée par son père à la pudeur et à la liberté, fit évanouir la puissance des décemvirs. — (Montesquieu)
- Il soupesa ce scrupule et le trouva bien léger en face de cette femme honnête dont il évanouissait la douleur. — (Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, partie I (« Des enfants pour les cannibales »), chapitre 3, page 43, éditions Gallimard, 2001)
- (Pronominal) Tomber en faiblesse, perdre connaissance.
- Cette femme s’évanouit en apprenant la mort de son mari.
- (Pronominal) Disparaître sans laisser de traces, en parlant des choses et, plus rarement, des personnes.
- Mais le moment était arrivé où la terre et tous ses trésors allaient s’évanouir devant ses yeux, […], alors que ses regards plongeaient sur le sombre abîme de la vie future. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
- Elle s’était évanouie comme un silphe sans laisser de traces de sa fuite. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858, page 341)
- Ces légers événements s’évanouissent comme des scènes de comédie sur lesquelles le rideau tombe. — (Henri Barbusse, L’Enfer, chapitre III, Éditions Albin Michel, Paris, 1908 ; éditions G. Crès, Paris, 1925, page 23)
- De Gaulle que tant de tempêtes avaient assailli sans jamais l’ébranler, s’évanouit et disparut à la première égratignure que lui fit un parlement-croupion. — (François Mitterrand, Le coup d’État permanent, 1965)
- Perdre conscience, perdre connaissance, tomber en pâmoison, en syncope.
- Quand on commence à s’évanouir, il y a une douceur à se sentir le cœur s'en aller. — (Goncourt, R. Mauperin, 1864)
- Je vis tourner devant moi les verres et les fleurs ; je crus que j'allais m’évanouir. — (Maurois, Climats, 1928)
Mots qui riment avec "ir"
Cette page a pour but de vous proposer une liste de rimes avec le mot "évanouir".
Ces rimes vous permettront, je l'espère, de trouver de l'inspiration pour l'écriture de vos vers et textes poétiques.
Cette liste comprend des mots se terminant par : ir , irs , ire , ires , irre , irres , yr et yrs .
-
cuire
?- Préparer les aliments par le moyen du feu, de la chaleur, pour les rendre propres à être mangés. Devenir propre à être mangé ou propre à tel ou tel usage par le moyen du feu, de la chaleur.
- Si l'on blanchit trop ce chou , il se réduira en bouillie en le cuisant pour la table : et s'il ne l'est pas suffisamment, on ne pourra le cuire assez pour le rendre mangeable; l'expérience seule apprend le point juste ; […]. — (François Rozier, Cours complet d'agriculture ou Nouveau dictionnaire d'agriculture, Paris: Pourrat Frères, 1834, vol. 6, page 361)
- J'essaie bien de cuire du porridge sur le réchaud à cadran, mais une vague plus forte envoie le porridge se coller au plafond et aux parois du poste. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
- Arsène André avait commencé de laver quelques pommes de terres qu'il cuirait sans les peler - à la baïenne - à l'étouffée. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Dans Mythologiques , Claude Lévi-Strauss écrit que cuire un aliment, c’est couper court au processus naturel qui fait qu’à terme un aliment cru (un légume, un fruit, un morceau de viande) devient une chose pourrie. — (Françoise Vergès, À vos mangues !, traduction de Dominique Malaquais, dans Politique africaine, 2005/4, n° 100, page 320)
- […] en cuisine, un de leurs camarades cuit des pommes de terre et réchauffe des kippers, ces harengs ouverts par le dos salés et fumés. — (Jacky Durand, La nuit où le hareng sort, dans Libération (journal) du 29 novembre 2010, pages 30-31)
- (Vieilli) (Absolument) Cuire du pain.
- Ce boulanger cuit deux fois par jour.
- Tous les habitants d’un village étaient obligés d’aller cuire au four banal.
- (Suisse) Bouillir ou faire bouillir.
- Cuire de l’eau pour le café. L’eau cuit.
- Cuire du linge.
- (Par extension) Chauffer certaines choses pour les rendre propres à l’usage qu’on en veut faire.
- Cuire du plâtre, de la chaux.
- Un fourneau à cuire de la brique, etc.
- Cuire du fil, de la soie.
- Statue, vase de terre cuite.
- Transformer par la chaleur selon les effets souhaités ; antonyme : bruler.
- Un trop grand feu brûle les viandes, au lieu de les cuire.
- La chaleur naturelle de ces eaux est telle, qu’elles cuisent un œuf en moins de cinq minutes.
- Mûrir.
- C’est le soleil qui cuit tous les fruits.
- Le soleil n’est pas assez chaud dans ce pays-là pour bien cuire les melons.
- (Par analogie) Causer une douleur âpre et aiguë, comme celle que fait éprouver une brûlure ou une écorchure.
- Je me suis brûlé, je me suis écorché la main, cela me cuit.
- La main me cuit.
- Les yeux me cuisent, ils me cuisent comme du feu.
- La tête me cuit.
- (Sens figuré) (Familier) Nuire, causer un dommage, une vive douleur.
- Il vous en cuira quelque jour ; il m’en cuit ; il pourrait bien vous en cuire.
- — Michel est un mauvais gars qui veut rire... S’il lui en cuit, tant mieux ! — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
- Son adresse ! Et exacte, hein ! Sinon, il vous en cuira… — (Georges Simenon, Pietr-le-Letton, Fayard, 1931, réédition Le Livre de Poche, page 109)
- Vous oubliez que je suis la fille du plus grand maquignon de tout le Limousin. À Paris aussi, j’ai des relations très haut placées, il pourrait vous en cuire. — (Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou l'École du soir, 1970, réédition Folio, 1972, page 144)
- (Cuisine) Coaguler en parlant de jaunes d’œufs que l’on fait blanchir sans avoir pris soin de les fouetter énergiquement.
-
envieillir
?- Devenir vieux dans.
- La rigueur de ses lois, après tant de licence, Redonnera le coeur à la faible innocence Que dedans la misère on faisait envieillir. — (Malherbe, II, 1)
- Faire paraître vieux.
- Cette coiffure l’envieillit.
- Le couvent, placé au bord du chemin, s’envieillissait d’un quinconce d’ormes du temps de Jean V de Bretagne. — (François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1841, Première partie/Livre premier)
-
conduire
?- Mener, guider, diriger vers un lieu déterminé.
- Désormais donc, les prévenus seront, au moment de leur arrestation, conduits directement à la Roquette, où, séparés les uns des autres, comme le sont les enfants jugés, ils n'auront pas à souffrir du contact de leurs co-détenus. — (Société pour le patronage des jeunes détenus et des jeunes libérés du département de la Seine : Assemblée générale du 14 juillet 1844, Paris : Imprimerie de A. Henry, 1844, pages 58-59)
- Les troupeaux transhumants appartiennent tantôt à de riches propriétaires ou capitalistes, tantôt à de petits cultivateurs de Provence, qui les confient à un bayle ou berger chef qui, à ses risques et périls, conduit les troupeaux, loue les pâturages, etc., en un mot se charge de l'estivage moyennant une redevance. — (Marchand (Garde général des forêts), « Le pâturage dans les Alpes », dans la Revue des eaux et forêts: annales forestières, tome 11, Paris, 1872, page 14)
- Hervé Ricou, le sacriste, […], après nous avoir fait visiter l'église, nous conduisit à une ferme voisine qui, à l’occasion, se transforme en auberge. — (Anatole Le Braz, Les Saints bretons d'après la tradition populaire en Cornouaille, Les Annales de Bretagne, 1893-1894, Paris : Calmann-Lévy, 1937, page 75)
- Il retrace les méandres, les scoumounes qui ont conduit ces grands enfants du malaise collectif à ces cellules réglementaires de 3 x 3 mètres. Dire les maux avec mots, ceux de Djamel, David, Laurent, Séfia, Frédéric, Damien, etc. — (Patrice Delbourg, Le bateau livre: 99 portraits d'écrivains, éditions Le Castor Astral, 2000, page 64)
- Il me conduisit à travers d'innombrables et immenses salles, dans lesquelles il me présenta à des hordes de gens, dont j'oubliais les noms au fur et à mesure qu'il les énonçait. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 8)
- Si s'avencerent les Pelopônesiens de combattre et affaiblir les premiers, afin d'enclore de leur pointe fenêtre, la droite des Athéniens s'ils pouvaient, en manière qu'ils n'eussent pouvoir d'eux élargir en la mer, et que les autres navires qui tenaient le milieu / fussent contraints eux retirer en la terre qui n’était guère lointaine / donc eux étant les Athéniens apperceur du côté que les ennemis le voulaient venir enclore, les viendraient assaillir vivement, et ayant pris leur charge de la mer nageaient et conduisaient leurs navires plus gaillardement que les autres. — (L'histoire de Thucydide Athenien, de la guerre qui fut entre les Peloponnesiens et Atheniens, translatée en langue française par feu messire Claude de Seyssel, lors evesque de Marseille et depuis lors archevesque de Turin, Paris, 10 aout 1527)
- Piloter un véhicule.
- Conduire une charrette, une voiture, une automobile, etc.
- (Absolument) Ce chauffeur conduit bien. — Vous ne savez pas conduire.
- (En particulier) Faire aller.
- Conduire l’eau d’un endroit à un autre par des rigoles, par des canaux.
- (En particulier) Faire passer par différents points.
- Conduire une ligne.
- (Foresterie) Aménager dans un but de production en parlant d’un bois ; tailler dans un but de production pour un arbre.
- Conduire une futaie, une forêt, un arbre.
- Accompagner quelqu’un par civilité, par honneur, etc.
- Il conduisait sa fille à l’autel.
- (Sens figuré) Mener, guider ou diriger vers un but déterminé. — Note : Se dit tant au sens physique qu’au sens moral.
- À la fin du Tertiaire s’est produit le refroidissement qui a conduit aux glaciations quaternaires ; il a peut-être quelque rapport avec la formation de l’Atlantique Nord. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 56)
- Il n'a point songé à rimer quand le hasard d'une vadrouille au Quartier le conduisit à popiner au café Vachette avec des symbolos soiffards. — (Robert Randau, Le professeur Martin: petit bourgeois d'Alger, Éditions Baconnier frères, 1930, page 69)
- C'est le cas par exemple de la réaction d'un diacide sur un dialcool qui donne naissance à un polyester et à de l'eau qui doit être éliminée si on souhaite que la réaction conduise effectivement à des grandes molécules. — (Claude Duval, Matières plastiques et environnement, Dunod, 2e éd, 2009, page 11)
- L’embastillement sanitaire et épidémiologique peut pour autant nuire davantage que l’emmurement volontaire de l’abstraction créative ? Peut-il conduire à un esseulement frisant la déréliction ? — (Cornéliu Tocan, Aux confins de l'invisible. Haïkus d'intérieur illustrés, Créatique, Québec, 2020, pages 7-8)
- Ce chemin conduit à la ville.
- « Pardon… Voudriez-vous me dire si cette route conduit bien au Hohneck ?… »Il ne sourcilla pas. Il se leva, jeta la cigarette qu’il avait entre les doigts et qui était à peine entamée.« Elle y conduit ! » répliqua-t-il dans la même langue. — (Georges Simenon, Le Relais d’Alsace, Fayard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 43)
- La fureur conduisait son bras.
- L’ouvrage fut conduit jusqu’au dixième volume et en resta là.
- Conduire un ouvrage à sa perfection.
- Et comme Félicité prenait l’attitude d’une femme piquée, il ajouta à son oreille, en l’embrassant de nouveau :— Je tiens de toi, bien que tu m’aies renié. Trop d’intelligence nuirait en ce moment. Lorsque la crise arrivera, c’est toi qui devras conduire l’affaire. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre III ; réédition 1879, page 101)
- (Sens figuré) Amener à faire.
- La supposition d'un virus morbilleux et de la contagion de la rougeole conduisit un Anglais célèbre , le docteur Home, à tenter l’inoculation de cette maladie. — (Dictionaire des Sciences médicales, Paris : C.-L.-F. Panckoucke, 1820, vol. 49, page 162)
- […] de grands embarras financiers avaient conduit le gouvernement à signer avec des compagnies de chemin de fer des conventions que les radicaux avaient dénoncées comme étant des actes de brigandage […] — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VI, La Moralité de la violence, 1908, page 281)
- L'invention du téléphone, au milieu du XIXe siècle, conduisit à ce que les conversations qu'il transmettait retinssent l'attention des services de renseignement. L'interception de courriers, puis de télégrammes avec l'apparition du télégraphe, était une pratique courante de l’État que le téléphone ne bouleversa pas. — (Jérôme Poirot, « GIC (Groupement interministériel de contrôle) », dans le Dictionnaire du renseignement, dirigé par Hugues Moutouh & Jérôme Poirot, Éditions Perrin, 2020)
- Construire, inspecter, avoir la direction, en parlant des ouvrages matériels, de l’esprit et des choses morales.
- Le « Pourquoi pas », succéda au « Français » qui conduisit dans l’Antarctique en 1903-1905 la première expédition polaire française de longue haleine. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Conduire une construction.
- Conduire un travail.
- Conduire une tranchée.
- Conduire un dessein, une entreprise, une intrigue.
- Il a bien conduit, mal conduit cette affaire.
- C’est lui qui a tout conduit.
- Une pièce de théâtre, une intrigue bien conduite, dont les incidents sont bien amenés.
- Commander, régir, gouverner.
- En 508, les Francs, conduits par Clovis, vinrent assiéger Arles. L’évêque Césaire (devenu par la suite Saint-Césaire) n’aurait pas demandé mieux que de livrer la ville au roi chrétien. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- L'essentiel pour les jésuites, c'était d'affaiblir, d'amoindrir, de rendre les âmes faibles et fausses, de faire des petits très-petits, et les simples idiots ; une âme nourrie de minuties, amusées de brimborions, devait être facile à conduire. — (Jules Michelet, Le prêtre, la femme, la famille, Paris : Chamerot, 1862 (8e éd.), page 65)
- Il ne s'agit plus de mener une grande guerre terrestre en Europe, mais de conduire des opérations impromptues (contingency) dans un ensemble interarmées et interallié, par tous les temps, en frappant simultanément dans toute la profondeur du champ de bataille, en utilisant touts les moyens pour écraser l'ennemi rapidement et avec le minimum de pertes. — (Défense nationale, n° 5-9, Paris, 1964, page 162)
- (Musique) Diriger un orchestre.
- S’il retournait à Serge Panine, s’il recherchait les occasions d’aller voir conduire Olivier Métra, c’était pour la douceur d’être initié dans toutes les conceptions d’Odette, de se sentir de moitié dans tous ses goûts. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 79)
-
raidir
?- Tendre ou étendre avec force ; rendre raide.
- A peine fûmes-nous à bord que des rafales isolées tombèrent de la montagne ; l'une d'elle fut si violente et soudaine que le bateau raidissant sa chaîne cassa ses bosses ; le frein du guindeau se rompit ; il fallu mouiller le seconde ancre pour pouvoir le réparer. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Raidissez le bras. — Raidissez la jambe. — Ses membres se raidissent.
- Il eut bien de la peine à recouvrer l’usage de ses jambes, que le froid avait raidies.
- (Intransitif) Devenir raide.
- Faites raidir les tranches de bacon dans une poêle antiadhésive. Ôtez du feu et laissez refroidir. — (Anne Garnier Carole Dufour, Le nouveau régime booster métabolique : Brûler plus de graisses sans effort, Éditions Leduc.s, 2019)
- Le linge mouillé raidit par la gelée.
- (Pronominal) Se tendre.
-
accourir
?- Courir, venir promptement en un lieu où quelque chose ou quelqu’un nous attire.
- Mais quand tout fut fini, les magnats accoururent des quatre coins de la Pologne, en qualité de sauveurs de la patrie. Les sauveurs sont la plaie des révolutions populaires. — (François-Vincent Raspail, De la Pologne — Les deux insurrections, 1839)
- De tous les pays circonvoisins, des campagnes et des villes, malades et infirmes, paralytiques, culs-de-jatte et pieds-bots accouraient dans des carrioles, dans des calèches, sur des ânes, sur leurs moignons calleux. — (Octave Mirbeau, « Rabalan », in La Pipe de cidre, 1919)
- Mais un grand escogriffe en smoking et coiffé d’une casquette à carreaux sortait de la limousine et accourait vers les trois femmes qui l’accueillirent fraîchement. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
- Le bruit, les allées et venues des gens m’alertèrent. J’accourus avec un funèbre pressentiment, sans toutefois penser à un malheur aussi terrible. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 19)
-
rire
?- Marquer un sentiment de gaieté par un mouvement de la bouche accompagné souvent de bruit et par une expression correspondante des regards et des traits du visage.
- La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. — (Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées, caractères et anecdotes)
- Le bambin fuyait la chemise ou le bonnet de nuit avec lequel la marquise le menaçait parfois ; il gardait sa collerette brodée, riait à sa mère quand elle l’appelait, en s’apercevant qu’elle riait elle-même de cette rébellion enfantine […] — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Quand elle fut ivre, son ivresse la parcourait entière, suivait ses nerfs et leur donnait un rire qui la secouait et grinçait comme un ressort serré. Le monde était drôle, les porte-allumettes sur les tables, les becs de gaz, les consommateurs et les banquettes la regardaient avec un air qu’elle ne leur connaissait pas et qui la faisait gesticuler en riant à gros bouillons. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 178)
- L’accueil ne variait point, Mme Bavoil le saluait par l’invariable formule : « voilà notre ami », tandis que le prêtre riait des yeux et lui pressait la main. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Elle riait de toute sa voix sonore en luttant des bras et des jambes. Désarmée par son rire, elle se défendait à l’aveuglette. — (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre II)
- « Vous riez donc toujours, Octavie ?– Oh ! disait-elle, je ris pour me faire rire. » — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 22)
- Et il se mit à singer le papotage d’une Parisienne, et jusqu’à la mimique, avec tant de gaieté que Zaheira ne put s’empêcher de rire. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
- UNE PAYSANNE. – Il faut que je sois contente mais pas trop. Si j’ai envie de rire, Je ris pas fort. Le malheur m'entendrait.UNE AUTRE PAYSANNE. – Je ris. J’oserais pas dire pourquoi. C'est si mesquin, ce qui fait rire. On ne sait même pas si on rit bien pour ce qu'on croit. On ne sait pas pourquoi on rit. On rit sans savoir. On rit peut-être parce qu'on ne sait pas. Si on savait : peut-être qu'on pleurerait. Y a bien quelqu'un qui sait. Par exemple, on sait bien pourquoi on pleure. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, pages 273-274)
- (Familier) Se divertir ; se réjouir.
- Les deux couples riaient, bavardaient, cueillaient des fleurs, se cajolaient et se mignotaient, luttaient et se roulaient sur l’herbe, et les jeunes filles fumèrent des cigarettes. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 55 de l’édition de 1921)
- Alice, dis-moi que tu ne vas pas épouser ce rabat-joie. Tu ne t’amuseras jamais avec un homme comme lui. Il ne te fera jamais rire. — (Amanda Bayle, Tout ce qui brille, éditions CyPLoG, 2017, chapitre 19)
- Nous serons en joyeuse compagnie, nous rirons bien. Venez avec nous, nous rirons. C’est un bon garçon qui aime à rire.
- Railler ; badiner ; ne pas parler ou ne pas agir sérieusement.
- Soit nous choisissons une transcendance qui nous écrase et ne nous laisse d’autre attitude possible que la prosternation et la soumission, et là, on arrête de rire. Soit on affirme que la liberté humaine est à la hauteur de cette transcendance, on la regarde dans les yeux, et on rit. — (Abdennour Bidar, Pour une réforme de l’islam, Télérama no 3393, janvier 2015)
- (Sens figuré) Être agréable, plaire, en parlant des choses.
- La campagne rit sous le soleil. Tout me rit dans ce projet. Cela rit à l’imagination.
- (Transitif) (indirect) (Rire de quelque chose ou de quelqu’un) Ne pas se soucier de quelque chose ; témoigner qu’on n’en tient pas de compte, qu’on ne s’en soucie pas ; s’en moquer.
- […] : légère, étourdie, folle même, elle riait de tout, ne s’intéressait à rien ; confondait la tristesse avec l’humeur, et ne voyait dans une personne affligée qu’une personne ennuyeuse. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
- La musique enivre et règle le danseur, tandis que le curieux voit le mouvement seul et rit de ce pantin qui s’agite sans raison, car le curieux, lui, n’entend pas la musique. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre I)
- Mais il ne faut pas rire de la choléraphobie. Mme de Boigne affirme que quelques personnes, entre autres la comtesse de Montesquiou-Fesenac, sont littéralement mortes de peur, sans aucune maladie. — (Ange-Pierre Leca, Et le choléra s'abattit sur Paris - 1832, Albin Michel, 1982, page 104)
- (Transitif) (indirect) (Rire à quelqu’un) Être favorable.
- L’occasion lui rit, la fortune lui rit.
- (Pronominal) Se divertir.
- Il a fait cela en se riant.
- (Pronominal) Se moquer de quelqu’un.
- Elle se rit de vous. Il se rit de vos vains projets.
- (Pronominal) Ne pas tenir compte d’une chose, la mépriser.
- Je me ris de ses menaces.
-
souvenir
?- Avoir mémoire de quelque chose ; rappeler.
- Ils me font toujours souvenir du ciel gris de chaleur, de la poussière qui portait l’empreinte de pieds nus et des touffes immobiles des hauts papayers lisses qui émergeaient d'une étonnante végétation. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
- — Oh toi, ronchonne-t-elle, tu joues l’esprit fort, n’empêche que tu dormais mal, souviens-toi. Et que t'as été bien content de rhabiter Paris. — (Frédéric Dard, San-Antonio, n° 63 : Faut être logique, Éditions Fleuve Noir, 1967)
- (Impersonnel) Se remémorer, se revenir, se mémoriser.
- Ma foi, s’il m’en souvient, il ne m’en souvient guère ! — (Thomas Corneille, Le Geôlier de soi-même)
- Il lui souvint à propos que saint Jérôme avait eu pour compagnons de route, dans le désert, des satyres et des centaures qui avaient confessé la vérité. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 30)
- Il me souvint, précisément, à ce bal de la Java, d'une de ces créatures qu'un jeune voyou ne quittait pas des yeux. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
- Il ne me souvient pas au lycée, d’avoir trouvé le moindre plaisir à étudier Virgile ou Racine. — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 26)
- Il lui en souviendra toute sa vie.
- C’était, il m’en souvient, une belle journée de printemps.
- (Sens figuré) et (Soutenu) C’est du plus loin qu’il me souvienne, se dit d’une chose, d’un événement qui date de loin.
- Note : ces formes impersonnelles (employées plutôt dans un registre de langue soutenu) sont toujours transitives indirectes, avec un premier complément d’objet indirect obligatoire (souvenir à quelqu’un), le plus souvent pronominal (par exemple, il me souvient) et avec habituellement un second complément d’objet indirect (souvenir à quelqu’un de quelque chose), lui aussi le plus souvent pronominal (par exemple, il m’en souvient) ou propositionnel (par exemple, il me souvient que...). Dans un registre de langue moins soutenu, on utilise plutôt la forme pronominale réfléchie se souvenir qui se conjugue alors de façon personnelle à toutes les personnes.
- Garder la mémoire, soit d’un bienfait pour le reconnaître, soit d’une injure pour s’en venger.
- Un grand jeune blondin, que je me souviens de n'avoir point vu durant l'éclipse de la belle, rentra en catimini. — (Restif de la Bretonne, Le Paysan et la Paysanne pervertis, 1775-1784)
- Jacques s'était bien souvenu de ce qu'il appelait maintenant «son idylle bédouine» et en avait même parlé à sa femme... — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
- Tu ne te souviens sans doute pas de moi, m'écrivait-il, mais il est impossible que tu aies complètement oublié nos petites aventures guerrières de l'été 1914, l'entrée en Belgique par Trelon, la rentrée en France, dare-dare, par Solre-le-Château, et cette sinistre nuit de Zorées, et cette traversée du bois du Nouvion, […]. — (Pierre Benoit, Boissière, Paris : chez Albin Michel, 1935, chapitre 1)
- Avoir du ressentiment.
- Je m’en souviendrai !
- Souvenez-vous-en.
- Avoir soin, s’occuper de quelque chose.
- Je me souviendrai de votre recommandation.
- Souvenez-vous de mon affaire.
-
désinvestir
?- Diminuer ou supprimer un investissement.
- Elle a désinvesti 15 milliards d’euros dans les énergies fossiles pour les réinvestir dans les énergies vertes. — (Pascal Canfin, (propos recueillis par Erwan Benezet et Frédéric Moucho), Pascal Canfin : «Si le nucléaire était une si bonne affaire, EDF aurait gagné des milliards…» sur LeParisien.fr. Mis en ligne le 6 septembre 2018)
- Selon Hannah Arendt, la perte de sensible relève de notre pouvoir de « désensorialiser les objets sensoriels », de désinvestir les sens selon notre habitude à les abstraire. — (Steven Bernas, L’image, le sensible et le photographique, 2014, page 14)
- (Pronominal) Cesser de s’investir dans une action, une organisation…
-
retire
?- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de retirer.
- Je retire bien les aiguilles sans décontourner préalablement le fil avec lequel ont été faits, tant dans le sens horizontal que dans le sens vertical, les huit de chiffre dont les anneaux en embrassent les bouts ; mais aussitôt qu’elles sont retirées, j’enlève toute la masse du fil. — (Philippe-J. Roux, Quarante années de pratique chirurgicale, 1854, tome premier, page 197)
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de retirer.
- Et quand j’ai posé les doigts sur les barres de métal un contact tiède et mou, plus proche du plastique que du fer, m’a étonné plus encore : j’ai tâté, forcé un peu, et réalisé que ce morceau que je touchais, là, juste à mon niveau, mais aussi en levant la tête toute la structure du pied, et à coup sûr la tour entière, était en réalité en clipo, oui en clipo, en clipo gris foncé, en millions de morceaux identiques de clipo, de petite taille, ceux des jouets pour enfants, qu’il suffisait de décliper puis de recliper, alors j’ai déclipé, un morceau puis l’autre, puis bientôt dix, vingt, cinquante, trop peu encore pour déséquilibrer cette zone-ci du pied, ni même me faire voir par un gardien ou un touriste délateur, mais assez pour ressentir au bout des doigts le plaisir incomparable de décliper, de désimbriquer, de déloger, même geste cent fois répété comme on casse des crackers ou retire des boulons, et assez pour que mes doigts sachent, pour que mon corps entier sache que tous les monuments de ma ville étaient en clipo, mitraillés l’année durant par des armadas de touristes mais n’en attendant pas moins, placides comme l’est désormais la modernité révolue, que je vienne enfin les décliper, les déloger, les désimbriquer, l’un après l’autre jusqu’au dernier, et qu’on demande alors à tous les morpions des écoles élémentaires de la ville de consacrer l’année prochaine à reconstruire la ville clipo, tous ensemble, de préférence en un peu plus fantaisiste. — (François Cusset, Les jours et les jours, 2015)
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de retirer.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de retirer.
- Mais… mais…, monsieur Dupré, je n’ai pas envie qu’on bolchévise mon pays, qu’on nous retire nos enfants ! — (Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie, éditions Albin Michel, 2018, chapitre 30)
- Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de retirer.
-
abêtir
?- Rendre bête, stupide.
- Vous abêtirez cet enfant.
- Il est tout abêti.
- Lui aussi est intelligent, mais par malheur la boisson l’a si bien abêti qu’il n’est plus bon qu’à faire un cocher, et encore à condition d’être indulgent. — (Hector Malot, En famille, 1893)
- Qu’adviendrait-il de son frère ? Il avait revu Violette ; Madeleine le savait et elle se figurait raisonnablement cette fille coquette jouant à abêtir les hommes. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
- (Intransitif) Devenir bête.
- Il abêtit tous les jours.
- Il s’abêtit.
-
abâtardir
?- Altérer de façon à faire dégénérer par un mélange génétique.
- Nous démontrerons dans le courant de cette thèse que ce prétendu type améliorateur n’a produit rien de bon sur nos races, et nous irons même jusqu’à dire qu’il a perdu et abâtardi nos chevaux. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
- Le pommier, que je sache, ne méprise point la vigne, ni le palmier le cèdre. Mais chacun se durcit au plus fort et ne mêle point ses racines. Et sauve sa forme et son essence car il est là un capital inestimable qu'il ne convient point d'abâtardir. — (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle (1948), XXXII)
- (Sens figuré) Dégrader.
- Une longue servitude abâtardit le courage.
- Courage abâtardi.
- (Pronominal) Dégénérer, avilir.
- Cette race s’est abâtardie.
- Ce plant de vigne s’abâtardit chaque jour.
- Les plus heureux talents s’abâtardissent dans l’oisiveté.
-
désengourdir
?- Faire s’arrêter l’engourdissement de, réveiller.
- Il parlait avec netteté. Son esprit se désengourdissait. Lentement, la machine à raisonner s’était mise en branle et elle ne s’arrêtait plus. — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 115)
-
nordir
?- (Marine) Tourner au nord.
- Le vent nordit.
-
fraîchir
?- Devenir frais en parlant de la température.
- Le temps fraîchit.
- Se dégrader, en parlant de la météo.
- Il fraîchit.
- Il commence à fraîchir.
-
fouir
?- Creuser la terre.
- Fouir une vigne, travailler la terre au pied de la vigne.
- Un chien brun fouissait un tapis de feuilles humides, avec énergie. — (Tito Topin, Shanghai Skipper, Série noire, Gallimard, 1986, page 50)
- Il gravissait des rochers, il tâtait ici et là le terrain avec un bâton à fouir. — (John Crowley, KRA - Dar Duchesne dans les ruines de l'Ymr, L'Atalante, 2020, traduction par Patrick Couton, page 301)
- Fouiller, chercher.
- « Tu n’es même pas sûr de l’origine du premier mot. » Et le voilà en train de fouir dans les étymologies, écartant d’un groin dédaigneux le latin et le grec, reniflant sans indulgence le germanique commun. — (Magnane, Bête à concours, 1941, page 37)
-
nadir
?- (Astronomie) Point situé sous l’observateur en suivant la verticale tirée du point où il se tient et passant par le centre de la Terre, ou dirigée dans le sens de la gravitation.
- En deux points du globe, ayant respectivement la lune au zénith et au nadir, la surface des océans a tendance à monter créant une pleine-mer.
- (Par analogie) Valeur la plus basse dans une série.
- La livre sterling, déjà fortement dévaluée depuis le référendum sur le Brexit du 23 juin 2016, a réagi, en approchant de son nadir. — (Eric Albert, Brexit : face au risque de « no deal », la livre sterling proche du plus bas niveau de son histoire, Le Monde. Mis en ligne le 2 août 2019)
- (Par extension) Le pire moment, ou le moment où il y a le moins d'espoir et le moins de réalisation.
- Dans les existences les plus illustres comme dans les plus obscures, n’y a-t-il pas pour l’animal comme pour les secrétaires généraux un zénith et un nadir, une période où le pelage est magnifique, où la fortune rayonne de tout son éclat. — (Honoré de Balzac, Les Employés, 1838, édition définitive)
-
engloutir
?- Avaler gloutonnement.
- Il tenait levée une pleine fourchette de haricots qu'il allait engloutir. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
- Pendant les trois semaines précédant le Carême 1667, la maison de la princesse Palatine aura ainsi englouti 200 unités vendues par le marchand de volailles, dont une quinzaine de chapons et autant de chapons gras. — (Jérôme Fehrenbach, La princesse Palatine : L'égérie de la Fronde, Éditions du Cerf, 2016)
- Un gros brochet engloutit une carpe tout entière.
- (Absolument) Il ne mange pas, il engloutit.
- (Sens figuré) Consumer des biens, en parlant de la fortune.
- Il a englouti en peu de temps cette riche succession.
- La faillite de cette banque a englouti les économies de beaucoup de gens.
- (Par extension) Engouffrer, faire disparaître dans un gouffre, dans un abîme, submerger.
- Tout un crépitement de coups de feu et d’éclatements de projectiles commença, et Bert vit autour de lui, l’enveloppant, l’engloutissant, le submergeant, une immense fulguration blanche accompagnée d’un coup de tonnerre semblable à l’explosion d’un monde. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 249 de l’édition de 1921)
- Telle est la chair des femmes, un abîme où s’engloutir sans recours, et celle des vierges un brasier qui consume l'âme. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- A chaque tempête, les dunes progressent vers l'intérieur des terres. […]. Des villages entiers sont engloutis : habitations, église, tout disparaît sous le sable. — (Jean-Henri Fabre, La Plante ; leçons à mon fils sur la botanique, Paris, Delagrave, 1905, 8e édition, page 111)
- Nous n’étions pas nous-mêmes à l’abri des plus grandes frayeurs ; un de ces débris pouvait nous atteindre et engloutir notre frêle nacelle. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, page 51)
- J'ai failli moi-même être englouti avec mon cheval par les sables mouvants du Tahaddart, entre Tanger et Azila, et j'ai manqué me noyer dans l’embouchure du Tensift. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 106)
- (Sens figuré) Tous ces petits états furent engloutis par cet empire formidable.
-
prescrire
?- Ordonner, recommander ou marquer précisément ce qu’on veut qui soit fait.
- Une ordonnance de Charles IV, dit le Bel, de novembre 1323, concernant le Trésor, prescrit qu’aucun clerc ou receveur ne soit employé au Trésor s'il n'est pas Français. — (Archives parlementaires de 1787 à 1860, sous la direction de Jérôme Mavidal & de Émile Laurent, 2e série (1800-1860), tome 25, Paris : chez Paul Dupont, 1874, note 2 de la page 266)
- Un capitulaire prescrit de ne contracter que des unions légitimes, car celles-là seules donnent des enfants capables de succéder. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l’Ancien droit, Montchrestien, 1947 ; 5e éd., 1956, p.113)
- le 1er octobre 326, Constantin prescrivit de commuer en travaux forcés ad metalla les condamnations ad bestias et tarit de sa principale ressource le recrutement de la gladiature. — (Jérôme Carcopino, La Vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire, Hachette, 1939, p.286.)
- (Spécialement) (Médecine) Ordonner la prise de remèdes.
- Au ministère, tout le monde déplorait qu'un chirurgien de son envergure en fût réduit à prescrire des cachets d'aspirine dans un dispensaire de banlieue. — (Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Folio, page 274)
- En prescrivant des antibiotiques sophistiqués ou à large spectre, il cherche à « écraser une mouche avec un marteau », enrichit les laboratoires et contribue au pillage de la Sécurité sociale. — (Fabien Gruhier, Onze docteurs au « banc d'essai », dans Le Nouvel observateur, n° 686 à 698, 1978, p. 66)
- Mais ça c'est du Cialis©, on en prescrit aux mecs qui ont du mal à bander. Moi perso', je n'ai pas de souci de ce côté. Mais si je prends deux cachetons, une double dose, je peux rester en érection plus de trois heures, voire quatre sans aucun problème. — (Stanislas Petrosky, Je m'appelle requiem et je t'..., Éditions Lajouanie, vol. 1, chap. 27)
- (Droit) Acquérir par prescription.
- Prescrire un héritage
- Prescrire une dette
- On ne peut prescrire le domaine des choses qui ne sont pas dans le commerce. — (Code Nap. art 2226.)
- Il est aussi intransitif en ce sens.
- On ne prescrit pas contre les mineurs.
- Ceux qui possèdent pour autrui ne prescrivent jamais. — (Code Nap. art. 2236.)
- (Sens figuré) L’usage ne saurait prescrire contre la vérité, contre la justice, etc., L’usage ne saurait anéantir les droits de la vérité, de la justice, etc.
-
redéfinir
?- Définir une nouvelle fois, en changeant quelque chose.
- La glose est définitoire, ce qui autorise Raoul de Presles à ne pas redéfinir ou regloser le terme dans la deuxième occurrence. — (Olivier Bertrand, Du vocabulaire religieux à la théorie politique en France au XIVe siècle, 2004)
- Bientôt, il lui faudrait affronter la rentrée, commencer une nouvelle année. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Lucile détestait cette période. Chaque année, il fallait réinventer les horaires, redéfinir les itinéraires, tout recommencer. — (Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, J.-C. Lattès, 2011)
- Au contraire, souvent, les jeunes ont trouvé un intérêt à garder des relations avec cette association, même s'ils les redéfinissent pour assurer plus d'efficacité à leurs initiatives. — (Les clubs des jeunes musulmans du désert, dans L'Afrique des générations: entre tensions et négociations, Karthala, 2012, page 245)
-
introduire
?- Faire entrer une chose dans une autre.
- Si donc, dans ces conditions, on veut mécher le tonneau, celui-ci ne contenant plus assez d’oxygène dans l'air qu'il renferme, ne pourra entretenir la combustion du soufre, et la mèche s’éteindra dès qu'elle sera introduite. — (Claude Ladrey, L'art de faire le vin, 1863, page 217)
- Il plia la feuille, l’introduisit dans une enveloppe sur laquelle il gribouilla le nom et l'adresse de son ami. — (Valère Staraselski, Dans la folie d'une colère très juste, L'Harmattan, 1996, page 81)
- En voilà une installation, dit le pompiste après avoir introduit le pistolet dans le réservoir. — (Antoine Choplin, La nuit tombée, Lyon : La Fosse aux ours, 2012)
- L’air qui s’introduit dans les poumons.
- Faire entrer, conduire quelqu’un dans un lieu.
- Un jour pourtant, il revint tout heureux. Il avait trouvé une entremetteuse qui l’introduirait auprès de sa bien-aimée. Il se déguiserait en femme, et pénétrerait ainsi dans le harem. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
- Il m'introduisit ensuite dans le bureau où siégeait son supérieur, monsieur Omochi, qui était énorme et effrayant, ce qui prouvait qu'il était le vice-président. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, p. 9)
- Profitant de ce que mon père et ma belle-mère occupent l’étage supérieur et de ce que, comme tous les vieux, ils s’écroulent de sommeil à vingt-trois heures, j'ai introduit Mehdi. — (Éric-Emmanuel Schmitt, Le Poison d’amour, éditions Albin Michel, Paris, 2014, page 102)
- (Par extension) Pénétrer.
- Je descends sur le quai, et me voici rôdant autour du fourgon. Ce serait courir trop de risques que de chercher à m’y introduire. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre VIII, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Un sacristain s’introduisit par une petite porte ouverte dans l’autre aile du transept, alluma les cierges du maître-autel. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
- Il poussa la jument au galop. Elle franchit l'angle de plaine, passa le fossé, et devant la lisière hésita, ne voyant aucune sente où s'introduire. Il la mit dans le chemin creusé d'ornières sous les cornouillers en voûte. — (Robert Marteau, Des chevaux parmi les arbres, Champ Vallon, 1992, p.42)
- (Économie) Importer.
- Des objets d’art ont été introduits en fraude sur le territoire.
- (En particulier) Intégrer dans un lieu, dans une société, faire admettre auprès de quelqu’un.
- Il vous a introduit chez un tel.
- Qui a introduit cet homme dans notre société?
- Il s’est adressé à moi pour l’introduire auprès de vous.
- Cet homme s’introduit partout, s’introduit dans toutes les sociétés.
- (Par analogie) (Écologie) Implanter une espèce dans un biotope, dans une région, où elle n’était pas encore présente.
- L’autécologie des mélèzes est assez mal connue, tout du moins dans les zones où ils ont été et sont introduits comme essence de reboisement. — (Philippe Riou-Nivert, Le mélèze, 2001, page 52)
- Faire paraitre, faire figurer un personnage dans un dialogue, dans une pièce de théâtre, etc.
- Il a introduit dans sa pièce un nouveau personnage.
- Les interlocuteurs que l’on introduit dans un roman.
- (Sens figuré) Établir ; faire adopter ; donner cours.
- L'usage des moulins pour la transformation du blé en farine paraît avoir été introduit en Europe par les Romains après la conquête de l'Asie ; auparavant on se servait probablement de pilons et de mortiers, ou même simplement de pierres. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 107)
- À Marseille, les juifs eurent droit de cité jusqu’au XVIe siècle, et il ne semble pas que la ville ait eu à le regretter, car c’est un des leurs, Crescas Davin, qui introduisit chez elle, en 1371, la fabrication du savon. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
-
relire
?- Lire de nouveau.
- "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es" : il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis. — (François Mauriac, Mémoires intérieurs)
- 26 octobre 41 – Grand-mère s’affaire et grand-père se tait. Il relit Balzac.– Oh ! tu sais ma fille, à mon âge, on ne peut plus que relire. — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 191)
- Il faut lire, relire, re-relire, et presque apprendre par cœur le discours que prononça André Malraux, dans le vent glacé de cet hiver 1964, sous les yeux d’un De Gaulle plus marmoréen que de coutume. — (Philippe Labro, in journal CNEWS, 21 décembre 2018)
- Lire à des fins de correction.
- Bon, pour Sanofi, cela représente près de huit cents notices à relire et à réécrire, si on compte les différentes formes galéniques… — (Laurent Bénégui, Mon pire ennemi est sous mon chapeau, Julliard, 2012, chapitre 1)
- Il est prudent de se relire.
-
désassortir
?- Ôter ou déplacer quelqu’une des choses qui avaient été assorties.
- On a désassorti mes porcelaines, mes diamants.
-
rétrécir
?- Rendre plus étroit, moins large.
- Vrai que la sécheuse fait rétrécir les vêtements, mais jamais autant que le frigo. — (Michel Beaudry, La leçon virale, Le Journal de Montréal, 22 mai 2021)
- Rétrécir un chemin, une rue.
- (Sens figuré) …
- Cette éducation lui a rétréci l’esprit.
- Ce genre de vie a rétréci ses vues.
- Ses idées se sont rétrécies.
- (Intransitif) Devenir plus étroit.
- Prélavez le textile, qui tend à rétrécir au lavage, et prenez-en compte ce facteur au moment de votre achat : le retrait du denim peut être important. — (Christelle Beneytout, Guide des tissus par projets de couture, Eyrolles, 2015, page 137)
- Cette rue va en rétrécissant.
- (Pronominal) Devenir plus étroit.
- Mais, malgré les efforts du chevalier blanc, la nature, opiniâtre, avait une furieuse tendance à gagner un peu plus chaque année et le Trou à se désapprofondir et à se rétrécir inexorablement. — (Robert Chapuis, La Guerre en culotte courte dans la vallée de Courbet, 2016)
- Cependant, au cours de nos travaux, l’espace libre se rétrécit, comme la peau de chagrin de Balzac, avec une déconcertante rapidité. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
-
dégauchir
?- (Art, Taille de pierre) Rendre unie, droite la surface d’une pierre, d’une pièce de métal ou de menuiserie.
- Dégauchir une poutre.
- (Sens figuré) (Familier) (Vieilli) Corriger la gaucherie.
- Il arrive de sa province, le commerce du monde ne l’a pas encore dégauchi.
- (Argot) Trouver.
- Je fouinasse dans l'appartement de ma cocotte pour dégauchir un annuaire. — (San-Antonio, Bas les pattes!, Éditions Fleuve noir, 1954, chap. XVII)
-
rabonnir
?- (Vieilli) Rendre meilleur.
- Du mot Soracté on a fait saint Oreste; du mot Rabboni on a fait saint Raboni, qui rabonnit les maris jaloux ou qui les fait mourir dans l'année ; […]. — (Voltaire, article « Bekker », dans le Dictionnaire philosophique, dans les Œuvres de Voltaire, Paris : chez Pourrat, 1838, volume 2, page 480)
- Je ne consentirai jamais à changer la figure du Christ de place. Je n'en sens point la nécessité, et si mon tableau était mauvais, ce changement ne le rabonnirait point. — (Antoine Jules Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs français et de leurs relations avec les artistes, Paris : chez Jules Renouard, 1858, volume 3, page 146)
- Aussi, la nature et l’art, associés dans ces vitrines, «rabonnissent» en quelque sorte ce que la rue et la fabrique - éléments de la culture urbaine - auraient eu d’incongru pour la représentation d’une idéologie artistique si raffinée. — (Marie-Josée Lément, L’architecture fonctionnelle: Le projet de José-Luis Sert pour l’École des Beaux-Arts de Besançon pose la question, Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1982, page 116)
- (Vieilli) (Pronominal) Devenir meilleur.
- La deuxième série agit dans la cave, qui achève et parachève le produit, où la transformation du sucre en alcool s’achèvera lentement, où toutes les matières en suspension ou en dissolution restées dans le vin s’élimineront petit à petit, où le vin se pare, se rabonnit pour la vente. — (F.-V. Delécraz, « Constructions agricoles », in Revue tunisienne, Tunis : au Secrétariat général de l'Institut de Carthage, 1900, volume 7, page 172)
- Ces lignes datent de 1811. Les hommes comme les choses avaient eu le temps de se rabonnir. — (Henri Calet, Acteur et Témoin, Mercure de France, 1959, page 198)
Cette liste se basant uniquement sur la terminaison des mots, elle n'est très probablement pas sans erreur mais je m'efforce de la maintenir la plus juste possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez me signaler les mots qui ne correspondent pas et la page sur laquelle ils se trouvent.